Histoire : [Histoires inspirées] 1:This is Halloween

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Histoire
  • [Histoires inspirées] 1:This is Halloween


Histoire ajoutée le 08/11/2014
Épisode ajouté le 08/11/2014
Mise-à-jour le 03/07/2021

  • Tiqueleur Avatar
    Tiqueleur - il y a 11 ans

    Bonjour :)

    Je me lance à mon tour dans une petite histoire...
    Même si ,je pense,qu'elle n'arrivera pas à la cheville des histoires racontées précédemment, j'espère qu'elle vous plaira! :p

    Bonne lecture!



    JUSTE UNE PIECE...

    "Cinquante-huit, cinquante-neuf, soixante!"

    Lou avait tellement l'habitude de répéter cette suite de nombres. Il faut dire qu'elle les disaient tous les week-end. Elle jouait à cache-cache avec son petit frère de 11ans.
    À 18ans, si elle s'était promise il y'a longtemps de ne plus jouer à ces jeux "débiles", elle y était obligé.

    En effet, les parents de Lou étaient peu présents pour s'occuper d'elle et de son frère. Après de multiples divorces, son père trouva une jolie jeune fille avec lequelle il s'entendait bien et arrivait à oublier les difficiles épreuves qu'il avait vécu. Tout changa à la mort de la grand-mère de Lou. Elle habitait un grand manoir situé dans une campagne humide et isolée. Le père et la nouvelle belle mère de Lou avaient hérité de cette grande maison. Ne pouvant la payer, le père de Lou quitta celle-ci et ne revint plus. Sa mère lui avait raconter que c'etait à cause d'un accident de la route. Désormais seule, la mère de Lou éduqua ses enfants comme elle le pu.
    Lou était souvent laissée seule avec son frère dans ce manoir immense composé de 35 pièces réparties sur deux étages où il reignait un silence de mort attroce et une certaine obscurité du fait qu'il n'y'avait que peu de fenêtres.

    Lou s'occupait donc de son petit frère. Paresseuse, elle restait souvent toute la journée à regarder la télé et à méditer sur le seul problème qui se posait à elle : savoir si elle allait à un moment décrocher de la télévision.

    Le soir elle avait l'habitude de jouer à cache-cache. Cela plaisait à son frère car la maison était grande et il y'avait de multiples endroits où se cacher. C'était aussi une occasion pour elle de rompre l'ennuie de la routine qu'elle répétait tous les week-ends.

    Ce soir là, c'était halloween. Leur mère etait passé pour leur dire qu'elle serait absente tout le week-end une énième fois, sans doute pour se noyer dans l'alcool dans un bar grotesque du centre-ville à cause de l'accident de papa.

    Son frère voulu attendre minuit avant de jouer, il a dit que cela les mettraient plus dans "l'ambiance". Il pleuvait et de gros nuages noirs se dessinaient dans l'obscurité de la nuit tel un vol de corbeaux qui s'abbatait sur une plaine vierge.
    Minuit arriva, le frère de Lou parti se cacher à l'étage. Elle le sut car elle entendit le bruit des vieux escaliers en bois grincer sous les pieds de son frère qui pour atténuer le bruit, avait mis de chaussettes mais cela ne changea rien.

    "Cinquante-huit,cinquante-neuf,soixante!"
    Lou monta les escaliers le plus discrètement possible pour ne pas se faire repérer mais les escaliers capricieux grincerent encore une fois sous ses pieds nus.
    Au premier étage, un couloir sombre se dressait devant elle. Il était plongé dans une obscurité morbide et un petit vent frais vint geler le corps de Lou qui était en sueur. À chaque mouvement de jambe, à chaque fois qu'elle posait son pied sur le parquet, on sentait en elle une anxiété telle, qu'elle crispait ses orteils et ses mains pour atténuer le bruit de grincements du bois sous ses pieds. Le couloir était composé de dix portes de chaques côtés. Il était éclairé par une lumière blanchâtre émmanante de la seule fenêtre qui laissait apercevoir la lune.
    Regardant à gauche et à droite,Lou découvrit une porte portant le numéro trent-six. Elle n'avait jamais vu cette porte mais l'idée que son frère s'était peut-être caché dedans pour enfin le trouver pour et en finir avec ce jeu lui plaisait énormément. Sans réfléchir elle ouvrit la porte. Elle vit une petite salle sombre, avec un vieux carcan et un piano délabré duquel manquait la touche "la" de son clavier, c'était le pere de Lou qui avant son départ avait arraché cette touche et l'avait prise en disant qu'elle reverait cette touche un jour. Soudain elle entendit une voix grave, une voix d'homme qui semblait arriver de nulle-part. Elle éprouvait un horrible malaise, elle avait les tempes serrées et son coeur battait à l'étouffer et,perdant la tête, elle pensait à se sauver en courant; puis aussitôt cette idée la remplie d'épouvante.
    Une main noire se posa sur son épaule droite. Lou restait immobile, paralysée par la peur. La main etait froide et dure mais une aura bienfaitrice emmanait de la silhouette noire de l'homme.
    Il avait comme hypnotisé la jeune fille qui restait les yeux écarquillés vers le carcan. À ce moment précis, l'homme pris la main de Lou et posa au creux de sa paume un objet qu'il serra de toute ses forces. Lou devint raide, ses pupilles se dilatèrent et elle tremblait. Elle eût une vison. Elle se vit, elle, attachée sur le carcan, chatouillée par un homme vêtu de noir. Elle criait,hurlait, se débattait. L'homme, chatouillait vigoureusement les endroits sensibles de la jeune fille sans jamais lui laisser un temps de répit. Ses doigts couraient et glissaient sur les pieds et les côtes de l'infortunée.
    Cette scène rappela à Lou quelque chose et au moment où elle voulut questionner l'homme sur la raison qui l'avait poussé à lui montrer cette scène, la porte de la pièce numéro trente-six s'ouvrit violemment. C'etait son petit frère qui l'avait entendu ouvrir la porte et s'etait étonné de ne pas l'avoir vu ressortir avant un bon moment.
    Lou ouvrit les yeux doucement, le carcan et l'homme avaient disparu, seul le piano était là. Elle porta un regard affectif sur son frère et l'embrassa.

    En sortant de la pièce et en dessendant les escaliers, elle déserra son poing qui était resté fermé. Au milieu de sa main,elle vit une touche de piano portant l'inscription "la" entourée d'une une journal laissant apparaître les inscriptions suivantes :

    "Retrouvant sa fille attachée à un carcan et croyant à une agression de son mari sur sa fille, Maude, mère de la petite Lou Deschamps tua son mari, un soir d'halloween..."





    Je m'exscuse pour les fautes éventuelles et espère que cela vous aura plu :)


  • SQUALL Avatar
    SQUALL - il y a 11 ans

    Je me frotte les mains ! Allez voyons ça ! :-)

    JUSTE UNE PIECE...

    Classe le titre !

    "Cinquante-huit, cinquante-neuf, soixante!"

    Il fait des pompes c’est ça ?
    Une, deux, une, deux,
    On est des soldats du mal !
    « On est des soldat du mal ! »
    Et on aime jouer à la balle !
    « Et on aime jouer à la balle ! »


    Lou avait tellement l'habitude de répéter cette suite de nombres

    :3 je peux pas m’empêcher de penser à un de mes gamins de la maternelle qui compte au tableau, tout fier du lui (petite larmichette)

    Elle jouait à cache-cache avec son petit frère de 11ans.

    Ohhhh c’est choupinou !

    une campagne humide et isolée.

    …euh…du coup, par comparaison c’est quoi une campagne pas isolé ? ^^

    Le père et la nouvelle belle mère de Lou

    Oula ça y est j’ai mal au crâne XD Alors attends, ils vivent chez le papa et la nouvelle belle mere et la grand mere coté paternelle est morte tandis que la maman… Bon allez la suite !

    Sa mère lui avait raconter que c'etait à cause d'un accident de la route.

    L’excuse universelle pour dire « J’ai pas envie de t’expliquer la vrai raison, tais toi et finis ton assiette d’haricot vert !

    Désormais seule, la mère de Lou éduqua ses enfants comme elle le pu.

    La belle mère ou la vrai maman ? Et du coup qui est ce qui a gardé le manoir ? Et puis si c’est la grand mere du coté paternel qui est morte, donc l’héritage revient au papa…mais s’il est mort aussi dans un accident de voiture… oula attendez on a besoin d’un spécialiste des litiges financiers : COQUIGIIIIIRL RAMENE TES FESSES ICI POUR L’AMOUR DES HOMOSEXUELS AUX YEUX BLEUS (seule elle peut comprendre ceci)

    Lou était souvent laissée seule avec son frère dans ce manoir immense composé de 35 pièces réparties sur deux étages

    Ca va la vie, tranquille ? La richesse tout ça…

    reignait un silence de mort attroce et une certaine obscurité

    Un jour, juste pour rire, je mettrais un manoir dans une de mes histoires, un manoir très lumineux, très coloré et avec du bruit tout le temps ^^ Nan sans deconner maintenant dès que je lis manoir je pense à Resident Evil (le jeu…pas cet saloperie de série de films de Paul A. Anderson, le plus mauvais realisateur d’Hollywood)

    Lou s'occupait donc de son petit frère.

    Oui oui revenons en là où nous en étions !

    Paresseuse, elle restait souvent toute la journée à regarder la télé et à méditer sur le seul problème qui se posait à elle : savoir si elle allait à un moment décrocher de la télévision.

    J’adore cette phrase ^^ on sent bien la détresse social de cette grande sœur qui s’ennuie sans pouvoir se sortir de ce lieu reculé dans lequel on sent un véritable poids.

    Le soir elle avait l'habitude de jouer à cache-cache. Cela plaisait à son frère car la maison était grande et il y'avait de multiples endroits où se cacher. C'était aussi une occasion pour elle de rompre l'ennuie de la routine qu'elle répétait tous les week-ends.

    Bon d’habitude je fais que des blagues et je garde mes commentaire pour la fin, mais je tenais à le dire : c’est énorme ça ! Ca crée un univers, une connexion entre les personnages, ils ont leur habitudes, leur vie dans ce manoir, c’est pas juste boum il fait noir je suis dans mon lit il y a un bruit mon dieu que faire, non, ce manoir ils le connaissent, ils ont joué dedans, et meme le personnage principal, Lou, est déjà intéressente, une grande sœur aimante qui s’ennuie, apprécie les petits rituels de sa journée sans pour autant en etre pleinement heureuse.

    Ce soir là, c'était halloween. Leur mère etait passé pour leur dire qu'elle serait absente tout le week-end une énième fois, sans doute pour se noyer dans l'alcool dans un bar grotesque du centre-ville à cause de l'accident de papa.

    Enorme ! J’adore le « sans doute » on est la vision de la grande sœur qui prend tout ça sur la gueule et essaie de faire au mieux. On est pas SUR que c’est ce que va faire la maman, mais qu’est ce que ça peut faire, l’important c’est comment l’heroine le comprend. C’est du bon ça.

    Son frère voulu attendre minuit avant de jouer, il a dit que cela les mettraient plus dans "l'ambiance".

    Alors oui, il y a quelques fautes… des mauvaises concordances de temps, moi ça m’accroche un peu l 'oreil, mais c’est perso. On ne peut pas mettre du passé simple puis du passé composé ensuite, ça sonne mal. D’ailleurs, la répétition du sujet il sonne mal aussi. Pour le coup, j’aurais dit : Son frère voulut attendre minuit, justifiant/ayant dit/disant que cela les mettraient plus dans l’ambiance. Un participe présent me parait plus juste

    Il pleuvait et de gros nuages noirs se dessinaient dans l'obscurité de la nuit tel un vol de corbeaux qui s'abbatait sur une plaine vierge.

    Tin tin tin tinnnnnnn Qu’est ce que vous voulez que je dise, c’est classe !

    "Cinquante-huit,cinquante-neuf,soixante!"

    On revient au début, excellent, très bien pensé

    un petit vent frais vint geler le corps de Lou qui était en sueur.

    Ah ça y est je vais pouvoir me moquer :p Alors… un petit vent frais… elle est quand meme sacrément isolé cette baraque ^^ il y a du vent dans le couloir ! Et qu’est ce qu’elle fait en sueur la Lou, elle vient de monter un escalier ! C’est quoi, c’est comme chez Oggy et les cafards, l’escalier il fait trois borne de haut ?

    À chaque mouvement de jambe, à chaque fois qu'elle posait son pied sur le parquet, on sentait en elle une anxiété telle

    C’est bizarre tu sautes du point de vu interne au point de vu omniscient au point de vu extérieur, comme si tu ne t’étais pas trop décidé.

    qu'elle crispait ses orteils et ses mains pour atténuer le bruit de grincements du bois sous ses pieds

    Tendez’ je reviens, je vais aller voir si ça marche… … … … … Ben non, ça marche pô…c’est pourris ton truc loulou !

    Le couloir était composé de dix portes de chaques côtés.

    J’imagine pas quand tu te réveilles la nuit et que tu as une furieuse envie de pisser. « MERDE C’EST QUELLE PORTE !! » On dirait la maison qui rend fou dans Asterix ^^

    la seule fenêtre qui laissait apercevoir la lune.

    Oh non non non pas la lune pas encore !

    une porte portant le numéro trent-six. Elle n'avait jamais vu cette porte

    Ah bah tiens, ça ça fait peur. Pourquoi ? Parce qu’on sait dejà qu’elle a l’habitude de jouer avec son frere à cache et là bim, elle tombe sur une porte qu’elle n’a jamais vu. En plus il y a un coté, qu’y a-t-il derriere ? La j’ai cette ambiance de maison fantome et ça me plait !

    Elle vit une petite salle sombre, avec un vieux carcan et un piano délabré duquel manquait la touche "la" de son clavier

    AHAHAHAHA Enorme la petite précision ! Oui oui il y avait un carcan pas de probleme tout est normal MAIS il y avait un piano ou IL MANQUAIT LE LA ! WOW ! LE CHOC !

    c'était le pere de Lou qui avant son départ avait arraché cette touche

    Il faut absolument que Coquigirl lise ça ! De la torture sur piano quoi XD Dite moi tout ce que vous savez sur Beethoven, ou vous ne reverrez jamais votre LA !!

    elle avait les tempes serrées

    Là j’en reste pantois ... que…que signifie avoir les tempes serrées mon cher loulou ?

    son coeur battait à l'étouffer

    Quoi ? Mais qu’est ce que c’est que ces expressions que j’ai jamais entendu XD Nom de Dieu ça va me gonfler là, je me sens bete !

    Lou devint raide

    Petrificus Totalus ! ... ... ... ... nan mais nan mais qu’est ce que c’est que cette blague à deux balles là ! Non j’aime pas Harry Potter, ça m’est juste revenu en mémoire !

    ses pupilles se dilatèrent et elle tremblait

    Quoi les pupilles ? Ahhhh non !

    Elle eût une vison

    C’est Jeanne D’Arc ?

    Elle se vit, elle, attachée sur le carcan, chatouillée par un homme vêtu de noir.

    Trop bien elle a un lecteur youtube intégré à la tete !

    Cette scène rappela à Lou quelque chose et au moment où elle voulut questionner l'homme sur la raison qui l'avait poussé à lui montrer cette scène, la porte de la pièce numéro trente-six s'ouvrit violemment. C'etait son petit frère qui l'avait entendu ouvrir la porte et s'etait étonné de ne pas l'avoir vu ressortir avant un bon moment.

    Alors là j’ai pas tout compris

    "Retrouvant sa fille attachée à un carcan et croyant à une agression de son mari sur sa fille, Maude, mère de la petite Lou Deschamps tua son mari, un soir d'halloween..."

    Mais c’est horriblement glauque ce truc !


    Alors alors alors, au final, qu’est ce que je pense de toute ça… Bah c’est pas mal. Franchement c’est pas mal du tout. Alors voyons, en reproche, je les ai dit, il y a quelques fautes, des mauvaises concordances, des tournures un peu bizarre, et changements de point de vu à divers moments. Et enfin, la fin, les explications finales, alors…ca devait etre très clair dans ta tete, mais franchement faut s’accrocher hein, on a quelques clefs mais, c’est flou.

    M’enfin globalement moi j’aime bien hein, il y a une super exposition, Lou est attachante, c’est un vrai personnage sur lequel on sait des choses, qui a une vie, le twist répond à un élément présent au début, il y a le petit frère tout ça, l’ambiance est réussie, la porte inconnue est très intrigante, tout comme ce carcan et ce piano, moi en tout cas ça m’a fait levé un sourcil, j’étais dedans, j’avais envie de savoir. Après, les chatouilles très discrete, bon, pour l’instant on a eu que des textes avec des chatouilles discretes, je m’y attendais pas du tout, j’avais meme peur de l’inverse, mais au final… Enfin bref.

    Globalement il y a une énorme volonté de bien faire, il y a des tas de mots posés ci et là juste dans un but assez esthétique et ça crée quelque chose, une ambiance. Il y a pas de répétition, je me suis jamais ennuyé, c’était sympa quoi comme petit texte. Un peu brouillon parfois, mais plein de bonnes choses. C’est du bon, c’est le genre de lecture que j’aime.

    Ah si oui dernière chose, je trouve la thème particulièrement réussi dans cette histoire, c'est vraiment glauque et poisseux


  • Tiqueleur Avatar
    Tiqueleur - il y a 11 ans

    Bon c'est clair, sur les temps du rrécit il faut que je m'améliore... je ne sais jamais quand est-ce que il faut mettre du passé simple et de l'imparfait et dans quel ordre...
    Pareil pour les points de vus d'ailleurs mais ça je peux régler!

    En tout cas content que cette histoire t'es globalement plu! :)
    merci d'avoir pris du temps pour me lire en tout cas...

    Le personnage de Lou me plaît bien aussi! :)


  • Tiqueleur Avatar
    Tiqueleur - il y a 11 ans

    Que serait-ce les histoires d'halloween sans glauque ? :roll:
    Peut-etre un peu trop j'avoue, mais je voulais éviter de faire des repetitions avec les autres histoires et surtout celle de coco :)

    Thank you en tout cas!


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    En grande courageuse que je suis, je n'ai pas réussie à lire ton histoire en entier. Elle ressemble en effet un peu trop à un film que j'ai regardé il y a 2 jours et que je n'arrive pas à me sortir de la tête ^^'

    J'essaierais donc de lire la suite plus tard, je me suis arrêté au moment où le petit frère part se cacher :moue: Je n'ai vraiment pas lu grand chose.


  • Tiqueleur Avatar
    Tiqueleur - il y a 11 ans

    Petit retour sur l'histoire de Rouge et Loup :p

    Moi j'ai beaucoup aimé le côté mélange avec le conte et l'ambiance d'halloween. Les lieux et les vêtements des personnages deviennent lugubres et il y'a un lien avec tout je trouve :) j'étais dedans jusqu'à la fin!
    Juste ce qui m'a dérangé c'est les répétitions du personnage Rouge
    Rouge a fait ça puis Rouge a fait ça...
    En tout cas elle est réussie je trouve ton histoire et j'ai bien aimé :)

    Voilà pour ce commentaire GML :p


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans
    Belle histoire franchement sympa et j'en ai eu quelques frissons mine de rien. Simple et efficace. Juste une chose qu'apparemment je suis le seul à remarquer... Un piano n'a pas qu'une touche LA, et surtout pas de touche LA avec marquer LA dessus xD Sinon juste un détail sur le comm de Squall [quote="Tiqueleur":26vpn6yc]Un jour, juste pour rire, je mettrais un manoir dans une de mes histoires, un manoir très lumineux, très coloré et avec du bruit tout le temps ^^ Nan sans deconner maintenant dès que je lis manoir je pense à Resident Evil (le jeu…pas cet saloperie de série de films de Paul A. Anderson, le plus mauvais realisateur d’Hollywood) [/quote:26vpn6yc] Dis moi ton manoir dans un monde en or il est pas suffisamment coloré, lumineux et en effervescence? x)

  • SQUALL Avatar
    SQUALL - il y a 11 ans

    Oui bon, chut :p c'est l'histoire qu'il faut commenter, pas mes commentaires à deux balles trente. Bon, la mienne devrait arriver, faut que je me motive. J'ai encore quelques trucs à faire (en priorité) mais ensuite je m'y remettrais.


