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- Les pouvoirs cachés ( histoire complète )
Histoire ajoutée le
11/08/2019
Épisode ajouté le
11/08/2019
Mise-à-jour le
03/07/2021
-
polk - il y a 7 ans
3
Cela faisait bien cinq minutes que Libidineux-man passait la brosse sous les pieds d' Angélique, l' employée de banque ligotée, sourd aux supplications régulières de cette dernière. Sa collègue Claire se désolait, le visage implorant en se pinçant parfois le coin de la lèvre, elle semblait elle-même subir un véritable supplice à contempler le spectacle de son amie dont le rire résonnait si près d' elle. D' autant plus qu' elle s' imaginait parfois à sa place, comme cela aurait pu être le cas. En ce moment, ses propres pieds auraient pu subir ce chatouillement, c' est elle qui auraient pu être forcé de rire au éclats. En y pensant, elle gigota ses doigts de pied encore prisonniers du nylon. Elle se souvenait d' une fois où, un midi, alors qu' elles bavardaient toutes deux en déjeunant d' un sandwich végétarien sur un banc au soleil, Angélique, qui faisait danser son escarpins sur le bout de son pied, lui avait confié être extrêmement chatouilleuse. C' est une vrai torture, avait-elle dit. Mon dieu si elle avait su qu' elle se retrouverait là. Non, elle ne pouvait pas la laisser comme ça, il fallait intervenir, elle allait demander de se faire chatouiller à sa place. Mais les mots avaient du mal à sortir. Depuis de longues minutes, le silence n' était troublé que par l' écho des rires et les demandes de pitié qui résonnaient dans la salle vide, lorsque tout d' un coup, un morceau d' environ deux mètres carré de plafond s' effondra dans un bruit apocalyptique, tous les yeux se retournèrent en direction de l' effondrement où la fumée et la poussière étaient si dense à cette endroit qu' on n' avait peine à distinguer. Tout le monde se demandait ce qu' il se passait, sauf Angélique simplement ravi d' avoir un peu de répit. Parmi les gravats, on vit sortir une silhouette au fur et à mesure que la fumé se dissipait. L' homme qui venait de passer à travers le plafond s' avançait, il avait un costume blanc, des bottes blanches, un masque blanc, une cape blanche. Il s' arrêta et mit les deux poings sur ses hanches en bombant le torse.
– Qui es-tu ? s' enquit Libidineux-man d' un air agressif.
– Je suis...VERTU-MAN ! répondit fièrement le héros dont le costume était quand même plein de poussières maintenant, et qui luttait un peu pour ne pas tousser.
– Et bien avec moi, tu es mal tombé, répondit libidineux-man en se mettant en position d' attaque.
– Lâche immédiatement cette brosse à dent électrique et..kof kof...excusez moi, s' interrompit-il pour tousser, en mettant bien le creux du coude devant la bouche. Je disais, lâche ça immédiatement et laisse tranquille ces pures et honnêtes jeunes demoiselles !
– Dans tes rêves, ringard ! Et il lui jeta la brosse à dent au visage.
D' un mouvement de nuque précis et souple, Vertu-man évita le projectile qui lui frôla la joue. Il allait se réjouir, mais lorsqu' il s' aperçue que son ennemi levait le bras avec un sourire, il comprit que la brosse à dent avait fait demi-tour dans son dos, il se retourna juste à temps pour la saisir en plein vol et l' arrêter avant qu' elle ne le touche entre les deux yeux. À peine eut-il le temps de se retourner à nouveau que le traître fondait sur lui en brandissant une autre brosse à dent électrique sortie de son costume. Le bras armé s' abattit sur lui, mais notre héros bloqua l' attaque, les brosses à dents s' entrechoquèrent, Libidineux-man tenta un autre coup, Vertu-man répondit par une nouvelle parade et le duel s' engagea entre les deux escrimeurs, sous le regard ahuri des otages. Vertu-man prenait rapidement le dessus, il acculait son adversaire vers le mur, parade, feinte, bond en avant, sa technique de combat largement supérieur donnait du fil à retorde à Libidineux-man qui se trouva rapidement à la merci de l' homme en blanc. D' un coup talentueux, le héros désarma le vilain, la brosse à dent partie dans les airs.
– C' est fini. Rend-toi, puis excuse-toi auprès des jeunes filles, et je serais peut-être disposé à moins de sévérité à ton égard.
– Me rendre ? Jamais ! s' emporta Libidineux-man, honteux de cette défaite.
– Dans ce cas, nous nous battrons d' égal à égal, déclara le blanc chevalier en jetant sa brosse à dent au sol avec fair-play.
Bien mal lui en prit car son ennemi courut ramasser son arme et se jeta sur lui, le traite ! Fort heureusement, Vertu-man maîtrisait l' art du self-défense et d' une habile clé de bras, désarma à nouveau son assaillant, puis il le saisit par le col et l' envoya contre le mur où il s' enfonça littéralement dans la cloison jusqu' à la ceinture.
– Au secours ! Aidez-moi à sortir de là, criait-il en remuant les jambes et en tentant de s' extraire du mur qui emprisonnait le haut de son corps.
On dirait qu' il peine à sortir, s' amusa Vertu-man en s' approchant de lui. Regardez comme il nous montre ses fesses ! Décidément tu es incorrigibles Libidineux-man !
D' un coup sec, il baissa le froc du méchant, dévoilant un caleçon blanc avec des licornes roses dessus. La bande de bandit se mit à pouffer de rire en faisant des commentaires sur la défaite de leur chef. Même les employées toujours ligotée sourirent de stupeur. Puis il lui ôta une botte, ainsi que sa chaussette.
– Non ! Qu' est ce que tu fais ? protesta Libidineux-man en paniquant.
Vertu-man saisit le pied de son ennemi prisonnier et actionna la brosse à dent électrique sur son talon, puis sur l' ensemble de la sa plante de pieds. La réaction fut immédiate, le rire du vaincu fusa au travers de la cloison !
– Non, pas ça, pitié !
– On dirait qu' il est chatouilleux ! Voulez-vous que j' arrête mesdemoiselles ?
– Non continuez ! cria spontanément Angélique il n' a que ce qu' il mérite ! Vous êtes mon héros !
Et le héros se mit en devoir de punir le malfaiteur en lui passant consciencieusement la brosse chatouilleuse sous le pied.
Au fond de la pièce, alertée par le bruit du plafond s' écroulant, Cruelle-girl avait assisté à toute la scène avec incrédulité. Elle contempla un moment son collègue se faire chatouiller, entendre des supplications lui procurait toujours un vif plaisir, peu importe qu' elles émanent de son acolyte, qui en outre n' était son coéquipier que pour l' occasion. Vertu-man proposa aux employées de venir les détacher pour qu' elles profitent un peu de l' occasion, ce n' est pas tous les jours que vous chatouillerez un super-vilain leur dit-il avec un clin d' œil. Cela les enchanta, elles étaient ravies, Libidineux-man beaucoup moins. C' est le moment que choisi Cruelle-girl pour s' approcher.
– Vertu-man ? dit-elle timidement en s' avançant vers lui.
– Tiens... Cruelle-girl ! Toujours dans les mauvais coups à ce que je vois !
– C' est Libidineux-man, il m' a obligée, si tu savais les moyens dont il a usé pour me forcer à commettre ce braquage, mais heureusement tu es là, je me rends maintenant.
– Vraiment ? Tu te rends sans opposer de résistance ?
– Oui, tu pourras me chatouiller si tu veux. Je l' ai méritée.
– On verra... c' est pas obligé... fit sobrement vertu-man tout en étant au fond de lui pas du tout indifférent à l' idée.
– Si ! C' est bien fait pour moi, se désola la repentie, mais tu sais j' avais besoin d' argent, par exemple regarde mes escarpins, ça fait deux ans que je les ai.
Joignant le geste à la parole, elle souleva sa jambe pour se déchausser et lui montrer sa chaussure.
– Tu vois ici ? lui dit-elle en désignant le talon aiguille, il est tout abîmé.
– Ah oui, en effet, il y a un tout petit trou...
Cruelle-girl appuya sur un minuscule bouton situé sur le coté de son escarpin et un petit jet de gaz soporifique sorti par le trou que Vertu-man était en train d' observer. Le temps que notre héros comprenne qu' il s' était fait piéger, il était trop tard. Il tomba d' abord à genoux, essayant de lutter contre l' endormissement, puis il s' écroula aux pieds de sa perfide ennemie. La joue contre le sol, juste avant de tomber dans le sommeil, il vit le pied nu de Cruelle-girl se lever et venir se poser délicatement sur son visage.
– Quel idiot ! C' est presque trop facile.
Alors qu' il tentait vainement de ne pas fermer les paupières, elle lui caressait la joue de sa douce plante de pied, comme pour le bercer.
– C' est bien, fait dodo, quand tu te réveilleras, tu seras mon prisonnier.
Quelle catastrophe ! Être le prisonnier de Cruelle-girl ne présage rien de bon. Cachée dans le faux-plafond, à plat ventre dans l' interstice, une espionne avait assisté à la capture de Vertu-man par le trou que celui-ci avait fait en arrivant. C' était Vice-girl, une fille magnifique, solitaire, très taquine et dont personne ne savait vraiment pour qui elle roulait. Au sein de la communauté des super-héros et des super-vilains, les avis étaient partagés. Vertu-man, lui, croyait en elle et en sa bienveillance, ils étaient amis depuis qu' il l' avait pris sous son aile alors qu' elle découvrait ses pouvoirs. Elle lui devait beaucoup, elle le savait, mais elle avait toujours joué celle qui s' en fichait et qui ne voulait rien apprendre. Une vrai tête de mule. Quelques instants auparavant, elle et Vertu-man s' étaient croisés près de la banque, le blanc héros lui avait proposé de faire équipe pour déjouer les cambrioleurs, elle avait bien sûr accepté, avec la secrète intention une fois les bandits hors d' état de nuire de se servir discrètement une petite part du gâteau quand l' occasion se présentera, personne ne serait au courant et ça ne ferait pas de mal. Telle était vice-girl, tel était son plan, jouer sur les deux tableaux. Quant au plan de Vertu-man, il avait consisté à surprendre les malfrats. Reste cachée là, lui avait-il dit, je vais m' en occuper seul, si ça tourne mal, intervient. Mais il ne devrait pas y avoir de problème, je suis en forme aujourd’hui, je ne vais faire qu' une bouchée de Libidineux-man et de ses sbires. Ils n' avaient même pas vu, durant leurs observations, que Cruelle-girl se trouvait sur les lieux. Mince, pensa vice-girl, Cruelle-girl est bien plus puissante que moi, si j' engage le combat je risque de me retrouver moi aussi sous sa plante de pied, comme ce nigaud ! Non, le plus sage est de rester planquée là, ma fille ! Une fois qu' ils seront partis, s' ils laissent deux ou trois sacs d' or, je me sers et je file, on verra plus tard. De sa cachette, elle entendit sa redoutable ennemie donner des ordres à la bande de bandit.
– Dépêchez-vous de sortir votre chef de là, il est ridicule. Et ligotez-moi ce Zorro avec de la corde anti-pouvoirs afin qu' il ne puisse pas s' échapper puis portez-le dans le bureau de la directrice.
Elle remit sa chaussure.
On sortit Libidineux-man du mur pour qu' il remette sa botte et remonte son pantalon. Ce faisant, du coin de l' œil il jeta un regard noir aux pauvres employées dont les espoirs d' être délivrées s' envolaient, et qui maintenant craignaient de subir une vengeance sans pitié.
– Oublie-les un peu, trancha Cruelle-girl, on a besoin du code, le temps presse maintenant, rejoins-moi dans le bureau, et amène un guiliteur. Non ! Prends-en deux plutôt.
De sa cachette, en entendant le mot de guiliteur, vice-girl déglutie.
– Vous avez entendu, bande d' abrutis ! Allez ! Au boulot ! Et donnez-moi deux guiliteurs.
La bande de bandits, dont l' addition du QI donnait encore un nombre à deux chiffres, se regarda, un peu perdu, en fouillant dans leurs poches. L' un deux finit par répondre benoîtement qu' ils ignoraient devoir les prendre, ils étaient restés dans la camionnette.
– Et bien allez les chercher ! hurla Libidineux-man
Un des bandits, le plus sot d' entre eux, se précipita au dehors tandis que les autres s' activaient à ficeler le super-héros.
– Et surtout, précisa Libidineux-man avec sadisme, débottez-le avant, je veux le voir ligoté pieds nus.
Puis il partit avec l' intention excitante de passer sa rancœur sur la directrice. Il la trouva sur le bureau, toujours attachée sur le dos, les bras relevés, en train de rire sous les chatouilles de Cruelle-girl. Il s' approcha tout près pour la contempler de haut. De l' autre coté du bureau, Cruelle-girl avait une main qui titillait le dessous de bras et l' autre main qui s' occupait du ventre. Entre ses deux bras relevés, le visage larmoyant de rire de la directrice se tourna légèrement pour voir Libidineux-man sourire au dessus d' elle. Elle comprit, et ses yeux marquèrent une nouvelle inquiétude.
– Fais comme moi, de l' autre coté, ordonna Cruelle-girl.
Et aussitôt le sadique super-vilain chatouilla le ventre d' une main et sous l' aisselle de l' autre. Prise ainsi entre deux feux, dans l' incapacité totale de s' en échapper, la directrice redoubla d' affolement et se mit à rire de plus belle.
– Alors, tu vas parler ?
Entre deux hurlements de rire, elle cria courageusement que non, elle ne dirait jamais rien.
– Oh si, tu vas parler... Avec un guiliteur sous la plante des pieds, crois-moi, tu vas parler...
4
Fermé ? Ça alors ! Devant la banque, une Sonia perplexe regardait l' écriteau qui ne laissait aucun doute, d' autant plus que les rideaux baissés occultaient l' intérieur. Pourtant, en arrivant elle avait vu un homme en sortir, il y a deux secondes ! Elle commençait à longer le grand bâtiment, qui faisant l' angle de la rue, pour faire le tour. Arrivé au virage elle se retourna et aperçu l' homme de tout à l' heure s' éloigner d' une camionnette et revenir vers l' entrée, elle résolue d' aller à sa rencontre. Le voilà qui rentre dans la banque, on dirait qu' il a les clés, s' enthousiasma Sonia qui courut pour l' intercepter juste avant qu' il ne ferme la porte derrière lui.
– Attendez monsieur !
– Je suis désolé, la banque est fermée mademoiselle.
– Comment donc fermée ? Mais j' ai rendez-vous avec la directrice !
– Écoutez, n' insistez pas je...
L' homme, qui avait l' air benêt, s' interrompit, détailla du regard son interlocutrice de la tête aux pieds, puis reprit.
– Mais si vous avez rendez-vous c' est autre chose, sourit-il, suivez-moi donc mademoiselle.
Une fois à l' intérieur, tandis qu' elle suivait l' imposteur, Sonia s' étonna du tas de gravas au sol ainsi que du trou dans le mur et marqua une pause devant, un peu interloquée.
– Et bien ! Maintenant je comprend mieux la raison de la fermeture, vous avez eu un sinistre cette nuit ?
– Oui, c' est à cause des mites, elles rongent la charpente et voilà ce qui arrive ! improvisa bêtement le bandit avant de repartir tranquillement, fiers de lui. Il lui fallu cinq pas pour que son instinct lui souffle qu' il serait bon de hâter sa belle proie.
– Venez vite mademoiselle, la directrice vous attend, dit-il en se retournant pour constater avec un immense étonnement que la fille avait disparue !
Ça alors ! Où est-elle passée ? se demanda-t-il tout haut en tournant la tête de tous les cotés. Mais c' est la voix d' un de ses acolytes arrivant dans la pièce qui lui répondit.
– Tu parles tout seul maintenant ? Alors qu' est-ce que tu fabriques ? On t' attend, le boss s' impatiente !
– Mais...il y avait une fille là.
– On a emmené les employées dans le bureau, allez magne-toi.
– Mais non, pas elles, je te dit qu' il y avait une fille ici, je suis pas fou quand même, s' interrogea le bandit sans trop y croire, tout en suivant son collègue.
– Tu n' es pas fou, juste un peu simplet.
Et les malfrats s' en allèrent sans même penser à regarder par la seule issue possible, le trou dans le plafond, par où Vice-girl avait attrapé Sonia d' un coup de lasso et l' avait remontée si prodigieusement vite que Sonia se demandait encore ce qu' il se passait. Il y a un instant, en bas, elle avait senti la corde autour d' elle puis hop ! Décollage ! Ensuite cette fille l' avait attrapée et collée contre elle.
– Mais qui êtes-vous ? Qu' est-ce que vous...
– Chut ! intima vice-girl en lui plaquant sa paume de main contre la bouche.
Sonia se sentait bizarre, le lasso lui enserrait toujours les bras le long du corps, sa bouche était bâillonnée par la main de cette fille qui, si près d' elle, la regardait dans les yeux. En dessous, les voix mâles finirent par s' éloigner et le silence se fit.
– Tu crois vraiment que ce sont les mites qui ont fait ça ?
Sonia remua la tête de gauche à droite et vice girl retira sa main. Puis elle lui expliqua qu' elle se trouvait en plein cœur d' un cambriolage. Loin d' être effrayée, Sonia suggéra d' appeler la police.
– Merci Einstein, c' est déjà fait, ils seront bientôt là, mais ne compte pas trop sur eux, on a affaire à des gens puissants. Suis-moi !
Vice-girl fit demi-tour pour marcher à quatre pattes dans l' interstice du faux-plafond. Comme Sonia ne bougeait pas, elle se retourna pour la presser. Viens, je te dis, il y a un conduit d' aération là-bas, je vais te montrer. Elles avancèrent ainsi dans le conduit, plus ou moins à quatre pattes, Sonia avait une superbe vue sur le postérieur de vice-girl dont on devinait le string à travers le pantalon moulant, ainsi que sur la semelle de ses chaussures, et même un peu plus car l' héroïne portait des escarpins ouvert sur les cotés, si bien que sa plante de pied dépassait un peu de chaque coté de la semelle.
– Jolies chaussures, osa Sonia, un peu troublée par sa position de voyeuse.
– Oui, c' est risqué mais j' aime prendre des risque. Et puis on sait jamais, ça peut servir.
– Servir à quoi ?
– Attention ! On arrive, dorénavant plus un bruit ! Tu me materas le cul et les pieds plus tard.
Quelle audace ! Sonia se sentit un peu désarçonnée par la clairvoyance direct de cette fille mais ne protesta que faiblement car en effet, on commençait à entendre un rire, le conduit se terminait par une grille qui donnait sur le bureau de la directrice. Du bureau, la grille d' aération située contre le mur du fond à vingt centimètres du plafond passait inaperçue. Sonia se faufila à plat ventre le long de Vice-girl et toutes deux purent observer ce qui se passait dans la pièce. La directrice, ligotée sur le bureau, subissaient les chatouilles de deux super-vilain sur le haut du corps, la vue de cette scène provoqua chez Sonia une excitation immédiate et intense, elle ne s' attendait pas à voir ça. Elle se demandait qui étaient ces gens, Vice-girl lui apprit qu' elle avait sous les yeux Libidineux-man et la terrible Cruelle-girl en personne. Et ils avaient capturé Vertu-man, ligoté sur le sol.
– Et lui, que fait-il ? en désignant l' homme qui avait failli la piéger en train d' installer quelque chose sur les pieds de la directrice. Qu' est-ce que c' est ?
On distinguait un pied de la directrice déjà équipé, il semblait prisonnier dans une sorte de filet dont l' intersection des mailles était composé d' espèce de petites pastilles rondes.
– Ça, c' est un guiliteur. En fait, c' est exactement comme des têtes de brosse à dent électrique qui sont reliés entre elles, et le tout compose donc un filet qui est serré autour du pied. Lorsqu' il vont mettre le guiliteur sur ON la pauvre directrice va se retrouver avec de belles vibrations sous les pieds.
Sonia en resta bouche bée. De là où elle se trouvait, on distinguait mal, on pouvait malgré tout dénombrer au moins six de ces pastilles vibrantes réparties sur l' ensemble de la surface plantaire de la directrice. Cela revenait à dire qu' elle allait subir le chatouillement de six brosse à dent électrique en même temps, du talon jusqu' à la base de ses doigt de pieds. Pire encore : les deux pieds allaient déguster. Esthétiquement c' était très beau, le pied se présentait comme dans un bas résille. Sonia, subjugué, n' en perdait pas une miette, ce qui n' échappa guère à Vice-girl.
– Si tu rajoutes le traitement qu' ils sont en train de lui faire subir sous les bras et sur le ventre, je ne donne pas chère de son secret. Tiens, tu veux parier qu' elle avoue tout ?
– Non, je ne parie pas, tu rigoles.
– Allez... si tu gagnes je te laisse mes pieds à chatouiller pendant une heure.
Cette phrase fit tressaillir Sonia, elle regarda sa compagne de conduit d' aération dans les yeux, serrées l' une contre l' autre, leur tête se touchait presque. À travers son masque rouge, les yeux magnifiques de Vice-girl pétillaient de malice, son nez si mignon, sa bouche ravissante, Sonia n' en pouvait plus d' excitation. Quand cette fille lui attrapa la bouche avec sa main en U, comme à une enfant pas sage, elle se laissa faire, toujours noyée dans ses yeux.
– Tout ça te plaît, n' est pas ?
Sonia remua imperceptiblement la tête, sans bien savoir si elle faisait oui ou si elle faisait non, au final elle se rendit compte qu' elle avait fait une sorte de rond un peu comique.
– Je suis sûre que ta culotte est déjà toute mouillée.
Après avoir prononcé doucement ces mots avec un sourire de défi, Vice-girl avança ses lèvres contre celle de Sonia pour y déposer un baiser léger mais appuyé. La séductrice lui lâcha les joues, Sonia gardait le silence, cette fille est une sacrée provocatrice, pensa-t-elle, piquée au vif. Elle qui n' avait pas pour habitude de perdre le contrôle de la situation se retrouvait comme hypnotisée. Il fallu un cri de la directrice, un hurlement même, un JAMAIS ! lâché avec ferveur, pour sortir Sonia de son ivresse.
– Il faudrait peut-être qu' on fasse quelque chose, tu ne crois pas ? réussit-elle à articuler.
– J' adore ton peut-être, ma belle. Ne t' inquiète pas j' ai un plan, mais pas maintenant, nous devons attendre encore un peu. Patience... et profite du spectacle.
En bas, la directrice était toujours soumise aux doigts agiles de ses tortionnaires, elle était à bout, Cruelle-girl lui laissa une dernière chance en lui demandant une dernière fois si elle voulait parler mais la directrice ne s' arrêta pas de rire. Libidineux-man conclut qu' il fallait prendre ça pour un non, et c' est Cruelle-girl qui donna l' ordre.
– Très bien... allez-y, mettez les guiliteurs en marche.
Un appuie sur le bouton d' une télécommande marqua le début du supplice. Ce fut bref. À peine les vibrations se mirent en marche que la directrice, de sa positon allongé sur le dos, leva la tête pour regarder vers ses pieds en écarquillant les yeux, son rire redoubla, sa tête retomba, ses supplications s' enchaînèrent.
– Non, non, pas ça, pitié, stop, arrêtez ! Arrêtez ! Pitié !
Elle regarda ses tortionnaires, tour à tour, qui souriaient. Elle sentait leurs chatouilles sous ses bras, c' était insupportable, et sous ses pieds, mon dieu, non elle ne tiendra pas, c' était insoutenable.
– Stop ! hurla-t-elle, pitié, je dirais tout, stop !
– Alors ! Tu vas parler ?
– Oui, oui, oui ! Arrêtez ! Pitié !
– Et bien non. On va continuer un peu, pour être sûr que tu sois bien sérieuse.
Cruelle-girl porte bien son nom. Elle intensifia ses chatouilles aux aisselles. La directrice devenait folle, sous ses pieds la sensation était ignoble, elle était prête à faire n' importe quoi, sa soumission était totale.
– Qu' est-ce qu' on attend ? demanda Sonia qui n' en pouvait plus, partagée entre l' idée d' agir pour mettre fin au cambriolage ainsi qu' au supplice de la directrice et la terrible excitation qu' elle éprouvait de voir infliger la torture des chatouilles à cette femme réduite à supplier.
– Bientôt... Très bientôt... Tiens, mets ça dans tes poches, je vais te donner deux armes, cette boule-là une fois lancée dégagera une épaisse fumée blanche et cette boule-ci déploiera un grand filet. Compris ? Attention, c' est bientôt à nous !
En effet, une heure après les premières caresses que Cruelle-girl lui prodigua sur le nombril, les chatouilles cessaient pour la directrice, réduite à tout dévoiler.
– Je t ' écoute pour la combinaison du coffre, et vite.
– Oui, oui, c' est 0 0 0 0 avoua la suppliciée, complètement essoufflée, avant de gémir des supplications pour qu' on ne la torture pas davantage.
Mais Cruelle-girl ne l' écoutait même plus et se dirigeait déjà vers le coffre. C' est à ce moment que des sirènes de polices se firent entendre.
– Voilà les renforts, chuchota Vice-girl, ça va être à nous.
– Allons-y maintenant, avant qu' elle n' ouvre le coffre !
Mais Vice-girl ne répondit pas, se contentant de scruter le moment où son ennemie ouvrirait le coffre.
– Tu m' entends ? Pourquoi on n' y va pas maintenant ?
– Parce que ça sera plus facile une fois qu' elle l' aura ouvert.
– Plus facile pour quoi ?
– Pour me servir, pardi ! Ha ça y est !
– Mais ! De quel coté es-tu, toi, au juste ?
Vice-girl tourna son regard vers Sonia pour lui répondre d' une voix sensuelle que c' était à elle de voir, puis elle l' attrapa par la ceinture d' une seule main, fit sauter la grille, et la projeta d' un coup sec dans la pièce. Après un long vol plané, à la surprise générale elle percuta Libidineux-man de plein fouet ! Elle fut la première à se relever, un peu sonnée. Il en faut plus pour assommer Libidineux-man, qui ne comprenait pas pourquoi aujourd’hui les super-héros tombaient du ciel, il se releva à son tour pour se précipiter sur Sonia. Pratiquant le judo depuis petite, la jeune femme le reçu avec un ippon-seoi-nage qui l' envoya valser contre la bande de bandits qui s' écroulèrent comme des quilles. Strike ! s' écria-t-elle. C' est le moment, jugea-t-elle, de faire une bonne pêche, et elle envoya la boule qui s' ouvrit en l' air pour laisser s' étendre un filet qui enveloppa tout ce beau monde. Satisfaite d' elle-même, Sonia perdit son sourire en se retournant pour s' apercevoir que Cruelle-girl se tenait à quelques mètres, et la fixait d' un regard souverain.
