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- Marie
Histoire ajoutée le
28/06/2012
Épisode ajouté le
28/06/2012
Mise-à-jour le
03/07/2021
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xrognia - il y a 14 ans
mais dit moi c'est un véritable cour d'histoire ton récit la !!! on en apprend des belles choses
.
plus sérieusement je trouve que c'est un début assez prometteur qui , je pense doit nous réserver biens des surprises étant donner que le fin de ta premiére partie resté trés ouverte . j'attend la suite avec impatience .
par contre je ne voie pas ce qu'un boulanger vient faire la ... ( bah oui chaudpain ....) bon ok je sort ----->
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Oui, mais je te rassure, le reste de l'histoire sera orienté beaucoup plus fantastique que historique, même s'il y aura encore quelques détails de ce genre. En tout cas merci, ça fait plaisir
Et pour le coup de "chaudpain", la prochaine fois que j'entendrai parler de lui je penserai à toi x)
"Joue-moi donc une berceuse"
L'après-midi fut long, très long. La pluie ne semblait pas vouloir s'arrêter, et une étrange brume entourait Düsseldorf. C'est à croire que la ville rhénane venait d'être coupée du monde et que, comme dans un récit fantastique (par exemple un conte d'Hoffmann), des créatures allaient apparaître ici et là, emporter les jeunes filles et les manger plus loin... Oui, les jeunes filles qui comme Marie croyaient encore aux monstres étaient nombreuses dans cette ville funèbre. Peut-être était-ce l'une d'entre elles qui était à l'origine de tout ça ! Non, c'est improbable, les monstres ne vivent que dans les livres. Du moins c'était ce que les adultes pensaient...
Dans la sombre demeure des Schumann, tout le monde s'affairait. Clara se faisait belle pour le soir-même, bien qu'elle le soit déjà naturellement : plus d'un homme est tombé sous son charme ! Mais elle n'aime que Robert... et Johannes. Johannes qui lui aussi se prépare pour la soirée : il se doit de diriger l'Orchestre Philharmonique de la Rhénanie. Tout en ajustant son dernier costume fait sur mesure il marmonnait les dernières notes du 3ème Concerto pour piano de Beethoven. Cette soirée ne serait consacrée qu'au Maître de Bonn. Clara et Johannes pensaient que c'était une bonne initiative, étant donné que Beethoven était né en Rhénanie : cela ne pouvait les mettre que dans d'excellentes dispositions.
Les derniers enfants du couple étaient déjà partis chez des cousins de Robert ; seule Marie resterait à la maison ce soir. La jeune brune avait réussi à convaincre sa mère de rester dans la grande maison, seule, toute la soirée. Elle était grande maintenant, elle n'avait plus peur du noir et de toute façon elle n'avait aucunement l'intention de sortir se promener. Non, elle passerait son temps dans la maison, promis ! Même qu'elle s'enfermerait dans le bureau de son père pour commencer à enquêter sur les sources d'inspiration du défunt compositeur. Mais ça, Clara ne le savait pas. Elle prêtait une totale confiance à sa fille aînée, malgré la peur qu'il lui arrive quelque chose. Mais elle-même avait dû apprendre à se battre seule contre l'obscurité... Clara Wieck-Schumann semblait dénuée de phobies, contrairement à son défunt époux qui alla jusqu'à éprouver une peur panique des clés. Des clés ! Qu'y avait-il de si effrayant dans ces objets banals, utiles à la vie de tous les jours ? Robert avait toujours été étrange de son vivant. Lui qui avait tant craint la folie, il était mort dans un délire schizophrénique.
Marie lisait « Le Chat Murr » d'Hoffmann lorsqu'on frappa à la porte de sa chambre :
« -Marie, ma chérie ? Fit une voix féminine.
-Je suis là, maman...
-Nous n'allons pas tarder à partir, Johannes et moi. Tu es sûre que tout se passera bien ce soir ? Demanda Clara, une pointe d'inquiétude dans la voix.
-Ne t'inquiète pas, je sais me faire à manger, et de toute façon je ne vais pas quitter cette chambre, je suis en pleine lecture et j'ai envie d'en finir avant minuit.
-Bon... Ne te couche pas trop tard ! Je veux que demain tu ailles donner un petit récital dans l'orphelinat de la ville. Si jamais tu es fatiguée, tu joueras mal, et Dieu seul sait ce qu'on pensera de toi à l'avenir.
-Ne t'inquiète pas, maman, répéta la jeune fille avec une lassitude à peine dissimulée.
-Une dernière chose : ne t'avises pas d'essayer d'entrer dans le bureau de ton père. De toute façon j'ai la clé avec moi, au cas où. Non pas que je ne te fasse pas confiance, mais... Qui sait ce que tu pourrais trouver si jamais tu y entrais ! »
Ces quelques mots suffirent pour que le cœur s'arrête de battre dans la poitrine de la petite brune. On aurait dit que sa mère avait lu dans les pensées de Marie... Et elle semblait la mettre en garde contre quelque chose qui se trouvait dans le bureau de son défunt père ! C'est donc avec une certaine hésitation que Marie acheva de mettre en confiance sa mère en lui disant que non, elle n'essayerait pas d'entrer dans le bureau du paternel. Sa mère repartie, l'adolescente avait du mal à se replonger dans la lecture, repensant à ce que lui avait dit Clara, et émettant quelques théories par rapport à la chose qu'elle voulait lui cacher : sans doute une clé qui allait lui permettre de débuter son enquête sans traîner. En parlant de clé... Etant donné que Clara aurait celle du bureau de son défunt époux, Marie allait devoir se fabriquer un rossignol... en espérant qu'il ne laisse pas trop de traces sur le verrou de la porte...
Le jeune couple Schumann-Brahms quitta la maison sur les coups de 19 heures. A cette heure-ci, la nuit commençait à tomber en cette période de l'année. Marie alluma quelques chandeliers dans la maison et ferma tous les volets. La maison Schumann adoptait maintenant une allure beaucoup plus gothique qu'en plein jour, les ombres dessinaient des figures un peu effrayantes sur les murs. L'adolescente ne se sentait pas tellement en sécurité, toute seule au milieu de cette maison trop grande pour elle et commençait à regretter son choix... Mais elle voulait absolument savoir pour son père. Pour se rassurer, elle se disait que ce dernier veillait sur elle et qu'il la protégerait de toute forme de mal qui serait susceptible de s'en prendre à Marie. Mais serait-il là lorsqu'elle entrera dans son bureau. A cet instant précis où elle cogitait dessus, la jeune fille eut une vision d'horreur : elle se voyait entrer dans le bureau de son père, dans lequel le fantôme de ce dernier l'attendait fermement, avec un regard méchant et un rictus infernal. Marie reprit raison et commença à se préparer à manger. Au menu se trouvaient du rôti de bœuf froid avec des carottes baignant dans une sauce épicée. Marie adorait ce plat que lui avait fait découvrir Brahms, et elle savourait le repas à chaque fois qu'elle avait l'occasion de le déguster. Elle prit soin de prendre des forces pour la suite des aventures. Se concentrer sur les écrits de Robert Schumann pourrait demander beaucoup d'énergie, pour décrypter les énigmes qu'il a laissé sans donner d'indice pour les résoudre. De la gymnastique cérébrale à l'état pur, voilà ce qu'attendait Marie.
Le repas fini, l'adolescente se confectionna un rossignol de fortune d'après un livre de bricolage appartenant à son frère. Armée seulement d'un couteau (au cas où) dans la main droite et tenant un chandelier qui portait trois chandelles dans la main gauche, elle prit une profonde inspiration avant d'oser s'aventurer dans l'escalier qui menait à l'étage, l'endroit précis où se trouvait le bureau de son père. Les marches grinçaient sous ses pieds, mais Marie n'en avait cure : tout ce qui l'intéressait était la porte qu'elle allait violer. Porte qui s'approchait de plus en plus, dominante, sombre et semblant infranchissable. L'adolescente marchait sur la pointe des pieds, jetant de temps à autres un regard derrière elle pour s'assurer que personne ne la suivait. Arrivée à destination, elle posa le chandelier et s'affaira à forcer le verrou avec son rossignol fait maison. A l'idée que l'absence de la clé qui se trouvait à l'instant même accrochée en pendentif autour du coup de Clara dans une salle de concert ne posait aucun problème, Marie décocha un sourire timide.
La porte ne résista pas très longtemps, et après un bref moment d'hésitation, Marie s'aventura dans le bureau tant convoité.
La pièce en elle-même n'était pas très grande : du moins était-ce l'impression qui en résultait lorsque l'on prenait compte de l'aménagement. Directement en face de la porte se trouvait une petite fenêtre donnant sur la rue. De jour, peu de lumière entrait ici, du fait de la petitesse de la lucarne, plongeant ainsi l'endroit dans une pénombre continue. Les murs étaient tapissés de bibliothèques dont les livres traitaient de divers sujets : musique bien évidemment, mais aussi histoire, géographie, philosophie, et ici et là se trouvaient quelques contes d'Hoffmann que Robert aimait particulièrement. Sur une étagère étaient reléguées toutes les partitions que ce musicien collectionnait de divers compositeurs, beaucoup appartenant à Schubert, Mozart, Beethoven...
Au milieu de la pièce trônait un magnifique bureau en sapin, avec un dessous de main en ébène sur lequel l’ébéniste s'était amusé à dessiné des arabesques, apportant ainsi au meuble beaucoup plus de charme et un peu de luxe. Beaucoup de papier trônait sur ce bureau. En triant, Marie tomba sur des manuscrits de partitions, des articles de journaux, des lettres... Rien de bien intéressant, tout ça étant purement administratif. Dommage... Autant continuer l'enquête. Juste en face du bureau se trouvait le piano de Robert, sur lequel il avait composé jusqu'à la folie, dans le propre sens du terme. Marie s'installa sur le tabouret et commença à improviser quelque chose de tellement mélancolique qu'un auditeur à côté d'elle aurait fondu en larmes dès les premières notes. Elle n'était pas venue pour ça, évidemment, mais tout en jouant elle continuait de fouiller du regard cette petite pièce à l'atmosphère glauque. Elle joua jusqu'à tomber sur un pavé posé bien en évidence sur le piano. Marie le prit avec un peu d'hésitation et ouvrit une page au hasard : il s'agissait du journal intime que son père et sa mère entretenaient en alternance. L'adolescente pensait qu'il s'agissait là d'un début de piste, aussi commença-t-elle à lire le journal en diagonal, dans l'espoir qu'un mot-clé accroche son regard. Mais il n'en fut rien. Déçue, et sentant la fatigue la gagner, Marie quitta le bureau, referma aussi bien qu'elle le pouvait la porte et rejoignit sa chambre. Une fois en chemise de nuit, l'adolescente se glissa sous les draps et s'endormit aussitôt, sans lire quoique ce soit, comme elle avait l'habitude de le faire.
Soudain, alors que le calme régnait en maître, la porte du placard s'ouvrit lentement dans un grincement pénible, réveillant brutalement Marie dont le cœur s'était mis à battre à tout rompre : le fantôme de son père était venu lui faire peur ! Elle n'aurait jamais du entrer dans son bureau et fouiner dans ses affaires ! La jeune fille avait peur de se retourner, elle qui dormait sur le ventre et par conséquent ne voyait pas derrière elle. Elle sentit que quelque chose releva les draps au niveau de ses pieds. Ces derniers étant découverts, Marie tenta de les cacher en se recroquevillant, mais la chose les attrapa au niveau des chevilles ; alors l'adolescente étouffa un cri de terreur et des larmes lui vinrent aux yeux. Elle tremblait de tout son corps et n'osait toujours pas se retourner pour voir de quoi il s'agissait. C'est alors qu'elle sentit quelque chose de gluant, visqueux, se promener sur ses plantes des pieds et glissant parfois entre les orteils : la chose lui chatouillait les pieds, mais pourquoi ? Marie avait du mal à se retenir de rire, elle qui était tellement sensible sous les pieds ! Ses pauvres petits petons aux longs orteils à la merci d'un monstre de placard, et personne pouvait l'aider à s'en débarrasser... N'en pouvant plus, la jeune brune se laissa aller, explosant de rire et se tortillant pour tenter de s'échapper de la torture, en vain : le monstre avait une sacrée poigne. Dans un ultime effort, Marie se retourna pour voir son bourreau. Et tout ce qu'elle vit fut une vision d'horreur : deux yeux jaunes de crocodiles, la pupille fendue comme celle des vipères, un large sourire comme celui du chat de Chester, et le reste du corps vaguement humanoïde brillait d'une étrange lueur. Ses mains n'étaient pas terminées par des doigts mais par des tentacules, lesquels chatouillaient allègrement ces petons qui feraient craquer n'importe qui tellement ils étaient mignons.