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Mais c'est pas mal du tout pour un premier jet !

    Bon, comme dit précédemment, les tournures de phrases sont parfois un peu maladroites, mais le thème lui-même m'a beaucoup plu ! J'ai bien accroché, et ai adoré la lecture de ton texte :D


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans
    Au passage n'oubliez pas d'aller voir [url=https://forum.ticklingfr.com/viewtopic.php?f=8&t=18783:2f5vwmqn]ce sujet[/url:2f5vwmqn] pour suivre les sujet, le prochain sujet devrait ce lancer lundi et notre GARDIEN DE LA GRILLE j'ai noté Black Stingray n'a reçu aucune idée à part les miennes...

  • NekoMajin Avatar
    NekoMajin - il y a 11 ans

    Saaaaaalut!

    Les Awards, c'est bien beau, mais j'ai aussi décidé de participer à ce topic histoire d'apporter ma pierre à l'édifice! (Et puis avec mon blase, je me sens un peu obligé). :clown:

    De plus, des membres peu habitués à poster des histoires sur ce forum ont pris leurs plumes. Cela m'a motivé!:)

    Avant de poster, je voulais dire un grand merci à GML qui s'est occupé de la mise en page. Je voulais barrer des mots et avoir une typo particulière, pour le style. Finalement, ça a pris bien plus de temps de mettre en page que d'écrire. C'est un chic type, quand il donne un coup de main, ce n'est pas à moitié! Merci pour son travail acharné! Bourré ou pas!

    Du coup, voici l'histoire écrite hier soir. Elle se présente sous format IMG. Je l'ai imaginé comme un journal intime. Je n'en utilise pas moi-même, alors je m'excuse auprès de ceux qui en tiennent un, si le style est honteux! Hu hu hu!

    Allez Benny, en piste!:)









    :clown:


  • Tiqueleur Avatar
    Tiqueleur - il y a 11 ans

    Merci Chinow et Pierreanne pour vos commentaires :)

    Pour l'histoire de grippe-sou, je trouve le format sympa, ça nous plonge un peu plus dans l'ambiance je trouve...
    un peu trop de repetitions à la fin de l'histoire!
    Mais c'était bien écrit sinon :)
    Dommage d'etre passé vite sur les chatouilles!

    Juste :D " des gars déguisés censés nous faire flipper à l'interieur, à la manière d'un train fantôme."
    J'ai pas tout compris XD


  • NekoMajin Avatar
    NekoMajin - il y a 11 ans

    Pour l'histoire de grippe-sou, je trouve le format sympa, ça nous plonge un peu plus dans l'ambiance je trouve...

    Tiqueleur



    Oui, merci pour l'idée du journal. Quant au reste, la forme, c'est GML!

    un peu trop de repetitions à la fin de l'histoire

    Tiqueleur



    Je les ai faite intentionnellement à vrai dire. :) Pour renforcer l'aspect un peu haletant du final.

    Juste :D " des gars déguisés censés nous faire flipper à l'interieur, à la manière d'un train fantôme."
    J'ai pas tout compris XD

    Tiqueleur



    Oui, je suis passé un peu rapidement. Il s'agit simplement de faire l'analogie avec ton passage dans un train fantôme, ou des conna...des gens, cachés dans la pénombre te tripotent lors de ton passage, pour te faire sursauter. :clown:

    Merci pour ta réaction.:)


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans

    Vraiment pas mal, bon choix de style bon choix de mise en page. Une ambiance bien retranscrite. On pourrait te reprocher des personnages sans profondeurs mais pour une histoire comme celle la je n'y vois pas d'inconveignant :). Un bon texte jusqu'a la fin, Squall à toi de jouer :D


  • NekoMajin Avatar
    NekoMajin - il y a 11 ans

    Par contre, il fait quoi le Benny pendant l’ellipse entre les deux premiers paragraphe? :rouleyeux:

    Grand Méchant Gnou



    On pourrait te reprocher des personnages sans profondeurs...

    Toinou



    Alors je développe. A vrai dire, Benny est parti chier. Trop d'émotions à évacuer.


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    J'ai beaucoup aimé. On y crois, du début à la fin. J'ai vraiment été emporté dans l'histoire, et "ça" étant l'une de mes histoires préférées, j'ai vraiment apprécié l'ambiance.

    Après, j'aime beaucoup que le style soit très embrouillé, travaillé pour être quelque chose d'assez maladroit. Le personnage est déboussolé, perdu, et effrayé. Il ne va pas prendre le temps de faire attention à sa façon d'écrire, mais il se vide pêle-mêle de toute sa terreur et sa culpabilité. Déjà, rien que ce trait de caractère nous en apprend sur lui.

    J'ai beaucoup aimé le passage où il dit ne pas aimer les attractions comme le Manoir, mais y aller pour Chloé, en ajoutant qu'il ferait tout pour elle. Et pourtant, il la laisse attachée, parce qu'il a trop peur. Bon sang, j'adore ce personnage ! Il est juste humain, et tu le montres bien.

    Et ce clown, bon sang, quelle classe !

    Bref, j'ai adoré. :D


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Tiqueleur, c'est vraiment pas mal, bonne ambiance, et un twist final façon histoires au coin du feu, tout à fait dans le thème ! Le seul reproche que j'ai c'est que la fin arrive un peu vite.

    Grippe-sou, mais nom de dieu de bon dieu ! Je suis un fan des creepypasta, ces petites histoires courtes et terrifiantes qu'on fait passer pour de vrais extraits de journaux et tout, et en lisant ton histoire j'ai cru que c'en était une :choque: tout à fait dans le style, et bien sûr les clowns, quoi ! J'adore !

    Bon, j'ai terminé la mienne d'histoire, j'ai juste un petit problème, heu, comment dire... on avait pas fixé de limite de longueur pour les histoires ? Parce que, bon...



















    ... elle fait 20 pages :hum:


  • Tiqueleur Avatar
    Tiqueleur - il y a 11 ans

    Merci black stingray :)

    Envois envois :D


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans
    Non non y a jamais eu de limite de taille, envoi nous le black pavé!

  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    OK, Black pavé incoming ! Alors quelques petites remarques, d'abord, je suis plus à l'aise à écrire de l'action/aventure que de l'horreur, donc cette histoire sera surtout "horreur/aventure", avec trois influences principales que vous reconnaîtrez peut-être ;)

    Deuxième remarque, c'est long, c'est très long ! Je suis comme ça, j'arrive pas à abréger. Du coup, pour votre confort de lecture, l'histoire sera divisée en trois parties dans trois posts différents.

    Dernière remarque, si les personnages de cette histoire sont les mêmes que dans La justicière, les deux histoires sont totalement indépendantes l'une de l'autre. Voili voilou, c'est parti !

    La Maison Morton


    Partie I : La maison de tous les mystères

    « C'est bon tu cadres ? Demanda Sally.
    _ Ouais c'est bon, tu peux y aller, lui répondit Billy en braquant l'objectif de la petite caméra digitale sur le joli visage de son amie et en appuyant sur Enregistrement. Ce n'était pas facile de filmer correctement dans ce bus qui cahotait sur la route et dont l'intérieur résonnait des conversations animées d'une trentaine d'adolescents surexcités.
    _ OK, c'est parti, dit-elle en affichant son plus beau sourire. Ici Sally Lomax pour le journal du lycée Sud de New Havenport ! Bienvenue sur ce reportage vidéo sur notre voyage scolaire, un périple qui nous a amenés en bus jusqu'à la Nouvelle-Angleterre, et nous allons bientôt arriver à la Maison Morton où nous allons loger toute la semaine ! C'est un très ancien manoir colonial au bord des falaises du Maine, terre de légendes morbides et d'histoires d'horreur à faire dresser les cheveux sur la tête ! Tout un programme ! Mademoiselle Kaczinski, que pensez-vous des rumeurs de phénomènes inexpliqués dans la région ? On parle de disparitions inquiétantes, de lueurs...
    _ Oh vous savez, répondit la jeune prof de sport en souriant, tout ça ce n'est que du folklore local pour amuser les touristes. Vous n'avez absolument rien à craindre, les jeunes !
    _ Et vous, poursuivit la journaliste en herbe en se dirigeant vers Tommy DaSilva et ses copains de l'équipe de foot, qu'est-ce que vous pensez de ces histoires ?
    _ On y croit à fond ! Déclara Tommy avec un regard moqueur. On a même entendu dire que la Maison Morton, et ben elle est hantée ! Alors attention les filles, des fantômes vont peut-être venir dans vos chambres la nuit !
    _ Mais bien sûr ! Allons recueillir d'autres avis... »
    La caméra se posa un moment sur une jeune fille blonde, au visage dur et aux épaules très larges. Quand elle comprit qu'elle était filmée, elle lança un regard de glace à Billy et le menaça de lui faire bouffer cette caméra s'il ne la braquait pas autre part dans la seconde.
    « Comme vous pouvez le voir, continua Sally sans se démonter en guidant Billy vers d'autres élèves, Danielle Cassidy, toujours plus sociable et enjouée quand elle est en voyage scolaire ! Et vous, les filles, qu'est-ce que vous pensez... »

    Leur petit reportage se poursuivit tout le reste du voyage, tandis que le bus arpentait une route étroite et tortueuse le long des falaises du Maine, sous un ciel grisâtre typique de la région. Ils s'arrêtèrent enfin dans une cour pavée devant une grande demeure de deux étages de briques rouges, à la devanture ornée de colonnes blanches usées par le poids des années. La maison était très large, imposante même, et il se dégageait de son aspect solitaire et mal entretenu quelque chose de sinistre qui donna des frissons à Sally dès qu'elle sortit du bus. Elle n'aima pas trop la perspective de dormir là-dedans pendant une semaine, et décida d'aller observer la mer pour se changer les idées. La maison était vraiment au bord du précipice, et seul un petit parapet séparait la cour de la falaise. En se penchant, elle put voir, loin en contrebas, les vagues percuter les rochers déchirés dans un impressionnant fracas auquel répondait le cri des mouettes.
    « Regarde, dit-elle à son ami, c'est vraiment haut ! Tu imagines ce que ça ferait de tomber, et de s'écraser sur ces rochers en bas ? La peur que tu dois ressentir...
    _ Si tu veux essayer, je te lance avec plaisir, » répondit une voix tranchante de fille derrière elle. Elle se retourna en pensant à une bonne répartie, mais Danielle Cassidy était déjà en train de s'éloigner. Sally soupira.
    « Mais qu'est-ce qu'elle a contre moi, sérieux ?
    _ Laisse tomber, lui dit son ami. C'est Cass, elle est juste conne... »
    Danielle Cassidy, Cass pour les intimes, était la grosse brute du lycée. Aussi bête que méchante, elle avait tout le temps l'air de faire la gueule, était dotée d'une force assez incroyable pour une fille, et prenait un malin plaisir à torturer Sally à coups de réflexions désagréables et autres petites mesquineries. En fait, elle s'en prenait à peu près à tout le monde, mais Sally avait l'insigne honneur d'être sa favorite, sans même comprendre pourquoi...

    Les élèves et leurs accompagnateurs se rassemblèrent à l'entrée de la maison, où ils furent accueillis par Archibald Morton, le maître des lieux. C'était un petit bonhomme âgé à la démarche maladroite, aux longs cheveux blancs, et dont le visage figé comme une statue de cire et les yeux vitreux avaient quelque chose d'inquiétant. C'était comme s'il n'y avait rien derrière ce regard... et même sa voix, alors qu'il les saluait, avait des inflexions étranges, déroutantes, comme s'il devait se souvenir de la prononciation de chaque mot. Sally eut de nouveau un frisson. Décidément, rien ne lui plaisait dans cette maison ni dans son propriétaire ! M. Morton enchaîna alors avec un discours sur l'historique de la maison, qui avait été bâtie par son ancêtre Jebediah Morton, un astronome du XVIIIe siècle, qui avait choisi cet emplacement pour sa vue imprenable sur les étoiles, même si ses nuits pouvaient être dérangées parfois par le passage de bateaux de pirates. Il leur fit faire le tour de la maison, leur montrant l'impressionnante bibliothèque de son ancêtre ainsi que son énorme télescope, et des photos d'archives de chaque période de l'histoire du pays. De l'Indépendance jusqu'à aujourd'hui, la Maison Morton avait résisté à toutes les épreuves et était restée entre les mains de la famille qui l'occupait encore, et dont Archibald était le dernier représentant, lui qui y vivait seul et sans enfants désormais. Il raconta qu'il était heureux d'accueillir ainsi des jeunes dans sa demeure, afin que son histoire ne soit pas totalement oubliée à sa mort.

    Après ce discours fleuve vint enfin le moment de la délivrance pour la trentaine d'ados fatigués, celui de la répartition dans les chambres, où ils pourraient s'installer et se détendre un peu avant le dîner. Mais un grand drame arriva à ce moment-là, les élèves furent répartis deux par chambre, les profs accompagnateurs ayant pris soin d'éviter de mettre les meilleurs amis ensemble pour éviter les nuits blanches à faire les 400 coups. Et c'est ainsi que Sally se rendit compte avec horreur qu'elle allait partager sa chambre avec Cass ! Malheur et damnation, pourquoi entre toutes les filles eut-il fallu que ça tombe sur elle ? C'est donc en tirant une tronche de six pieds de long qu'elle alla poser ses affaires dans une chambre lugubre avec sa tapisserie sombre et ses vieux meubles en bois, choisissant d'emblée le lit le plus grand. Bien sûr, l'autre blondasse arriva après et jarta sans un mot les affaires de sa coloc pour s'octroyer le grand lit, et ce fut l'occasion d'une bonne dispute qui se termina avec Sally projetée sans ménagement sur son lit et Cass la menaçant de l'y attacher si elle l'ouvrait encore.

    Heureusement, le dîner fut beaucoup plus enjoué, et elle put y retrouver Billy et ses copines autour d'une immense table en chêne verni dans une salle à manger grande comme un hall de gare qui donnait écho au moindre bruit de fourchette. Tout le monde s'étonna que, malgré la taille de la bâtisse, Archibald semblait en être le seul occupant, et n'avait même pas un seul domestique, seule une équipe de restauration venait exprès au moment des repas pour servir les invités et repartait aussitôt. Comment pouvait-il vivre seul dans une maison pareille ? Cela pouvait-il expliquer l'état de délabrement à l'extérieur ?

    Après le dîner, il fallut bien occuper les ados pour la soirée, car la demeure ne possédait même pas une seule télé, et le réseau Wi-Fi y était notoirement mauvais. Heureusement que les profs avaient prévu le stock de jeux de société pour amuser ceux qui n'étaient pas, comme les deux ou trois grosses têtes de la classe, passionnés d'astronomie ou de vieux bouquins. Et c'est après une soirée pleine de fous rires autour d'une épique partie de Jungle Speed avec Mademoiselle Kaczinski (la prof de sport avait une de ces poignes !) que sonna l'heure du couvre-feu et que Sally dut rejoindre l'horreur qui l'attendait dans la chambre à coucher.

    Elles ne se parlaient pas. Elles ne se regardaient pas. Chacune allongée sur son lit, elles observaient le plafond, l'air était tellement lourd qu'il en était pratiquement irrespirable. Il y avait une telle tension, en fait, que quiconque passerait entre leurs deux lits à ce moment-là serait foudroyé sur place. Sally essaya de s'évader de son triste sort en fermant les yeux, et en se laissant bercer par la musique sortant de ses écouteurs, quand un oreiller lui arriva soudainement en pleine tête et la fit sursauter.
    « Aïe ! Cria-t-elle. Ça va pas, non ?
    _ T'as qu'à mettre ta musique moins fort, ça me dérange.
    _ Comment ça peut te déranger, t'as vu ce que t'écoutes, toi ? »
    La musique provenant de ses écouteurs à elle ressemblait à ce qui se passerait si on laissait une dizaine de chimpanzés épileptiques jouer avec des instruments réglés sur saturation maximale, avec un petit cochon chantant au milieu de tout ce bordel.
    « Au moins moi j'écoute pas de la musique de lopette !
    _ Non, de sauvage, c'est pas mieux ! »
    Elle reçut un nouveau projectile, une bombe de déodorant cette fois.
    « Mais aïe ! Faut te faire soigner, espèce de tarée !
    _ Pétasse !
    _ Pauv' conne !
    _ Morue ! »
    Les échanges d'amabilités se poursuivirent un long moment avant qu'enfin, les combattantes ne se lassent et ne se décident à éteindre la lumière, s'endormant en se tournant le dos l'une à l'autre.

    Sally se réveillait souvent, ça commençait à l'énerver. Elle n'aimait pas cette chambre, tout grinçait ici, le plancher, le bois du lit, et il y avait comme une espèce de courant d'air venu d'elle ne savait où qui faisait bouger sans cesse la porte de la grande armoire, juste à côté de son lit. Mais il n'y avait pas de fenêtre ouverte, si ? Ou alors c'était quelqu'un, ou quelque chose, à l'intérieur de l'armoire, qui faisait doucement bouger la porte avant de se décider à surgir... oh, et merde, qu'est-ce qui lui avait pris de regarder The Conjuring la veille du départ ? Elle essaya de ne pas penser aux fantômes, et son esprit se mit à vagabonder sur comment elle pourrait se venger de Cass. Difficile comme sujet pour bien s'endormir ! Son ennemie jurée était beaucoup plus forte qu'elle, et Sally avait beau songer à toutes les humiliations possibles, elle n'avait aucun scénario en tête qui ne se finissait pas avec le poing de Cass dans son nez. Elle allait trouver, elle allait trouver...

    Un grincement plus fort que les autres la fit sursauter, et tout à coup, les yeux grands ouverts posés sur la grande armoire, elle se trouva paralysée par la terreur. Ce grincement venait du plancher, derrière elle, mais ce n'était pas un grincement normal. Quelqu'un marchait dans la chambre. Derrière elle. Et la terreur l'empêchait de tourner la tête pour voir, elle n'osait même pas imaginer ce que ça pourrait être...
    « Cass ? Gémit-elle faiblement. Cass, c'est toi ? Par pitié, dis-moi que c'est toi... »
    Elle se surprit à prier pour que ce soit sa camarade de chambre partie pour lui faire une mauvaise blague. C'était la perspective la plus rassurante... rassemblant tout son courage, elle parvint enfin à, lentement, très lentement, tourner la tête vers le reste de la chambre. Dans la pénombre, elle ne pouvait pas bien voir si le lit de Cass était vide ou pas, mais il n'y avait personne au milieu de la pièce. Elle regarda en direction de la porte. Et s'arrêta de respirer. À côté de la porte, tapie dans la pénombre, quelque chose la regardait. Une forme vaguement humanoïde, elle discerna un tronc, deux jambes pâles, une tête avec deux yeux qui brillaient à la faible lueur de la lune à travers les vieux volets en bois. Quand ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, elle reconnut la silhouette de sa compagne de chambrée. Mais que faisait-elle plaquée ainsi, immobile, contre le mur à-côté de la porte ? C'était son idée d'une mauvaise blague ? Non, ça pouvait pas être ça, elle avait dû voir qu'elle était réveillée maintenant, et pourtant elle ne bougeait pas, elle ne disait rien. Elle n'était pas dans son état normal.
    « Cass, chuchota Sally, qu'est-ce qui se passe ? »
    En réponse, la blonde leva lentement un bras et porta son index à sa bouche. Silence. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui...

