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- Nightfall of Ixion
Histoire ajoutée le
29/04/2008
Épisode ajouté le
29/04/2008
Mise-à-jour le
03/07/2021
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SQUALL - il y a 18 ans
Et bien ! Quel étrange premier chapitre. C'est bien écrit, et tes idées me semblent prometteuse, je suis impatient de voir la suite, et j'espère que les filles regretteront ce qu'elles viennent de faire...
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chatouillesdu92 - il y a 18 ans
Je trouve ton prmier chapitre génial, j'aime beaucoup le personnnage principal. C'est superbement écrit. Vivement ta suite.
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Nameless - il y a 18 ans
Content qu'elle vous plaise. A partir du prochain chapitre, les scènes de torture et de chatouilles seront beaucoup plus nombreuses. [size=150:3ojsiqe1]Chapitre 2 : Khaël.[/size:3ojsiqe1] [i:3ojsiqe1]Qu'est-ce qu'on lui fait Amira ? On va lui faire regretter de s'être rebellé contre nous. C'est quoi ce regard ? Tu te rebelles ? Dresse-le ce petit morveux Let ! Allez va pleurer chez ta maman, bouffon ! Viens derrière le lycée après les cours. T'as intérêt à être là... Tu es à nous pour plusieurs heures. Nous ferons de toi notre chose, gémissante, suppliante et implorante. Alors profite de ces instants, soumis à tous nos désirs, compris ? On dirait que ça te plaît. J'espère que tu n'oublieras pas qui est le maître, maintenant.[/i:3ojsiqe1] Alex se réveilla dans un sursaut. Assis sur son lit désordonné, en sueur et haletant. Il avait revu en rêve ce qu'il avait subi la veille, les humiliations de ses camarades, la traîtrise de Léticia, la torture qu'elles lui avaient infligé... comment il était rentrée, honteux et essoufflé à force de courir. Et s'il courait, ce n'était pas tant pour rentrer chez lui le plus vite possible que pour oublier sa rage et sa rancœur. Une fois chez lui, il avait gravi les escaliers en toute hâte et s'était enfermé dans sa chambre, ce qui frappa ses parents qui tentèrent de lui parler en vain à travers la porte. Le jeune homme se massa les tempes entre le pouce et l'index, ses cheveux en bataille tombant devant ses yeux lui donnant un air plus effrayant. Il repensa instinctivement au livre qui lui avait permis de s'échapper la veille. Ses yeux se posèrent machinalement sur l'ouvrage qu'il avait négligemment posé sur sa table de nuit avant de se jeter sur son lit et de s'endormir comme une masse. Que faisait un tel ouvrage dans un chantier abandonné, qui plus est, dans un mur ? Il se recoucha sur son lit, tenant le livre devant ses yeux, une expression pensive sur le visage. En bas, il entendit le cliquetis d'une clef tournant dans une serrure, et la porte claquer quelques temps après. Sa mère venait de quitter la maison. Il soupira. - Je veux pas y retourner... Ses yeux fixaient toujours la couverture du livre, qui semblait, idée certes saugrenue, lui renvoyer son regard. - Retourner là-bas... Ses doigts glissèrent sur la couverture de cuir. Comme cela s'était produit la veille, il ressenti un indescriptible besoin, comme une attirance vers cet objet, comme une voix qui lui susurrait : "ouvre... ouvre-moi...". Il se remis en position assise sur son lit et ouvrit le livre devant lui. Avant même qu'il ne s'en rende compte, comme sous l'effet d'une impulsion inconsciente, ses yeux parcouraient déjà les premières lignes de la préface. [i:3ojsiqe1]C'est par une paisible matinée d'octobre que tout commença. Le soleil dardait ses rayons par-delà les toits du château de Mont-Alfort, où le duc et sa fille résidaient pendant la saison chaude. C'est par cette matinée ensoleillée de l'an de grâce 1601 que mon histoire commence. Mon nom est Alérius, paladin servant sous le règne de son altesse royale, et, depuis peu, marié à la créature la plus aimable et la plus innocente qui soit. Ah, Elise, puisses-tu lire ces lignes... puisses-tu sentir ma peine et mon regret. Mais, je ne tarderai plus à te rejoindre, ma bien-aimée... Je survivrai... je continuerai d'exister à travers ces lignes. Pour ne jamais être oublié... pour qu'on se souvienne d'Alérius et sa tragédie. Alors, je ne cesserai jamais d'exister...[/i:3ojsiqe1] Il tourna la page. Sur un fond noir de jais, un pentacle était représenté, d'où s'échappaient des ronces, dans lesquelles était empêtrée une croix chrétienne de pierre. En contrebas figurait une inscription en latin : [i:3ojsiqe1]Dies irae, dies illa, Solvet saeclum in favilla : Teste David cum Sibylla. Quantus tremor est futurus, Quando judex est venturus[/i:3ojsiqe1] A l'aide de ses cours de latin, Alex déchiffra à voix haute : -Jour de colère que ce jour-là, où le monde sera réduit en cendres, selon les oracles de David et de la Sibylle. Quelle terreur nous saisira, lorsque la créature ressuscitera. Quel livre bizarre... De plus en plus intrigué, il tourna la page, poursuivant sa lecture. [i:3ojsiqe1]C'est après l'accession au trône du roi Charles II d'Angleterre que les saxons commencèrent leurs escarmouches dans les terres du nord. Parallèlement, les Habsbourg se révélèrent anormalement actifs dans les contrées de l'ouest. L'empereur Rodolph II, désireux d'imposer son hégémonie dans cette partie de l'Europe, déplaçait ses troupes vers la frontière. Sa Sainteté le Cardinal de Richelieu, ne tarda pas à pousser sa majesté à réagir face à ces assauts répétés contre les réserves. Mais, je ne le compris que trop vite, ce conflit armé allait rapidement prendre une ampleur qui dépassait mon entendement.[/i:3ojsiqe1] - Ca a l'air chiant... Alex soupira. Etait-il tombé sur un livre d'histoire ? Un mémoire ? Comme la préface l'indiquait, ce livre avait été écrit par un paladin qui vivait il y a quatre siècles... qu'est-ce qui avait bien pu se passer, à l'époque, pour pousser cet homme à écrire ce livre sur un ton aussi désespéré ? En tout cas, si ce livre était aussi ancien qu'il en avait l'air et que le prétendait l'auteur, Alex tenait entre ses mains un témoignage historique datant du dix-septième siècle. Une œuvre dactylographiée d'une valeur sans doute inestimable et en un unique exemplaire. Poursuivant la lecture de la page, le cœur battant sans qu'il sache réellement pourquoi. Etait-ce l'excitation de cette découverte qui paraissait bien plus précieuse que ce qu'il avait d'abord imaginé, ou le sentiment instinctif que ce livre renfermait quelque mystère aussi sombre et profond qu'un mausolée enfoui dans une lande désertique ? [i:3ojsiqe1]Le matin du 11 juin, alors que je flânais dans les allées des jardins royaux, je surpris une conversation entre deux gentilshommes de la cour, le Marquis d'Armont et un gentilhomme qui échappait à ma connaissance. Je pu m'approcher suffisamment près pour surprendre leur conversation. C'était un complot contre le roi... certains noms furent mentionnés et m'échappèrent, à l'exception d'un certain Ravaillac et de sa Sainteté le Cardinal de Richelieu. Il est inutile de décrire ici la stupeur dans laquelle je fus plongé. Selon eux, le Cardinal projetterait un coup d'Etat, en faisant assassiner le roi par un malandrin, qu'il ferait exécuter une fois la besogne exécutée. Je passai de longs jours à me remémorer la discussion que j'avais surprise, ne parvenant toujours pas à croire telle infamie de la bouche de ces manants. Comment un homme saint pourrait-il concevoir de si sombres desseins ? Ce n'est que quelques jours plus tard que j'appris de la bouche du Marquis, l'ayant écouté à son insu, qu'un rendez-vous allait être décidé le lendemain entre un émissaire du Cardinal et un condamné à mort pour félonie, qui pourrait ainsi sauver sa vie en commettant ce meurtre. Le Marquis d'Armont devait être l'organisateur de ce complot et orchestrer le bon déroulement des négociations avant la date fatidique qui serait décidée avec le Cardinal plus tard.[/i:3ojsiqe1] Un bruit de moteur tira le jeune garçon hors de sa lecture. Il se releva et regarda par la fenêtre. Une voiture banche rentrait à reculons dans l'allée qui menait à la porte d'entrée. - Qu'est-ce qu'elle fait là ? Elle devait rentrer qu'à dix-neuves heures ! Il referma le livre en vitesse, enfila un t-shirt à manches longues noir, son jean, passa rapidement devant son miroir pour arranger ses cheveux noirs complètement en bataille, et descendit les escaliers en toute hâte. S'il passait par derrière, il pourrait rejoindre l'allée sans que sa mère le voit partir, ce qui lui permettrait de lui cacher son absence au lycée pendant la matinée. [center:3ojsiqe1][size=150:3ojsiqe1]† Interlude †[/size:3ojsiqe1][/center:3ojsiqe1] - La chaîne se complète... - Il a trouvé la "chose". - A la vitesse où évoluent les choses, nous devons rester prudents. S'il commence à l'utiliser... - Ce n'est pas un problème. Les rouages de l'Histoire se remettent en action. Tout se déroule comme prévu. - Nous sommes le prolongement des ombres, nous devons accomplir notre rôle. - Gardez un œil sur lui. [size=150:3ojsiqe1]Chapitre 2 (suite) : Khaël.[/size:3ojsiqe1] Derrière le mur du gymnase du lycée, la tête posée sur la poitrine d'un jeune homme grand et large d'épaules, une jeune fille aux cheveux châtains bouclés regardait distraitement vers l'entrée du lycée. Elle était vêtue d'une chemise claire qui s'évasait sur une jupe écossaise rouge, et dont les jambes se prolongeaient par de longues chaussettes blanches qui aboutissaient sur une paire de Converses noires. Sans se regarder, les deux amants semblaient parler discrètement, avec une certaine complicité. - Sinon, ce nouveau ? - Il est arrivé hier, on lui a fait passer une soirée qu'il oubliera pas de si tôt. Il remettra jamais les pieds en classe. Déclara-t-elle dans un grand éclat de rire. - Je vois. Tu es si cruelle, Anaïs ! Imita-t-il en prenant une voix fluette. Son sourire s'accrut encore. Un petit silence s'installa, que la jeune fille ne tarda pas à rompre. - J'ai vu Antonin aujourd'hui... il avait l'air pitoyable, après ce qui lui est arrivé avec son père... - Pourquoi tu ne casses pas avec cette pourriture ? - ...Non. - Tu ne l'aimes plus, non ? - Ce n'est pas drôle de lui rendre sa liberté. - Pourquoi tu n'es pas à moi ? Un silence suivit cette question. - Moi, je suis tout à toi. La jeune fille sourit. Elle redressa la tête vers son amant. - Alors... pourrais-tu faire quelque chose pour moi ? Il la regarda avec un sourire. - Tout ce que tu veux. - Tiens, Alex n'est pas venu aujourd'hui ? Demanda Kusano, intrigué. Amira se retourna vers lui, avant d'éclater de rire. - Il reviendra pas. C'est une couille-molle de toutes façons. Léticia, assise juste derrière elles, baissa les yeux. "Ah... arrêtez ! ARRÊÊTEEEZ !!" Les cris du nouveau, elle avait encore l'impression de les entendre. Elles étaient allées vraiment trop loin hier... sans doute ne reviendrait-il pas. Et, au fond, il valait mieux pour lui. Si après ça il revenait, non-seulement ses amies seraient impitoyables avec lui, mais elles n'hésiteraient pas une seconde à publier les photos qu'elles avaient prises de lui la veille. Non, il valait mieux pour tout le monde qu'il reste chez lui. - Cette loque ne reviendra jamais en cours, cherche pas. Confirma Anaïs, qui venait de franchir la porte de la salle de classe, avant de s'assoir à sa place, à côté d'Amira. Alors que Kusano allait répliquer, la porte s'ouvrit d'un coup, coupant court à la discussion. Les filles se retournèrent, et, ce qu'elles virent les désarmèrent l'espace d'un instant. Alex se tenait dans l'encadrement de la porte, fixant celles qui l'avaient torturé et humilié d'un œil sévère. Anaïs et Amira n'en revenaient pas. - Il est revenu... Kusano eut un instant d'hésitation, puis, voyant que son camarade s'avançait à travers les rangées à grands pas vers les filles, il se leva et l'entraîna dehors. - Laisse-les. Si tu réagis pas elles s'arrêteront d'elles-mêmes. C'est une bande de gamines pourries-gâtées. Alex baissa les yeux, serrant les poings de rage. Ce qui s'était passé hier... il ne pouvait pas le pardonner. - Allez. Tu viens chez moi après les cours, oublie pas hein. Oublie tout ça ^^ Il n'était pas au courant, non... il ne pouvait pas savoir ce qu'il avait vécu la veille, livré à ces démones. Mais il essayait de le réconforter, ce qui le fit sourire, en baissant la tête. - Ca marche... Derrière lui, une voix attira son attention. Il se