Histoire : [Histoires inspirées] 3:Faites place à la reine

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Histoire
  • [Histoires inspirées] 3:Faites place à la reine


Histoire ajoutée le 10/01/2015
Épisode ajouté le 10/01/2015
Mise-à-jour le 03/07/2021

  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans
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  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Mouahahahaha ! Je vous avez prévenu :p

    Mais j'ai fais un peu du personnalisé aussi, et surtout assez ouvert. Je n'attends plus que vos offrandes, écrivez, écrivez ! :D


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans
    N'oubliez pas que Chinow doit aussi apparaitre dans l'histoire, l'occasion de vous venger de ses conditions :P

  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Non, moi, je suis le chat. :xp:


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans
    sa ce n'est pas précisé dans les règles :P

  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    ... tu sais que je l'avais précisé au départ, en plus ? Avec tous les échecs d'envois successifs, comme j'ai dû le réécrire souvent, ça a du passer à la trappe.

    Je me déteste >< :etmince:

    Mais bon, c'est le seul truc que j'ai oublié, alors je ne m'en sors pas trop mal ^^'


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans
    C'est pour sa que sa passais pas, le système refusais que tu sois le chat :P

  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans
    J'étais contente avec la première règle lol après il me faut une lampe à huile et un homme qui chatouille une femme c'est ça ? Et du coup le dernier j'ai pas trop suivi ^^ il faut que j'ajoute scrat à mon histoire ? Ca demande réflexion ^^'

  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Alors Coco si j'ai bien compris ton histoire devra contenir un chat, une lampe à huile, une scène où une femme chatouille un homme, ainsi que Scrat.

    Bon courage ! :D


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans
    Je demande confirmation c'est pour ça ^^'

  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans

    ton histoire devra contenir un chat, une lampe à huile, une scène où une femme chatouille un homme, ainsi que Scrat et Chinow :)


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Mais non, Chinow c'est le chat :p


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans

    Sa sa dépends moi chinow ne sera pas le chat :)


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    à chinow en plus ^^ c'était pas une blague lol

    J'ai une idée de fou ! :lol:


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Je me suis trop fait avoir, en fait. Pierreanne, tu n'es qu'une sale bête. :xp:

    Moi, je suis le chat. Je dénie toute apparition humaine de moi dans vos histoire, na !

    Mais oui, Coco, tu devras écrire une histoire avec Scrat :lol:


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    ( On peux changer de photo de profil :p )

    Bon défi accepté ;)


  • pierreanne Avatar
    pierreanne - il y a 11 ans
    T'a beau être la reine chinow c'est moi qui fais appliquer les règles ici et je ne vois nulle part préciser que tu doit être le chat :P

  • Kenshira Avatar
    Kenshira - il y a 11 ans
    Heureusement que Chinow est pas le chat...je serais incapable de concilier le fait qu'elle le soit, et de ne pas trop le mettre en pièces.... heu, le toucher.^^

  • RAWHIDE Avatar
    RAWHIDE - il y a 11 ans
    J'envisageais de reprendre le clavier pour une histoire mais avant va falloir que je note les règles à respecter...

  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Vous êtes tous de petits joueurs, quand même ! :D

    Vous admettez donc ma supériorité, et le fait que vous êtes incapables de respecter ces règles ? :rouleyeux:


  • volta Avatar
    volta - il y a 11 ans
    Quel homme, mais quel homme! Un charmant croisement entre Victor Hugo et un des illustres inconnus qui écrivent pour le magazine &quot;Union&quot;. GMf je suis enchantée que tu ai accouché douloureusement de la suite de ton histoire, c'est réussi! Maintenant je soulève l'idée d'en réaliser un court métrage! Avec un casting TKFR! (comme ça on fera de l'ombre au gros barbu de frenchTickling) (hihihi)

  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Et bien, ça valait la peine d'attendre ! :D

    C'est juste excellent. Tout simplement. Ton histoire est cool, dude, elle est magnifique !

    En tant que reine de ce topic, je déclare solennellement que tu as bien respecté toutes les obligations qui était les tiennes. En ce sens, je te sacre chevalier, et ta première mission sera de collaborer avec Volta pour l'écriture d'un scénario, et en faire un vrai film ! Je suis même prête à vous donner un coup de main, les jeunes !

    Au niveau de la mise en forme, on voit que tu maîtrises de mieux en mieux le format de l'écriture, malgré quelques petites maladresses. Tu t'améliores à une vitesse impressionnante, et je n'ai quasiment que des compliments à te faire.

    Au niveau du fond, c'est du bon, du très bon ! Tes personnages sont juste excellents. J'aime la façon dont chacune de leur rencontre se termine, comme leur relation évolue, j'aime ce Policier, quelque part, qui reste fidèle à ses convictions, et tout en étant visiblement un homme de bien, devient le méchant de l'histoire. J'aime Loup. Mais je crois qu'on aime tous Loup. Loup est la classe incarnée, le prédateur mystérieux, mais aimant derrière les crocs. J'aime encore plus Rouge, qui est finalement mon personnage préféré. Elle est juste excellente. J'aime sa richesse, ses contradictions, et la façon dont elle choisit de vivre pleinement ses désirs.

    J'aime ton histoire.


  • NekoMajin Avatar
    NekoMajin - il y a 11 ans

    Woooooh Gatsby! Allezzzz! :)

    Bon, bien joué mec, cette suite est chouette.