    Elle sursauta de nouveau en entendant la poignée de la porte. Elle bougeait toute seule, comme agitée par... un fantôme ? Il y eut un moment de silence, puis les coups recommencèrent. Sally commença à se sentir très mal maintenant, elle remonta sa couette jusqu'à ses yeux, elle tremblait de tous ses membres. Elle pouvait entendre des murmures, comme des plaintes d'outre-tombe, accompagnant les mouvements de la poignée. Et Cass qui ne bougeait toujours pas, mais qu'est-ce qui se passait à la fin !

    Puis la porte s'ouvrit d'un seul coup, il y eut un fracas épouvantable, et Sally ne comprit pas très bien ce qu'il s'était passé mais elle sentit un poids énorme s'affaler sur son lit, et elle se retrouva nez à nez avec l'horrible visage d'une créature grotesque et difforme. La panique la plus primaire s'empara d'elle, et elle hurla, hurla jusqu'à en perdre la raison. La chose sur son lit était comme une gigantesque araignée qui tortillait frénétiquement de ses huit pattes, la jeune fille pouvait sentir chacun de ses mouvements, comme si elle essayait de faire ramper son corps bouffi tout en poussant des gémissements inhumains pour atteindre sa proie. Et ce visage, cet horrible visage blanc aux traits démoniaques !

    Elle continua de hurler comme une damnée, écrasée sous le poids du monstre gémissant, bien après que la lumière ait été allumée, et quand elle revint enfin à la réalité, elle se sentit morte de honte : la créature n'était qu'un être humain, un garçon même, et ce visage blanc monstrueux... un bête masque de hockey ! Et ces huit pattes frétillantes... c'était parce que Cass était allongée sur son dos et le plaquait contre le lit, et leurs quatre jambes et quatre bras frétillaient en se débattant ! Et ce gémissement inhumain... c'était parce que la blonde l'étranglait !
    « Bien essayé, DaSilva, déclara Cass en retirant le masque pour révéler le visage du joueur de foot. Mais je vous ai entendus ricaner jusque dans le couloir, toi et tes petits copains. La prochaine fois, soignez votre approche. Maintenant, dégage de ma chambre ! »
    L'empoignant toujours par le col, elle le leva du lit et le jarta dans le couloir manu militari. Les copains de DaSilva et d'autres élèves s'étaient rassemblés dans le couloir, attirés par les cris, et ne se privaient pas pour profiter du spectacle, et aussi pour mater une blonde athlétique en petite tenue. Elle leur déclara alors que la fête était finie et claqua la porte. Sally était encore sous le choc, elle transpirait abondamment et avait du mal à reprendre son souffle. Et surtout, elle était tellement soulagée que tout ça n'était qu'un canular qu'elle en était prête à remercier son ennemie jurée de l'avoir « sauvée ». Mais elle se ravisa vite quand Cass partit dans un rire cruel en la regardant.
    « Ma pauvre, si tu voyais ta tronche quand on t'est tombés dessus ! Tu te pissais dessus littéralement, oh mon Dieu pourquoi j'ai pas de caméra quand j'en ai vraiment besoin !
    _ C'est pas drôle ! S'indigna Sally. J'ai eu vraiment très peur ! Je voudrais t'y voir, toi, avec un gros truc qui te tombe dessus dans ton sommeil, dans le noir !
    _ Oh, mais c'est qu'elle est pas contente, la Miss Parfaite ! Tu devrais te voir là maintenant, t'es encore toute pâle ! Hé, tu veux une culotte propre ? »
    Sally lui balança un oreiller à la tête, qu'elle esquiva sans peine avant de retourner se coucher, toujours en ricanant comme une tordue. Elle mit plusieurs minutes à se calmer et à se rendormir. Tant mieux pour elle, car Sally, elle, n'allait pas refermer l’œil de la nuit. Vexée par les moqueries de Cass, elle jura de trouver un moyen de se venger.

    Le lendemain, le bus les emmena en randonnée dans la lande sauvage où ils pique-niquèrent tous ensemble au bord du fleuve Miskatonic avant d'aller visiter la ville d'Ipswich où, enfin, ils eurent quelques précieuses heures de quartier libre pour faire un peu de shopping. Malheureusement pour les filles, la région n'était pas réputée pour être à la pointe de la mode et elles trouvèrent leur choix très limité, se rabattant finalement, comme les garçons, sur les boutiques de souvenirs, histoire de ramener une bricole à leurs parents. Le dîner se passa gaiement comme la veille, et après, M. Morton annonça à l'assemblée qu'il avait mis la main sur un projecteur et un écran blanc, et qu'ils allaient donc avoir une séance cinéma ! Ce qui aurait pu être une excellente surprise tourna cependant vite au calvaire pour Sally, car bien sûr le film fut choisi au vote, et c'est The Conjuring qui le remporta à l'écrasante majorité. Et comme elle ne voulait pas rester toute seule dans sa chambre, elle fut bien obligée de s'asseoir et de subir de nouveau ce film qui lui avait valu d'épouvantables cauchemars la première fois. Ce second visionnage ne fut pas mieux, et elle passa tout le film accrochée au bras de Billy, qui lui fut plus que ravi de la situation.

    Lorsque ce fut l'heure d'aller se coucher, elle se mit en pyjama et, sans un mot et surtout sans décrocher un regard à sa compagne de chambrée, elle se mit au lit. Cass fit de même, mais elle sentit que quelque chose n'allait pas quand elle se glissa sous les draps : elle était incapable de s'y allonger entièrement. Confuse, elle commença à chercher ce qui se passait, à défaire les draps, à lutter avec ceux-ci qui ne voulaient pas venir facilement, tout en grognant et en jurant de frustration. Au bout de quelques minutes, elle comprit enfin le problème : son lit avait été fait en portefeuille. Sally éclata d'un rire mauvais en voyant son air bête. Elle savait que c'était plutôt minable comme vengeance, mais ça valait bien la satisfaction de la voir se débattre comme une andouille pendant quelques minutes. Elle rit encore plus quand Cass devint toute rouge et prit un air furax, mais son rire se changea vite en cri quand la brute lui sauta dessus. Il y avait un truc à propos de Cass, qui faisait que les autres élèves ne l'embêtaient que très peu : elle était bête, méchante, et surtout étonnamment forte. Elle s'assit à califourchon sur sa victime et la maîtrisa sans aucun mal. Sally eut beau se débattre, sa poigne était comme un étau, et elle se trouva en quelques minutes à peine avec les bras tirés au-dessus de sa tête, ses poignets attachés aux barreaux du lit avec ses propres chaussettes. Puis Cass alla chercher d'autres chaussettes et revint pour lui attacher les chevilles de la même manière, et la jeune fille se trouva bientôt solidement ligotée en X sur son propre lit. Incapable de se libérer, elle commença alors à pester contre Cass et à lui demander de la libérer.

    « Tu parles trop ! Répondit-elle en roulant deux chaussettes ensemble avant de les lui fourrer dans la bouche. Voilà, c'est mieux maintenant ! »

    La jeune fille protesta encore plus, mais tout ce qui sortit de sa bouche furent des grognements étouffés. Cass sourit de satisfaction en contemplant son œuvre, et s'arrêta soudainement quand elle remarqua que dans la bataille, le haut de pyjama de Sally était légèrement remonté, révélant une petite bande de peau nue au niveau de ses hanches.
    « Dis-moi, demanda-t-elle, juste par curiosité... t'es chatouilleuse ? »
    Sally écarquilla les yeux de terreur quand elle entendit cette phrase, et elle tenta en vain de supplier Cass, mais déjà les doigts de la brute se mettaient à courir le long de cette petite bande de peau. Sally émit des hurlements étouffés et se mit à tirer sur ses liens comme une folle, sans parvenir à les défaire. Cass changea ensuite de tactique et lui pinça les hanches de ses deux mains, la jeune fille se cabra et devint rouge comme une tomate.
    « Guili guili guili, chantonna Cass méchamment en passant les mains sous son haut pour aller lui taquiner les côtes. Alors, tu rigoles bien là, non ? Quoi ? Pas assez ? D'accord, et sous les pieds, tu crains ? »
    La pauvre fille n'eut même pas le temps de réagir que déjà, les mains de Cass se retirèrent de ses côtes et elle sentit ses ongles gratter délicatement la plante de ses pieds nus. La sensation était horrible et elle se tortilla comme un vers en gémissant.
    « Oh, mais on dirait que t'aimes ça, en plus ! Tu veux que je continue ? » Sally fit non de la tête énergiquement, et à sa grande surprise son bourreau s'arrêta. « Tant mieux, dit-elle, c'était marrant, mais c'était pas ça que je comptais faire à la base. »
    Elle se leva, et alla farfouiller dans son sac pour en ressortir un briquet et un paquet de cigarettes. Sally sentit son cœur se glacer en pensant à toutes les choses horriblement douloureuses qu'elle pourrait lui faire avec ces deux objets, mais sûrement que Cass n'était pas aussi tordue... si ?
    « Vu que tu adores cette chambre, je vais te laisser dormir tranquillement pendant que je vais m'en griller une... ou deux... ou trois... je sais pas, enfin bref, je rentrerai quand je rentrerai. »

    Sur ces mots, elle se rhabilla à la hâte et, après lui avoir ironiquement souhaité bonne nuit, elle éteignit la lumière et ferma la porte, la laissant dans le noir. Seule. Et totalement vulnérable. Son cœur se mit à battre la chamade. Chaque petit craquement du vieux bois était comme une lame de terreur glacée qu'on lui plongeait dans le ventre. Elle eut une sensation de picotement dans le pied, et se mit de nouveau à tirer sur ses liens comme une dingue. Non, tenta-t-elle de se rassurer, personne ne lui avait touché le pied. Il n'y avait personne dans la chambre, tout ça n'était que des hallucinations. Quelle salope cette Cass ! Elle savait très bien que Sally avait peur de cette chambre ! Elle se surprit à penser qu'elle aurait presque préféré que les chatouilles continuent, même si elle était très craintive et détestait l'idée d'être ainsi à la merci de son pire ennemi, au moins, elle savait à quoi s'en tenir. Tandis que là...

    Soudain, elle remarqua une lueur bleutée sous la porte, émanant du couloir. Elle fronça les sourcils. Qu'est-ce que c'était que ça ? Quelqu'un qui jouait avec une lampe ? La lumière se fit légèrement plus vive, sa source se rapprochait, puis, très lentement, la porte s'ouvrit. C'est Cass, elle en était sûre, son ennemie l'avait laissée attachée dans le noir pour bien faire monter l'angoisse, et maintenant elle revenait avec une blague de merde, comme DaSilva la nuit dernière, pour qu'elle se pisse dessus. Mais elle n'allait pas se laisser avoir cette fois. La porte s'ouvrit entièrement, la lueur bleutée envahit la pièce. Et là, Sally se mit à hurler, hurler de la terreur la plus abjecte, la plus viscérale, de cette terreur que l'on ressent face à une chose tellement innommable qu'elle bouscule toute perception de la réalité. Ce n'était pas Cass, ce n'était même pas humain, ce n'était même pas... ce ne pouvait pas être de ce monde ! Prise dans une panique animale, elle ne réalisa même pas qu'elle était parvenue à recracher son bâillon et appelait maintenant au secours à pleins poumons.

    Puis la lumière devint blanche, quelqu'un avait rallumé la lampe. Elle sentit des mains, des mains humaines, la toucher, caresser ses joues, mais son cerveau était trop paralysé pour enregistrer cette nouvelle donnée et elle continua de crier jusqu'à ce que la vive douleur d'une claque la ramène à la réalité. Elle vit le visage inquiet de Mademoiselle Kaczinski penché au-dessus du sien.

    La jeune prof de sport fut choquée de voir son élève. Toute couleur semblait avoir disparu de son visage, ses traits étaient tirés, sa mâchoire tremblante, et ses yeux... elle n'avait jamais vu d'yeux aussi révulsés de sa vie ! Très vite, elle détacha la jeune fille et tenta de la rassurer avec des paroles réconfortantes, de lui demander ce qui s'était passé. Sally retrouva très lentement l'usage de la parole, et parvint entre deux halètements à dire qu'elle avait vu « quelque chose ». La prof alla lui demander d'en dire plus, mais elle dut se lever pour aller contrôler le flots d'élèves inquiets ou juste curieux qui commençaient à entrer dans la chambre. Cass arriva à ce moment-là. Mademoiselle Kaczinski la prit immédiatement à partie, devinant tout de suite que c'était elle qui avait attaché sa camarade de chambre, et lui demandant quelle misère elle avait bien pu inventer encore. Cass tenta de lui prouver par A+B que, d'accord, c'était elle qui l'avait attachée, mais que la chose qui l'avait terrifiée, ça ne pouvait pas être elle puisqu'elle était partie fumer dehors, et leur violente altercation dura bien une bonne heure avant que la prof ne se décide à renvoyer les autres élèves dans leurs chambres et à retourner se coucher en promettant à la blonde qu'elles en reparleraient le lendemain.

    Une fois seules, Cass alla s'asseoir sur le bord du lit de Sally. La jeune fille redouta qu'elle ne lui reproche son altercation avec la prof, qu'elle ne la menace ou quelque chose comme ça. Mais à la place :
    « Quoi que t'aies vu... je te promets que c'était pas moi. Mon plan c'était juste de te laisser mariner dans le noir un moment avant de revenir.
    _ Je sais, répondit Sally faiblement. C'était... pas toi, c'était...
    _ Qu'est-ce que t'as vu ?
    _ Il y avait... comme une lueur... bleue... puis... cette chose... » elle sentit les larmes monter, et d'un seul coup, la digue se rompit et toute la terreur de la nuit ressortit sous la forme de pleurs hystériques. « Cette chose ! Oh mon Dieu, cette chose ! C'était pas possible, c'était pas vrai ! »
    Elle se laissa aller à pleurer, et Cass passa sa main dans ses cheveux en lui répétant que tout allait bien se passer, que c'était fini. Sally fut choquée de son attitude, tellement inattendue ! Mais peut-être que la méchanceté de sa rivale avait ses limites, après tout. La blonde resta à son chevet jusqu'à ce qu'elle arrive à se calmer, après quoi elle lui répéta que tout allait bien maintenant, lui souhaita bonne nuit, et retourna à son lit. Sally poussa un cri perçant quand elle éteignit la lumière, et elle la ralluma aussitôt.
    « Ne me dis pas que tu veux dormir avec la lumière allumée ? Lui demanda sa camarade.
    _ Désolée, Cass, j'suis désolée... je peux pas, pas le noir... je crois que je dormirai plus jamais de ma vie... est-ce que... est-ce que je peux dormir avec toi ce soir ?
    _ Tu veux rire ? Pousse pas le bouchon, non plus !
    _ Je t'en supplie ! J'ai tellement peur... »
    La brute hésita longuement, mais voyant à quel point sa camarade tremblait encore, elle finit par accepter. Sally posa un pied nu sur le sol et une vieille terreur d'enfance lui revint subitement, elle eut peur que la chose se trouvait sous le lit et allait l'attraper. Mais non, il n'y avait rien. Rien du tout. Alors elle se leva, et à pas tremblants, elle alla se coucher dans l'autre lit. Cass éteignit la lumière, et Sally sentit monter l'angoisse de nouveau. Alors elle se blottit contre Cass, et cette dernière la laissa faire. Elle avait beau être sa pire ennemie, sa présence la rassurait.
    « Cass ? Demanda-t-elle après quelques minutes.
    _ Ouais ? Demanda sa camarade d'une voix endormie.
    _ Il y a quelque chose qui tourne pas rond avec cette baraque.
    _ Ouais... je sais.
    _ Et Cass ?
    _ Quoi encore ?
    _ Merci. »
    Et enfin, elle s'endormit paisiblement.