– Je ne te connais pas toi, mais tu aurais mieux fait de t' abstenir, menaça la puissante vilaine avec assurance, alors que Sonia se sentit tout d' un coup moins à l' aise dans son rôle d' héroïne par obligation.
Ce n' est rien, pensa-t-elle, Vice-girl, ma super nouvelle amie, va bientôt surgir. De sa cachette, Vice-girl qui n' avait pas du tout l' intention de prendre le moindre risque répétait en chuchotant pour elle-même « envoie la boule, envoie la boule, mais envoie la boule ! ». Cruelle-girl approchait. Sonia commençait à comprendre que sa pas-si-super nouvelle amie ne viendrait pas. Cruelle-girl s' arrêta, tendit le bras en écartant la main. « envoie la boule, envoie la boule, envoie la boule ! ». Mais quelle traîné cette fille se disait Sonia. « Envoie la boule bon sang», se disait la traînée. On entendit des coups, la police enfonçait la porte d' entrée. Cruelle-girl tourna la tête, Sonia profita de cette diversion pour prendre la boule dans sa poche. A peine celle-ci toucha le sol qu' elle éclata et libéra une immense fumée blanche et dense, le brouillard fut si épais qu' on n' y voyait pas le bout de son nez. La police rentra au même moment, des lumières rouges, jaunes, des cris de partout ajoutèrent à la confusion ! Sonia ne comprenait rien de ce qui se passait ! Parmi les hurlements on distinguait des haut les mains alors à tout hasard elle levait les mains, quand soudain un lasso lui prit la taille, elle décolla pour se faire réceptionner par les bras d' une fille qu' elle ne parvint pas à identifier, elle la portait d' un bras sur son épaule et bondissait, tout allait très vite pour Sonia qui de surcroît voyait le monde à l' envers car elle avait le tête en bas, elle voulut légèrement la relever, grave erreur, son crane percuta quelque chose qui l' assomma.
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polk - il y a 7 ans
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Dans une petite ruelle située derrière la banque, le conducteur de la camionnette stationnée regardait ses complices arrivés dans son rétroviseur extérieur. Il y avait Libidineux-man, deux bandits ( il en manquait trois ) et Cruelle-girl qui portait quelqu' un sur son épaule. La malfaisante ouvrit les portes arrières de la camionnette et posa sa belle proie inconsciente à l' intérieur. Elle ordonna que tout le monde prenne place à l' arrière pour l' instant, dans le but de passer inaperçu il valait mieux laisser le chauffeur seul. L' avant de la camionnette, qui comprenait trois places, était séparé de l' arrière par une cloison opaque en fer. La camionnette était de belle taille et aménagée à l' intérieur, on pouvait tenir debout mais de chaque coté une planche courant tout le long permettait de s' asseoir, ce que firent les malfrats. Surtout elle regorgeait d' ingénieux et odieux systèmes dont une personne captive pouvait faire les frais. La camionnette démarra.
– On reste tous derrière le temps de sortir de la ville, ça nous permettra de l' installer confortablement, sourit cruelle-girl, en désignant le paquet ligoté au sol, qui n' était autre que l' illustre et puissant Vertu-man qu' elle avait pris soin d' emporter dans sa fuite.
– Mouais, maugréa Libidineux-man, c' est toujours ça de pris, on ramène un super-héros qui deviendra bientôt mon esclave.
– TON esclave ? Laisse-moi te rappeler que tu ne t' es pas montré très brillant, et que sans mon intervention, tu serais encore prisonnier d' un mur, le cul à l' air, à subir ses chatouilles. Alors tu devrais revoir tes prétentions à la baisse si tu ne veux pas finir toi-même comme mon esclave.
En disant ces mots, Cruelle-girl, les jambes croisées, sortit son talon de son escarpin qu' elle balança sur le bout de son pied.
– Très bien, très bien, convenu libidinaux-man, je pourrais au moins le torturer j' espère ?
– Ho ça oui ! éclata de rire la maléfique, tu as carte blanche mon chère Libidineux-man. Une fois arrivé il sera à toi, tu pourras lui faire subir toute les choses salaces dont tu as le secret, en attendant installons-le pour qu' il profite du voyage, nous avons une longue route.
– Génial ! Cette camionnette regorge de technologie, elle nous offre l' embarras du choix, que proposes-tu ?
Au fond de la camionnette, un tableau de contrôle disposait de nombreux bouton, Cruelle-girl appuya sur l' un deux, une trappe s' ouvrit sur le sol de la camionnette et quelque chose en sortie.
– Le carcan, pour commencer.
Quelque minutes plus tard, quand Vertu-man se réveilla, la première chose dont il prit conscience fut l' état de ses poignets et de ses chevilles qui étaient maintenus prisonnier devant lui dans une planche en bois. Ou plutôt deux planches, une solidement fixée au sol emprisonnait ses pieds et la seconde, toutefois solidaire de la première mais légèrement déporté en retrait emprisonnait ses mains, si bien qu' il gardait le dos assez droit. Malgré tout, ses bras était tendu au maximum car, comble du raffinement, une barre en fer partait du carcan dans lequel se trouvait ses mains pour venir se terminer en collier de fer autour de son cou, empêchant ainsi tout mouvement. Il était totalement prisonnier. Ensuite il se rendit compte que ses pieds ainsi attachés et mis à nu le rendait absolument vulnérable. Mais à qui sa plante de pied était-elle si ostensiblement exposée ? Lorsqu' il ouvrit suffisamment les yeux pour s' en apercevoir, une certaine crainte l' envahie. Devant lui, assis en train de le regarder en souriant, il découvrit au premier plan Cruelle-girl sur sa gauche et Libidineux-man sur sa droite, quant au second plan, c' est à dire assis juste derrière eux se trouvait un bandit de chaque coté. Tous les quatre, en le fixant avec un sourire démoniaque faisait tourner une plume entre leur pouce et leur index.
– Ho non ! Non pas ça !
Il tenta de se débattre, mais peine perdu, l' opposition entre la barre de fer qui maintenait son corps à distance et ses poignets dans le carcan était diaboliquement conçu pour empêcher son buste de faire le moindre écart, s' il avait voulu le basculer en avant, son collier de fer lui interdisait, ses bras était donc tendu et le resteraient, de même il ne pouvait basculer sur les cotés, quant à ses pieds n' en parlons pas, rien ne pouvait les soustraire à leur sort. C' est Libidineux-man et Cruelle-girl qui leur firent les honneurs tandis que les deux bandits allèrent s' occuper des ses flancs et ses dessous de bras avec en bonus la plume qu' ils lui passaient dans le cou, là où son collier de maintien le permettait. Il riait sans pouvoir se contenir, il avait du mal à croire ce qu' il lui arrivait, juste avant de s' évanouir il était victorieux, se permettant même de taquiner la plante des pieds de son ennemi et voilà qu' il se réveille là, prisonnier, chatouillé impitoyablement par quatre malfrats sans scrupule. Il riait et riait, il savait bien que parler serait vain, au contraire ses tortionnaires auraient intensifié leurs chatouilles en l' entendant supplier, car ils faisaient ça uniquement pour le plaisir. Il subissaient sa torture, complètement démuni. Eux par contre lui parlaient parfois pour le ridiculiser en faisant des commentaires sur sa défaite cuisantes et sa position de vaincu. Au bout d' un certain temps, presque malgré lui, un peu par réflexe et n' en pouvant plus, il finit quand même par offrir à ses ennemis des demandes de pitié. Demandes qui n' eurent comme seul effet sur eux que de les faire rire de sadisme. Le temps passait ainsi, ils étaient sorti de la ville et roulaient maintenant en campagne sur une départementale, dans les arbres les oiseaux regardaient passer la camionnette sans se douter de ce qu' il se tramait à l' intérieur. L' épreuve devenait terrible pour Vertu-man, heureusement un arrêt s' imposa pour faire le plein d' essence. Un véhicule servant à fuir après un braquage presque sur la réserve, décidément les bons acolytes se font rares pour les super-vilain, souffla Cruelle-girl. Libidineux-man sortit mettre de l' essence et payer. Restée avec son captif pour lui passer doucement la plume sous les pieds en attendant, Cruelle-girl s' interrompit pour réfléchir. Une idée lui vint, elle appuya sur un bouton du tableau de contrôle, ce qui eut pour effet de déployer dans la cloison qui séparait l' arrière de la partie conducteur deux planches perpendiculaire à celle-ci. Deux planches cote à cote, un peu espacées, de trente centimètre de large pour un bon mètre de long, le tout à un mètre du sol. Ce n' est pas tout, juste au dessus trois trous s' ouvrir dans la cloison, celui du milieu plus gros que les deux autour. Dans la boutique, Libidineux-man en profita pour flâner un peu, il hésitait entre un paquet de n&ns et une barre chocolatée, finalement il mit les deux discrètement dans sa poche. Au prix où ça coûte, c' est eux qui pratique le vol ! Puis il revint vers la camionnette où une surprise l' attendait. Cruelle girl, installée à l' avant ouvrit sa fenêtre en le voyant arrivé.
– Je t' ai préparé une surprise, lança-t-elle pleine de mystère.
– C' est pas ton genre. Qu' est-ce que tu mijotes encore ?
– Je t' assure, regarde par toi-même, lui dit-elle en se poussant légèrement pour le laisser voir.
La cloison qui séparait l' avant du véhicule de l' arrière faisait office de carcan, on pouvait y voir sortir la tête de Vertu-man ainsi que ses poings. Ceux-ci étaient chacun enfermés dans une petite pochette en cuir fermée par une fermeture éclaire, afin qu' il lui soit impossible de saisir quoique ce soit.
Devant ce spectacle, Libidineux-man oublia les bonbons, d' autres sucreries se présentaient à son esprit. Le pauvre prisonnier, à peine remis de ses émotions, protestait tant qu' il pouvait.
– C' est honteux, qu' allez-vous me faire encore ?
– Allons, allons, le rassura faussement sa perfide geôlière, tu vas pouvoir admirer le paysage ainsi. Pense à Libidineux-man qui va devoir voyager à l' arrière. N' est-ce pas mon ami ?
Mais Libidineux-man était déjà parti admirer la vue qu' on avait de derrière. Une fois à l' intérieur, Vertu-man se présentait agenouillé, à environ un mètre du sol, les jambes écartées, chacune reposant sur une planche surélevé où ses chevilles y était maintenu attachées. Le voleur de n&ns saliva rien qu' en voyant le postérieur de son ennemi se dandiner. Ajoutez à cela la plante de pied plissée qui trônait sur chaque planche, ce fut trop pour Libidineux-man qui se dépêcha de fermer la porte de la camionnette qui démarra aussitôt, devant l' employé de la station service qui remarqua avec étonnement à travers le pare brise la tête d' un homme prisonnier comme dans un carcan. A l' intérieur, Cruelle-girl termina de restreindre son prisonnier, en tirant une lanière de la cloison pour la faire passer sur le front et l' attacher de l' autre coté, privant ainsi le malheureux captif du moindre mouvement de tête. Lorsqu' il lui demanda pourquoi elle faisait ça, elle lui répondit en lui montrant une toute petite plume, comme celle qu' on trouve dans les oreillers, et l' agita devant ses yeux.
– Tu vois ça ?
– Oui.
Elle se mit à lui taquiner le nez. Il comprit alors qu' il ne pouvait pas bouger la tête d' un centimètre et se soustraire à la plume.
– Ho non, pas ça !
Elle éclata de rire.
– Ne t' inquiète pas, c' est juste par cruauté. Je vais laisser ton nouvel ami s' occuper de toi par derrière et profiter de la musique durant le trajet. Elle lui parlait maintenant à l' oreille tout en titillant son nez avec la plume de duvet. Tu vas me servir d' autoradio, et crois-moi, j' adore cette musique.
A l' arrière, Libidineux-man savoura pleinement sa vengeance sur celui qui lui avait fait une mise à l' air tout à l' heure, en lui rendant l' appareil de manière encore plus sévère puisqu' il lui baissa même le caleçon.
– Oh non, qu' est-ce qu' il fait ? s' inquiéta le super-héros qui ne pouvait rien deviner de ce qu' il se passait.
Cruelle-girl s' installa confortablement dans son siège en se disant que le programme allait commencer.
Libidineux-man était au comble de l' excitation. Devant lui, le cul relevé de Vertu-man, ses pieds offerts, tout son corps à sa merci total. Il avait plusieurs outils près de lui à sa disposition, tous plus sadique les uns que les autres. La brosse à dent électrique sera pour ses pieds, se dit-il, et cette grande et longue plume touffu sera pour tout le reste, je vais commencer par ça, le reste du matériel suivra après. Il s' approcha et contempla longuement son prisonnier en caressant légèrement les plis de sa voûte plantaire avec la brosse à dent éteinte. Puis la fête commença. Il serait indécent de raconter en détail toutes les bassesses vicieuses que subit notre super-héros de la part de son ennemi juré, mais sa vertu et son honneur en prirent un bon coup. A l' avant, Cruelle-girl se berçait de la douce musique des supplications, il y en avait beaucoup, souvent des négations comme des « non pas ça ! », des « non pas encore, pitié ! », des « pas ici, pas ici, non ! » agrémentés de OH et de AH. Il passait par toutes les gammes de la plainte, du gémissement au rire, totalement soumis. Elle se demandait parfois ce que Libidineux-man pouvait bien lui faire subir à l' arrière. Les réactions parfois paradoxales et contradictoires de Vertu-man donnait à Cruelle-girl l' occasion de faire turbiner son imagination fertile. La camionnette roulait ainsi pendant une bonne demi-heure sur les départementales ensoleillés, maintenant loin de la ville, puis emprunta un chemin à travers champs. C' est à ce moment là que les non de vertu-man devinrent plus intense tout à coup et s' enchaînèrent avec rapidité, il ne riait plus mais écarquillait les yeux en répétant non plusieurs fois de plus en plus fort jusqu' à un non final hurlé en se désolant, puis ses paupière retombèrent, vaincu, son souffle devint plus court. Ho mon dieu, finit-il par dire. La camionnette se gara devant une ferme en plein milieu des champs. C' est un super-héros défait que Libidineux-man sorti de la camionnette en portant sur son épaule. Une femme vint les accueillirent et les emmena derrière la ferme où se trouvait une table de jardin à l' ombre d' un parasol, c' est là que les bandits et leur chef s' assirent avec leur hôte et deux autres bandits qui vivaient dans ce repaire. Juste à coté se trouvait une table de torture, c' est là qu' on installa Vertu-man, attaché sur le dos, les mains le long du corps, toujours pieds nus. Cruelle-girl alla lui parler accompagnée d' une femme blonde aux allures de fermière ou de cow-boy, un chapeau sur la tête.
– J' espère que le trajet se passe bien pour l' instant ? Oui, nous ne sommes pas encore arrivé, nous avons fait un détour pour déposer les bandits. C' est chez eux, ou plutôt c' est chez elle, rectifia-t-elle en désignant la fille au chapeau. Ils font parti de sa bande, d' ailleurs trois d' entre eux se sont fait arrêter, c' est un peu à cause de toi. Je te présente cow-girl. Avant que l' on reparte, elle nous fait l' amitié de nous offrir une petite collation et du miel. Le repas est pour nous, et le miel est pour toi.
Cow-girl présenta ce qu' elle tenait dans les mains, un pot de miel liquide et un pinceau assez large. Elle partit appliquer consciencieusement le miel sous les pieds de vertu-man.
– Qu' est-ce que vous allez faire encore ? protestait-il faiblement avec le peu d' énergie qu' il lui restait, bien qu' il se doutait de la réponse.
Un bêlement retenti, il tourna la tête et vit une jeune fille s' approcher qui tenait une chèvre en laisse.
– Vous n' allez pas faire ça quand même ? Pourquoi ? Non, pourquoi ? Pitié ! supplia-t-il minablement tandis que cow-girl lui badigeonnait les dessous de pied de miel.
– Ne t' inquiète pas, concernant toutes ces rumeurs comme quoi la langue de chèvre est en réalité très rappeuse, ce sont des sornettes. Cette torture fut utilisée parce qu' elle chatouille horriblement, voilà tout, mais je te laisse juger.
Tout le monde s' assit autour de la table avec vue sur les champs pour prendre l' apéro et papoter paisiblement, le soleil resplendissait, c' était vraiment une belle journée. Juste à coté, le super-héros à la blanche cape se faisait lécher les pieds par une chèvre en hurlant de rire. Le repas se passa très agréablement, on raconta des anecdotes qui amusèrent beaucoup. Vertu-man entendait parfois les convives dans le flot de leurs conversations éclater de rire d' un coup, tellement fort que ça couvrait presque son rire à lui. Il n' eut qu' une seule pause, afin de remettre du miel et de remplacer la chèvre par une autre. Au moment de servir le café, on emporta enfin la biquette loin de lui. Il pensait qu' il en avait finit mais cow-girl vint s' asseoir sur un tabouret devant ses pieds avec une bassine d 'eau savonneuse et une brosse à dent. Je ne peux pas te laisser partir comme ça, lui dit-elle, sans même te laver ta plante de pied.
– Ho non, pas encore, pitié, j' ai assez enduré, mais qu' est-ce que vous voulez ? Je ferais tout ce que vous voulez mais pas encore. Je vous en supplie !
– Je ne sais pas ce que tout le monde trouve à la brosse à dent électrique ? Chez nous, à la campagne, on est resté à l' ancienne. La vieille école. C' est plus économique, plus écologique, pas besoin de pile, et surtout, surtout, quand on sait la manier ( comme c' est mon cas, précisa-t-elle d' un clin d' œil ) c' est largement aussi efficace.
Elle trempa la brosse à dent et commença à lui faire reluire délicatement la plante des pieds.
La sensation fut terrible, c' est pas possible se dit-il, pas encore ! Se faire ainsi torturer depuis si longtemps ! Il ne put s' empêcher de rire sous les doux poils de la brosse. À quelque pas, Libidineux-man, Cruelle-girl et les autres choisissaient entre un sucre ou pas de sucre. Une fois que Cow-girl eut terminer de lui savonner copieusement les pieds, puis de lui rincer à l' eau claire tout aussi copieusement, et que tout le monde eut fini son digestif ( une liqueur de poire faite maison ) il était temps de se dire au revoir, il restait encore une petite heure de route avant d' arriver à destination.
Vertu-man fut le premier à s' installer dans la camionnette, ou plutôt à y être installé. On le momifia complètement dans une espèce de film plastique, des chevilles jusqu' au cou, les bras le long du corps, on lui mit un bâillon-boule dans la bouche, des bouchons dans les oreilles et on lui banda les yeux. On le fixa solidement au sol de la camionnette sur le ventre avec des sangles tout le long du corps. Au moins dix sangles le maintenait ! Sa tête fut relevé de manière à ce qu' il regarde devant lui et solidement maintenu. Il ne pouvait bouger aucune partie de son corps ne serait-ce que d' un millimètre. Il sentit qu' on lui installait quelque chose aux pieds. Imaginez sa réaction lorsqu' il reconnut ce que c' était, lorsqu' il prit conscience qu' il ne pourra pas y échapper, que rien ne pourra empêcher ses ravisseurs de lui faire subir ce supplice. On lui retira le bandeau des yeux. Il ne saisit pas tout de suite où il se trouvait. Ce n' est qu' au moment où Cruelle-girl ouvrit la portière coté passager qu' il comprit son humiliante situation, sa tête avait été passé à travers la cloison de la camionnette comme tout à l' heure, mais cette fois le trou était au niveau du sol et donnait directement sous le siège passager. Elle s' installa, ramena ses jambes en arrière sous le siège et sortit les pieds de ses escarpins pour lui présenter ses plantes. Il passa la première partie du trajet ainsi, durant des kilomètres, immobilisé et bâillonné, simplement à contempler la plante de pied de son ennemie. Le pire, c' est que les guilliteurs ne se mettaient pas en marche ! Il attendait, et rien ne venait, cette attente était insupportable ! C' était d' une cruauté sans limite. Au bout d' un moment à ne pouvoir que regarder les doigts de pieds de Cruelle-girl gigoter juste devant lui, il sentit tout d' un coup une sensation sous sa propre plante des pieds : les guilliteurs étaient activés. Ils le resteront jusqu' à la fin du trajet.
Un peu avant d' atteindre leur destination, Libidineux-man fit remarquer à cruelle-girl qu' elle était perdue dans ses pensée.
– Tu a l' air inquiète ? Tu sais, la patronne sera contente, on lui ramène ce qu' elle veut.
– Ce n' est pas ma patronne, je n' ai aucun chef, compris ?
– C' est quand même la reine noire !
– C' est pourquoi je n' ai d' autre choix que de collaborer avec elle. Dès que tout ça est terminé je fous le camps.
– Oui, oui, ne t ' énerve pas. Tu avais l' air songeuse, c' est pour ça. Détend-toi, tu veux peut-être que nous ré-échangions nos places alors ?
– Non, surtout pas, reste jusqu' à ce que l' on arrive. Je crois que le moment où tes plantes de pied ont remplacé les miennes fut le point culminant de sa soumission. Ce moment où, quelque secondes après que je sois parti, il a vu arriver dans son champs de vision ta plante de pied fut sans doute l' instant le plus humiliant de sa carrière de super-héros.
– Alors quoi ?
– Je pense à la fille de la banque. Je me demande qui elle est...
6
L' anonymat dans l' espace public d' internet était le titre provisoire de la thèse en droit privé que Sonia se préparait à soutenir. Pour l' instant, depuis quelques heures, seule au fond de la bibliothèque devant une table à quatre places couverte de feuilles de notes et de livres, elle avait du mal à se concentrer sur les questions d' éthique dont elle ne pouvait éluder l' aspect subjectif pour fonder un raisonnement basé à la fois sur la protection de l' individu et sur ce qu' il est convenu d' appeler la liberté d' expression. Un peu plus tôt, elle s' était réveillée avec une belle bosse sous l' ombre d' un arbre du jardin public, à deux pas de la banque. Elle était retournée à la banque pour s' agglutiner avec la foule de badauds se pressant contre le cordon de police, mais il n' y avait plus grand chose à voir. Immédiatement, elle avait appelé tante April pour l' informer que la banque avait été cambriolée et que par conséquent le rendez-vous était reporté. Elle ne jugea pas utile d' entrer dans les détails, tante April s' inquiétait déjà de ne pas encore avoir eu de nouvelle, il était presque midi, Sonia avait dormi un petit moment. Elle déjeuna avant de foncer à la bibliothèque pour travailler. Elle était penchée sur une délibération de la CNIL, la Confrérie Nébuleuse de l' Informatique et des Libertés, portant sur la diffusion sur internet des arrêts de justice comprenant des données personnelles. Elle tenait sa tête entre ses mains, les doigts sur son front. Très concentrée, elle ne pouvait sentir que quelqu' un l' avait repérer et venait derrière elle. Tout à coup, alors que son attention était tout entière absorbée par sa lecture, Sonia n' entendit pas la personne derrière approcher une main de chaque coté et lui faire non pas simplement un petit toc dans les côtes pour faire sursauter comme cela arrive parfois, non, la personne plaça ses mains et chatouilla littéralement Sonia qui, de surprise, ne put s' empêcher de bondir, de crier, puis riait en se débattant comme elle pouvait de gauche à droite, ne comprenant pas ce qu' il se passait. Qui donc pouvait bien être le sombre idiot qui lui faisait cette blague. En réalité c' était une sombre idiote, qui ne s' interrompit que lorsque la bibliothécaire principale, Mme Yasmine Azerniumachikovich, devant ce brouhaha soudain, déclama un sévère s' il vous plaît là-bas ! Sonia, avec encore le cœur battant la chamade de la surprise que lui avait faite la farceuse, se retourna vers l' inconnue qui semblait super fière de sa blague.
– Je t' ai fait peur ? rigola-t-elle.
– On se connaît ? répondit Sonia, en se remettant de son émotion.
La fille alla s' asseoir devant Sonia, non pas sur la chaise d' en face mais sur celle décalée à gauche. Puis elle regarda Sonia dans les yeux.
– Tu ne me reconnais pas ?
L' effet ne se fit pas attendre, elle n' avait ni masque sur les yeux, ni costume, mais c' était la fille de tout à l' heure, elle était habillé de manière très sexy.
– Toi !
– Vice-girl, pour te servir, mais tu peux m' appeler Clarisse. Et toi ?
– Tu ne manques pas de culot, tu t' es bien fichu de moi tout à l' heure.
– Pardonne-moi, les héroïnes agissent parfois de manière étrange. Mais tu t' en es très bien tiré tu sais ?
– Pas grâce à toi. Pour quelqu' un qui est censé protéger les autres...
– Mais c'est ce que j' ai fait.
– Parce que tu avais deux bras, un pour moi et l' autre pour les sacs d' or.
– J' aurais pu prendre le double de sacs d' or.
– Et ton...comment dit-on ? Ton collègue, c' est ça ? Celui qui était attaché. Comment va-t-il ?
– Ne t' inquiète pas pour lui, je suis sûr qu' il va super bien. Tiens regarde, je t' ai acheté un cadeau !
Elle sortit de sa poche un petit écrin rouge qu' elle ouvrit et posa sur la table devant Sonia, un anneau d' or se trouvait à l' intérieur. D' abord perplexe, l' étudiante éclata de rire.
– Tu veux me demander en mariage ?
– Mais non pauvre cruche ! soupira Clarisse-vice-girl avant de déclarer fièrement que c' était une bague d' orteil.
– Ne te vexe pas, j' en avais jamais vu, je me disais bien que c' était un peu petit.
– Je suis certaine qu' elle t' ira à ravir.
Elle sourirent toutes les deux en se regardant.
– Mais je n' en veux pas, se reprit Sonia d' un coup en replongeant dans sa lecture.
– Pourquoi ça ?
– Parce qu' il a été acheté avec de l' argent sale, voilà pourquoi.
– Bon, tant pis pour toi, haussa des épaules la donatrice éconduite en rangeant son présent.
Vice-girl regardait Sonia qui s' était replongé la tête dans ses mains pour lire. L' étudiante sentait bien que cette fille la reluquait, elle s' attendait à ce qu' elle reprenne la parole pour la déranger, peut être lui demanderait-elle ce qu' elle étudie. Elle eut l' impression que Vice-girl faisait quelque chose sous la table avec ses jambes et puis elle entendit un petit bruit. Sonia comprit. Ce bruit, c' est celui d' une chaussure qui touche le sol. Elle leva légèrement la tête pour constater à nouveau cet attitude caractéristique d' une fille en train de se déchausser un pied à l' aide de son autre pied.
– Qu' est ce que tu fais ?
– J' enlève mes baskets.
Deuxième bruit sous la table.
