Histoire : Les Soldats de la Vérité

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Histoire
  • Les Soldats de la Vérité


Histoire ajoutée le 07/12/2014
Épisode ajouté le 07/12/2014
Mise-à-jour le 03/07/2021

  • Kenshira Avatar
    Kenshira - il y a 11 ans

    Bon alors, pour l'orthographe, ce n'est pas si terrible que ce que tu laissais penser... temporellement, on est ou ? J'aurais tendance a dire dans un futur proche , vu que tu parlais de scientifiques, mais je ne jurerais de rien...

    Par contre, je serais curieux de voir comment tu vas justifier cet a priori omnipresence du tickling dans les pensees... ca ne va pas vraiment en accord avec religion, dans le principe.

    Et pour finir, ce qui en est de la situation geolopolitique... je doute que le pape ait tout le monde a sa botte, la maintenant, donc... continue, j'attends de voir la suite, en tout cas :)


  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Merci tout d'abord pour ton commentaire constructif ;) Alors pour le contexte : nous sommes au Moyen-Age, et je m'efforce au maximum d'eviter les anachronismes, bien que ce soit parfois complique, je m'excuse au passage si j'en ai fait ^^
    Les scientifiques ont toujours ete des scientifiques il me semble, mais peut-etre les appelait-on differemment a l'epoque. N'oublions pas que je parle d'un milieu aise et favorise par l'influence religieuse, les Soldats ont acces a toute la connaissance de l'epoque ;) Dans cette histoire nous essayons avec Balokabi de developper une vision de l'Eglise catholique de l'interieur, celle d'un groupuscule bien particulier, dont la raison d'etre est de rester le plus possible secret, tout en s'imposant aupres des gouvernements. Le tickling etait utilise en Chine (au Moyen-Age d'ailleurs me semble-t-il) afin de ne laisser aucune trace sur les nobles que l'on interrogait. Ici le principe est le meme. Bien qu'il y ait le fait que le tickling soit une passion pour la plupart des Soldats, il s'agit egalement d'un devoir vers lequel on les pousse des leur plus jeune age, leurs superieurs ayant juge cette methode plus efficace afin de faire parler les gens qui sont interroges (je ne vais pas devoiler pourquoi maintenant, sinon je vais spoiler ^^).
    Encore une fois, desole pour les accents :/


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Comme ça, pour un premier chapitre, c'est assez sympathique. Ton héros est parfois très direct, mais j'avoue que cette ambiance de complots et de recherche de la Vérité, avec le mystère autour du Prêcheur, moi, ça me botte !

    Par contre, j'avoue que poser l'utilisation de la torture par les chatouilles dès le départ comme allant de soi, j'avoue trouver ça un peu artificiel : ce n'est pas une forme d'interrogatoire très courante. Bon, comme tu annonces la couleur dès le départ, et que dans ta réponse à Kenshira, tu sembles indiquer qu'il y a une raison réelle derrière, allons-y ! :)

    Je suis curieuse de connaître la suite, en tout cas. Et pour ce qui est de l'époque historique, si jamais ce n'est pas une reproduction parfaite, ce n'est pas grave. Il y a effectivement eu des scientifiques depuis trèèèès longtemps, donc ce n'est vraiment pas un problème.

    Continue, jeune ;)


  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Merci beaucoup ;) Je suis conscient du fait qu'introduire le tickling des le premier chapitre dans l'histoire etait peut-etre un peu premature et peut paraitre artificiel :) En realite l'idee generale qu'on a est complexe et j'avais peur que les gens se demandent dans quoi je m'embarque, et ne voient pas le lien entre le tickling et ce que je racontais ici. C'est pour ca que j'en ai parle directement en creant un lien etroit entre le tickling et les Soldats : pour que l'histoire ait directement "sa place" sur ce forum dedie aux chatouilles (ceci n'a pas vocation d'etre pejoratif pour qui que ce soit je tiens a le preciser :) ).