Entre deux crise de rires, Marie eut le temps de placer une question :
« -Qui êtes-vous ? »
Le monstre arrêta un court instant ses tentacules, la fixa tout en continuant de sourire, puis sans prévenir leva les pieds de sa victime à hauteur de bouche, de laquelle sortit une grosse langue, semblable à celle d'une vache. A cette vue, les yeux de Marie s'agrandirent d'horreur. Le monstre se mit à lui lécher goulûment les pieds avec cette langue légèrement râpeuse, et les rires de la jeune filles reprirent aussi vite qu'ils avaient cessés.
N'en pouvant plus, et étant rarement chatouillée de la sorte, surtout sous les pieds, Marie finit par s'évanouir. Dieu seul sait si le monstre continua à la chatouiller ou s'en alla vers son monde.
Toujours est-il qu'au petit matin Marie eut la désagréable vision de sa porte de placard largement ouverte. Se souvenant de ce qu'il s'était passé dans la nuit, elle regarda ses pieds, rougis par des passages répétés sur ses plantes : ainsi elle n'avait pas fait de cauchemar, le monstre était bien là à lui chatouiller les pieds. Et pour confirmer la chose, de la bave avait séché sur les draps... L'adolescente se leva, marcha jusqu'à là où se trouvait le monstre, et vit une feuille pliée en quatre. Cinq mots étaient inscrits sur cette feuille que le monstre avait laissé délibérément ici : « Joue-moi donc une berceuse ». Cette phrase énigmatique fit froncer les sourcils de la jeune fille. Voilà un début de piste, pensa-t-elle... Je dois jouer une berceuse ? Au propre sens du terme ou pas ? Et de qui ? Partant sur ces questions, Marie descendit dans le salon où étaient entreposés toutes les partitions publiés de son défunt père et commença à chercher une potentielle berceuse. Si seulement il y avait une liste recensant tous les morceaux, cela aurait été beaucoup plus facile ! Elle passa en revue les recueils, que ce soit les Scènes d'Enfant, les Scènes de la Forêt, l'Album à la Jeunesse, le Carnaval de Vienne, le Carnaval, les Feuilles d'Album... Les Albumblätter... Marie se rappela soudainement que c'était dans ce recueil que se trouvait le magnifique morceau Schlummerlied (Berceuse). Le cœur se mit à battre de plus en plus fort tant l'excitation était grande... L'adolescente allait remonter dans le bureau de son père quand une question l'arrêta net dans son élan : et si le monstre l'avait chatouillée dans le simple but de la mettre en garde ? Oh tant pis... la nuit prochaine elle dormirait toute habillée. Au cas où. Et tant pis si elle passait pour une folle aux yeux de sa mère et de ses frères et sœurs. En attendant, il fallait cogiter sur cette phrase énigmatique laissée par le monstre. Fallait-il que Marie aille jouer la Schlummerlied sur le piano de son père ? Mais quand ? A n'importe quelle heure de la journée ou seulement une fois la nuit tombée ? Histoire de mettre un terme à ces divagations, la jeune fille courut jusqu'au bureau de son défunt père, et en sueur posa la partition sur le pupitre et se mit à jouer le morceau. En réalité, cette pièce tout en douceur lui plaisait énormément, aussi la joua-t-elle deux fois de suite. Sans s'en rendre compte un sourire se dessinait sur son joli visage de jeune fille alors qu'elle jouait. Un moment de joie ! C'était tellement rare qu'elle faillit délaisser son enquête et était même sur le point d'oublier le monstre de la nuit passée. C'est alors qu'on frappa à la porte. Marie sursauta, son cœur s'arrêta de battre un court instant. Sa mère et Brahms ne devaient pas rentrer avant le soir, et les enfants n'étaient pas là non plus. La jeune fille n'osa rien faire, et son cœur s'emballa lorsque la chose frappa une nouvelle fois. Le plus inquiétant dans tout ça, c'est que de l'autre côté de la porte le silence était absolu, en dehors des coups. Doucement alors, Marie se leva et alla ouvrir la porte avec hésitation, de peur de se retrouver nez à nez avec le monstre de la nuit précédente, revenu pour lui chatouiller les côtes ou une nouvelle fois les pieds. Mais il n'en fut rien.
A la place de l'obscur couloir de la demeure Schumann, Marie découvrit un monde crépusculaire, au ciel rouge et à la terre noire. Les quelques arbres qu'elle voyait de là où elle se trouvait étaient totalement dénudés. Il n'y avait aucun oiseau dans le ciel, aucune autre forme de vie dans les environs. Tout était mort et stérile. Crépuscule et Mort, n'étaient-ce pas là des idéaux schumannesques ? Sans le savoir, Marie venait d'ouvrir la porte permettant d'accéder à la source des influences de son père. Inconsciemment, elle s'avança et, du monde des mortels, se retrouve en un rien de temps dans un univers parallèle. L'adolescente était dans un état presque onirique, que seul le claquement de la porte derrière elle altéra. Elle se retourna brusquement, tentant d'ouvrir cette porte. En vain. La poignée ne voulait rien savoir. La fille était coincée ici. Et elle allait devoir rapidement trouver un moyen pour sortir d'ici. Car même si elle convoitait cet endroit, il lui faisait déjà peur.
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xrognia - il y a 14 ans
hum hum c'est donc de la que vient l'inspiration des grand compositeurs ... continue comme sa , tu tiens un truc la !
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
C'est le monde où vivent les inspirations, pour être précis
J'ai pris un peu de retard dans la publication, je pense poster le prochain chapitre tard dans la nuit, il subit une radicale transformation, étant donné qu'il ne me plaisait pas trop...
En tout cas merci pour tes encouragements
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chatouillesdu92 - il y a 14 ans
Bonjour !¨ Pour l'instant j'ai lu que le premier chapitre et j'ai trouvé peut etre un mini poil trop rapide, mais génial sinon ! J'ai appris plein de truc ! J'adore Brahms et j'ignorai totalement qu'il avait été élevé par Shumann ^^ Bon après perso, si j'adore les classiques et les contemporains, les romantiques c'est moins ma tasse de thé ! Mais il n'empêche que cette histoire est très bien partie ! Par contre évite peut etre de publier un chap par jour, ça ira trop vite pour la plupart des lecteurs ! ^^ Merci beaucoup !
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Hello,
Merci déjà pour tes commentaires ^^ Je sais que le premier chapitre est un peu rapide, mais tout cela va se développer par la suite, à la fin de l'histoire vous saurez tout sur Schumann (et sur Brahms, par la même occasion)!
Je ne suis pas non plus super fan de la période romantique, mais j'ai lu énormément de bouquins sur Schumann et je trouve l'univers tellement sombre et étrange que je n'ai pas pu résister à l'idée d'en faire une fiction ^^
Et puis pour la parutions des chapitres je vais me calmer, comme tu dis je vais prendre mon temps afin que tout le monde puisse lire calmement =)
J'espère être à la hauteur du deuxième pour la suite de l'histoire
Merci pour vos encouragements!
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Troisième chapitre! =) [b:1wlfwy9s][u:1wlfwy9s][center:1wlfwy9s]Des gens et des pays étranges[/center:1wlfwy9s][/u:1wlfwy9s][/b:1wlfwy9s] Alors que Brahms jouait ses Ballades chez un couple d'amis des Schumann, la porte entre le monde rationnel et celui dans lequel venait d'entrer Marie se referma violemment et se dissipa dans les airs. En voyant ce spectacle triste et déprimant, purement romantique dans le sens où l'espoir ne semblait pas faire partie du vocabulaire de ce monde crépusculaire, Marie songea à la pièce d'ouverture des Scènes d'Enfant de son cher père, intitulée « Des gens et des pays étranges ». Sans doute que le morceau mystérieux décrivait en partie ce que la jeune fille voyait : un pays étrange. Mais qui étaient ces gens ? Le monstre de la nuit passée était-il issu de cet univers au ciel rouge et au sol noir ? Tant de questions... Ce constat fit sourire Marie. Elle avait pour habitude de lire certains articles de critiques musicales, et certains se concluaient par une phrase du genre « La musique de Schumann est une musique qui semble dire « pourquoi ? » ». Et en repensant à son père, elle se mit à pleurer. Cela faisait tellement longtemps, ce sanglot la soulagea quelque peu. Elle aimait beaucoup Brahms, mais pour elle il ne replacera jamais papa. Non pas qu'il n'était pas attentif envers les enfants, mais il lui manquait ce quelque chose que l'on retrouvait chez Robert. D'accord, une torche n'arriverait même pas à éclairer les idées les plus sombres de Schumann père, mais ce mystère avait un certain charme, implicite. Tandis que Brahms lui, avait un charme beaucoup plus marqué : ténébreux, et terriblement beau, toutes les filles tombaient amoureuses de lui au premier coup d'oeil. En repensant à lui, Marie pleura de nouveau. En fin de compte, tout le monde lui manquait, alors qu'elle venait juste d'arriver ici. Il semblait que cela faisait des décennies qu'elle pleurait sur son sort lorsqu'une branche se brisa devant elle. La jeune adolescente leva doucement la tête pour voir de quoi il s'agissait, et se pétrifia : le monstre qui lui avait tant titillé les pieds la nuit dernière se tenait devant elle. Sous la lumière crépusculaire, il semblait avoir un aspect beaucoup plus humanoïde, malgré ses tentacules au bout de ses mains. Ces longs tentacules si redoutés par l'adolescente. Elle prit le temps d'observer son bourreau tant que ce dernier ne semblait pas décidé à lui chatouiller les pieds une nouvelle fois : il était dépourvu de jambes. Son buste et tout le haut du corps reposait sur une espèce de tronc gluant et visqueux, lequel se terminait par des tentacules qui n'arrêtaient pas de bouger. Dans le noir, la nuit dernière, il était impossible de voir ce spectacle. Et puis toujours ce sourire ! Ce sourire dont on ne savait pas s'il était amical ou ironique. Les yeux jaunes grands ouverts fixaient Marie et ne semblait pas vouloir regarder ailleurs. Une petite fille perdue ici, quelle vaine pour ce monstre ! Il s'approcha de la jeune brune. Cette dernière était tellement pétrifiée qu'elle ne pouvait même pas fuir. Alors que la créature n'était qu'à un mètre de Marie, il lui tendit une main. Méfiante, elle n'osa pas la lui serrer. Mais le monstre n'eut pas l'air de lui en tenir rigueur : « -Je sais qui tu es. » Sa voix était celle d'un homme qui avait mangé de la terre humide et qui en avait plein la bouche. « -Tu es Marie Schumann, la fille de cet homme qu'on avait l'habitude de voir traîner ici. Robert Schumann. » A ce nom, l'adolescente tressaillit. « -Etes-vous celui qui était dans ma chambre la nuit dernière ? Demanda timidement Marie. -Oui. Je suis celui que l'on nomme le Croque-Mitaine. Je connaissais ton père. Je lui ai servit de guide lors de ses nombreux séjours ici. -Mon père venait souvent ici ? -Bien sûr ! Je croyais qu'étant donné que tu étais ici, tu savais cela. Apparemment non. -Si si, je le sais. D'ailleurs c'est vous qui m'avez permis d'entrer ici... Mais comme cela se fait-il que vous connaissiez mes intentions ? -Eh bien... mon devoir dans le monde d'où tu viens, petite mortelle, est de faire peur aux enfants. Oh, pas méchamment... Je ne leur glisse que quelques chatouilles sous les pieds. Et par le biais de ce contact, j'accède aux secrets les plus fous de ces petits enfants. En te chatouillant, j'ai compris que tu cherchais à venir ici, c'est à dire dans la source d'inspirations de ton père. Etant donné que tu n'es pas méchante, je me suis dit que je pouvais te donner un coup de main, en ne te laissant qu'une énigme. Je vois que tu l'as résolue ! -Il y a une chose que je ne comprends pas, fit Marie. Vous dites que vous hantez les nuits des jeunes enfants... Mais j'ai 18 ans ! Comme se fait-il que vous soyez dans ma chambre cette nuit ? -Eh bien... comment dire... je me suis trompé de porte... Ca arrive à tout le monde ! -Admettons. Puisque vous étiez le guide de mon père, accepteriez-vous d'être le mien ? Je n'ai plus du tout envie de visiter ce monde... -Je ne puis, jeune fille... je ne peux seulement t'aider à ressortir d'ici. Et encore, il va falloir traverser une multitude d'épreuves, voir certains personnages étranges. Mon devoir dans le monde des mortels limite mes activités ici. Vue l'heure qu'il est, j'ai tout juste le temps de t'emmener à la lisière de la Forêt. Dedans, tu trouveras l'Oiseau Prophète. Ce dernier te guidera jusqu'à la sortie.