Sur la chaise à sa gauche, Sonia vit se poser les pieds en chaussettes de vice-girl qui avait allongé et croisé les jambes. Son pied droit sur le gauche, si bien que le dessous était tourné vers Sonia. On devinait qu' elle bougeait ses orteils dans sa chaussette.
– Je suis plus décontractée comme ça. J' espère que ça ne te dérange pas ?
Sonia tenta de bégayer le balbutiement d' un mot mâché pour feindre de débuter maladroitement une pseudo-phrase promise à l' incohérence, lorsque, sans attendre la réponse, la sans-gêne ramassa un petit paquet de feuille sur la table pour le regarder.
– C' est quoi ?
– Rends-moi ça, ce sont des notes, j' y tiens, j' en ai besoin et je ne voudrais pas tout recommencer !
– Tu écris comme une cochonne !
– C' est toi la cochonne ! Allez rends !
– Oh t' énerve pas, je ne vais pas y mettre le feu. Tu les veux ? D' accord ! Je les pose là, sur la chaise à coté de moi. Pose tes pieds dessus à la place et je te les rends.
Elle regardait Sonia, les bras croisés, en attendant sa réaction.
– Toute façon tu peux les garder ces papiers je m' en fous. Si tu crois que je vais te faire l' honneur de mes pieds, tu te goures...
– Oh ! Madame fait sa précieuse ! Mais je sais très bien ce que tu es, tu sais. Je l' ai senti tout de suite, j' ai un don pour ça. Toi et moi, on est pareil.
– Je ne vois pas ce que tu veux dire, feignit Sonia. Et puis toi et moi, on est comme l' eau et l' huile.
– Voyons, je t' ai bien vu tout à l' heure quand nous étions ensemble dans le tuyau. Arrête de faire ta mijaurée et assume-toi un peu, balança la provocatrice qui du reste n' avait rien compris au truc de l' eau et de l' huile.
– Non mais pour qui est-ce que tu te prends pour me donner des leçons ?
Le ton imposant des deux filles ne montrait pas d' animosité, l' échange restait enjoué, mais l' échauffement des paroles se complétait nécessairement par un accroissement du volume de leur voix sans qu' elles n' en prennent conscience. Par contre Mme Azerniumachikovich, la bibliothécaire principale, en eut une conscience accrue, et on l' entendit une fois de plus demander sèchement le silence. Sonia se mit à chuchoter.
– Tu as beau être une super-heroïne tu n' es pas au dessus des lois, alors arrête un peu, par ta faute on se fait engueuler, et j' ai pas envie d' avoir des problème avec elle. C' est pas une femme très commode.
– Allez, montre-moi tes jolis pieds, je ne leur ferais rien, promis ! minauda Vice-girl pour toute réponse.
– C' est moi qui vais faire quelque chose aux tiens, si tu continues comme ça, fit malicieusement Sonia.
– Oh ! Voyez-vous ça ! Je crois que tu bluffes, tu ne sembles pas être de ce tempérament-là, ma p'tite.
– Et donc tu t' es dit que tu allais faire de la p'tite que tu as croisé à la banque la prochaine victime de tes jeux pervers ? Je suis ton casse-croûte, c' est ça ?
– Pas du tout, je suis venu voir si tu allais bien. Et d' abord c' est vicieux, pas pervers.
– Je ne vois pas la différence.
– Tant pis pour toi, mais OK, tu veux jouer à la grande ? Vas-y, enlève ma chaussette !
– Je fais ce que je veux.
– T' oses pas. T' as que de la gueule.
– Lâche-moi un peu, t' es vraiment une enquiquineuse toi.
– Que de la gueule.
Mais c' est pas vrai celle-là ! Et avec le geste sec et brutal de la gentille colère qui montait en elle, Sonia tira d' un seul coup la chaussette et la balança direct dans la tronche de clarisse. HEY ! fit la super-héroïne qui, après une demi-seconde de stupeur re-balança machinalement sa chaussette dans le visage de Sonia. Garde ça ! répondit celle-ci qui re-re-balança la chaussette au nez de sa propriétaire. Vice-girl arma de nouveau, prête à en découdre, tandis Sonia se protégeait avec ses bras tendus. Elle commencèrent à rire. Par contre Mme Azerniumachikovich ne rigolait pas du tout, elle leur cria que maintenant ça suffisait ! Elle se leva et se dirigea vers les deux fautrices de troubles. En entendant le bruit de ses pas, Sonia piqua du nez vers son livre et Clarisse fit un air de comme si rien n' était. Les pas se rapprochaient, assez sourdement. Quand la bibliothécaire arriva, Sonia remarqua qu' elle portait des mules roses, ou plutôt c' était des sabots, elle ne savait pas trop comment les appeler, mais le résultat est le même. Elle les sermonna rudement, devant la fermeté de son caractère strict et organisé, les filles faisaient profil bas et promettait de respecter le silence.
– Je vous préviens que si je vous entends encore une fois mettre le bazar dans ma bibliothèque, je vous vire toutes les deux, menaça-t-elle avec son index tendu. C' est bien compris ?
Les filles promirent. Au moment de repartir, Mme Azerniumachikovich remarqua soudain les pieds sur la chaise. Un avec chaussette et l' autre non. Elle demanda où était la chaussette manquante. Clarisse sorti sa main de sous la table et montra la chaussette sans un mot, en souriant niaisement. Yasmine Azerniumachikovich hésita à exiger à ce qu' on retire les pieds de la chaise, mais finalement elle parti en levant les yeux au ciel devant tant de bêtise. À peine eut-elle tourné les talons que Clarisse agita sa chaussette en imitant le célèbre geste d' adieu qu' on fait avec un mouchoir. Sonia eut du mal à se retenir d' éclater de rire. Soudain une sonnerie de téléphone retentit, heureusement que la sévère bibliothécaire principale était parti, Vice-girl décrocha. Sonia replongea dans sa lecture tandis qu' au téléphone, redevenu un peu sérieuse, la super-héroïne faisait des oui, des oui je vois, des OK très bien, puis raccrocha.
– Un soucis ?
– Non, je dois aller voir le commissaire.
– C' est au sujet du hold-up ?
– Oui, mais je ne t' en dis pas plus, je ne voudrais pas te mettre en danger.
– Pfff... crâneuse !
– Je vais te donner mon numéro de téléphone, si tu veux. Au fait tu ne m' as toujours pas dit ton prénom ! demanda-t-elle en remettant ses baskets.
– Je m' appelle Sonia.
Yasmine Azerniumachikovich était retournée s' asseoir derrière son bureau. Elle se dit qu' elle aussi, allongerait bien ses jambes pour se décontracter. Bien sûr, ce n' était là qu' une vague sensation, son professionnalisme à toute épreuve ne permettrait jamais ça. Elle se permit malgré tout de sortir légèrement les pieds de ses mules, et encore : juste le talon. Le tout caché sous le bureau à l' abris des regards. Quelle audace, cette fille tout à l' heure quand même ! se dit-elle. Yasmine ne supportait pas le désordre dans sa bibliothèque. Prenant son rôle très au sérieux, elle considérait que c' était SA bibliothèque, qu' elle en avait la responsabilité, en gros c' est elle qui en ce lieu faisait régner l' ordre.
Plus tard dans la soirée, à 21h, au moment de fermer la porte d' entrée, une femme manifestement sans gêne prétendra vouloir entrer dans la bibliothèque. Évidemment Yasmine lui dira autoritairement que c' est fermé, qu' il faudra qu' elle revienne plus tard. Puis elle sentira qu' on la ceinture par derrière et qu' on lui applique un chiffon sous le nez. Malgré sa force, elle ne pourra résister à la puissante étreinte. Elle s' endormira non sans s' être débattue, en perdant une mule au passage.
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polk - il y a 7 ans
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La salle de bain était plongée dans une demi-pénombre dont l' unique source de lumière provenait d' une douzaine de bougies. Cruelle-girl se détendait dans un bain moussant dont l' abondante mousse dépassait le niveau de la baignoire. La tête en arrière, les yeux fermés, la maléfique femme ronronnait de plaisir au contact de l' eau brûlante sur sa peau. Ses pieds dépassaient de la baignoire : c' est ça d' être grande ! Plus tôt dans la journée, la camionnette avait passer la grille d' entrée du mur d' enceinte de l' immense villa qui lui servait en ce moment de base secrète. Elle avait été accueilli par la maîtresse des lieux en personne, Mme Elvire Von Luxus, dite Satyria Luxuria, dite la reine noire, venu s' enquérir du butin rapporté de la banque. Cette femme l' énervait, bien sûr elle avait eut l' idée de ce plan, elle pourvoyait à tous les besoins logistiques, elle était riche et surtout extrêmement puissante, mais était-ce une raison pour se prendre pour la patronne ? En fait, oui c' était une raison. Et c' est pour ça qu' elle était si énervante, Cruelle-girl se verrait bien à sa place. Aucun super-vilain n' osait la défier, tous et toutes lui devaient allégeance sous peine d' être vaincus sans pitié. Elle ne perd rien pour attendre, se disait cruelle-girl en se mettant un peu de mousse sur le bout du pied. Après avoir prit possession de ce qu' ils avaient rapporté de la banque, cette pseudo-chef avait invité Libidineux-man à la suivre pour l' entretenir de quelque chose. Quand on lui demanda ce qu' on faisait de Vertu-man, présenté à elle bâillonné, pieds et poings liés, elle s' était approchée pour le regarder un peu et avait fini par conclure tranquillement d' un air sadique et d' une voix sévère : emmenez-le à la salle de torture. Puis elle avait tourné les talons devant un Vertu-man désespéré et affolé. Elle n' avait même pas réagi lorsqu' on lui avait parlé de la fille qui s' était interposé vaillamment. On verra ça plus tard, avait-elle simplement rétorqué. Alors Cruelle-girl avait rejoint ses appartements pour se prélasser en matant netflix mais un épisode de sa série préférée du moment ne suffisait pas et elle était descendue au sous-sol pour aller se détendre dans la salle des tortures. Pour atteindre la salle, il fallait passer devant les cachots. Sur la bonne douzaine de cellules présentent de par et d' autre du large couloir, seulement trois étaient occupées. C' était facile de s' en rendre compte, les pieds nus des prisonniers et prisonnières dépassaient car leurs chevilles étant attachées aux barreaux, légèrement sur-élevés par rapport au lit sur lesquels les détenus étaient attachés. Une captive l' interpella en suppliant lorsque qu' elle passa devant sa prison. « Cruelle-girl ! Cruelle-girl c' est bien toi ? Écoute-moi, s' il te plaît ! ». Elle se retourna pour aller voir. La paire de pieds qui se présentait devant elle était magnifique, elle regarda par dessus les semelles pour voir à qui elle appartenait et reconnu Maitresse Démonia, une puissante sorcière dont les immenses pouvoirs maléfiques sont redoutés par tout le monde. Depuis plus de cinq cents ans ( bien qu' elle en paraisse quarante ) ses innombrables méfaits lui avaient procuré estime et réputation. Une véritable légende, crainte et respectée de tous. Une légende qui pour le moment était pieds nus en train de supplier.
– Je t' en pris Cruelle-girl, emmène-moi avec toi, je serais ton esclave, je te servirais bien, je ferais tout ce que tu veux, mais pitié ne me laisse pas ici, pas avec elle ! Depuis qu' elle m' a capturée elle me torture tous les jours !
Devant l' impassibilité de son interlocutrice, Maîtresse Démonia supplia de plus belle. Regarde ! confia-t-elle en gigotant les orteils, mes pieds sont à toi, tu pourras faire tout ce que tu veux, mais je t' en pris tire moi de là.
Blessée dans son orgueil, Cruelle-girl passa son chemin. Folle de rage au fond d' elle qu' on puisse penser que ses supplices puissent être les moins terribles. Préférer se faire torturer par moi que par elle ! s' offusqua-t-elle intérieurement. Elle arriva dans la salle des tortures. Beaucoup de monde présent, pas mal de bruit, c' était plein de rire et de supplications. Des employées en tenue de cuir sexy, avec une cagoule en vinyle noir sur la tête troué aux yeux, nez et bouche, s' acharnaient parfois en solo parfois à deux parfois plus, sur les suppliciés hommes et femmes. Dans un coin, une prisonnière dans un pilori était en train de se faire lécher les pieds par une chèvre, elle était seule, abandonnée à son sort. La scène avait tout de réjouissant, pourtant elle ne suffisait pas à lui faire retrouver la bonne humeur, lorsqu' elle reconnut soudain juste derrière elle un rire qu' elle connaissait bien, probablement le seul rire de la salle qui ne venait pas de quelqu' un qu' on chatouille : celui de Satanic-woman ! Un homme se trouvait attaché sur le dos à une table de torture, les bras au dessus de la tête et Satanic-woman était agenouillée cul-nu sur son visage tandis qu' elle lui chatouillait le ventre. Elle avait seulement gardé le haut de son costume et ses escarpins. L' homme, bien que solidement attaché, gigotait suffisamment pour qu' on devine que les chatouilles procurées par les doigts de sa tortionnaire parcourant son torse et son ventre lui étaient insupportable. On entendait pas vraiment son rire ou ses supplications, ni quoi que ce soit, le son était étouffé par le bruit ambiant et par, il faut bien le dire, les fesses et les cuisses de Satanic-woman, qui gloussait de plaisir et faisait parfois retentir son célèbre rire sadique.
– On dirait que tu t' amuses bien ?
– Tiens ! Mais c' est cette chère Cruella ! Comment vas-tu ma grande ? Je suis contente de te voir ! Contente, contente, contente, se mit-elle à répéter en agitant vite les doigts sur le ventre de son prisonnier. Hi hi ! Oui, je m' amuse, j' adore les sentir rire entre mes cuisse. Oh mais j' y pense, tu veux peut-être lui dire bonjour ?
Elle s' arrêta et souleva légèrement le bassin pour que Cruelle-girl puisse contempler le visage ruiné de Vertu-man qui reprenait son souffle et passa sa langue sur ses lèvres. À peine eut-elle le temps d' admirer son expression à la fois suppliante et en même temps ébahie, presque incrédule par rapport à ce qui lui arrivait en ce moment, et à peine vertu-man eut le temps de voir Cruelle-girl le regardant de haut, que le fessier de sa tortionnaire retomba sur lui. Elle ne reprit pas les chatouilles et posa ses mains sur les genoux en dandinant un peu le postérieur pour s' installer confortablement.
– Alors qu' est-ce qui t' amène ici ? Oh je sais, ça te dirait de lui chatouiller les pieds ?
– C' est tentant mais non merci.
– Oh allez ! Allez, allez, ça va être génial ! On va s' amusa comme des petites folles! ricana-t-elle
– J' étais descendue me divertir un peu mais maintenant je n' ai plus envie.
– Plus envie ? Comment ça ! Mais t' es folle ! Mais comment on peut ne plus avoir envie de faire ça ! s' exclama-t-elle faussement en se mettant à chatouiller de plus belle les cotes tout en éclatant de rire. Pas grave, moi j' ai envie pour deux, et son rire ainsi que les chatouilles redoublèrent.
Cette fille est dingue, pensa Cruelle-girl en s' éloignant. De l' autre coté de la salle une porte s' ouvrit et une femme fit son apparition, Cruelle-girl l' avait déjà vu, il s' agissait d' Ilda, bras droit de la reine, son garde du corps personnel, chef des tortionnaires, probablement la personne la plus redoutée de cette salle, une grande musclée aux cheveux courts et blonds, avec le style militaire, qui se faisait même appeler Générale sans que personne ne sache vraiment si elle en avait le grade, qui ne souriait jamais et qui parlait peu. D' ailleurs elle ne l' avait jamais vraiment entendu s' exprimer, à part pour acquiescer à un ordre de sa patronne, avec un mauvais français mêlée d' un accent russe, ou tchèques, ou serbe, peut-être allemand, difficile à dire, en tout cas elle ne venait pas du canada. C' est drôle de voir comme son accent s' accordait bien avec sa carrure et son tempérament. Imaginer la taciturne et strict Ilda jaser tout d' un coup avec un accent du Québec amusa beaucoup Cruelle-girl. Elle alla à sa rencontre et la salua, mais Ilda se contenta de lui jeter un regard noir. Cruelle-girl ne s' en formalisa pas car les regard d' Ilda était toujours noir.
– Elle parler ? demanda Ilda à une employée-tortionnaire dont les cheveux roux dépassaient de la cagoule sur sa nuque et qui était en train de s' occuper maladroitement d' une femme ligotée.
– Non générale, pas encore, répondit un peu apeurée sa subalterne en arrêtant de chatouiller la femme.
– Bien, dit Ilda à sa soldate, vous être nouvelle, da ?
– Oui générale.
– Pas compétente pour ze travail. Désormais, affectée à mon servize perzonnelle.
– Oui, très bien générale, trembla la recrue.
– Rendez-vous ce zoir, 20 heures, ici. Compris ?
– À vos ordres générale !
– Laizer moi seule. Je vais occuper de faire parler prisonnière. Va nettoyer cachots.
L' employée-tortionnaire rouquine décampa en se lamentant, elle avait entendu dire que la Générale en chef recrutait parfois des nouvelles pour faire on ne sait quoi avec dans ses appartements privés et il a fallu que ça tombe sur elle !
– C' est mignon ce petit accent, ça vient d' où ? s' immisça Cruelle-girl, un peu taquine.
Ilda la regarda dans les yeux avec insistance avant de répondre.
– J' ai beaucoup travaille.
Puis elle commença à préparer ses ustensiles.
– Oui, on est tous un un peu débordé en ce moment.
– ...
– Remarque, mieux vaut ça que d' être au chômage.
– …
– Et puis c est pas comme si on faisait un métier pénible. Je ne dis pas que c' est facile tout les jours, mais faut bien reconnaître qu' il y a certain avantages.
– …
– Vous êtes dans la profession depuis longtemps ?
– J' ai beaucoup travaille.
Et bien, vraiment pas bavarde celle-là, rien à en tirer, pensa Cruelle-girl en se résolvant à partir flâner un peu. Elle s' émerveilla des superbes inventions de la salle, puis repassa devant Satanic-woman qui avait trouvé une employée-tortionnaire pour s' occuper de caresser délicatement la plante des pieds de Vertu-man avec une plume de manière très légère, sans trop le faire rire mais suffisamment pour lui procurer de terribles sensations de guili, tandis qu' elle-même, toujours à califourchon sur sa bouche, se contentait de savourer le moment qui visiblement lui procurait beaucoup de plaisir. Cruelle-girl hésitait à interrompre un instant si charmant.
– Je te laisse, je crois que vais aller me détendre dans mes appartements, osa-t-elle tout de même.
Toute absorbée dans ses rêveries, le souffle court, il fallut un certain temps à Satanic-woman pour répondre.
– Je t' aurais bien accompagné, mais je suis en pleine discussion avec Vertu-man.
– Il a bien voulu bavarder avec toi ?
– Au départ non, j' ai du l' encourager un peu mais maintenant il n' a pas la langue dans sa poche. Puis elle rigola et se replongea dans son extase.
Cruelle-girl sorti de la salle de torture, non sans avoir pris soin de piquer deux guilliteurs pour les mettre sur les beaux pieds de Maitresse Démonia au passage, et c' est à ce moment là qu' elle eut l' idée d' aller prendre un bon bain. Ça faisait maintenant un quart d' heure qu' elle s' y trouvait lorsqu' on frappa à la porte de sa chambre. Elle n' avait pas envie de sortir et demanda qui venait la déranger en hurlant. Une employée lui apprit timidement que sa patronne la faisait quérir et que c' était de la plus haute importance. Décidément, cette truie a le don de me mettre de mauvaise humeur, pesta pour elle-même la belle en sortant de son bain, dégoulinante d' eau. Elle se sécha, se coiffa, enfila son costume, et se mit en route vers la partie de la villa réservée à son hôte. Une employée de maison la fit pénétrer dans une pièce secrète aux excellentes proportions, remplie de diverses technologies, une sorte de quartier général avec des ordinateurs, des écrans de contrôle, un laboratoire, quelques carcans aussi et au milieu une sorte de trône avec un grand dossier en éventail floqué du logo de la Von Luxus Industrie. C' est là, sur ce trône où elle aimait passer du temps que l' attendait la reine noire. Dans un coin de la pièce était tendu un grand rideau qui cachait quelque chose. Des supplications émanaient de derrière le rideau, il ne faisait aucun doute que quelqu' un s' y faisait torturer. Au milieu de son rire, quelques mots prononcés pour demander la pitié permirent de reconnaître la voix de Libidineux-man. Qu' est-ce qu' il se passe ici ? s' interrogea Cruelle-girl avec suspicion.
– Vous m' avez demandée, Luxuria ?
– En effet.
Sa voix avait glacé la pièce, une voix calme, posée, pas très forte mais puissante et distincte, une voix à laquelle on n' oserait désobéir. La reine noire se leva, descendit les deux marches de son siège lentement en faisant claquer le talon de ses bottes et avança, terriblement impressionnante, entièrement vêtue de noir de la tête aux pieds. Elle avait de longs cheveux extrêmement lisse et d' un noir profond, son léger maquillage sur ses lèvres, ses yeux et ses ongles était noir également.
– C' est important, parait-il.
– Suivez-moi. Allons dans ma salle de torture privée. J' ai quelque chose à vous montrer.
Je ferais mieux de rester sur mes gardes, pensa Cruelle-girl en la suivant, je ne voudrais pas me retrouver dans le cachot voisin de Maitresse Démonia. À l' intérieur de la salle, se côtoyaient toutes sortes de tables, chevalets, et carcans pouvant maintenir quelqu' un dans n' importe quelle position. Une femme d' allure chic se trouvait dans l' un deux. Ses bras était maintenus en l' air, on avait proprement découpé un rond de chaque coté de son chemisier blanc au niveau des aisselles, dévoilant ainsi ses dessous de bras à l' air libre. Deux autres ronds d' environ dix centimètres de diamètre avaient été découpé sur son chemisier au niveau de sa poitrine, laissant à la vue de tous deux autres parties de son corps, un peu plus intime. Pour terminer de passer en revue les partie du corps d' ordinaire caché qui se trouvaient dévoilés, notons ses pieds, prisonniers d' un carcan et dont les doigts de pieds étaient retenus un à un à la planche par une cordelette. Une petite sangle passait au niveau du talon, si bien qu' absolument aucun mouvement n' était permis à sa plante de pied. La femme avait certainement beaucoup rit, car le maquillage de ses yeux avait coulé, se mélangeant à la sueur de son visage, certain de ses cheveux tout décoiffés collaient un peu à son front et ses joues. Elle ne disait rien mais regardait avec inquiétude les super-vilaines qui venaient de se planter devant elle.
– Vous la connaissez ? demanda la reine noire à Cruelle-girl de sa voix de cobra.
– Je devrais ?
– C' est Miss Appletime. La célèbre journaliste.
– Je vois : Agatha Appletime, une fouineuse qui écrit des torchons.
– Elle est venu me poser des questions aujourd’hui. Des questions embarrassantes. Elle semblait bien informée. Alors je lui ai posé quelques questions à mon tour. Dites-moi chère Agatha, voudriez-vous redire devant mon amie ici présente le nom de votre indicateur ?
La journaliste baissa les yeux et serra les dents, honteuse de devoir dénoncer à nouveau l' identité de son indic secret. La reine noire, sans pitié, passa doucement son index de bas en haut de la plante des pieds de la malheureuse journaliste.
– Allons, j' écoute, Agatha.
– Oui, oui, c' est Libidineux-man, avoua-t-elle.
– Libidineux-man, un traite ? s' étonna cruelle-girl.
– Davantage un imbécile qu' un traître. Mais le résultat est le même.
– Et que lui a-t-il dit ?
– Beaucoup trop. Venez.
Elle quittèrent la salle sans mot dire, la reine noire alla se rasseoir sur son trône, croisa les jambes, posa son coude droit sur l' accoudoir et se tint le menton avec sa main comme pour réfléchir tout en scrutant Cruelle-girl. Elle s' immobilisa et il y eut comme un moment de silence où l' on entendait seulement hurler Libidineux-man de derrière le rideau. Au milieu de son rire ininterrompu il suppliait qu' on ait pitié de lui et que l' on cesse la torture. Toujours immobile, la reine finit par reprendre la parole d' un ton qui contenait un léger agacement.
– En outre, nous avons un autre problème, dit-elle sèchement avant de marquer une pause et de reprendre. Le document que vous avez ramené de la banque est un faux.
– Un faux ?
– Disons plutôt que c' est une copie. Mais le résultat est le même.
– La maire nous a berné ? Voulez-vous que je la fasse parler ?
– Non, je crois qu' elle l' ignorait bel et bien. Heureusement nous savons où se trouve l' original.
– Où ça ?
– À la bibliothèque de la ville, dans la réserve interdite au public. Nous allons le voler. Il nous le faut absolument. Vous irez le chercher. Ce soir.
– Ce soir ?
– Nous ne pouvons plus attendre. Le temps presse. Et cette journaliste a pu parler. Si elle est au courant, d' autre le sont peut-être aussi. Il me faut le document.
– Pourquoi n' y allez-vous pas vous-même ?
Cette remarque sembla déplaire à la reine noire qui se leva, étonnée de l' audace. Elle se déplaça doucement et approcha son visage du visage de l' insolente, les deux femmes se touchaient presque, les yeux dans les yeux.
– Parce que j' ai autre chose à faire, ma chère Cruelle-girl. Je suis une femme d' affaire, ne l' oubliez pas. Je suis à la tête d' un empire. Et je serais bientôt à la tête de toute une ville lorsque vous m' aurez rapporté ce fichu document. Mais peut-être est-ce trop difficile pour vous ?
Cruelle-girl, en soutenant le regard d' Elvire Von Luxus, s' imaginait lui fourrer ce "fichu document" entièrement dans la bouche puis la lui scotcher pour la faire taire et enfin lui apprendre l' humilité par quelque chatouilles bien placée.
– Vous aurez ce que vous désirez, finit-elle par dire, très calmement.
– Bien. Très bien. Vous prendrez Satanic-woman avec vous, ordonna la reine noir en retournant s' asseoir.
– Satanic-woman ? Houla ! Écoutez... Je préférerais ne pas l' avoir dans les pattes...c' est une fille formidable mais...elle est complètement timbrée...je ne sais pas si vous avez remarquez ?
– Oui, elle a un petit grain de folie, balaya la terrible reine avant d' appuyer sur un bouton situé sur son accoudoir.