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans
    [u:13ixgxed]Partie II : L'horrible secret[/u:13ixgxed] La pluie s'était mise à tomber pendant la nuit, et quand ils se rassemblèrent dans la salle à manger pour le petit déjeuner, elle avait viré à l'averse torrentielle, à tel point qu'on eût l'impression qu'il faisait encore nuit, et que les profs durent, à contrecœur, annoncer que toutes les sorties de la journée étaient annulées en raison de l'état des routes. Cette annonce fut accueillie par une vague de protestations des élèves qui prédisaient déjà une journée d'un ennui mortel. Après le petit déjeuner, Sally remarqua Cass en train de s'engueuler encore une fois avec Mademoiselle Kaczinski. Sûrement, la prof était revenue à la charge à propos de la nuit d'avant et lui avait collé une bonne punition. Sally se sentit désolée pour elle. D'accord, elle la détestait, et c'était vraiment pas cool de l'avoir laissée attachée dans le noir, mais en même temps, elle s'était montrée tellement gentille après que Sally ait vu la chose, et la jeune fille pensa même que la brute était la seule à la croire. C'est pourquoi, quand la prof fut partie, elle décida d'aller parler à son ancienne ennemie. « Cass ? Je voulais te dire, pour hier... Y a rien à dire pour hier, la coupa sèchement la blonde. Va pas croire qu'on est potes à cause de ce qui s'est passé. Et t'approche pas de moi. Attends, Cass ! Je voulais juste te remercier, et... si tu veux, j'irai parler à Mademoiselle Kaczinski... Non, ça n'a rien à voir. Juste... laisse-moi tranquille. Et surveille tes arrières, on sait jamais ce qui peut arriver. » Quoi ? Sally regarda la blonde s'éloigner, ne sachant trop comment comprendre ce qu'elle venait d'entendre. Elle qui s'était montrée si rassurante la nuit d'avant, elle la menaçait maintenant ? Et ses yeux... un regard dur, nerveux, et sa façon de parler, une voix cassante, sans émotions... d'accord, elle n'avait jamais été très avenante, mais là, elle était comme un robot. Quelque chose n'allait vraiment pas avec elle, avec cette maison.
    La matinée passa avec une certaine agitation qui s'empara des élèves et ne fit qu'empirer à l'approche de midi : Deborah ne s'était pas montrée au petit déjeuner. Les autres crurent au début qu'elle faisait la grasse matinée, mais à force de la chercher en vain, ils finirent par se rendre à l'évidence : la jeune fille avait disparu corps et biens. À midi, les profs réunirent les élèves pour un repas improvisé avec les réserves qu'ils avaient, et tentèrent de les calmer avec difficulté. Après un débat enflammé, il fut décidé que les élèves passeraient l'après-midi à fouiller de nouveau la maison de fond en comble, M. Morton ayant eu la bonté de les autoriser à explorer toutes les pièces, tandis que les profs allaient s'armer de vêtements de pluie et de lampes pour aller fouiller les extérieurs, avec une réunion générale à cinq heures de l'après-midi pour faire le point. Cass n'avait pas donné signe de vie de la matinée, et pendant le repas, au milieu de tous ses camarades agités et inquiets, elle se contentait de manger sans dire un mot, sans manifester le moindre intérêt pour ce qui se passait. Puis quand la chasse commença, elle se leva et disparut au détour d'un couloir. Quelque chose clochait chez elle. Elle n'était plus elle-même, elle était comme... possédée. Ils passèrent l'après-midi à rechercher la jeune fille disparue. En vain. À l'exception des appartements privés de M. Morton, toutes les pièces de l'immense bâtisse leur étaient ouvertes, et ils se séparèrent en plusieurs équipes pour explorer la cave, la grande bibliothèque, le petit salon, les chambres, les salles de bain, tout jusqu'au grenier fut passé au peigne fin. Quand ils se réunirent à cinq heures comme prévu, la vue de nombreux sièges vides les frappa d'horreur : Miranda, Connor, Melvin, Cass, et bien d'autres, en tout dix personnes manquaient à l'appel. Les profs parvinrent à surmonter la panique qui les gagnait, et ordonnèrent aux élèves restants de ne pas quitter la salle à manger. Ils tentèrent d'appeler la police, mais les portables ne passaient pas. Et avec la tempête à l'extérieur, marcher jusqu'au prochain village était impensable. Ils se rendirent vite à l'évidence : ils étaient piégés ici. Et M. Morton était également introuvable. Mademoiselle Kaczinski et quelques volontaires décidèrent d'aller fouiller les derniers endroits où les disparus avaient été vus. Pendant leur absence, des histoires de plus en plus terrifiantes se mirent à circuler parmi les élèves restés dans la salle à manger. Personne ne put dire comment les disparus avaient disparu, ils s'étaient juste... évaporés. Tommy raconta qu'il s'était retrouvé en équipe avec Connor dans l'après-midi, ils avaient décidé de fouiller chacun une chambre. Tommy avait entendu Connor rire, un genre de rire hystérique, et le temps qu'il aille voir, le jeune homme avait disparu. D'autres racontèrent qu'ils avaient cru apercevoir Cass rôder près des appartements de M. Morton, tenant à la main ce qui ressemblait à un fusil. On se mit alors à élaborer des théories, à raconter que c'était elle la responsable, qu'elle avait pété un plomb, et avait décidé de les traquer et de les faire disparaître un à un. Après tout, elle ne s'était jamais entendue avec personne, alors c'était plausible, non ? C'en fut trop pour Sally qui, d'un seul coup, se leva et quitta la salle. « Hé, attends ! Cria Billy en la rejoignant dans le hall. Où est-ce que tu vas ?
    Ces histoires avec Cass, ça commence à me prendre la tête. Je suis sûre qu'il y a une explication à tout ça, quelque chose qui la tracasse... il faut que j'en ai le cœur net, je dois aller lui parler. Lui parler ? Mais t'es folle ! T'as entendu ce qu'on raconte ? Elle se balade avec un flingue dans les couloirs, si ça se trouve c'est elle qui... Non, ça je ne peux pas le croire. Tu l'as toujours prise pour une sociopathe, alors pourquoi tu prends sa défense maintenant ? » Elle lui racontait alors ce qui s'était passé la nuit d'avant. Le comportement étrangement protecteur de Cass, le fait qu'elle avait semblé croire en son histoire sans aucune hésitation. « Honnêtement, conclut-elle, tu la croirais capable de tous nous tuer si tu l'avais vue comme ça ? Là... je ne sais pas... Mais j'ai remarqué que depuis ce matin, elle n'est pas dans son état normal. Il s'est passé quelque chose, et je veux savoir quoi ! Mais si ce n'est pas elle, alors on ne sait pas ce qui nous fait tous disparaître un par un ! C'est trop dangereux de partir toute seule ! Je sais, c'est pour ça que tu viens avec moi. Quoi ? À moins que tu fasses ta poule mouillée ? » Poule mouillée ! Oh que non, se dit Billy. Depuis le temps qu'il lui faisait office de cameraman, depuis le temps qu'il espérait qu'elle le remarque et que leur relation évolue vers quelque chose d'autre, lui le petit geek maigrichon qui en temps normal n'aurait aucune chance avec une des filles les plus populaires du lycée, s'il tenait là enfin l'occasion de l'impressionner, il n'allait pas la laisser passer. Il accepta donc de l'accompagner. Ils commencèrent donc leur recherche par la grande bibliothèque. Elle était déserte, des rangées et des rangées de livres se dressant contre les murs, plongés dans l'obscurité et le silence total, avec au milieu de la salle, la forme imposante d'un énorme télescope. Curieux, Billy alla inspecta l'appareil, tandis que la jeune fille marcha le long d'une rangée de livres en direction d'une petite porte dans un coin, qu'elle ne se souvenait pas avoir fouillée dans la journée. Un coup de tonnerre retentit, et de surprise et de frayeur, la jeune fille cria et se plaqua contre la rangée de livres. Billy se retourna en sursaut dès qu'il entendit son cri, et ce qu'il vit l'emplit de la plus profonde angoisse : rien. Son amie avait disparu. Pris de panique, il courut vers les rangées de livres, commença à tâtonner fébrilement, au hasard, l'appelant, criant son nom, mais il ne reçut aucune réponse. Cela lui prit plusieurs minutes pour se calmer et tenter de réfléchir. Il aperçut la petite porte, non loin. Sûrement, se dit-il, elle avait eu peur de quelque chose et était partie se réfugier par là. Il ouvrit la porte, et discerna quelques marches en pierre qui descendaient vers l'obscurité. Prenant son courage à deux mains, il descendit, gardant une main contre le mur pour garder l'équilibre. Il faisait noir comme dans un four. Et plus il descendait, plus il lui semblait entendre un bruit de fond, une sorte de murmure diffus... non, ça ressemblait... à des rires ? Il arriva en bas des marches, et en tâtonnant, ses doigts finirent par reconnaître la forme d'un interrupteur. Il alluma. La pièce ressemblait à une très vieille cave en pierre, et son regard fut immédiatement attiré vers un puits à sec qui s'ouvrait dans un coin de la pièce. Les rires qu'il entendait, si diffus, semblaient provenir de là. Très, très profondément sous terre et résonnant jusqu'ici. Il eut un frisson alors qu'il s'approchait doucement. Puis il se pencha pour regarder. Une ombre apparut soudainement derrière lui, et une main d'une force étonnante s'enveloppa autour de sa bouche, l'empêchant de crier. Une main... de fille ? « Billy ! Billy ! » appela Sally en tambourinant désespérément contre le mur en pierre. Rien n'y faisait. La pierre devait être trop épaisse pour laisser passer le moindre son. Elle n'avait pas compris ce qui lui était arrivé, au début. Elle s'était plaquée contre la rangée, surprise par le tonnerre, et tout à coup, le monde avait semblé tourner follement autour d'elle, et la voilà maintenant prise au piège dans l'obscurité totale. Elle finit par comprendre qu'en se plaquant ainsi, elle avait dû activer quelque mécanisme secret qui avait fait tourner un pan du mur pour l'entraîner vers une pièce secrète. Mais comment revenir à la bibliothèque ? En tâtonnant, elle finit par trouver un interrupteur, et la pièce s'éclaira d'une lumière tamisée. C'était une sorte de bureau poussiéreux, sans fenêtres, encombré de piles et de piles de bouquins et de documents divers. Un bureau secret ? Perplexe, elle s'approcha de la table d'écriture, et caressa du bout des doigts un petit livre en cuir usé aux pages jaunies, qui avait l'air très ancien. Elle l'ouvrit et commença la lecture, luttant pour déchiffrer les caractères d'un autre âge : [i:13ixgxed]Journal du docteur Jebediah Morton, sept septembre de l'an mil sept cent vingt et un.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Je peux enfin emménager dans cette splendide demeure. Tant de temps ai-je attendu ce jour ! Mon télescope a été installé, et les falaises de Nouvelle-Angleterre m'offriront une vue imprenable sur les merveilles du cosmos. Je ne puis toutefois m'empêcher de ressentir quelque malaise superstitieux à l'intérieur de ces murs. Il m'a semblé entendre comme une voix m'appeler durant le souper, mais les domestiques n'ont rien remarqué. Sûrement est-ce là un produit de mon imagination fertile.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Douze septembre.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Je n'ai pas dormi depuis quatre jours. Ces voix continuent de me tourmenter et se font de plus en plus nombreuses. Mais sont-ce-t-elles réellement des voix ? Car mon oreille ne perçoit le moindre son, mais il semble que c'est mon âme elle-même qui perçoit ces appels. Je me suis installé ici pour étudier les cieux, cependant il me semble bien que ce sont les tréfonds de la terre qui m'invoquent sans trêve ni repos ! Le puits que j'ai fait construire dans la cave ne tire point d'eau. Souhaitant en avoir le cœur net, j'y ai fait descendre une échelle de corde et m'y suis aventuré. La profondeur du boyau m'a semblé étonnante, et j'ai finalement atteint le fond pour y découvrir une galerie voûtée, de construction indubitablement artificielle, remarquable de précision architecturale. Impossible ! Pour être ensevelie à une telle profondeur, cette galerie aurait été construite près de vingt-cinq mille ans avant notre ère ! Fasciné par cette découverte, j'ai entrepris de reproduire les étranges glyphes qui ornaient les murs. Cet étrange alphabet me semble à la fois totalement étranger et quelque peu familier, comme une langue très ancienne oubliée depuis la nuit des temps. J'ai fait parvenir ces copies au professeur Lawrence, de l'Université de Miskatonic. Le grand spécialiste des langues antiques pourra peut-être me fournir des éléments de réponse.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Douze octobre.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]J'ai pu parler au professeur Lawrence avant son internement définitif. Le pauvre homme avait commencé à perdre la raison quelques jours plus tôt, ne s'alimentant plus et restant enfermé des nuits entières dans son bureau et refusant vigoureusement d'être dérangé, à la plus grande détresse de son épouse. Il a finalement été découvert prostré dans un coin de la pièce, hurlant sans cesse des propos incohérents sur le retour du Grand Ancien. Lorsque je me suis entretenu avec lui, le pauvre homme a semblé avoir un bref éclat de cohérence lorsqu'il m'a supplié de ne pas lire ses travaux sur mes glyphes.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Quinze octobre.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Je n'aurais pas dû lire ces travaux. Je suis désormais en proie à la plus grande détresse, passant mes nuits sans trouver le repos et mes journées dans cette étude secrète, incapable de songer à autre chose qu'à l'indescriptible horreur qui se terrait sous ma demeure, ni vivante ni morte, tapie dans les entrailles de la Terre, attendant son réveil.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Shub-Niggurath[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]La chèvre aux mille chevreaux, le Grand Ancien, plus ancien que la Création elle-même[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Dans l'ignorance de l'Homme il vit, et par le rire de l'Homme elle se relèvera et régnera.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Je ne sais comment interpréter cette dernière phrase. Mais je sais, en tant que Chrétien, que cette abomination décrite dans ces textes antédiluviens est un affront au Seigneur Lui-même et à tout ce qui est bon. Et chaque nuit, je l'entends qui m'appelle, m'invoque.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed] Trente et un octobre[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Que Dieu me pardonne et ait pitié de mon âme. N'en pouvant plus, je me suis de nouveau aventuré dans le puits, armé de ma lanterne et de mon pistolet. En bas, j'ai parcouru la galerie, longé la rivière souterraine jusqu'à un grand mur. Là, je suis passé sous l'arche qui s'ouvrait dans le grand mur. Me tenant au sommet de ce chemin de pierre, j'ai pu observer l'étendue de la monstruosité qui s'étendait sous ma demeure. Ces choses bleues ne sont pas humaines. Elles n'appartiennent pas à notre monde, la nature n'aurait pu produire des êtres pareils, qui semblent se rire des lois les plus élémentaires de la physique ![/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Et il y en a une cité entière ![/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Je me suis enfui, j'ai couru comme si tous les démons de l'Enfer étaient à mes trousses. Mais je sais que tout ceci est en vain. Ces choses savent que je les ai vues. Elles m'attendaient. Elles ont besoin de proies pour leur odieuse besogne, et je suis l'appât, le gardien. Bientôt, elles viendront pour moi. Je suis en paix avec le Seigneur, tout ce que j'espère, c'est une mort rapide. Mon seul regret est de n'avoir jamais eu de descendance.[/i:13ixgxed] [i:13ixgxed]Je les entends ! Je les entends frapper à la porte ! Sainte Mère, pardonnez-moi ! [/i:13ixgxed] Sally referma le livre d'une main tremblante. Elle frissonnait, son dos était baigné de sueurs froides. Shub-Niggurath... quel nom affreux ! La lueur bleue... était-ce bien une sorte de créature, de monstre, telle que les évoquait ce journal ? Et cette dernière révélation, troublante... lors de la visite de la maison, M. Morton avait précisé que le manoir était resté dans la famille de générations en générations... mais Jebediah Morton était mort sans avoir eu d'enfants ! Comment était-ce possible ? Elle regarda son portable. Déjà sept heures et demi passées ! C'était l'heure du dîner, Mademoiselle Kaczinski et les autres devaient déjà être revenus. Elle devait les rejoindre, elle ne pouvait pas rester seule ici, pas après ce qu'elle venait de lire. Et ensemble, ils allaient pouvoir monter un plan pour s'échapper de cette baraque, et prévenir les autorités. La lumière maintenant allumée, il lui fut facile de trouver le levier qui commandait la porte secrète, et elle revint à la bibliothèque. Billy n'était plus là. Il avait dû rejoindre les autres. Elle passa alors dans le hall, et fut prise d'un sentiment d'oppression tel qu'il lui sembla que l'air pesait trois tonnes. Cette maison était si vaste, si sombre, si silencieuse ! Normalement, elle aurait dû entendre des éclats de voix provenant de la salle à manger. Mais elle se rendit compte en ouvrant la double porte que la salle à manger était aussi déserte que le hall. « Billy ! Cria-t-elle. Tommy ! Cass ! Mademoiselle Kaczinski ! » mais ses cris résonnèrent en vain dans l'immensité du manoir sans retourner aucune réponse. L'angoisse serra son cœur comme dans un étau. Tout le monde avait disparu. Elle était la dernière. Elle gravit l'escalier d'un pas tellement tremblant qu'elle manqua de trébucher à chaque marche. Elle atteignit le couloir menant à sa chambre, plongé lui aussi dans un silence de mort. Un pas, puis l'autre. Chacun lui sembla durer des heures, son corps entier voulant se rebeller, faire demi-tour, courir le plus loin possible pour sa survie. À chaque pas, elle eut l'impression que des silhouettes menaçantes se mouvaient dans les ténèbres devant elle. Elle sursauta en percevant un bruit, une sorte de souffle saccadé, tout près d'elle, mais se rendit vite compte que ce n'était que sa propre respiration, incontrôlable. Elle atteignit finalement sa chambre, alluma la lumière, ferma la porte derrière elle. Cass n'était pas là. Elle inspecta immédiatement le dessous des lits et la grande armoire, s'arrêtant paralysée par une terreur enfantine lorsque sa main se posa sur la poignée de la porte. Mais il n'y avait rien dans l'armoire. Rien du tout. Elle savait qu'elle n'aurait jamais le courage d'explorer cette maison toute seule à la recherche de ses camarades disparus, seule en proie à ce danger inconnu qui les menaçait. Elle devait fuir, sauver sa peau. Elle ramassa son sac et en sortit un k-way et une paire de grosses chaussettes. Mieux que rien. Même si la tempête dehors était diluvienne, elle préférait mourir noyée plutôt que de rester une minute de plus ici. Elle s'assit alors sur le rebord du lit, retira ses chaussures, puis ses chaussettes, et alla enfiler sa nouvelle paire quand la porte de la chambre s'ouvrit. Elle cria et se redressa d'un coup en voyant la silhouette trapue et pataude de M. Morton. « mAIs que fAItes-VOus là, jeuNe fILle ? Demanda le maître des lieux, toujours avec cette étrange diction, comme si parler correctement lui demandait des efforts incommensurables. vOUs n'êTES pas aVEC les AUTres ? Ne vous approchez pas de moi ! Cria la jeune fille en reculant jusqu'à se plaquer contre la fenêtre glaciale. Qu'est-ce que vous avez fait des autres ? Mes camarades, où sont-ils, espèce de taré ! TAré ? Vos quaLIficaTIFs humAINS n'ont que bien PEU de vaLEUR. Vous ne pouVEZ quaLIfier ce que vous ne POUvez comPRENDRE. Vous n'êtes pas le descendant de Jebediah Morton, n'est-ce pas ? Il n'a jamais eu d'enfants. Vous... vous êtes Jebediah Morton ? JebeDIAh MorTON n'était que le vaiSSeau par leQUEL nous accOMPLissons notre œuvre. Œuvre à LAquelle vous auREZ l'honNEUR de prendre PART ! » Et sur ces mots, le masque tomba. Littéralement. Le visage du vieil homme s'affaissa, et son corps entier sembla se dégonfler lentement comme un ballon de baudruche, alors qu'il irradiait de cette affreuse lueur bleue. Puis sa peau s'ouvrit telle une grotesque peau de banane, et le déguisement inutile tomba au sol, en un tas informe de peau, de cheveux et de vêtements. La chose qui se tenait devant la jeune fille était exactement celle qu'elle avait vue la nuit d'avant. Elle avait l'aspect d'un losange, d'environ un mètre cinquante de haut, constitué d'une sorte de peau translucide au travers de laquelle des masses difformes que l'on prendrait difficilement pour des organes se mouvaient rapidement, aveuglément, sans aucune symétrie ni ordre d'aucune sorte. La chose était dépourvue d'yeux, de bouche, ou de quel-qu’autre organe sensoriel, et ses seuls membres étaient un nombre impressionnant de longues tentacules fines, telles des faisceaux de câbles, qui serpentaient autour d'elle. Elle lévitait à cinquante centimètre du sol, et irradiait de cette écœurante lueur bleue. Sally ne put même pas hurler. Hurler aurait signifié que son esprit reconnaissait cette chose comme un monstre, comme une menace tangible. Hors ce n'était pas le cas. Car ce qu'elle voyait était tellement étranger à toutes ses conceptions humaines du monde, que son cerveau ne pouvait prendre en compte cette information, et elle se trouvait paralysée dans la plus grande des confusions. Les tentacules de la chose s'approchèrent d'elle, et passèrent délicatement sous son chemisier. La sensation de ces appendices contre sa peau nue la ramena à la réalité. Qu'est-ce que c'était ? Cette sensation, étrange, désagréable... elle sursauta à chaque mouvement des tentacules, tentant de se protéger avec les coudes, se baissant et se cabrant pour finalement arriver au sol, incapable de se débarrasser de cette horrible sensation de... de chatouilles ! Finalement elle craqua et se débattit comme une folle en laissant échapper des rires hystériques, impuissante face à ces appendices fins et souples qui la harcelaient de toute part, au ventre, aux côtes, au dos... elle allait mourir étouffée ! Non ! Certainement pas ! Dans un soudain regain d'instinct de survie, elle parvint à ramper jusque sous le lit pour se protéger. Les tentacules n'étaient pas assez longues pour la suivre jusque là, et elle parvint finalement à s'en débarrasser. Ouf ! Mais à ce moment-là, elle sentit avec horreur les appendices bleutés enserrer ses chevilles, tandis que d'autres passaient doucement sous la plante de ses pieds nus. Elle se remit à rire de plus belle, et sentit très vite sa gorge se fermer, incapable d'aspirer plus d'air qu'elle n'en rejetait. Les larmes lui montèrent aux yeux. Non ! Dans un dernier effort, elle se hissa à l'aide du sommier pour ressortir de l'autre côté du lit et le poussa de toutes ses forces pour le renverser sur les tentacules de la créature. Elle émit une sorte de couinement qui fit à Sally l'effet d'une craie crissant sur un tableau noir, et ses appendices coincés par le lit la libérèrent. Sans même prendre le temps de ramasser ses chaussures, elle se rua sur la porte qu'elle ouvrit en grand, et... Cass se tenait là, dans le couloir. Elle lui faisait face, son visage dur, ses yeux brillant d'un éclat meurtrier. Et elle la tenait en joue avec un fusil de chasse. Oh non, donc la rumeur était vraie. La brute avait pété un plomb. Et derrière elle, la créature commençait à se libérer. Elle était piégée. « Non, Cass, gémit-elle en levant les mains devant son visage. Non, je t'en supplie... Baisse-toi ! » Elle eut à peine le temps d'obéir que la détonation retentit, forte comme trois coups de tonnerre. Sally hurla, porta les mains à ses oreilles et ferma les yeux. Quand elle osa les rouvrir, elle se tourna en direction de la créature, qui gisait à terre, un sang bleu coulant de sa blessure, ses appendices s'agitant frénétiquement autour d'elle. « Mais qu'est-ce que... Pas le temps de t'expliquer, la coupa la blonde en la saisissant sans ménagement par le bras. Viens avec moi, si tu veux vivre. » Et elle l'entraîna en sprint à travers les couloirs obscurs, en direction du hall. « Billy ! Hurla-t-elle en descendant les escaliers à toute vitesse. Je l'ai trouvée ! On s'arrache ! » Sally fut à la fois surprise et soulagée de trouver son ami en bas des marches, et tous les trois se ruèrent sur la porte d'entrée. Malgré tous leurs efforts, ils furent incapables de l'ouvrir, et ils constatèrent une coulée de boue s'infiltrant par en-dessous. « Merde ! Rugit Cass. Elle doit être bloquée par la boue, on peut pas sortir. Bon sang mais qu'est-ce qui se passe à la fin ! » Cria Sally, en panique. Ses amis n'eurent pas le temps de lui répondre qu'ils entendirent un bruit, et Cass se mit immédiatement en joue. « Hé, tire pas ! Cria le jeune homme tapi derrière la grande horloge. C'est moi, Tommy ! Qu'est-ce qui se passe ici ? » Mais la lueur bleue apparut en haut des escaliers, indiquant que la créature s'était relevée et remise à leur poursuite. Cass appela donc Tommy à les suivre et les quatre jeunes s'enfuirent en direction de la bibliothèque, passant la petite porte qui menait à la cave avec le puits. Une fois à l'intérieur, ils réunirent leurs efforts pour monter un tonneau en haut des marches et bloquer la porte. La créature ne pouvait pas les suivre. Une fois sûrs qu'ils étaient en sécurité, ils se posèrent pour souffler un peu. Cass alluma une cigarette. « Bon, est-ce qu'on peut savoir ce qui se passe, maintenant ? Demanda Sally. Je sais pas, répondit Tommy. J'étais avec le groupe de volontaires, pour chercher, mais j'ai perdu tout le monde, un par un. Quand je suis revenu dans la salle à manger, il n'y avait plus personne. Je me suis mis à chercher un peu, et quand j'ai entendu un coup de feu, je me suis caché. C'est là que je vous ai vus... Et moi, dit Billy, quand je t'ai perdue dans la bibliothèque, je t'ai cherchée et je suis tombé sur cette cave. Cass était là. Elle... elle m'a tout expliqué... Cass ? » La blonde tira une autre bouffée de sa cigarette avant de commencer son récit : « Quand je t'ai laissée dans la chambre, la nuit dernière, je suis sortie faire un tour. Et au détour d'un couloir, j'ai vu la lumière bleue. Je me suis cachée, et je l'ai vue passer. J'arrivais pas à croire ce que je voyais, à ce moment-là, mais c'était exactement la chose qui était là-haut. Je l'ai vue aller en direction des chambres. Alors je me suis lancée à sa suite, et quand je suis arrivée, tu étais en panique et Mademoiselle Kaczinski était déjà là. Je croyais que j'avais halluciné, mais après tu m'as dit que tu l'avais vue aussi. Alors ce matin, quand tout le monde s'est mis à la recherche de Deborah, j'ai exploré de mon côté, et je suis tombée sur cette cave. Écoute. » Ils observèrent un silence et purent entendre le bruit diffus. « Des rires ? Demanda Sally. Et ça vient d'où ? Du puits. Après avoir découvert ça, j'ai rejoint tout le monde pour le déjeuner, et dans l'après-midi, je suis allée fouiller les appartements privés de M. Morton. Et tu y as trouvé quoi ? De la poussière. Trop de poussière, sur le lit, dans la salle de bain. Ces appartements n'ont pas été utilisés depuis des années au moins. C'était pas normal, vraiment pas normal. J'ai trouvé ce fusil dans une des salles, et je l'ai gardé, au cas où. J'ai continué de chercher et je suis retournée au puits, avec l'intention d'y descendre, voir ce qui se passait en bas. Billy m'a rejoint avant. Il m'a dit pour toi, et j'ai décidé de venir te chercher avant qu'on se sauve. Je crois... je crois que M. Morton, ou du moins cette chose qui se fait passer pour lui, a enlevé tout le monde et les a emmenés sous terre. Pour leur faire quoi, ça j'en sais rien. Je crois que je sais, » dit Sally. Elle leur raconta alors sa découverte du journal de Jebediah Morton, et son terrifiant contenu. « Je pense, dit-elle, que ce Shub-Niggurath est une espèce... de dieu, ou quelque chose comme ça. Et ces choses bleues doivent être ses espèces de serviteurs. Quand elle m'a attrapée, avant que tu arrives, elle s'est mise à me chatouiller. Le journal mentionnait que le rire humain pourrait réveiller Shub-Niggurath. Peut-être que cette maison sert d'appât, la chose attire des gens à l'intérieur, puis les emmène sous terre pour les chatouiller jusqu'à ce que son dieu se réveille. C'est plutôt difficile à croire, répondit Tommy. Honnêtement, avec tout ce qui s'est passé, là, je crois qu'il ne reste plus grand chose de difficile à croire. Bon... on fait quoi maintenant ? On est coincés à l'intérieur avec cette chose, dit Cass, pas moyen de sortir. Je ne vois qu'une seule solution. On descend. Quoi ? Mais tu es folle ? Tu veux foncer droit dans le piège ? Tu vois une autre solution ? Si on arrive à retrouver tout le monde en bas, et à les libérer... à trente on aura peut-être une chance. C'est ça, ou on attend là jusqu'à ce que la chose en haut parvienne à ouvrir la porte et à nous attraper aussi. OK, dit Tommy en se levant, je suis d'accord, on descend. Passe-moi le fusil. Et pourquoi ça ? Hé ben c'est mieux que je l'ai. Je veux dire t'es une... et je suis un... » Sa remarque fut accueillie par un coup de crosse bien placé dans son entrejambe. « J'ai pas le temps pour tes remarques sexistes, Tommy. Je garde le flingue. Et je descends la première. »