retourna, et vit le professeur d'histoire, vêtu de sa veste habituelle, son pantalon gris et sa chemise brune, tenant une carte sous le bras. C'était un homme d'un âge déjà avancé, un peu bonhomme, qui avait pour manie de mettre ses mains dans ses poches une bonne centaine de fois par cours. Il salua les deux élèves d'un signe de main. - Ah, Alex. Ta première journée s'est bien passée ? Le jeune garçon se retourna et regarda son professeur, avec une certaine hésitation. - Oui monsieur. - Je vois. Tu verras, les élèves sont un peu taquins les premiers jours, mais il y réside une solide amitié. Tu y trouveras rapidement ta place. L'homme lui fit un sourire et entra dans la salle de classe, suivi des deux élèves. Comme d'habitude, le cours fut soporifique. Le professeur parlait, les élèves notaient, tandis que les rayons du soleil éclairaient la carte étendue sur le tableau, sur laquelle il indiquait des lieux et des noms qu'il n'écoutait pas. Il était obnubilé par la lecture qu'il avait commencé ce matin, et qui, sans qu'il s'en rende véritablement compte, l'obsédait. Dès qu'il cessait d'y penser pour s'atteler à autre chose, d'une manière ou d'une autre, le souvenir du livre lui revenait. A la fin, n'y tenant plus, il sortit le livre de son sac, et le posa sur ses genoux, sous la table. Il caressa doucement la couverture reliée, sentant le cuir glisser sous sa peau, traçant de petits cercles avec ses doigts autour des lettres d'or qui enjolivaient la reliure du livre. Que se passerait-il quand le paladin Alérius découvrirait l'origine du complot qui se tramait contre le roi ? Arriverait-il à temps au rendez-vous de l'émissaire du cardinal pour les arrêter ? Quelle part de responsabilité le Marquis d'Armont avait-il dans ce complot ? Le Cardinal était-il réellement l'instigateur d'un coup d'Etat, violant par-là même ses serments et sa vocation d'homme d'Eglise ? Alex ne s'était jamais senti aussi passionné pour l'histoire que depuis cette lecture. Par ce mémoire d'un homme d'époque, il entrait dans les coulisses de l'Histoire, et voyait, au travers de ce témoignage, sous un angle de vue totalement différent, ce qui se passait en France au début du XVIIème siècle, hors de tous les cours édulcorés qui étaient débités machinalement aux élèves. A la pause, Kusano et lui sortirent pour discuter dans le couloir. Anaïs et Amira se joinrent à Léticia et à leurs deux amies qui avaient participé au bizutage de la veille. - Ce petit con est finalement revenu... Soupira Anaïs - On dirait que la leçon d'hier ne lui a pas suffit. Renchérit Amira. - J'ai une idée... Les quatre amies regardèrent Anaïs, qui sourit avec une espièglerie malsaine. - Je connais quelqu'un qui se fera un plaisir de s'occuper de lui... Elle éclata de rire, devant l'incompréhension de ses amies, qui ne tardèrent pas à suivre. Amira posa une main sur l'épaule de Léticia, qui se taisait, un sourire forcé sur les lèvres. - Qu'est-ce qu'il y a ? T'es bizarre aujourd'hui. - Non, c'est rien. Répondit-elle avec un sourire. J'ai juste un peu mal à la tête. Elles arrivèrent devant la salle de leur prochain cours, où Kusano et Alex attendaient déjà. Anaïs fit un sourire pervers au jeune garçon, qui frémit malgré lui. Pire que son étrangeté, la menace de ce sourire était presque palpable. La jeune fille tapait un sms, que ses copines lisaient par-dessus son épaule en riant et poussant de petits cris. Kusano fit signe à son camarade de ne pas leur prêter attention, ce qu'il fit en se tournant vers la vitre. A cet instant, le professeur de mathématiques de leur classe, monsieur Dumas, apparu à l'autre extrémité du couloir. A sa vue tout le monde se rangea en rang dans un brouhaha général. Arrivé à quelques mètres de ses élèves, il effectua un petit bon en claquant des doigts, puis les pointa vers eux en lança un : "Hey !!". Face à la surprise d'Alex, Kusano eut un sourire d'amusement. - Ca va les jeunz ? Demanda-t-il d'un ton enthousiaste. - Oui monsieur ! Répondirent faussement en chœur les élèves, toujours amusés apparemment des entrées en scène de leur prof de maths. Alors qu'ils se mettaient à leur place, Kusano expliqua à son camarade : - C'est le prof le plus sympa de tout le lycée. Tout le monde veut l'avoir en prof principal. - Il est... spécial en effet. Constata Alex. Dumas était un homme de taille moyenne, le crâne peu couvert, mais avait un air de jovialité qui le rendait tout de suite sympathique. Pendant que le prof faisait l'appel, Alex ne pu s'empêcher de repenser au sourire d'Anaïs en le regardant. Cette fille, elle prévoyait encore quelque chose... La voix de Dumas rompit le fil des pensées du nouvel élève, qui vit son professeur interpeller l'une des filles qui l'avait torturé hier et dont il ne connaissait pas le nom. - Bien, ouvrez vos livres à la page 34. Erika, tu peux résoudre ce problème ? - Oui monsieur. Répondit-elle, avant de se diriger vers le tableau. Distrait, il posa le menton dans sa main. Derrière Anaïs, Amira et Léticia discutaient d'un air gêné. - Anaïs... il paraît qu'elle sort avec Jordan. Je me demande si c'était lui, le "quelqu'un qui se fera un plaisir de s'occuper de lui". - Jordan de la seconde C ? Celui qui a redoublé trois fois et est même connu des termines pro ? Amira baissa les yeux un instant. - Si c'est ça, elle est vraiment terrifiante... Le cours dura une bonne heure, jusqu'à ce que la sonnerie retentisse délivrant les élèves d'une nouvelle journée d'école. Pendant qu'il rangeait ses affaires, Alex surpris de nouveau Anaïs qui le regardait avec un sourire perfide. Il fit de son mieux pour l'ignorer et quitta la salle en soupirant, suivit de Kusano qui lançait distraitement ses clefs et les rattrapait d'une main. Au bout du couloir, une silhouette se détacha du mur, et s'approcha des deux camarades qui marchaient vers la sortie. - C'est toi Alex Pault ? C'était un type largement plus grand qu'eux, large d'épaules, le crâne presque rasé. Il portait un t-shirt sans manche, un jean déchiré au niveau des genoux, et une chaîne accrochée à sa ceinture, qui pendait sur sa jambe droite. Une casquette avec deux petits pics couvrait le haut de sa tête. Alex, surpris, répondit simplement : - Oui pourquoi ? Pour toute réponse, le type ordonna : - Suis-moi. Se demandant ce que cet élève lui voulait, Alex allait s'exécuter, lorsque Kusano lui fit signe de ne pas le suivre. Sans comprendre, il suivit néanmoins l'inconnu dans la cour désertée par tous les élèves qui étaient en train de rentrer chez eux. Une fois à l'extérieur, le type se retourna, et regarda Alex avec des yeux plus agressifs. Il jeta un bref regard à Kusano. - T'es son pote ? Casse-toi si tu tiens à tes dents. Alex sentit subitement son cœur battre comme un tambour dans sa poitrine. Que lui voulait ce type ? Pourquoi lui ? Que lui avait-il fait ? L'image du sourire d'Anaïs revint à l'esprit du jeune homme qui recula d'un pas. Kusano essaya de calmer le jeu, mais le type lui hurla un : - TA GUEULE ! Fais pas le malin connard. Barre-toi, t'as compris ? Sans prévenir, il attrapa Alex à la gorge et le plaqua contre le mur. Kusano, paniqué, tenta une nouvelle fois de s'interposer. - Hey attends ! Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Irrité, le type le frappa dans le ventre, le forçant à se recroqueviller. Il lui décolla un coup de genoux dans le visage, le projetant au sol. N'ayant pas réussi à protéger son nez, Kusano avait les mains plaquées sur son visage, dégoulinant de sang. Alex n'eut pas le temps de réagir. Le type l'attrapa par le col et le frappa d'un violent coup de tête. Avec même qu'il ne réalise véritablement ce qui lui arrivait, sa tête heurtait violemment le mur derrière lui. Il chuta lourdement sur le sol, à moitié inconscient. A une dizaine de mètres des grilles du lycée, Anaïs regardait la scène, un sourire aux lèvres. - Beau boulot... Jordan. Souffla-t-elle pour elle-même. Je savais que tu me serais utile... Elle s'éloigna en souriant, alors que Jordan Kusano regarda avec horreur leur agresseur attraper le sac d'Alex et en déverser le contenu sur le sol. Parmi les cahiers et les classeurs éparpillés, un livre noir à la couverture reliée de cuir se distinguait du tas. Il l'attrapa et le considéra un instant. - Qu'est-ce que c'est que ça ? Alex tenta de se relever et de l'arracher des mains de son agresseur, mais ce dernier l'esquiva en faisant un pas de côté. - Arrête... rends-moi ça ! - Tu y tiens ? Si je le brûlais... hein ?! Le poing du type fusa, atteignant Alex au visage, qui retomba lourdement sur le sol. Il attrapa sa victime à demi consciente par le col pour la relever. Du sang coulait de sa lèvre, et ses yeux à moitié fermés confirmaient le manque de réaction de sa part. Il ne s'en formalisa pas et envoya un nouveau coup de genoux dans les côtes du garçon inconscient, puis, le plaquant de nouveau contre le mur, lui asséna un formidable coup de poing qui lui fit cracher du sang. [i:3ojsiqe1]Dies irae, dies illa...[/i:3ojsiqe1] Dans l'esprit embrumé par la douleur du jeune garçon, les lignes du livre semblaient résonner, d'abord doucement, puis progressivement, de plus en plus intensément. [i:3ojsiqe1]Solvet saeclum in favilla...[/i:3ojsiqe1] Les coups continuaient de pleuvoir sur le pauvre garçon qui ne gémissait même plus, comme une masse amorphe qui subissait les coups sans réaction. [i:3ojsiqe1]Teste David cum Sibylla...[/i:3ojsiqe1] Jordan lâcha enfin sa prise et laissa sa victime retomber sur le sol, alors qu'une substance rouge coulait de sa bouche et de son nez. Il se retourna vers Kusano, qui, terrorisé, regardait avec horreur leur agresseur s'approcher de lui. - A... attends... Jordan l'empoigna et le redressa. Il le regardait avec son regard méchant habituel, de sorte à ce que le front des deux hommes étaient presque collés. Kusano dégluti. - T'avais qu'à te barrer. Lopette! Il lui cracha au visage et le laissa retomber sur les fesses. Il allait s'en retourner, lorsqu'il entendit un ricanement étouffé s'élever faiblement derrière lui. Un froissement de tissus et un léger gémissement de douleur le poussèrent à se retourner. - Te fous pas de moi... Alex, le visage dégoulinant de sang, encore à terre, était en train de se relever. Jordan eut un sourire de mépris. Alors qu'il se redressait en titubant, le jeune garçon avait la tête baissée, ses cheveux couvrant son visage enduit d'une substance rougeâtre. A cet instant, le timide et introverti Alex avait l'air d'un fou. Son agresseur fit un pas vers lui pour s'assurer que sa victime reste à terre, mais il se figea subitement. Ces yeux... avait-il bien vu ? Etait-ce la couleur du sang sur son visage qui l'avait trompé, ou avait-il bien vu, derrière ces cheveux noirs, une prunelle rouge écarlate luire de haine ? En deux enjambées il fut sur le garçon recourbé, et le frappa de son pied de toutes ses forces au niveau du ventre. Alex eut un gémissement étouffé, recula d'un pas, et, manquant de basculer en arrière, rétabli de justesse son équilibre précaire. Il eut un nouveau ricanement. - Espèce de malade... prends CA !! Un nouveau coup de poing s'écrasa sur le visage du jeune homme, qui tomba à genoux. Jordan, haletant presque, regarda son poing rougit par le sang de sa victime. Cette lopette avait perdu la raison, pensait-il. Pourtant, qu'est-ce qui lui inspirait ce sentiment si... indéfinissable... chez ce type ? Kusano était resté terrorisé au sol en silence, regardant son ami réagir de manière totalement instable, presque terrifiante. Il sentit son souffle s'arrêter l'espace d'un instant lorsque son camarade releva la tête. Un sourire de haine indescriptible déformait son visage habituellement calme, et ses yeux, d'un vert émeraude, s'étaient teintés d'un rouge de sang. - Me fais pas rire... Une étrange sensation émanait d'Alex, qui, s'avançant lentement vers son agresseur, ramassa le livre qu'il avait laissé tomber. Jordan le regardait, hésitant visiblement. Ce type... pourquoi lui faisait-il cette impression ? Une bourrasque de vent fit voler les feuilles qui jonchaient le sol tout autour d'eux. Des bouts de goudron furent projetés en tous sens, heurtant Kusano à la tête, qui tomba, inconscient, sur le sol. Une voix résonnait dans l'esprit du jeune garçon, qui avançait toujours vers son adversaire, ses yeux rougeoyant dans l'ombre du bâtiment. "Tue... tue-le..." lui