-J'espère que tu dis vrai, Croque-Mitaine. Où est cette Forêt ? » Le monstre regarda autour de lui, comme s'il était perdu. Puis un éclair sembla le traverser, et le sourire s'élargit encore plus. Parce qu'il manquait certaines dents, Marie put voir cette langue de vache qui lui avait léché les pieds la nuit dernière et ne put s'empêcher de frissonner. « -Il va nous falloir marcher vers le Sud. » Alors qu'ils marchaient côte à côte vers ladite Forêt, Marie posa énormément de questions sur son père. « -Comment mon père a-t-il découvert cet endroit ? Vous lui avez chatouillé les pieds à lui aussi avant de lui donner une énigme ? -Ha ha, non... Ton père est un artiste. Le simple fait d'imaginer cet endroit faisait de lui le Créateur de tout ce que tu vois. Ensuite, étant donné qu'il lisait beaucoup cet auteur allemand qui s'appelait Hoffmann, il s'est mis dans la tête qu'il existait quelque part dans sa maison un portail liant les deux mondes. Ce qu'il ne soupçonnait pas, c'est que cet univers lui échapperait... Je veux dire, en fin de compte personne ici n'a pu empêcher sa folie vaincre la raison. Les deux autres facettes de sa personnalité, Eusebius et Florestan, contrôlent ce monde d'une main de fer. C'est la dictature ici, et ton père a eu beaucoup de chance d'être venu ici plusieurs fois sans aucun problème. A l'heure qu'il est, il se trouve que quelqu'un sait que tu es là, en ma compagnie, et qu'il court à l'instant même vers Eusebius et Florestan pour les prévenir de ta présence. Nous n'aimons pas trop les mortels ici, et les voir fouiner dans notre monde nous déplaît davantage. -Mais pourtant tu m'as dit que c'était mon père qui avait créé ce monde ! S'insurgea Marie. -Tout juste. Dis-toi seulement que ton père était incapable de contrôler Eusebius et Florestan, et que ces derniers ont profité de l'occasion pour faire de lui ce qu'ils voulaient. Si tu veux sortir d'ici, il te faudra être très prudente, ne faire confiance à personne, et être très discrète. Les deux cocos ont sous leurs ordres une armée que l'on appelle les Chasseurs. Dès que tu les entends chanter, cache-toi ! Sans quoi ils t'attraperont et tout sera fichu pour toi. -Tu m'as dit tout à l'heure que tu disposais de peu de temps pour m'accompagner jusqu'à la Forêt, pourquoi ? -Je te l'ai déjà dit, je suis un monstre... Mon devoir est de faire peur aux mortels qui sont dans leurs lits, se croyant en sécurité. Et pour cela je dois être ponctuel. Je dois être présent dans le placard aux alentours de minuit. Imagine que fasse mon travail à l'aube... Cela n'aurait aucun sens. Le temps ici passe autrement que dans le monde des mortels. Ton père avait prévu cela lors de la Création. Imagine qu'il soit ici toute une journée et que dans votre monde personne n'arrive à mettre la main dessus, s'imaginant qu'il était en train de subir un de ses délires personnels... Ainsi, une heure passée ici équivaut à une seconde dans le monde des mortels. Après tout, qu'est-ce que le temps, si ce n'est un concept que personne n'arrive à définir ? -Donc, tu es en train de me dire que depuis que je suis ici, il ne s'est passé que quelques secondes dans mon monde ? C'est très intéressant tout ça ! -Ah ? Et pourquoi donc ? S'enquit le monstre. -Eh bien, supposons que je mette plusieurs jours à sortir d'ici, pour n'importe quelle raison j'entends... Ni ma mère, ni Johannes ni personne ne s'inquiétera pour mon absence, étant donné que j'avais normalement toute la journée pour moi toute seule. -Sans doute. Mais ce n'est pas une raison pour perdre ton temps ici... -Eh, vous parlez du monde qu'a fabriqué mon père, un peu de respect pour lui ! S'offusqua Marie. -Je ne lui manque pas de respect. Je dis juste qu'une petite fille comme toi n'a rien à faire ici. Tu es là parce que tu l'as voulu, mais ce monde n'est pas fait pour toi. Il y a des choses qu'il ne vaut mieux pas que tu saches, si tu n'as pas envie de finir comme ton père, dans un asile psychiatrique. » Ces derniers mots marquèrent la fin du dialogue, ou le début du long silence qui s'installa entre les deux. Ainsi donc le Croque-Mitaine insinuait que si Schumann père était devenu fou, c'était parce qu'il avait pris connaissance de certaines choses ici alors qu'il n'aurait pas du. Au lieu d'effrayer la jeune Marie, le monstre n'avait réussi qu'à l'intriguer davantage. Etant donné que le temps passait autrement, et que le monstre lui servant de premier guide devait l'abandonner à l'orée de la Forêt, elle profiterait de quelques instants pour rester un peu plus longtemps que prévu, histoire qu'en plus elle sache où Schumann puisait ses influences, elle saura pourquoi il est devenu fou. Alors qu'il ne se passait rien de vraiment palpitant, que Marie et le Croque-Mitaine ne s'étaient pas parlés depuis quelques heures et qu'ils marchaient tous deux, perdus dans leurs pensées, un pleur, ou plutôt un gémissement se fit entendre. Les deux levèrent la tête en direction de cette plainte continue qui provenait, à en croire la voix, d'une jeune fille. Effectivement, au milieu de nulle part, loin de toute habitation, de toute végétation, de tout signe de vie, était assise dans la poussière une petite fille en haillons, les cheveux sales, jambes et pieds nus, la figure plongée dans l'ombre de l'affreuse crinière. « -Oh-oh... fit à voix basse le monstre, légèrement inquiet. -Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Marie. -Tu vois la petite fille en train de pleurer, au milieu de nulle part ? C'est la Pauvre Orpheline, un personnage créé par ton père qui à l'époque était en train de composer un album pour toi... -Oui, L'Album A La Jeunesse... -Exactement. A l'époque, ton père était dans une mauvaise passe : il n'avait plus d'inspiration. Il composa alors une pièce à peine travaillée, triste, qu'il intitula « Pauvre Orpheline ». A en croire la façon dont se finit la pièce, il ne faut espérer aucune amélioration de vie pour elle. Et cette petite fille s'en est rendue compte. Elle en veut énormément à ton père, mais aussi à tout le monde, persuadée que son malheur est causé par nous. Eusebius et Florestan ont réussi à la prendre sous leur aile, et elle est chargée de repérer tous les ennemis des deux compères. -Tu veux dire que malgré son jeune âge elle est dangereuse ? Ricana Marie. -Tout à fait. Ca te fait peut-être rire, mais elle agit à la solde des Chasseurs dont je t'ai parlé tout à l'heure. -Mais en quoi est-elle dangereuse ? -Elle agit sur les sentiments de ses victimes. A la voir comme ça, là, en train de pleurnicher dans la poussière, tu as envie d'aller la voir et de la prendre dans tes bras, de la couvrir de bisous, de câlins, et de lui promettre que tout va aller pour le mieux maintenant que tu l'as trouvée, non ? -Oui, mais... -Alors elle acceptera que tu la prennes dans tes bras, mais alors elle s'agrippera à toi et... Et... -Et quoi ? Souffla la jeune brune, impatiente. -Elle te chatouillera les côtes jusqu'à ce que tu perdes ton souffle. -Ma parole mais c'est pas vrai ! Vous êtes tous portés sur les chatouilles ici ou quoi ? Parce que j'ai pas le souvenir que mon père était du genre à venir me faire des guilis au lit, encore moins à mes frères et sœurs. -Ton père, non. Mais Eusebius et Florestan oui. Allez viens, on va devoir contourner cette petite... A moins que tu veuilles rire un petit peu... dit le monstre d'un air mesquin ». « -Allez, parle-moi de ta mère un peu, dit le monstre pour casser le silence qui s'était une nouvelle fois établi après qu'ils aient pris congé de la Petite Orpheline. -Pourquoi ? T'as envie d'aller lui hanter ses nuits ? Grogna Marie. -Oh c'est bon, je voulais juste discuter... Ce silence m'oppresse. -Oui bon... Je ne pense pas que nous soyons faits pour devenir amis. » Cette phrase fut dite d'un ton sec, tranchant, et le Croque-Mitaine lui même fut surpris par la violence du ton de la jeune fille. Elle a vraiment du caractère... Je suis sûr qu'elle donnera du fil à retordre aux Gens Etranges si jamais elle croise leur route, pensa le monstre, et cette idée le fit sourire. «-Au fait... murmura la jeune Schumann. -Quoi ? -Tu as dit tout à l'heure que tu ne devais pas t'attarder ici parce que tu devais faire ton devoir de monstre qui consiste à effrayer les enfants de mon monde une fois la nuit tombée. -Oui, et donc ? -Et donc, j'ai le souvenir qu'avant d'arriver ici, il n'était même pas midi dans le monde des mortels. Tu m'expliques ? -Pour être franc, je t'ai menti. (Si le monstre savait rougir, il aurait sans doute rougi de honte). -Allons bon, soupira Marie, de désespoir sans doute. -C'est-à-dire que tu es tellement mignonne que j'ai peur de tomber amoureux de toi... Et pour éviter ça, j'ai inventé un prétexte pour te quitter le plus vite possible. -Oh, c'est mignon... ricana la jeune brune. Un monstre qui tombe amoureux... N'empêche que tu as intérêt à me larguer à l'entrée de la Forêt, ni avant, ni après. -Ne te fais pas de soucis ». Le reste du chemin se fit sans encombre, dans un silence de temps à autre ponctué de petits dialogues dans lesquels ils apprirent à se connaître, l'un et l'autre. Marie n'aimait pas le Croque-Mitaine, sans doute était-ce le traumatisme laissé suite à la nuit passée. Le Croque-Mitaine aimait Marie, mais il savait qu'il n'avait pas le droit de lui faire des avances. Marie chantait d'un ton joyeux l'air du premier mouvement du Troisième Concerto pour piano de Beethoven quand enfin la Forêt fit son apparition à l'horizon. La lumière du jour n'avait toujours pas changé depuis son arrivée, aussi l'adolescente supposa que la nuit était un concept un peu ignoré ici. Dommage, elle avait envie de faire une petite sieste après cette longue marche. Alors que tout allait pour le mieux, une voix suave se fit entendre derrière le couple : « -Bonjour, madame, monsieur... »
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xrognia - il y a 14 ans
humm intéressant par contre bonne chance a toi pour expliquer pourquoi ils veulent tousses chatouiller . mais continue comme sa !
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Merci ^^
Dis-toi que c'est un défi de narration
Je présente une caractéristique des personnages que je dois développer dans les autres chapitres, de façon cohérente ^^
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chatouillesdu92 - il y a 14 ans
La relation entre le Croque Mitaine et Marie est juste géniale ! Et j'adore les prénoms un peu farfelus que tu trouves à tes personnages. Vraiment bravo !!!
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Encore merci!
En fait pour ce qui est de la Pauvre Orpheline et du Croque-Mitaine, ce sont deux pièces pour piano de Schumann, alors qu'Eusebius et Florestan sont les noms sous lesquels il signait certaines de ses oeuvres =) Et puis Marie est réellement sa fille ^^ Mais j'avoue que c'est assez farfelu =D
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Kenshira - il y a 14 ans
C'est juste excellent, et je t'avouerais que le changement radical du troisieme chapitre, je m'y attendais, mais alors pas du tout! Enfonce toi dans le delire et on pourra rebaptiser cette histoire meine schtattenwelt 2nde generation
Ok je sors..
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Enfin, j'ai aussi l'impression que tu ne t'es pas vraiment casse la tete pour les noms de tes creatures, mais bon, je suis franchement pas mieux, donc j'ai rien a dire de ce cote
En tout cas, cette histoire promet, je te souhaite bonne continuation
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Merci ^^ Mais encore une fois pour le nom des créatures ce ne sont que des titres de morceaux de Schumann, donc j'invente rien!
Aujourd'hui ça peut faire un peu gnangnan, pas assez spectaculaire, mais il faut se replacer dans le contexte pour que ça marche: deuxième moitié du XIXème siècle ^^
J'ai pas envie de copier Meine SchattenWelt, déjà parce que j'ai pas le style de chatouillesdu92 et qu'en plus je risquerais d'avoir des problèmes avec elle x)
En attendant, la suite viendra ce soir ou demain matin
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chatouillesdu92 - il y a 14 ans
Non mais je trouve ça excellent que tu reprennes des éléments de la vie de schumman pour en faire quelque chose d'aussi génial ! Je suis à fond ! Et cette histoire est bien plus recherchée (d'impression du moins) que MSW, et deux fois mieux écrite donc tkt pas ^^
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Merci, c'est gentil!