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    Black Stingray - il y a 11 ans
    [u:3mcj3ll0]Partie III : La cité maudite[/u:3mcj3ll0] « Cass ? Comment ça se passe en bas ? » La jeune fille braqua son fusil en direction de la galerie qui s'ouvrait devant elle, son portable avec l'application lampe-torche activée dépassant de la poche de poitrine de sa veste éclairant les environs. Il n'y avait pas âme qui vive. « C'est bon ! » Cria-t-elle. Un par un, ses compagnons d'infortune la rejoignirent en bas. Ils se trouvaient maintenant dans grande galerie voûtée, aux murs ornés d'inscriptions mystérieuses. Sally grimaça. La pierre était glacée sous ses pieds nus. « On dirait une cathédrale, commenta Tommy. Sauf que cette cathédrale-là est vieille de vingt-cinq mille ans, répondit Sally. Comment tu le sais ? C'est comme dans le journal que j'ai lu. Regarde ces symboles sur les murs, ce sont eux qui mentionnent la prophétie de Shub-Niggurath. » Ils parcoururent la galerie jusqu'à entendre le bruit de la tempête, au dehors. Mais comment était-ce possible sous terre ? Puis ils finirent par déboucher sur une salle plus large, et ils s'arrêtèrent tous, pantois. La grotte était immense et s'ouvrait sur le flanc de la falaise, les laissant voir le ciel obscur et laissant entrer l'eau de mer qui formait alors une rivière souterraine sur la berge de laquelle ils se tenaient. Et au milieu de cette rivière flottait une immense embarcation en bois pourri, amarrée à la berge, ses voiles déchirées flottant mollement au gré du vent. « [i:3mcj3ll0]Sea Blazer[/i:3mcj3ll0], dit Sally en lisant l'inscription sur le flanc du navire. [i:3mcj3ll0]L'Embraseur des Mers[/i:3mcj3ll0]. Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? C'est un galion de pirates, répondit Cass. De pirates ? Oui, regarde le mât principal, on peut voir les restes de leur drapeau. Mais qu'est-ce qu'un bateau de pirates fait ici ? Justement, c'est là la question. » Et sur ces mots, Cass s'élança sur la passerelle encore abaissée et grimpa sur le pont du navire. Ses camarades la rejoignirent. Ils marchèrent à tâtons, les planches pourries craquant sous leurs pieds. Personne à bord. Évidemment, vu l'âge que le navire devait avoir ! Ils explorèrent le pont et tentèrent d'ouvrir la porte de la cabine du capitaine. Celle-ci, pourrie comme le reste, sortit de ses gonds à peine l'eurent-ils touchée et tomba à terre. Le mobilier à l'intérieur empestait l'humidité. Sally entra avec les autres et remarqua immédiatement la table d'écriture, avec un encrier, une très vieille plume, et un carnet relié de cuir moisi. Un autre journal ? Elle le prit et l'ouvrit. La lecture était presque impossible, l'encre avait commencé à s'effacer avec le temps, et surtout, elle n'avait jamais vu un texte autant truffé de fautes ! « Il y a plus de fautes dans ce bouquin que dans les textos de Miranda ! Se lamenta-t-elle. Tu sais, répondit Cass en la rejoignant, les pirates de l'époque étaient pas réputés pour être très instruits. Attends, mais comment tu sais autant de choses sur les pirates ? Tu dors en cours d'histoire, d'habitude. Ouais, mais j'ai toute la discographie d'Alestorm. Passe-moi ça. Tu vas réussir à le lire ? Moi aussi je fais des tonnes de fautes à l'écrit, on parle le même langage. » Elle prit le carnet des mains de sa camarade et le parcourut, se concentrant quelques minutes pour s'adapter au texte. Puis elle commença la lecture : [i:3mcj3ll0]Journal du Capitaine Bonnie Anne Cassidy[/i:3mcj3ll0] « Cassidy ? L'interrompit Sally. Une ancêtre à toi ? Chut ! La réprimanda Cass. C'est déjà pas facile alors pas la peine de m'interrompre en plus ! » Elle reprit : [i:3mcj3ll0]Neuf octobre de l'an mil sept cent cinquante deux[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Avons finalement semé la Marine Royale à vingt-trois miles des côtes de Nouvelle-Écosse, mais avons subi d'importantes avaries à la coque. Ces Anglais sont fous à lier ! Ils savent très bien que l'Embraseur ne peut être capturé. Avec les trois mil livres de poudre que nous transportons en cale, nous avons suffisamment d'explosifs pour anéantir Port-Royal ! Mais ils ont quand même essayé. Fort heureusement, nous nous en sommes sortis, mais à quel prix ! [/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Dix octobre[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Après avoir longé la côte durant un jour et une nuit à la recherche d'un refuge, avons enfin trouvé une crique creusée à flanc de falaise où amarrer le navire. Ce refuge est idéal, la Marine ne nous y trouvera jamais, et nous y aurons tout le loisir de réparer la coque. L'Embraseur ne meurt jamais ![/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Vingt et un octobre[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Les réparations sont à moitié terminées, mais nos réserves de nourriture sont presque épuisées. Il nous reste de quoi tenir deux semaines, au mieux. Nous devrons nous hâter et faire voile vers Innsmouth pour nous réapprovisionner, en espérant ne pas croiser la Marine. Nous perdons tous le sommeil et le moral est au plus bas. Certains des hommes font état de bruits étranges provenant du plus profond de la caverne. Ils parlent d'éclats de rire diffus. Avons également découvert une bien étrange galerie, façonnée telle une nef de cathédrale et ornée de motifs impies. Nous devons quitter cet endroit au plus vite.[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Vingt-deux octobre[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Cutler ne s'est pas présenté ce matin. Personne ne sait où il est allé. Les rires se font de plus en plus présents, le jour comme la nuit. Je ne dors plus qu'avec mon pistolet chargé à la main. Cette caverne me terrifie.[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Vingt-sept octobre[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Les disparitions étranges n'ont fait qu'augmenter depuis ces derniers jours. Personne ne peut dire où sont partis les disparus, ni ce qui les a enlevés. Marlowe m'a rapporté avoir entendu Carter rire pendant son tour de garde, mais le temps qu'il aille voir ce qui se passait, Carter s'était volatilisé. Je suis désormais en charge de huit survivants terrifiés. Dieu nous garde.[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Vingt-huit octobre[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Avons décidé d'explorer le fond de la caverne à la recherche des disparus. Nous sommes armés de pistolets, de mousquets et de lanternes et avons longé la berge. Ce que nous prenions au départ pour une crique s'avère être une rivière souterraine incroyablement longue, se terminant par un mur de construction artificielle. Avons trouvé un passage dans le mur, menant à un chemin de pierre descendant dans la plus grande grotte que j'ai jamais vue. Les rires se sont faits de plus en plus forts. Ils proviennent de cette grotte, cette grotte abritant les structures les plus hideuses, les plus insolentes qu'il m'ait été donné de contempler. Ô cité maléfique, antre de Satan, tes tours se dressant dans cette cave obscure comme autant d'affronts au Seigneur ! Et tes serviteurs, monstrueuses créatures difformes flottant dans une infâme lueur bleue ! [/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Avons dépensé presque toutes nos munitions et ne sommes parvenus à tuer qu'une seule de ces créatures impies. Avons dû nous replier. Nous ne pouvons sauver nos camarades, nous ne pouvons nous dresser contre ces monstres. Devons rester au navire et finir les réparations au plus vite pour fuir cet endroit maudit.[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Trente et un octobre[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Parti en éclaireur, Marlowe m'a rapporté avoir vu nombre des créatures se rassembler à l'entrée de la cité maudite. Elles viennent pour nous. Nous n'avons pas le temps de hisser les amarres. Au moment où j'écris ces lignes, je peux déjà apercevoir la lumière bleue se rapprocher. Mon sabre est affûté, mon pistolet et mon mousquet sont chargés. Je laisse ce journal à quiconque le trouvera, qu'il fasse savoir au monde entier que le Capitaine Bonnie Anne Cassidy et l'équipage de l'Embraseur se sont battus jusqu'à la fin.[/i:3mcj3ll0] [i:3mcj3ll0]Je remets le sort de mon âme et de celle de mes hommes à Dieu[/i:3mcj3ll0] « C'est la fin, » dit Cass solennellement. Elle reposa le journal d'une main tremblante. « C'est comme l'autre journal, dit Sally. Ça fait des siècles qu'ils font ça. Ils attendent que des gens s'approchent, ils les capturent, et ils les emmènent dans leur repère... Alors ça doit être là que sont tous nos camarades. Ne me dis pas que tu comptes y aller ? Est-ce qu'on a le choix ? Mais ces pirates étaient huit avec des armes, et ils ont été battus ! À nous quatre avec un seul fusil... c'est du suicide ! Il y a un moyen... faut la jouer discret, en mode ninja. On s'infiltre, on trouve où tout le monde est emprisonné, on trouve un moyen de les libérer... et on fonce. C'est très approximatif comme plan... Ouais, mais on aura jamais mieux. Faites comme vous voulez, moi en tous cas, j'y vais. » Et sur ce, elle vérifia que son arme était bien chargée, et quitta le navire pour revenir à la barge. Cass, toujours aussi tête brûlée... Tommy fut le premier à la suivre. Sally et Billy se regardèrent, soupirèrent... et leur emboîtèrent le pas. Ils suivirent la rivière un long moment jusqu'à tomber sur ce fameux mur, et sur la porte en arche qui donnait accès à la cité des créatures. Ils n'étaient pas préparés pour ce qu'ils allaient y trouver : ils se tenaient maintenant dans la grotte la plus gigantesque qu'ils aient jamais vu, au sommet d'un chemin de pierre qui descendait en serpentant en direction d'une formation de tours de pierre qui se dressaient dans une lumière bleutée. Cette formation faisait bien la taille d'une ville entière, et ces tours... quelles tours ! Hérissées, courbées, sphériques, ou se dressant carrément à des angles totalement impossibles, elles ne présentaient absolument aucune surface plane, aucun angle droit, aucun repère humain dans l'architecture. Ces structures n'avaient pas été bâties par des être de ce monde qui obéissaient aux lois de ce monde. C'était tout à fait impossible. Ils restèrent un long moment à contempler cette vision inimaginable. Tommy ne remarqua même pas le filet de bave qui coulait de sa bouche béante. Cass caressa nerveusement la gâchette de son fusil. Billy sursauta quand il sentit la main froide et moite de Sally agripper la sienne avec force. « Bon, dit Cass avec des trémolos dans la voix. Quand faut y aller... » Et ils se mirent à descendre le chemin, attentifs à garder l'équilibre pour ne pas tomber dans les fossés qui le bordaient. Ils firent une centaine de mètres quand Sally trébucha et tomba, et cria en se raccrochant au bord. Ses amis la relevèrent immédiatement, mais à ce moment-là ils aperçurent deux des créatures provenant de la cité flotter dans leur direction. « Oh merde, dit Tommy. On saute ! Cria Cass. Quoi ? » Mais ils n'eurent pas le temps de se poser de questions qu'elle les avait déjà saisis par la main et entraînés dans sa chute. Ils plongèrent dans le fossé et atterrirent sur un pile de crânes et d'ossements. Très vite, Cass leur ordonna de plonger, de s'enterrer le plus possible sous les ossements, et de ne pas faire un seul bruit. Les créatures descendirent à leur niveau, et se mirent à flotter au-dessus du tas macabre, faisant des va-et-viens. Elles les cherchaient. L'une d'entre elles était juste au-dessus de Sally. La jeune fille ouvrit la bouche pour crier, mais Billy, à ses côtés, la bâillonna immédiatement de sa main. Ils restèrent là à observer silencieusement les choses pendant de longues minutes, jusqu'à ce que celles-ci abandonnement leur recherche et s'éloignent. Les quatre jeunes sortirent de leur cachette. « Ah, c'est dégueu ! Se plaignit Tommy en retirant une phalange de son épaule. Chut ! Chuchota Cass. Elles se repèrent au bruit. À partir de maintenant, silence total ! » Ils poursuivirent leur route, pataugeant péniblement dans les os jusqu'à trouver un point suffisamment bas pour revenir sur le chemin. Ils étaient entrés à l'intérieur de la cité. Là, ils parcoururent les rues tordues avec précautions, évitant les créatures qui patrouillaient, s'orientant grâce aux rires qu'ils entendaient, qui se faisaient de plus en plus forts et de plus en plus distincts. Ils parvinrent finalement à leur source, la tour qui était la plus au centre. Elle n'avait pas de portes, juste des arches suffisamment larges pour laisser entrer un porte-avions. À l'intérieur, ils contemplèrent un terrifiant spectacle : leurs camarades et leurs profs étaient tous enchaînés au mur, tout autour d'eux, maintenus par des liens qui ressemblaient à des griffes de pierre. Au centre de la tour se dressait un énorme podium, duquel sortaient des dizaines et des dizaines de fines tentacules semblables à celles des créatures, et ces appendices chatouillaient tout le monde en même temps, passant sous leurs vêtements pour leur chatouiller les côtes et les aisselles, et sous la plante de leurs pieds nus. Et ils riaient, et l'écho de leurs rires hystériques mélangeaient glaçait les quatre jeunes d'effroi. Comment allaient-ils pouvoir les libérer ? En silence, ils se mirent à la recherche d'un quelconque mécanisme, et finirent par tomber sur une sorte de très gros levier. Les deux plus forts de l'équipe, Cass et Tommy, s'en emparèrent immédiatement et tentèrent de le baisser, mais celui-ci était très solide et ils parvenaient à peine à le bouger. Un cri perçant vint interrompre leurs efforts, et ils se tournèrent en sursauts pour faire face à l'une des créatures qui se dressait derrière eux. Ils étaient repérés ! Immédiatement, Cass se saisit de son arme et tira. La créature blessée s'effondra, mais la détonation en attira très vite d'autres qui vinrent dans leur direction. « Mission annulée ! Hurla la blonde. On se casse ! » Ils se mirent à courir, sortirent de la tour à toute vitesse, et foncèrent vers le chemin qui les ramènerait au bateau, à une relative sécurité. Mais Sally, pieds nus, ne pouvait pas courir aussi vite que ses amis et se retrouva bientôt à la traîne. Voyant cela, Billy fit demi-tour pour la rejoindre, et avec une force qu'il ne se connaissait pas, il la chargea sur ses épaules, et la course reprit. Cass essaya de recharger fébrilement son arme tout en courant, mais la cartouche lui échappa des mains et alla rouler sur le sol. Elle s'arrêta pour la ramasser. Erreur fatale. Elle sentit immédiatement les tentacules l'enlacer, lui agripper les poignets, les chevilles. Elle se démena comme un beau diable, mais très vite, d'autres appendices passèrent sous son débardeur pour lui taquiner le ventre, et elle se retrouva immédiatement en position fœtale, dépensant toute son énergie à lutter contre la sensation qui l'envahissait. Plus haut sur le chemin, Billy, à bout de souffle, posa un genou au sol, et Sally, voyant le pétrin dans lequel était Cass, quitta les épaules de son ami et accourut à son secours. « Non ! Cria Billy. Non, Sally, reviens ! » Il accourut lui-même pour la récupérer, mais il sentit une main l’agripper avec force par derrière. « Qu'est-ce que tu fous ! Hurla-t-il à Tommy. Lâche-moi, je dois aller l'aider ! Non ! Répondit le footballeur. Tu peux rien faire, il faut qu'on se replie. Si tu y vas ils te prendront aussi ! » Fermement maintenu, Billy fut forcé de suivre son camarade, et il ne put que regarder, impuissant, son amie se faire submerger à son tour par les rires induits par les tentacules des créatures. À bout de souffle, les deux garçons parvinrent à fuir la caverne et à retrouver le navire, où ils s'effondrèrent en crachant leurs poumons. « Pourquoi tu m'a retenu ? On aurait pu les aider ! Non, on aurait pas pu. Ils sont trop nombreux, ils nous auraient maîtrisés en moins de deux ! Il fallait qu'on s'enfuit, maintenant on va pouvoir réfléchir à un plan pour sauver tout le monde. Un plan ? On est que deux, Tommy, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire ? Je comptais un peu sur toi pour me le dire, c'est toi le petit génie ! Et c'est toi le quarterback de l'équipe, question plan d'attaque t'es un peu mieux placé ! On est pas sur un terrain de foot, ici ! » Billy ne sut quoi répondre. Tommy comptait sur lui, le petit génie qui avait toujours les bonnes idées. Mais là, la terreur l'empêchait de penser clairement. De désespoir, il se mit à pleurer. « Billy, dit son camarade d'une voix plus douce, te laisse pas aller. Pense à Sally. Ça fait un moment que je te vois lui tourner autour, tu l'aimes, n'est-ce pas ? Alors pense à elle, et à comment tu vas la sortir de là. Dis-toi que c'est là ton occasion de briller. Ton moment de gloire. » Ces paroles eurent un effet magique sur le jeune homme qui s'arrêta soudainement de pleurer et se releva. Son regard était calme, déterminé. Il sourit. « J'ai une idée. » Dans la tour des supplices, Cass, peut-être pour la première fois de sa vie, était terrifiée. La brute super forte était attachée à ces espèces de griffes de pierre contre le mur, les bras tendus au-dessus de sa tête, et même sa force ne suffisait pas à se libérer. Elle ne s'était jamais retrouvée aussi vulnérable. À ses côtés, Sally, attachée de la même manière, pleurait des larmes de terreur. « Sally ! Appela-t-elle, rassemblant les dernières onces de courage qu'il lui restait. Sally, regarde-moi. Tout va bien se passer, tu m'entends ? Tout va bien se passer. » Elle sentit les tentacules lui retirer ses chaussures, puis ses chaussettes. Puis elles commencèrent à passer délicatement sous ses pieds. Elle se braqua, serra les dents, se refusant à rire. Elle pensa qu'elle allait y arriver. Puis d'autres appendices vinrent lui chatouiller les aisselles, et elle perdit le contrôle, s'abandonnant à un torrent de rires désespérés. « Attends, répète-moi ton plan ? Demanda Tommy, qui n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Le journal du capitaine mentionnait que le bateau transporte trois mille livres de poudre. C'est suffisant pour faire sauter la cité des monstres. Et comment tu comptes amener trois mille livres de poudre à l'intérieur de la ville ? On y fait passer le bateau. Comment ça ? Le mur à la fin de la rivière, tu t'en souviens ? J'ai remarqué un truc, le chemin pour accéder à la cité est en pente, donc la cité est dans une cuvette. Du coup, le mur est en fait un barrage ! On le fait sauter avec un tonneau de poudre, toute l'eau va s'engouffrer dans la ville et l'inonder. Le bateau sera entraîné par le courant jusqu'à la tour centrale. Là, on allume tout, on se dépêche de libérer tout le monde, les créatures seront trop occupées à gérer l'inondation pour nous attraper. Puis on se casse en quatrième vitesse avant que tout explose ! Tu sais quoi, Billy, c'est un plan complètement cinglé, mais si ça implique de faire sauter des trucs, alors j'en suis. On y va ! » Les deux garçons descendirent à la cale, et grâce aux muscles de Tommy, ils parvinrent à en sortir un baril de poudre et à le faire rouler jusqu'au mur. Puis Billy retourna à la cale pour préparer des mèches avec des bouts de corde imbibés de rhum (heureusement que les pirates gardaient toujours un stock de rhum sur eux) et relier tous les tonneaux restants ensemble. Ça allait faire un beau feu d'artifice. Puis il retourna au mur où Tommy l'attendait. « OK, dit-il en plaçant une mèche sur le tonneau. Tu sais ce qui te reste à faire ? Oui, j'allume la mèche, et je retourne au bateau avant que le tonneau pète. Ensuite ? Ensuite il faudra bien s'accrocher, dès que le bateau se mettra en mouvement, j'allumerai les mèches dans la cale. On aura dix minutes environ pour libérer tout le monde et déguerpir avant le feu de joie. T'es prêt ? Prêt. Parti. » Pour Cass et Sally, les chatouilles s'arrêtèrent subitement, peu de temps après qu'elles eurent entendu un bruit, intense, couvrant tous les éclats de rire de la tour, un bruit comme un millier de coups de fusil. Elles osèrent ouvrir les yeux : les tentacules étaient toujours là, mais ne chatouillaient plus, elles étaient suspendues dans le vide, comme hésitantes, ou... apeurées ? Puis il y eut un grondement sourd, comme le gargouillement de quelque estomac gargantuesque, et lorsqu'elles regardèrent en bas, elles virent des trombes d'eau de mer s'engouffrer dans la tour, entraînant dans leur sillage des dizaines de créatures se débattant dans l'écume. Puis peu de temps après, elles assistèrent au spectacle le plus improbable et le plus épique qu'elles aient jamais vu, alors que le galion s'engouffra à son tour dans la tour et s'écrasa contre le podium central, dans un abominable fracas de planches brisées et de hurlements de douleur inhumains provenant de la créature aux dizaines de tentacules. « N'oublie pas, hurla Billy à son camarade alors qu'ils s'apprêtaient à sauter du pont. Moins de dix minutes ! » Et ils se jetèrent tous les deux dans l'eau, et nagèrent frénétiquement jusqu'au levier. Celui-ci était déjà immergé. En grand sportif, Tommy descendit en apnée et tira de toutes ses forces dessus, poussant de ses pieds contre le mur pour faire levier. Mais toujours impossible de le baisser ! Non, ils ne pouvaient pas échouer maintenant à cause d'un bête levier coincé ! Il remonta à la surface reprendre son souffle, et replongea pour réessayer, et fit cela deux ou trois fois sans succès. Au bout de la troisième fois, Billy eut l'idée de se placer au-dessus du levier et de donner des coups de pieds dedans pendant que Tommy tirait et, miracle, le levier se baissa enfin ! Tous libérés d'un coup, leurs camarades tombèrent à l'eau et Tommy, qui était aussi le meilleur nageur de la classe, entreprit de les rassembler et de tous les guider vers la sortie. Les créatures qui peuplaient la ville ne tentèrent même pas de les rattraper, trop occupées à se débattre pitoyablement dans l'eau, et cette vision emplit tout le monde d'une immense satisfaction. Cass nagea à la suite des autres aussi vite qu'elle le pouvait, mais malgré ses prouesses athlétiques, elle n'avait jamais été une très bonne nageuse, et elle commença à fatiguer, sentant ses muscles endoloris de plus en plus incapables de la propulser. Elle se fatigua, se retrouva la tête sous l'eau et avala une grande quantité d'eau de mer. Elle s'étouffa. Elle allait se noyer ! Elle ouvrit les yeux sous l'eau, ça piquait, mais elle parvint à distinguer des formes vagues, devant elles. Ses camarades, si proches, pourtant si loin... elle tendit la main vers eux, mais ils étaient bien trop loin. Sa vision s'obscurcit peu à peu... Une main enserra son poignet comme dans un étau et la hissa avec la force d'un remorqueur. Sa tête hors de l'eau, elle reprit son souffle en toussant, et regarda son sauveur. « Sally ? Je te laisse pas tomber, sourit la jeune fille. On est plus très loin, un peu de courage ! » Et s'encourageant mutuellement, les deux filles parvinrent à rejoindre la partie émergée du chemin, à quelques mètres à peine de la sortie. Tout le monde était là. Ils l'avaient fait ! Leurs camarades les aidèrent à se hisser sur la terre ferme, et elles eurent à peine le temps de se relever qu'une déflagration retentit, et une boule de feu énorme jaillit de la tour centrale de la cité, la désintégrant totalement. Un long moment ils restèrent là, toute la classe, sous l'arche, à contempler le spectacle satisfaisant du lieu de leurs tourments sombrant dans les flammes et les eaux. Ils étaient tous là. Épuisés. Traumatisés. Vivants. Peu à peu, les larmes laissèrent place à des sourires, à des cris de joie, à des embrassades. Ils avaient survécu à l'horreur. Leur célébration fut interrompue par un grondement sourd, et par la sensation brusque du sol tremblant sous leurs pieds. La panique les reprit bien vite. « La grotte va s'effondrer ! Cria Mademoiselle Kaczinski. Par là ! Répondit Cass. On connaît le chemin ! » Et ils coururent, vidés de toute énergie, ils trouvèrent quand même la force de fuir une dernière fois, remontant la rivière désormais déchaînée, traversant la galerie voûtée dont des pans entiers s'effondrèrent à leur passage, ils continuèrent à courir. Le puits n'était plus très loin. La délivrance. Lorsque les hélicoptères des secours arrivèrent sur les lieux, ils trouvèrent le manoir penché sur le côté, à moitié affaissé dans le sol. Tout le rez de chaussée était inondé, et ils trouvèrent les occupants de la maison, une classe et leurs accompagnateurs en voyage scolaire, rassemblés dans une salle du deuxième étage. Aucune trace du propriétaire des lieux. Les jeunes et leurs professeurs furent hélitreuillés jusqu'à un centre de secours aménagé dans un gymnase d'Ipswich. Les autorités conclurent officiellement à un glissement de terrain, catastrophe naturelle, bien qu'ils reconnurent n'avoir jamais vu un phénomène d'une telle ampleur. L'une des accompagnatrices de la classe, une certaine Helen Kaczinski, fut interrogée et confirma cette version, déclarant que tout le monde s'était réfugié au deuxième étage dès que la boue avait commencé à s'infiltrer au rez de chaussée. Billy sirota doucement son chocolat chaud, assis en tailleur sur son lit de camp et enveloppé dans une couverture. Sally vint s'asseoir à-côté de lui. « Hé, dit-elle. Comment tu vas ? J'ai un peu de mal à digérer ce qui vient de se passer... Oui, je peux le comprendre... Pourquoi la créature dans la maison n'y était plus quand on est revenus ? Je m'attendais à ce qu'elle nous tende un piège, ou quelque chose comme ça... Je sais pas... peut-être que la vie de ces créatures était liée à leur cité... une fois détruite, elles meurent. Mouais, possible... et pour le dieu, là... Shub-Niggurath ? Ouais. Il va se réveiller un jour, tu crois ? En même temps, avec toute l'eau et la pierre qu'il s'est pris sur la tronche, il est enseveli encore plus profondément maintenant. Y a pas trop de risques. Tu penses ? J'espère... et, Billy ? Tommy m'a dit que le coup du bateau et des explosifs, c'était ton idée. C'était vraiment dingue, hyper impressionnant ! Merci, dit-il en rougissant. Billy... c'est à moi de te remercier. Tu m'as sauvée. Tu nous a tous sauvés. » Il releva la tête, il la regarda dans les yeux. Elle lui sourit. Puis, doucement, leurs lèvres se rapprochèrent... « Comment ça va, les jeunes ? » Ils s'éloignèrent vivement l'un de l'autre et se tournèrent pour faire face à l'intrus en rougissant. Cass avait le don pour foutre sa merde, on dirait ! « On essaie de s'en remettre, dit Sally. Et toi ? Oh, moi, nickel bien sûr ! Tout ça c'était qu'une promenade de santé ! Bon, en fait je venais juste pour faire un truc important... » Et sans crier gare, elle frappa sèchement Sally à l'épaule. « Aïe ! Mais qu'est-ce qui te prend ? C'est pour pas que tu crois qu'on est devenues potes ! Quand on sera rentrés à New Havenport, tout sera comme avant, alors t'as intérêt à t'y faire, Miss Parfaite, parce que j'ai pas fini de te faire chier ! » Et elle s'éloigna, mais après quelques pas, elle se retourna, sourit à la jeune fille, et lui fit un clin d’œil. Sally ne put s'empêcher de rire. Cette Cass, décidément, quelle garce !