soufflait une voix. Alors qu'Alex n'était plus qu'à quelques centimètres de lui, Jordan le frappa de toutes ses forces au niveau du ventre. Il se plia de douleur, devant l'air peu rassuré de son agresseur. Alors, contre toute attente, la main du jeune garçon se crispa autour du poignet qui l'avait frappé, l'empêchant de se dégager. Il plongeait désormais un regard effroyable, ricanant faiblement, dans les yeux apeurés de son agresseur. Ce dernier voulu se dégager, mais réalisa qu'il lui était impossible de bouger les jambes. Deux gros blocs de pierre semblables à des mains avaient jailli du bitume de la cour, enserrant les chevilles du jeune homme. Avant même qu'il n'ai pu faire le moindre geste, le poing d'Alex s'écrasait sur sa figure, le faisant basculer en arrière. Incapable de se redresser à cause des mains qui l'immobilisaient totalement au niveau des jambes, Jordan ouvrit de grands yeux en sentant les mains de sa victime enserrer son cou et le presser avec une force dont il ne le croyait pas capable. - A... gh... rpff.. Furent les seuls sons qu'il parvint à articuler. Kusano se frotta le front en se redressant. Lorsqu'il releva enfin la tête, ce qu'il vit le stupéfia. Alex était accroupi sur Jordan en train de l'étrangler, ce dernier faisant tout ce qu'il pouvait pour se dégager de l'emprise de son agresseur, malgré sa force faiblissante. Les mains de pierre avaient, elles, disparues avant le réveil de son ami. Jordan avait-il halluciné ? Kusano se précipita sur Alex et le secoua par les épaules. - Alex ! Hey Alex !! Arrête ça !!! Tu vas le tuer ! Comme il ne réagissait pas, Kusano le poussa pour dégager Jordan de son emprise. Ce dernier resta un moment sur le sol, immobile. Alex se massa les tempes douloureusement. Tentant de se relever dans une quinte de toux, Jordan fit quelques pas en arrière, avant de se retrouver adossé au mur du bâtiment. Il se massait la gorge en regardant celui qui avait failli le tuer d'un air meurtrier. - Toi... Alors qu'il allait se jeter sur le garçon accroupi, reprenant son souffle, un bruit de sirène s'éleva, se rapprochant à grande vitesse. Il eut un mouvement de recul. - Qui a pu prévenir... Sans réfléchir d'avantage, il se mit à courir vers le grillage, l'enjamba et, d'un bond, passa par-dessus, disparaissant à toute vitesse dans l'obscurité grandissante du soir. Kusano était accroupi près d'Alex, qui tenait de reprendre ses esprits. Que s'était-il réellement passé ? Il avait agi comme sous l'impulsion d'un autre... comme si un esprit maléfique avait fait bouger ses membres, se servant de sa peur et de sa rage. De son côté, Jordan s'était arrêté dans une ruelle sombre, reprenant son souffle, à côté d'Anaïs, qui lui pris le bras et se colla contre lui. - Que va-t-il se passer maintenant ? J'ai peur... Le jeune homme déposa un baiser sur son front et la regarda dans les yeux. - T'inquiète pas, je dirai rien aux flics sur toi. - Je t'aime... je t'attendrai ! Lovée contre lui, la jeune fille avait les yeux luisants, et un sourire malsain sur les lèvres. Les sirènes se firent soudain beaucoup plus proches. Jordan repoussa Anaïs et fit quelques pas en direction de l'autre bout de la ruelle. - Rentre chez toi ! Poussant sur ses jambes avec toute la force du désespoir, il s'évanouit dans l'obscurité de la nuit. Avec un sourire, Anaïs ouvrit son portable, et regarda le numéro de son amant, avant de le supprimer en lâchant un : - Je n'ai plus besoin de toi désormais. Les mains contre le grillage, Kusano, du sang coulant de sa bouche et de son front, là où la pierre l'avait atteint, regardait les voitures de police défiler devant ses yeux. A quelques mètres derrière lui, Alex se tenait immobile, le livre à la main. "Ce type ne te cherchera plus d'ennuis, maintenant". - Qui... qui es-tu ? "Tu le sais pourtant, non ?" - Le... le livre ? "Mon nom est Khaël. Je suis là pour t'aider." Alors la lumière blafarde de la lune éclairait timidement les rues inanimées entourant les deux amis, les sirènes disparaissaient au loin, comme dévorées par l'épaisseur de la nuit.
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SQUALL - il y a 18 ans
Ouha, je dois dire que là je suis vraiment pris dans l'histoire. Cet histoire de bouquin ça me fait penser à L'Histoire sans Fin, j'adore ce livre. C'est superbement écris, j'attends impatiament la suite et voir comment tu te débrouilles pour écrire une scène de chatouille. Toutes ces filles l'ont bien mérité ^^. Bonne chance.
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chatouillesdu92 - il y a 18 ans
Ouai !! J'ai encore plus aimé que le premier chapitre ! Je suis trop a fond sur cette histoire ! La suite ! La suite !
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Mat - il y a 18 ans
C'est vachement cool l'histoire mais l'humiliation d'Alex me fait penser à un épisode de Gto .
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Fingon - il y a 18 ans
J'ai vraiment Adoré ces deux premiers chapitres. Ça se lit tout seul et l'intrigue est vraiment très bien amené. J'ai aussi beaucoup aimé les personnage, surtout les quatre filles, avec les deux suiveuse, la garce et celle qui ne trouve plus ça drôle, mais qui continue pour ne pas perdre la face.
J'attend la suite avec impatience
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Nameless - il y a 18 ans
[size=150:2jniboh7]Chapitre 3 : L'heure de la revanche.[/size:2jniboh7] Assis en tailleur sur son lit, le livre ouvert devant lui, Alex restait pensif. Ce qui lui était arrivé la veille, l'agression subite et sans raison de ce type, Jordan, la manière dont il l'avait étranglé, cette étrange impression de n'être qu'à moitié lui-même, et surtout cette voix... [i:2jniboh7]"Mon nom est Khaël. Je suis là pour t'aider"[/i:2jniboh7]. D'où venait-elle ? Que lui était-il arrivé, pour être capable de vaincre ce Jordan ? Il soupira. Quelque chose n'allait pas. Ce livre dégageait quelque chose d'étrange. En y repensant, la manière dont il l'avait trouvé, la chaleur qu'il avait dégagé, les murmures, la croix chrétienne empêtrée dans un pentacle envahit de ronce, la phrase en latin évoquant un monstre et la terreur, puis l'incident d'hier... tout cela était lié, et ne formait sans doute que les fils d'un seule et même source : le livre. Décidé à en apprendre plus, il le rouvrit pour retrouver sa page. [i:2jniboh7]"Le surlendemain, au même endroit, je surpris de nouveau une discussion entre le Marquis d'Almont et son compère. Le rendez-vous devait avoir lieu dans l'après-midi, dans une forêt attenant au château. Là, le Cardinal y rencontrerait l'homme qu'il chargerait de l'exécrable besogne. Ce qui ce tramait au sein de ces jardins me laissaient inquiets pour le roi. Je me hâtai donc de rejoindre mes appartements où je m'armai de mon épée et d'un revolver. Si ce que disait le Marquis était vrai, je devrai impérativement éliminer les conspirateurs lors de leur réunion. Je profitai du temps qu'il me restait pour me diriger vers la forêt où la rencontre devait avoir lieu. Longeant les longs couloirs du château, je traversai la cour intérieure, dépassant l'enceinte de pierres angulaires grisaillantes, avant de quitter les lieux et de m'enfoncer dans les bois où le roi donnait habituellement la chasse au chevreuil. Filtrant à travers les branches couvertes de feuilles, les rayons du soleil illuminaient la forêt, comme s'ils la baignaient de leur chaleur. Qu'une si belle journée allait être le point de départ d'une série d'évènements abominables, je le pressentais, sans en avoir la réelle certitude, mais du moins l'intime conviction que selon ce qui allait se dire en ce lieu, l'avenir de beaucoup de gens pourrait en être radicalement changé. J'étais loin de me douter que c'était du mien qu'il s'agissait.[/i:2jniboh7] Alex tourna la page, et constata avec une surprise mêlée de regret qu'elle était vierge. Le paladin Alérius avait donc arrêté ici la narration de son histoire pour quelque raison obscure ? Logiquement, Alérius avait survécu à cette entrevue, puisqu'il en avait écrit le commencement. Pourquoi donc s'était-il arrêté ? Déçu, il referma le livre, et se releva. Ce livre inachevé... était décidément de plus en plus énigmatique. Coupant brusquement court à ses pensées, le téléphone sonna, obligeant le jeune homme à aller décrocher. - Alex ? J'ai une réunion ce soir avec ta mère à Franckfort. On ne pourra pas être là pour ce soir. Dit une voix légèrement altérée par le combiné. - Quoi ? Tu me préviens que maintenant ? - Désolé, ça s'est décidé aujourd'hui, je viens de l'apprendre. Alex soupira. - Tu reviens quand ? - Demain vers midi, je pense. Je t'appellerai. - Ok... à demain alors. - A demain fiston. Alex raccrocha en soupirant. Il retourna dans sa chambre et s'allongea sur son lit, les mains croisées derrière la tête, fixant le plafond d'un air pensif. Dansante, l'ombre d'une croix dansait sur le plafond, au gré des rayons du soleil qui se reflétaient sur un bijoux de forme semblable, que lui avait offert sa tante quelques années auparavant. L'amenant devant ses yeux, il contempla l'objet quelques instants. Se redressant subitement, il attrapa le livre et l'ouvrit de nouveau devant lui, pour l'ouvrir à la page du pentacle cerclé. Il était là, envahissant une croix chrétienne de ses ronces maléfiques. L'inscription en contrebas attira de nouveau son regard. [i:2jniboh7]"Dies irae, dies illa, Solvet saeclum in favilla : Teste David cum Sibylla. Quantus tremor est futurus, Quando judex est venturus"[/i:2jniboh7] Une étrange impression semblait émaner de ces écrits. Ne pouvant réprimer un frisson, Alex lu de nouveau à voix basse. -Jour de colère que ce jour-là, où le monde sera réduit en cendres, selon les oracles de David et de la Sibylle. Quelle terreur nous saisira, lorsque la créature ressuscitera. Tenant toujours la croix dans sa main, il passa deux doigts sur l'inscription. Brusquement, comme réagissant au contact de la croix, ce qui s'était produit la première fois qu'il avait ouvert le livre, dans le chantier, se reproduit. Sa chambre sembla changer de manière indéfinissable. L'atmosphère, pesante, s'était considérablement alourdie, pour devenir presque suffocante. Une voix sifflante traversa l'esprit d'Alex, qui se redressa, terrifié. Regardant autour de lui, il fit quelques pas en arrière, avant de buter contre un mur. Dans un nouveau sifflement, la voix, déchira l'espace et le silence qui régnaient dans la pièce. L'ampoule de son plafonnier grésilla un instant et s'évanouit dans une odeur de plombs grillés. Dès lors, sa peur devint panique. Furtive, une silhouette noirâtre passa devant ses yeux, pour se noyer de nouveau dans la demi-obscurité de la pièce. Retenant sa respiration, le garçon lança un regard terrifié vers sa porte. Il aurait voulu s'élancer, courir, encore et encore, et fuir cet endroit, fuir, à des années lumières de là. Mais ses jambes restaient immobiles, comme encagées dans du béton. Une nouvelle fois, la voix s'éleva, résonnant dans la pièce, suivie d'un chœur de murmures confus et inintelligibles. - Qui... QUI EST LA ??! Hurla-t-il presque. Le silence, entravé par les sombres murmures fut la seule réponse qui suivit à sa question. Un cliquetis de serrure attira le regard du jeune homme, qui se retourna promptement vers sa porte-fenêtre. Son cœur s'arrêta l'espace d'un instant dans sa poitrine, en voyant la silhouette d'un homme se profiler devant la lumière du soleil devant, qui dardait ses rayons par-dessus les toits de la ville, traversant ses fenêtres, baignant la chambre d'une demi-obscurité, voilant le visage de celui qui s'avançait silencieusement vers lui. Les murmures s'intensifièrent, à mesure que la silhouette s'approchait. Sans réfléchir d'avantage, Alex se précipita vers sa porte, et, attrapant en toute hâte la poignée, constata avec horreur qu'il était impossible de la faire pivoter. Il se retourna, collant son dos contre la porte, pour regarder celui qui venait de s'arrêter à un mètre de lui. - Qui... êtes-vous... ? Parvint-il à articuler, respirant avec difficulté. Entourant les deux êtres comme un fond sonore diabolique, les murmures s'intensifièrent brusquement jusqu'à emplir totalement l'espace sonore, pour s'évanouir en quelques secondes dans le néant. Une voix, plus claire et grave que celle qui avait semblé lui déchirer l'esprit, s'éleva de la