Le rideau s' ouvrit. Lentement la scène qui se déroulait derrière apparut à Cruelle-girl. La table de torture sur laquelle Libidineux-man était attaché sur présentait comme une croix. Un X horizontale muni de nombreuse lanière qui empêchait tout mouvement. Le méchant était nu. Deux filles assises à ses pieds étaient occupées à lui parcourir la plante à la brosse à dent électrique, tellement absorbées dans leur tache qu' elles ne prêtèrent même pas la moindre attention au rideau qui venait de s' ouvrir. L' une d' elle se leva et se mit à lui labourer les flancs et les dessous de bras avec ses doigts. Celle restée assise se saisit de la brosse à dent libre et, une brosse dans chaque main, continua à lui supplicier les deux pieds ensemble. C' est à ce moment-là que Cruelle-girl les reconnues ! D' abord la fille qui s' était levée, puis l' autre. Elle se disait bien les avoir déjà vu quelque part. Pas plus tard que ce matin, à la banque. C' était les deux employées ! Libidineux-man était torturé par Claire et Angélique, les deux employées de banque qu' il avait supplicié ce matin. Il était maintenant à leur merci total. Décidément la reine faisait preuve d' une imagination certaine. Le rideau se refermait, Cruelle-girl regarda la reine lui lancer un regard plein de plaisir sadique.
– Elles manquent de technique, mais ont tellement de cœur à l' ouvrage. Vous irez ce soir à la bibliothèque de la ville. Surtout n' échouez pas, car je connais une directrice de banque qui par ma faute doit se passer temporairement de deux formidables employées. Je saurais trouver un moyen de la dédommager.
8
Sonia et tante April avait mangé en tête à tête de délicieuses lasagnes préparées maison. En autres qualités, April Milifio cuisinait redoutablement bien. À présent, elles s' étaient installées au salon pour savourer le dessert tout en regardant le journal télévisuel du soir. Tante April, assise sur le canapé, avait étendu ses jambes pour poser ses pieds nus sur la table basse, tandis que Sonia, assise en tailleur par terre sur un coussin juste à coté de la table basse, léchait avec beaucoup de plaisir, d' une langue avide et de bas en haut, une délicieuse glace Magnum. Au cours du repas, sa tante l' avait pressée de questions concernant la banque, car elle voyait bien que Sonia lui cachait des choses, mais elle n' insista pas trop. Mme Milifio était respectueuse de chacun, c' était aussi une femme honorable qui râlait devant les injustices qui émaillaient les informations. Cette ville est vraiment en proie à de plus en plus de délinquance et de criminalité, c' est parce que la débauche et l' immoralité sont partout tolérées et encouragées analysait-elle en se désolant. Sonia admirait sa tante qui, faisant preuve d' une droiture à toute épreuve, ne s' était jamais compromise devant elle. Même dans ses relations amoureuses, tante April conservait beaucoup de dignité, sans pour autant être une personne coincée. Elle était quand même parfois un peu chiante, comme là, lorsqu' elle demanda à Sonia d' arrêter de mâchouiller son bâtonnet de glace. Sonia grommela, et en se levant pour aller jeter le bâtonnet à la poubelle, ne put s' empêcher de faire passer celui-ci sous la plante de pied d' April. Hey ! Ça chatouille, se plaignit-elle. Puis Sonia fila dans sa chambre où une soirée de travaille l' attendait. Elle prit le temps de s' allonger sur son lit deux minutes et songea aux événements de la matinée en regardant le plafond. C' était quand même incroyable ce à quoi elle avait assisté à la banque. Allongée sur le dos, elle remua les doigts de pieds en s' imaginant un instant que des guilliteurs se trouvait en lieu et place de ses chaussettes blanches. Quelle sensation ça doit être, pensa-t-elle avec ardeur. Et puis il y avait cette fille, à la bibliothèque, elle était joli et plutôt amusante. L' esprit de Sonia partit dans des rêveries. Allons, mettons ça de coté, trancha-t-elle en revenant sur terre, j' ai tellement de travaille et....
...Et merde !
C' est à ce moment précis que LA pensée surgit dans sa conscience. Pourquoi maintenant ? Et Comment ? Peu importe, la pensée lui arriva dans la tête comme une bombe explose : Ses notes ! Elles les avait oubliées sur la chaise ! En rangeant ses affaires à la bibliothèque, elle n' avait pas reprit toutes les feuilles que Clarisse avait mises sur la chaise. Comment avait-elle pu les oublier ? Merde ! Mais quelle idée de les poser sur la chaise, c' est sa faute aussi ! Elle n' en avait pas eu besoin et elle était parti sans les voir, cachées par la table, mais il les lui fallait maintenant. Merde, en plus avec le jour férié la bibliothèque est fermée pour trois jours. Ah non ! Merde ! Merde ! Merde ! Je ne peux pas perdre trois jours sur la rédaction de ma thèse, c' est pas possible ! Sonia faisait les cent pas dans sa chambre, entre affolement et désespoir. Merde ! Merde ! Que faire ? Je suis dans la merde. Il faut que j' aille récupérer mes notes ! Et si quelqu' un les avait prises ? Une inquiétude immense s' empara d' elle. Il y a peut-être une femme de ménage ? Et si quelqu' un les avait jetées ? Ho mon dieu, il faut que je sache, il faut que j' y aille ! Impossible de rester dans cette incertitude trois jours. Progressivement, ce qui n' était qu' une vague idée de solution devint la seule chose a faire : elle allait appeler Clarisse ! Après tout c' était sa faute ! Et c' était une super-héroine. Elle avait intérêt de l' aider !
À peu près au même moment, Clarisse, dans sa chambre, retirait son costume de vice-girl afin d' enfiler des vêtements plus propices à sortir dîner. Elle avait décidé de se payer un bon resto ce soir. Elle appellerait peut-être Sonia, la fille de la bibliothèque, pour l' inviter. Ça lui changera les idées, son rendez-vous au commissariat s' était mal passé. En petite culotte et soutien-gorge, elle cherchait dans son armoire de quoi se vêtir. « Même pas capable d' arrêter un hold-up », avait dit Pureté-woman chez le commissaire. Quelle garce ! Elle ne s' attendait pas à la trouver là en pénétrant dans le bureau du commissaire, accompagnée du patron de l' indéchiffrable, le plus grand quotidien du pays, et du premier adjoint de la maire, ainsi que quelques autres personnalités importante de la ville. Pureté-woman, superbe métisse dans un costume blanc et noir avec un escarpin noir et l' autre blanc, était assise sur le bureau du commissaire, les jambes croisée, jouant avec son escarpin du bout du pied. Son air arrogant et sûr d' elle ne détonnait pas au milieu de tout ce gratin de personnalités qui bavardaient debout, comme en pleine réunion de crise. Et effectivement, l' heure était grave. Une nouvelle vidéo signée Satanic-woman venait d' arriver. Après la maire, c' est la journaliste vedette de l' indéchiffrable, la célèbre miss Appletime, qui avait été kidnappée. Le commissaire Pougnard envoya la vidéo que le directeur du journal avait apporté sur une clé USB. C' est insoutenable, avait prévenu le PDG, cette vidéo est totalement ignoble. Dès les premières secondes, on comprit de quoi il s' agissait. Satanic-woman reprochait au journal les articles peu élogieux à son égard. L' écran était coupé en deux verticalement, à gauche le visage de Miss Appletime, à droite ses pauvres plantes de pied qui, solidement fixé par une cordelle au niveau des orteils et par une fine sangle au niveau du talon pour empêcher tout mouvement, étaient entièrement recouvertes d' écriture. Satanic-woman, avec sa manière habituelle, expliqua qu' il s' agissait d' un article insultant que la journaliste avait écrit sur elle, alors elle avait recopier l' article... sur elle. Ha Ha. Puis, avec une petite brosse et de l' eau savonneuse, elle effaça tout sur les pieds de la journaliste qui demandait pitié en hurlant de rire. Toute l' assemblée, excepté la stoïque Pureté-woman, semblait alarmée devant le sort que subissait Agatha.
– Je vous l' avais dit, s' offusqua le patron de presse, c' est absolument ignoble comme traitement ! Commissaire, comment peut-on faire une telle chose ?
– Hein ? Heu... oui, oui c' est vraiment ignoble, balbutia Pougnard, je suis outré. Vraiment...c 'est à peine si on ose regarder.
– Et encore ! Vous n' avez rien vu, le pire est à venir !
– Ha oui ? s' emporta le commissaire avant de redescendre d' un ton, et bien...heu... on va regarder encore un peu, mais vraiment par professionnalisme. Je suis écœuré.
La suite montrait Satanic-woman déclarant avoir retrouvé encore un article de Miss Appletime écrit, selon elle, avec ses pieds et qu' elle allait maintenant prendre soin de réécrire sous ses pieds. En entendant cela, Aghata Appletime fut terrorisée, elle supplia de ne pas lui faire subir à nouveau le supplice de l' écriture, mais bientôt un stylo bic commença son œuvre juste sous le petit doigt de pied de, on va dire, la page gauche. Incapable de faire le moindre mouvement, la sensation de chatouille provoquée était si intense que la journaliste ne pouvait s' empêcher de rire, et ce n' était que le début. Toute la scène avait été filmée, et l' on préféra la passer en accéléré, ce qui dura quand même deux bonnes minutes ! Voir en vitesse rapide la plante des pieds de la journaliste se remplir progressivement d' écriture avait quelque choses de drôle mais aussi de terrifiant si l' on s' imaginait à sa place. On remit sur lecture normale au moment où, arrivé au dessus du talon de la deuxième page, Satanic-woman décréta qu' il était temps de tout effacer. Le nettoyage fut coupé au montage, on eut juste droit à une photo avant/après. Puis la photo s' en alla et l' on revint sur l' écran partagé en deux avec les pieds bien propres d' un coté et le visage d' Appletime de l' autre tachant de reprendre ses esprits, tête basse. Je vous laisse, dit la vilaine, il reste encore un bon bout de l' article à écrire, c' est une bavarde celle-là. À ces mots, le visage de la pauvre journaliste se redressa, les yeux écarquillés, en même temps la partie de l' écran montrant ses pieds laissait place à celle montrant sa tête, et la vidéo se termina avec un gros plan sur le visage de Miss Appletime en train de s' écrier non, non, pas ça pitié, non, pas encore, non !
La vidéo s' arrêta, le silence se fit dans le bureau du commissaire qui finit par prendre la parole pour annoncer que cela ne pouvait plus durer, ce à quoi tout le monde fut d' accord, et tous se mirent à jacasser de ce qu' il faudrait faire, c' était la deuxième personnalité que Satanic-woman capturait et torturait, il fallait l' empêcher de nuire à nouveau, et à tout prix. C' est pourquoi le commissaire avait souhaité la présence des deux super-héroïnes, il déclara compter sur elle. C' est à ce moment que Pureté-woman pouffa de rire en prétendant que Vice-girl n' était même pas capable de résoudre un vulgaire hold-up, alors une affaire aussi complexe n' était pas à sa portée. Non, elle allait s' en charger personnellement, elle allait débusquer Satanic-woman, délivrer la maire et la journaliste et mettre la méchante derrière les barreaux. Même si le commissaire avait atténué l' attaque en signalant le maigre butin de deux sacs d' or qu' avaient réussi à emporter les malfaiteurs, la tentative d' humiliation n' en demeurait pas moindre, et si seulement c' eut été la seule ! Cette crâneuse avait passé toute la réunion à lui envoyer des piques ! Vice-girl en était encore tellement exaspérée qu' elle n' arrivait pas à choisir une tenue convenable dans son armoire. La belle et puissante métisse avait beaucoup plus d' expérience qu' elle, son palmarès était grandiose, mais ce n' est pas une raison pour rabaisser les petites jeunes qui débutent. Elle repensa au commissaire qui, au moment de se quitter, disait vouloir garder le film prétendant avoir un groupe d' expert qui pourrait l' analyser. Ça amusa et détendit un peu Clarisse. Cette Pureté-woman mériterait de se faire battre et capturée par Satanic-woman, j' adorerais voir parvenir une vidéo, pensa-t-elle en souriant. Même pas capable de résoudre un hold-up qu' elle disait ! Pfff, rien n' avait été volé, les deux sacs d' or disparues, c' est elle qui les avait pris. Tiens d' ailleurs c' est étrange, Cruelle-girl avait pénétré dans la salle où se trouvait empilé les sacs d' or durant un temps suffisamment long pour se servir. Pourquoi n' avait-elle rien volé ? Une minute ! La salle contenait également des coffres-forts à disposition des particuliers dans lesquels on déposait des bijoux de valeurs par exemple. Oui mais si l' un d' eux avait été forcé, le commissaire l' aurait mentionné, se ravisa-t-elle. Après une courte réflexion, il apparut que forcer un coffre n' était qu' une possibilité, il y en avait une autre : Et si elle connaissait le code ? Elle fonça sur son ordinateur. Rentrer dans le logiciel de la banque fut une formalité, un protocole TGP/GAPU envoyé depuis un spin-host routé par une requête PUNG via un serveur tchétchène et le firewall fut à genoux en deux minutes. Les ouvertures de ces coffres sont numériques, chaque action est enregistré, il doit donc y avoir un fichier quelque part, voyons voir. Oui ! C' est là ! Une seule transaction a eu lieu aujourd’hui. Bon sang ! L' heure correspond exactement au moment où nous nous trouvions dans la banque. Bingo ! Un coffre a bien été ouvert. Son cœur s' accéléra. Et maintenant, voyons voir à qui appartient ce compte. Elle cliqua et un nom apparut sur l' écran. Ce nom ne lui était pas inconnu. Mais bien sûr ! C' est la maire ! Ça alors ! Il y avait un lien entre l' enlèvement de la maire et le hold-up. Un petit frisson la parcourut. Un lien, mais lequel ? Elle se laissa basculer en arrière contre le dossier du fauteuil. Ainsi satanic-woman et Cruelle-girl font équipe, ça c' est un scoop. Elles avaient enlevé la maire, l' avait forcée à avouer le code de son coffre et s' étaient emparées de ce qu' il contenait, présuma Clarisse. Mais quoi ? Que pouvait bien contenir ce coffre ?
Comme s' il avait la réponse, son téléphone sonna. Elle décrocha.
– Allô ?
– Allô, Vice-girl ?
– Oui. Qui est-ce ?
– Vous ne me connaissez pas. Je m' appelle Mélina. Je suis journaliste. Je travaille avec Miss Appletime. C 'est Vertu-man qui m' a donné votre numéro.
La fille paraissait essoufflée comme si elle était en cavale.
– Vous êtes en danger ?
– Non, je me suis échappée. J' ai des informations pour vous. Mais pas au téléphone. Rendez-vous ce soir à 23h au dernier étage du parking sous-terrain du centre commercial.
– Vous êtes sûr que ça va ?
– Oui ! Vous y serez ?
– Comptez sur moi, je serais présente à 23h.
– Bien, à tout à l' heure.
Et elle raccrocha. Bizarre cette fille, mais l' enquête avance à grand pas.
Son téléphone sonna de nouveau. Tiens tiens..., se dit-t-elle en voyant qui l' appelait. Elle décrocha et dit allô d' une voix qui se voulait charmante mais le ton de Sonia la fit vite déchanter.
– Clarisse ? C' est une catastrophe, j' ai besoin que tu m' aides.
– Que se passe-t-il ?
- J' ai oublié mes notes sur la chaise à la bibliothèque figure-toi ! Et c' est de ta faute ! Il faut à tous prix que je les récupère ce soir.
– Ce soir ?
– Oui, ce soir ! Tu peux nous faire pénétrer à l' intérieur toi ? En ta qualité de super-héroïne ?
– Doucement ma belle, j' ai un rencart ce soir. J' ai rendez-vous à 23h avec une indic au dernier étage du parking sous-terrain du centre commercial.
– C' est pas un peu louche ce genre de rendez-vous ? Midi au Macdo ça sonne moins comme un piège, non ? Bon, de toute façon on aura largement fini avant ! C' est d' accord ?
– Oui, si tu veux, convint Clarisse sans conviction.
– Parfait ! Rendez-vous devant la bibliothèque dans dix minutes.
– Hé dis voir...J' espère que j' aurais droit à une petite récompense ?
– Une récompense ? s' étonna Sonia, tout ça est de ta faute je te signale, ce n' est pas une récompense que tu vas recevoir, c' est une punition ! Et clac, elle raccrocha, très satisfaite de sa répartie et de son petit effet.
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polk - il y a 7 ans
9
La voiture de sport filait à travers les routes de campagne entourées de champs et de forets. À son bord la jeune conductrice consulta sa montre pour prendre connaissance du SMS qui venait de lui parvenir.
– Madame Appletime ! Un message du patron : la banque vient juste de se faire cambrioler ! Il voudrait que je m' y rende pour rédiger une brève.
– Mélina, je t' ai déjà dit que tu pouvais m' appeler Agatha, répondit tranquillement la célèbre journaliste, confortablement installée sur le siège rabattu en arrière, les pieds posés sur le tableau de bord. Le patron trouvera quelqu' un d' autre. Gare-toi là, on est presque arrivé.
Les filles laissèrent la voiture sur le coté, dans un petit chemin à l' ombre, et continuèrent la route à pied. La villa d' Elvire Von Luxus n' était qu' à quelques minutes d' ici. Sur le chemin Mélina s' inquiétait de devoir désobéir au patron.
– Tu as quel âge Mélina ? Vingt ans, c' est ça ?
– Oui Madame Ap... je veux dire oui Agatha, bientôt vingt-et-un.
– Et tu sais pourquoi je t' ai choisi toi, une simple stagiaire, pour m' accompagnée ? Parce que depuis un an, je t' ai observée à la rédaction et je sais que tu es une fille ambitieuse, avec beaucoup de cran et de courage, je me trompe ?
– Merci Agatha, c' est vrai que j' aimerais bien suivre vos pas et me faire une place dans le journalisme.
– Et bien crois-moi que là, on est sur un gros coup. Pas un Hold-up à deux balles. J' ai toutes les raisons de croire qu' avant son enlèvement la maire était impliquée dans une histoire de corruption avec Von Luxus et qu' elles complotaient quelque chose de pas très orthodoxe. Il faut que j' en sache davantage et pour ça je n' ai qu' un seul moyen : m' introduire dans sa villa et questionner Von Luxus. Elle imagine que je viens simplement l' interviewer pour une nouvelle rubrique " l' interview de la personnalité du mois " mais je vais essayer d' en savoir plus sur ses rapports avec la maire et si j' ai la chance de pouvoir être seule deux minutes, j' aurais peut-être l' occasion de fouiller un peu ses dossiers.
– Mais comment avez-vous appris tout ça ?
– J' ai un indicateur. Garde-le pour toi, il s’agit de Libidineux-man. Il est venu me trouver l' autre jour pour me dire qu' il avait quelque chose qui pourrait m' intéresser.
– Mais pourquoi vous parle-t-il ?
– Bonne question, rigola Miss Appletime ! Pour sa récompense, pardi ! Entre autres joyeusetés, il est fétichiste des pieds, c' est grâce à ça que je l' ai soumis à mon bon vouloir, en échange de ses informations, je lui laisse lécher mes pieds, s' esclaffa la journaliste.
– Je ne sais pas si c' est très déontologique.
– Non, mais ça fonctionne. Tu sais, il y en a qui paieraient pour se satisfaire sur les pieds de la grande journaliste Agatha Appletime, se vanta pour rigoler la belle journaliste en bombant le torse.
– Oui, je sais, convenu Mélina, vous êtes une star. Et que vous a-t-il dit ?
– Il m' a simplement informée que la maire avait mis la main sur un document dont je ne peux rien te dire pour l' instant, alors je me suis procuré son relevé téléphonique, et figure-toi que la maire est soudainement rentrée en communication avec la villa de Von Luxus des dizaines de fois en quelques jours, peu de temps avant son enlèvement.
– Mais comment avez-vous fait pour consulter son relevé téléphonique ?
– Grâce à quelqu' un qui travaille sur le réseau. Je l' ai laissé se délecter de mes pieds en échange.
– Et bien !
– Pas de ma faute si la moité de cette ville est fétichiste !
– C' est vrai. Depuis que Maîtresse Démonia a réussi à répandre son gaz empoisonné qui a rendu fétichiste tout ceux qui l' ont respiré, les choses ont bien changé dans cette ville.
– Bravo ! Tu es bien renseignée. La plupart des gens l' ignorent. Tu es forte en Histoire, c' est bien, ça.
– C' est Pureté-woman qui l' a vaincue. Mais il était trop tard.
– Attention, nous arrivons ! Tu as les jumelles ?
Allongées sur la colline surplombant la villa, les filles observèrent un instant.
– La villa est gardée jours et nuits et il y a des caméras. C' est le jardinier qui me l' a dit. Ne me demande pas comment j' ai fait pour l' apprendre, s' amusa Agatha avec un clin d' œil. Écoute bien, tu vas resté là et m' attendre, on ne sais jamais comment ça peut tourner. Si tu ne me vois pas revenir dans trois heures, tu préviens le commissaire Pougnard, c' est un excellent ami à moi.
La journaliste se releva, sorti un petit miroir de poche pour vérifier son visage et sa coiffure, puis demanda à Mélina comment elle la trouvait.
– Vous êtes ravissante, Agatha. Parfaite !
– Au fait tu aimes mon nouveau chemisier ?
– Je l' adore oui !
– Je peux te dire qu' il coûte cher. Je compte sur lui pour impressionner Von Luxus, j' espère qu' elle sera séduite.
Puis elle se mit en route. Mélina l' observait dans les jumelles. Elle la vit sonner au portail du mur d' enceinte de la villa. La porte s' ouvrit. C' est Von Luxus qui vint l' accueillir en personne. Elles se saluèrent chaleureusement en se faisant même la bise, bien que l' on y devine une attitude protocolaire. Ces gesticulations hypocrites qui siéent aux grands de ce mondes se trouvaient amplifiées dans les jumelles, car on avait l' image mais pas le son. Rien qu' à leurs attitudes, Mélina comprit que Von Luxus avait fait un compliment à Madame Appletime sur son chemisier qui, tout sourire, se tournait de trois-quarts en répondant au compliment. Puis elles rentrèrent et il n' y eut plus rien à voir. À vrai dire, il n' y eut plus rien à voir pendant plus de trois heures. Mélina s' inquiétait, elle était d' autant plus alarmée que son téléphone ne captait bizarrement aucun réseau. Que faire ? Elle hésitait à retourner prendre la voiture et filer en ville prévenir le commissaire, quand soudain une camionnette approcha de la grille. En regardant par les jumelles, elle reconnut avec terreur les passagers avant. Aucun doute, c' était Libidineux-man et la terrible Cruelle-girl. Mon dieu, cette Von Luxus avait vraiment de mauvaises fréquentations, et Madame Appletime se trouvait toujours à l' intérieur, il fallait agir ! Il faut que je sache ce qui se trame à l' intérieur, se dit-elle en imaginant ce qu' aurait fait Agatha à sa place. N' écoutant que son courage, elle contourna la villa et escalada le mur d' enceinte avec toute la fougue de sa jeunesse.
10
Attention, quelqu' un arrive ! Planquons-nous, se dit Mélina pour elle-même. Je ne dois pas me faire voir, si je suis capturée, tout est fichu. Là-bas, un escalier, on dirait qu' il mène au sous-sol, c' est ma chance, allons-y, ça doit être plus calme en bas.
Encore quelqu' un ! Vite dans cette pièce ! Où suis-je ? Il y a du matériel de nettoyage partout. La vache ! Bon, entr’ouvrons la porte pour voir discrètement ce qu' il se passe. Ça alors, mais qu' est ce que c' est que cette fille ? Elle est entièrement habillée en vinyle, et pourquoi porte-t-elle une cagoule, on la dirait tout droit sortie d' un donjon sado-maso. Où est-ce que tu es tombée ma pauvre Mélina ! Je crois que je suis sur un gros coup, c' est peut-être l' affaire de ma vie, celle qui va démarrer ma carrière. Zut elle vient par là. Allons nous cacher dans ce coin de la pièce.
Elle vient chercher des balais et des seaux ? C' est quand même pas la femme de ménage ! Tout le monde porte cette tenue ici ou quoi ? J' ai une idée ! Allons courage, cette rousse n' a pas l' air très costaude ni très maline, je peux y arriver. En plus elle a mon gabarit. Elle cherche un produit en me tournant le dos, c' est le moment ! Allez ! Comme dans les films, juste derrière elle avec mes deux doigts dans son dos, ça va le faire.
– Haut les mains et pas de gestes inconsidérés, sinon...C' est ça, très bien...maintenant tu vas bien m' écouter et faire tout ce que je te dis la rouquine, et il n' y aura pas de problème. Enlève tous tes vêtements, y compris la jupe, je te veux nue. Et continue à me tourner le dos, je ne suis pas une voyeuse. C' est ça, très bien... maintenant prend le torchon propre devant toi et bâillonne-toi avec. C' est bien. Prend un autre torchon et bande-toi les yeux. C' est très bien, allonge-toi sur le ventre, les mains dans le dos.
Bien joué ! Ces draps feront l' affaire pour la ficeler correctement.
La courageuse et rusée Mélina ligota la jolie rousse et enfila ses vêtements, y compris la cagoule, en espérant passée inaperçue. La rousse broncha dans son bâillon au moment où celle qui l' avait capturée lui ôta ses escarpins restés à ses pieds. Et oui, désolée ! Même les chaussures ! s' excusa Mélina, en lui chatouillant innocemment les doigts de pieds.
Mon dieu, cet endroit est vraiment étrange ! Ça fout les jetons ! En tout cas les prisonnières de ces cachots n' ont pas l' air de s' offusquer de ma présence, c' est bon signe, ma tenue est discrète, du moins pour ce lieu-ci, je n' imagine pas arriver comme ça en pleine conférence de rédaction ! Je suis tombée sur quelque chose d' énorme, mais il faut que je me tienne sur mes gardes si je ne veux pas finir dans une de ces cellules. Courage les filles, vous serez bientôt délivrée quand je dévoilerai tout ça au grand jour. Allez, voyons voir ce qu' il y a dernière cette porte. Quel est ce bruit ? On dirait des cris et des rires ! Je ne sais pas si je...allez, je suis allez trop loin, ouvrons voir !
Oh mon dieu ! C' est pas possible.
Mélina n' en croyait pas ses yeux. Elle se trouvait dans une véritable salle de torture. Elle fit quelques pas pour se donner une contenance, mais ses jambes devenaient un peu cotonneuses, elle regardait tout autour d' elle, il y avait tant de choses incroyables ! Elle ne savait plus où donner de la tête, n' y quoi faire. Heureusement, personne ne semblait trop s' intéresser à elle. Ne restons pas ici, pensa-t-elle, déguerpissons ! Mais au même instant, quelqu' un l' interpella d' un Hey toi ! Elle se retourna machinalement et tomba nez à nez avec une super-vilaine assise sur le visage d' un prisonnier attaché à une table de supplice. Elle la reconnut aussitôt : Aucun doute, elle avait devant elle la plus déjantée des criminelles, la maléfique Satanic-woman.