Cela dit, j'aime beaucoup MSW, et j'aime la façon dont tu écris, et c'est difficile de pas se laisser influencer ^^
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Kenshira - il y a 14 ans
Merci, c'est gentil!
Cela dit, j'aime beaucoup MSW, et j'aime la façon dont tu écris, et c'est difficile de pas se laisser influencer ^^
Entirement d'accord...
Je trouve que ca se voit sur quelques fictions, dont une des miennes, meme si c'est la que, mieux recherchee, comme l'a dit chatouillesdu92, que ca se voit le plus. T'es bien parti dans le delire pour nous pondre un delire dans le style, je te le dis x)
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
A vous de me dire si oui ou non je copie bien chatouillesdu92 dans ce nouveau chapitre!
L'Etrange cas du Chat Murr
Les deux compagnons se retournèrent vivement vers la source de cette voix, et quelle ne furent pas leur surprise, surtout pour Marie, lorsqu'ils s'aperçurent que c'était un chat aussi gros qu'un lion qui parlait :
« -Oh, je me présente, fit-il. Je suis le Chat Murr, et mon maître est le KapellMeister (ndlop : Maître de Chapelle, le chef de l'orchestre de la Cour) Johannes Kreisler. Je connaissais déjà le Croque-Mitaine, mais je n'ai jamais vu cette charmante jeune fille... »
A ces mots, il se mit à ronronner et à tourner autour de Marie, comme tous les chats du monde le font quand ils réclament un peu à manger ou des caresses.
« -Je suis Marie Schumann, fille du compositeur Robert Schumann, répondit la jeune fille d'un ton ferme, comme si cela lui suffisait pour inciter le Chat à lui faire la révérence.
-Vraiment ? Marie Schumann ? Ton père m'a beaucoup parlé de toi... (la voix suave du Chat exaspérait presque Marie tant elle sonnait faux (la voix, pas Marie)). Oui, il t'aime beaucoup. Et, à te voir, il est vrai qu'il est très difficile de ne pas tomber sous ton charme de jolie jeune fille.
-Vous n'êtes qu'un Chat, je n'attends rien de vous. Mais merci de votre compliment.
-Jeune fille, connaissez-vous beaucoup de chats doués de parole ? A ma connaissance, je suis le seul. Et Dieu seul sait que je suis un cas étrange chez les félins. Etes-vous sûre de ne pas me connaître, chère Marie ? »
Etant donné qu'il semblait que le Chat attendait une réponse positive à cette dernière question, Marie se tourna désespérement vers le Croque-Mitaine, qui lui donna quelques renseignements dont elle manquait, visiblement.
« -Le Chat Murr est une créature inventée par l'écrivain allemand Hoffmann, murmura la créature tentaculaire. Ton père aimait énormément Hoffmann, et en lisant ce livre intitulé « Le Chat Murr », il eut l'idée de composer les Kreisleriana. Car ce chat appartient à Kreisler.
-Cela a été dit, je crois, dit le Chat d'un ton sec, tranchant, sans pour autant se délaisser de sa voix suave et mielleuse. Qu'à cela ne tienne, tu te doutes bien, jeune fille, que normalement je n'ai aucunement ma place ici. Si ton père n'avait pas été là, je serai sans doute ailleurs...
-Ou même inexistant, attaqua Marie. Merci de votre visite, Chat. Mais nous avons des choses à faire.
-Ah oui, et quoi donc ? Servir de secrétaire à ce bon cher Croque-Mitaine ? Ricana le Chat.
-Je me suis introduite ici par erreur...
-Bien avant l'heure.
-Et je cherche à fuir...
-Avant de mettre mon fromage à cuire.
-Car ce monde me déplaît...
-Cela dit, je n'ai rien contre une soucoupe de lait.
-Mais s'il y a bien une chose que je déteste...
-C'est de retourner ma veste.
-C'est qu'un Chat absurde s'amuse à faire des rimes idiotes.
-L'absurdité ne fait pas partie du vocabulaire des chats, tête de linotte, ils en sont les messagers. Quoi qu'il en soit, il est impératif de passer par la Forêt avant la tomber de la nuit. Et à votre rythme, vous pouvez faire une croix dessus. Ce cher Croque-Mitaine commence à se faire vieux, il n'a plus toute sa forme...
-Ca suffit, Chat ! Rugit l'interpellé.
-Notez que j'ai visé juste. Alors que, jeune fille, si vous acceptiez de monter sur mon dos, vous seriez à l'orée de la Forêt dans moins d'une heure, et vous libéreriez ce vieux monstre d'un lourd fardeau. Et soyez sûre que ce serait un honneur pour moi de transporter une aussi jolie fille que vous. Et au moins, si jamais nous devions croiser la route des Chasseurs, je pourrai vous défendre. Alors que le Croque-Mitaine est tout juste bon à faire peur aux petits enfants de votre monde, chère Marie...
-Cela ira, Chat, l'interrompit le monstre. Nous serons dans la Forêt bien avant l'heure, et nous n'aurons rien à craindre des Chasseurs.
-Peut-être. Mais qu'en est-il de ton devoir dans le monde mortel, Croque-Mitaine ?
-Ce n'est pas encore l'heure... Bien essayé.
-Très bien... Libre à vous de vous risquer à une heure aussi tardive. Vous vous rendrez compte, jeune fille, de la nullité du Croque-Mitaine au combat rapproché. J'espère seulement que vous ne regretterez pas votre choix. Sur ce, je vous dis « au revoir ». »
Le félin retourna sur ses pas sans demander son reste, sous les regards légèrement suspicieux du Croque-Mitaine et de Marie.
« -Doit-on lui faire confiance ? Demanda la jeune brune.
-Le Chat n'est ni un ami, ni un ennemi. Il est l'un des rares à percevoir la véritable nature de ceux qui l'entourent mais refuse de prendre parti en se basant sur cette perception. Et personne ne sait réellement s'il est quelqu'un de confiance ou non : un jour il t'aidera à sortir d'un puits, mais ce sera pour mieux t'y noyer le lendemain. Tu me suis ?
-Que se serait-il passé si j'avais accepté de repartir avec lui ?
-Il t'aurait sans doute accompagné jusqu'à la Forêt, tout comme moi. Peut-être même qu'il t'aurait aidé à la franchir. Mais rien ne dit qu'il serait ensuite parti voir les Chasseurs pour leur signaler ta position. L'heure avance, jeune fille. La Forêt n'est jamais sûre en plein jour, mais elle l'est encore moins la nuit. Si nous arrivons à boucler notre voyage à temps, tout ira bien par la suite. L'Oiseau Prophète t'aidera. »
Les deux compagnons continuèrent donc leur route, comme à leur habitude dans le plus grand silence. La lumière du jour était de moins en moins vive au fur et à mesure que l'heure avançait. Mais puisqu'il n'y avait eu aucun problème sur la route, ils furent à moins d'une demi-heure de marche de la Forêt lorsque la nuit tomba... et que les ennuis commencèrent pour la jeune Marie. Le Croque-Mitaine, comme prévu, du l'abandonner sur place. De toute façon, il fallait vraiment être aveugle pour ne pas voir le chemin menant à la Forêt. Alors que le monstre était parti dans le monde des mortels chatouiller çà et là quelques pieds, la jeune brune ressentit un début de panique au moment d'entrer dans cette étrange Forêt, sombre, constituée de plantes qu'elle n'avait jamais vues, sur lesquelles se promenaient des insectes qui n'existaient pas dans le monde des mortels. Concentrée dans la contemplation de toute cette faune et toute cette flore dont son père était le Créateur, elle n'entendit pas cette respiration rauque derrière elle, et elle eut tout juste le temps de sentir une grosse patte la pousser dans son dos : elle trébucha, se cogna la tête et perdit connaissance.
A son réveil, Marie flottait dans les airs. Ou presque. En réalité, elle se trouvait dans un curieux enchevêtrement de lianes qui lui entravait les bras et les jambes. Et elle se trouvait en l'air. Deux hommes qui lui étaient inconnus, vêtus comme des colons au début du siècle, la fixait d'un regard hargneux, renforcé par une moue boudeuse, limite beethovénienne. Ces deux formidables compagnons qui, d'après la captive, devaient être responsables de toute cette drôle de farce, n'étaient pas seuls : l'un d'eux portaient une petite fille que Marie reconnut tout de suite, étant donné qu'il s'agissait de la Pauvre Orpheline, tandis que l'autre caressait distraitement la tête du Chat Murr.
« -Alors, jeune fille, on se promène toute seule dans notre beau pays ? »
Marie, qui avait sacrément mal à la tête (elle se demandait même si elle n'allait pas avoir une bosse), les regarda les uns après les autres avant de prendre la parole :
« -Vous pouvez me dire ce que je fais ici, entravée comme cela, à la vue de tous ?
-Eh bien, jeune Marie, répondit le Chat. C'est plutôt à toi de nous dire ce que tu viens faire ici, dans notre monde. Le monde des mortels ne te conviendrait-il plus ? »
Et les quatre compagnons éclatèrent de rire, comme si le Chat de Kreisler avait dit quelque chose de drôle. Histoire de ne pas se sentir trop seule, Marie rit avec eux, sans chercher à comprendre le comique de la situation. Voyant que la jeune brune suspendue dans les airs se moquait d'eux, les quatre arrêtèrent de rire et reprirent leurs expressions boudeuses.
« -Tu as ri, remarqua le Chat.
-Moi, j'ai ri ?
-Parfaitement.
-N 'importe quoi.
-Je te jure que si.
-Ca ne te réussit pas de te faire caresser par un Chasseur désuet.
-Un quoi ? Demanda le félin, perplexe.
-Un... Un Chasseur désuet. »
Visiblement, ils ne savent pas ce que veut dire « désuet », pensa la jeune brune, de plus en plus persuadée que les gens d'ici étaient vraiment étranges, son père avait raison sur ce point. Après un silence gêné, le Chasseur tenant la Pauvre Orpheline tenta de lever le doigt, et Marie le pria de prendre la parole :
« -Ca veut dire quoi, « désuet » ?
-Pour faire simple, vous êtes passés de mode, messieurs les Chasseurs. »
Les deux interpellés se regardèrent avec les yeux ronds comme ceux d'un lapin devant une meute de loups fonçant sur lui. Même l'expression « être passé de mode » n'était pas simple à comprendre. Et dire qu'ils travaillaient pour la pègre locale, d'après le Croque-Mitaine. Ca promettait.
« -Peu importe ce que cela veut dire, grogna le Chat. Le plus important est de s'occuper de cette petite sotte qui se mêle de ce qui ne la regarde pas.
-Eh ! La petite sotte est la fille du Créateur de cet endroit, alors un peu de respect ! Cria Marie, touchée à vif par la réflexion du félin.
-Justement, le Créateur semble avoir perdu le contrôle. Tu n'as rien à faire ici. D'ailleurs, tu n'as toujours pas répondu à notre question : que viens-tu faire ici, jeune fille ?
-Je n'ai pas à vous le dire.
-Oh que si, tonna le Chat. Cela nous regarde parfaitement. Eusebius et Florestan sont au courant de ta présence ici, et savoir qu'une jeune brunette issue du monde des mortels, du monde de Robert Schumann, a décidé de passer ses congés ici, ne leur plaît pas vraiment. D'autant plus qu'ils savent que tu cherches à t'enfuir. Et ils m'ont donné l'ordre de te faire avouer le motif de ta présence ici. Alors parle, quel est le motif de ta présence ici ?
-Je prends des vacances, j'ai le droit non, étant donné que tout cela appartient à mon père... dit d'une voix innocente-mais-pas-trop la jeune Marie.
-Tu n'as pas le droit de te moquer de nous ! Cria le Chat.
-Si j'ai le droit !
-Non, t'as pas le droit !
-Si, je fais ce que je veux !
-Non, parce que c'est pas toi la chef !
-Je m'en fiche, je fais ce que je veux, un point c'est tout !
-Ah oui ?
-Oui !