    Faudra sortir le costume Hugo Boss pour le rôle de Loup!;)


  • Hasana Avatar
    Hasana - il y a 11 ans

    Ce Loup, il est tellement classe !!! C'est de loin mon personnage préféré, j'aime bien Rouge aussi mais Loup... :p

    J'aime beaucoup la façon dont tu écris, et j'espère vraiment qu'il y aura une suite !!! Je veux absolument voir comment ils vont pouvoir se retrouver alors que Loup est blessé et recherché...
    Je n'ai qu'un chose à dire : La suite, La suite, la suite !!!! :lol:


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    Très bien écrite et très sympa à lire :) On est avec tes personnages ;)


  • Kenshira Avatar
    Kenshira - il y a 11 ans

    Bon ben je l'ai relue plusieurs fois, et dans son genre, c'est juste excellent. On est vraiment avec tes personnages...

    Mais j'ai bien aimé le fait que le Loup se prenne une balle, ca montre que ça reste réaliste... Même si ce policier alakon comprend pas ce que veut Rouge. Comme Chinow, je l'aime pour ses contradictions. Et Loup, juste parce qu'il est la classe incarnée dans cetêt histoire. :)

    A quand la suite ? :p


  • Hasana Avatar
    Hasana - il y a 11 ans
    Dommage, moi j'aurais bien lu une suite...!

  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Mais c'est super sympa, tout ça ! Et t'as réussi à tout caser, même le chat ! :lol:

    Franchement, je trouve que tu fais des progrès pour la mise en forme, même si, bon, je pense que tu peux encore t'améliorer. Mais l'histoire en elle-même, même si elle fait légèrement flipper, est très sympathique.
    Mais cette fin ! :choque:
    Pourquoi tant de violence ? Tu me diras, ça, c'est de la vengeance u.u

    En tout cas, j'ai franchement bien aimé ! :)


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    Je pense comme GML, tu devais être bien énervée en écrivant ça :lol:

    L'histoire est sympa à lire, manque un peu d'aération entre tes lignes, j'ai vu moins de fautes que d'habitudes (même si je ne suis pas forcément une référence pour ça ^^).

    On ressent bien les émotions de l’héroïne, à croire que ça te serais arrivé, du moins en pensée ;)

    Continue à écrire :)


  • Hasana Avatar
    Hasana - il y a 11 ans

    J'ai bien aimé mais l'ambiance était bien glauque effectivement ! Comment ça se fait que tu étais aussi vénère quand tu l'as écrit :p


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    Deux histoires en deux jours ^^ J'étais inspirée ...
    Je ne sais pas si ça plaira à tout le monde mais je me suis bien amusé à l'écrire :)

    Dans mon histoire il devait donc y avoir un chat, scrat, une lampe à huile et une scène où une fille chatouille un gars ;)




    Le nouvel album de Fall Out Boy à fond dans la voiture. Enfin de ce que je peux entendre vu qu’Alex se fait du solo de guitare et de batterie.

    Le tout en même temps et ce sans grand talent.

    J’essaie de me concentrer au maximum sur la route à bord de ma petite voiture chargée à bloc de tout notre nécessaire de camping.
    Alex n’arrête pas de se tourner vers moi un grand sourire aux lèvres et je me force pour lui répondre avec autant d’entrain, après tout c’est pour lui.

    Quelle idée j’ai eu ce jour !

    Pour ses 20 ans, Monsieur demande que quelqu’un l’accompagne pour une soirée en camping sauvage. Et moi cruche que je suis, je me porte volontaire.
    Alors que la nature et moi … Ce n’est pas que je n’aime pas ça hein ! Mais il y a un peu trop de bruit suspect et de bestioles pour moi.



    Nous sommes presque arrivé au bout de nos 3 heures de route, et le stresse (Pour moi) et a son maximum. Alex quant à lui ne s’arrête plus de parler, il semble heureux c’est le principal.

    Je trouve une place de parking et une fois la voiture déchargée, c’est nous qui sommes chargés comme des mules.

    Bizarrement c’est la tente qui prend le moins de place … Alex a voulu tenter l’expérience avec la nouvelle de Quechua qui se déplie en 5 secondes.

    On verra bien.

    Au bout d’une bonne vingtaine de minutes de marche nous trouvons une clairière dégagée, nous nous posons pour manger un truc et commençons à monter le camp.

    Enfin si on peut appeler ça un campement.

    - Dis Chloé, ça te va si on se partage le travail. Genre je vais chercher des branches pour faire du feu et je te laisse commencer à installer la tente ?

    - Et rester toute seule au milieu des bois ?

    - Ouai.

    - Non.

    Ma remarque l’aura au moins fait rire.

    Nous décidons de commencer par déplier nos affaires avant d’aller chercher le bois. Nous sortons avec difficulté la tente de son tout petit sac de rangement et Alex s’empresse de la jeter « pour tester ».

    - Attends ! On va faire comment pour la ranger après ? Tu as eu le temps de voir comment elle était pliée avant de la jeter ?

    - Mais tu te prends trop la tête ! On va trouver t’inquiète pas.

    - Hm …

    Nous nous battons ensuite avec les sardines, car Monsieur à oublier de prendre un marteau.
    Et planter des sardines en tapant dessus avec une casserole, bah c’est beaucoup moins efficace et surtout très discret.

    Une fois chose faite, nous installons de duvets et oreillers.

    - Pourquoi t’as pris 3 duvets ?

    - Il n’y a pas de chauffage ici. Et moi la nuit j’ai froid ! Lançais-je en lui en arrachant un des mains.

    - Tu oublies que je suis là pour te réchauffer. Lance-t-il en souriant.