  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Merci beaucoup tout d'abord ;) Balokabi est mon meilleur ami :) Il compte se creer un compte (mais n'est-ce pas deja fait ? Je suppose que non si tu me poses la question ;)) ^^ Cependant je ne suis pas sur, au vu de ses disponibilites restreintes, qu'il parviendra a fournir un travail regulier :) Je vais donc probablement continuer seul, ce a quoi je ne m'attendais absolument pas, mais c'est la vie ^^


  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Voici donc le second chapitre de mon histoire, j'espere qu'il reglera quelques petits soucis scenaristiques, et qu'il vous plaira, avant tout. Bonne journee, ou bonne soiree :D

    Chapitre 2 - Dans le vif du sujet

    "Je ne tiens mon journal que maintenant car des événements inattendus sont venus perturber la vie du château, bien que je sois conscient du fait que tenir un journal de manière quotidienne est l'un des prérogatives essentielles du practicien en mission : l'encre avec laquelle nous écrivons est spéciale et seul un membre de l'ordre peut la lire, ainsi nous ne perdons presque jamais les informations récoltées, même si le practicien meurt. Nous sommes actuellement assiégés de toutes parts, et je n'ai du qu'aux réflexes acquis lors mes longues heures d’entraînement de ne pas me faire embrocher par une flèche perdue pas plus tard qu'il y a une heure dans la cour principale. Le Roi est évidemment très occupé. Je ne m'attendais pas a ce que le royaume de France soit si faible, je ne suis pas habitue a la faiblesse. Chez nous la seule vraie faiblesse est celle de l’échec.

    Les Grands Maîtres qui m'ont confié mon ordre m'avaient au contraire dit que la France était une grande puissance. Les barbares ont tout même réussi a entrer si loin dans les terres... Cela m'intrigue. Quelqu'un leur aura facilite le passage, et qui, sinon les pays voisins, qui auraient un intérêt a participer a la destruction d'un royaume prospère, et donc en concurrence avec le leur ? Je creuserai de ce cote-la aussi : la France est l'un des pays les plus fervent dans son suivi des règles édictées par l’Église. Si des pays représentent un danger pour la foi des croyants, censés suivre comme le fait la France, je me dois d'envoyer par pigeon un rapport d'urgence a Rome : les prochaines mesures risqueraient de déclencher une guerre.

    J'aurais voulu me battre mais mon rôle ici est d'honorer ma famille. Mon rôle principal est de récolter le maximum d'informations possibles sur les rebelles opérant en France, et de savoir si des événements anormaux (de l'ordre du magique) y ont eu lieu récemment. Je peux probablement commencer par tirer profit des événements afin de soutirer des informations aux courtisanes du Roi (je sais de source sure que plusieurs d'entre elles partagent sa couche régulièrement), peut-être sauront-elles en plus quelque chose sur ceux qui se font appeler les Ombres, sur ses intentions a mon égard : il ne m'a pas semble très avenant au premier abord, plutôt condescendant et méfiant.

    C'est normal : notre ordre est peu connu et nous avons toujours tire avantage de cette ombre menaçante qui planait sur nous : nos méthodes peu orthodoxes ont toujours profondément surpris tous ceux qui en ont entendu parler, mais n'ont fait rire que ceux qui ne nous connaissent pas vraiment : le monde entier sait que nous sommes la et que rien ne nous échappe, et a quel point nous pouvons être dangereux. Nous sommes la main armée de l’Église la plus officieuse, cependant les mythes colportes sur les Soldats sont nombreux. Nous sommes surtout connus pour notre rôle d'espions et d'assassins, rumeurs colportées par les quelques personnes de marque que nos praticiens ont eu l'occasion de torturer, ou par les quelques témoins sortis vivant d'un combat contre un Grand Maître. Les Grand Maîtres sont des guerriers-nés. : ils tuent, ils disparaissent, ils retuent. Ce sont cependant également des personnes extrêmement cultivées, capables d’être pragmatique et efficace en toute circonstance.