silhouette. - Dies irae, dies illa, Solvet saeclum in favilla... - H.. hein... ? Un rire grave et sardonique fut la seule réponse qu'obtint dans un premier temps l'expression d'incompréhension du jeune garçon. - L'heure est enfin venue... Le dos presque écrasé contre le mur, Alex aurait donné cher pour pouvoir s'enfuir de cette pièce. Faisant effort sur lui-même pour ne pas se laisser submerger par la terreur, il articula avec difficulté : - De quoi est-ce que vous parlez ? Qui êtes-vous ?? - Tu ne comprends pas. Tu ne peux pas encore comprendre. Ce livre, toi, ce monde, les démons... vous avez été connectés. Alex eut un mouvement de recul. - Le livre ? Les démons ? - Tu as de la rancœur, n'est-ce pas ? Ton cœur est plein de haine. Je l'entends hurler. Ce qu'il crie n'est pas beau à entendre... - Mon... coeur ? La voix de la silhouette, sembla ne devenir plus qu'un murmure. - Comptes-tu le laisser dans cet état, Alex ? - Comment connaissez-vous mon nom ?? L'être eut un petit rire. - Tu connais aussi le mien, gamin. Il eut une hésitation. - K... Khaël ? La silhouette hocha la tête. - Tu es faible et introverti. Tu te fais marcher sur les pieds à cause de cette faiblesse. Alex, veux-tu la force ? Le garçon, soudain plongé au cœur d'un scénario bon marché pour adolescent boutonneux ne comprenait, décidément, rien à ce qui lui arrivait. - La force ? De quoi est-ce que vous parlez ? - Tu ne veux pas te venger de ces garces, qui t'ont humilié dans le chantier ? - Dans le chantier ? Comment êtes-vous... La voix, autoritaire et sombre, le coupa net. - Tu ne sais vraiment rien. C'est toi qui as trouvé le livre, pourtant... Les yeux du jeune homme s'élargirent. - Je t'offre la chance de te venger de ces filles. Tu préfères rester sali ? - Et... en échange de quoi ? De mon âme ? La silhouette repartit d'un rire vexant et sarcastique. Il s'avança d'un pas vers son locuteur, un sourire sur les lèvres. Une partie de son corps, passant dans les rayons du soleil levant, apparu aux yeux du garçon qui sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Un pantalon semblable à un jean usé, de grosses chausures noirâtres montées d'acier, et une ceinture garnie de pyramides métalliques fut tout ce qu'Alex put d'abord voir. Puis, il remarqua le torse de l'être dévoiler sa couleur noire, qui ne semblait pas être réellement recouvert de de peau, mais d'autre chose qu'il ne parvenait pas encore à nommer, comme une armure qui lui collait à la peau... - Je ne prendrai rien en échange. Cette vengeance est mon intérêt. Un nouveau pas en direction d'Alex dévoila le visage de l'être, pâle, dont seul une bouche garnie de dents pointues et plus grandes que la moyenne apparaissaient à la lumière du matin. Luisant dans les ténèbres environnantes, qui semblaient renforcées par son visage sombre, deux yeux rouges projetaient leurs lueurs menaçantes sur le jeune homme. De longs cheveux blancs tombaient sur ses épaules et dans son dos, et, par mèches, devant son visage, entre lesquelles ses yeux étaient visibles. Il avait l'air particulièrement jeune, malgré sa présence et son charisme impressionnants. Alex déglutit. Envoyant d'un coup de pied un caillou voler devant lui , Kusano marchait en silence sur le chemin du lycée. L'obscurité des ruelles s'était peu à peu effacée pour laisser place à une matinée ensoleillée, qui annonçait une journée chaude et agréable. Continuant son chemin, portant négligemment son sac sur une épaule, il vit quelqu'un sortir précipitamment de chez lui, en courant presque, s'arrêtant au milieu de la rue comme pour reprendre son souffle. - Alex ? Le jeune homme s'approcha et reconnu son camarade. Lorsque celui-ci se retourna vers lui, Kusano haussa un sourcil. Il avait l'air étrangement soucieux, comme s'il venait de s'éveiller d'un terrible cauchemard. - Qu'est-ce qu'il y a ? T'as vu mourir le quart de ta famille ou quoi ? - Non, c'est rien. T'inquiète. Ils reprirent leur marche vers le lycée. - C'est ce s'est passé hier avec ce type qui te préoccupe ? J'ai entendu à la radio qu'il est en garde à vue. Mes parents veulent porter plainte. - Ah ok. - Je sais que ce type est du genre à s'en prendre à tout le monde mais il t'en voulait particulièrement, hier. Tu lui as fait quelque chose ? Alex baissa les yeux. Pourquoi ce Jordan l'avait subitement agressé... la raison était claire : Anaïs. A ce souvenir, les paroles du démon Khaël lui revinrent à l'esprit. [i:2jniboh7]"Tu as de la rancœur, n'est-ce pas ? Ton cœur est plein de haine. Je l'entends hurler. Ce qu'il crie n'est pas beau à entendre... Comptes-tu le laisser dans cet état, Alex ? Tu es faible et introverti. Tu te fais marcher sur les pieds à cause de cette faiblesse. Alex, veux-tu la force ? Tu ne veux pas te venger de ces garces, qui t'ont humilié dans le chantier ?"[/i:2jniboh7] Il continua de marcher, en silence. Kusano le regardait, étonné. Il était étonnamment froid et distant, ce matin. Perdu dans ses pensées, il ne l'écoutait sûrement même pas. De plus en plus intrigué, Kusano le fixait, presque inquiet. [i:2jniboh7]"Tu ne sais vraiment rien. C'est toi qui as trouvé le livre, pourtant... Je t'offre la chance de te venger de ces filles. Tu préfères rester sali ?"[/i:2jniboh7] Alex releva brusquement les yeux. - Non. Je le connais pas, mais... - Mais ? Il se regarda son camarade. - Rien. Dépêche-toi on va être en retard ! Le jeune garçon couru jusqu'à la grille du lycée, suivit de près par Kusano qui, décidément, avait de plus en plus de mal à le comprendre. Un soudain regain de motivation l'avait-il subitement envahi ? Ils passèrent les grilles du lycée, pour se diriger vers leur salle de cours. Le long des couloirs, des élèves regardaient les deux camarades, en parlant à voix basse. Comme Alex ne semblait pas le remarquer, Kusano lui tapa sur l'épaule. - Hey! On dirait que pas mal de monde est déjà au courant pour ce qui s'est passé hier. - Pour Jordan ? - Ouais. J'ai entendu deux filles dans le couloir dire qu'il s'était fait embarquer par les flics. Je sais pas comment elles sont au courant de ça. - Bah... Se contenta-t-il de dire en rentrant dans la salle de classe. Immédiatement, tout le monde se retourna vers les deux nouveaux arrivants. Au fond de la classe, quatre filles éclatèrent de rire, attirant l'attention d'Alex. Kusano le tira par le bras vers leur table pour éviter un nouvel incident, mais le regard du jeune garçon s'était fixé vers elle. Il regardait Anaïs, une lueur de haine dans les yeux. [i:2jniboh7]Ton cœur est plein de haine. Je l'entends hurler.[/i:2jniboh7] Sifflante, la voix de Khaël emplissait son esprit, résonnait dans sa tête comme le glas de quelque funeste pulsion. Cette voix qui ne quittait pas ses souvenirs depuis qu'il l'avait entendue. Son regard se porta sur Amira, qui, à côté de son amie, riait aussi en parlant bas à ses copines, puis sur Erika, et la fille dont il ne connaissait pas encore le nom. [i:2jniboh7]Je t'offre la chance de te venger de ces filles.[/i:2jniboh7] Rompant soudain la tension qui s'était formée entre le groupe et Alex, la porte de la classe s'ouvrit de nouveau, alors que Léticia passait le seuil. Alex se retourna vers elle, qui le regarda brièvement, gênée. Elle passa à côté de lui sans dire un mot, pour rejoindre ses camarades au fond de la classe. Soupirant doucement d'agacement, il s'assit sans dire un mot. Kusano le regardait, visiblement gêné pour lui. Dans l'esprit d'Alex, pourtant, une seule et unique idée remplaçait toutes les autres, finissant par l'obséder totalement. Il allait se venger... Finalement, la porte s'ouvrit de nouveau, laissant entrer leur professeur d'histoire, qui salua distraitement la classe en montant sur l'estrade, pour faire l'appel. Alex, lui, ne regardait qu'en direction des cinq filles, attendant que celle dont il ne connaissait pas le nom réponde. Il connaîtrait ainsi toutes celles dont il devait se venger... "Cataldi Loris ?" "présent. "Crescent Linda ?" "Oui." "Delga Anaïs ?" "Présente!" "Izumi Kusano ?" "Présent m'sieur." Ecoutant évasivement les voix qui s'enchaînaient, il vit avec satisfaction la fille qu'il regardait réagir au nom de Delphine. L'appel finit, le prof passa au cours, reprenant son cours sur la révolution industrielle. Si seulement il pouvait faire un cours sur le XVIIème... Soupira Alex. La tête posée dans sa main, notant en regardant son professeur, il semblait perdu dans ses pensées. - Tu es faible et introverti. Tu te fais marcher sur les pieds à cause de cette faiblesse. Alex se redressa. Il regarda, effaré, son professeur qui le fixait de ses pupilles rouges. - K... Khaël ? - Je t'offre la chance de te venger de ces filles. Veux-tu la force ? Comment était-ce possible ? Quelle était cette diablerie ? Khaël avait investi le corps de son professeur ? Il regarda autour de lui ; tout le monde continuait de noter sans faire attention à lui. Il entendit une voix lointaine l'appeler par son nom. Il se retourna. - Alex ? Alex ?! Son professeur le regardait, haussant un sourcil. - Quelque chose ne va pas ? Ses yeux avaient repris leur couleur habituelle, bruns. - Euh... non, c'est rien. Amira pouffa de rire. Kusano le regardait, décidément inquiet pour son camarade. Avait-il rêvé ? Il aurait pourtant juré voir les yeux de Khaël sur le visage du professeur. Il l'avait vu s'adresser à lui et lui répéter ses paroles de ce matin. Hallucinait-il... ? A la fin du cours, tandis qu'ils rangeaient leurs affaires, Kusano n'y tint plus. - Mec tu fais peur sérieux. Depuis ce qui s'est passé hier soir tu parles peu, tout le temps renfermé dans tes pensées, tout à l'heure t'as fixé le prof en marmonnant quelque chose. T'es sûr que tu veux pas m'en parler ? Alex éclata de rire. - Mais non c'est rien t'inquiète pas. C'est déjà oublié l'histoire d'hier. Et puis je l'ai bien dérouillé ce bouffon! Comme Kusano ne répondait pas, se contentant de regarder son ami, un peu dubitatif, ce dernier repris. - T'inquiète. Si y avait quelque chose je te l'aurais dit. Allez dépêche-toi, on va être en retard! Alors qu'ils marchaient tous deux vers leur salle de cours, Alex ne put s'empêcher de regarder son camarade en coin. Il ne put s'empêcher de se dire mentalement, pour lui-même : "Tu as déjà souffert à cause de moi. Je ne veux pas t'impliquer plus. Ne m'en veux pas de ne rien te dire". [center:2jniboh7][size=150:2jniboh7]† Interlude †[/size:2jniboh7][/center:2jniboh7] - Le contact a été établi. L'heure est proche... Prononça une voix, altéré par les ténèbres. Dans un lieu sombre et isolé, où les nuages s'amoncelaient en amas noirâtres, trois silhouettes indiscernables semblaient converser. La désolation de ces terres n'offrait que quelques arbres morts, et de la terre jonchée de pierres dispersées, à perte de vue. La résonance de la voix s'évanouit dans les ténèbres. - Pourquoi est-ce Khaël qui doit être chargé de cette mission ? Je refuse de laisser une tâche si importante à cet ahuri. Siffla une autre voix, comme dans un grondement de tonnerre. - Calme-toi, Nihil. Khaël fait les choses à sa manière, il est juste moins impulsif que toi. - Toi qui hais les humains, pourrais-tu t'infiltrer suffisamment longtemps dans leur monde sans tout détruire ? Ironisa une voix féminine altérée par la Vague incroyablement dense de la région. Un rire s'éleva, suivit d'un chœur de murmures confus et lugubres. - Tu la sens toi aussi, non ? La Vague s'intensifie. Bientôt, ce monde brûlera sous les flammes de la mort. Il nous suffit d'attendre et d'agir avec discernement. - Laisse-moi faire. Je vais m'infiltrer en monde humain et surveiller ça de près. Dans une nuée de ténèbres, une silhouette plus fine et élancée que les deux autres s'évanouit, laissant seul le sifflement du vent rompre la cacophonie des murmures et des rires sournois qui semblaient provenir du paysage. [size=150:2jniboh7]Chapitre 3 (suite) : L'heure de la revanche.