  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    C'est vrai que le Loup a fait un premier jet très sympathique ! :D

    Quand à l'histoire de Black Stingray, j'ai vraiment adoré. J'y retrouve à la fois les personnages que j'aime, le style d'écriture dont je suis fan, et une myriade d'allusions à l'univers de Lovecraft !
    Décidément, je suis fan. En plus de tout ça, j'aime beaucoup les fins heureuses, alors je suis comblée.

    Et pour ce qui est de la longueur de ton histoire, ne t'excuse pas, c'est un plaisir de tout lire, tu prends du coup le temps de bien développer les relations entre les personnages, et ça marche !


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Merci beaucoup !


    J'y ai vu du Lovecraft, oui. Et peut être un clin d’œil à Stephen King et son roman Jessie, au début?

    Grand Méchant Loup



    Je n'y avais même pas pensé à Jessie ^^ mais ouais, effectivement y a un truc ! En fait l'autre inspiration majeure a été un vieux jeu vidéo appelé Eternal Darkness, dont j'ai piqué en gros la trame générale et beaucoup d'éléments comme le manoir, le puits, etc...


    Et le bateau pirate dans la caverne m'a fait pensé aux Goonies mais ça, pas sur que ce soit volontaire! ^^

    Grand Méchant Loup



    Lol, encore un truc auquel j'avais pas pensé :lol: là c'est parce que je me suis écouté toute la discographie d'Alestorm y a pas longtemps (cf What The Cut, dernier épisode) et du coup il fallait absolument que je case des pirates quelque part :D


  • Tiqueleur Avatar
    Tiqueleur - il y a 11 ans

    Ton histoire Black Stingray est super... j'en ai même oublié la longueur qu'elle faisait tellement j'etais absorbé :p
    Le chapitre 3 est celui qui m'a le plus plu :)
    Les details que tu decris, ça nous rentre bien dedans et tout...
    mon seul regret est qu'elle ne soit pas plus longue!
    Rien à dire...


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    J'aime bien ton histoire Grippe-Sou, très sympa à lire et efficace.
    Un gars qui m'abandonne à ce sors et surtout dans un labyrinthe fantôme ou un truc du genre il est mort ^^ Donc je suis sûr que ce n'est pas le clown mais Chloé qui vient se venger :moue:

    Pour Black Stingray, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le même genre de commentaire que SQUALL.

    " C'était un petit bonhomme âgé à la démarche maladroite, aux longs cheveux blancs, et dont le visage figé comme une statue de cire et les yeux vitreux avaient quelque chose d'inquiétant. C'était comme s'il n'y avait rien derrière ce regard... "
    j'imagine bien le personnage genre vieux majordome à moitié zombi que tu peu avoir dans les dessins animés ^^'

    " Tout le monde s'étonna que, malgré la taille de la bâtisse, Archibald semblait en être le seul occupant, et n'avait même pas un seul domestique,"
    C'est un vampire ! il dort tout le temps, pas besoin de s'occuper du manoir sauf quand des gens sont là ^^'

    " et il y avait comme une espèce de courant d'air venu d'elle ne savait où qui faisait bouger sans cesse la porte de la grande armoire, juste à côté de son lit."
    Comme par hasard ^^'

    " oh, et merde, qu'est-ce qui lui avait pris de regarder The Conjuring la veille du départ ?"
    Ha ha ha :moue: C'est même pas ça qui fait le plus peur ...

    "Ce grincement venait du plancher, derrière elle, mais ce n'était pas un grincement normal. Quelqu'un marchait dans la chambre. Derrière elle."
    Comment ça peux venir de derrière alors qu'elle est dans son lit ?

    " À côté de la porte, tapie dans la pénombre, quelque chose la regardait. Une forme vaguement humanoïde, elle discerna un tronc, deux jambes pâles, une tête avec deux yeux qui brillaient à la faible lueur de la lune à travers les vieux volets en bois. "
    Et j'arrive pas à aller plus loin ... Désolé, sinon je ne dors pas :moue:

    Pareil, je la lirais plus tard ...


  • piroru Avatar
    piroru - il y a 11 ans

    Ton histoire est formidable Black Stingray :D
    Mon seul regret, c'est que la séquence avec Cass ne soit pas assez longue.
    Sinon, tout est super bien décrit.


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Merci Tiqueleur et Piroru ! :)

    Quelle séquence avec Cass as-tu trouvé trop courte ?

    Coco:
    :lol: Voilà qu'on a deux Squalls maintenant, on est bien !


    "Ce grincement venait du plancher, derrière elle, mais ce n'était pas un grincement normal. Quelqu'un marchait dans la chambre. Derrière elle."
    Comment ça peux venir de derrière alors qu'elle est dans son lit ?

    Coco



    En fait elle est couchée sur le côté, tournée vers le mur. Le bruit vient donc du centre de la chambre, derrière elle par rapport au sens où elle est tournée ;)


    Et j'arrive pas à aller plus loin ... Désolé, sinon je ne dors pas :moue:

    Pareil, je la lirais plus tard ...

    Coco



    Venant de toi ça ne m'étonne même pas ^^

    Poule mouillée :xp:


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    Bon j'ai reussie a lire la suite ^^

    Je me suis sentie con car j'aurais reagis exactement comme elle ...

    Tres originale comme histoire en tout cas, je savais bien qu'il etait louche ce M morton ;)


  • volta Avatar
    volta - il y a 11 ans
    Bon puisqu'il le faut, je salue bien bas GMF et son histoire sexy, merci de te bouger le cul pour la suite, j'ai envie de savoir si rouge gorge reverra le vieux loup. Bon babsou ton histoire était bien aussi, pareil, une suite serait la bienvenue parce que là ça m'a un peu coupé l'herbe sous le pied. Allez, au plaisir!

  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans

    Hourra :D :trescontent:


  • NekoMajin Avatar
    NekoMajin - il y a 11 ans

    Bon babsou ton histoire était bien aussi, pareil, une suite serait la bienvenue parce que là ça m'a un peu coupé l'herbe sous le pied.

    voltache



    L'herbe ne repoussera pas Attila. Parce que maintenant, ils flottent tous en bas... :clown:
    Mais merci, tu es bien sympathique!


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Bonjour ! Je l'ai enfin finie, cette histoire ! :D

    Par contre, j'insiste, si vous êtes une personne sensible, je vous déconseille la lecture. Vraiment, je suis assez sérieuse, âme sensibles s'abstenir.