    Depuis le nuit des temps, les humains sont chatouilleux, chacun avec sa propre sensibilité.
    Si nous nous sommes tournés vers cette méthode de torture, c'est parce qu'elle nous est propre et parce que nous sommes les seuls a en faire la méthode de torture la plus efficace au monde. Chatouiller quelqu'un, lorsque la chose est exécutée par un individu normal, peut s’avérer aussi efficace qu'inutile en fonction de la sensibilité de la victime. La sensibilité n'est pas un problème pour les Soldats.
    Notre ordre est béni, de trois règles spécifiques a notre sang. A la création des Soldats de la Vérité, selon la légende, un Ange Originel en personne serait venu les trouver, leur expliquant qu'il avait une grande mission pour eux, un projet qu'il leur incombait de mener a bien. Il fit selon le texte trois dons aux Soldats. Je les connais par cœur, c'est mon passage préféré du Livre de la Vérité, notre bible : « Chaque vrai Soldat possède le Don de Vision : votre vue est améliorée, et vous verrez dans la nuit les plus obscures, ainsi vous serez plus a même de trouver les ennemis de la cause.  Chaque vrai Soldat possédera un toucher magique, tout ceux qu'il touchera verront leur sensibilité aux sensations tactiles augmenter considérablement : cela vous permettra d'obtenir les informations dont vous aurez besoin de manière gracieuse, douce, mais ferme et efficace, car n'oubliez jamais que Dieu fut aussi cruel. Chaque vrai Soldat possédera une particularité unique, un cadeau octroie a sa naissance, un Don divin : les femmes, les hommes, tous auront leur capacité unique.»
    Ces capacités, on les découvre généralement a l'age de treize ans, tout d'un coup, bien qu'elles aient toujours fait partie de nous. Lorsque la mienne s'est imposée a moi, j’étais dans les rues de Naples a me bagarrer comme un vulgaire chiffonnier. Mes amis et moi perdions, et il me fallait me relever après un coup de poing en pleine figure qui m'avait beaucoup sonné. Alors je me relevais, tous les sons me parurent paru soudainement assourdissants. Je me retirai dans un coin, abandonnant mes amis a une défaite certaine. Peu a peu, en quelques minutes tout au plus, les sons firent partie de moi. J'appris a les apprivoiser, a les écouter, et a apprécier leurs notes mélodieuses. Lorsque je revins dans la bagarre, j'avais change. Les sifflements que produisaient les mouvements de mes adversaires sonnaient si clairement a mes oreilles que je trouvais d'une facilite déconcertante de les esquiver. Lorsque je frappais, un garçon s’enroulait. Si bien qu'il ne resta bientôt plus que moi, tout fier de ma victoire, avec mes amis qui me portaient en triomphe : j’étais peut-être le dernier de la bande a avoir découvert son talent, mais celui-ci n’était pas des moindres.

    Les garçons contre lesquels nous nous battions le plus souvent faisaient partie d'une famille rivale a la mienne, les Barcelotti. Chez les Soldats, si la fraternité est une valeur pour certains, la trahison et la lâcheté sont des lois pour d'autres. Ma famille est l'une des plus influente au sein du Sénat, l'institution composée des Soldats dont le don est mineur, mais qui possèdent tout de même une culture suffisante pour participer aux Hautes Décisions. Cela ne plaît pas a beaucoup de gens, qui voudraient prendre notre place. De plus, les connaissances de mon père et le talent de ma mère sont jalouses par beaucoup de famille, mais les Barcelotti sont les pires : ils ont même été impliques dans une tentative d'assassinat contre mes parents. Ils ont forme une sorte de clan avec deux autres grandes familles italiennes, une de Turin et une de Milan. Tout ce groupe n'est que complot, meurtres, coups bas, et traîtrises ignobles. C'est la portion de Soldats la plus véreuse, malsaine, violente et méchante. Les gamins dans les rues de Naples étaient des mendiants pour la plupart, menés par le fils unique des Barcelotti. Son talent est de montrer ce qui est invisible par la volonté. Étonnant pour quelqu'un dont la vie par la suite n'a été que la continuité de ce que ses parents faisaient avant lui. Malheureusement depuis quelques années, leur poids au sein des Hautes Décisions a augmente : mon père place beaucoup d'espoirs en moi afin que je restaure un équilibre chez les sénateurs.