-Dans ce cas, moi aussi je fais ce que je veux ! Chasseur ! Déposez la Pauvre Orpheline sur le buste de cette jeune insolente ! »
A ces mots, le cœur de Marie s'arrêta dans la poitrine et les pupilles se dilatèrent de peur. Elle savait parfaitement ce qui allait arriver. Le Chasseur en question déposa donc la jeune poupée sur le corps de Marie. Au début, il ne se passait rien. Puis les mains de la Pauvre Orpheline se placèrent à des endroits précis, au niveau des côtes de la jeune fille, puis se mirent à les pincer. Les rires fusèrent immédiatement, tant Marie était chatouilleuse. Les lianes la tenaient trop fermement pour qu'elle puisse se débattre correctement, seuls ses mains et ses pieds battaient l'air en vain, tandis qu'elle tournait la tête de droite à gauche et de gauche à droite, comme si cela apaisait la sensation. Et la Pauvre Orpheline était bien trop agrippée à sa victime pour être éjectée. Quant au Chat et aux deux Chasseurs, ils observaient la scène avec un certain amusement. Voir cette jeune insolente se faire chatouiller de la sorte les faisaient même rire. Si bien que si la jeune fille riait sous le supplice, les trois camarades quant à eux riaient à cause du comique de situation , et au final, tout le monde était rouge et trempé, sauf bien évidemment la Pauvre Orpheline. Oui, même le Chat était rouge, si tenté que cela puisse se voir malgré les poils. Alors que Marie commençait à tousser et à plus verser des larmes que hurler de rire, le Chasseur reprit le bourreau dans ses bras. Tandis que la jeune brune reprenait son souffle, le Chat lui redemanda le motif de la présence de Marie en ce monde, ce à quoi elle répondit :
« -Parce que j'avais envie de voir les têtes d'Eusebius et Florestan.
-Elle se moque encore de nous, c'est pas vrai ! Siffla le félin entre ses dents. Allez les gars, on continue ! Enlevez-lui ses bottines ! »
Les deux bottes noires enlevées, le Chat et les deux Chasseurs contemplèrent un instant les pieds qui s'offraient à eux.
« -Ne faites pas ce que vous avez l'intention de faire... les supplia presque Marie, devinant la suite des opérations, franchement inquiète maintenant.
-Chère petite fille, sachez qu'il ne vous sera fait aucun mal si vous coopérez, susurra le Chat.
-Il n'en est pas question. Mes intentions ne sont pas dangereuses, mais j'estime que je n'ai pas à vous en faire part.
-Dommage... Messieurs, c'est à vous. »
Les deux hommes prirent chacun fermement une cheville et commencèrent par caresser les plantes des pieds. La sensation n'était pas désagréable, même si Marie avait du mal à rire, cela s'apparentait à des chatouilles légères, qui ressemblent à celles que l'on se fait quand on se chamaille entre petits. Mais dès que les doigts de l'un ou de l'autre touchaient une zone sensible, comme la base des orteils ou le milieu de la voûte plantaire, la jeune adolescente laissait échapper un rire hurlé, qui à chaque fois faisait sourire le Chat. Les doigts finirent par prendre de la vitesse, en passant de plus en plus souvent au niveau des zones sensibles, tandis que les rires de Marie se faisaient beaucoup plus forts. Elle crispait et décrispait ses orteils comme si cela pouvait désensibiliser ses pieds de ces affreuses caresses. Les deux bourreaux avaient une dextérité de pianiste : des doigts agiles et rapides, et très légers. Ils ne chatouillaient pas en gratouillant avec leurs ongles, mais en caressant avec la pulpe de leurs doigts, ce qui était largement suffisant étant donné la réceptivité de Marie aux chatouilles.
Des doigts ils passèrent aux plumes, s'attardant entre les orteils, faisant découvrir à Marie des sensations jusqu'alors inconnues. De temps à autres, une plume osaient balayer la surface de la plante en trois-quatre allers-retours avant de revenir slalomer entre les orteils de la jeune fille ou même de chatouiller le dos du pied qui était tout aussi sensible.
Le Chat claqua la langue dans sa bouche, ordonnant ainsi aux Chasseurs d'arrêter.
« -Encore une fois, jeune fille, que faites-vous ici ?
-Je prends l'air... murmura Marie, totalement épuisée malgré la courte durée de la séance, mais toutefois non dénuée d'humour.
-Messieurs, repren... »
Une corne résonna dans l'air, au loin, interrompant le Chat dans sa phrase. Les Chasseurs et le félin regardèrent en direction du son, qui se répétait à un intervalle régulier. Comme si cela signifiait quelque chose de très important, les Chasseurs partirent en direction de la corne, accompagnés du Chat et de la Pauvre Orpheline, après avoir soigneusement détaché Marie. En effet, une fille pieds nus dans les airs et à bout de souffle, ça fait mauvais genre. Et c'est en pensant une nouvelle fois à ses parents, ses frères et sœurs, à Brahms, que Marie s'endormit dans la souche d'un arbre mort, caressant distraitement son front douloureux, et planifiant le moyen le plus rapide d'accéder à la sortie. Il était évident qu'elle n'était pas la bienvenue ici malgré son statut de fille de compositeur, mais jusqu'à maintenant personne ne lui avait vraiment dit pourquoi. Ce qu'elle pensait être une simple balade de curiosité se transformait peu à peu en cauchemar. Il faisait déjà nuit dans son monde à elle, ce qui signifiait qu'il n'y avait plus de temps à perdre pour sortir d'ici. Mais en qui faire confiance ? Le Chat semblait lui vouloir du mal, le Croque-Mitaine vaquait à ses occupations, les Chasseurs la traquaient... Peut-être que dans la Forêt se trouve quelqu'un susceptible de l'aider... Peut-être !
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Muken no Kishi - il y a 14 ans
Très bon histoire, mais:Chat de Murr, chat de chester?
Tu comptes ouvrir une animalerie
. Pas la peine, je connais la sortie.
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Effectivement le Chat Murr peut faire penser au Chat de Chester (quoique le Chat Murr est plus vieux que le second), mais je l'ai voulu beaucoup plus barjot que le Chat de Chester. Et pour ta question, non je ne compte pas ouvrir une animalerie x)
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Kenshira - il y a 14 ans
Bon, clairement, ca part dans le délire a la meine schtattenwelt, même si comme l'a dit coquigirl, c'est beaucoup plus recherche. J'ai adore le chat, avec son air du style "je suis distingué", bref qu'il se la joue xd En tout cas, ca avance bien, continue comme ca^^
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Je sens que le Chat va décrocher la Palme d'Or du Meilleur Second Rôle

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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Chapitre un peu spécial cette fois-ci étant donné qu'il est coupé en trois parties, tant il est long. Et voici donc la première partie, complètement dénuée de dialogue, j'espère que ça ne vous fera pas peur, cette petite caractéristique ^^ [b:1bmyt6ry][u:1bmyt6ry][center:1bmyt6ry]La Traversée de la Forêt, première partie[/center:1bmyt6ry][/u:1bmyt6ry][/b:1bmyt6ry] Tout d'abord il n'y avait rien. Le silence le plus total régnait sur la Forêt, et la trompette (à moins que ce soit un cor, ou alors un trombone, voire un sacqueboute, ou alors une corne, mais étant donné que toute l'orchestre passerait si on continuait ainsi, fermons la parenthèse et reprenons l'histoire), celle qui avait appelé le Chat et les Chasseurs, s'était tue. Pas de chants d'oiseaux, de toute façon il n'y avait même pas un seul oiseau. A croire que ces maudits piafs avaient pris leurs congés payés, d'autant plus que le concept du congé payé n'existait toujours pas à l'époque où se déroulait cette histoire. Il faisait nuit, mais c'était un genre de nuit assez spécial, étant donné que la nature autour de la jeune Marie était encore visible, malgré l'absence absolue de lune pour refléter la lumière du soleil. Parlons de la jeune Marie, justement. L'adolescente était toujours enchevêtrée dans ces lianes qui la tenaient suspendue et qui l'avaient empêchée de s'enfuir de la séance de torture. Des chatouilles sous les pieds, ah non mais vraiment ! On ne l'y reprendrait plus, tout comme le Corbeau de la Fable. Non pas que Marie soit un Corbeau, mais tout de même. Elle était tombée dans un piège gros comme un bœuf, si tenté fut-il qu'il y eut des bœufs dans les parages. L'adolescente était sans doute tombée dans un rêve éveillé, duquel elle sortit grâce à la promenade de quelques insectes sous ses voûtes plantaires. En se débattant (et en riant, cela va de soi : les insectes chatouillent énormément), les lianes craquèrent et Marie tomba en jurant. Durant la torture, les lianes semblaient solides, alors que là, le moindre geste les casse, pensa Marie. Etrange. De toute façon, qu'attendre de plus étrange dans ce drôle d'endroit ? Si ce n'est qu'un Croque-Mitaine fonctionnaire, un Chat qui parle, une petite fille qui a un rôle de bourreau, des Chasseurs un peu cons sur les bords . Drôle d'équipée, n'est-ce pas ? Une fois remise de ses émotions, la jeune fille analysa son environnement : la Forêt semblait dense et cachait sans doutes d'étranges créatures (il fallait arrêter avec le mot « étrange », ici il était aussi perspicace que le mot « normal » dans le monde des mortels), bonnes ou méchantes. Et d'après les dires du Croque-Mitaine, il résidait dans cet endroit l'Oiseau-Prophète, celui qui serait susceptible d'aider la jeune Marie à sortir de ce monde, de ne plus en entendre parler. De prendre rendez-vous chez un psychiatre plutôt que de plonger dans l'alcool pour oublier, se faire interner dans un asile et dessiner des Chats Murr sur les murs (oh ! la belle rime) avec des crayons de couleur. Mais l'heure en était plutôt à la traversée de cette maudite Forêt. Elle était sombre cette Forêt. Papa Schumann aurait pu au moins prendre la peine de clouer des candélabres sur quelques arbres. Tandis qu'elle marchait et s'enfonçait de plus en plus profondément dans l'obscurité, la jeune adolescente prit connaissance de la faune et de la flore locale, dont la diversité contrastait violemment avec celle qu'elle avait vue lors de son arrivée dans ce monde : la plupart des fleurs ressemblait à des espèces d'orchidées tellement grosses qu'elles pourraient volontiers avaler une fille aussi petite de taille que Marie, des tentacules pendouillaient entre les pétales qui eux semblaient émettre un drôle de scintillement ; certaines plantes, dont on aurait dit des rafflesias, l'odeur en moins, projetaient des nuages de pollen au rythme d'une respiration, comme si ces fleurs possédaient un poumon bourré de pollen. Les couleurs, là aussi, étaient d'une originalité sans limite : quelques plantes de ce genre étaient vertes, tandis que d'autres étaient rouge sang, sans parler de quelques unes vêtues d'une couleur impossible à définir tant elle était complexe. Quant aux animaux, on retrouvait des coccinelles de la taille d'un poing fermé, des vers aussi gros que des anacondas, ou des papillons aussi énorme que des aigles. Cela dit, à côté de ces monstres, Marie eut la surprise de trouver des mille-pattes tout à fait normaux, dans le sens où leur taille était respectable, ou encore des insectes qui n'existaient pas dans le monde des humains, comme ces larves que l'on pourrait décrire comme étant des globes oculaires fixés sur six pattes, ou encore des araignées à douze pattes et une seule paire d'yeux, dont la taille rivalisait avec les plus grosses tarentules de notre monde.