    - Tu vas dormir dehors surtout.

    J’esquive de peu son oreiller, et nous continuons de nous installer.

    Vint alors le moment d’aller chercher du bois, Alex à l’air sûr de lui et n’arrête pas d’affirmer qu’il était scoot quand il était petit donc il gère.
    Si il gère …

    - Tu te rappelles où est le campement hein ?

    - Mais oui ! Fait mois confiance un peu.

    Je n’ajoute rien mais continue mine de rien de semer les gravillons que j’avais ramassé sur le parking.

    Toujours écouter les contes et légendes quand on est petits, on ne sait jamais quand ni pourquoi, mais ça sert toujours.

    Au bout de plusieurs regards circonspects d’Alex autour de nous et ce à plusieurs reprises, j’en conclus que nous sommes perdus. Et même si avec sa fierté il refuse de l’admettre, il est bien content que j’utilise la technique du petit poucet.

    De retour au camp, nous remarquons avec catastrophe que quelque chose ou quelqu’un a retourné toutes nos affaires.

    - Je t’avais dit de rester au camp ! S’emporte Alex.

    - Ha bas oui ! Comme ça tu te serais perdu dans les bois et moi je serais morte de froid en t’attendant ici, ça aurait été beaucoup mieux !

    Il n‘ajoute rien, et en faisant l’inventaire, la pression redescend au fur et à mesure que nous remarquons que rien ne manque.
    L’air commence à se rafraîchir et nous nous lançons dans l’allumage du feu.

    Un grand moment encore une fois.

    Monsieur maitre scoot s’évertue pendant vingt minutes à frotter deux bouts de bois ensemble, me rembarrant plusieurs fois avec mes allumettes.
    Chose qui commence à m’énerver sérieusement.

    Nous décidons donc de faire une course. Le premier qui allume SON feu, ne fais pas à manger ce soir.

    Pas besoins de plus motivation pour ma part, en trois allumettes et deux bouts de papier le tour et jouer. Alors qu’Alex galère toujours autant avec ses bouts de bois.

    La nuit est tombée maintenant et je me réchauffe comme je peux avec mon super feu de camp pendant que l’autre guignol n’abandonne pas. Au bout d’une bonne heure de friction de la fumée commence à apparaître.

    Enfin.

    - Regarde, regarde ! Lance-t-il.

    - Ouhou ! Aller maintenant arrête tes bêtises et commence à faire à manger, j’ai faim moi !

    - A partir de ce moment, tu m’appelleras « Prince des flammes ».

    - Mais oui ! Aller Prince des flammes, j’ai la dalle !

    Il commence alors à s’affairer aux fourneaux, quand un bruit beaucoup plus étrange que les autres me fait sursauter.

    - Qu’est-ce que s’était ?!

    - Mais rien ! Détends toi un peu, tu es déjà dos à la tente et devant le feu ! Que veux-tu qui t’arrives ?

    - Hm …

    Je scrute la nuit sans rien voir, puis me reconcentre sur notre super festin. Soit jambon en tranche, petit pois-carottes en boite et noix et noisettes pour le dessert.

    Un feulement sauvage se fait entendre, suivit d’un tas de branches qui craquent tout prêt de nous. Même Alex se redresse, quant à moi, je suis rentré dans la tente.

    Une bagarre de chat éclate en bordure de notre clairière, je manque de faire une crise cardiaque et Monsieur le scoot super courageux s’est rapproché de moi.

    Du moins nous espérons tous les deux que ce soit des chats.

    Cela dure au moins 10 minutes, quand un mouvement apparaît dans les branches.

    - Qu’est-ce que c’est ? Dis-je en chuchotant.

    - Je ne sais pas. Déclare-t-il sur le même ton.

    - Non ! C’est pas ça que tu dois dire ! Lâchais-je. Va voir !

    - Ca va pas non ! Vas-y-toi !

    - Poule mouillée !

    - Et c’est toi qui dis ça !

    - C’est toi le scoot. Lâchais-je.

    Durant notre embrouille semi-silencieuse la chose s’est rapprochée.

    - Oh c’est un chat ! Le pauvre, il faut le soigner regarde il boîte !

    J’entends Alex marmonner dans sa barbe alors que je sors de la tente.

    - Le touche pas, si ça se trouve il à la rage ou un truc du genre.

    - Mais non ! Il est trop beau, regarde.

    - Ah ! Parce que t’arrives à voir quelque chose avec le peu de lumière qu’on a ?! Lance t’il sarcastique.

    - Ne l’écoute pas petit chat, il est juste vexé parce que tu lui as fait peur …

    - Pfff.

    - Il a peut-être faim !

    Je prends un petit bout de jambon, et lui tend (Au chat)

    - Regarde il vient … Dis en chuchotant.

    - Je vois ça.

    Arrivé à quelques centimètres de ma main, le chat jette un petit coup d’œil vers Alex qui s’est rapproché puis un autre en direction de ma main.

    Et avant que j’ai eu le temps de réagir, il se jette sur nos tranches de jambon en vrac dans le paquet et se sauve.

    - Oh le con !

    Alex part en courant, renversant de l’eau sur le feu, insultant le chat de tous les noms possibles et me laisse seule dans le noir avec mon pauvre bout de jambon à la main.

    J’ai peur.



    Je mets quelques secondes à réagir, avant de repartir à la recherche de la tente et de trouver notre super lampe à huile !

    Bah oui, parce qu’un lampe-torche c’est trop cliché. Donc pour changer Alex à prit une lampe à huile !