– Oui toi ! Viens ici, ordonna la sadique malfaitrice à Mélina qui se rassura sous sa cagoule en songeant qu' on la prenait pour une vulgaire employée. Prends cette plume et passe-lui sous les pieds. Mais attention, vas-y tout doucement, caresse-le impitoyablement mais ne le fais pas rire, j' ai besoin de sa bouche pour autre chose, je veux juste qu' il sente la caresse de la plume sous ses pieds. Compris ?
Mélina obtempéra immédiatement.
Je me suis mise dans de beaux draps ! Te voilà promue tortionnaire. Regarde-moi ça, on dirait que cette Satanic-woman est en train de prendre son pied ! Et je suis en train de l' aider ! Moi ! Oh mais qui c' est ? Purée ! C' est elle, c' est Cruelle-girl. Non mais tu t' es vue ma pauvre Mélina ? Tu es dans une salle de torture, en train de passer la plume sous les pieds d' un type que tu supplicies sans pitié, en compagnie de Satanic-woman et de Crulle-girl en chair et en os !
Cela faisait maintenant un bon moment que Mélina travaillait pour Satanic-girl, quand celle-ci lui demanda de se munir de la plume la plus soyeuse qu' elle pouvait trouver.
– Tu as fait du bon boulot, tu sais ?
– Merci, osa Méline, en s' inclinant légèrement.
– Je vais te récompenser ! On va s' amuser un peu, rigola la méchante. Allez, chatouille-lui l' entre-jambes ! ordonna-t-elle en éclatant d' un rire diabolique. On va bien s' amuser, tu ne crois pas ? Mais vertu-man, lui, va y laisser des plumes !
C' est pas vrai, s' indigna Mélina en son for intérieur, c' est Vertu-man le super-héros que je torture depuis tout à l' heure, dont j' ai chatouillé impitoyablement les pieds et à qui je m' apprête à faire subir les derniers outrages ! Waouh, ça fait tout drôle ! Mélina commençait à se demander à quel moment elle allait pouvoir s' en sortir, surtout que ce petit jeu commençait à la chambouler, après tout elle n' était pas de bois. Heureusement, peu de temps après, le téléphone de Satanic-woman sonna et la perverse dut descendre de son siège pour aller le chercher dans son pantalon posé à coté. Avant de décrocher, elle intima l' ordre de continuer, elle n' en avait pas pour longtemps, mais surtout il fallait l' attendre pour l' instant fatidique ! Tout en continuant son office, Mélina en profita pour discrètement entrer en contact avec son supplicié en murmurant.
– Psssttt. Vous êtes Vertu-man ?
– Pitié, pas ça, gémit le super-héros.
– On a peu de temps pour parler.
– Oui, oui, je parlerais, mais pitié, pas encore, je vous en supplie !
– Non, non, je suis de votre coté.
– Pitié, je ferais tout ce que vous voudrez.
– Alors écoutez-moi ! s' énerva Mélina, pour qui ça commençait à devenir gênant et qui, par mécontentement, sans s' en rendre compte, intensifia ses caresses de plume. Je suis là pour vous aider, je suis une espionne, vous comprenez ?
– Il faut prévenir ma collègue,Vice-girl.
– Ha voilà ! Très bien, mais il n' y pas de réseau ici !
– Ils parasitent les réseaux. Faites le 3-4-2-6, même sans réseau, ça passe. Satellite privé. Dites, vous ne pouvez pas arrêter de...
– Non, désolé, ça je ne peux pas. Attention, la revoilà, surtout pas un mot.
Mais Satanic-woman avait l' air désabusée. Finit de jouer avec lui, dit-elle tristement. Mais j' ai un nouveau jouet ! s' exclama-t-elle d' un coup en rigolant. Viens avec moi, tu vas me servir d' assistante, nous avons une vidéo à réaliser, avec une vrai journaliste en plus !
En suivant Satanic-woman à travers les couloirs de la villa, Mélina ne savait pas trop quoi penser, mais il fallait s' y résoudre : Madame Appletime était vraisemblablement la journaliste en question. Elles entrèrent dans une pièce plongée dans le noir. La super-vilaine appuya sur l' interrupteur et la lumière se fit, découvrant au centre de la pièce Miss Appletime, les bras attachés en l' air, les pieds dans un carcan, le chemisier trouée. Difficile de décrire la décharge électrique que ressentit Mélina en découvrant sa patronne, sa référence, son idole, dans une telle position. Pourtant il fallut bien assister à toute la scène. Tant que son rôle consistait à préparer les accessoires et s' occuper de toute la partie technique du tournage, ça allait. C' était dur, mais ça allait. Elle crut être sortie d' affaire quand Satanic-woman déclara que c' était assez pour faire le film, mais elle frémit en l' entendant exiger d' elle le nettoyage complet des pieds de Miss Appeltime. Et la voilà plantée devant la plante des pieds d' Agatha avec un seau d' eau savonneuse et une petite brosse à poil soyeux. Impossible d' y échapper, Satanic-woman était restée dans la pièce pour procéder au montage du film. Il va falloir que je me montre cruelle, pensa Mélina, sinon elle va s' en apercevoir. C' est horrible à dire, mais je dois la faire hurler de rire. Après tout, je n' ai qu' à penser à toutes les fois où elle m' a surchargée de boulot, où elle m' a prise pour sa bonniche, où elle m' a vannée devant toute la rédaction, c' est vrai ça, c' est le moment de se venger, ma chère. En plus il ne faut pas qu' elle me regarde trop dans les yeux, elle risque de me reconnaître. Ignorant les supplications de Madame Appletime, Mélina se mit en devoir de lui faire sa fête. Elle lessiva les pieds de sa chef avec application, elle lava chaque centimètre, du talon aux doigts de pied. Agatha n' arrêtait pas de rire, seuls les moments où sa tortionnaire trempait sa brosse dans l' eau lui permettait de supplier, en vain, avant de repartir de plus belle. Quel talent tu as, c' est prometteur pour une nouvelle, vraiment ! commenta Satanic-woman en connaisseuse. Quand tout fut terminé, le montage et le nettoyage, les deux nouvelles amies quittèrent la salle en laissant leur prisonnière seule dans le noir. C' est alors qu' une femme habillée de noir fit irruption. Mélina fut immédiatement impressionnée par son charisme et, sans la connaître, comprit tout de suite qu' elle avait affaire à une femme extrêmement puissante.
– Satanic-woman, allez vous préparer pour ce soir. C' est une mission d' importance.
– Sachez que je suis déjà prête, chère reine noire, plus noire que le noire de la nuit !
Son emphase ne fit nullement sourire la reine qui la regarda en réitérant silencieusement son ordre. Mais je fonce me préparer ! admit la trouillarde en filant sans demander son reste. Mélina lui emboîta rapidement le pas quand elle fut arrêtée par la voix de la femme en noir.
– Pas vous.
Méline déglutie. La reine s' approcha, la scruta un moment puis reprit.
– J' ai d' autre projet pour vous. Oui, ça tombe bien que vous soyez là. Vous tombez du ciel. Suivez-moi.
Elle suivait en essayant de garder son sang froid, ce qui était de plus en plus difficile, surtout lorsqu' elles prirent l' escalier qui mène au sous-sol. Elle s' arrêtèrent devant la cellule de Maîtresse Démonia.
– Vous la connaissez ?
Mélina fit non de la tête, subjuguée par ce qu' elle voyait sur les pieds de cette pauvre prisonnière et qui la faisait rire sans relâche. Elle se sentait prise d' effroi.
– On dirait que c' est la première fois que vous voyez des guilliteurs ?
– Oh non, non. Qui est-ce ?
– C' est Maitresse Démonia. Elle fut jadis la plus puissante des super-vilaines. Aujourd’hui c' est moi la plus puissante.
Elles passèrent à la cellule voisine.
Quant à elle, je ne vous demande pas, je sais que vous ne la connaissez pas, fit sentencieusement la reine noire en désignant la fille rousse qui se tenait debout au centre de la cellule, les bras au dessus de la tête attachés au plafond, bâillonnée, les yeux bandés. Elle est des vôtres, c' est une employée. Malheureusement, elle a commit une petite erreur aujourd’hui. Ho pas grand chose. Ça sera vite réparé. Mais elle sera tout de même sévèrement punie. N' est-ce pas générale Ilda ?
– Punie. répéta la générale qui était sortie de je-ne-sais-où, à la grande surprise de Mélina qui ne l' avait pas entendu arriver.
Ilda sortie un trousseau, ouvrit la grille de la cage et toutes les trois entrèrent. Ilda ceintura la prisonnière et lui taquina légèrement le ventre et sous les bras, elle gémit dans son bâillon, apeurée. Quant à Mélina, elle sentait monter en elle une tension qui lui était insoutenable. La reine reprit la parole de sa voix glaçante.
– Même si on lui enlevait son bandeau, cette sotte ne serait même pas capable de désigner l' intrus qui a pénétré chez moi. Heureusement nous n' avons nul besoin de son témoignage, n' est-ce pas générale Ilda ?
– Nul besoin.
Mélina se rendit compte que la fuite était impossible, la reine noire était devant la porte de la cellule, et Ilda à quelque pas d' elle, toujours en train de ceinturer sa captive par la taille comme on serre son amoureuse. Les deux femmes la regardaient sans rien dire. Mélina pliait sous le regard de ces deux femmes puissantes, elle entendait le gémissement de la rousse dans son bâillon et le rire interrompu de Maitresse Démonia juste à coté. C' était un vrai supplice. Elle ne pouvait articuler un mot. La reine noire tendit la main et lui ôta sa cagoule. Ainsi dévoilée, l' impression d' être vulnérable fut multipliée par mille. C' en était trop ! Et le rire d' à coté qui n' en finissait pas !
– Vois-tu, j' avais d' abord pensé à jouer un peu le jeu. Vraiment je voulais faire semblant. J' avais imaginée t' obliger à torturer cette pauvre employée rousse. Sadique, n' est-ce pas ? Mais la générale Ilda m' a convaincu que nous n' avions pas de temps à perdre.
– Pas de temps à perdre.
– Alors on va directement passer aux choses sérieuses.
11
Un peu plus tard, Elvire Von Luxus entra dans la pièce ou l' on torturait Mélina. Elle avait été amenée là sans qu' elle ne dise un mot. La pauvre ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait. Ilda lui avait demandé de se dévêtir, elle avait obtempéré sans rien dire. Ilda lui avait demandé de s' allongé là, elle s' allongea sans protester. Lorsque les quatre employées d' idla l' attachèrent, elle commença seulement à prendre vraiment conscience de la situation et à protester.
– Attendez ! dit-elle, paniquée, tandis qu' on lui liait les poignets au dessus de la tête. Je vais tout vous dire.
– Oh oui, tu vas dire, s' amusa Ilda en découvrant sa mignonne petite plante de pied.
Mélina fut soumise au supplice des chatouilles par Ilda en personne, puis la générale laissa le soin à ses sbires de s' occuper de la journaliste en herbe, tandis qu' elle fouillait son téléphone portable, dont elle avait facilement obtenu le code.
– Alors ? demanda la reine. Raconte-moi tout.
– Oui mais pitié arrêtez ! s' écria Mélina en riant.
Mais la reine ne l' entendait pas de cette oreille et ordonna d' intensifier les chatouilles. C' est ainsi que Mélina fut forcée de tout raconter, elle dévoila absolument les moindres détails de ce qu' elle savait et de ce qu' elle faisait là. Et tout ça en étant chatouillée sous les pieds et sous les bras. Elle répondait docilement à toutes les questions qu' on lui posait autant qu' elle le pouvait, c' est à dire entre deux hurlement de rire. Lorsqu' elle demanda à nouveau la pitié, la reine elle-même lui chatouilla le ventre pour l' obliger à continuer de tout dévoiler en riant sous la torture.
– Tu es sûr que tu n' as pas appelé Vice-girl ?
– Oui ! Promis ! Promis !
– Bien. Arrêtez les chatouilles. Tu vas faire quelque chose pour moi.
– Tout ce que vous voulez !
– Tu vas appeler Vice-girl et lui dire que tu as des informations, que tu sais où pourrait se trouver Vertu-man. Fixe-lui rendez-vous ce soir à 23h au dernier étage du parking sous-terrain du centre commercial. Si tu tentes quoi que ce soit, je te mets un guilliteur sous chaque pied.
Évidemment, Mélina s' exécuta avec dévotion. Satisfaites, la reine et Ilda s' en allèrent. Au moment de quitter la pièce, la reine se retourna pour donner ses ordres aux employées-tortionnaires restées avec Mélina. Elle croisa le regard implorant de cette dernière, puis jeta un œil sur ses petits pieds dont les orteils gigotaient, et après un bref instant, se prononça.
– Enduisez ses pieds de miel, et faites-les lécher par une chèvre.
Le non hurlé par Mélina se prolongea durant tout le temps où la reine ferma la porte et même après quelque pas.
– Général Ilda !
– Ma reine !
– Vous partez pour la ville. Vous irez vous-même refermer le piège tendu à Vice-girl. Mais avant je veux que vous alliez à la bibliothèque vous assurer de la bonne tenue des opérations. Je n' ai qu' à moitié confiance en Cruelle-girl. Dès que le document sera en votre possession, prévenez-moi, je serais sur place, j' ai une soirée de gala sous les trait d' Elvire Von Luxus. Et emmenez la maire avec vous, elle nous sera utile. Le temps presse, nous avons jusqu' à minuit, après il sera trop tard.
– Bien ma reine, c' est comme zi z' était fait.
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nahognas - il y a 7 ans
J'ai vurament du mal avec les prénoms de super héros et super vilains ^^' après pour l'histoire il y a des hauts et des bas.
Les chatouilles c'est bien quand il y en a peu, mais là dans tes histoires il y en a vraiment beaucoup ^^'
Après on verra ce que ça donnera par la suite.
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polk - il y a 7 ans
12
Au fond de la bibliothèque, une porte portant l' inscription réservé aux employés donnait sur une petite salle où un bureau supportait d' ordinaire un ordinateur. D' ordinaire car en ce moment, le PC avait laissé sa place aux pieds de Yasmine, encore inconsciente. Ligotée à la chaise de bureau, les mains attachées dans le dos, la bibliothécaire avait ses chevilles solidement attachées par une corde. La corde continuait dans le sens de ses jambes, pour faire le tour du bureau par en dessous et revenir ligoter ses jambes au niveau des genoux. Un pied nu, et l' autre chaussée d' une mule. Satanic-woman lui chatouillait les narines avec une plume, ce qui eut pour effet de la faire s' éveiller en secouant la tête. Elle ouvrit les yeux et reprit lentement ses esprits. Remarquant sa captivité, elle tenta d' abord de se libérer en forçant sur ses liens, sans succès. Devant ses pieds, elle reconnut Cruelle-girl, la femme de tout à l' heure.
– Je vous ai dit que la bibliothèque était fermée, Madame, lança-t-elle, sans se perturber.
– J' aimerais néanmoins emprunter un livre. Je peux ?
– Non ! Aucun emprunt en dehors des horaires d' ouverture.
– Holala, s' exclama Satanic-woman avec un geste de la main, comme elle applique le règlement à la lettre ! Puis en la regardant dans les yeux, elle imita le Schtroumpf grognon. J' aime pas les règlements...
– Et bien il va falloir vous y faire. Vous avez votre carte de bibliothèque ? questionna Yasmine en soutenant le regard.
– Oh mince ! J' ai bien peur de l' avoir oubliée ! En fait, pour tout vous dire, je rapporte toujours les livres en retard. Parfois même, ils sont abîmés. Mais ce que je préfère, c' est parler dans la salle de lecture, j' adore parler fort dans la salle de lecture ! hurla-t-elle en rigolant.
– Voyez-vous, très chère, reprit calmement Cruelle-girl, vous n' auriez même pas dû vous apercevoir de notre présence. Malheureusement la porte que vous voyez là, qui mène à la réserve, est verrouillé par un code. C' est dingue tous ces codes, non ? Quelle époque ! On met des codes à toutes les portes maintenant. Ça complique drôlement notre métier, vous savez ?
– Hé bien changez de métier.
– Très drôle. Je vois que vous n' êtes pas dans de bonnes dispositions pour collaborer. Alors on va rester dans la drôlerie.
Cruelle-girl ôta délicatement la mule de Yasmine.
– Qu' est ce que vous faite, s' inquiéta un peu la bibliothécaire. Elle tourna la tête vers Satanic-woman pour voir qu' elle souriait d' un air qui ne présageait rien de bon, puis revint vers Cruelle-girl qui sortit une plume et la fit tourner entre ses doigts.
– Dites-moi, êtes-vous chatouilleuse des pieds, madame la bibliothécaire ?
Perdant un peu de son assurance, Yasmine ne savait pas trop comment répondre. Elle n' en revenait pas. Ces garces n' allaient quand même pas faire ça ! Pas dans sa bibliothèque.
– Je ne sais pas et je n' ai pas envie de savoir et je vous préviens que si...
Elle ne finit pas sa phrase, stoppée net par le frisson que lui procura le passage de la plume le long de sa plante de pied, de haut en bas.
– Alors ? Chatouilleuse ou pas ?
– Il est interdit de chatouiller dans la bibliothèque, tenta timidement Yasmine, toute façon je n' ai pas le code et si jamais vous...
Nouvelle interruption, nouveau frisson, accompagné d' un petit cri, provoqué par un nouveau passage de la plume, cette fois de bas en haut.
– Le code ?
– Je l' ignore.
– On verra ! Et Cruelle-girl se mit à agiter la plume sous les doigts de pieds de Yasmine, qui était bel et bien extrêmement chatouilleuse.
La plume sous ses pieds lui était insupportable, pour elle qui n' avait jamais été beaucoup chatouillée car elle détestait ça. Déjà qu' elle n' aimait pas rire. Surtout, c' était la sensation d' être à la merci de la personne qui la chatouille qui l' indisposait. Comme un sentiment d' humiliation, celui d' être obligé de rire, au bon vouloir de son tortionnaire. En plus d' être ligotée comme une vulgaire dinde de Noël. Pourtant elle ne parlera pas. Elle aurait fini par tout dire mais ce qui la sauva, c' est que la porte était déjà ouverte, il n' y avait pas besoin de code. Satanic-woman s' en aperçut par hasard juste au moment où Yasmine commençait à craquer. Cruelle-girl passa la porte en recommandant à son acolyte de rester avec la prisonnière pendant qu' elle allait prendre ce qu' elles étaient venues chercher.
– Mais avec joie, on va en profiter pour tailler la bavette ! Je suis très bavarde, madame la bibliothécaire, vous savez quand j' était ado, à la bibliothèque du collège, j' en ai fait démissionner trois comme vous ! Hi hi ! Elles ne supportaient plus de m' entendre jacasser.
– Avec moi, vous auriez filer tout doux, les pipelettes je les mate.
Mais sa remontrance ne récolta qu' un gigantesque éclat de rire.
– Me mater ? Moi ? Vous croyez que c' est possible ? Vous n' en avez pas l' air mais vous êtes une farceuse, plaisanta Satanic-woman en s' asseyant en face de sa prisonnière. Je regrette ce qu' il vous est arrivé, continua-t-elle en posant une main amicale sur les pieds de Yasmine, je déteste qu' on torture les gens pour leur faire avouer quelque chose. Elle marqua une courte pause en prenant un air désolé, qu' elle quitta subitement pour s' écrier d' un ton enjoué qu ' elle préférais qu' on torture les gens sans raison, par pur plaisir ! Et elle plongea ses doigts au creux de la plante de pied de sa captive, qui éclata de rire devant cet assaut beaucoup plus cruellement intense que la plume, et qui par réflexe ne put s' empêcher de dévoiler sa faiblesse par un oh non ! qu' elle regretta aussitôt.
Cela faisait plusieurs minutes non-stop que Yasmine Azerniumachikovich subissait en rigolant, totalement impuissante, les doigts de Satanic-woman qui dansaient sous ses larges pieds, quand Cruelle-girl fit son retour.
– C' est bon. J' ai les documents. Allons-nous-en.
– Dis, on pourrait l' emmener avec nous ? demanda la perfide Satanic-woman tout en continuant son office. J' adore chatouiller cette femme.
– Comme tu veux, mais dépêche-toi, je t' attend dans la voiture.
– Génial ! On va bien s' amuser toutes les deux, fit-elle à Yasmine avec un clin d' œil.
– Qu' allez-vous faire ? Où allez-vous m' emmener ? demanda-t-elle avec colère.
– En ce moment je fais pas mal de vidéo, je suis youtubeuse, on pourra se faire un petit tournage et poster le résultat sur le site de la bibliothèque. Hi hi. Je suis sûre qu' elle aura beaucoup de succès.
Et Satanic-woman sortit de sa poche un bâillon pour préparer sa nouvelle recrue au voyage.
13
Juste devant la porte d' entrée de la bibliothèque, une étudiante en jeans et tee-shirt blanc avec un blouson en cuir s' impatientait.
– Ha enfin ! J' ai failli attendre ! attaqua Sonia en voyant atterrir Vice-girl, à quoi ça sert de voler si on va plus vite à pied ?
– Le temps que je m' habille ! Tu crois qu' on enfile un costume entier avec tous les gadgets comme on enfile une paire de basket pourrie, rétorqua l' héroïne en faisant une référence à moitié innocente que Sonia comprit parfaitement.
– Qu' est-ce qu' elles ont mes baskets, elles sont très bien ? Je les ai achetées la semaine dernière. Bon alors, on passe par les toits ? On descend en rappel ?
– Non, on ouvre la porte. J' ai une clé passe-partout.
En deux secondes, Vice-girl ouvrit la porte devant les yeux moitié déçus, moitié incrédules de son amie. C' est Sonia qui découvrit la mule rose au sol pendant que Vice-girl refermait la porte.
– Ça alors, regarde ! fit-elle remarquer en la ramassant.
– Fait voir ! C' est la mule de la bibliothécaire principale, conclut-t-elle après l' avoir observée.
– Qu' est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
– Ça veut dire qu' il lui manque une mule. Allez viens.
Et elle rejeta la chaussure par terre.
– Attends Clarisse ! Tu trouves pas ça bizarre ?
– Si, elle a pas l' air du genre à se déchausser facilement. Faut croire qu' elle fait des folies une fois la bibliothèque fermée. Tu imagines si on tombe sur elle en train de faire des trucs avec quelqu' un ?
Sonia n' était pas convaincue, Vice-girl non plus, et c' est en restant sur leur garde, protégées par la pénombre qui s' installait à cette heure-là dans la bibliothèque, que les deux filles arrivèrent à la table où elles avaient discuté cet après-midi, pour constater avec horreur que les documents n' étaient plus sur la chaise ! Sonia allait se répandre en parole de mécontentement et de désespoir, mais Vice-girl lui intima l' ordre de se taire d' un chut car elle avait entendu un bruit. Elle prit Sonia par le bras et fonça se cacher derrière un linéaire de livres. De là, elles purent observer une porte s' ouvrir au fond de la bibliothèque. Une femme en sortit, mais ce n' était pas Yasmine Azerniumachikovich. Sonia la reconnut tout de suite.
– C' est Cruelle-girl !
– Encore elle, c' est pas possible !
– Deux fois dans la journée, c' est dingue ! Qu' est-ce qu' on fait ? On l' arrête ?
– Non, contentons-nous d' observer pour l' instant.
– Dis donc, ton pouvoir, ça serait pas la capacité de se planquer partout ? C' est cachette-woman qu' on aurait dû t' appeler !
– On ne connaît même pas leur nombre ! Inutile de se jeter dans la gueule du loup.
– Elle est sortie de la bibliothèque maintenant, profitons-en pour aller voir derrière cette porte.
– D' accord mais restons prudentes et cachées.
Sur la pointe des pieds, de cachette en cachette, les deux filles arrivèrent bientôt le long du mur où se trouvait la porte restée entr'ouverte. Elles longèrent le mur, plaquée contre lui, Vice-girl devant. Arrivée juste à coté de la porte, l' héroïne tendit le cou et jeta un œil à l' intérieur. Soudain elle sentit qu' on la poussa promptement dans le dos, elle se retrouva dans l' embrasure de la porte que Sonia ouvrit tout aussi promptement avant de se planquer à nouveau le long du mur. La porte claqua en s' ouvrant, interrompant Satanic-woman qui finissait de bander les yeux de son otage. En levant la tête, elle découvrit Vice-girl se tenant fièrement sur le palier. Quoiqu' à bien y regarder, pas trop fièrement. Elle avait l' air un peu médusée, mais le fait est qu' elle se tenait là. Le moment de flottement ne dura qu' un bref instant, les deux filles foncèrent l' une sur l' autre et engagèrent le combat. Coup de pieds, coups de poings, chacune paraît l' attaque adverse et répondait par un coup qui était paré à son tour et ainsi de suite. La vitesse des coups augmentait et devenait si élevée qu' on ne distinguait plus rien. Vice-girl prenait malgré tout le dessus. Satanic-woman exécuta un beau salto arrière, à la réception, elle sorti un long fouet qu' elle déploya vers Vice-girl qui mit son bras en avant pour se protéger, le bout du fouet s' enroula sur son bras. Elle tira, le fouet partit des mains de son ennemi. Malheureusement, c' était un piège, le fouet vint s' enrouler tout seul autour d' elle pour la ligoter comme un saucisson. Satanic-woman la plaqua contre le bureau, le visage juste devant les pieds de Yasmine, laquelle, toujours ligotée et les yeux bandée ne comprenait rien de ce qu' il se passait et mugissait dans son bâillon. La vilaine considéra le postérieur de Vice-girl et décida qu' il était temps qu' elle reçoive une bonne fessée. Au moment de mettre sa menace à exécution, elle reçu un coup de livre derrière la tête censé l' assommer. Elle se retourna sans trop de bobo mais avec beaucoup d' étonnement en considérant la fille devant elle qui tenait le dictionnaire.
– T' es qui toi ?
– Laisse mon amie, ou sinon...
– Pas de problème, dit Satanic-woman en se dirigeant vers Sonia qui se mit à reculer. Qu' est-ce que tu va faire ? Me jeter le dico à la figure ?
Mince, pensa Sonia, c' est exactement ce que j' envisageais. La diabolique vilaine cherchait quelque chose dans son dos, sur sa ceinture, pour capturer Sonia, lorsqu' elle sentit un lasso s' enrouler sur son poignet. Au bout du lasso, Vice-girl la regardait solennellement. Elle s' était remise debout et en écartant les bras de toutes ses forces s' était libérée de l' emprise du fouet en le faisait éclater.