Non pas effrayée par tout ce petit monde, Marie ne put tout de même s'empêcher de frissonner en s'imaginant toutes ces bestioles se promener sur sa peau nue et sensible, aussi continua-t-elle de marcher en essayant d'oublier cette vision d'horreur. La fatigue commençant à se faire sentir, Marie s'obstina à chercher un endroit où elle pourrait s'allonger, afin de se reposer un peu. Mais ne voulant pas tellement être la proie d'araignées à douze pattes ou de globes oculaires mobiles, elle continua son chemin, dans l'espoir de tomber sur une vieille cabane. Ce ne fut pas un cabanon qu'elle trouva, mais une auberge. Une vieille auberge au milieu de la Forêt. Les volets n'étant pas fermés, la lumière intérieur éclairait tout les alentours de la vieille bâtisse dont le toit franchement courbé menaçait d'écraser les voyageurs qui se trouvaient à l'intérieur. Ne tenant plus franchement sur ses deux jambes, la jeune adolescente arriva à grand peine jusqu'à la porte en bois, frappa. Lorsqu'on lui ouvrit, elle s'écroula sur le carrelage sale de l'auberge, complètement exténuée. Surprise de se retrouver dans un bon lit à son réveil, Marie crut tout d'abord qu'elle s'était échappé de ce concentré de tarés qu'était le monde de son père (paix à son âme). Mais étant donné que la disposition de la chambre dans laquelle elle se trouvait n'étant pas habituelle, elle fit la conclusion qu'elle se trouvait toujours dans ce « pays étrange », dans un endroit dont elle ne se souvenait pas y être allé la veille au soir. Le matelas était tellement moelleux et les couvertures tellement chaudes que la jeune brune hésitait à sortir du lit, tant elle était bien. Après tout, elle n'avait pas envie de se retrouver nez à nez avec le Chat Murr ou le Croque-Mitaine, quoique celui-là fut encore moins fou que les Chasseurs ou le gentil matou, bien que légèrement dérangé tout de même. Voyant par la fenêtre que la végétation était foisonnante, Marie se souvint de son devoir, qui était de traverser la Forêt et de trouver l'Oiseau-Prophète, qui lui permettrait de rentrez chez elle le plus tôt possible. Clara et Johannes n'allaient pas tarder à rentrer, et retrouver une maison vide ne serait pas une très bonne chose. Aussi la jeune adolescente devait se dépêcher, pour ne pas dire se grouiller. En descendant dans la salle à manger de l'auberge, elle ne vit personne. Et même après avoir fouillé toute la vieille bâtisse, elle ne croisa aucun chat (Murr ou pas mûr...). Décontenancée par tant de non-présence, Marie se servit elle-même le petit-déjeuner, constitué de chocolat et de tartines de confiture. Le contact du carrelage froid contre ses pieds nus lui apaisait la désagréable sensation d'irritation sous ses plantes, aussi en profita-t-elle longuement avant de remonter dans la chambre prendre ses bottines car oui, Marie aime prendre le petit-déjeuner en ayant les pieds à l'air, qu'elle soit chez elle ou pas. Il faudrait quand même que quelqu'un prenne la peine de lui dire que si elle désire garder ses beaux petits pieds féminins que tant de personnes envie (à commencer par ce drôle de Croque-Mitaine), il faut qu'elle arrête de les malmener de la sorte. Après, libre à elle de ne pas écouter ce qu'on lui dit et de choper de la corne à 20 ans. Reprenons l'histoire. Une fois le ventre plein, notre héroïne reprit la route vers la sortie de la Forêt. Malgré l'épais feuillage des arbres, la lumière du jour parvenait à illuminer la Forêt. Mais le rouge du ciel mêlé au vert des plantes donnait à l'ensemble une couleur détestable, que Marie liait toujours à quelqu'un qui avait des problèmes gastriques. Cette charmante jeune fille savait être sensible et raffinée, mais seulement les jours de pleine lune. Quoiqu'il en fut, c'était en chantant de bonne humeur que Marie traversait l'affreuse Forêt qui semblait remplie de créatures infernales, qui par comparaison feraient passer le Chat Murr pour un chat à mémé. Cette idée fit sourire la jeune brune, et elle pria pour ne croiser personne sur sa route qui serait susceptible de la prendre pour une folle en la voyant sourire pour rien. Alors qu'il ne se passait rien de grandement folichon dans les parages depuis quelques heures, Marie eut la désagréable surprise d'entendre au loin un choeur d'hommes mêlé à des rires et des cris d'enfants. Persuadée qu'elle se ferait prendre si elle restait plantée là tels les arbres l'entourant, Schumann fille alla se planquer dans les broussailles, en attendant le passage potentiel de ces personnes ; étant donné que le chant s'intensifiait, il semblait évident que le groupe passait par là. Notre jeune héroïne n'avait pas tort, et ce fut une étrange procession qui passait par là : tout d'abord il y eut des Chasseurs, semblables à ceux qui avaient chatouillé les pieds de Marie la veille. Puis quelques créatures portaient une grande planche, sur laquelle était posé un étrange trône : en effet il était constitué à la basé d'une chaise tout à fait normale, mais on avait cloué un carcan au niveau des pieds de devant. Un petit garçon avait d'ailleurs les chevilles entravées et ses plantes nues étaient visibles de tous et ne pouvaient échapper au moindre supplice. Supplice infligé d'ailleurs par une grande femme brune, et quelle ne fut pas la stupeur de Marie quand elle reconnut sa propre mère assise dans ce drôle de trône, occupée à chatouiller les petons d'un pauvre petit garçon qui la suppliait d'arrêter entre deux crises de rire, des hurlements et des pleurs. Enfin la procession se terminait par d'autres Chasseurs. Remise de ses émotions et après avoir digéré le fait que sa propre mère (mais était-ce réellement elle?) était dans ce monde et qu'elle était de ces personnes à éviter, Marie repassa en boucle les œuvres de son père afin de faire un lien avec ce qu'elle venait de voir. Robert Schumann avait écrit une pièce qui s'intitulait « L'Enfant Supplie ». L'usage du présent dans le titre indiquait que l'enfant était obligé de supplier, et que par conséquent ses pieds étaient soumis aux chatouilles pour toujours. Un sort que Marie était loin de vouloir partager. Quant à sa mère sur le trône, elle n'eut aucune idée de l'oeuvre en question, si ce n'est que Clara et Robert jouaient à un jeu en composant un morceau à partir d'un thème de l'autre. Ainsi Clara composait d'après Robert, et Robert composait d'après Clara. Un sentiment de haine envers son père effleura l'esprit de Marie, qui même si elle savait qu'il n'était responsable de rien en ce monde, lui en voulait un peu d'avoir créé cet univers complètement tordu. La jeune brune sortit du buisson où elle s'était cachée, s'épousseta un peu et continua à s'aventurer plus profondément encore dans la vaste Forêt, jusqu'au moment où tout autour d'elle s'assombrit précipitamment, que des loups se firent entendre et, malgré les ténèbres envahissantes, des silhouettes entouraient la jeune intruse. Prise de panique, Marie tenta de fuir, en vain : sans s'en rendre compte elle s'enfonçait dans une sorte de boue noire et gluante, entravant solidement ses jambes. Dans un dernier espoir, la jeune brune tenta de s'agripper à n'importe quoi, mais il n'y avait rien à faire, elle s'était embourbée dans les ennuis, au sens propre, et rien ni personne ne pouvait l'aider cette fois, même pas un simple cri de trompette.
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chatouillesdu92 - il y a 14 ans
C'est juste excellent. En plus d'etre très bien écris, tu arrives à partager ta culture de façon très originale, vraiment bravo !
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xrognia - il y a 14 ans
j'aime biens le coté un peut sarcastique , humour noir sa donne un petit coté glauque . continue !
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Merci! La prochaine partie devrait arriver aujourd'hui ou demain, je sais pas trop encore ^^' Encore merci pour vos encouragements!
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Merci! Désolé pour le retard, j'étais parti en vacances. Et puis après relecture du prochain chapitre je me suis dit que quelques changements devaient avoir lieu. Voilà voilà!
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RAWHIDE - il y a 14 ans
Bonjour,ne t'en fais pas je manque aussi de temps pour passer alors je comprends!bravo encore!
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Salut tout le monde, je poste avec beaucoup de retard cet autre chapitre! Celui-là est le moins convaincant de tous, je trouve, mais je ne sais pas comment l'arranger. Après, je suis peut-être trop élitiste avec moi-même, du coup je soumets ce chapitre à votre jugement!
La traversée de la Forêt, deuxième partie
L'idée de mourir là, maintenant, ne lui effleura l'esprit que lorsque seule la tête dépassait de ce magma boueux, noir et froid, au milieu de cette Forêt. Mais alors qu'elle s'apprêtait à retenir sa respiration (au cas où), Marie se rendit compte qu'elle ne s'enfonçait plus, même que le calme était revenu. Ce n'était pas pour autant qu'elle était sortie d'affaire, car elle ne pouvait pas du tout bouger.
Etant donné qu'il n'y avait vraiment pas de quoi s'affoler, ou presque, Marie laissa passer le temps comme si de rien n'était. Rien de plus normal qu'une tête de petite fille sortant d'une mare de boue. C'était un coup à mourir d'une crise cardiaque, car en voyant ce tableau représentant une tête de petite fille à la peau pâle au milieu de nulle part, n'importe quelle voyageuse ou n'importe quel vagabond pourrait prétendre à un meurtre complètement raté. Mais il n'en était rien de tout cela, car si on prenait la peine de s'approcher un peu, on entendrait la douce respiration de cette charmante fille qui, en ce moment-même, jurait qu'on ne l'y reprendrait plus, tel le Corbeau de la Fable.
Le bruissement d'un buisson sur le côté attira l'attention de Marie et suscita par la même occasion une certaine crainte. Le Chat Murr était revenu. A cet instant précis, la jeune adolescente prisonnière dans la boue avait envie de le frapper, comme on aurait envie de frapper cet homme blond aux yeux bleus qui joue de la guitare pour séduire les filles (on a tous croisé ce genre d'énergumène au moins une fois dans notre vie, si c'est pas malheureux).
« -Tiens tiens, mais qui voilà donc ? Murmura le Chat, sans se départir de son faux sourire.
-Chat... Peu importe ce que tu as l'intention de faire avec moi, je ne suis pas dans ton camp, commença à s'énerver Marie.
-Voyons jeune fille... Penses-tu vraiment que je cherche qu'à te faire des... « guili-guili » sous tes petits pieds ? Alors que là où tu te trouves, on peut faire tellement mieux ?
-Comment ça ?
-Je vais te montrer. Euob elliuotahc uil sel setôc ! »
La boue tout autour de Marie se vit à vibrer, et la jeune fille éclata de rire lorsqu'elle sentit deux grands mains lui chatouiller les côtes, sans qu'elle puisse se débattre et s'extraire de cette torture, toute immobile qu'elle était. La sensation était insupportable, c'était ici que Marie craignait le plus. A côté, les chatouilles sous ses pieds passeraient pour des caresses. Elle avait du mal à respirer, des papillons noirs, semblables à ceux que voyaient son père durant sa folie, volaient devant ses yeux, signes prouvant malheureusement que l'asphyxie était proche. Alors que la jeune fille avait dépassé depuis peu le stade de l'hystérie, le Chat reformula une incantation et alors le calme revint sur la Forêt.
« -Vois-tu, jeune fille... Tu es actuellement dans le Lieu Maudit. Cette boue agit selon les incantations prononcées. Je connais un jeune garçon qui adorer planter ses pieds nus dedans et demander à la boue de les lui chatouiller toute la matinée. Mais je ne suis pas venu ici pour te voir rire et te débattre en vain.
-Ah non ? Réussit à placer Marie entre deux respirations.
-Non... Eusebius et Florestan sont partis eux-mêmes à ta recherche. Tu as très peu de temps. En enquêtant de mon côté, j'ai su pourquoi tu étais ici : brave fille, tu cherches à comprendre le mystère qui entoure ton papa. Sache, Marie, que personne ne pourra vraiment décoder toute cette énigme qu'est l'oeuvre musicale de ton père. Il a été enterré avec la clé qui permet de comprendre tout cela. Toujours est-il que je l'ai connu, suffisamment pour te confier tout ce que je sais sur lui et ce que je ne sais pas. Es-tu prête à écouter la genèse de ce monde, jeune fille ? »
« Ton père n'a jamais créé ce monde, mais c'est lui qui lui a donné vie, qui lui a permit de s'inscrire dans la durée. Moi, le Croque-Mitaine, la Pauvre Orpheline, les Chasseurs, l'Auberge dans laquelle tu as passé la nuit... Tous nous lui devons la vie. La première fois qu'il est venu ici, il était amoureux de ta mère, qui avait tout juste neuf ans. Lui en avait dix-huit. Leur amour étant impossible, il chercha un endroit où se réfugier. Dans le monde des mortels, cela lui avait paru impossible. Alors il effectua quelques recherches sur la magie noire, dans le but d'ouvrir une porte vers un monde parallèle, pour ne pas avoir à souffrir de son amour. Le temps passa, et rien ne lui convenait. Une nuit, il fit un rêve étrange. Il rêva d'un pays inconnu et de personnes qui parlaient une langue issue d'un monde totalement étranger pour lui. Il vit le Croque-Mitaine, la Reine-Mère, l'Enfant qui supplie, la Pauvre Orpheline, les Chasseurs, le Lieu Maudit, la Fleur Solitaire... Toutes ces choses qui ont peuplé son imaginaire le reste de sa vie. Toujours est-il que ce rêve lui a plu, et il a tout fait pour y retourner, en vain. Un jour, alors qu'il jouait une berceuse au piano, quelqu'un frappa à la porte de son bureau. Il alla ouvrir, et ce qu'il vit n'était pas le reste de sa maison, mais ce monde, dans lequel tu te trouves. Il tomba directement sur moi, et nous fîmes connaissance. Nous étions de très bons amis. Je me souviens que dès qu'il voyait quelque chose qu'il l'intéressait, il le décrivait en notes de musique, et puis il faisait écouter le morceau à tout le monde. Pas sur un piano, mais sur une harpe. Oui, aussi incroyable que cela puisse te paraître, ton père jouait de la harpe. Tout le monde était content d'être décrit sous forme musicale, on vivait heureux. Robert Schumann avait fini par plaire à la Reine-Mère qui l'avait abrité dans son Château, elle donnait des concerts tous les soirs, et tout le monde était invité. A l'époque, le ciel était bleu, et il faisait chaud, agréablement chaud. Il y avait tout pour être heureux... »
« Et puis, sont arrivés Eusebius et Florestan, dits respectivement le Contemplatif et l'Actif. Et c'est là que les choses se sont dégradées. Eusebius et Florestan sont les deux facettes de ton père dans lesquelles sont rangées toutes les connaissances en magie noire. Ils hypnotisèrent les Chasseurs et arrêtèrent la Reine-Mère, qui a souffert d'une horrible mais courte séance de chatouilles. A la fin, elle était devenue folle. Elle attrapa la personne la plus proche d'elle, qui se trouvait être l'Enfant qui supplie. Elle lui enleva les chaussures et se mit à lui chatouiller les pieds. Elle était sous le contrôle des deux cocos, tu vois. Ton père s'était réfugié, mais Eusebius et Florestan ne mirent pas très longtemps pour le retrouver : ils le renvoyèrent dans le monde des mortels sans lui faire quoi que ce soit, avant de demander aux Chasseurs de contrôler le pays et d'attraper tout individu suspect. Quant à moi, étant donné que je ne suis qu'un animal, on me laissa vivre tranquillement, à condition que je choisisse mon camp : celui de la famille Schumann, ou celui d'Eusebius et Florestan. »
« Aujourd'hui, les ennemis des deux tyrans sont pratiquement tous dans les cachots du Château de la Reine-Mère, à se faire chatouiller jusqu'à la folie. Leurs alliés quant à eux font docilement leur travail. Rares sont les rebelles qui vivent librement. Le Croque-Mitaine en fait partie. Enfin, il en faisait... Car s'il chatouille les pieds des enfants de ton monde, ce n'est pas sans raison : c'est Eusebius et Florestan qui l'ont forcé à le faire, je ne sais trop pour quelle raison. Quand tu es arrivée ici, tu n'aurais pas du prendre la route avec lui, et continuer avec moi. Car moi seul connaît le moyen de sortir d'ici. L'Oiseau-Prophète n'existe pas... Il fait partie de la légende locale. M'enfin bon, même si je sais comment quitter cet endroit, je ne veux pas partir. Car j'aime les chatouilles. Et ici, on peut en faire autant qu'on veut. »
Après un court silence, Marie prit la parole :
« -Tu racontes mal les histoires. J'ai rien compris, c'est brouillon, c'est boudin.