    Je ne sais même pas comment ça s’allume !

    Si jamais il revient je le tue.

    Je reste bien dix minutes toute seule et commence réellement à avoir peur. De grands bruits viennent de la foret et se rapprochent.

    Maman …

    Alex finit par revenir écorché de partout, plein de boue et de branches. Oubliant ma panique, je cours vers lui et lui saute au cou.

    - Ne me laisse plus jamais toute seule ! C’est compris !

    - Mais … Le jambon !

    - Je m’en fous du jambon !

    On reste dans les bras l’un de l’autre plusieurs minutes puis nous décidons de rallumer le feu de camp. Bon c’est sûr qu’avec du bois mouillé c’est beaucoup moins pratique.

    Mais bon, Prince des flammes est lancé alors …

    Nous terminons ensuite nos petit-pois carotte froids et dégustons notre dessert.

    Un autre bruit en bordure de la clairière se fait entendre, je me tends comme un arc, prête à sauter dans la tente. Alex se rapproche de moi, sans oublier de prendre la nourriture avec lui cette fois-ci.

    Une boule de poils à moitié dépouillé apparaît.

    - C’est le chat qui revient ? Demandais en chuchotant.

    - Il a pas intérêt !

    - Il s’approche …

    En effet la bestiole s’approchait du feu, on aurait dit un écureuil mais obèse et très mal en point. Ce qui faisait le plus peur était son regard fou et ses petites pattes griffus.

    - C’est quoi ce truc ?! Demande Alex

    - Je sais pas, mais fais le partir !

    Alex commence donc à jeter ce qu’il a sous la main, c’est-à-dire des noisettes et des noix. La chose à l’air d’apprécier, les ramasse toutes et se sauve en courant.

    - C’est quoi cette foret de fou où tu m’as emmené ?!

    - Ça fera de bons souvenirs ! Déclare-t-il

    - Super ! Si on ne se fait pas bouffer avant …

    Passé 22 heures nous rangeons un peu le campement et nous enfermons dans la tente.

    Qui est vraiment toute petite !

    - Je t’avais dit que je te tiendrais chaud … Lance Alex en se collant à moi.

    - Attention à ce que tu fais !

    Je le repousse alors de toutes mes maigres forces.

    - Aïe.

    - Je t’ai fait mal ?

    - Je me suis bloqué le dos en courant après le chat tout à l’heure … Ce n’est pas très agréable.

    - Compte pas sur moi pour te faire un massage … Je ne sais pas faire.

    - Aller s’il te plait ! Si il faut que je te protège je serais mieux si je n’ai pas mal … Et puis ça ne pourra pas être pire.

    Je pèse le pour et le contre, en évitant son regard suppliant, mais finis tout de même par craquer.

    - Bon ok … Mets-toi sur le ventre.

    - Cool ! Merci.

    Et il enlève son pull et son T-shirt.

    - Woh ! Tu fais quoi là !?

    - Bah ce sera plus pratique comme ça non ?

    Il se moque de moi.

    Il s’allonge ensuite sur le ventre, la tête en appuie sur ses bras et je me mets à califourchon au niveau de ses fesses.

    Et là … Je ne sais pas quoi faire. J’effleure du bout des doigts toute la longueur de son dos et le sens se tendre.

    - Je t’ai fait mal ?!

    - Non, t’inquiète. Ca chatouille c’est tout.

    - Ah.

    - Faut juste que t’appuie un peu plus fort …

    J’essaie donc d’appliquer son conseil en appuyant plus fort.

    - Aïe. Doucement !

    - Pardon ! Bon, tais-toi et laisse-moi faire. Et puis si t’es pas content tu te débrouilles, ok ?

    - Ok. Dit il en rigolant.

    Je fais donc des pressions plus ou moins fortes suivant les endroits, laissant volontairement traîner mes doigts le long de ses côtes, me félicitant intérieurement de ses sursauts.

    Il a l’air de se détendre à force.J’entends au bout d’un moment sa respiration ralentir.

    Je rêve où il dort !?

    Je décide de le réveiller en douceur, je place donc mes mains de chaque côté de ses côtes et commence à le chatouiller.

    Sa réaction ne se fait pas attendre et me prend par surprise. Il monte violemment le dos et se jette sur le côté, me désarçonnant au passage.

    J’essaie de continuer mes attaques malgré ma position mais je me retrouve très vite en mauvaise posture. Alex et maintenant assit sur mon bassin, coinçant mes bras avec ses genoux.

    - Tu peux m’expliquer ce que tu faisais !

    - Apparemment mon massage était efficace vu que tu vas mieux !

    Il me lance un sourire carnassier et commence à me chatouiller le ventre

    - Non ! Attends !

    Un bruit sourd nous fait sursauter tous les deux, suivis d’un grondement terrifiant.

    Alex s’arrête, ses mains à quelques centimètres de mon ventre.

    - C’était quoi ? Lâchais-je.

    - Je ne …

    La fin de sa phrase est noyée par un déluge de pluie qui s’abat sur la tente. Il se risque à regarder dehors et c’est une véritable tempête qui nous tombe dessus.

    J’allais m’apprêter à faire une remarque quand je reçois une goutte d’eau sur le front ; Je me risque à regarder et m’aperçois avec horreur que la tente prend l’eau.

    Je pète un plomb, me jette alors sur Alex et le plaque au sol.