– À mon tour, maintenant, Satanic-woman !
Elle maniait le lasso avec une telle dextérité qu' elle réussit à attraper le deuxième poignet dans le dos puis à faire chuter la vilaine sur le ventre, elle lui sauta dessus et enroula ses chevilles ensemble, les ramena vers les poignets et voilà la puissante Satanic-woman dans ce qu' il est convenu d' appeler un hogtie. Je me rends ! Je me rends ! cria-t-elle, en sentant bien que la suite logique des événements voudrait que ses chaussures lui soit ôtés. Les deux filles victorieuses échangèrent un regard satisfait.
– Pas la peine de te rendre, tu es déjà prisonnière ! déclara Vice-girl qui se mit en devoir de défaire la lanière de l' escarpin de son ennemie. Au même moment un téléphone sonna.
– Oh oh, on dirait bien que j' ai un coup de fil ! s' amusa la prisonnière.
Sonia fouilla sa poche et se saisi du téléphone.
– C' est Cruelle-girl.
– On s' en fout, surtout ne décroche pas.
Devant une Clarisse consternée, Sonia décrocha. Immédiatement, la voix impatiente de Cruelle-girl s' enquit de savoir si c' était pour aujourd’hui ou pour demain.
– Ce n' est pas Satanic-woman à l' appareil.
– Qui êtes-vous ? demanda Cruelle-girl, stupéfaite.
– Vous ne me connaissez pas. Mais nous nous sommes déjà croisées. Ce matin. À la banque.
La stupeur était de taille pour la super-vilaine. C' est pas possible, encore elle ! se dit-elle, elle est dangereuse, ça fait deux fois que je la trouve sur mon chemin, ça m' étonnerait que ce soit une coïncidence.
– Que faites-vous là ?
– Je suis venu récupérer des documents qui m' appartiennent.
– C' est moi qui suis en possession des documents.
– Quoi ! s' exclama Sonia tout en jetant un regard paniqué à Clarisse qui demanda ce qu' il se passait.
Sonia boucha le micro du téléphone avec la main pour lui répondre en chuchotant fort.
– C' est elle qui a mes feuilles !
– Comment ça ? C' est n' importe quoi. Qu' est-ce qu' elle peut bien avoir à foutre de tes feuilles ?
– J' en sais rien, mais elle dit qu' elle les a !
– Elle serait venu à la bibliothèque pour récupérer tes cours mais ça n' a pas de sens !
– Elle doit m' en vouloir pour ce matin ! Elle cherche à se venger !
Elle reprit le téléphone.
– Rendez-moi ça immédiatement exigea Sonia devant Clarisse qui n' en revenait toujours pas.
– Viens les chercher si tu les veux, rétorqua Cruelle-girl, bien décidée à se débarrasser de cette gêneuse.
– Très bien ! Que diriez-vous de ce soir ? Rendez-vous à 23 heures au dernier étage du parking sous-terrain du centre commercial.
Prenant ça comme un défi, Cruelle-girl accepta et raccrocha. Parfait, décréta Sonia. Clarisse, alias Vice-girl, le menton pendant, était décomposée.
14
– Mais qu' est-ce qui t' as pris de faire ça ?
– C' est le seul moyen que j' ai trouvé pour que tu viennes avec moi, désolée. Et puis deux rendez-vous en même temps, c' est plus pratique.
En désespoir de cause, Vice-girl s' adressa à Satanic-woman afin de faire entendre raison à Sonia.
– Et toi la vilaine, dis-nous ce que vous êtes venu faire ici ?
– On est venu chercher les papiers de la demoiselle pour se venger, mentit Satanic-woman, en rigolant bien dans sa tête.
– Ha tu vois !
– Elle ment, c' est évident !
– Vous pouvez me torturer, c' est la vérité.
– On n' a pas le temps, il faut y aller ! proposa Sonia à Vice-girl en catimini. Délivre la bibliothécaire, moi je t' attend dehors, je ne voudrais pas qu' elle me voit ici.
– D' accord, mais monte la garde, Cruelle-girl pourrait revenir.
Vice-girl contempla le tableau. Elle avait devant elle Satanic-woman en position de hogtie, ses escarpins rouges ne demandant qu' à être enlevés ainsi que l' autoritaire bibliothécaire pieds nus solidement attachée, et il fallait partir. C' était tragique.
Elle enleva le bâillon, puis le bandeau sur les yeux de Yasmine qui demanda à qui elle avait l' honneur. Vice-girl se présenta et lui apprit qu' elle ne risquait plus rien désormais. Puis elle se mit à la tache de défaire les liens qui nouaient les chevilles. La bibliothécaire jeta un regard noire à Satanic-woman qui lui répondit par un sourire narquois.
– Et l' autre ?
– Elle a réussi à s' échapper. Vous savez ce qu' elles voulaient ?
– Ces insolentes m' ont chatouillée les pieds pour obtenir le code de cette porte. Celle qui s' est enfuie à volé un document, mais j' ignore lequel.
– Qu' y a-t-il derrière cette porte ?
– Deux salles. La salle des archives municipales et les enfers.
– Les enfers ?
– C' est une vieille expression, que j' utilise encore. Autrefois, dans une bibliothèque, les enfers regroupaient tous les livres contraire aux bonnes mœurs, les écrits licencieux, érotiques, pornographiques. Ici on y conserve aussi quelques livres ésotériques.
– Bingo ! Vous pensez pouvoir dire quel ouvrage a disparu ?
– Je dois faire un récolement ( c' est un inventaire en bibliothèque ) ça risque de prendre un peu de temps, mais je vous dois bien ça, oui.
– Génial ! Voici mon numéro de téléphone. Appelez-moi quand vous saurez. Je vais prévenir la police pour qu' elle vienne chercher cette malfaitrice.
– Non, laissez, je vais le faire moi-même.
– Vous êtes sûre ? Elle est extrêmement dangereuse !
– Si vous pouviez juste avoir la gentillesse de bien l' attacher dans la salle des enfers, que je puisse la surveiller le temps que la police arrive, ça ira.
– Très bien. Une dernière chose, que faite-vous des affaires oubliée que vous retrouvez après la fermeture ?
– Et bien, ça dépend... je les garde à mon bureau car la plupart du temps les gens reviennent les récupérer, sinon je les transmets au secrétariat.
– Vous avez avez trouvé quelque chose aujourd'hui ?
– Oui ! Deux filles ont oublié une liasse de feuilles sur une chaise. Je m' en souviens bien, elles étaient extrêmement désagréable. Vous pensez que ça a un rapport avec cette histoire ?
– Oh non, non, c' est pour une autre enquête. Je les ai à l' œil ces deux-là.
– Vous faites bien ! Je sens qu' on est fait pour s' entendre vous et moi.
Vice-girl répondit à l' enthousiasme de Yasmine et prit congé. Au moment de sortir de la bibliothèque avec Sonia, elle réfléchissait à la situation. Les feuilles de Sonia sont en sécurité, pensa-t-elle, je ne vais quand même pas les lui rendre tout de suite, elle est capable de se tirer et de me laisser me débrouiller toute seule avec le bordel qu' elle a foutu ! Attendons un peu, moi je suis tranquille après tout, Cruelle-girl ne m' a jamais vu.
À une minute près, elle disait vrai. De l' autre coté de la rue, planquée dans une camionnette, Cruelle-girl les regardait sortir de la bibliothèque. De loin, elle prit une photo de Sonia avec son téléphone, photo qu' elle soumit à une base de données d' un logiciel qui afficha instantanément le nom et l' adresse de Sonia. Bonjour, mademoiselle Sonia Milifio, dit tout haut Cruelle-girl, avant de démarrer sur les chapeaux de roue. Un peu plus loin, une autre voiture aux vitres teintées démarra et la suivit. À son bord, la général Ilda entra en conversation téléphonique avec Elvire Von Luxus.
– Elle est partie avec documents, mais sans Zatanic-woman.
– Il y a pire, je viens d' apprendre que la villa est attaquée. Les écrans de contrôle ont révélé la présence de Pureté-woman, les gardes ne suffiront pas. Je me rend sur les lieux. Toi, récupère le document. Même si je ne suis pas présente, tu sais quoi faire n' est-ce pas ?
– Da.
– Et apporte-moi cette traître pieds et poings liés.
– Avec plaisir.
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La salle des enfers était une pièce sans fenêtre, faiblement éclairée par une lumière orangeâtre. Des poutres en bois traversaient le plafond, les murs de pierre était nus, on se serait cru dans une cave voûtée. Satanic-woman était debout, les bras levés. Avant de partir, Vice-girl lui avait lié les poignets avec une chaîne anti-pouvoir qu' elle avait attaché à une poutre qui passait au milieu de la pièce. Comme à son habitude, nullement dérangée par sa captivité, la super-vilaine faisait la maline et n' arrêtait pas de caqueter dans le dos de Yasmine, qui s' affairait debout devant le bureau collé contre le mur du fond.
« Un de mes petits plaisirs était de prendre un livre sur une étagère et de le ranger à la mauvaise place. Il m' arrivait aussi de mettre de la colle sur le siège de la bibliothécaire. Hi hi. Pourquoi vous ne me détacheriez pas ? je pourrais vous apprendre des tas de chose vous savez, je suis sûr qu' on pourrait s' entendre toutes les deux. Bah de toute façon, je ne reste jamais en prison bien longtemps. Quand je sortirai de taule, je viendrai vous empruntez un livre. Qu' est-ce que vous me conseillez en ce moment ? Vous avez lu le dernier Elisabeth Higgins ? J' adore, c' est l' histoire de la vie d' une trentenaire célibataire qui essaie de trouver le grand amour, elle a plein de copine et... »
Elle parlait ainsi toute seule depuis de longues minutes, provocant la bibliothécaire qui avait le dos tourné et l' ignorait totalement, trop occupée à préparer quelque chose. Elle touillait dans un verre une sorte de liquide transparent comme de l' eau, lorsque d' un seul coup l' incessant bla-bla de Satanic-woman s' arrêta. Ce fut brusquement le silence dans la pièce. On entendait que la petite cuillère faisant gling-gling contre le verre. Mme Azerniumachikovich échangea la cuillère contre un pinceau plat et se dirigea vers la prisonnière pour s' arrêter juste devant elle. Satanic-woman était totalement immobile, on aurait dit une statue, seuls ses yeux remuaient.
« Le patch que je vous ai mis tout à l' heure contenait une mixture qui se diffuse dans les muscles par la peau en quelques minutes. C' est pourquoi vous êtes entièrement paralysée, lui annonça la bibliothécaire. Oui je sais c' est horrible, vous ne vous attendiez pas à ça de ma part. C' est incroyable tout ce qu' on apprend dans ces vieux livres, vous savez. Et puis on imagine des choses. Parfois, devant certains trublions, ça me démangeait mais honnêtement je ne pensais pas que je m' en servirais un jour. »
D' ordinaire si bavarde, Satanic-woman la regardait, incapable de dire ou de faire quoi que soit. Yasmine reprit la parole en trempant le pinceau dans le liquide pour le touiller un peu. « Voyez-vous, je ne vais pas appeler la police. J' ai bien envie de vous garder ici comme assistante. Vous n' aurez pas grand chose à faire rassurez-vous. Mais peut-être vous demandez-vous ce que c' est qu' il y a dans ce verre ? Et bien vu ce que vous m' avez fait subir tout à l' heure, je crois que vous allez adorer ! Ce liquide, une fois appliquée sur la peau provoque d' ignobles chatouillements. Quelle folie d' inventer une chose pareil, je me demande à quoi pouvaient penser les sorciers du douzième siècle en découvrant cette recette. Par contre, l' idée de combiner ce traitement avec la paralysie est de moi. »
Le costume de Satanic-woman était composé de longs gants rouges qui lui arrivait jusqu' au coude, et d' un haut qui arrivait au dessus des seins, lui laissant les épaules nues. Si bien que dans sa posture, les bras en l' air, ses dessous de bras étaient totalement dévoilés. À l' aide du pinceau Yasmine appliqua le liquide sous une aisselle, lentement, puis sous l' autre, tout en observant les yeux de sa captive, seul signe extérieur de son état intérieur. « Oui, je sais, convenu la bibliothécaire, ça chatouille horriblement, les témoignages qui nous sont parvenus de l' époque sont unanimes : tout ceux à qui on l' appliquait hurlaient de rire et se débattaient dans tous les sens. » Ensuite elle posa le verre et le pinceau au sol pour aller se munir d' une corde. Elle se saisit du pied droit de Satanic-woman, plia son genoux de sorte à ce que son talon vienne toucher sa fesse et la ligota dans cette position. Elle prit un peu de recul pour contempler son œuvre. C' était magnifique. Elle s' accroupie pour ôter l' escarpin rouge. Elle défit la lanière et retira lentement le soulier afin de dévoiler la plante de pied de Satanic-woman. Elle posa la chaussure, prit le pied dans sa main gauche par en dessous et admira. « Waouh, joli ! Tu as des longs pieds, dis donc ! » Elle se saisit du pinceau et badigeonna la plante de pied plissée de la terrible Satanic-woman, du talon jusqu' au gros doigt de pied. Voilà. Yasmine retourna tranquillement à son bureau. « L' effet ne dure que quelques heures, on verra si on recommence après, ça dépendra des réponses que tu donneras à mes questions. Pour l' instant j' ai du travail, je dois réaliser l' inventaire. Pas la peine de te le demander, je sais que tu ne me dérangeras pas. »
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– Pourquoi tiens-tu tellement à passer chez toi te changer ? demanda Vice-girl en arrivant devant chez Sonia.
– On ne sais jamais si ça tourne mal, je préfère être dans des vêtements confortables pour la bagarre, je vais aussi prendre ma petite bombe lacrymo.
– Ma chérie, ça va forcement mal tourné. Et ta "petite bombe lacrymo" ne te servira pas à grand chose.
À peine eurent-elles pénétré dans la maison qu' elles comprirent que quelque chose clochait. Un verre était brisée sur le sol du salon. Sur la table basse, trônait une mule avec un papier dedans. Sonia le lut, puis regarda Clarisse avec effroi.
– Mon dieu ! C' est tante April ! Elle a été enlevée !
April Milifio ne se trouvait qu' à quelques pâtés de maison, à l' arrière de la camionnette de Cruelle-girl, installée dans une sorte de caisson qui ressemblait à un cercueil, ou aux boites dont se servent les magiciens pour couper une femme en deux. Elle était attachée par des sangles dans cette boite. Deux trous laissaient ses pieds au dehors. Le couvercle était en deux parties, un peu comme certain cercueil. La partie du bas était fermé et la partie du haut, beaucoup plus petite car elle ne couvrait que la tête, était ouverte. Même ainsi, tante April conservait beaucoup de dignité. Cruelle-girl, penchée sur sa prisonnière, discutait avec elle.
– Vous semblez être une femme courageuse.
– Et vous, vous êtes une vile scélérate. Votre place est en prison. C' est à cause de gens comme vous que le monde va si mal. Vous êtes une honte.
– Oui, sans doute, admit placidement la kidnappeuse en se dirigeant vers les pieds d' April qui dépassaient. Elle lui retira ses chaussures.
– Qu' attendez-vous de moi ? Je n' ai pas d' argent, et personne ne paiera ma rançon.
– Oui, je sais. Et cruelle-girl referma le couvercle.
Tante April se retrouva dans le noir. Pourquoi m' a-t-elle enfermée dans cette boite, et pourquoi mes pieds dépassent-ils ? pensa-t-elle. Elle resta allongée dans le noir quelques secondes, quand soudain un écran incrusté dans le couvercle s' alluma au dessus d' elle. L' image montrait une paire de pied en gros plan. Tante April reconnut ses propres semelles. Mais ça alors, c' est mes plantes de pieds, se dit-elle tout en remuant les orteils pour avoir la confirmation qu' elle était bien en direct. Quelle diablerie que ça encore ! Pourquoi me contraindre à regarder mes propres dessous de pieds ? Elle vit ( et sentie ) les mains de Cruelle-girl équiper ses larges pieds de je-ne-sais-quoi, une sorte de filet, avec des petits ronds assez doux. Une fois fini, Cruelle-girl passa par dessus le siège conducteur et s' installa à l' avant de la camionnette qui ne disposait pas de cloison séparatrice. Elle alluma un écran sous l' autoradio et apparut le visage de Tante April.
– Vous m' entendez ? dit-elle tout haut.
Dans le caisson, un petit haut parleur diffusa la voix.
– Allez-vous me dire ce que vous mijotez ? s' énerva tante April.
Cruelle-girl appuya sur un bouton et se fut un plaisir de contempler la surprise et l' horreur sur le visage de Tante April lorsqu' elle sentit que ses pieds était soumis au supplice des chatouilles. La vilaine éclata d' un rire diabolique, c' était si jouissif pour elle que de torturer sans raison une innocente. Elle démarra et songea qu' il était temps qu' elle s' occupe de cette Mercedes qui la suivait depuis tout à l' heure.
Après avoir traversée quelques rues désertes à cette heure, la camionnette se gara au dernier étage du parking du nouveau centre commerciale. L' endroit était totalement silencieux et désert. À intervalles réguliers, des piliers soutenaient un plafond si bas qu' on pouvait le toucher en levant le bras. D' innombrables néons illuminaient d' une couleur blanche pâle des centaines de places de parking vides. Nos invités vont bientôt arrivés, se dit Cruelle-girl en garant la camionnette, mais d' abord je ferais mieux d' aller voir où se trouve la voiture qui me suis depuis...elle fut interrompue brusquement dans ses réflexions : deux sangles sortis du siège comme par magie l' enlacèrent ! Elle tenta de se débattre mais impossible, elle était prisonnière ! Deux phares approchaient, une Mercedes se gara à coté. Cruelle-girl , de là où elle était, ne voyait pas la voiture, mais elle entendit clairement une portière s' ouvrir, puis des bruits de bottes approcher, et enfin un uniforme militaire apparut dans l' encadrement de la fenêtre. Le générale Ilda se baissa et appuya sur le bouton d' une télécommande qui eut pour effet de baisser la vitre.
– Télécommande pour camionnette, très utile.
– Bravo. Appuyez sur le bouton pour me détacher maintenant.
– Vous z' êtes une traître.
– Pas du tout, j' attends Vice-girl et une autre fille pour leur tendre un piège.
Ilda fut surprise d' entendre que Cruelle-girl était au courant pour Vice-girl.
– Non. Moi je tends le piège. Vous, pourquoi être là ?
– Je viens de vous le dire.
– Où est document ?
– En ma possession, il n' y a pas de problème. Où est la reine ? Dites, vous pouvez me détacher, qu' on puisse parler tranquillement ? s' exaspérait Cruelle-girl.
– Donner documents.
– Détachez-moi d' abord.
Ilda appuya sur un bouton. Le siège sur lequel était attachée Cruelle-girl bascula en arrière, elle se retrouva le buste parallèle au sol et les pieds en l' air. Deux autres sangles s' enroulèrent autour de ses chevilles. Le siège se recula un peu, à la place un tabouret sortit du plancher. Ilda vint s' y asseoir. Elle avait devant elle, juste à hauteur des yeux, la semelle des escarpins de la super-vilaines.
– Télécommande très utile. Qui c' est ? En désignant l' écran et le caisson.
– C' est toi qui va te retrouver à sa place, vociféra Cruelle-girl, folle de rage de se retrouver dans une telle position, totalement indigne de son statut.
– Vraiment ? Tu vouloir me zatouiller ? Vouloir mettre guilliteur zous mes pieds ? sourit Ilda.
C' est la première fois que je la vois sourire pensa Cruelle-girl.
La générale posa ses deux mains sur chaque escarpin de sa captive, puis d' un seul coup sec, les lui enleva, dévoilant ses pieds nus.
– Hum, les pieds de Cruelle-girl, fameux. J' ai beucoup de chanze.
– Je te confirme que nombreux sont ceux qui aimeraient être à ta place. Mais si tu continues comme ça, ton sort sera peu enviable.
– Où est documents ?
– Détache-moi et je te le dirais.
Ilda sortit deux brosses à dent électrique, une dans chaque main, qu' elle posa sur la plante de pieds charnue de Cruelle-girl.
– Parle.
– Tu vas me payer ça !
Ilda appuya sur le bouton de marche, faisant entrer les minis poils en vibration. La sensation fut terrible. Puis Ilda se mit à fouiller la plantes des pieds de Cruelle-girl qui ne put s' empêcher de rire. Quelle indignité ! Elle, la grande Cruelle-girl, forcer de rire sous les chatouilles de cette brute sans cervelle.
Pendant ce temps là, Vice-girl et Sonia arrivaient à pied devant le nouveau centre commerciale.
– Dis voir, s' enquit Vice-girl, le dernier étage du parking souterrain, c' est celui du haut ou celui du bas ?
– Bin...le dernier étage, c' est celui du haut.
– Oui mais le parking est souterrain, on commence par celui du haut pour descendre. Donc le dernier étage, c' est celui du bas.
– C' est le niveau zéro ?
– Oui
– Donc celui du bas, le premier.
– Non, le dernier !
– Celui du haut ?
– Le dernier ne peut pas être le zéro.
– Mais le premier, c' est celui après le zéro.
– Ça ne peut donc pas être le dernier.
– Le zéro ?
– Non, le premier.
– Tu veux dire que le zéro c' est le dernier ?
– Dans ce cas, le premier et le dernier se touchent !
– C' est impossible !
– C' est bien ce que je dis !
Après avoir mûrement réfléchi, elles en choisirent un au hasard, puis une fois 23 heures passé, elles décidèrent d' aller à l' autre. Là-bas, une camionnette et une grosse Mercedes étaient garées. C' est de là que des rires s' échappaient mais ce n' étaient pas ceux de Tante April, jura Sonia. Elles approchaient avec prudence. Soudain les rires stoppèrent. Ilda s' amusait tellement qu' elle n' avait pas vu passer l' heure, c' est seulement en voyant approcher les deux filles qu' elle revint à la réalité.
Elle sortit de la camionnette et se présenta au devant d' elles. Amie ou ennemie ? demanda tout bas Sonia à Vice-girl qui n' en savait rien, sans être vraiment conquise par l' amicalité du look de cette femme.
– Vous êtes Mélina ? cria-t-elle
– Da. J' ai captouré Cruelle-girl. Vous venir, pas problème.
– Et ma Tante ? Savez-vous où est-elle ?
– Da Da. Tante va bien. Ici dans camionnette. Viens délivrer.
– Qu' est-ce que t' en pense Clarisse ? chuchota Sonia.
– Ce que j' en pense ? J' ai parlé avec Mélina au téléphone. Et vu l' accent de cette femme, c' est limite du foutage de gueule.
– Elles ne viendront pas, elles ne sont pas si stupide. Du moins pas autant que toi, Ilda.
De derrière la camionnette, apparut Cruelle-girl. Au moment ou Ilda était sortie, la puissante vilaine avait fait venir dans sa main la télécommande posée sur le tableau de bord grâce à ses pouvoirs sans que la générale s' en aperçoive. Après s' être détachée, elle avait remis rapidement ses escarpins et la voilà.
– Comment ?
– Pas la peine de tergiverser Générale, on réglera nos comptes plus tard, soyez-en sûre. Pour l' heure il faut nous unir, sinon on ne les vaincra pas, elles sont puissantes.
C' est ainsi que se retrouvèrent face à face, séparées par la largeur de trois places de parking, d' un coté la générale Ilda et Cruelle-girl, et de l' autre Vice-girl et Sonia. La tension montait, les deux camps se dévisageaient, sur la défensive, cherchant un angle d' attaque. Soudain les néons s' éteignirent, tout le parking fut plongé dans le noir complet. On entendit des coups et des cris, puis la lumière revint. Le tout ne dura que quelques secondes. Lorsqu' elles virent de nouveau clair, Sonia et Vice-girl qui n' avaient pas bougé d' un poil découvrirent avec surprise Cruelle-girl et la Générale en train de gigoter sur le sol, ligotée et bâillonnée. Près d' elles, triomphant, se trouvait Vertu-man accompagné d' une fille qui se révélera être la vrai Mélina.
17
La voiture de sport roulait lentement dans la ville. Sonia conduisait ; Vice-girl, sur le siège passager, regardait par la fenêtre ; à l' arrière Mélina se remettait de ses émotions de la journée. C' est Sonia qui rompit le silence.
– Voilà. Tout est bien qui finit bien.
– Moui, fit Vice-girl.
Mélina s' endormait presque. Tout était calme autour. Vertu-man leur avait expliqué comment Pureté-woman était venue en volant les délivrer. Elle les avait retrouvés en mettant le téléphone de Mélina sur écoute. En effet, elle avait appris que Miss Appletime n' était pas seule au moment de disparaître, elle avait été vu en compagnie de son assistante. Intelligemment, elle surveilla les appels et lorsque le téléphone de Mélina fut utilisé pour fixer le faux rendez-vous, elle avait pu retrouver le lieu d' où avait été passé le coup de fil. Elle avait attaqué la villa à coup de boules d' énergie, sans état d' âme. La puissante héroïne métisse, drapée de son costume noir et blanc, avait littéralement mis le feu au repaire de la reine noire. Elle leur avait déclaré ne pas avoir besoin d' aide, même si la reine noire se présentait elle saurait s' en occuper. Ils la laissèrent donc aller chercher Miss Appletime pour la délivrer tandis qu' eux-même iraient sauver Vice-girl car Mélina avait raconté le piège qui l' attendait. Ils avaient rejoint la voiture de sport de Miss Appletime et avaient foncé au dernier étage du parking où Vertu-man avait concocté le plan génial qui lui avait permis de vaincre ses ennemies, muni de lunette pour voir dans le noir ! Tante April fut vite délivrée de son caisson de torture, et ils trouvèrent la maire menottée dans la voiture. Elle était furax. C' est elle qui leur donna le fin mot de l' histoire, ainsi que le document que Vice-girl tenait à présent dans les mains. Elle quitta des yeux le paysage pour le regarder. C' était un document historique appartenant aux archives de la ville. Elle ne comprenait rien à ce jargon juridique mais en gros la ville avait été cédée à la communauté publique par un certain Baron de Meurtanv il y a 444 ans et un jour précisément aujourd’hui. La concession était de 444 ans, et le contrat stipulait qu' au bout de ce temps, le représentant publique disposait d' un jour pour céder la ville à un tiers ou prolonger la bail de 444 ans. À la fin du document, un contrat pré-rempli n' attendait que deux signatures, celle du représentant publique, c' est à dire la maire du moment, et celle de la personne qui deviendrait en toute légalité le maître absolu de la ville, ou bien à nouveau celle de la maire qui ferait que la ville resterait un bien publique citoyen. En lisant tout ça, Vice-girl refit un moui et repartit dans ses souvenirs : passé la joie des retrouvailles, il fallu se séparer, Vice-girl apprit à Sonia que ses papiers se trouvaient en sûreté à la bibliothèques et l' étudiante voulu s' y rendre immédiatement. Les deux filles se proposèrent donc d' y ramener le document volé, sur laquelle la maire avait apposé deux signatures, écartant la ville de tout danger. Mélina habitait sur la route, et il fut convenu de la déposer chez elle au passage. Tante April ne se joignit pas au convoi car, en pâmoison devant Vertu-man depuis qu' on l' avait délivrée, à grand coup de « mais qu' est ce que vous êtes beau, valeureux, juste, loyal, j' ai beaucoup entendu parler de vous, patati patata... » elle accepta d' être raccompagné par ce formidable gentleman lorsqu' il lui proposa, avec un air de fausse modestie ridicule. Quel couple, pensa Sonia en les voyant. La maire appela la police et leur ordonna de venir sur le champs chercher les deux hors-la-loi, elle se désigna pour rester avec elles en attendant. Vertu-man insistait pour rester un peu, au cas où. Faites ce que vous voulez, nous on y va, avaient déclaré les trois filles, pressées de quitter les lieux.