[/size:2jniboh7] - Bien, vous pouvez ranger vos affaires, le cours est fini. Kusano soupira en s'étirant. "Aaaaah j'en pouvais plus de cette journée de cours!!" Soupira-t-il. Alors que tout le monde rangeait leurs affaires et se dirigeait vers la porte de sortie, Alex se releva, jetant négligemment son sac sur l'épaule. "Tu m'étonne!" Répondit-il en regardant du coin de l'œil Léticia ranger ses affaires. Etrangement, il ne put s'empêcher de la détailler du regard. Il avait remarqué que pendant toute la journée, elle l'avait évité du regard. Comme si quelque chose la gênait dans ce contact visuel. Ses yeux parcoururent pensivement ses cheveux blonds soyeux, qui tombaient sur ses épaules et pendaient en cascadant dans son dos. A y bien réfléchir, cela faisait un moment qu'il ne l'avait pas vu participer ouvertement au harcèlement de ses camarades envers lui. Peut-être ne disait-elle rien par peur de la réaction de ses amies ? Machinalement, ses yeux descendirent sur ses épaules, suivant la courbe de ses bras, recouverts par un t-shirt blanc où était écrit, au niveau de la poitrine "No silicon. Keep away". Comme elle finissait de ranger ses affaires, elle jeta son sac sur son épaule et, évitant de regarder son camarade qui n'était pas à plus de deux mètres d'elle, quitta la classe. - Ohéé, Einstein ! S'exclama Kusano, pour tirer son camarade de ses pensées. Y a un concert au bœuf à côté du lycée ce soir. Ca te dit de venir ? - Non, désolé, j'ai un truc à faire ce soir, la semaine prochaine okay ? ^^ Répondit-il, d'un air faussement enthousiaste, qui sembla tromper son camarade qui lui tapa amicalement sur l'épaule. "Ok alors à plus mec!" Devant la porte, Anaïs, Amira et Erika attendaient leur amie qui les rejoignirent avec Delphine. Son regard s'arrêta sur cette dernière, et une brusque pulsion l'envahit. Brutale et grandissante, une indicible haine empreignait ses yeux, dont les pupilles tournaient progressivement à un rouge écarlate. Une couleur sanguine luisante de haine et de pulsions maléfiques. Alors que les cinq amies longeaient le couloir en parlant entre elles dans de grands éclats de rire, Alex les suivit en silence, comme le prolongement de leur ombre. Ce jeu de filature appris au jeune homme que les filles faisaient peu de chemin en commun. En effet, Léticia prenait le bus à la sortie du lycée avec Amira, tandis qu'Anaïs et Erika bifurquaient un peu plus loin sur une rue à gauche, laissant Delphine poursuivre son chemin seul jusque chez elle. Loin derrière elles, Alex les regarda se séparer, puis continua sa marche vers la rue que venait d'emprunter Delphine. Une voix parvint alors à l'esprit du jeune homme. "Tu as pris ta décision, à ce que je vois." Inutile de se retourner pour reconnaître Khaël, dont la voix sombre et presque moqueuse le rendait reconnaissable entre mille. Regardant à sa droite du coin de l'œil, Alex vit qu'un vieil homme marchait à ses côtés, appuyé sur une canne, et portant de longs cheveux blancs, qui tombaient jusqu'à ses fesses. Lorsque l'homme tourna son visage vers lui, Alex pu voir ses yeux rouges étincelants, aussi purs et luisants que des gemmes, et semblaient le pénétrer, franchir la barrière de son esprit pour regarder jusqu'aux tréfonds de son âme. Ainsi donc il pouvait changer son apparence... Un sourire étira le visage de l'homme. - Je vais t'aider à soulager ton cœur. Suis-la. Intérieurement, sans qu'il puisse réellement se l'expliquer, Alex se sentait rassuré par cette présence qui l'avait terrifié le matin même. Il sentait en cet être une puissance indiscutable, qui semblait vouloir l'aider. Une sorte de sentiment indéfinissable grandissait dans sa poitrine, se répandant en lui, doucement, échauffant ses veines et son sang, créant en lui des pulsions incontrôlables. Il suivit la jeune fille comme un lion suit sa proie avant de lui sauter dessus. Continuant, de plus en plus impatient, cette filature qui le mènerait à la première étape de sa vengeance. Le vent souffla, ébouriffant les cheveux du garçon, qui, se retournant, constata que Khaël avait disparu. Intérieurement déçu, mais ne se décourageant pas, il poursuivit sa filature, fermement décidé à se venger de la première des cinq dès ce soir. A quelques mètres de là, il vit Delphine s'arrêter au milieu de la rue. S'approchant discrètement, il se dissimula dans l'ombre d'un angle de mur. Elle était accroupie près d'un chat qui semblait s'être brisé une patte, et miaulait à fendre le cœur, se débattant sur le sol. L'espace d'une seconde, ses yeux croisèrent ceux de l'animal. Des yeux rouges et luisants. Khaël... ? Bien pensé... de plus, il lui signalait ainsi que le moment de refermer ses crocs sur sa proie était venu. Il s'approcha silencieusement dans le dos de la jeune fille, qui se retourna en l'entendant marcher. Pour la première fois, il pu la regarder plus à son aise, et la détailler des yeux. Elle avait de longs cheveux bruns, qui encadrait un visage assez doux, au milieu duquel deux petits yeux noisettes luisaient avec une fausse innocence. Elle portait une petite croix en argent autour du cou. Du reste, elle était vêtue d'un débardeur noir, qui dégageait parfaitement ses aisselles, et d'un jean moulant la forme de ses jambes. - ...Alex ? Le regard du jeune homme était d'un rouge sang. Ses prunelles luisaient comme deux gemmes de feu. Il avait l'air d'un véritable démon. - Pff... tu pensais vraiment m'humilier comme tu l'as fait avant-hier sans conséquences ? Tu vas payer, Delphine... Il s'approcha d'elle, l'air menaçant. La jeune fille voulu s'enfuir, mais il la rattrapa d'une main. Faisant subitement volte-face, Delphine lui décolla une claque de toutes ses forces, qui le fit lâcher son bras. Elle se remit à courir, devant l'étudiant qui, une main sur le visage, restait immobile. Il écarta ses deux, laissant son œil droit étinceler de haine à travers. Jamais elle n'avait vu un tel regard. Jamais elle n'avait vu des prunelles de la couleur du sang. Ce type... il était terrifiant. La jeune fille sentit quelque chose lui agripper subitement les chevilles. Surprise, elle bascula en avant, et s'étala de tout son long. Deux lianes venaient de jaillir du sol et de s'enrouler autour de ses chevilles. Une nouvelle intervention de Khaël ? Il en eut la confirmation lorsqu'une orbe noire les entoura, vaporeuse et menaçante. Lorsqu'après quelques secondes elle s'évanouit, ils se trouvaient tous deux dans le chantier désert et abandonné où il avait trouvé le livre, et où il avait aussi été impitoyable chatouillé et humilié par ses camarades. Ironie du sort, ou pur sadisme de la part de Khaël ? Alex en sourit, regardant la jeune fille toujours prise dans les lianes. Il s'approcha, lent mais inéluctable, vers la fille qui tentait désespérément de se soustraire à la prise des lianes. Allongée sur le ventre comme elle l'était, elle ne pouvait pas le voir s'approcher. Alors qu'elle essayait de se retourner, elle sentit subitement quelque chose tirer sur sa basket droite. La chaussure quitta le pied de la jeune fille, qui se débattait, libérant un joli pied entouré d'une fine chaussette blanche. Les jambes empêtrées dans les lianes qui ne déserraient pas leur emprise, elle ne put empêcher le jeune homme de lui retirer son autre chaussure. Ne comprenant pas vraiment où il voulait en venir, elle n'eut plus le moindre doute lorsqu'elle senti les doigts de celui qui la dominait, glisser doucement le long de sa plante de pied. Elle s'arqua, sentant ses muscles se bander doucement. Alex s'approcha de son oreille et lui glissa : - Tu vas payer pour tout ce que vous m'avez fait subir... vous allez toutes payer ! Terrifiée, la jeune fille tentait de se débattre, mais en vain. Les lianes maintenaient ses chevilles fermement arrimées au sol, devant le sourire d'Alex. - ARRÊTE !! ME TOUCHE PAS ! PITIE !! Il s'accroupit, caressant doucement la surface de la plante du pied droit de la jeune fille, du bout des doigts. - De la pitié ? Tu me fais marrer... La lueur rouge des yeux du garçon semblèrent luire plus intensément l'espace d'un instant. - Tu n'en as pas eu pour moi, il me semble. Faisant glisser doucement ses doigts de bas en haut, le long de la plante, il regardait la fille trembler légèrement, imperceptiblement, au rythme de ses caresses. De là où il était, il ne pouvait pas voir qu'elle se mordait un doigt pour ne pas montrer le moindre signe de faiblesse à celui qui n'allait pas tarder à devenir son bourreau. - Mais, ce que subiront tes amies... La lueur de ses yeux redoubla d'intensité. - Sera bien pire. Approchant son autre main du pied de sa victime, le garçon la chatouilla du bout de ses autres doigts, en grattant de manière plus appuyée sur les côtés. Alex sentit les muscles de la jeune fille se bander et un redoublement de vigueur dans ses débattements, mais ne fit qu'en sourire, voyant ses chevilles ne bouger que faiblement dans la prise indéfectible que formaient les lianes qui s'étaient enroulées autour de ses chevilles, et qui continuait de s'enrouler autour de ses mollets. Alors que ses doigts continuaient doucement leur travail, le garçon entendit sa victime hurler : - ALEEEEEXX !!! Il en sourit, ne s'arrêtant pas un instant, au contraire, accélérant de plus en plus ses mouvements, intensifiant du même coup les rires de Delphine. Ses doigts grattaient, caressaient et chatouillaient la plante de la jeune fille sans répit, lui arrachant des rires pourtant mignons, qu'il intensifiant encore en remontant vers la base des orteils, qu'il chatouilla sans aucune retenue. Pendant que sa main gauche s'occupait de passer et repasser entre les orteils de sa victime, les doigts de l'autre main s'acharnaient sur la voûte plantaire de l'autre pied, entrecoupant les rires mélodieux de la jeune fille de petits cris. Malgré tout le jeune homme continuait de la chatouiller, ignorant ses rires et ses cris. Au contraire, plus elle riait, et plus il prenait de plaisir à torturer la pauvre fille qui tentait désespérément de fuir. Les doigts du jeune homme couraient toujours sur les pieds frémissants de son ancien bourreau, alors que les lianes qui s'enroulaient progressivement autour de ses mollets atteignaient le creux de ses genoux. Les yeux écarquillés, Delphine se cambra brusquement, n'émettant qu'un long couinement de désespoir, agrandissant encore le sourire de son bourreau. Chatouillant ses deux pieds avec ses doigts et le creux de ses genoux avec les lianes, Alex vit avec une joie indescriptible sa victime exploser d'un rire hystérique, qu'il se plaisait à rendre encore plus incontrôlable en concentrant ses chatouilles sur la base et entre les orteils. Delphine, dont le haut du corps, libre de toute entrave, s'agitait inutilement, frappant et griffant le sol, tant de rage que pour exorciser l'abominable sensation de chatouille qui dévorait le bas de son corps, sentait sa vigueur diminuer lentement, et avait l'effroyable impression de devenir plus chatouilleuse. Ne lui laissant pas le moindre répit, Alex continuait ses chatouilles, savourant chaque seconde des rires de sa victime et du supplice qu'elle subissait. - A... ALEEEEEEEEEEEX !!! Cria-t-elle une nouvelle fois, sous l'impulsion du désespoir. Le garçon cessa lentement ses chatouilles, regarda la jeune fille rester allongée sur le ventre, essoufflée. La torture n'avait duré qu'une dizaine de minutes, et elle voulait déjà tout arrêter ? Combien de temps l'avaient-elles torturé, lui, attaché et livré à elles cinq, qui l'avaient chatouillé sans aucune pitié ? Au contraire, elles s'étaient délectées de son impuissance et de son supplice. Elles s'étaient même plues à l'humilier encore plus en lui retirant ses vêtements et en prenant des photos humiliantes de lui. Aujourd'hui... il allait se venger. Retirant doucement les chaussettes de la fille, Alex souriait, regardant avec attention le tissus blanc glisser le long du petit pied rose frémissant d'être ainsi mis à nu. Il le caressa du bout des doigts, provoquant quelques petits rires chez sa victime qui tenta encore vainement de se débattre et de s'extraire de ces lianes qui l'envahissaient de plus en plus. Alors que sa deuxième chaussette glissait le long de son pied, Delphine sentit deux lianes frôler ses bras. Elle les retira immédiatement, les ramenant à elle, craignant de les voir, eux aussi, immobilisés par les démons végétaux. Mais ce fut à cet instant que les chatouilles reprirent. Animé d'une vigueur redoublée par la vue des jolis pieds de sa victime, Alex caressait doucement la plante de la jeune fille, tout en la chatouillant, de l'autre main sur la base des orteilles, sans aucune retenue. Une nouvelle fois Delphine se cambra, mais, ne lui laissant pas la moindre chance de s'habituer ne serait-ce qu'une seconde aux chatouilles qui lui étaient infligées, Alex se mit à la chatouiller de manière