    - Plus jamais je ne ferais de camping avec toi ! Ni avec personne d’ailleurs ! On est perdu au milieu de nulle part, entouré d’animaux mutants et fou furieux, dans une tente de merde qui prend l’eau ! Je te jure que t’as intérêt à me faire un cadeau de fou pour mon anniversaire !

    - Ok …


    ...

    Voilà :)


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    C'était énorme ! On sent vraiment l'histoire comme si c'était quelque chose de vécu, j'ai adoré ! :)

    J'aime beaucoup toutes ces péripéties qui s'enchaînent pour finalement ne "rien" donner, elles sont juste là parce que, et bien, c'est la vie. C'est ce que j'aime, dans cette histoire : la fin n'en est pas une. C'est très ouvert, drôle tout le long, plein de vie, bref, j'aime beaucoup ton style d'écriture.

    Et les contraintes étant parfaitement respectées, je valide ton histoire ! J'ai beaucoup aimé l'introduction de la lampe à huile et de Scratch, au passage :lol:


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    Merci :) c'etait le but ^^
    Apres c'est plus ou moins du vécu pour ( ou pas :p )
    J'ai bien aimer me creuser la tête pour les contraintes, je rigolais toute seule en ecrivant mon histoire lol


  • Hasana Avatar
    Hasana - il y a 11 ans

    J'ai bien aimé cette histoire ;) ton style est très sympa à lire
    seul tout petit bémol, j'airais bien aimé un tout petit peu plus de chatouilles, mais bon sinon l'histoire est très cool !


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Bon, je suis à la maxi bourre, mais je me mets à les lire, j'ai un peu de temps ! Et je commence par la fin, donc j'ai lu l'histoire de Coco en premier.

    Et ce que j'en ai pensé, sérieux y a carrément matière à faire un sketch genre Un Gars, Une Fille avec cette histoire, j'étais bidonné tout le long ! :lol: Bravo !


  • RAWHIDE Avatar
    RAWHIDE - il y a 11 ans

    A mon tour de commenter avec retard...
    IgitJack: Assez effrayant avec cette vengeance extrême mais pourquoi pas ?
    Coco:J'AI JAMAIS FAIT DE CAMPING ET Là FRANCHEMENT CA DONNE PAS DU TOUT ENVIE D'ESSAYER... MDR... BRAVO !! :D


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Bon, promis, je lirai bientôt les autres histoires, mais ces derniers jours j'étais trop occupé avec la mienne. Je vous jure que j'en ai sué sang et eau pour la finir celle-là, j'ai commencé en trouvant une idée de base sympa, et ensuite je me suis retrouvé pris dedans et j'arrivais plus à m'arrêter, même quand je paniquais en voyant le nombre de pages défiler :D

    En bref, celles et ceux qui me lisent savent que j'ai un problème avec la longueur de mes textes, et ben là je me suis surpassé, vous allez pas être déçus ! Après mon histoires d'Halloween tellement longue qu'elle tenait en trois parties, celle-ci j'ai dû la couper en QUATRE parties ! Hé oui, c'est long, bon courage pour tout lire :p

    Je rappelle que mon histoire devait contenir un chat, une femme comme protagoniste, une histoire d'amour, une raie noire à longue queue, et une lampe à huile. Donc j'espère que vous aimerez cette histoire que j'ai concoctée pour vous, une histoire de mystères, de dangers, de romance et d'aventures exotiques ! Bienvenue à...

    Stingray Island

    Partie I : Seuls au monde

    « La raie noire à longue queue, ou black stingray, est l’une des plus imposantes espèces de raie au monde. De deux mètres d’envergure pour un poids de deux cent kilos environ, sa principale caractéristique est sa queue pouvant atteindre jusqu’à quatre mètres de long, hérissée de nombreuses pointes venimeuses. Si le venin qu’elle sécrète n’est pas mortel pour l’homme, il peut engendrer des blessures extrêmement douloureuses pouvant aller jusqu’à la paralysie ! Mais rassurez-vous, ce magnifique poisson est plutôt docile et ne s’attaque que très rarement aux humains ! »

    Aurore ne put réprimer un bâillement d’ennui en entendant ce discours qu’elle connaissait par cœur maintenant. Et c’était comme ça depuis le début des vacances : elle, allongée en bikini sur un transat sur le pont du Pacific Explorer, le navire de recherche prêté par l’université, à se dorer la pillule toute la journée, pendant que son père, le professeur Chauvier, répétait inlassablement à des groupes d’étudiants sans cesse nouveaux son discours passionné sur ces foutues raies.

    « Les black stingrays se trouvent principalement au large des côtes sud-africaines, et bien sûr, ici, dans le Pacifique Sud, reprit le professeur. L’île au large de laquelle nous nous trouvons actuellement a été baptisée Stingray Island par les scientifiques, en raison de sa très importante population de ces animaux. En fait, les conditions géographiques et climatiques de cette petite île, ainsi que l’absence totale d’habitations humaines, en font un lieu de reproduction idéal, et pour nous chercheurs, un exceptionnel lieu d’observation et d’étude de ces superbes créatures. »

    Le petit groupe d’étudiants observa l’île qui s’élevait devant eux, en levant leurs mains pour se protéger du soleil intense de l’après-midi : un volcan éteint aux flancs recouverts d’une épaisse jungle tropicale, descendant vers la mer en des plages de sable blanc et des lagons d’un bleu aussi clair que le ciel. Une véritable île paradisiaque digne d’un film.