-Jeune fille, je ne suis pas fait pour raconter des histoires, s'offusqua le matou.
-Alors comme ça tu sais comment sortir d'ici ? Je n'ai même pas besoin d'aller voir l'Oiseau-Prophète ?
-Je te l'ai dit, il n'existe pas. Tu as déjà entendu parler du dahu ?
-Du quoi ?
-Exactement. Bon allez, je vais te sortir de là.
-Je n'arrive pas à croire que tu veuilles m'aider après tout ce que tu m'as fait ! Qui me dis qu'une fois sortie d'ici une troupe de Chasseurs ne me sautera pas dessus pour m'emmener chez Eusebius et Florestan ?
-Il n'y a rien de plus sournois qu'un chat, jeune fille... »
Le Chat Murr tint exceptionnellement sa parole et aida Marie à sortir du Lieu Maudit. Si la jeune fille, outre les chatouilles infligées par la boue, n'avait subi aucune séquelle, elle avait abandonné ses bottes dans la substance noire. Mais ça, elle ne s'en rendit compte que lorsque le Chat lui léchait le dessus de ses pieds nus pour enlever le reste de boue, la chatouillant par la même occasion. Elle lui donna un coup sur la tête avant de s'exclamer violemment, tel Beethoven persuadé qu'on lui veut du mal :
« -Non mais dis donc ! Ca va pas, demeuré de Chat ! Tu te crois où là ? Tu crois que ça se fait de lécher les pieds d'une jeune fille comme moi, de lui voler ses bottes en plus de ça ? Mes bottes ! Elles sont où mes bottes ? Répond, demeuré de Chat ! Répond ! Cria la jeune fille tout en frappant le matou.
-Mais non mais... Aïe !... Je ne pouvais pas... Aïe ! Tout contrôler... Aïe ! Arrête de me... Aïe ! Frapper s'il te plaît !
-Qu'est-ce que je vais faire maintenant, sans mes bottes ? D'autant plus que j'ai la plante des pieds très très sensibles !
-C'est toujours bon à savoir, ricana le Chat. De toute façon, il ne reste plus beaucoup de distance à parcourir avant la sortie. Ah oui, il faut que je te dise quelque chose à ce sujet...
-Y'a une épreuve à faire, c'est ça ?
-Non. Quand tu ouvriras la porte, il ne faudra surtout pas regarder derrière toi. Sans quoi, une fois dans le monde des mortels, Dieu seul sait ce que tu deviendras.
-Folle ?
-Oh non, plus que ça. Tu deviendras comme nous, Marie. Avide de chatouilles. A peine tu verras les pieds de ta mère que tu auras envie de les chatouiller ; tu feras en sorte qu'on te chatouille tellement tu aimeras ça. Tu te lèveras la nuit pour aller chatouiller tes frères et sœurs. Mais sais-tu seulement, as-tu une idée, de pourquoi tu deviendras comme ça ?
-Eusebius et Florestan ?
-Exactement. Leur pouvoir ne s'arrête pas aux limites de ce monde, ils ont un pouvoir sur le tien également, ce qui est normal...
-Pourquoi ça ?
-Tout ceci n'est qu'un rêve, Marie. Tu t'es simplement endormie devant le piano de ton père en jouant une berceuse. Tout ceci est imaginaire, nous n'existons que dans ton esprit. Lorsque tu partiras, nous quitterons ton esprit à la seule condition de ne pas regarder derrière toi une fois la porte ouverte. Vois-tu, le Croque-Mitaine arrive à faire des chatouilles uniquement parce que les enfants vivent dans l'idée absolue qu'il existe réellement, qu'il n'est pas constitué de rêve.
-Tu me scies les jambes, là... »
Le Chat regarda brièvement les jambes de Marie, avant de reprendre :
« -Ben... Tu es toujours entière pourtant !
-C'était une façon de parler, fit Marie en serrant les dents. Ou alors si tu viens de faire une blague, elle est moisie.
-Toujours est-il que nous devons partir. »
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Nah, je sais que tu dis ça pour me faire plaisir!
Mais merci quand même!
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chatouillesdu92 - il y a 14 ans
Je suis d'accord avec toi, ce chapitre est légèrement moins bon mais c'est juste parce qu'il est un poil trop rapide, comme si tu étais moins à fond dedans. Et aussi leur langage est devenu un peu trop vulgaire en comparaison des autres chapitres. Mais ça reste génial ! la boue avec les formules magiques qui se lisent à l'envers c'est super, l'histoire racontée par le chat est très bien, et on a hate de savoir ce qu'il va arriver à la pauvre marie qui s'en prend plein dans la fiigure depuis le début. bravo encore !!
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Ah, merci de ta franchise! J'avoue que ce passage me plaisait pas trop, mais je ne savais pas pourquoi... Maintenant que tu me l'as dit, je vois ce qui ne va pas!

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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Avant dernier chapitre! Il est court, mais comme je l'ai dit précédemment, la Traversée de la Forêt forme un tout, découpé en trois partie. Donc le découpage est un peu irrégulier, veuillez m'en excuser, je m'en rends compte que maintenant x) [b:396ub5b9][u:396ub5b9][center:396ub5b9]La traversée de la Forêt, dernière partie[/center:396ub5b9][/u:396ub5b9][/b:396ub5b9] La porte permettant à Marie de rejoindre son monde se trouvait qu'à quelques mètres maintenant de l'endroit où la jeune fille et le Chat s'étaient posés. Les deux compagnons avaient bien marchés, pendant longtemps, et avaient même rattrapé le temps perdu, c'est dire. La chose en elle-même n'avait rien d'extraordinaire : il s'agissait d'une simple porte, semblable à celle du bureau de Robert Schumann, flottant dans les airs. Pourtant, quelque chose n'allait pas. Tout était tellement facile, Marie n'avait pas rencontré Eusebius et Florestan, ces deux monstres qu'il fallait craindre à tout prix. Le Chat ne lui avait fait aucune misère, elle n'avait plus revu la Pauvre Orpheline, le Croque-Mitaine devait encore être occupé à titiller quelques pieds, et les Chasseurs escortaient la Reine-Mère chatouillant inlassablement l'Enfant qui Supplie. Pour un voyageur quelconque, rien n'aurait paru anormal ; il aurait même sauté de joie. Mais ce n'est pas connaître la mentalité de Marie qui croit voir la queue du Diable quand il n'y a rien. Cependant... En s'approchant un peu... « -Bonsoir, Marie... » Une voix trop connue, qu'elle connaissait trop bien, venait de se faire entendre dans son dos. L'intéressée refusait d'entendre cette voix, une nouvelle fois. Cette voix qui provenait d'un individu qu'elle avait appris à connaître, dans un autre monde, mais qui était porté disparu depuis deux ans maintenant. Un monument avait été dressé à sa mémoire. Inconsciemment, elle se retourna, pour faire face à celui dont elle n'aurait jamais cru revoir un jour : son propre père. Il n'était vêtu que d'un pyjama et de chaussons, trempé jusqu'aux os. C'est ainsi que Marie avait vu son père pour la dernière fois lorsqu'il avait fait une tentative de suicide en se jetant dans le Rhin en février 1854, avec cet aspect fantomatique et effrayant propre à tous les déments. « -Ne viens-tu pas dire bonjour à ton père, Marie ? » Cette voix, oh cette voix ! En l'écoutant mieux, la jeune fille se rendit compte qu'elle n'était pas vraiment celle qu'elle connaissait. Marie aurait dit que son père avait la bouche pleine de terre et d'algues pourries, l'empêchant d'articuler correctement, et donnant un timbre désagréable à sa voix. « -Mon père est mort... articula avec peine la jeune adolescente. Cela fait plus de deux ans que son corps sert de garde-manger aux vers de terre. -Son corps n'est peut-être plus, répondit la chose qui ressemblait à Robert Schumann, mais son esprit est toujours aussi vif. Je ne suis pas ton père, Marie, mais son Esprit. Et cet endroit est à moi, j'en suis le chef incontesté. -Tout le monde me disait le contraire, que tu avais laissé les rênes du pays à Eusebius le Contemplatif et Florestant l'Actif. -C'est en parti vrai. Mais as-tu réellement réfléchi, Marie, sur cet espèce de dédoublement de personnalité de ton père ? Eusebius et Florestan ne forment qu'un seul et unique Esprit, et JE suis l'esprit. Ou devrais-je dire... NOUS sommes l'Esprit. Et oui Marie, ce n'est pas parce qu'on te parle de deux personnes qu'il faut obligatoirement s'attendre à croiser deux personnes ! La preuve, moi-même... -Cette histoire tourne au n'importe quoi, fit remarquer la jeune fille. On croirait une fin de mauvais roman, où le méchant se dévoile et dit tout ce qu'il a sur le cœur, comme s'il prenait le héros ou l'héroïne pour un psy. Franchement, j'aime pas ce final. -Mais... -Quoi, mais ? Ecoutez, ça fait des heures que je me balade joyeusement dans cette fichue Forêt à côté d'un Chat minable et, comme par hasard, au moment où je vais retourner dans mon monde, vous apparaissez... Vous parlez d'un truc original, vous ! -Mais laissez-moi terminer, voyons ! Ce ne sont pas des manières ! -Oui, et bien laissez-tomber les conventions ! J'en ai marre. Alors on en finit une bonne fois pour toute et puis je rentre, j'ai pas que ça à faire ! -Ben justement... Je dois faire quelque chose, murmura l'Esprit, très timidement. -Faites, faites... -Je vous fais une offre : soit vous retournez dans votre monde des mortels, et toutes les nuits le Croque-Mitaine viendra vous chatouiller les pieds, soit vous restez ici et remplacez la Reine-Mère. Choisir, c'est s'engager. Je vous laisse une heure pour réfléchir à la question, jeune fille. Quand je reviendrai, votre choix devra être fait. Sans quoi, je vous renverrai dans votre monde, tout en gardant votre esprit prisonnier ici, afin que vous finissiez comme votre père. Pour une jeune fille, cette option est peu recommandable, alors dépêchez-vous. Sur ce, je me sauve. » Vous parlez d'un retournement de situation... L'Esprit de Robert Schumann avait des intentions aussi floues que celles du Chat Murr : Marie était incapable de dire s'il lui voulait du bien ou du mal. Sans doute cela était-il du au fait qu'il était partagé entre Eusebius et Florestan. Elle avait une heure pour faire son choix : rester ici et passer son temps à martyriser un jeune enfant. Cette idée lui plaisait dans le sens où elle pourrait également diriger les Chasseurs et serait vaccinée contre toute tentatives de chatouilles. L'autre idée lui plaisait également : retourner dans son monde, comme si de rien n'était, à la condition de se faire chatouiller toutes les nuits par le Croque-Mitaine. Sa mère et Johannes Brahms ne verraient sans doute pas le Croque-Mitaine, aussi si jamais les rires de Marie les réveillaient dans la nuit, verraient-ils une jeune fille allongée dans le lit, les pieds en l'air, les orteils gigotant, et gesticulant comme un diable dans sa boîte. Ils la prendraient pour une folle, et l'emmèneraient à Eidenach, là où son père a fini. Quitte à choisir, Marie préférait rester ici. La folie passait pour une normalité dans le Pays Etrange. Mais Clara, Johannes, Emile, Louis et tous ses amis lui manquaient profondément. Elle s'était lié d'amitié avec le Chat. C'était si dur de choisir ! Tellement dur qu'elle finit par tomber en larmes, à l'idée que seul son corps retournerait dans le monde des mortels, s'abîmant, tandis que son esprit resterait ici. Ce n'était pas juste, pour cette jeune fille qui voulait juste connaître la façon dont son musicien de père trouvait de l'inspiration. Elle ne s'attendait pas à tomber dans cet univers parallèle, seulement à découvrir des dessins, des croquis, des descriptions