    Seulement pour y arriver, il faut que je réussisse les missions que l'on m'assigne. Bien que mon talent soit probablement l'un des plus puissants jamais vus chez un Soldat, je n’échappe pas a la règle. On n'est promu au rang de Grand Maître qu’après avoir accompli ses trois Grands Actes : réussir le formation de practicien (réunir des informations importantes, de maniéré efficace pendant un an), effectuer son premier assassinat de marque sans indications sur la position de la victime, ou sur la victime en elle-même, et battre en duel son propre tuteur. Ces taches sont ardues, et demandent beaucoup d'investissement et de temps. J'y parviendrai un jour, mes capacités m'ont déjà permis de me tirer de beaucoup de mauvais pas.

    J'entends a l'instant mon nom se crier a l’extérieur de ma chambre. Il faut que j'aille voir. Peut-être combattrai-je, cela me détendrait. Je bouillonne d’énergie depuis ce matin, et rien, pas même l’entraînement ne me défait de cette soif de sang. Allons tuer quelques barbares avant une bonne nuit de sommeil. J'aurai les idées plus claires."


  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Pour information du coup, Balokabi redigera peut-etre une partie de l'histoire un jour, mais ses disponibilites ne lui permettent pas de le faire actuellement :)


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans
    Alors... Je n'arrive vraiment pas à apprécier ton personnage. Bon, après, c'est juste une histoire de goûts personnels, mais je le trouve très cruel, insensible aux autres, vaniteux, vindicatif, et il ne donne même pas un ou deux petits éléments qui permettraient malgré tout de le trouver attachant. Tu me diras, c'est peut être l'effet voulu. Ensuite, par contre, on cerne un peu mieux ces Soldats de la Vérité, qui me font penser à un ordre fanatique religieux. Mais tu veux dire que ces capacités se transmettent de générations en générations ? Et on ne peut pas en faire partie sans avoir un membre de sa famille, du coup, si j'ai bien suivi ? Par contre, je ne comprends toujours pas quel est le but des Soldats de la Vérité. Ils se battent contre des forces obscures, mais lesquelles ? Suspense... Bref, je vais continuer à te lire, en tout cas, tu fais un bel effort d'écriture.

  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Salut ! ;) Alors du coup pour mon personnage ce que tu as remarque est vrai :) Mais c'est voulu :P En fait je le voulais arrogant et superieur pour que plus dure soit la chute, si chute il y a... X) Mais je ne vais pas spoiler :) C'est vraiment gentil de lire ce que j'ecris, car j'ai conscience que ce que je fais est loin d'etre ce qui se fait de meilleur :) En tout cas, pour les Soldats, leur objectif de maniere generale (je l'ai explique dans le chapitre 1) est de retrouver Dieu. Et ca non plus je ne vais pas l'expliquer maintenant :) Sinon pour les capacites speciales, elles sont specifiques a chaque individu. Il est necessaire d'avoir au moins un parent de sang de Soldat pour avoir le Don : c'est hereditaire ;) Voila voila ^ ^


  • Kenshira Avatar
    Kenshira - il y a 11 ans
    En fait, moi, j'ai l'impression que pendant la moitie du chapitre, il disait qu'il etait trop un beau gosse et que les autres etaient jaloux, pour shematiser a outrance. Puis il nous rabache des rebelles dont on a pas vu le bout du nez... sur ce point, je sais que ca va venir, mais tarde pas trop, les personnages dont on dit qu'ils sont puissants mais qu'on voit jamais en oeuvre, c'est assez enervant. Et inutile de te dire que je n'ai pas vraiment aime la seconde partie tout court... le plus reste la forme, comme dit Chinow. Je suis assez mitige sur ce chapitre, donc.

  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Avant tout je tiens a vous dire que j'ai essaye de prendre en compte vos remarques, Kenshira et Chinow. J'espere que ce chapitre sera meileur ;)