    « On pourra aller faire un tour à la plage, après ? demanda l’un des étudiants.
    _ Hélas non, les jeunes, répondit le professeur. Il est formellement interdit de se rapprocher de cette île, nous sommes déjà à la limite légale. Vous voyez, l’île a une drôle de réputation, on parle de disparitions étranges et inexpliquées, et ce depuis les années 50. C’est une île très reculée, voyez-vous, et on ne sait pas exactement ce qui peut se trouver dans cette jungle. Plusieurs expéditions ont déjà été tentées pour en percer le mystère, mais aucune n’est revenue… finalement, les autorités néo-zélandaises ont décidé de tout simplement fermer l’île au public en 1975. Aucun être humain n’y a mis les pieds depuis, c’est pourquoi la population de raies dans ces eaux est si importante. »

    Aurore soupira. Ben voyons, le seul truc qui aurait pu être marrant est interdit, comme par hasard ! Elle savait ce qu’on pensait d’elle. Elle savait très bien que ses proches, à Paris où elle vivait avec sa mère, lui disaient qu’elle n’était pas raisonnable, qu’elle ne calculait pas la chance qu’elle avait de passer ses vacances d’été en croisière dans un coin paradisiaque, sous un soleil radieux et entourée de beaux garçons. Oui, sauf que ça faisait des années que ça durait, et que passer l’été avec son père, professeur de biologie marine dans une grande fac américaine, n’avait rien de marrant, à moins d’avoir une passion pour la faune océanique. Ce qui était malheureusement le cas de la plupart des garçons qu’elle côtoyait sur le bateau, tous des étudiants du monde entier qui avaient préféré passer leurs vacances en stage sur le terrain plutôt que d’aller s’éclater avec leurs copains. C’est dire s’ils étaient marrants… et puis, Aurore était une jeune citadine dynamique, qui aimait bouger, et pour qui rester à bronzer toute la journée devenait très vite ennuyeux. Mais sa mère avait insisté pour qu’elle passe du temps avec son père, qu’elle ne voyait que très peu à cause de la distance… et elle se trouvait là, dans un des plus beaux endroits au monde, et la seule chose qu’elle avait en tête, c’était qu’elle était impatiente d’être en septembre, la rentrée à Paris, retrouver ses copines, les cours de la fac, ses séances de sport, danse le mardi et escrime le vendredi, et le samedi soir en boîte. Et les championnats d’escrime qui allaient reprendre vers octobre. Elle qui avait remporté plusieurs tournois régionaux, elle avait hâte de s’y remettre !

    Perdue dans ses pensées, elle se laissa lentement aller au sommeil alors que les rayons brûlants du soleil caressaient sa peau. C’était pas si mal, finalement…
    Une ombre s’étendit sur elle, et elle ouvrit des yeux électriques, prêts à foudroyer l’imprudent qui osait lui gâcher sa bronzette. Le garçon la regardait avec des yeux de chien perdu. Il était de type asiatique, et à son accent quand il s’adressa à elle en anglais, elle devina qu’il était Japonais. Plutôt mignon, mais elle ne se faisait aucune illusion, c’était un des étudiants, il devait sûrement être aussi rasoir que les autres…

    « Euh, salut ! Désolé, je voulais pas te déranger, je me demandais juste, enfin… j’ai remarqué que t’étais toujours à l’écart des autres étudiants…
    _ Je suis pas une étudiante, répondit-elle d’un air ennuyé, dans un excellent anglais qu’elle avait appris grâce à ses nombreux voyages avec son père. Je suis la fille du professeur Chauvier.
    _ Sérieux ? Oh mais c’est génial ! Je suis un admirateur de ton père, je viens de l’Université de Tokyo exprès pour assister à ce stage !
    _ Super, encore un fan, soupira-t-elle, déçue.
    _ Au fait, je m’appelle Hiro.
    _ Tu m’en vois ravie.
    _ Euh… ok, bon ben… on se voit plus tard ?
    _ C’est ça, à plus tard. »

    Elle le regarda s’éloigner, tout penaud, et ressentit presque de la peine pour lui. Oui, elle l’avait envoyé balader sèchement, mais ces étudiants étaient tellement barbants à toujours lui parler de son père et de poissons, elle pouvait plus les voir ! Après qu’il soit parti, elle referma les yeux et retourna à sa bronzette, si bien qu’elle finit par s’endormir, et ne fut réveillée que par la sensation désagréable d’une goutte de pluie s’écrasant sur son front. Elle sursauta et rouvrit les yeux pour constater que le ciel était désormais gris et très, très chargé. Elle reçut une autre goutte, et encore une autre. Elle regarda autour d’elle, elle était seule sur le pont du navire. Combien de temps avait-elle dormi ? Elle se leva, et un vent glacé la fit frissonna. Elle se hâta de rentrer, et le temps qu’elle atteigne la porte, les gouttes de pluies s’étaient transformées en une véritable averse tropicale. Elle se hâta alors à travers les coursives jusqu’à sa cabine, passant devant la salle de détente où s’étaient rassemblés tous les étudiants, qui rièrent un bon coup en voyant passer la jeune fille trempée jusqu’aux os, et finit par tomber sur son père, en pleine discussion avec le capitaine du bateau.