beaucoup plus appuyée entre les orteilles, tandis que les doigts de son autre main s'étaient mises à gratter avec dextérité sa plante de pied dénudée. Sa peau était douce, et chaque pression, effleurement, caresse et chatouille arrachait à la jeune fille des rires qui devenaient de plus en plus aigus. Celle qui avait participé à son supplice d'avant-hier se révélait, en fait, particulièrement chatouilleuse. Satisfait, il continua de la chatouiller de cette manière pendant quelques minutes, avant de lâcher de nouveau ses pieds. Allongée sur le ventre, Delphine ne ressemblait plus en rien à la petite prétentieuse qui l'avait persécuté au lycée. Elle haletait, reprenant sa respiration avec difficulté, les pieds encore agitée de petits soubresauts nerveux. Ses cheveux tombaient en désordre devant son visage et dans sa bouche, et son visage était rouge d'avoir tant ri pendant les quinze minutes qui venaient de passer. Alex s'approcha d'elle et s'accroupit, s'asseyant sur ses fesses, de manière à ne pas lui faire de mal, mais à l'immobiliser totalement. La fixant de ses prunelles rouges, Alex sentait des pulsions de plus en plus incontrôlables monter en lui. Etait-ce l'effet de cette torture, le fait de savoir cette fille entièrement soumise à lui et incapable de se soustraire à ses caresses, ou l'influence de Khaël qui lui faisait cet effet ? Dans tous les cas il se sentait de plus en plus incontrôlable, et sentait son envie de la chatouiller croître de minute en minute. Le jeune homme fit glisser doucement un doigt sur l'épaule de Delphine, dénudée par son débardeur, jusqu'à la ramener sur sa joue, et la caresser doucement. - Ca t'a plu ? Frémissant de rage et d'impuissance, incapable de voir son bourreau dans sa position, Delphine hurla : - ENFOIRÉÉÉÉÉÉ !! Alex se releva, alors que les lianes relâchaient doucement et progressivement l'emprise sur les jambes de la jeune fille. L'ayant remarqué, cette dernière, sans réfléchir, tenta de se redresser d'un bond, et, voulant s'élancer pour fuir ces bâtiments maudits, n'eut pas le temps de réagir, qu'elle sentait déjà le sol la heurter. Elle venait de retomber sur le dos, un pied pris dans une liane qui s'était sauvagement enroulée autour de sa jambe. Alex éclata d'un rire gras et sonore. Alors que deux autres lianes s'enroulaient autour de ses jambes, au grand désespoir de la jeune fille qui hurla de rage, Alex s'approcha d'elle et s'assit sur ses jambes. Ses cheveux noirs, qui n'étaient pas assez longs pour cacher ses yeux, révélaient deux pupilles rouges sanguin. Elle était jolie, belle même. Alex lui trouvait un charme nouveau, après l'avoir ainsi chatouillée, et la sentir sous lui, impuissante et soumise. Après tout, il pouvait lui faire ce qu'il voulait, et l'humilier comme il l'entendait... Immobilisée, Delphine regardait son bourreau avec un air de terreur de de désespoir. Elle tenta de se débattre, mais deux lianes jaillirent immédiatement du sol, s'enroulant autour de ses poignets, lui plaquant les bras au sol. Alex souriait. Les aisselles parfaitement dégagées de la jeune fille étaient lisses et parfaitement épilées. Posa doucement ses mains sur le ventre de sa victime, il les glissa sous son débardeur, pour lui caresser le ventre. Comprenant qu'il était inutile de se débattre, Delphine voulut hurler, mais, comme ses amies l'avaient dit l'avant-veille, quand les rôles étaient inversés, personne ne peut entendre quoi que ce soit venant de ce chantier abandonné. Décidé à la faire taire, Alex quitta son bracelet éponge pour lui mettre dans la bouche, mais cette dernière bougea frénétiquement la tête de droite à gauche. Il lui pinça les narines, l'obligeant à ouvrir la bouche, puis lui enfonça l'objet dans la bouche, le maintenant d'une main, pendant qu'il regardait, un sourire aux lèvres, une liane jaillir du sol et l'enserrer au niveau de la tête, la maintenant au sol, empêchant ainsi tout mouvement de sa part, et maintenant le bâillon improvisé fermement enfoncé dans sa bouche. Envahie par le désespoir, la jeune fille sentie de nouveau les mains de son camarade la caresser sous le tissus noir de son débardeur, glissant d'abord doucement sur son ventre, puis remontant de plus en plus vers ses aisselles. Petit à petit, les caresses se firent plus appuyées, jusqu'à produire des petits tremblements nerveux et des couinements de mécontentement qui le remplirent d'aise. Finalement les caresses se muèrent véritablement en chatouilles. C'est à ce moment précis que deux lianes se mirent dans un même mouvement à lui chatouiller la plante des pieds. Les extrémités des membres végétaux se révélèrent redoutables, et, cumulées aux chatouilles que lui infligeait le jeune garçon au niveau du ventre et des hanches, produisaient un effet dévastateur sur la pauvre prisonnière qui émit un hurlement impressionnant, étouffé par son bâillon, tandis que son corps, agité de soubresauts nerveux, tentait vainement d'échapper à son bourreau. Il alternait pressions légères et fortes, chatouilles et pincement, évitant ainsi que sa victime ne s'habitue aux sensations insupportables de chatouilles qu'il lui infligeait. Glissant sur son ventre, allant et venant avec un rythme qui semblait ne jamais se répéter, les doigts d'Alex s'attardaient sur les points les plus sensibles qu'il repérait à chaque fois que la jeune fille poussait un cri plus fort que les autres, la chatouillant uniformément du ventre jusqu'aux hanches, pour revenir au ventre et s'attarder sur le nombril, et repartir vers les hanches. Il souriait. C'était un sourire sinistre, qui montrait qu'il prenait plaisir à torturer sa victime, et que, loin de vouloir s'arrêter, il désirait ardemment pousser les chatouilles et les sensations que subissait sa victime à leur paroxysme. Entravée comme elle l'était, elle ne pouvait que subir sans fin les chatouilles qui l'envahissaient, de la plante des pieds jusqu'à son ventre et ses hanches, ses rires et ses cris réprimés par son bâillon, sans quoi Alex aurait sans aucun doute fini assourdi. Inéluctablement, ses mains remontèrent jusqu'aux aisselles de la jeune fille, qu'il chatouilla avec passion, sans aucune réserve. Les rires entrecoupés de véritables hurlements de sa victime avaient atteints des sommets, montrant qu'elle réagissait parfaitement au traitement infligé. Il semblait prendre un réel plaisir à voir une aussi jolie fille entièrement soumise à lui, complètement attachée et bâillonnée, se tordre de rire sous ses doigts et ses chatouilles de plus en plus envahissantes. De nombreuses lianes immobilisaient maintenant ses pieds, passant et repassant entre ses orteils, caressant ses plantes de pied, tandis qu'Alex remontait le débardeur de la jeune fille, agitée de soubresauts incontrôlables, au-dessus de sa poitrine, dévoilant un soutien-gorge noir. Il la regardait, peinant à respirer entre deux vagues de rires presque hystériques, ses joues rouges baignées de larmes de rire. Jaillissant du sol, de plus en plus de lianes se glissaient sous ses vêtements pour la chatouiller au creux des genoux, au niveau des cuisses, n'épargnant pas la moindre zone de son corps qui put y recevoir des chatouilles. Satisfait, Alex se releva, regardant la jeune fille se tordre sous les chatouilles qui lui étaient infligées de toutes parts, baignée de sueur, et résistant de moins en moins aux sensations insupportables qui envahissaient tout son corps. Elle ne semblait même plus avoir la force de se débattre. Le regard implorant de Delphine ne trouva que les yeux rouges et le sourire indicible de son bourreau, qui, sans un mot, s'en retourna, la laissant seul, en proie aux chatouilles de dizaines de lianes tentaculaires, totalement immobilisée et déjà exténuée, poussant de petits cris étouffés sous son bâillon. Quittant le chantier, cette fois en vainqueur, Alex avait la certitude que sa proie finirait par mourir de rire, seule, torturée inlassablement durant des heures, accablée, pleurant littéralement de rire, dans le chantier abandonné. Sans doute la retrouverait-on un jour, et l'on diagnostiquera une crise cardiaque, ou un suicide par substances légères... Suivant les pas du jeune homme, un chat marchait dans la nuit, son ombre allongée par la lumière des réverbères touchant presque celle d'Alex. Je tiens à vous remercier pour vos commentaires, qui m'empêchent de me démotiver, même si je mets du temps à la rédaction de ces chapitres. C'est, en quelques sortes, le seul salaire qu'un auteur reçoit pour ses écrits, et qui donne réellement envie de s'investir et de continuer. En somme, merci SQUALL, chatouillesdu92, Mat et t0nka pour vos avis sur cette histoire ;) Ps : Certains passages de ce chapitre ont été censurés. Pour lire la version originale, visitez la section adulte dans la partie histoire.
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Fingon - il y a 18 ans
C'est toujours aussi bon, j'ai adoré et ça celit tout seul.
Vivement la suite !
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SQUALL - il y a 18 ans
En effet, c'est très bien écris. Une histoire méchante avec un héro vraiment pervers et qui tue ses victimes, avec une histoire de vengeance et d'humiliation. J'accroche vraiment au scénario même si ce n'est pas ce que je préfère, ça change d'autres hisroire plus...gentille, (que j'aime beaucoup aussi) enfion bref, c'est super, c'est bien raconté, et je suis impatient de voir la suite.
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chatouillesdu92 - il y a 18 ans
Encore un très bon chapitre,
premièrement, il est parfaitement écrit (si si, ça compte énormément)
Tu as un style vraiment beau.
Quand à l'histoire, il me tade de savoir ce qu'il arrivé à l'auteur du livre, et Axel se change en monstre, c'est excellent.
Voila, et maitenant le passage qui avance à rien mais que je veux mettre en temps que fan attitrée ^^
LA suite ! la suite !
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Memoria - il y a 16 ans
Ayant pris la décision de refaire une histoire reprenant en mieux ce concept je poste le chapitre 4, au cas où il intéresserait quelqu'un. Il est inachevé mais comme il trainait depuis longtemps sur mon pc autant le publier avant de passer à autre chose. Sur ce cette histoire est close. Bonne lecture

Chapitre 4 : Les cinq lettres.
Alex avait marché longtemps, errant à travers la nuit, l'esprit plein des voix infernales de Khaël suivies de ses indiscernables chœurs de murmures qui semblaient jaillir directement du Chaos. Le rire de Delphine résonnait encore en lui. Son regard suppliant, son visage déformé par la souffrance de la torture et des chatouilles...
Le temps qu'avait duré ce supplice, Alex ne s'était senti qu'à moitié lui-même. Comme s'il n'avait, subitement, plus rien contrôlé. Comme si, insidieusement, le pouvoir de Khaël le pénétrait petit à petit pour l'emplir totalement. Lorsqu'il rentra chez lui, il se sentait comme... revigoré. Comme si un poids venait de quitter sa poitrine. Sa si terrible humiliation était en partie vengée. Allongé sur son lit, il regardait pensivement le plafond, les mains croisées derrière la tête. En y repensant, il manquait encore quatre filles à la liste. Anaïs, Amira, Erika et Léticia.
- Comment vais-je m'y prendre... ? Soupira-t-il.
Le plafond semblait encore danser devant ses yeux et son esprits confus. Son regard se perdit dans le vague et ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes. Demain serait un autre jour. Mais, pour l'heure, il se sentait épuisé... son esprit se perdait lentement dans les brumes de la somnolence, et il finit par plonger dans l'eau paisible du sommeil. Etendu sur son lit, encore tout habillé, il venait de s'endormir la bouche grande ouverte.
- Comment se passent les cours ? Tu n'as aucun problème dans ta classe ? Demanda l'informaticien, levant les yeux de son éternel journal.
- Non... Rien de spécial. Tout va bien. Répondit la jeune fille, souriant légèrement à son père.
L'homme hocha la tête avec un sourire.
- C'est bien. Fais de ton mieux en cours, d'accord ?
- Oui, t'en fais pas pour ça. Je dois y aller de toutes façons. Dit-elle plus doucement, un léger sourire aux lèvres.
Il sourit en se relevant puis posa une main sur la tête de sa fille.
- Passe une bonne journée alors. Je risque d'être très occupé par mon travail aujourd'hui. Je ne serai pas là pour dîner. Ca ira pour ce soir ?