    Vous êtes prévenus. :moue:

    ________________________________________________________________


    Tu veux un ballon ?

    Vous rentrez chez vous. Le soir tombe, la lumière du soleil disparaît lentement derrière les immeubles, ne subsistant que par raies de lumière sur le sol. La ville est baignée dans une ambiance orange et noire, sombre.
    Vous aimez d'habitude cette chaleur qui se dégage du crépuscule, mais ce soir, elle vous paraît bizarrement synonyme de danger... De danger ? Voilà qui est bien ridicule, d'après vous. Vous regardez autour de vous en vous grondant gentiment. Vous connaissez bien ce chemin, vous l'empruntez souvent. Les immeubles, les arbres, la rue, et même ce vieux chat qui saute derrière une poubelle, vous connaissez tout cela par cœur.
    C'est vrai que d'habitude, ce quartier est bien plus fréquenté à cette heure-ci. Mais il vous est aussi arrivé assez souvent de prendre ce chemin et de ne voir personne. Un frisson vous traverse l'échine, et vous pressez le pas, l'air de rien. Le chat vous lance un regard perçant de derrière la poubelle quand vous lui passez devant.
    Les dernières lueurs du crépuscule s'effacent peu à peu. Bientôt, la nuit sera là.
    Soudain, vous entendez un bruit métallique derrière la poubelle. Vous vous retournez en sursautant immédiatement, pour voir passer le vieux chat gris en courant.
    Ce n'était rien, juste un animal effrayé. Mais effrayé par quoi ? Vous lancez un regard noir au recoin sombre derrière les poubelles, au cas où. Prudemment, vous vous rapprochez pour comprendre ce qui a bien pu faire fuir la bête.

    Rien.

    Il n'y a strictement rien derrière les poubelles, excepté un tas de détritus et un peu de saleté. Vous laissez échapper un petit soupir amusé, puis vous vous retournez pour reprendre votre marche, plus détendu.
    Il fait maintenant presque nuit. La lumière jaune du crépuscule disparaît derrière les immeubles. Vous voyez les luminaires s'allumer au fur et à mesure que vous avancez.
    La ville semble étrangement déserte. Vous traversez maintenant une longue rue assez étroite. Plus que quelques rues, et vous serez chez vous.

    Soudain, le lampadaire juste à côté de vous grésille et s'éteint d'un coup, à la manière d'une ampoule qui grille. Encore une fois, vous avez failli sursauter malgré vous. Malgré votre bravoure apparente, vous ne pouvez vous débarrasser d'un sentiment de malaise qui vous tenaille.
    Vous avancez de quelques pas. Un nouveau lampadaire s'éteint, juste devant vous. Vous stoppez net. Quelque chose cloche. Un sens ancestral s'éveille en vous, hurlant quelque chose de bien précis : il y a quelque chose juste derrière vous. Votre dos se raidit tandis que vos poils se hérissent. Vous ne voulez pas vous retourner. Pourtant, lentement, presque malgré vous, vous faites demi-tour et jetez un coup d’œil.

    Rien.

    Ne voulant rien savoir de plus, vous faites quelques pas rapides en direction de là d'où vous venez, vers le lampadaire allumé le plus proche. Cela vous fera peut être faire un détour, mais vous n'avez aucune envie de traverser la rue sombre. Absolument aucune. Vous n'aviez jamais réalisé à quel point la lumière pouvait être rassurante, la nuit.
    Au moment où vous vous formulez cette pensée, la flaque de lumière du lampadaire disparaît, vous laissant dans le noir. Vous sentez à nouveau une présence derrière-vous, de façon plus diffuse, peut être.
    Vous inspirez bruyamment, pour vous donner du courage. Vous savez pertinemment que la dernière source de lumière se trouve dans votre dos, tout au bout de la rue. Vous la voyez à présent, comme une tâche jaunâtre sur le sol, au loin.

    Sans prévenir, vous vous mettez à courir vers ce point de repère, évitant à tout pris de vous retourner, fuyant l'angoisse qui vous étreint peu à peu. Il vous semble entendre des bruits de pas derrière vous, mais peut être rêvez-vous.
    Une fois atteinte la lumière vacillante du lampadaire, vous vous autorisez une pause pour reprendre votre souffle. Vous essayez de regarder en arrière pour voir si vous êtes suivi, mais la lumière vous aveugle et vous empêche d'y voir clair. Au moins, vous n'entendez plus aucun bruit. Les ténèbres autour de vous semblent plus compactes qu'elles ne devraient l'être. Le seul moyen d'y voir plus clair serait de vous éloigner de la lumière, ou bien d'attendre que vos yeux s'habituent à l'obscurité.
    Finalement, vous décidez sans hésiter de quitter ce endroit le plus vite possible. Ce n'était sans doute que votre imagination, après tout. Tout en vous moquant gentiment de vous-même et de votre accès de terreur, qui vous semble à présent bien ridicule, vous continuez à avancer vers chez vous.

    Un bruit étrange vous fait vous retourner...

    Sur le sol, au pied du lampadaire, une boîte à musique diffuse doucement sa mélodie métallique. Vous la regardez fixement égrener ses notes, jusqu'à ce qu'elle s'arrête complètement. À côté de la boîte argentée se trouve un pompon orange.
    Qui l'a mise là ? Si elle n'y était pas lorsque vous avez repris votre souffle, alors le type est tout près. Vous reculez de quelques pas, fouillant les ombres du regard, sans pour autant vous détourner de la boîte à musique. Puis après avoir vérifié que la voie était dégagée, vous recommencez à courir de toutes vos forces sur le chemin de votre maison. Vous vous poserez des questions plus tard.

    Sauf que vous ne reconnaissez plus le chemin.

    Sous le coup de la surprise, vous vous arrêtez brusquement. Ce trajet que vous connaissez par cœur, il a changé. Il n'y a pas d'autres mots. Vous ne reconnaissez plus rien, vous n'êtes plus chez vous. Cela ne ressemble même plus à votre ville. Devant vous s'étend une large avenue, éclairée par les mêmes réverbères que ceux que vous connaissez bien. Pourtant, ce n'est pas sensé être une rue, à cet endroit, mais un pont. Que faire ? Ou aller ?

    Tandis que vous vous interrogez, vos pensées sont interrompues par un bruit de pas, une dizaine de mètres derrière vous. Décidant d'être raisonnable et rationnel malgré la peur qui commence à monter, vous vous retournez. Tout au bout de la rue, sous le lampadaire à la boîte à musique, se tient un homme, la tête baissée. Sous ce qui vous semble être une perruque rougeâtre, il porte un vêtement argenté, sur lequel sont cousus trois pompons oranges. Des vêtements de... clown ? Au bout d'une main aux ongles crasseux, il tient une ficelle à laquelle est accroché un ballon jaune.
    Vous êtes comme hypnotisé par cette silhouette orange et argent qui se tient sans bouger devant vous. Après ce qui vous semble être une éternité, ce dernier ouvre lentement ses doigts. Le ballon s'envole tout en douceur. Vos yeux suivent sa trajectoire pendant ce qui vous semble être moins d'une fraction de seconde.

    Lorsque ces derniers reviennent sur l'homme, ce dernier se tient juste devant vous.

    Vous vous jetez en arrière, comme pour lui échapper. Mais ce dernier ne bouge pas, gardant la tête baissée. Quelque chose en vous vous hurle de courir, que faire autant de chemin en si peu de temps n'est pas normal. Mais... Si vous voulez courir, vous allez être obligé de le quitter des yeux.
    Tandis que vous reculez pas à pas pour vous éloigner de lui, vous le voyez relever lentement le chef. Sous l'immonde tignasse rouge, l'homme est grimé comme un clown maquillé trop vite. Le maquillage déborde, brouillon. Les yeux sont jaunes, barbouillés de noir. Sa bouche...

    Son regard vient d'accrocher le vôtre. Soudainement, vous ne pouvez plus bouger un muscle. La mélodie de la boîte à musique s'éteint peu à peu. Seul le bruit de vos deux respirations brise maintenant le silence.
    Rassemblant toutes vos forces, vous réussissez à reculer d'un pas. Puis d'un autre. Puis d'un autre. Au fur et à mesure que vous vous éloignez de l'homme, vous pouvez sentir que l'angoisse qui vous étouffait diminue peu à peu. Alors que vous avez l'impression de vous être suffisamment éloigné pour commencer à courir, vous entendez le clown parler.

    « Où cours-tu ainsi, brave ? N'ai pas peur. »

    Il a une voix étrange, indéfinissable. Quelque chose ne colle pas. Le son est joyeux, presque chaleureux, et contraste de façon terrible avec l'aspect sale et débraillé de l'homme. Mais plus que ça, vous ne pouvez vous empêcher de ressentir une impression de faux.

    « Tu veux un ballon ? »

    Dans sa main, il tient une dizaine de ballon de toutes les couleurs. Vous ne l'avez pas vu les sortir.

    « Ils flottent. »
    La voix, quelque chose ne va pas avec la voix ! Ce n'est pas le fait qu'elle devienne de plus en plus rauque au fur et à mesure qu'il parle. Ce n'est pas non plus qu'elle vous donne l'impression de se transformer en un grondement sourd.
    Vous regardez le visage de l'homme tout en reculant. Même en vous étant éloigné, vous voyez toujours le large sourire figé sur sa figure. Il n'a pas bougé.

    « Ils flottent, et toi aussi tu vas flotter. »

    Vous avez voulu savoir, et vous avez su. Vous vous haïssez pour votre curiosité. Vos jambes s'élancent sans que vous y pensiez, c'est maintenant votre corps qui prend le relais dans un élan salvateur : fuir. Vous sentez encore la présence de l'homme... Non, de l'être, de la chose qui se tient dans votre dos.

    Dans votre fuite, tandis que vous n'arrivez même plus à penser, vous l'entendez encore s'adresser à vous.

    « Nous flottons tous en bas... »

    Et vous savez pertinemment que pour chacune des phrases qu'il a prononcé, le clown n'a pas quitté une seule fois son sourire terrifiant. Il n'a même pas ouvert une seule fois la bouche...

    Cette simple réflexion vous fait encore accélérer dans votre course éperdue. La seule chose qui vous importe à présent est de vous éloigner de cette... chose. Vous courrez donc, sans prendre le temps de vérifier si ça vous suit. Sans même prendre le temps de vous demander où vous allez.

    La ville défile, les rues se suivent et se ressemblent toutes. Vous tournez parfois, au hasard, sans vraiment réfléchir. Vous ne savez pas où vous allez, mais seule vous importe finalement la distance que vous mettez entre le clown et vous. Votre corps a pris le dessus sur vos pensées.

    C'est d'ailleurs peut être ce qui vous permet de continuer à courir sans vous arrêter lorsque vous voyez soudain, dans la rue face à vous, une centaine de ballons multicolores s'envoler dans le ciel. Malgré la semi-pénombre, vous n'hésitez pas et bifurquez directement à droite, dans une petite ruelle étroite, par pur instinct. C'est sans doute ce qui vous sauve la vie, car vous sentez quelque chose vous frôler pendant que vous tournez, comme si un énorme animal avait bondi sur vous et vous avait raté de peu. Vous sentez vaguement une douleur au niveau de l'oreille, mais vous ne ralentissez même pas.

    Vous voilà maintenant arrivé, vous ne savez trop comment, devant un canal. Ce dernier est creusé dans le béton, et sans doute à sec, car vous n'entendez aucun bruit d'eau. A cause du faible éclairage, vous ne voyez pas le fond. Il vous semble qu'une chape de pure obscurité y repose. Comme un linceul... Cette idée vous fait frissonner, car vous sentez qu'elle est vraie. Quelque chose repose là-dessous, sous le canal. Quelque chose qui ne devrait jamais en sortir. Quelque chose qui pourrait vous regarder en ce moment même.

    Sentant un élancement au niveau de l'oreille, vous y portez la main sans y penser, essayant de reprendre vos esprits. Qu'est-ce que c'était ? Cet homme, ce clown, cette chose, peu importe, qu'est-ce qu'il vous veut ? Vous vous souvenez de cette impression d'irréalité qui vous a frappé lorsque vous compris que l'être parlait sans ouvrir la bouche. On aurait dit une marionnette grotesque, mais pourtant l'impression de danger qui émanait de lui était bien réelle. Et s'il était derrière-vous, comment est-ce que tous ces ballons auraient-ils pu apparaître ? Vous êtes forcément en train de rêver. Tout ceci est trop absurde.
    En vous faisant ces réflexions, vous sentez une chaleur étrange sur votre main. Quelque chose coule, tiède et poisseux. Vos jambes se dérobent presque sous vous tandis que vous refusez de regarder. Vous n'imaginiez pas qu'on pouvait avoir aussi peur. Vous n'imaginiez pas qu'on puisse autant crever de trouille et être en vie.
    Presque malgré vous, vous tendez votre main devant vous. Elle est recouverte de sang. Votre sang.

    Vous ressentez le besoin de vous appuyer contre quelque chose. N'importe quoi de solide, de réel. Le lampadaire que vous voyez là-bas fera l'affaire.
    Vous vous adossez contre lui en essayant de réfléchir. Mais la vérité s'est imposée à vous dès que vous avez vu que vous saignez. Rêve ou pas, vous pouvez mourir.

    Vous devez partir d'ici.

    Tandis que vous essayez de lutter contre la panique, vous apercevez sur la rive d'en face un dessin hâtivement gravé dans une porte. On dirait une
    (tortue)
    sorte de cercles imbriqués les uns dans les autres, quatre petits autour d'un plus grand. Un triangle grossier traverse ce dernier.

    Il vous faut aller là.

    Et pour cela, il vous faut traverser ce canal, qui vous semble être un gouffre.
    Votre regard accroche aussitôt une ombre plus dense au loin, qui semble s'étendre au-dessus du canal. Plissant les yeux, vous devinez la forme d'un pont.
    En vous détachant du lampadaire, vous sentez quelque chose de doux vous frôler le bras. Un ballon jaune flotte délicatement, accroché juste derrière vous.
    Vous poussez un cri en vous jetant en arrière. Dans le mouvement, vous accrochez la ficelle de la baudruche, qui se colle à votre manche. En vous débattant, vous réussissez à vous en débarrasser, mais vous perdez l'équilibre à cause de vos gestes brusques, et vous vous retrouvez à terre. C'est alors que vous voyez le clown.

    Il est au bout de la rue. Et il avance vers vous.

    Il fait trop sombre pour le voir clairement, mais vous savez qu'il sourit. Et que son sourire est aussi rouge que le sang qui coule de votre oreille.
    Il semble marcher, mais il se rapproche beaucoup trop vite. Comme si ses pas étaient plus grands qu'ils n'en avaient l'air.

    Vous restez bien deux secondes de trop à le fixer, le temps que l'irréalité de la scène cesse de vous paralyser. Jusqu'à ce que vous réalisiez vraiment qu'en effet, il se rapproche.

    Vous sentez la fatigue de votre course folle vous peser, mais vous vous levez quand même comme si vous aviez le diable aux trousses. Vous courez donc à nouveau en direction du pont que vous avez aperçu tout à l'heure, remerciant n'importe quelle entité existante que ce dernier ne se trouve pas dans l'autre sens.

    Alors que vous vous rapprochez de l'édifice, vous vous rendez compte qu'il s'agit d'un vieux pont en bois. Une ou deux planches ont rompu sous le poids des ans. Cependant, bien que l'ensemble vous semble plus que précaire, vous sentez toujours la présence de la chose juste derrière vous.
    Vous hésitez, l'espace d'un instant, lorsque vous posez le pied sur la première planche du pont. Celle-ci émet un craquement sinistre. Vous prenez alors une demi-seconde pour jeter un coup d’œil en arrière.

    Ce qui se tient derrière vous n'a plus du clown que les vêtements. Il n'est qu'à quelques pas de vous, à présent. Une vague glaçante de peur vous traverse. La chose est si près qu'elle pourrait presque vous toucher.

    Vous commencez à courir sur le pont, en sentant votre transpiration qui coule dans votre dos. Vous n'aviez jamais réalisé que cette dernière pouvait être aussi froide. Vous entendez des grincements derrière vous, beaucoup trop proches. Quand soudain, une planche de bois se brise sous votre poids. Suivie par toute la première partie du pont, sur laquelle vous vous tenez toujours.
    Vous avez le réflexe de vous jeter en avant, tendant les bras au maximum. Vous réussissez à atteindre le restant du pont encore debout, le heurtant violemment au niveau du thorax. Vous entendez bien plus bas les débris atteindre bruyamment le sol. Vous avez les jambes dans le vide, mais vous êtes toujours là. Par contre, la chose n'a sans doute pas eu cette chance. Risquant un regard en arrière, vous ne voyez que les ténèbres qui s'étendent sous vos pieds.

    Vous n'avez malheureusement pas le temps de souffler, car vous entendez de nouveaux craquements, venant cette fois-ci des planches sur lesquelles vous vous tenez. En les regardant plus attentivement, vous réalisez qu'elles ont déjà commencé à se fendiller. Vous entendez le sang battre à vos oreilles. Vous inspirez et respirez lentement, à grandes goulées, tentant péniblement de vous calmer. L'urgence est passée, mais le danger est toujours là.
    Précautionneusement, vous tentez de vous hisser en répartissant votre poids. Mais lorsque vous vous redressez sur vos avant-bras, le vieux bois se brise dans une série de craquements secs. Votre cœur manque un battement tandis que vous tombez, mais les planches sur lesquelles vous avez les mains accrochées tiennent bon. Vous voilà donc dans une position assez peu confortable, mais bel et bien en vie. D'autant que la planche qui vous sert de support a l'air plus solide que les autres, et ne grince même pas. Vous sentez à nouveau l'adrénaline vous donner un coup de fouet, et vous vous apprêtez à vous hissez à la force de vos bras, quand...

    Vous entendez les planches devant vous grincer.

    Vous réalisez soudainement que lorsque le pont s'est effondré, vous n'avez pas entendu après la chute le bruit d'un corps lourd touchant le sol, seulement le bruit des planches se brisant. Cela paraissait bruyant car il y avait beaucoup d'écho. Mais cela aurait dû faire beaucoup plus de bruit, si...

    Les planches grincent à nouveau, plus proches.

    Cela aurait dû faire beaucoup plus de bruit si la chose était tombée aussi.
    Vous avez soudain à la fois très chaud et très froid, tandis que vous voyez apparaître une ombre au dessus de vous. Vous voyez les pompons oranges se rapprocher tandis que la silhouette s'accroupit vers vous. Vous voudriez crier, mais aucun son ne sort de votre bouche.
    Le clown se tient au dessus de vous, sans que vous ne puissiez clairement voir son visage. Il fait trop sombre. Vous êtes en suspension au dessus du vide, et son pied gauche est à deux centimètres de votre main droite. Vous êtes complètement à sa merci.
    La seule chose que vous voyez de lui, ce sont ces yeux jaunes, brillants. Comme ceux d'une bête. Presque comme s'il avait entendu cette dernière pensée, il vous sourit. Ses dents blanches se découpent sur l'obscurité ambiante. Vous n'avez jamais eu aussi peur.

    « Tu vois, brave, tu as fini de courir, maintenant. »

    Au son de cette voix, à la fois grave et
    (affamée)
    rocailleuse, un nouveau frisson vous traverse. Vous voudriez crier, pleurer, supplier ou tout simplement hurler, mais la seule chose que vous pouvez faire, c'est ouvrir la bouche sans qu'un son n'en sorte. Comme dans un cauchemar. Sauf que la tension que vous commencez à sentir dans vos bras est bien réelle.
    Le sourire en face de vous s'élargit encore plus.