    « Hé, Papa ! appela-t-elle, enjouée. Je crois que j’ai dormi trop longtemps, on est déjà le soir ? Il fait un temps de chien !
    _ Pas maintenant, chérie, lui répondit-il avant de revenir à sa conversation avec le capitaine. Il avait l’air plutôt inquiet.
    _ Euh, mais qu’est-ce qui se passe, Papa ?
    _ Reste bien dans ta cabine ce soir, répondit-il après que le capitaine soit retourné à son poste. On signale une tempête en approche, et une grosse. On va essayer de dévier et de nous rapprocher des côtes de Christchurch, ça devrait nous faire éviter le plus gros des perturbations.
    _ Sérieux, on va à Christchurch ? Oh cool, on pourra faire du shopping demain ? Et se faire un petit resto ? Et un cinéma ?
    _ Non, ma chérie, on s’en rapproche juste pour éviter la tempête, il est pas question d’y accoster.
    _ Oh allez, Papa, ça fera pas de mal de passer une journée à terre pour changer ! Tu peux donner quartier libre à tes étudiants, ça leur fera du bien aussi ! Et puis ça fait combien de temps qu’on a pas fait un truc juste tous les deux ?
    _ Je sais, ma puce, mais pas en ce moment, on est en plein dans le cycle de reproduction des raies et…
    _ Et voilà ! S’exclama la jeune fille, perdant soudain patience. Les raies, les raies, il n’y en a que pour les raies ici de toute façon ! Limite je serais plus intéressante pour toi si j’en étais une aussi !
    _ Ma puce, tu es très dure, là, lui répondit son père, vexé. Tu sais bien que je fais un travail important, et l’été c’est la période d’observation de terrain à l’Université. Depuis le temps…
    _ Oui, justement, depuis le temps ! Je viens en vacances avec toi depuis des années, et à chaque fois tu n’en as que pour tes foutus poissons ! Pas étonnant que Maman soit restée à Paris ! »
    Son père se tut. Il se contenta de la regarder, mais à l’expression dans son regard, elle comprit qu’elle lui avait fait de la peine. Elle s’en voulut immédiatement.
    « Nan, Papa, je… c’est pas ce que… je suis désolée, j’aurais pas dû dire ça… je… je vais dans ma cabine, d’ac ? »

    Et sans attendre sa réponse, elle s’enfuit, morte de honte. Elle arriva dans sa cabine exigüe, referma la porte, et eut le souffle coupé en voyant le bazar qui y régnait, tous ses sous-vêtements et ses quelques livres éparpillés par terre.
    « Chinow, putain, t’abuses ! » hurla-t-elle, si fort que le coupable, terrifié, courut se cacher sous la couchette. Chinow était une chatte tigrée, et son père adorait cette bestiole. Le problème c’est que la chatte, elle, adorait Aurore, et insistait pour dormir avec elle dans sa cabine. C’est vrai qu’elle était mignonne comme tout, mais c’était une vraie usine à conneries, limite insupportable !
    « Oui tu fais bien de te cacher ! » lança-t-elle à l’animal par dépit avant de s’étendre de tout son long sur sa couchette avec un bouquin.

    Lire était son seul passe-temps sur le bateau, le soir, c’était ça ou se mêler aux étudiants, et elle préférait rester tranquille dans sa cabine. Seulement son père n’avait pas menti au sujet de la tempête, car très vite le navire se mit à tanguer de plus en plus fort, ce qui couplé au bruit de la pluie battante contre la coque rendait l’immersion dans son roman très difficile. Elle lutta néanmoins pour rester concentrée sur le sort de ces jeunes piégés dans un labyrinthe mortel jusqu’à ce qu’on toque à la porte.
    « C’est ouvert ! » répondit-elle machinalement, et la porte s’ouvrit sur son père, qui semblait toujours aussi embarrassé qu’elle par leur conversation plus tôt.
    « Euh… le dîner va bientôt être servi, ma puce. Si tu as faim…
    _ D’accord, merci Papa… »
    Elle voulut rajouter un mot, pour s’excuser, mais ne sut trop quoi dire, et donc le laissa refermer la porte et s’en aller. Elle se sentait toujours très mal. Non, il fallait qu’elle aille lui parler ! Elle se leva, ouvrit la porte, mais au moment où elle voulut franchir le seuil, le bateau tangua encore plus fort qu’auparavant et l’envoya valdinguer en arrière pour atterrir douloureusement sur les fesses.
    « Aïe ! Mais putain ! » Grogna-t-elle, si fort qu’elle fit de nouveau peur au chat, qui s’élança hors de la cabine dans la coursive. Oh non ! Elle devait rattraper cette fichue bestiole avant qu’elle aille se perdre dans les entrailles du navire ! Se relevant d’un bon, elle s’élança dans la coursive à sa suite, titubant comme une ivrogne dans sa course, se cognant contre les murs, jurant, et se remettant à sa poursuite. Quelle sale bête, elle allait lui payer !