    Chapitre 3 – Amnesie

    Traor se reveillait. Puis sous l'effet de la douleur il se rendormait. Il ne savait pas depuis combien de temps ce cycle se repetait, il ne savait pas ou il etait, ni comment il y etait arrive. Dans ses quelques instants de lucidite fusaient une angoisse : « Le journal ! Le journal! ». Quel journal ? Douleur, lumiere aveuglante. On l'avait detache, souleve, et maintenant il sentait le monde, lumineux a outrance, tourner autour de lui. Ses esprits lui revenaient peu a peu, alors qu'il essayait de se souvenir qui il etait. Il ne se rappelait plus. Il ne savait plus. « Le journal ! Le journal !! » criait sa conscience, a qui il intima l'ordre de se taire definitivement. Les cahots du deplacement le forcerent bientôt a se reveilleur totalement. Il sentait encore sa tete tourner mais il arrivait de mieux en mieux a se reperer : il pouvait sentir les bifurcations des personnes qui le portaient, gauche, droite, droite etaient les seules qu'il avait pu memoriser. Il entrouvrit progressivement les yeux et, petit a petit, retrouva une vue correcte. Il etait dans un château vraisemblablement. Grand. Des colonnes grecques soutenaient le plafond de la grande salle qu'il traversait actuellement. Des fresques religieuses etaient peintes sur les murs, sur le plafond. Qui etaient ses ravisseurs ? Car il semblait bien, vu la facon dont il etait ligote, qu'il etait prisonnier. Son nom... Qui etait-il ? Un sentiment de profonde tristesse l'envahit, un sentiment humain, un sentiment de desespoir. Il n'avait rien fait, pourquoi s'en prenait-on a lui ? Il n’était rien. Traor se sentait comme un animal enferme dans une cage, et comme si cette cage était son esprit. Et elle semblait indestructible.

    On le posa – jeta serait plus approprie – au sol, dans un coin. Il avait decide de garder les yeux fermés, afin de récolter le maximum d'informations. Peut-être ces personnes allaient-elles dire quelque qui lui permettrait de retrouver la mémoire.
    Le premier garde discutait avec ce qui ressemblait a un homme encapuchonne :
    - C'est un jeune practicien prometteur. Le maître veut qu'il parle, il veut tout connaître de lui : le nom de son tuteur, de ses parents et des informations sur les Soldats . Il prépare un grand coup. Nous l'avons capture lors du siege de Paris.
    - Qu'avez-vous fait ensuite ? Et les mercenaires ?
    - Probablement morts. Nous n’étions la-bas que pour lui. Les mercenaires sont des chiens assoiffes de sang sans coeur. Nous leur avions offert une chance de se racheter avant le retour du Seigneur Ils n’étaient que l’appât. Nous les avons déguisés en Desctructeurs, et il a fonce tête baissée sur eux. Il s'est tellement enfoncé dans leurs lignes qu'il s'est retrouve encerclé. Nous n'avons eu qu'a l'assommer.
    - Et le journal ?
    A peine avait-il commence a prononcer ce mot que le soldat posa sa main sur la bouche de l'homme :
    - Ne reparle plus jamais de ca, ou nous serons tous les deux pendus ou pire. Tu sais ce qu'on dit, a quel point le maître deteste l'echec. Il n'aime pas que ses hommes le decoivent. Tu paierais cher cette defaite, et moi aussi.
    L'homme acquiesça d'un air grave et entendu. Le garde et lui sortirent bruyamment, claquant la lourde porte en ferraille derrière eux.