- Oui, arrête de t'inquiéter papa. A demain ^^
La jeune fille jeta son sac sur une épaule et franchit la porte. Dehors, le soleil était déjà levé, et le temps était encore celui d'une matinée d'été. Une un grand souffle d'air fouetta son visage avec douceur. Elle inspira profondément et se mit en marche vers le lycée. Son style vestimentaire ne changeait pour ainsi dire pas de d'habitude ; à savoir un t-shirt noir avec un jean déchiré sur l'une des deux poches arrières, et une paire de converses bleue relativement usée. Ses cheveux blonds, bien que relâchés, semblaient pourtant avoir été soigneusement coiffés. Provenant de derrière elle, une voix cria : "Léticiaa !!". Cette dernière se retourna, juste à temps pour voir Erika débouler à toute vitesse en la poussant des deux mains. La lycéenne manqua de trébucher, se retenant avec plusieurs pas de recul. Son amie éclata de rire avant de lui tapoter l'épaule.
- T'as toujours l'air dans les nuages en venant en cours. T'as du mal à te réveiller le matin ?
- Mais non, je... pensais à autre chose.
- Moui moui ^^
Les deux jeunes filles continuaient leur chemin vers le lycée, lorsque d'un coup Erika se retourna vers son amie un sourire aux lèvres.
- Au fait, tu crois qu'Alex viendra aujourd'hui ?
- Je sais pas...
Erika éclata de rire.
- Ca craint. Je pense pas qu'il viendra de toutes manières. Il devrait être en train de se suicider à l'heure qu'il est.
Léticia ne répondit pas, prenant soudain un intérêt particulier pour ses pieds en continuant sa marche. Les deux jeunes filles franchirent les portes du lycée et se dirigèrent vers leur salle de cours. Anaïs y était déjà assise avec Amira. Toutes deux parlaient en silence. La plupart des élèves était déjà arrivée.
- Salut les filles ! Lança joyeusement Erika, qui semblait, comme chaque matin, de bonne humeur et pleine d'entrain.
- Salut Eri, Let! Delphine n'est pas avec vous ?
Les deux amies se regardèrent.
- Non pourquoi ?
Anaïs soupira.
- Elle est toujours pas arrivée et elle répond pas à nos appels. Si elle veut sécher, qu'elle prévienne au moins... soupira Anaïs.
- Elle est peut-être malade ? Suggéra Léticia.
Amira et Erika acquiescèrent. A cet instant, la porte s'ouvrit, laissant entrer Kusano et Alex, dont la discussion fut instantanément coupée par une exclamation de déception d'Erika.
- Ah ! Il est venu ! Ca craint...
Amira et Anaïs éclatèrent de rire.
- Qu'est-ce qu'il fait encore là ? A sa place j'aurais déjà changé d'école depuis longtemps...
- Il devrait être en train de se suicider à l'heure qu'il est ! Renchérit Amira.
Alex baissa les yeux. Les bras le longs du corps, dont les mains fermées semblaient former un poing crispé, presque tremblant. Kusano, ne sachant pas quoi dire, tapa doucement sur l'épaule de son camarade.
- Ignore-les, elles en valent pas la peine.
Toute la classe avait les yeux rivés sur les deux nouveaux arrivants, et plus particulièrement sur la cible de toutes les moqueries des quatre camarades de classe. Immédiatement, le sentiment de honte et de rejet qu'avait subi le jeune garçon depuis la rentrée se réveilla dans sa poitrine.
- Casse-toi espèce de tocard !
- Ouais, casse-toi! Y a pas de place pour toi ici. Sale rejet! Hein Let?
La jeune fille releva soudain les yeux.
- Hein euh...
Elle bafouilla quelque chose puis baissa les yeux. Inspirant profondément, Alex traversa la salle de classe et alla s'assoir en vitesse à sa place près de la vitre. Jetant un regard hésitant aux quatre filles, il suivit son camarade, devant les yeux satisfaits d'Anaïs. Non contentes de s'arrêter là, Amira se leva et alla se poster devant le jeune homme, les mains sur les hanches.
- T'as entendu ce qu'on te dit ? Casse-toi d'ici pauvre boulet.
Comme il ne réagissait pas, elle lui décolla une gifle qui lui fit ouvrir de grands yeux. Il posa instinctivement une main sur sa joue gauche. Au moment où elle allait renchérir, le professeur entra en ouvrant la porte, comme à son habitude, avec une négligence rare. L'air de rien, Amira se retourna en lançant à Alex :
- Mercii Alex! C'est mon CD préféré! Oublie pas d'être là ce soir, hein ?
Elle lui fit un signe de main avant d'aller s'assoir à sa place. Le professeur eut un sourire. Il semblait rassuré que le nouvel élève se soit bien intégré et s'entende bien avec sa classe. Anaïs adressa un sourire vicieux à sa camarade qui vint s'assoir à côté d'elle. Kusano regarda Alex avec une nuance d'hésitation et de compassion. Il était complètement désemparé par l'acharnement et la haine dont pouvaient faire preuve ces filles, qui plus est, a priori sans raison. Le professeur posa son sac sur son bureau avant de se retourner vers la classe.
- Bien, commençons le cours.
Alex ne dit rien, tête baissée, ses mèches noires cachant ses yeux rougis et embués de larmes. Les poings serrés sous la table sur ses genoux, il avait envie de laisser exploser sa colère et sa rage, mais que pouvait-il faire ? Ces filles étaient si perverses... que faire face à tant d'acharnement et de haine ? Kusano, gêné, baissa les yeux.
Pendant le cours, Amira se retourna vers son amie.
- Alors, tu penses qu'il va rester combien de temps ?
La jeune fille sourit largement.
- Je paris pour deux jours. Trois tout au plus. Et toi ?
- Deux jours... c'est sûr.
- Pari tenu alors! La perdante aura un gage, affirma Anaïs en tirant la langue.
Soudain, le prof s'arrêta dans son cours.
- Au fait, Delphine n'est pas là ? Elle n'est jamais en retard d'habitude.
Tout le monde haussa les épaules.
- Elle est sans doute malade... tenta Erika. Ses amies acquiescèrent. Le professeur hésita un instant, puis la marqua absente. Le cours repris. Alex n'avait pas bougé. Il sentait sa haine croître de minute en minute envers ces quatre manipulatrices arrogantes. Il était le seul à savoir ce qu'il était advenu de leur amie. Inquiets de sa disparition, ses parents devaient déjà avoir alerté la police lorsqu'elle n'était pas rentrée du lycée hier soir. Le lycée n'en serait probablement prévenu que cette après midi ou le lendemain. Quant à ce qui lui est arrivé, ce secret sera à jamais enfoui dans le vieux chantier abandonné, même si l'on retrouve un jour le corps. En repensant à la soirée d'hier, Alex frémit. Ce qu'il avait fait endurer à sa victime, même s'il ne s'agissait pour ainsi dire qu'un juste retour des choses, était horrible. Il avait en outre la ferme impression d'avoir laissé ses instincts parler à sa place, et il se doutait que ce "Khaël" n'était pas sans rapport avec sa "transe" d'hier. Il éluciderait ce mystère ce soir en consultant une nouvelle fois le livre mystérieux. Pour l'instant, il devait noter son cours et sortir de la classe en évitant les quatre furies. Quatre... maintenant qu'il y pensait, depuis deux jours, Alex n'avait pas vu une seule fois Léticia participer ouvertement au petit jeu de ses amies. En y repensant bien même, elle avait toujours les yeux baissés lorsqu'elles s'en prenaient à lui, ou évitait de répondre aux incitations de ses camarades. Que cachait-elle... ? Le regard du jeune homme se reporta sur la jeune fille qui notait son cours, attentive à ce qu'elle écrivait. Sans qu'il s'en rende compte, il la regarda jusqu'à ce que, surgie de nulle part, la sonnerie du lycée, le tire de sa songerie. Le cours venait de finir. Les élèves ramassaient déjà leurs affaires, sous le regard du jeune homme qui se sentait comme s'il venait juste de s'éveiller d'un rêve flou et silencieux. Depuis quelques jours, il se sentait de plus en plus bizarre. Depuis qu'il avait trouvé ce livre, il avait des moments d'absence de plus en plus fréquents, qu'il était incapable d'expliquer. Quelque chose lui tapota l'épaule. Il se retourna pour découvrir le visage souriant de son ami.
- Allez c'est la pause. On va se poser un peu ok? On a math après, ça va être chiant ><
Alex acquiesça et ils sortirent tous deux de la salle de cours. Achevant de ranger ses affaires dans son sac, Anaïs regarda non sans satisfaction sa "proie" quitter la salle sans oser la regarder. Elle sortit à son tour avec ses camarades.
Regardant devant lui, Alex se tenait debout devant les cuves pour homme des toilettes du lycée. Kusano l'attendait à l'extérieur, près de leur salle de classe pour l'heure qui s'annonçait. Alors qu'il achevait ses aisances, Alex entendit la porte des toilettes s'ouvrir. Quelqu'un vint se placer à côté de lui, et lui adressa presque instantanément la parole.
- Heyy! Tu te rappelles de moi ?
C'était un garçon d'environ dix-sept ans, cheveux longs et bruns, yeux bleus...
- Valentin ?
Le type acquiesça.
- Au fait, les filles de la dernière fois te foutent la paix ?
Il eut un instant d'hésitation.
- Pas vraiment...
Valentin eut un sourire. Le bruit qui martelait la surface blanche de la cuve cessa, tandis que le jeune homme tirait la chasse d'eau.
- Te laisse pas faire. Si tu leur rabat pas leur caquet une bonne fois pour toutes elles continueront. Il lui tapa sur l'épaule. Hey, t'es un mec! Montre-toi ferme, c'est tout ^^
Il rajusta sa ceinture avant de faire un pas vers les lavabo.
- Tu m'excuse si je te sers pas la main hein. Au fait, t'as une passion ?
- Pas vraiment...
Tirant une serviette en papier du distributeur au-dessus de l'évier, Valentin eut un sourire franc.
- "Pas vraiment, pas vraiment"... tu peux pas arrêter de tergiverser ?
Il sourit en jetant la serviette et se retourna vers son interlocuteur.
- La musique, ça te branche ?
- Euh... oui!
- Viens à la répète de mon groupe demain, ok ? 18h devant la mairie. Je t'attendrai là-bas ^^
Alex le regarda s'éloigner, partagé entre plusieurs sentiments diffus. Bien qu'il ne le connaissait pas encore très bien, il sentait que ce type était quelqu'un de bien. Il poussa la porte pour se retrouver nez à nez avec Kusano.
- Tu t'es perdu dans les chiottes ? Ca fait un an que je t'attends mec.
- Euh non... j'ai croisé quelqu'un et on a parlé. Désolé ^^
Les deux camarades s'avancèrent vers leur salle de cours en continuant leur discussion. Lorsqu'ils y rentrèrent, le prof n'était pas encore arrivé. Mais, désespérément prévisibles, Anaïs et les autres attendaient leur victime, assises au fond de la classe. Lorsqu'Alex y entra, elles s'exclamèrent en choeur :
- Face de pet !
Alex se figea. Kusano soupira, plaquant une main sur son visage. Elles étaient désespérément prévisibles et acharnées... ça en devenait affligeant. Le jeune homme se hâta de rejoindre sa place, mais cette fois les trois amies se levèrent et vinrent se placer autour de lui.
- On croyait que t'allais t'ouvrir les veines aux toilettes ! Pourquoi tu l'as pas fait ? Demanda Anaïs, faussement déçue.
Feignant également la déception, Amira et Erika reprirent :
- Pourquoi tu t'es pas crevé? T'as besoin d'aide ?
Serrant les poings sous la table, Alex avait la tête baissée. Les autres élèves regardaient la scène sans rien faire, sûrement par peur de subir le même traitement. Kusano voulu dire quelque chose, mais Amira le devança en empoignant Alex par les cheveux.
- Réponds quand on te parle espèce de petite merde !
Voulant éviter une catastrophe, Kusano se précipita et attrapa le poignet de la jeune fille qu'il écarta de la tête de son camarade. Elle le regarda de ses grands yeux noisettes avec une surprise presque palpable.
- Qu'est-ce que tu fais toi ? Tu devrais se contenter de te taire et de regarder. Tu veux subir la même chose ?
Un bruit de chaise qui grince sur le sol coupa court à la brève confrontation qui opposa Kusano et Amira. Alex venait de se lever, une larme roulant le long de sa joue.
- C'est assez...
S'élançant subitement jusqu'à la porte de la classe il s'enfuit en courant à travers le couloir. Un bref silence retomba dans la classe. Anaïs, les mains croisées devant son visage, semblait sourire de satisfaction. Amira lança un regard assassin à Kusano, mais celle-ci n'eut pas le temps de dire le moindre mot. Une chaise racla le sol et buta contre la table de derrière. Léticia venait de se lever, regardant son amie qui s'apprêtait à s'en prendre à son camarade.
- Ca suffit !! Vous allez jouer à ce petit jeu encore longtemps ? Vous ne vous sentez pas mal pour Alex ? La jeune fille reprit difficilement sa respiration, avant de reprendre. S'amuser du malheur des autres... c'est minable.