– Moui... On a quand même eu drôlement de chance.
– Je suis certaine qu' on leur aurait botté les fesses à nous deux !
– Surtout toi, avec ta bombe lacrymo, se moqua Vice-girl.
Sonia sourit.
– Nous avons sauvé la ville, sans nous Cruelle-girl aurait forcé la maire a signer et prit possession de la ville.
– La chance. On était au bon endroit, au bon moment.
– Pardon, intervint Mélina, mais c' est surtout la reine noire qui aurait pris possession de la ville.
– Cruelle, Satanic, une reine maintenant ! rigola Sonia, peu importe, il sera bientôt minuit et le documents est en notre possession, la ville est sauvé.
– Au bon endroit...au bon moment...répétait pour elle-même Clarisse.
Sonia, qui avait envie de bavarder, laissa Clarisse perdue dans ses pensées, et voulut faire la conversation à Mélina.
– Mais dis-moi Mélina, qu' alliez-vous faire là-bas avec ta patronne avant d' être capturée ?
– Madame Appletime est une grande journaliste, elle avait la conviction que la maire était en relation avec Elvire Von Luxus pour affaire. Elle avait réussi à obtenir des relevés téléphonique, je ne vous dit pas comment !
Cette information sembla intéresser Vice-girl, toujours en pleine perplexité.
– La banque...c' est ça le problème...
– De quoi tu parles ?
– À la banque Cruelle-girl a pris quelque chose dans le coffre de la maire mais quoi ?
– La maire te l' a dit lorsque tu lui a posé la question, elle les a mis sur une fausse piste pour gagner du temps.
– Elle a dit qu' il n' y avait rien dans son coffre, mais je ne la crois pas.
Son téléphone sonna, c' était la bibliothécaire.
– J' ai trouvée quelque chose, mais pas là où on s' y attendait. Rien n' a disparu aux enfers, alors par acquis de conscience j' ai inventorié les archives municipales et un document est manquant !
– Bonne nouvelle, nous l' avons déjà retrouvé, nous sommes en route pour vous le restituer. Pouvez-vous m' attendre ? J' aurais aussi besoin des feuilles des deux bavardes, vous voyez ?
– Oui, oui, pas de problème, je vous attends, j' ai de quoi patienter cette nuit.
– Merci, et...dites-moi...par hasard...quelqu' un a-t-il cherché à se procurer ce document récemment ?
– Non, pas à ma connaissance. Vu sa date, ce document est gardé précieusement, c' est un original unique !
– Très bien, je vous remercie.
– Par contre, et c' est ça le pire, il existe une copie parfaite empruntable et en libre accès à la bibliothèque. Ces voyous sont vraiment bête.
– C' est exactement le même ?
– Oui, un travail d' artiste pour conserver les reliefs et la typographie de l' époque, à ceci près que la copie n' a aucune valeur.
– Tiens donc et pouvez-vous me dire si ce document a été emprunté récemment ?
– Ça m' étonnerait ! Cette section de la bibliothèque est une zone morte, personne ne consulte jamais ce genre d' archive ! Attendez, je regarde sur l' ordi...ha tiens...en effet il a été emprunté il y a trois jours.
– Par qui ?
– Et bien par madame la maire en personne figurez-vous.
– Merci...
Vice-girl raccrocha, pensive, les yeux dans le vague. Sonia, qui avait entendu la conversation, demanda qu' est ce que ça voulait dire .
– C' est pourtant simple. Grâce à sa fonction, la maire fut la première au courant de l' existence de ce document. Elle l' a emprunté et enfermé dans son coffre, puis elle est entrée en contacte avec la reine noire pour faire affaire.
– Et la reine noire l' a doublée !
– Pas forcement ! Il se peut aussi que tout ça n' ait été qu' une mise en scène, un brouillard. Elles ont élaboré un faux enlèvement, puis le hold-up.
– Mais pourquoi ?
– Parce qu' il fallait que la maire sauve la face une fois tout terminé ! Il s' en fallu de peu, car malheureusement pour elles le document volé à la banque se révéla inutilisable, sinon la reine serait déjà en possession de la ville à l' heure qu' il est et personne ne songerait à accabler cette brave maire qui aurait tout fait pour protéger le document.
– En tout cas une chose est sûre : La maire est corrompue !
– Elle nous a joué la comédie. Voyant comment tournaient les événements, elle s' est menottée elle-même dans la voiture, elle a fait semblant d' appeler la police, et... mon dieu, comme nous avons été connes ! Le document qu' elle nous a remis sortait de la Mercedes, c' est évidement la copie que nous possédons ici !
– Et elle a l' originale ! Et nous l' avons laissé libre ! Avec ses complices !
Sur une avenue presque vide de la ville, une voiture de sport fit soudain un demi-tours frein à main et repartie en sens inverse en faisant crisser les pneus.
18
Bonjour ! C' est vertu-man ! Vous êtes bien sur mon répondeur, alors...
Vice-girl raccrocha, pour la troisième fois. Il ne répond pas !
– Il s' est peut-être fait capturer !
– Ou alors il batifole avec ta tante...
– T' es grave !
– On appelle les flics. Il faut réveiller le commissaire Pougnard ! C' est pas terrible, mais c' est tout ce qu' on a.
– On y sera jamais ! Combien de temps ça prend de signer une feuille ?
Vice-girl ouvrit la fenêtre en grand, détacha sa ceinture, sortit son buste.
– Je pars devant, rejoins-moi. Elle prit appui avec ses pieds sur le rebord de la fenêtre et s' envola d' une belle détente.
Pourvu que je n' arrive pas trop tard, pensai-t-elle en imaginant la scène qui pouvait l' attendre. Celle de Cruelle-girl victorieuse, ou alors la militaire qui devait avoir une procuration de Von Luxus. Mais le spectacle auquel elle eut droit fut tout autre. En effet, lorsqu' elle arriva au parking, Vertu-man était là ! Sauvée ! Il semblait avoir la situation bien en main. Il avait déployé un carcan pliable. Le carcan pliable rentre dans une valise, et une fois qu' on appuie sur un bouton, un carcan tout métallique prend forme. C' était une invention génial. Pratique, on pouvait l' avoir toujours à porté de main. Une fois déplié l' objet consistait simplement en une barre qui reposait au sol, sur laquelle s' élevait trois barres verticalement, un siège était fixé sur celle du bout, tandis qu' à l' autre bout se trouvait un anneau dans lequel on retenait les pieds du prisonnier, et la troisième barre, au milieu, passait entre les jambes tendues pour venir emprisonner les poignet. La version duo se composait de deux carcans cote à cote, il existait même des trios. Mais c' est la première fois que Vice-girl voyait un quarto. Tout à gauche, se trouvait Ilda qui faisait la tronche, ensuite Cruelle-girl qui boudait, puis la maire qui grognait puis Tante April bâillonnée. Et là c' était étrange. Que faisait Tante April prisonnière ? Autre étrangeté, un peu en retrait se tenait tranquillement un tout petit homme chauve assis derrière une planche sur deux tréteaux qui lui servait de bureau avec des papiers dessus.
– Vice-girl ! Comme je suis content de te voir ! s' exclama Vertu-man en la voyant arriver.
– Et moi donc ! La maire est dans le coup, elle nous a trompée.
– Oui, oui, je sais. On ne peut pas leur faire confiance. En vérité, on ne peut faire confiance qu' à soi-même ! Mais tout ça va bientôt changer. Je suis content que tu sois là pour assister à ce moment historique. Dans...( il regarda sa montre )... moins d' un quart d' heure, la ville va connaître le début d' une période de paix, de justice, et de vertu.
– Et qu' en pense Tante April ?
– Oh, elle sera libre dans quelques minutes. La Tante de ta copine est quelqu' un de très attaché au bien public, elle est sûrement communiste ou quelque choses comme ça, rigola-t-il, mais elle se trompe car pour lutter contre le mal qui ronge cette ville, on ne peut pas faire confiance à des gens comme ça, s' indigna-t-il en désignant la maire du doigt.
– Elle ira en prison, il y aura des élections, un nouveau maire.
– Lui aussi corrompu ! s' emporta Vertu-man. Non, il n' y que nous Vice-girl, toi et moi nous ferons régner l' ordre morale dans cette ville.
– Comment ?
– Par des lois ! Par exemple nous forcerons les gens à s' habiller d' une certaine manière, nous légiférerons les relations sexuelles, nous interdirons les rapport trop pervers, nous...enfin je ne sais pas ! Nous jetterons en prison tous les gens dont les mœurs sont pervertis.
– Ça risque de faire du monde. Autant construire un mur autour de la ville, tu l' auras ta prison.
Vertu-man rigola.
– Je reconnais bien là ton humour, mon amie.
Vice-girl, une main dans le dos, se concentrait pour y faire apparaître une boule d' énergie. Il ne lui manquait plus qu' une bonne réplique de film avant de la projeter.
– Dis-moi "ami", quand vertu-man a-t-il abandonné la vertu pour le rigorisme ?
– Je serais toi je ne ferais pas ça, menaça Vertu-man en se plaçant près de Tante April, coupant Vice-girl dans son élan. Si tu tentes quoi que ce soit, je la tue.
La boule d' énergie s' éteignit derrière son dos et la belle héroïne dû se rendre à l' évidence : elle ne pouvait rien tenter sans mettre la vie d' April en danger.
– C' est bon, je me rends.
– Bien, ne bouge surtout pas. Cruelle-girl ?
– Quoi ? répondu maussadement la vilaine.
– J' ai un marché que tu ne pourras pas refuser. Il faut que tu te rendes à l' évidence de la situation : j' ai gagné. Normal, je suis le plus fort. Alors essaie d' en tirer le meilleur parti. Dis-toi que quoi qu' il arrive je vais vous détacher, toi et ton amie la colonelle, la question est de savoir QUI je vais détacher en première, si tu vois ce que je veux dire ?
– Je vois.
– Parfait, faisons simple : donne-moi le document, je te détache et tu fiches le camps avec la caporale.
– Jé suis Général triple andouille et je interdit de me donner à...
– J' accepte ! s' écria Cruelle-girl. Dans la boite à gant, le code est 666, il y a des codes partout maintenant.
– Marché conclu.
Et Vertu-man, en appuyant sur la télécommande, délivra Cruelle-girl qui lui remit le document comme convenu.
– Elle va t' avoir, intervint Vice-girl, elle est plus puissante que toi.
Cruelle-girl éclata de rire.
– Ma belle, si tu savais...j' en ai strictement rien à foutre d' être le maître de cette ville pourrie. Ça ne m' a jamais intéressée, je suis déjà le maître dans cette ville, j' y fais déjà absolument tout ce que je veux. Que pourrais-je avoir de plus ? Que va m' apporter ce bout de papier ? Moi, tout ce qui m' intéresse c' est ça, déclara Cruelle-girl en posant sa main sur la tête d' Ilda qui remua pour s' en défaire. À toi te respecter ta part du marché, Vertu-man, aide-moi à charger ma marchandise.
– D' accord. Allez ma chère Vice-girl, si tu veux bien prendre la place de Cruelle-girl.
À contre cœur, Clarisse s' assit sur le siège, plaça d' abord ses poignets sur l' anneaux de fer qui se ferma avec un clic, puis tendit ses jambes et déposa ses chevilles sur l' anneau qui lui aussi se referma instantanément : elle était prisonnière.
19
Cruelle-girl démarra la camionnette avec à ses coté la Générale Ilda torse nu, attaché sur le siège passager. On lui avait retiré tout ses vêtements du haut, elle n' avait gardé que ses bottes et son pantalon, ses bras était ramenés en arrière pour se retrouvés attaché derrière l' appui-tête ayant pour double effet de découvrir ses aisselles et d' exhiber sa poitrine. Ses jambes étaient aussi attachés, enfin une sangle passait sur sa taille et une autre sur son front qui maintenait sa tête droite contre le siège, si bien que son immobilisation était totale. Elle avait une sorte de patch fin et rond collé sous chaque aisselle, ainsi que trois autour de chaque sein. Quatre en vérité, le quatrième étant sur le bout du sein.
– Quoi être ça ?
Ilda était inquiète, son visage n' avait pas la même expression autoritaire que d' habitude, elle se sentait terriblement sans défense, à la merci de son ennemie. Elle ne pensait pas finir comme ça.
– Oh ça ? C' est un patch-atouille. C' est tout nouveau, c' est normal que tu ne connaisses pas. Ce n' est même pas encore sorti, mais crois-moi ça va faire fureur ! Ce truc va reléguer le guilliteur au rang des antiquités, l' informa Cruelle-girl en appuyant sur le bouton ON.
Totalement impuissante, la générale Ilda poussa un petit cri et écarquilla les yeux en sentant les premiers effets sous ses bras et sur ses seins.
– Non ! Non ! Inzuportable ! Moi demande pitié.
– Déjà ? On va vraiment bien s' amuser toutes les deux. J' adore les physiques puissants comme le tien. J' ai hâte de voir ta plante de pieds, elle doit être grande et large. Tu chausses du combien ? 44 ?
– Nein ! 43 ! précisa docilement Ilda qui commençait à partir dans un rire incontrôlé. Retenue par la sangle sur son front, elle ne quittait pas la route des yeux et vit l' air libre lorsque la camionnette sortit du parking.
– Génial, on commencera par quatre patch-atouilles sous chaque pied.
– Da, moi aimer ça, avoua-t-elle.
– Comment ? Tu veux dire que tu es chatouilleuse ? Ou tu veux dire que tu apprécies te faire chatouiller ?
– Da, j' aime zubir les chatouilles. Ça m' exzite.
Elle avait un peu honte de l' avouer, mais en subissant un supplice si affreux que celui qu' elle subissait en ce moment, elle avait l' étrange envie de tout révéler à sa tortionnaire. Oui, vraiment elle ne pensait pas finir comme ça, mais il fallait se rendre à l' évidence, elle était la prisonnière de Cruelle-girl maintenant.
– Intéressant. La générale Ilda n' est donc pas une dominatrice. Tu es une soumise n' est-ce pas ?
– Da! Da !
– C' est pour ça que tu convoques certaine des nouvelles employées dans ta chambre le soir, afin qu' elle te chatouille ?
– Da !
– Et comme elle sont novices, elles n' y vont pas trop fort.
– Da ! J' avoue tout !
– Te voilà enfin bavarde. Je sens qu' on va vraiment bien s' amuser, par contre je suis loin d' être une novice. Je vais te rendre encore plus bavarde.
– Nein ! Pitié !
Ainsi la camionnette avança dans la rue, avec à son bord Ilda, honteuse d' être ainsi humiliée, riant et suppliant qu' on mette fin à son supplice tellement les sensations que lui procurait les chatouillis lui étaient insupportables, à elle et à son amour propre, et pourtant en adorant ça et en souhaitant que sa tortionnaire s' occupe d' elle comme il faut. La camionnette tourna au coin de la rue. Il s' en fallu d' une seconde pour qu' elle croise la voiture de sport. Une seconde plus tôt, Sonia se serait retrouvé nez à nez avec la camionnette. À travers le pare-brise elle aurait vu Cruelle-girl tout sourire et la générale Ilda, tête haute, les bras en arrière, seins nus, hurlant de rire. Et alors peut-être elle l' aurait suivit. Mais elle arriva la seconde d' après et se précipita au dernier étage du parking souterrain.
20
À peine la camionnette fut-elle partie, que Vertu-man força la maire à signer le précieux papier puis le posa sur le bureau improvisé du petit monsieur chauve silencieux. Son triste forfait accomplit, il n' eut qu' une seule idée en tête. Il alla s' asseoir devant Vice-girl.
– Ha ma chère Vice-girl, si on m' avait dit que ce jour arriverait. Si tu savais comme j' en ai rêvé. Je ne peux attendre plus longtemps.
Il prit un de ses escarpins et lui enleva doucement. Petit à petit se dévoila son pied enfermé dans un bas nylon plutôt transparent. Il le coinça dans sa main et se servit de la pointe de l' escarpin pour titiller sa plante. Vice-girl serra les dents. Puis ce fut au tour du deuxième pied, selon le même rituel. Il contemplait maintenant les deux pieds à travers le fin voile du nylon. Je me suis toujours posé la question de la sensibilité de ta douce peau, je crois que je vais être fixé, se mit a rêver tout haut le traître devant son ancienne collègue. Il déchira le bas nylon de son pied droit sans aucun ménagement et sortit une plume dont l' apparence aurait fait trembler n' importe quelle personne chatouilleuse tant elle semblait douce et soyeuse. Lentement il passa la plume sous le pied de Clarisse qui serrait les dents de plus belle. Il l' agita sous ses doigts de pied avec des petits va-et-vient rapides, elle fermait les poings dans son entrave en tourna la tête de gauche à droite, toujours les dents serrés. Puis les hostilités commencèrent vraiment, la plume parcourait sa plante de pied de bas en haut, puis de haut en bas, l' obligeant à baisser la tête pour se concentrer, en se pinçant délicatement le coin de la lèvre avec les dents. Les duveteuses caresses irritantes de la plume devenaient insoutenable, des petits gémissements lui échappèrent. La plume faisait son office, Vice-girl releva la tête au ciel en un long gémissement plaintif tout en plissant les yeux tellement elle se retenait. Et puis soudain on l' entendit : perçant le silence oppressant, résonnant contre les murs, un bruit de moteur puissant indiqua qu' une voiture était sur le point de faire irruption à toute allure. Qu' est-ce que c' est encore que ça ! s' offusqua Vertu-man. Avant de se relever, il coinça la plume entre deux orteils de Vice-girl, qui put souffler malgré que sa plante de pied la démangeait encore un peu des caresses subies.
21
En sortant de la voiture, la surprise fut aussi de taille pour Sonia. Quel tableau ! Que Vertu-man soit présent et la maire capturée, très bien. Que Tante April soit prisonnière, c' est étrange. Mais que Clarisse soit elle aussi prisonnière, sans chaussures, une plume entre les doigts de pied, c' est très étrange. Excitant mais très étrange. Sans compter que les deux malfaitrices avaient disparu. Et le petit chauve, là-bas, qui a l' air de s' ennuyer, c' était qui ? Décidément ça faisait beaucoup de bizarreries. Elle ne savait pas quoi répondre à Mélina lorsque celle-ci, l' ayant rejoint, lui demanda avec un peu d' appréhension ce qu' il se passait ici, et se contenta de lui conseiller de s' en aller attendre la police pour les guider jusque là. Mélina parti en courant accomplir sa mission, et Sonia, tout en s' approchant commençait à comprendre en croisant le regard de Vertu-man.
– Regarde qui voilà, c' est ta nouvelle copine. Comment tu t' appelles déjà ?
– La police sera bientôt là, tenta Sonia pour voir.
– Lorsqu' elle arrivera elle sera sous mes ordres, en toute légitimité.
– Il n' a pas encore signé le document ! cria Clarisse à son amie.
Vertu-man secoua la tête en rigolant.
– Je ne peux pas signer le documents, sinon je l' aurais déjà fait. Mais je n' en ai pas besoin de toute façon. La ville sera bientôt à moi, se vanta-t-il en regardant sa montre.
Il était 23h56.
– Mais bien sûr ! comprit soudain l' étudiante en droit, le document est un contrat de rétrocession capacitatif d' obligation réciproque tricéphale. Le baron de Meurtanv a cédé la ville à la communauté en legs d' usufruit compensateur à durée prénomative. Les ayants-droit, en leur qualité de chargé d' affiliation, ont toute qualité pour procéder à la désignation sus-rendu en forme et en droit de la charge des prérogatives de la reconduction conventionnelle inhérente à l' acte initiale de ratification !
– Absolument ! approuva le petit homme chauve d' une voix aiguë, attirant sur lui tous les regards. À condition toutefois d' impartir la recevabilité dans les conditions de tutelles minimisatrices. Mais ça, c' est évident.
– Oui, oui, évident, reprit Vertu-man avec audace. Mais pour ceux qui n' aurait pas compris, il existe trois cas de figure, dans tout les cas la représentante de la ville ( la maire ) doit signer sa partie. Si elle signe également dans l' autre partie, la ville reste entre les mains de la communauté. Si quelqu' un d' autre signe, la ville appartient juridiquement à cette personne. Et enfin si personne ne signe en face de la signature de la maire,...
– Le ville revient au descendant du Baron de Meurtanv, termina Sonia, et laissez-moi deviner...
– Exactement ! Tous les papiers prouvant mon lien de parenté avec le baron sont ici en possession de Maître Carré, huissiers de justice. Il va également authentifier que le document est resté vierge de toute signature jusqu' à minuit. Et alors, je serais officiellement le dirigeant tout puissant de cette ville. À moins que d' ici trois minutes, vice-girl, Tante April ou toi-même ne signiez le document, mais j' en doute fort, n' est-ce pas ?
– Pourquoi fais-tu ça ? Tu va entacher ton honneur pour la possession de quelques biens immobilier ? tenta de le résonner Sonia.
– Je connaissais l' existence de ce papier depuis longtemps. Je vais accomplir mon destin. Pour faire triompher la morale et obliger ces dépravés d' habitant à rentrer dans le droit chemin.
– Vertu-man, c' est pur folie, dit-elle tristement. On ne peut pas forcer les gens. La seule chose que l' on peut faire, c' est montrer l' exemple.
– Belle parole que tout ça ! Moi je vais les forcer.
On entendait se rapprocher les sirènes de police. Sonia parlait calmement, sagement. Il était 23h58.
– En faisant ainsi tu rajoutes de l' immoralité dans ce monde immoral. Tu rajoutes ta goutte de poison. Il faut se comporter comme l' antidote. Nous ne sommes pas responsable des actions d' autrui, mais nous sommes responsable de notre comportement à nous. Comportons-nous de manière exemplaire, du mieux que nous pouvons, et l' antidote se répandra. Certes, les hommes peuvent craindre la contrainte mais ils ne s' y plient jamais, les hommes ne cherche pas à suivre un ordre, c' est un exemple que les hommes cherchent à suivre.
– Mon cul oui !
Trois voitures de police déboulèrent sur le parking en dérapage. Les agents en sortirent, et cachés derrière la voiture, pointèrent leur armes sur Vertu-man. Le commissaire Pougnard s' avança en cranant un peu, les mains dans les poches de son grand imper. À son poignet sa montre indiquait 23h59.
– Rends-toi, Vertu-man, tu es cerné.
Sonia, tout d' un coup, se précipita vers la table de l' huissier en mettant la main dans sa poche. En un éclair, Vertu-man se trouvait juste devant elle, peu avant qu' elle n' atteigne la table.
– Donne-moi ton stylo, gamine.
– J' en ai pas.
– Dépêche-toi.
Sonia gardait la main dans sa poche, sur ses gardes, les yeux menaçant. Il y eu un silence qui dura trois secondes, et puis ce silence fut troublé par un son de cloche retentissant. La cathédrale ne se trouvait qu' à quelque rues du centre commerciale et le premier coup de minuit résonna dans le parking.
DING !
– J' en ai pas.
Elle sortit de sa poche une petite bombe lacrymo et aspergea les yeux de Vertu-man !
DING !
Le premier réflexe de Vertu-man fut de se frotter les yeux en se pliant en deux ! Sonia passa sur le coté, mais le héros-vilain la sentit passer près de lui et la ceintura à l' aveugle.
DING !
Elle tentait de se dégager de son étreinte mais n' y parvenait pas. Même affaibli, les yeux fermés, il ne lâchait pas. Sonia ne parvenait pas à se soustraire alors elle se jeta au sol et les deux combattants se retrouvèrent à terre enlacés dans une lutte.
DING !
– Commissaire ! Hurla Sonia, allez signer le papier ! Vite ! Je le tiens !
DING !
Le commissaire mit au moins une seconde avant de sortir du potage et se précipiter vers la table.
DING !
Il arriva devant la table en fouillant dans toutes ses poches, tandis que Sonia peinait à retenir au sol Vertu-man et ses yeux éclatés.
DING !
Enfin le commissaire trouva son stylo.
– Merdouille ! jura-t-il en regardant ses mains, il fuit !
DING !
Tout le monde regardait le commissaire se pencher sur la feuille, sauf évidement Vertu-man dont les yeux piquaient et pleuraient. Le commissaire se releva en regardant benoîtement son stylo.
– Merdouille ! Y a plus d' encre ou quoi ! fit-il en le regardant bêtement.
DING !
Mélina, qui avait toujours un stylo sur elle, se précipita en tenant son bic à bout de bras !
– Apportez le papier à Mélina ! hurla Clarisse, alors que l' affreux Vertu-man s' était relevé. Sonia était accrochée à sa jambe.
DING !
Le commissaire et Mélina allaient à la rencontre l' un de l' autre. Ils sont trop loin, ils n' y arriveront pas ! pensa Clarisse. Ses poignets toujours prisonniers de l' anneau de métal, elle ouvrit les paumes de ses mains.
La feuille et le stylo s' échappèrent des mains de leur propriétaire pour voler jusqu' à celle de Vice-girl. Elle s' apprêtait à signer.
DING !
La feuille partit de sa main juste avant que la pointe du stylo ne la touche ! Elle resta le stylo dans le vide, hébétée. En relevant la tête, elle vit Vertu-man, les yeux plissés, le bras en l' air tenant la feuille comme la statue de la liberté tient sa torche, Sonia encore accroché de tout son long à sa cheville.
DING !