    Traor regarda avec étonnement son environnement. Il était dans le coin d'une salle de taille moyenne, dans laquelle etaient entreposes tout un tas d'instruments bizarres dans de grandes etagerees, et meublee uniquement avec de grandes tables et une chaise qui comportaient des anneaux de fer, probablement destines aux chevilles et aux poignets des victimes. Il l'avait vite compris : il était dans une salle de torture. Des images lui revinrent : lui en train de tenir une plume, lui en train d'observer des filles de loin, trop timide pour leur parler, lui courant pour échapper aux tomates pourries que ces filles lui lançaient, lui hurlant qu'il était laid et qu'il fallait qu'il ait une odeur a la mesure de sa beauté, lui recroqueville sur le sol après une correction, lui recevant une lame courte et courbe, qui brillait de manière malsaine, et ressemblait a une sorte de poignard sous les ovations d'une foule. Les images s’arrêtèrent. Elles ne l'aidaient en rien, le jetant encore plus dans le vague. Le mal de crane dont il souffrait s’était aggravé. Sa tête le lançait soudain de manière horrible alors qu'une voix ricanait vaniteusement : « Il ne peuvent rien contre toi. Ils n'ont pas la Benediction. ». Quelle Benediction ? Il voulait mourir, exaspéré, angoisse et tourmente par tous ces doutes, toutes ces choses qu'il ignorait, et qui semblaient pourtant faire partie de lui-même. Des larmes coulèrent sur ses joues - « Tu n'es qu'un bon a rien mon fils. Tu seras toujours pitoyable » -. Les voix qui resonnaient dans sa tete avaient vraisemblablement décidées de le tourmenter elles aussi - "Les larmes sont pour les faibles. Et nous ne tolèrons que la force. Tu dois être parfait, tu dois être notre arme. Tu dois être le meilleur. ». Comme si les récents événements ne suffisaient pas. « TOI ! Que fais-tu ici ? Tu sais ce qui t'attend... ». Cette voix d'homme lui inspirait la peur, comme si elle était ancrée en lui comme une marque au fer rouge sur la peau. Traor transpirait, son front perlant de sueur, ses yeux commencant a se revulser. « Votre humanité ne vous sera d'aucun secours lorsque votre première mission vous sera attribuée ! Soyez durs, car celui qui se trouvera en face de vous ne vous laissera pas le loisir d'y réfléchir posément. » - « Vous pouvez commencer l’expérience.» - « Prends soin de toi mon frère. Un jour, nous serons les meilleurs Grands Maîtres que notre ordre ait connu.» - « Nous dominerons le monde. » - « Trouve ces rebelles. Ou tu le regretteras... ». Le cri de Traor résonna longtemps dans toute la pièce. Les voix se mirent a chuchoter, puis disparurent. Lorsque le jeune homme cessa de lutter pour rester conscient, tout devint noir.

