Histoire : Le naufrage du Titanic

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Histoire


Histoire ajoutée le 28/07/2025
Épisode ajouté le 28/07/2025
Mise-à-jour le 28/07/2025

Le naufrage du Titanic

Il était une fois un fringuant navire. Il devait être le roi des océans, exemple d'ingénierie, flamboyant de tous ses ors.
 Il emportait nombre de passagers à la recherche de l'aventure, de nouvelles sensations, de nouveaux ressentis, de ce nouveau monde inconnu qui s'offrait à eux, et aussi quelques membres d'équipage soucieux de leur apporter services divers et variés, calme, sérénité, et surtout sécurité.

En des temps lointains, il faisait bon naviguer sur cette ligne. L'ambiance était chaleureuse, pleine de respect, d'échanges fructueux. Au coin d'un brûlot, dans la fraicheur du soir, il était agréable d'écouter les histoires pleines de poésie, récits parfois sincères et authentiques, parfois inventés et destinés à faire rêver. Souvent récits véridiques issus de l'expérience et du vécu de nos anciens. Seul le partage comptait. Les débats étaient parfois amicaux, parfois plus houleux telles les vagues en furie au plus fort d'une tempête aux abords des 40èmes rugissant. Qu'importe, les plus jeunes, les ados, n'en perdaient pas une miette, participant souvent de leur questions innocentes, de leur soif d'en apprendre, de découvrir ce qui les attiraient sur ces flots. Le frisson de doubler le cap Horn pour la 1ère fois. Rêvant parfois, tel Ulysse, d'être attaché au pied du mat de son navire, pour profiter du chant des sirènes.
 Le chat lui non plus n'était pas en reste. Tous les soirs il ronronnait à n'en plus finir, sous les caresses incessantes d'une multitude de mains promptes à prodiguer des gratouilles interminables jusqu'à une heure avancée de la nuit. 
 Les demoiselles bien qu'un peu plus discrètes, flânaient sur le pont en toute sécurité. Elles avaient des cabines, un pont qui leur étaient réservés. Antre de paix où elles avaient la possibilité de se retirer, de discuter de leur ouvrages, leurs dentelles. Un boudoir propre à elles, à l'image des salons de Mme de Sévigné.  Parfois elles minaudaient, entretenant une relation épistolaire, s'isolant  à l'occasion avec un heureux élu ayant su se montrer respectueux et courtois. Un marin, un passager qui se serait aventuré à leur manquer de respect, aurait été puni immédiatement. Au mieux il aurait gouté la caresse du chat à 9 queues, au pire il aurait été débarqué du navire et abandonné sur une île déserte.

Mais les temps ont changés....
 Le chat est mort. Il ne ronronne plus. Une vague l'a emporté, ou un marin la jeté par dessus bord.
 La législation du travail a changé elle aussi. On n'embauche plus les ados. Ceux qui veulent naviguer, ceux qui sont épris de liberté, ceux qui ont soif d'aventure, de connaissance, doivent voyager en passagers clandestins, à fond de cale. Ignorés par tous, dans l'indifférence, l'insécurité. Les officiers de bord le savent bien sur, mais quelle meilleure façon de résoudre un problème en faisant semblant de l'ignorer ? Comme dit le proverbe "Chaque problème a sa solution. S'il n'y a pas de solution, alors c'est qu'il n'y a pas de problème". On ignore le problème, alors il n'y a pas de problème... Tout va très bien madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien ...
 Les dames ne sont plus nombreuses à s'engager non plus. La mixité n'est pas de mise sur les navires de la royauté, le respect non plus. Certains membres d'équipage ont dû faire relâche trop longtemps dans le port d'Amsterdam, et ont pris au pied de la lettre les paroles du grand Jacques.
 "Y a des marins qui boivent 
Et qui boivent et reboivent 
Et qui reboivent encore 
Ils boivent à la santé Des putains d’Amsterdam 
De Hambourg ou d’ailleurs 
Enfin, ils boivent aux dames 
Qui leur donnent leur joli corps 
Qui leur donnent leur vertu 
Pour une pièce en or "
 Si bien que ces dames, reléguées à l'étal d'un boucher, telles des pièces de viande à disposition, ont déserté les rangs de la marine de sa Majesté, ou fuient dès la 1ère semaine sous les drapeaux. Là encore les officiers de l'état major, les amiraux ne sont pas à l'écoute, ne sont pas là pour agir, pour sévir, pour prendre en considération leur doléances.
 Quant encore l'état major de l'amirauté ne recrute pas parmi, les anciens bagnards, les anciens bannis, forçats ou condamnés aux galères.
 Entre les drakkars vikings où les femmes étaient l'égales des hommes, et la flotte du roi soleil, il y a un monde... et pas le nouveau monde.  Quoi que ... peut-être est-ce le nouveau monde justement ?
 Parfois les apparences sont également trompeuses. Sous les froufrous de quelques jupons affriolants, se cache en réalité, un chevalier d'Eon. Par ses atours et ses bonnes manières, pensant attirer les jeunes damoiselles. Se liant d'amitié, échangeant quelques billets doux, distillant l'espoir, suscitant des envies frivoles, mais surtout se faisant plaisir en solitaire.
 Pratiquement plus d'histoires palpitantes non plus. Rien pour tromper l'ennui des veillées des soirs d'hiver au coin du feu, du couvige près de l'âtre chaud. Quelques récits vides d'intérêt, sans âme, creux, dont l'orthographe est digne d'une ordonnance pour du Xanax ou de l'Ibuprofène en perfusion.

C'est ainsi qu'au regard de cette nouvelle ère de laxisme, du manque d'attention de son capitaine, de son entourage défaillant, ce magnifique monstre d'innovation, ce fruit de la technologie, de la révolution industrielle, au plus profond de la nuit noire, s'approche inéluctablement de son destin funèbre, de cet iceberg géant qui va lui couter la vie.

 La plupart des rats ont déjà quitté le navire.



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