    Il pose une main sur votre bras gauche. Vous sentez instantanément la chair de poule qui se forme sur votre peau.
    Puis la chose se laisse tomber dans le vide, tout en tenant votre bras. Vous avez à peine le temps de réaliser ce qui vient de se passer, juste assez pour vous préparer au choc de son corps qui vient s'agripper dans votre dos.
    Malgré le double poids qu'elle supporte, la planche à laquelle vous vous tenez ne se brise pas. Cependant, vous l'avez senti bouger lors de l'impact. Elle s'est peut être délogée, et dans ce cas-là, un mouvement brusque pourrait vous précipiter dans l'abîme, quelle que soit sa solidité.
    Tout votre dos se raidit tandis que vous sentez la chose qui s'agrippe derrière-vous. C'est en train de passer ses jambes autour de vos hanches, et de les croiser. Vous essayez de le déloger en vous remuant pour le faire tomber, mais c'est peine perdue.

    Pourquoi s'est-il jeté sur vous ainsi ? Est-ce qu'il va vous dévorer comme ça ? Mais si vous lâchez, il va mourir aussi ! Vous tentez de réprimer les frissons de dégoût et de peur qui vous parcourent, mais vous ne réussissez qu'à les atténuer.
    Vous sentez sa respiration chaude contre votre nuque.

    Soudain, il ôte sa main de sur votre épaule. Il ne se tient à vous qu'à l'aide de ses jambes. Tandis que vous essayez de tourner la tête pour voir ce qu'il fait tout en vous débattant comme vous le pouvez, vous sentez deux pincements sur vos côtes. Vous sursautez sous la surprise. Et vous sentez la planche au-dessus de vous bouger un peu plus.
    Il ne vous faut surtout plus bouger, sans quoi vous allez être précipité dans le vide... Au moment où vous formulez cette pensée, vous sentez presque le clown à nouveau sourire dans votre dos.
    Deux mains commencent à venir vous taquiner les côtes, par à-coups. Vous vous mordez les lèvres et tentez de votre mieux ne pas réagir, mais votre corps est tendu au maximum, et la tension nerveuse qui vous parcourt semble amplifier chaque sensation. Les doigts pianotent sur vos côtes, puis vos hanches, et bientôt vous ne pouvez plus empêcher le rire de sortir. Ce dernier est nerveux plus qu'autre chose, tant la situation est effrayante et incompréhensible. Vous êtes en train de vous faire chatouiller. Comment un bête jeu d'enfant peut-il être devenu une question de vie ou de mort ? Comment quelque chose d'aussi doux et innocent peut-il se transformer en une telle torture.
    Si vous bougez trop, que vous sursautez trop vivement sous les chatouilles, vous tombez. Et vous mourrez. La peur et la nervosité vous rendent, ironie du sort, encore plus sensible à la torture. Vos bras vous tirent, vous commencez à trembler, et le rire qui sort malgré vous de votre bouche est comme un cri.

    Mais cela ne suffit pas à l'être derrière-vous, qui semble être insensible au fait que votre chute l’entraînera avec vous.
    Vous sentez ses deux mains se glisser sous vos vêtements, et recommencer leur manège de plus belle. Après un temps qui vous semble à la fois infini et très court, vous commencez à pleurez tout en riant. Votre visage est en sueur, vous tremblez, et les chatouilles s'intensifient encore. Vous tentez de vous concentrer pour ne pas lâcher, pour tenir encore. La sueur et les larmes vous piquent les yeux. Vous voyez flou. A cause de vos pleurs, vous sentez un goût salé dans votre bouche, secouée par un rire hystérique.

    Vous ne savez même plus depuis combien de temps vous tenez ainsi. Des heures, il vous semble. Quand soudainement, ça s'arrête, vous laissant haletant et tremblant. Vos mains, à cause de la sueur, ont commencé à glisser depuis quelques temps. Vous avez des crampes partout.
    Mais ce n'est pas votre soucis immédiat. Car vous sentez les mains du clown remonter lentement sous vos vêtements, doigt après doigt. Vers le haut. Vers vos aisselles. Dans cette position, vous savez que vous allez vouloir replier vos bras par réflexe. Et vos mains glissent de plus en plus.
    Vous tentez vainement d'arrêter cette torture, même en essayant de mordre. Peine perdue. Deux doigts se posent sous vos aisselles. Suivis du reste du troupeau. Mais le clown attend, comme s'il faisait une pause dramatique avant le bouquet final.

    Puis vous sentez une langue glisser dans votre cou. Sous la surprise, vous vous raidissez encore plus, et le clown reprend alors son attaque.
    Vous sursautez violemment. Et la planche tombe, vous entraînant avec elle, ainsi que le clown, toujours rivé à votre dos.

    Il vous semble que vous hurlez dans la chute, mais vous n'avez aucune certitude. Malgré votre peur de la mort, vous sentez qu'une partie de vous est soulagée que la torture soit enfin finie. Vous tombez en arrière pendant une dizaine de secondes, jusqu'à ressentir un choc brutal qui vous coupe le souffle, suivit d'un bruit affreux de chairs broyées.

    Vous restez un moment étendu sur le dos, jusqu'à ce que vous réalisiez que vous êtes encore en vie. Malgré la douleur qui vous parcourt, vous arrivez péniblement à vous traîner sur le plancher de bois. Au dessus de vous, vous voyez un plafond, avec de grosses poutres métalliques. Hagard, vous reconnaissez l'endroit : il s'agit de la vieille gare, aujourd'hui abandonnée. Vous vivez à deux pas de là.
    Soudain, un bruit d'éclaboussure vous fait vous retourner. À l'endroit de votre chute, il y a un amas de chairs sanguinolentes, dans un costume de clown. On dirait que le corps a été broyé suite à une chute énorme. Les pompons oranges sont teintés de rouge. La tête, en particulier, est complètement déformée. La mâchoire pend broyée, vers la droite, tandis que la langue et le reste de la tête sont écrasés sur la gauche.

    Tout en tremblant, en ayant à peine le temps de vous appuyer contre le mur proche de vous vous, vous vomissez. L'odeur du sang emplit la pièce.
    Vous finissez par vous relever, malgré votre faiblesse. Vos jambes vacillent sous vous, mais vous n'avez à présent qu'une seule idée en tête : rentrer chez vous.

    Tandis que vous passez la porte rouillée, vous entendez un son qui vous glace le sang. Vous entendez rire. Juste derrière vous.
    Vous vous retournez, glacé, tout en reconnaissant ce rire. Le cadavre, la gueule écrasée, éructe des bulles de sang tout en riant. Les rires sont un peu étouffés par le sang qui encrasse la gorge broyée, mais ils sont tout de même reconnaissables. Ce sont les rires qui vous ont été arrachés pendant que le clown vous chatouillait, hystériques et remplis de souffrance.

    Vous vous enfuyez.







    Aujourd'hui encore, vous aimeriez penser que ce n'était qu'un rêve. Et à chaque fois que vous réussissez à vous en convaincre, vous voyez alors la cicatrice qui vous barre l'oreille.
    C'est dans ces moments-là que vous entendez un rire et que vous sentez à nouveau une présence.

    Juste derrière vous.


  • NekoMajin Avatar
    NekoMajin - il y a 11 ans

    Chinox, Chinox, Chinox....

    Les histoires un peu trop longuette de Tickling, ce n'est pas trop mon truc.

    Mais! J'ai tout lu, d'un coup et plutôt deux fois qu'une! :)

    Personnellement, j'aime le dire, je tiens particulièrement à l'ambiance des histoires! Le style, je m'en branle. Mais, ici, j'adore l'ambiance comme le style: déjà parce que cette histoire fait référence au "IT" de Stephen King dont je suis friand. Ensuite parce que j'ai l'impression d'être à la fois dans le générique d'Au-delà du réel (voix du narrateur dans mes oreilles) et dans un "livre dont vous êtes le héros" (à la fin des paragraphes, j'avais envie de lire: "reportez vous à la page X"): bref, ça me parle! Enfin, les phrases courtes participent à l'ambiance oppressante et j'apprécie particulièrement ce style.

    Concernant la mise en scène, j'ai trouvé le personnage du clown bien effrayant! C'est presque ubuesque de le voir au final chatouiller ce pauv' vieux plutôt que de le bouffer tout cru! Et justement, la scène de guili-guili, je la trouve sehr gut: le gars au bout du rouleau, entre deux sentiments, chatouillé à la manière d'un défi. (très sympa la scène où les doigts atteignent les aisselles;)).

    Quant au final "gore", effectivement le sang coule à flot. Mais vu la manière de décrire le clown, et pour rebondir sur le paragraphe ci-dessus, il fallait bien un truc un peu sanguinolent!:)

    Bon...

    Tu veux un ballon ?

    Chinow


    Merci.

    Malgré votre bravoure apparente

    Chinow


    Merci.

    À côté de la boîte argentée se trouve un pompon orange.

    Chinow


    Merci.

    « Où cours-tu ainsi, brave ? N'ai pas peur. »

    Chinow


    Merci.

    « Tu veux un ballon ? »

    Chinow


    Merci.

    « Ils flottent. »

    Chinow


    Merci.

    « Ils flottent, et toi aussi tu vas flotter. »

    Chinow


    Merci.

    « Nous flottons tous en bas... »

    Chinow


    Merci.

    On dirait une
    (tortue)
    sorte de cercles imbriqués les uns dans les autres, quatre petits autour d'un plus grand. Un triangle grossier traverse ce dernier.

    Chinow


    Merci.

    « Tu vois, brave, tu as fini de courir, maintenant. »

    Chinow


    Merci.

    Merci pour toutes ces références au personnage de Bob Gray ainsi qu'à Papus, célébrité de la Rome antique.


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans

    J'adore ton histoire, j'adore ton utilisation du vous qui nous place directement dans l'histoire (même si tout du long j'ai imaginé une femme va savoir pourquoi...). Sa fait un peu histoire dont vous êtes le héros j'adore sa. L'histoire est bien inquiétante le personnage du clown est génial on sent bien la créature de la nuit, une présence, une ombre. On sens parfaitement la peur qu'il inspire à la seconde ou il apparaît.

    Je ne suis pas assez cultivé pour comprendre la référence aux ballons mais sa rajoute un signe distinctif au monstre ce qui est génial aussi. On peut imaginer la réaction du personnage à chaque fois qu'il verra un clown ou un ballon après cette histoire.

    J'adore, rien a rajouter :)


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    Enfin une histoire de Chinow :)

    J'ai beaucoup aimé, enfin si on peut dire ça :lol: Vu que j'étais au moins aussi tendu que le personnage de l'histoire ^^'

    L'ambiance est juste "horrible" et perso j'aurais commencé à courir dès que je me serais sentie suivi :lol:

    Qu'elle idée !

    Très bien ton histoire ;)


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Hé ben quand Chinow se met à écrire, ça déménage :choque:

    Une myriade de références à Stephen King, une ambiance ultra glauque, une fin à la Lovecraft, et le côté gore n'est pas si gênant que ça car c'est bien utilisé, ça rentre vraiment dans l'ensemble et c'est pas "gratuit".

    Franchement, j'adore !

    Et en effet, l'usage de la deuxième personne met encore plus au coeur de l'action, ça fait penser aux livres dont vous êtes le héros mais moi ça m'évoque aussi des jeux en vue subjective comme Amnesia, où on ressent la peur du personnage et sa descente progressive vers la folie...

    Chapeau !


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Woah... Sincèrement, je ne pensais pas qu'elle plairait autant, mon histoire. Et bien, merci, hein ! :D

    Concernant la mise en scène, j'ai trouvé le personnage du clown bien effrayant! C'est presque ubuesque de le voir au final chatouiller ce pauv' vieux plutôt que de le bouffer tout cru! Et justement, la scène de guili-guili, je la trouve sehr gut: le gars au bout du rouleau, entre deux sentiments, chatouillé à la manière d'un défi. (très sympa la scène où les doigts atteignent les aisselles;)).

    Grippe-sou


    J'ai eu un mal fou à écrire ça pour que ça paraisse aussi crédible que dans mon imagination ! Après tout, le thème, c'était des chatouilles qui devaient faire peur... :rouleyeux:

    Merci beaucoup pour ton commentaire, et pour avoir relevé les références ! Tu vois, je l'ai tenu, ton défi :p


    Je ne suis pas assez cultivé pour comprendre la référence aux ballons mais sa rajoute un signe distinctif au monstre ce qui est génial aussi. On peut imaginer la réaction du personnage à chaque fois qu'il verra un clown ou un ballon après cette histoire.

    pierreanne


    C'est exactement ça ! En fait, c'est basé sur un livre de Stephen King, "ça", que je te conseille vraiment si tu ne l'as pas lu ! Je voulais faire un hommage à un des seuls livres que j'ai vraiment trouvé réellement angoissant ;)


    J'ai beaucoup aimé, enfin si on peut dire ça :lol: Vu que j'étais au moins aussi tendu que le personnage de l'histoire ^^'

    L'ambiance est juste "horrible" et perso j'aurais commencé à courir dès que je me serais sentie suivi :lol:

    Coco


    Mais rien qu'en l'écrivant, je n'étais pas toujours tranquille, cette histoire ! :lol:
    En fait, je ne voulais pas d'une réaction de film d'horreur classique, où le héros ou l'héroïne en danger va voir "ce qui se passe là-bas dans ce coin biiiien dangereux". Je pense vraiment que la réaction de la plupart des gens dans une situation aussi flippante et bizarre, ce serait la fuite. Téméraire, d'accord, suicidaire, non :roll:

    Et en effet, l'usage de la deuxième personne met encore plus au coeur de l'action, ça fait penser aux livres dont vous êtes le héros mais moi ça m'évoque aussi des jeux en vue subjective comme Amnesia, où on ressent la peur du personnage et sa descente progressive vers la folie...

    Black Stingray


    Oh, je ne pensais pas que quelqu'un verrait qu'il y avait une petite inspiration de jeux vidéos derrière ! Tu m'as surprise, là.
    J'avoue, je me suis vraiment fait plaisir, surtout avec cette fin ouverte, qui finalement ne nous dit rien. On ne pige pas le "pourquoi" du début à la fin, et ça, je trouve ça bien plus marquant que tout le gore qu'on puisse imaginer u.u

    Du coup, je voulais vraiment tous vous remercier d'avoir pris la peine de lire ce pavé, et de poster un commentaire ! Merci, public adoré, merci :D


  • Sweety Avatar
    Sweety - il y a 11 ans

    GML m'a menacée pour que je publie mon avis sur son histoire... (:p)

    Alors je te réécris ici ce que je t'avais dit en privé, petit chat !

    C'est vrai que le côté chatouilles est un peu court, n'hésite pas à en parler un chouia plus, si tu réécris un jour ;)
    À côté de ça le décor est très bien planté au début de l'histoire. La fin arrive un peu vite mais du coup ça se lit comme un conte justement, mais un conte "glauque" XD
    En tout cas pour une première histoire je suis vraiment fière de ton travail :)


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Oh oui, un autre commentaire ! RRRRRRrrrrrRRRRRRrrrrRRRRRRrrrrrrr

    Y'a l'inspiration Stephen King bien sûr mais j'ai aussi eu l'impression de me retrouver dans un Silent Hill... C'est voulu?

    Grand Méchant Loup


    Mais tout à fait ! En fait, je pensais justement à des jeux vidéos comme Amnesia ou Silent Hill quand j'ai écris cette histoire, pour le côté complètement irréaliste de ce qui arrive au protagoniste, mais qui est pourtant sa réalité. Même si on dirait un cauchemar, on est bien dedans.

    En fait, j'ai toujours trouvé que le "ça" original de Stephen King se prêterait très bien à un jeu vidéo. Mais parce que quelque part, je trouve que les jeux vidéos, quels qu'ils soient, rappellent l'enfance, d'une certaine manière. C'est un "jeu", et ce n'est pas appelé comme ça pour rien. Après, ça n'est pas péjoratif pour moi, au contraire, même !

    Et pour changer de sujet, oui, elle est sympa son histoire, au Grand Méchant Lupus. Mais Sweety, il faut que tu ailles lire la suite sur son histoire de Noël, elle déchire ! ;)


  • Romy Fetish Avatar
    Romy Fetish - il y a 11 ans

    Alors c'est très difficile de me mettre mal à l'aise ou me faire peur via une histoire écrite. En plus de ça, les clowns me font pas particulièrement flipper.
    Mais malgré ça, ton histoire a réussi à me procurer des frissons de dégoût et de malaise. Vraiment bravo, parce que faire ressentir ce genre de chose par écrit c'est plutôt compliqué !
    Tu as su capter l'attention de tes lecteurs dès le début, et même la scène de chatouilles, qu'on attend sans savoir à quel moment elle va arriver, est horriblement intense, éprouvante et malsaine. J'aime l'univers glauque que tu as crée, qui m'a moi aussi rappelé Silent Hill.

    D'ordinaire il n'y a que Stephen King qui réussi à me faire "peur" (bon y a eu les Chaire de Poule, mais j'étais jeune et innocente :lol: ), mais là chapeau à toi parce que... J'ai eu la frousse en te lisant. Et c'était le but, tu es parfaitement dans le thème. Bravo à toi !


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Merci beaucoup, Perle ! :D

    En fait, même maintenant, j'ai quand même peur que ça fasse trop artificiel. Je trouve aussi que la peur, ou l'angoisse, c'est quelque chose de très difficile à faire passer par écrit. Du coup, j'ai vraiment essayé de ne pas me planter, alors ton commentaire me fait vraiment plaisir ! :)

    (bon y a eu les Chaire de Poule, mais j'étais jeune et innocente :lol: )

    PerleDeCoco


    Toi aussi ? :lol:


  • Malthyros Avatar
    Malthyros - il y a 10 ans
    Aller, je me lance dans la lecture de la première histoire de GML, intitulée "[url=https://forum.ticklingfr.com/viewtopic.php?f=23&t=18795&p=124122#p124122:3fseua8p]Rouge et Loup[/url:3fseua8p]". Niveau écriture, rien à redire. Tout est compréhensible et facile à lire. [quote="Grand Méchant Loup":3fseua8p] ... "alors qu'elle se déplaçait le long de la rivière de voitures qui s'écoulait sans interruption" ... ... "Elle se déplaçait avec grâce dans ce milieu hostile, en roller." ... ... "Le reste de sa tenue était noire, de son corset à ses bas en passant par sa jupe courte" ... [/quote:3fseua8p] J'aime beaucoup ce remix du petit chaperon rouge version "notre époque" !
    [quote="Grand Méchant Loup":3fseua8p] Il était vêtu presque exclusivement de noir, le costume trois-pièces, la cravate et les chaussures, seule la chemise blanche détonnait. [/quote:3fseua8p] Même remarque que pour Rouge, le passage à notre époque est vraiment bien fait ! L'image et les sentiments du prédateur et de la future victime y sont bien retranscrit ! [quote="Grand Méchant Loup":3fseua8p] Il ne lui laissa que ses sous-vêtements noirs, ses bas et la longue veste rouge sur laquelle elle reposait, les manches découpées.[/quote:3fseua8p] J'ai beaucoup aimé ce passage ! Et notamment la vision qu'il m'a apporté ! Très appétissant. Je ne sais pas pour les autres, mais pour ma part, tu as très bien réussis à me retranscrire la scène. (Non, je ne bave pas...) [quote="Grand Méchant Loup":3fseua8p]Elle fut réveillée par les volets de la chambre qui s'ouvrirent brusquement, un homme armé d'un fusil était entré.[/quote:3fseua8p] C'est le seul passage un poil incompris. On est d'accord qu'on est au dernier étage ? D'où il sort le policier ? C'est batman c'est ça ? Voila voila, je passe au chapitre suivant !

  • Lise Avatar
    Lise - il y a 10 ans

    Merci pour ton histoire, j aime beaucoup les personnage Loup et Rouge. Je lis pas mal ( malgré mes grosses lacune eu orthographe ) et j ai un ami qui écrit un livre. Et je peux te dire que attends qu une chose...De trouver ton roman à la fnac pour l acheter. Encore merci le loup.