Kusano hésita un instant avant de quitter la classe à son tour, ouvrant la porte à la volée. Amira et Erika se retournèrent vers leur amie. Celle-ci s'était rassise, les joues rouges et les yeux baissés.
- "C'est minable de s'amuser du malheur des autres..." pourtant tu étais la première à en rire le jour de la rentrée, non ? Tu es si hypocrite, Léticia...
les trois filles éclatèrent de rire avant de retourner à leur place. Gardant le silence, les autres élèves détournèrent les yeux, retournant progressivement à leurs occupations.
Dans un violent choc métallique, une poubelle heurta la barrière du toit du lycée, qu'Alex rattrapa à la volée par une frappe pleine de rage. Il se jeta sur une caisse de bois qu'il défonça à coups de pieds. Il s'arrêta, essoufflé, rejetant ses cheveux en arrière d'une main. Ses yeux étaient rouges et son souffle court. Il allait se jeter sur la poubelle qui roulait encore sur le sol, ayant répandu son contenu sur le sol, lorsque des bras le retinrent par le torse.
- Arrête !! Alex !!
Il se retourna juste à temps pour voir Kusano le plaquer contre un mur.
- Calme-toi !!
Silencieux, Alex regarda son ami avec incompréhension. Ses yeux étaient si farouches et déterminés que le jeune homme senti un instant sa colère faiblir.
- Qu... qu'est-ce que tu fais là ?
Kusano le lâcha en soupirant longuement.
- On est amis non ? C'est normal que je sois là quand t'as besoin de moi.
Alex baissa les yeux.
- Ces filles... ne les laisse pas te faire du mal. Montre-leur qui tu es putain ! Tu crois que ça servira à quelque chose de passer tes nerfs sur une poubelle en métal et de hurler sur les toits du lycée ?? T'es un mec putain! Réagis et arrête de fuir !
Un silence suivit l'injonction de son camarade.
"Te laisse pas faire. Si tu leur rabat pas leur caquet une bonne fois pour toutes elles continueront. Hey, t'es un mec! Montre-toi ferme, c'est tout."
"Pas vraiment, pas vraiment"... tu peux pas arrêter de tergiverser ?"
Valentin avait raison, Kusano avait raison. Ce n'était pas à lui de subir le harcèlement de ces harpies. Alex reprenait son souffle avec difficulté, respirant par grandes bouffées, encore hésitant entre rage et détresse. Son ami baissa un instant les yeux.
- T'es loin d'être seul. Tu sais, quand tu es partit tout à l'heure, Léticia a pris ta défense. Ce qu'elle a dit a jeté un froid sur les trois vicelardes et pourtant elles sont sensées être amies. Ca a du faire réfléchir le reste de la classe aussi. Ne baisse pas les yeux, c'est tout.
- Lé... Léticia s'est opposée à ses amies ?
Kusano hocha la tête.
- Je sais pas ce qu'elles ont contre toi mais ces filles-là semblent déterminées à aller jusqu'au bout. Tu peux pas te laisser faire. C'est une question de fierté déjà. Et puis même! Si tu te laisses faire pour ça, tu te laisseras faire pour quoi après ? Avec les grandes gueules il suffit d'en avoir une plus grande. Elles s'en prennent qu'à ceux qui peuvent pas se défendre. Si tu leur montres que t'en as dans le ventre, elles s'arrêteront d'elles-mêmes.
Alex baissa doucement la tête.
- Tu ne sais rien de ce qu'elles m'ont fait...
Plus loin, en hauteur sur le toit de la cantine, une silhouette semblait observer la scène en silence. Vu de loin, il semblait s'agir d'un étudiant avec des cheveux blancs. Mais pour peu qu'on s'en approchât, on put aisément discerner les traits fins presque androgynes du jeune homme, calmes et harmonieux, et des yeux d'un rouge étincelant.
- Les ténèbres de son coeur le submergent petit à petit. En dépit de ses efforts, il sera de plus en plus simple à manipuler... Il ne peut que retarder l'inévitable.
- Toujours aussi sûr de toi, Khaël... souffla, presque moqueuse, une voix féminine derrière lui.
L'homme se retourna, comme surpris qu'on l'ai approché de si près sans qu'il s'en rende compte.
- Hashj... qu'est-ce que tu fais là ?
C'était une jeune femme qui présentait un visage des plus attrayants, sans la moindre imperfection, associé à un corps aux formes plus qu'avantageuses et à la pose des plus aguichantes. Ses longs cheveux blonds platine cascadaient dans son dos jusqu'à une chute de rein à faire baver un aveugle et ses longues jambes aussi fines que possibles, sortaient de la jupe de son tailleur comme des courbes parfaites. Le reste de son costume était constitué d'une veste et d'une chemise ouvrant légèrement sur une gorge largement fournie, dont la naissance était laissée au gré des caresses du vent. Khaël plissa les yeux.
- Si tu ne changeais pas de forme à chaque fois, ce serait beaucoup plus simple pour te retrouver. Tu ne me facilite pas la tâche, tu sais. Ricana-t-elle avec une douceur presque menaçante.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? On avait convenu que la supervisation des opérations en monde humain ME revenait.
- Allons, ne sois pas si dur. Tu n'es pas content de me voir ?
Khaël ne répondit pas. Ses yeux aux lueurs rougeoyantes n'exprimaient rien qui put s'apparenter à du "contentement".
- Si je suis ici c'est parce-que Nihili commençait à s'impatienter. Tu le connais. Ca aurait été une catastrophe si on l'avait laissé descendre avec toi, alors j'ai pris les devants. Rassure-toi, je n'interférerais pas dans tes petites manipulations. Elle approcha son visage de l'oreille de son interlocuteur, un sourire naissant sur les lèvres... Tant que tout se déroule comme prévu, je n'ai rien à redire. Acheva-t-elle dans un souffle.
- Tu doutes de moi ? Répondit l'homme presque immédiatement.
- Moi, non. Se contenta-t-elle de répondre. Les mains sur les hanches, ce sourire qu'il ne supportait pas sur ses lèvres arrogantes... Khaël semblait intérieurement irrité de la trouver ici.
- Je te préviens... n'interviens pas dans mon plaisir, Hashj. Je ne suis pas aussi patient que "lui"...
- Tu n'as tout de même pas l'intention de nous trahir, Khaël ? J'espère pour toi que ce ne sont que des rumeurs... Répondit-elle dans un soupir hypocrite.
- Je t'ai déjà dit de ne pas douter de moi. Je mènerai à bien ma mission, c'est tout. N'interfère pas.
- Bien, je vais me contenter d'observer. Les humains sont intéressants. Bien que leurs vies soient aussi éphémères qu'une étincelle, ils ne peuvent s'empêcher de faire le mal autour d'eux. Ils prennent plaisir à se faire souffrir les uns et les autres, à se mentir, se voler, se tuer au cours de grandes guerres fratricides... ils s'aiment puis se haïssent, et se liguent contre ce qui est différent pour abuser des plus faibles et les faire souffrir. Au fond, ils ne sont pas si différents de nous. Je ne veux pas rater ça. Je me contenterai de te regarder d'ici-bas. Ne me déçois pas pas, d'accord? Ajouta-t-elle dans un clin d'oeil provocateur avant de s'en retourner, d'une démarche presque dansante et moqueuse.
Khaël resta immobile un long moment, reportant son regard sur le toit où les deux amis étaient déjà partis. Ecoutant le vent bercer sa soudaine solitude, les mots qu'il prononça furent emportés par le silence.
Le cours de français avait commencé depuis plusieurs minutes déjà. Alex et Kusano étaient assis à l'opposée des trois "harpies", écoutant distraitement le cours. Maintenant qu'il y repensait, quand ils étaient revenus en classe, aucune d'elles n'avait dit quoi que ce soit à l'encontre de son camarade. L'intervention de Léticia avait-elle fini par freiner l'acharnement des trois amies ? Il en doutait. En réalité, ce qu'il craignait, c'était que ce soit au tour de Léticia de se retrouver exclue à cause de ça. Il soupira. Alex, lui, était absorbé par la lecture de son livre, qu'il cachait derrière l'oeuvre qu'ils étaient sensés étudier en cours : Les Liaisons dangereuses. Il y risqua un œil.
"Après de longues minutes d'attente, j'entendis des sabots de chevaux s'approcher à grande vitesse. Je me hâtai de me jeter dans les broussailles les plus proches. Dissimulé parmi les broussailles, je pu suivre la conversation, incapable de regarder sans risquer de me faire repérer, mais au moins, de là où j'étais, je pouvais entendre sans peine ce qui se disait.
- Tu es sûr de ne pas avoir été suivi ?
- Oui Messire.
- Bien. Préparez les cordes, dans ce cas. C'est ici que nous tendrons l'embuscade. L'escorte du roi n'excèdera pas une dizaine d'hommes, demain. Je m'en assurerai personnellement.
- Fort bien, Monseigneur d'Almont. Mais qui exécutera cette besogne ? Si un de nos hommes se fait capturer pendant l'opération, il sera torturé jusqu'à ce qu'il avoue le nom de ses complices. Il faudrait donc employer quelqu'un qui ne sait rien.
- Je tiens déjà le parfait imbécile pour cette tâche. C'est un fanatique prêt à tout croire pourvu que cela vienne de Dieu. A l'heure actuel, il est intimement persuadé que le roi, bien que converti pour son accession au trône, est toujours au fond de lui protestant. Il se sent investi d'une mission divine et purifier le trône de cet hérétique.
- Et vous êtes absolument sûr, sans douter de votre prévoyance, que cet homme ne révèlera pas nos noms à l'inquisition ?
Un rire gras me parvint sans que je puisse réprimer un frisson.
- A quoi pensez-vous, Vicomte ? Une fois que l'attentat sera un succès, nous l'arrêterons et le feront condamner à mort pour trahison et atteinte à la personne de sa Majesté. Je me suis assuré de lui suggérer implicitement le meurtre du roi. C'est lui seul qui l'a décidé, il ne pourra donc pas dire qu'il a été incité par qui que ce soit. Sa folie le discréditera de toutes manières aux yeux de l'inquisition.
Avec une horreur presque palpable, je venais de saisir le cœur de la supercherie. Les escarmouches des saxons étaient planifiées et financées par celui-là même qui avait incité le roi à les combattre. La vérité m'éclata alors sous toute son horreur. Le Cardinal avait donc tout manigancé... de la détérioration des relations diplomatiques entre la France et l'Angleterre jusqu'à la mort programmée du roi. Tout ça pour les desseins d'un homme qui agissait dans l'ombre.
Je dus attendre de longues minutes avant que les hommes présents se décident à partir. J'attendis encore plusieurs minutes ainsi dissimulé, le coeur battant, après que ces vils conspirateurs se soient en allés."
La voix de Kusano le tira de sa lecture en sursautant.
- C'est quoi ce bouquin bizarre ? On nous a jamais appris ça en cours.
Alex le regarda avec une inconsciente appréhension. Comme si, au fond de lui, quelque chose lui susurrait de ne pas lui montrer le livre. Il le referma donc.
- Je sais pas, je l'ai trouvé par terre. Il parle du complot qui manigança la mort d'Henri IV, si j'ai bien compris.
- Mais on nous a dit en cours qu'il a été tué par Ravaillac, un type cinglé sans vraiment de raisons. Tu veux dire que... ce livre est un témoignage historique sur ce qui s'est passé à l'époque ?
- Je sais pas, je le finirai chez moi pour en avoir le coeur net.
- Putain mec, ça démonte ton truc ! Si c'est ça, on sera riches si on le revend !
- Ouais...
En silence, Alex venait de se remettre à noter son cours. Kusano le regarda un instant avant de s'y remettre aussi. Son ami ne semblait pas du tout emballé par l'idée de vendre ce livre. Il ne devait sans doute pas réaliser la valeur de cet ouvrage. Ou alors... il avait autre chose en tête.
Lorsque la sonnerie retentit, Kusano rangea ses affaires et alla rejoindre son ami qui s'était levé précipitamment. Il était déjà dans le couloir lorsque ce dernier le rattrapa.
- Où est-ce que tu vas ? Les cours sont pas finis gars. On a encore une heure de physique après ça.
- Je vais au CDI là. Je sortirai une excuse bidon au prof demain.
- T'es bizarre... t'as quoi à foutre au CDI sérieux ? Enfin bon on se voit à la sortie de toutes façons.
- Oui oui, t'inquiète.
Il regarda son ami s'éloigner dans le couloir, au moment où Léticia sortait de la salle de cours. Leurs regards se croisèrent un instant. Elle détourna les yeux avant de s'éloigner à son tour. Préférant de pas s'en occuper, le jeune homme monta les escaliers jusqu'au CDI, où la plupat des tables étaient encore libres. Il s'avança dans les rayons pour aboutir sur les livres d'histoire.
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ilovetickling - il y a 16 ans
C'est bien dommage que cette histoire se finisse, car elle est franchement géniale !