littéraires ; son père était un musicien littéraire, dans le sens où il lisait beaucoup et n'a jamais su se décider pour la musique ou la littérature, vivant sa vie entre ses deux passions. Ainsi tout reposait sur le thème du double, de la dualité, chez Robert Schumann : son esprit, divisé entre Eusebius et Florestan ; le fait qu'il soit à la fois musicien et écrivain ; le fait qu'il rédige son journal intime avec sa femme adorée, Clara Schumann, née Wieck, qu'il a rencontré alors qu'elle n'avait que neuf ans, et lui dix-huit ; ces jeux musicaux dont les amants étaient friands et dont le but de l'un était de composer un morceau à partir du thème de celui de l'autre : ainsi leur vie ressemblait à un court de tennis, et ils passaient leur temps à se renvoyer la balle. Clara Schumann avait également mené une double-vie, entre Robert qu'elle aimait toujours et Johannes qu'elle aimait secrètement. Et maintenant on lui proposait deux choix, ou un blâme mêlant les deux. Juste avant qu'il se jette dans le Rhin, Schumann père avait demandé à Clara de jeter son alliance dans le fleuve, afin qu'ils restent ensemble pour l'éternité : mentalité toute romantique s'il en est. Toujours est-il que si Robert jeta son alliance, Clara ne le fit pas. Par respect pour l'amour qu'elle avait envers son mari, aussi étrange pouvait-il paraître. L'étrange est à Robert Schumann ce que la normalité est à nous : quelque chose de tout à fait transparent. Il était du genre à parler très bas, de façon presque inaudible. Il ne se fâchait jamais : cela dit, si quelqu'un avait la méchanceté de le contrarier, il le fixait de ses yeux verts et prenait congé sans rien dire. Confronté à la Mort dès son plus jeune âge, Robert avait fait plusieurs tentatives de suicide au cours de sa vie : il était également sujet à de nombreuses phobies, dont les clés, les objets tranchants. Mais aucune n'égalisa sa peur de la Folie, qu'il craignait plus que tout autre chose. Schumann, ironie du sort, est mort fou. Certains diraient que ce n'était pas une vie. Et quoi donc ? Il avait une femme aimante, des amis, et on avait beaucoup de respect pour ce docteur en philosophie qu'il était. C'est lui qui a véritablement lancé la carrière du jeune Chopin et a fait découvrir au monde entier les œuvres de Schubert. Un homme respectable. Un homme dont la musique pourtant transpirait la folie et la mort. Ce fut une Marie pratiquement déshydratée à force d'avoir pleurer que l'Esprit retrouva à la sortie de la Forêt. Assise dans la poussière, la jeune fille écrivait de son index les œuvres de son père qu'elle aimait plus que tout : la première sonate pour piano en fa dièse mineur, le Carnaval de Vienne, les Pièces Nocturnes, les Pièces dans le ton folklorique, et les Papillons. « -As-tu fais ton choix, jeune fille ? » Inutile qu'elle réponde. Il savait déjà ce qu'elle allait dire.
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tk-revenge - il y a 14 ans
Bah j'ai qu'une chose à dire "a quand là suite? ^^"
je suit ton histoire depuis le début et franchement "rien à redire"
C'est une histoire bien ficelé et bien recherché.
On sent également que tu aime se que tu écrit, et que tu maîtrise le sujet comme personnes.
C'est en plus de sa très bien rédigé.
Il manque néanmoins à mon gout, un poil de chatouille (je vera pour une histoire de cette longueur une séance de plus
)
Mais se n'est que mon 1ère avis
Je me reserve pour là fin :P
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Merci! =D
Pour ce qui est des chatouilles, ils en parlent quand même beaucoup, c'est déjà ça
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War' - il y a 14 ans
Un modo qui fait un double post. On aura tout vu...
Super chapitre, Obscur Pianiste. Tu nous laisses sur un bon petit cliffhanger, c'est méchant ça. è_é
Vivement la sui... hum, fin.
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Merci tout le monde!
Je sais qu'il n'y a pas assez de guilis dans cette histoire, mais je trouve que quand il y en a trop, ça casse l'histoire, puisque plein de lecteurs iront se précipiter vers les scènes descriptives de chatouilles; alors que j'ai préféré me concentrer sur le mélange réel-fictif des personnages =)
War': désolé de te le dire, mais j'ADORE les cliffhangers, et je trouve que pour le final, vous faire saliver est une bonne idée
Cela dit, tu as le droit de me fouetter si tu estimes que telle est la punition que je dois recevoir pour avoir fait un truc pareil x)
Et merci sato!
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RAWHIDE - il y a 14 ans
Je réponds à mon tour avec retard,j'aime beaucoup le suspense et le côté surnaturel même si ce n'est pas trop mon genre... Le côté CLIFFHANGER j'adore d'autant plus que c'est aussi un style très adapté au western dans les années 30-50(on appelait aussi cela les Serials)(de courts épisodes avec fin sur suspense jusqu'au dernier épisode)(avant-programme)...Je ferme la parenthèse HS... Bon courage pour la suite...Un univers au début déconcertant mais sympathique et dans lequel j'ai pour ma part plaisir à apparaître à chaque lecture...
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L'Obscur Pianiste - il y a 14 ans
Et enfin voici le final, court, mais je pense que l'essentiel y est, donc pas la peine de sortir un roman. Bonne lecture, et à bientôt peut-être pour une autre fic! [b:3alz94qt][u:3alz94qt][center:3alz94qt]Final de sonate[/center:3alz94qt][/u:3alz94qt][/b:3alz94qt] Il régnait un puissant silence dans la maison des Schumann, vide. Clara se faisait vieille, et il lui arrivait parfois de somnoler dans l'après-midi, aussi dormait-elle une heure ou deux chaque jour dans un parc non loin. Son amant, Johannes Brahms, était en voyage en Autriche : il y avait été invité dans le but de faire découvrir la musique de Mendelssohn à la jeune génération de musiciens de la ville de Vienne. Les enfants Schumann avaient quant à eux, grandis, et certains avaient quitté la demeure familiale ; les autres étaient chez des amis ou chez des parents. Nous étions alors en 1870, et les événements qu'a vécu la jeune Marie Schumann étaient désormais loin derrière. Le jour était sur le point de tomber, pour faire place à la nuit tant chérie par son père. Mais autant Robert Schumann a littéralement adulé les heures sombres, Marie les craignait, depuis maintenant douze ans. Avoir peur du noir à trente ans, certaines personnes trouveront là un sujet à moquerie, alors que d'autres resteront sceptiques, pour ne pas dire totalement indifférents face à cette phobie éprouvée par la femme brune devenue musicienne, tout comme sa mère. Celle qui avait eu la curiosité de chercher l'endroit où Schumann père puisait son inspiration se trouvait assise en tailleur sur le lit, les draps repoussés le plus loin possible. Des feuilles de partitions vierges tapissaient le sol, tandis que d'autres étaient couvertes de notes, d'indications de jeu, écrites de la main de Marie. Bien que celle-ci était absorbée par la tâche, elle jetait de temps en temps des coups d'oeil craintifs vers l'armoire dont les portes qui ne voulaient pas se fermer étaient légèrement entrouvertes, et de temps en temps vers l'unique fenêtre de la pièce, laissant passer encore un peu la luminosité du jour qui s'affaiblissait de minutes en minutes, de secondes en secondes. Bientôt, IL sera là, dans la pièce. Elle ne veut pas qu'il soit là, justement, une nouvelle fois. C'en était trop. Cela faisait maintenant douze ans que ça dure. Inconsciemment, elle cacha ses pieds nus sous les couvertures, puis reprit son travail là où l'avait laissé. Elle n'aurait jamais du faire ce choix, il y a douze ans. Ce maudit choix qui a fait d'elle ce qu'elle est devenue maintenant. Quand elle y repensait, elle en avait les larmes aux yeux. Elle se revoit dans la clairière, dans ce monde étrange créé de toute pièce par son père (quoique cela n'était pas tout à fait vrai, d'après certains habitants de ce pays étrange), aux côtés d'un chat doué de parole, son père lui posant la question dont la réponse aller engager Marie dans une vie complètement différente de ce qu'elle avait l'habitude de vivre à l'époque. Elle avait une heure pour faire son choix entre deux propositions, ce qui avait été largement suffisant. Mais regardons où cela l'a menée. Marie Schumann, fille de Robert Schumann, docteur en philosophie, marié à Clara Schumann, née Wieck, ami de Brahms, Mendelssohn, Chopin, adulateur absolu de Schubert et de Beethoven, hanté toute sa vie par la mort et la folie, mort fou dans un asile à Eidenach, s'allongea sur le lit, remonta ses couvertures jusqu'à son menton, et ferma les yeux. Mais elle savait qu'elle ne parviendrait pas à s'endormir. Elle attendait le moment où les portes de l'armoire s'ouvriraient dans un grincement déplaisant, elle entendrait des bruits de pas mouillés ; elle sentirait les couvertures se retrousser, laissant apercevoir ses pieds nus, et alors la créature sortie de l'armoire lui chatouillera les petons jusqu'à tard dans la nuit, jusqu'à ce que Marie s'évanouisse. Oui, vous avez deviné, chères lectrices, chers lecteurs : Marie a fait le choix de revenir dans son monde, il y a douze ans. Et d'assumer les chatouilles sous ses pieds prodiguées par le Croque-Mitaine, qui sort du placard toutes les nuits. Douze ans que ça dure. Inutile de vous le dire, la jeune femme est devenue folle au bout d'un certains temps. Pensez ! Toutes les nuits à se faire chatouiller, ce n'est pas une vie. Une fois déclarée folle, Marie fut comme son père internée à l'asile d'Eidenach. Cela n'empêcha pas le Croque-Mitaine de continuer son œuvre, bien au contraire. Lorsque les infirmières et les infirmiers l'entendaient hurler de rire en pleine nuit, ils croyaient qu'elle était en train de faire une crise de démence, et que cela n'était pas à prendre en considération, surtout pour une patiente comme Marie. Une fois le soleil caché derrière l'horizon, les portes de l'armoire s'ouvrirent dans un grincement. Quelque chose de flasque et de mouillé en sortit, s'avança vers le lit où était allongée Marie. Cette chose retroussa les couvertures au niveau des pieds de Marie, observa ces petits bijoux. Et alors qu'un tentacule du Croque-Mitaine commença à chatouiller au niveau des orteils, la jeune femme se mit à pleurer en silence. Tout comme la musique de Schumann est une musique qui dit « pourquoi ? », la vie entière de Marie Schumann se résume à cette même question : pourquoi ? Est-ce le prix à payer pour avoir osé fouiner dans les affaires du paternel dans sa jeunesse, des chatouilles sous les pieds, toutes les nuits, pendant douze ans, au point d'en perdre la raison et de finalement marcher sur les pas de Schumann père ? Düsseldorf, minuit. Une jeune femme répondant au nom de Marie Schumann riait à gorge déployée, tandis que tout le personnel de l'asile psychiatrique croyait à une crise de démence habituelle, banale. Pourquoi ?
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RAWHIDE - il y a 14 ans
Une fin qui correspond parfaitement au reste de l'intrigue et que j'adore...Enviant presque le Croque-mitaine!! Bravo...