    - Eh bien eh bien eh bien, voilà qui est fort intéressant jeune homme, dit une voix calme et puissante.
    Un sursaut agita Traor, une sensation électrique avait parcouru tout son corps. Il ouvrit les yeux. Il était sur la chaise qu'il avait remarquée plus tôt, en face d'un homme vetu d'une robe rouge et blanche, avec une couronne haute de forme, en or. Son visage lui etait totalement inconnu. Un visage aux traits doux, avec des yeux durs et mefiants mais dans lesquels brillait la gentillesse, un front large et des cheveux blonds, et un menton assez pointu, ce qui lui donnait un port de tete altier. L'homme scrutait le jeune homme, comme pour essayer de deviner ce que ce dernier pensait.
    - Ou suis-je ? , tenta Traor.
    - Ou tu es, cela n'a pas d'importance. Mais qui tu es, oui. Non, non, ecoute. C'est moi qui pose les questions. Dans ton sommeil, tu parlais de tes parents, tu disais ne plus savoir qui tu etais. Cela retarde fortement mes plans et j'ai besoin que ta memoire revienne rapidement si cela est vrai. Qui es-tu ?
    - Je ne sais pas, fit Traor en baissant la tête de honte, je ne sais plus...
    La phrase s’était finie dans un murmure, comme un souffle désespéré.
    Soudain, des sensations nouvelles envahirent le corps de Traor. Il se tendit alors que des fourmillements faisaient rage au niveau de ses pieds. Il riait, sans savoir pourquoi, alors qu'il n'avait pas du tout la tete a cela, sans pouvoir s’arrêter. Il sentait une matière souple et soyeux passer entre ses orteils, et effectuer des mouvements de va et vient. Il subit ce traitement pendant dix longues minutes, dix minutes pendant lesquelles il se tortilla, finissant par hurler de rire a chaque passage de la plume. Lorsqu'elle s’arrêta, il reprit son souffle en catastrophe et leva vers l'homme un visage implorant.
    - Je sais que tu dit la vérité, fit l'homme, coupant court a toutes suppliques éventuelles, tes rires surpris et le vide dans tes yeux m'ont confirmé ce que je craignais. Sais-tu qui je suis ? Qui tu es ? Sais-tu pourquoi tu m’intéresses ?
    - S'il vous plaît, ne me touchez plus, je ne sais rien, je ne suis rien, je ne peux pas vous aider. Dites-moi juste qui je suis avant de me tuer, que je meure en humain digne.
    L'homme sembla s'adoucir. Il soupira, puis hocha la tete avant de s'expliquer :
    - Tu te nommes Traor. Tu fais partie de la société secrète que je combats, les Soldats de la Vérité, dont le but est de détruire toute forme de décisions arbitraires chez l'homme, afin d'assurer un contrôle complet a l’Église sur le monde. Leur but ultime et secret est de retrouver Dieu, qui a crée ce monde ainsi que les Anges pour ensuite disparaître sans laisser de trace. Pour y parvenir, ils se sont spécialisés dans l'espionnage, afin de garder un œil sur les événements du monde, mais également afin de nous empêcher de contrarier leurs plans. Les Soldats sont des descendants de scientifiques qui travaillaient principalement sur l'anatomie humaine : suivant les directives de leur Ange, ils utilisent une technique d'interrogatoire que théoriquement eux seuls maîtrisent, la torture par les chatouilles. Ce dernier point a toujours été faux et tu viens d'en faire l’expérience.
    Le mal de crâne reprit alors que les souvenirs se faisaient plus précis. Oui... Traor. Il venait d’être promu practicien lorsqu'il avait été capture par les sbires de cet homme. Il se souvint de son enfance, de l'amour qu'il avait alors pour les autres, des moqueries, du mépris qu'il avait reçu en retour, de la haine qui avait grandie en lui a force de violence et de pression, et l'avait transforme en cette machine d'arrogance et de suffisance, ce monstre obsédé par l'ascension sociale au sein des Soldats qu'il était devenu. « Le journal ! Le journal ! ». Cette exclamation prenait alors tout son sens. Il avait échoué : son journal de mission, contenant des informations confidentielles a l’égard des Soldats, n’était pas a l'abri. Il avait oublié de le cacher avant de partir au combat, et ce faisant, il avait trahi la confiance de ses frères en les exposant au regard du monde entier. Alors que les souvenirs remontaient douloureusement, Traor savait pertinemment que plus jamais il ne serait le même. Il ne pouvait s’empêcher cependant de se poser des questions. Comment cet homme avait-il pu le chatouiller ? Les Soldats, si ses souvenirs étaient exacts, n’étaient-ils pas immunises contre ce type de torture, grâce a l'Ange ? Seul un autre Ange originel pouvait, selon les textes, annuler les effets de la Bénédiction.
    - Mais... , commenca-t-il.
    - J'ai des raisons de penser que tu es l' Élu, le coupa l'homme, la puissance qui me manquait afin de liberer les humains. Selon moi, tu es celui que les Gardiens definissent comme "l'Homme qui entend". Le dernier demi-ange. L'Harmonisateur.
    - Je n'y comprends rien... Mais qui êtes-vous exactement ?
    - Ah mon garçon... Il y a tant de chose que tu ignores. J'ai plusieurs noms, mais on m'appelle souvent Belzébuth, le Diable, roi de ceux que l’Église appelle les Démons. Ceux que tes pairs appellent des rebelles sont en réalité mon armée humaine, et on les nomme les Destructeurs.


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Alors là, par contre, j'ai pas mal accroché pour ce chapitre ! L'histoire devient vite plus complexe et plus intéressante. On se rend compte de toute la doctrine qu'on a mis dans la tête de ce jeune, et qu'il a complètement été formaté.

    Par contre, je suis curieuse de savoir comment il a perdu la mémoire.

    Et pourquoi les méchants deviennent les gentils.

    Bref, je vais continuer à te lire ;)


  • Alpha197 Avatar
    Alpha197 - il y a 11 ans

    Merci, je dois avouer que ce chapitre m'a donne du fil a retordre, parce que je devais composer avec ce que j'avais deja ecrit et ne pas me contredire ^ ^ En tout cas je suis content que ca t'ait plu, et je suis content aussi si j'ai pu surmonter les difficultes qui se sont ressenties dans mes chapitres precedents ;) C'est comme ca qu'on progresse, en tombant et en se relevant :)


  • Hasana Avatar
    Hasana - il y a 11 ans
    Vivement la suite !