22
L' habitude aidant, l' attente d' un nouveau son de cloche qui ne venait décidément pas fut si intense que l' instant qui suivit le douzième et dernier coup fut pénétré d' un silence abominablement épais. Tout le monde désespérait. C' était fini. Bel et bien fini. Sonia lâcha Vertu-man, Clarisse le stylo, Mélina un soupir, Pougnard un gaz, discrètement. Vertu-man faisait des Ha Ha ! diaboliques et des j' ai gagné ! Il était triomphal et en même tant tellement ridicule avec ses yeux à moitié fermés. Si l' instant n' avait pas été aussi tragique, c' eut été comique de voir le contraste entre la joie qu' il essayait de manifester et la douleur qu' il peinait à contenir, en train de chialer avec ses yeux tout rouges qui piquaient. Il se dirigea tant bien que mal, comme un mal-voyant, le bras en avant, vers l' huissier qui rangeait déjà ses affaires et lui remit le document, puis tenta d' accoucher dans la douleur d' un discours bien qu' il mourrait d' envie d' aller se rincer les yeux. Il fallait assurer son nouveau rôle de maître de la ville. Bon, il choisit la rapidité et la simplicité et commença par vous allez me le payer ! Il comptait enchaîner sur je suis tout puissant, lorsque le petit homme chauve prit la parole.
– Un instant, dit l' huissier en montrant le document à Pougnard, est-ce bien votre pouce ici, monsieur ?
Pougnard regarda le document, puis ses mains. Elles étaient pleine d' encre. En prenant le papier pour l' apporter à Mélina, il avait laisser l' empreinte de son pouce juste en bas de la feuille.
– Oui, c' est bien mon empreinte.
– Compte tenu de l' endroit où elle se situe, elle vaut signature, affirma l' huissier en rangeant le contrat dans son porte-documents pour s' en aller. Messieurs-dames je vous souhaite une bonne nuit. Monsieur Vertu-man, dit le petit homme en saisissant le bras de son client sidéré pour en serrer énergiquement la main molle, vous recevrez mon constat portant preuve que le contrat fut signé deux secondes avant échéance accompagné de mes honoraires, je vous rappelle que toute journée entamée est dû intégralement.
Puis l' huissier s' en alla, il avait du travail demain.
Pougnard s' avança vers un vertu-man médusé, les yeux rouges et gonflés, les joues humides de larmes, qui n' arrivait même pas à baisser le bras que l' huissier lui avait levé. Il sentit une menotte se refermer sur son poignet.
– Au nom de la loi, je vous arrête.
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polk - il y a 7 ans
Quelques semaines après...
Pureté-woman et Elvire Von Luxus la reine noire
Les travaux de rénovation de la villa allaient coûter très chère à Von Luxus, mais pas autant qu' à Pureté-woman qui n' avait pas réussi à vaincre sa puissante ennemie. Le sous-sol de la villa avait été épargné, et dans la cellule voisine de Maitresse Démonia, on pouvait voir dépasser une paire de pieds métisse. Un escarpin noir et un blanc étaient suspendus par leur haut-talon à un barreau horizontale, de chaque coté des pieds. Entourée de deux employées, la reine noire, toujours parée de son impassibilité froide, descendait l' escalier qui allait la mener devant les pieds de son adversaire déchue. Des deux mains, elle parcourut les plantes de pied à sa merci. Pureté-woman, impuissante, se mit à rire sous les doigts agiles de sa geôlière. Au bout de cinq minutes elle hurlait de rire. Quand la reine fut satisfaite de la voir ainsi et de l' entendre supplier, elle ordonna aux deux employées de l' emmener dans la nouvelle salle et de la préparer.
Quelques temps après, Pureté-woman se voyait, bras et jambes écartés, suspendu à quelques centimètre du sol par les bras. Deux chaînes aux chevilles et deux aux poignets la maintenaient ainsi en étoile. Mise à part ses escarpins, on lui avait remit son costume mais avant cela on lui avait collé de drôles de trucs partout sur le corps. C' était des espèces de patch. On l' avait recouverte d' au moins une trentaine de ces patch sur l' ensemble du corps. Les employées parties, il ne restait dans la pièce qu' un fauteuil vide, en face d' elle. La reine entra, silencieuse, les escarpins de son ennemie dans la main. Elle se baissa, lui posa un patch sous chaque pied avant de lui remettre ses chaussures.
– Qu' est-ce que vous faites ? s' inquiéta Pureté-woman qui trouvait ça bizarre.
– Si je m' abaisse à vous chausser plutôt qu' à vous déchausser, c' est pour avoir le plaisir de vous voir me supplier dans votre beau costume.
Elvire Von Luxus alla s' asseoir dans le fauteuil avec distinction. Pureté-woman tira sur ses liens, sans effets.
– Détachez-moi, ça suffit maintenant.
– J' ai cassé ma tirelire pour m' acheter le dernier jouet qui sera très bientôt à la mode. Vous me direz ce que vous en pensez. Je vais rester là un bon moment. J' espère que mes employées n' ont oublié aucun partie. Vous en avez sous les aisselles ? Le ventre, les seins, les fesses ? Les jambes, les bras ? Le dos ? Les cuisses ? Elles n' ont pas oublié vos cuisses au moins ? On ne voit vraiment rien, vous êtes resplendissante dans votre costume, ma chère.
– Vous allez me dire ce que vous comptez faire au juste ?
Pour toute réponse la reine noire leva la main et montra la télécommande avec son pouce près à appuyer. À ce moment là, Pureté-woman se rendit compte de quoi il pouvait s' agir, une brève image lui vint, elle présuma de ce que pouvait faire ces petits patchs mais n' osa pas y croire, non ce n' était pas possible, la technologie ne permettait pas ça. Ces touts petits ronds sur sa peau serait capable de...non, non c' est impossible. En plus elle en avait partout !
Le reine s' installa confortablement pour assister au spectacle et appuya sur le bouton. Les patch-atouilles s' activèrent et entrèrent en résonance, faisant vibrer leurs micros-poils soyeux sur la peau métisse de la plus puissante des héroïne qui allait comprendre ce que le mot supplice veut dire.
Cruelle-girl et la Générale Ilda
La générale Ilda rentra au service de Cruelle-girl. Il faut dire que dès le premier soir, une fois la camionnette garée dans sa propriété personnelle, Cruelle-girl conduisit Ilda dans sa salle de torture privé au bout d' une laisse, toujours torse nu et les mains derrière la tête, encore riante sous l' emprise des patch-atouilles. Elle fut mise en carcan, debout avec la tête et les mains enfermées. Cruelle-girl s' amusait à lui chatouiller le visage avec une toute petite plume duveteuse, tout en l' interrogeant sadiquement sur ses fantasmes. La pauvre Ilda dévoila un nombre incroyable de penchant pervers. Les patch-atouilles ne lui furent retirés qu' un fois qu' elle eut avoué suffisamment de choses. Sa tortionnaire caressa ses cheveux.
– Il va falloir que tu m' offres tes pieds, maintenant.
– Nein, pitié ! Chatouille zous les pieds trop atroze !
Elle eut beau dire qu' elle n' avait pas l' habitude qu' on s' occupe de ses pieds, que dévoiler ses pieds était honteux pour une gradée comme elle, rien n' y fit et elle se retrouva bientôt les deux pieds enfermés dans un carcan. Cruelle-girl décida de découper la semelle de ses bottes. Devant les plaintes émises par la Générale dégradée, elle lui chatouilla le ventre jusqu' à ce qu' elle accepte en silence le déshonneur de voir vulgairement découper ses si belles bottes cirées tout les jours. Comme ce fut agréable de voir apparaître enfin la plante de pieds, immense et majestueuse, de la plus terrible et redoutée tortionnaire du donjon de la reine noire. Elle fut soumise à différents supplices toute la nuit durant, ce n' est qu' au petit matin que Cruelle-girl alla se coucher en abandonnant sa prisonnière épuisée dans une belle chambre d' amie de sa demeure. Attachée simplement par la cheville sur un lit confortable, la générale Ilda s' endormit comme un ange. À son réveil il faisait jour. Elle constata que la chaînette d' un mètre qui reliait sa cheville au pied du lit était mal attachée. Elle put s' en délivrer facilement et sortir de la chambre. Là-bas, au fond du couloir, une porte floquée du logo de Cruelle-girl attira son attention, elle ouvrit tout doucement la porte. Deux hautes fenêtres étaient ouvertes, le vent faisait voler les grands rideaux blancs. Sur un gigantesque lit dormait Cruelle-girl. À coté du lit se trouvait un carcan. Ça alors, se dit-elle, même dans sa chambre ! Celui-la doit servir pour les invités prestigieux. Elle pénétra à l' intérieur de la pièce sans un bruit. Sur le lit, Cruelle-girl, couchée à moitié sur le ventre, à moitié sur le coté, dormait à poings fermés sous un fin drap de soie blanc qui la couvrait entièrement excepté ses pieds qui dépassaient un petit peu. La général Ilda contempla les pieds de Cruelle-girl qu' elle connaissait un peu pour les avoir chatouillés hier. Ils était à nouveau à sa merci. Elle pouvait la capturer sans problème et la soumettre à la plus terrible des vengeances.
Cruelle-girl avait délibérément laissé la chaînette mal fermée. Déjà réveillée, elle entendit la générale entrer dans sa chambre et faisait semblant de dormir, prête à riposter à la moindre tentative. Mais il n' y eut pas de tentative. Lorsque Cruelle-girl ouvrit les yeux, ce fut pour découvrir Ilda installée dans le carcan près de son lit. Elle se leva et, entièrement nue, s' approcha des grands pieds généreusement offerts pour son petit déjeuné. Elle longea d' une caresse toute la longueur de la plante de pieds d' un doigt taquin.
– Tu vas travailler pour moi.
– Da, frémit Ilda.
Yasmine Azerniumachikovich la bibliothécaire et Satanic woman
Yasmine garda Satanic-woman prisonnière toute la nuit avant de la livrer à la police, totalement anéantie. Elle purge sa peine dans une prison où son petit grain de folie sème la pagaille parmi ses codétenues dont aucune ne veut partager sa cellule, se plaignant de certain traitement particulier de sa part, mais aussi parmi le personnel pénitentiaire chez qui on dénombre déjà deux burn-out. Sauf à la bibliothèque de la prison, où elle a étrangement une attitude irréprochable, tout le monde attend impatiemment qu' elle s' évade, ce qui ne devrait pas tarder.
Des détenues de la prison ou bien des usagers de la bibliothèque où travaille Mme Azerniumachikovich, on ne sait qui sont les plus à plaindre. Un quidam pénétrant en ce moment même dans la bibliothèque, et qui ne connaîtrait pas le secret de la bibliothécaire, pourrait se demander ce que fait actuellement ce couple d' étudiant, un mec et une fille qui discutait un peu trop fort, assis tous les deux devant son bureau sans faire le moindre mouvement. Leur pieds nus sont posés sur le bureau, et les plantes de pieds qui font face à Yasmine en train de travailler semblent humide du talon jusqu' aux orteils. C' est que la bibliothécaire, à force de tester différents dosages d' ingrédients, a trouvé le moyen de contrôler le temps d' effet des lotions, ce qui lui permet d' infliger des punitions de dix minutes plutôt très efficaces.
Miss Agatha Appletime et Mélina
Avoir décroché un entretien avec l' inspecteur relevait déjà de l' exploit. À présent assise devant le bureau où l inspecteur se tenait droit dans son fauteuil, Mélina peinait à obtenir des informations juteuses sur l affaire qui défrayait actuellement la chronique. L' inspecteur, jeune homme impeccable, avait les bras posés sur le bureau, tenait un stylo entre ses deux mains et répétait à l' envie le mot confidentiel.
– Je suis vraiment désolé mademoiselle, mais je ne peux vous en apprendre davantage sur l' enquête en cours.
– Au moins, dites-moi si la police est sur une piste ? Et qu' en est-il de ces prétendus inscriptions trouvées sur les lieux ? Que disent-elles ?
– Tout ceci ne concerne pas la presse. Je ne peux rien vous dire de plus, navré.
Mélina, sur le point de s' en aller, se ressaisit. Allez, se dit-elle, tu joues dans la cours des grands maintenant.
– Et moi je pense que vous pouvez me le dire.
Elle ôta un de ses escarpins et le posa sur le bureau. Non, en fait je pense que vous allez tout me dire. Elle posa son deuxième escarpin sur le bureau. Elle recula sa chaise, lança ses jambes en l air et croisa ses chevilles sur le bureau de l inspecteur, ses plantes de pied bien en évidence devant lui. Son stylo lui en tomba des mains, il déglutit et bégaya quelque chose.
– Heu oui peut-être, on peut voir...
– C' est tout vu. Vous allez me dire tout ce que je veux savoir.
– Oui... commença l inspecteur avant d être coupé par la jeune journaliste.
– Mais pas maintenant.
– Pourquoi ?
– Parce qu' on ne parle pas la bouche pleine, susurra Mélina en pointant ses pieds d' un doigt autoritaire.
La voiture de sport attendait devant l' immeuble, Miss Appletime regarda Mélina sortir d' un pas léger et venir la rejoindre. À peine avait-elle refermé la portière passager qu' Agatha la questionna.
– Alors ?
– C' est bon, déclara fièrement Mélina dans un sourire, j' ai toutes les infos qu' il nous faut.
Tante April Milifio et le commissaire Pougnard
Après avoir été incompétent à son poste de commissaire, Augustin Pougnard occupait donc maintenant la fonction de maire, en qualité de régisseur de la ville. Incroyable de voir comment en ce monde le jeu des coïncidences peut parfois jouer en faveur de certaine personne qu' on imaginait pas atteindre de tels statuts. Heureusement, April Milifio accepta chaleureusement de lui prêter son concours et devint sa principale adjointe. De fait, le rôle de Pougnard en tant que maire consistait principalement à signer des documents.
– Signez là...et là...et encore une là...merci.
– Dite April, je voulais vous demander...lors de votre enlèvement, y a-t-il eu une vidéo de tourné ? Parce que...pour les besoins de l' enquête, il faudrait que je sois au courant, vous voyez ?
– Je vois très bien. Non, il n' y a pas de vidéo.
– D' accord, fit le commissaire en cachant mal sa déception, mais j' y pense : et si vous vous accordiez une petit pause, vous travailler beaucoup !
– Hum...vous voulez dire une pause comme la dernière fois ?
– Oui, si vous voulez, je veux bien vous octroyer un petit massage.
– Désolé, j' ai beaucoup de travail, regretta April en tournant les talons. Après quelques pas elle se ravisa. Hum...c' est d' accord mais rapidement alors !
– Oui, oui, très rapide ! jubila Pougnard
Tante April vint s' asseoir sur une chaise près de lui, ôta ses chaussures et posa ses pieds sur les genoux de Pougnard qui les saisis à pleine main pour leur prodiguer un succulent massage.
– Mais que ça ne devienne pas une manie, surtout avec d' autres employées que moi hein ! Vous ne voudriez quand même pas qu' éclate un scandale parce qu' on apprendrait que le maire incite ses collaboratrices à accepter des massages de pieds !
Sonia Milifio et Clarisse alias Vice-girl
Il n' y a pas grand chose à dire sur Clarisse et Sonia à part qu' elles sont très amies. Malgré leur désir réciproque, elles se voient peu pour le moment car Sonia bûche sur sa thèse, par conséquent elle sort peu et n' a pas la tête pour autre chose. Clarisse lui rend parfois visite, ça finit souvent en bataille de chatouille sur le lit. À propos de ça, il se trouve que chacune a émis le désir de chatouiller l' autre attachée, mais aucune ne veut se laisser attacher et chatouiller par l autre. Toi d' abord, disent-elles. Les deux têtes de mule ne veulent pas céder. Quand clarisse fait des avances à Sonia, elle se voit menacée d' être elle-même soumise au supplice, et inversement. Voila comment la plupart du temps tout ça finit en une bonne bataille de chatouille. Mais ce n' est pas assez satisfaisant. L' idée, c' est Clarisse qui la trouva : et si elles étaient attachées et chatouillées toutes les deux en même temps ! Comment est-ce possible ? s' étonna Sonia. Vice-girl l' emmena chez elle, où les attendait un duo de carcan pliable.
– C' est simple, expliqua clarisse, tu vois ces patchs? Ce sont des patch-atouilles à retardement. On en met deux chacune sous notre plante de pied, puis on prend place côte à côte dans le carcan.
– Génial, je suis séduite par l' idée d' être toutes les deux chatouillées ensemble ! Ça peut vraiment être sympa ! Comment on procède ?
– On se met un patch sous chaque pied, réglé sur une minute, ce qui nous laisse le temps de nous installer dans le carcan. On garde la télécommande du carcan dans les mains pour l' ouvrir dès qu' on craque, attaché par une corde à notre poignet pour plus de sécurité, et on attend que notre supplice arrive !
– D' accord, mais on règle sur 4 minutes, ça sera plus rigolo !
– Laisse-moi te mettre les patch-atouilles.
– Pas de coup fourré j' espère ? gronda Sonia les sourcils froncés.
– Si tu penses qu' une fois que tu seras prisonnière, je ne vais pas faire de même et profiter de toi, je suis déçu que tu me prêtes d' aussi piètres intentions.
– Bon, très bien !
Sonia posa sur l' anneau de métal rembourré au bout du carcan ses pieds nus munis chacun du terrible petit rond chatouilleur. Clarisse fit de même juste à coté. En se penchant un peu, leurs épaules pouvaient se toucher. La tige de métal du milieu dépassait de leur cuisse et elles livrèrent leurs poignets à l' anneau ouvert qui le terminait. Deux boutons sur la télécommande, un pour ouvrir, un pour fermer. Elles appuyèrent ensemble et les carcans se refermèrent d' un coup. Elles n' avaient plus qu' à attendre. Ce fut un moment délicieux. Elle se regardait en rigolant pleine d excitation et d appréhension mêlées. Elles savaient que dans pas longtemps (mais quand ?) elles allaient être soumises toutes les deux en même temps au plus affreux des supplices.
– J' en peux plus ! Ça commence quand ? rigola clarisse.
– Je suis sûr que je vais tenir plus longtemps que toi !
– Là, tu rêves !
Elle arrêtèrent de parler, sentant pleinement l' imminence de leur destin, mais continuant de se regarder de temps en temps en souriant. Soudain ça commença ! Il ne fallut pas attendre longtemps pour que leur rire éclatèrent et s' enlacèrent. Elles subissaient côte à côte des chatouilles sans pitié, en se tordant de rire autant que leur entrave leur permettait. Parfois elles se regardaient en souriant. Mais peut-on vraiment dire qu' elles se souriaient alors qu' elles étaient en train de rire ? Et bien oui. C' est en cette occasion qu' on voit des sourires qui passent par le regard, et qu' on comprend qu' un sourire, c est juste un lien d' amour tendu entre l' âme de deux personnes. Difficile à dire combien de temps dura ce moment, mais c' est Sonia qui craqua la première. Sûrement que clarisse a davantage d' expérience dans le domaine, se dit-elle à bout de force, pour se convaincre qu' elle n avait pas à rougir d' avoir perdu, et elle appuya sur le bouton. Elle n' avait qu' une envie, retirer ces trucs pour mettre fin à ce supplice, à cette sensation de chatouille qui lui faisait gigoter les doigt de pieds et se tordre de rire. Mais contre toute attente, c' est le carcan de Clarisse qui s' ouvrit et non le sien. Avant qu' elle ne comprenne quoi que ce soit, Clarisse enleva ses propres patch-atouilles, sortit de son carcan et retira ceux de Sonia qui put souffler.
– Pourquoi ça n' a pas ouvert le mien ?
– Parce que j' ai truqué la télécommande, on ne m' appelle pas Vice-girl pour rien, répondit tranquillement la friponne avec un clin d' œil.
Elle fit le tour du carcan pour venir derrière Sonia lui faire d' une main des guilis dans le cou, du coté droit. Lorsqu' elle pencha la tête pour se protéger de la lâche attaque de sa copine, celle-ci lui fit des guilis de l' autre main du côté gauche. Elle stoppa. Puis recommença. Arrête ! protesta Sonia, avant d' être à nouveau chatouillée dans le cou. Gauche ou droite, impossible de savoir d' ou viendrait la prochaine insolence. Clarisse continua cette petite torture un bon moment, parfois enchaînant les gauche-droite, parfois en faisant juste un bref chatouillis suivit d' une pause suspense.
– Tu me le paieras ! jura Sonia en rigolant
Elles avaient un peu de temps devant elles alors Sonia dégusta. Clarisse en profita pour tester de nombreux points sensibles de son amie. Rien ne lui fut épargné, les côtes, le ventre, les aisselles et bien sûr les pieds. C' était de toutes petites chatouilles, pas intenses du tout, simplement pour s' amuser de sa prisonnière, tout en discutant et en la narguant, toujours avec le sourire et beaucoup d' espièglerie. Sonia répétait souvent « tu me le paieras, tu me le paieras ! » Et effectivement, elle eut droit dès le surlendemain à une terrible revanche. Mais j' en ai déjà trop dit, laissons-les plutôt à leurs intimités.
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polk - il y a 7 ans
Voilà :rougis:
Bravo à toi, l' improbable qui a réussi à lire ce petit brouillon avec une grande attention du début à la fin.
Merci au forum d' exister afin d' accueillir ce genre de divagation ! :lol:
Élucubrations qui seront probablement les dernières, parce que ça demande un certain temps et une certaine énergie que je n' ai plus envie d' investir là-dedans pour le moment. Même si au final, ce fut intéressant de l' écrire, et surtout un plaisir de pouvoir la poster ici.
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nahognas - il y a 7 ans
Comme dit, les noms étaient assez brouillons ^^' enfin dans le sens que j'arrivais pas à adhérer ^^
Après côté chatouilles, c'est la première histoire où j'en lis autant, il y a plus de chatouilles que d'intrigues, comme si tu passais d'une scène à l'autre et ça se chatouillait sans arrêt ^^'
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polk - il y a 7 ans
Oui, c' était le pari de départ. Des scènes de chatouilles à tous les étages. On le voit bien dans le chapitre 2 : présenter Sonia me posait un problème car je ne voyais pas comment y mettre des chatouilles, et je ne voulais pas rester sans trop longtemps, alors j' ai fondu sa présentation avec l' attaque de la banque grâce à des concordances. J' ai trouvé le procédé assez drôle à faire en plus. Et puis je voulais sortir du classique schéma " la tension monte petit à petit ". Créer un monde où les chatouilles sont monnaie courante. Je ne pense pas être passer à coté de l' intrigue pour autant.
Je ne sais pas ce que tu as avec les noms ! :lol: :lol:
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nahognas - il y a 7 ans
Je ne sais pas ce que tu as avec les noms !
Ils m'ont rien fait mais c'est une affaire de goût ^^' ça ne passe pas !
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Karen TICKLED - il y a 6 ans
C'est vrai que tu as conjugué les chatouilles à de nombreuses situations ! :lol:
Même si je ne suis pas réellement adepte du "fantaisiste" (je suis plus terre à terre !), ton histoire m'a bien amusé et m'a tenu en haleine un bon moment...
Merci pour cette contribution au site !
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chatouillesdu92 - il y a 6 ans
Coucou
Je commente mais je n'ai lu que la premiere partie que tu as postée,
J'adoooore ton humeur. Les noms sont géniaux, le passage avec le parallèle banque/Sonia est extraordinaire.
Bref j'étais explosée de rire tout le long, vraiment. C'est génial.
Bravo et merci pour ton travail, je continuerais vite.
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polk - il y a 6 ans
C'est vrai que tu as conjugué les chatouilles à de nombreuses situations ! :lol:
Même si je ne suis pas réellement adepte du "fantaisiste" (je suis plus terre à terre !), ton histoire m'a bien amusé et m'a tenu en haleine un bon moment...
Merci pour cette contribution au site !
De rien, merci à toi !
:D L' aspect fantaisiste permet de s' affranchir de la vraisemblance. Lorsqu' on écrit c' est pratique d' avoir des personnages qui ont toujours une plume sur eux ! :lol: et puis on peut laisser libre cours à l' imagination puisque de toute façon le contrat de départ est clair avec le lecteur, c' est de la pure fantaisie, on peut donc s' attendre à tout. D' ailleurs avec le recul je trouve que je n' ai pas été assez loin...
Coucou
Je commente mais je n'ai lu que la premiere partie que tu as postée,
J'adoooore ton humeur. Les noms sont géniaux, le passage avec le parallèle banque/Sonia est extraordinaire.
Bref j'étais explosée de rire tout le long, vraiment. C'est génial.
Bravo et merci pour ton travail, je continuerais vite.
Merci à toi surtout !
Prend ton temps pour lire, je l' ai découpé à des endroits stratégiques, par exemple tu peux le lire post par post, sauf les deux derniers qu' il est plus sympa de lire d' un coup.
De nouveaux personnages vont apparaitre...
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Libellune - il y a 6 ans
Je viens de finir de lire ton histoire et j'ai adoré.J'ai tout lu d'une traite!
Les prénoms m'ont bien fait rire :D.
Je suis admirative devant le boulot que ça a dû te demander, et aussi dans ta façon de décrire facilement certaines positions ....
Bref, bravo et merci d'avoir partagé ton histoire avec nous 😁.
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polk - il y a 6 ans
Merci à toi de l' avoir lu, surtout d' une traite ! Ça t' a sans doute demandé beaucoup d' effort aussi par moment. :lol:
Si j' étais moins feignant, possible qu' en développant un peu les personnages et en étalant l' histoire sur deux jours par exemple, il y avait de quoi faire un petit roman avec cet ébauche...
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Libellune - il y a 6 ans
Et bien j'étais au boulot donc je l'ai lu avec de petites pauses quand j'avais des choses à faire.
Et ton histoire a eu le mérite de repousser la fatigue ☺.
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polk - il y a 6 ans
Mais c' est génial ça ! :)
Je suis ravi. Je sais pas pourquoi mais ça me fait plaisir de savoir que tu l' as lu au boulot. J' aime beaucoup cette idée !
Sur un ordi ou sur téléphone ?
Et en plus elle n' a pas servi de somnifère ! C' est chouette.
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Libellune - il y a 6 ans
Je ne m'attendais pas à une réponse aussi enthousiaste! 😁
Je l'ai lu sur tablette ☺!
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polk - il y a 6 ans
Je trouve ça drôle. On écrit une histoire, et quelque temps plus tard, à des millions de kilomètres de là, quelqu' un la lit sur son lieu de travail. Surtout qu' en écrivant on ne sait même pas si dix personnes la liront un jour...et soudain on s' aperçoit qu' elle s' immisce dans le quotidien de quelqu' un. Car quoi de plus quotidien que le travail ! Amusant...
Juste une chose : tu es pas infirmière de garde la nuit au moins ?
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Libellune - il y a 6 ans
Oui vu comme ça 😁.
Je suis dans le paramédical mais non je ne suis pas infirmière, bien que mon travail dépende directement d'elles.
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