    Au détour d’un virage, elle manqua de justesse de rentrer dans l’étudiant japonais qui lui avait parlé plus tôt dans la journée.
    « Oh, comme on se retrouve, commença-t-il, tout sourire.
    _ J’ai pas le temps, dégage ! » Hurla-t-elle, énervée par une brusque montée d’adrénaline, avant de le repousser sans ménagement et de se remettre à la poursuite du chat. Perdu de vue. Et merde !
    Il n’y avait qu’une seule porte mal fermée dans cette coursive, et au bruit infernal qui en provenait, ce devait être un accès vers l’extérieur. Le chat ne serait quand même pas passé par là, si ? Il n’y avait qu’une seule façon d’en avoir le cœur net, elle l’ouvrit en grand et s’y engouffra… et fut saisie par le vent glacé et par la pluie qui la fouettait de toutes parts ! C’était l’accès vers le pont avant !
    « Chinow ! s’écria-t-elle, tentant de crier plus fort que la tempête. Chinow ! Où es-tu ? »
    Tremblant de tous ses membres, elle plissa les yeux pour tenter de percer l’obscurité, et finit par apercevoir la pauvre bête, trempée et terrorisée, glissant sur le plancher du pont dans un effort pathétique pour garder l’équilibre. La jeune fille ne réfléchit pas une seule seconde, et s’élança sur le pont pour récupérer l’animal. Seulement elle n’avait pas pensé qu’elle se retrouverait ainsi totalement exposée aux éléments déchaînés, et à peine eut-elle récupéré son compagnon à fourrure qu’elle perdit l’équilibre et se retrouva à terre, glissant en direction du bord. Avec sa main libre elle parvint à saisir un câble au vol et s’y accrocha avec l’énergie du désespoir. Ainsi morte de froid, battue par la pluie et le vent, elle commença à sentir monter la terreur. Personne ne pourrait l’entendre crier à l’intérieur avec un tel boucan, qui allait la tirer de là ? Et pourtant, il lui sembla entendre quelqu’un crier, appeler… non, c’était probablement le bruit du vent…
    « Hé ! Hurla la voix. Hé, toi ! »
    Non, c’était bien une voix d’homme. Elle se tourna vers son origine : c’était Hiro, l’étudiant japonais, qui s’était à son aventuré sur le pont et qui se dirigeait vers elle à tâtons.
    « Attrape ma main ! cria-t-il en lui tendant le bras. Vite ! »
    La tempête était si forte qu’il dut se répéter deux fois avant qu’elle comprenne. Tremblante de terreur, elle attendit une petite accalmie avant d’oser enfin lâcher son câble et de ramper, tout doucement, vers le jeune homme, son bras tendu. Leurs doigts s’effleurèrent à peine quand une vague, plus haute que toutes les autres, s’écrasa sur le pont et le balaya littéralement. La jeune fille n’eut même pas le temps de crier avant d’être engloutie par les eaux.

    Le soleil chaud caressait sa peau. Elle se sentait bien. Comme tous les jours, elle allait s’allonger sur son transat, sur le pont, et se laisser aller à une douce torpeur… elle bougea un peu, remua, tentant de s’installer confortablement malgré le sable gluant qui lui collait au dos et les vagues qui lui léchaient les pieds… sable ? Vagues ?
    Elle se réveilla en sursaut et regarda autour d’elle : elle n’était pas sur son transat, ni même sur le navire. Elle était sur une plage. Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? Avaient-ils fait une journée à la plage ? Non, elle était seule. Pas une âme qui vive autour d’elle. Et pas la moindre trace de bateau à l’horizon. Puis la mémoire finit par lui revenir : la tempête, la vague… elle avait été emportée hors du bateau, et par miracle, elle avait dû dériver jusqu’à une côte au lieu de se noyer… mais alors, où était-elle ? Elle se leva et regarda derrière elle, en direction des terres. Au-delà de la plage de sable blanc s’étendait une jungle épaisse, et derrière cette jungle, haut dans le ciel, elle pouvait apercevoir le sommet du volcan au centre de l’île. Oh non… elle en pâlit de frayeur quand elle se rendit compte qu’elle était sur Stingray Island, l’île déserte et interdite. Seule. Naufragée. Non, non, ne panique pas, se dit-elle, tu es tombée du bateau, mais tu t’en es sortie, et puis après tout le bateau n’est pas loin… enfin, sauf qu’elle ne le voyait pas à l’horizon ! Et s’il avait coulé, avec son père à bord ? Si elle était la seule survivante, condamnée à errer sur cette île jusqu’à mourir de faim ou juste disparaître comme tous ceux qui avaient tenté de s’y aventurer auparavant ? Tout ça à cause de ce stupide chat !

    Le chat !

    Elle s’en souvint brusquement, et se mit à l’appeler, à pleins poumons. Elle espérait de tout cœur qu’elle ait survécu, au moins elle ne serait pas seule dans cette galère. Après plusieurs appels sans réponses, elle finit par entendre un bruit dans la végétation à l’orée de la jungle, et s’en rapprocha, marchant à tâtons lorsque les herbes, racines et épines remplacèrent le sable doux sous ses pieds nus. Car bien sûr, elle n’avait pas eu la présence d’esprit de se changer et était encore en bikini. Comme si elle ne galérait pas déjà assez !
    « Chinow ! appela-t-elle. Chinow ! »
    Un buisson se mit à frétiller, et alors qu’elle s’en approcha, elle sursauta en voyant jaillir la petite boule de poils encore toute trempée qui lui fit le gros dos et se mit à feuler, apeurée. Aurore dut avancer très prudemment avant que l’animal ne comprenne qu’il s’agissait bien de sa maîtresse et commence à se détendre. Elle parvint finalement à attraper la chatte et la serra contre sa poitrine.
    « Tout ça c’est à cause de toi, petite idiote ! murmura-t-elle. Nous voilà toutes les deux dans la même galère… »
    La chatte se mit à ronronner, comme pour essayer de se faire pardonner… et ça fonctionnait, en plus, ses ronrons calmèrent la jeune fille qui regarda vers l’horizon et se mit à analyser la situation avec calme. Son père avait dit qu’ils allaient manœuvrer vers Christchurch pour éviter le gros de la tempête, si ça se trouve c’est ce qu’ils avaient fait, c’est pour ça qu’elle ne les voyait plus. Et maintenant que la tempête était partie, ils allaient revenir la chercher, elle en était sûre ! Plus qu’à les attendre gentiment. Elle commençait à avoir faim, et le soleil tapait bien fort. Il était déjà bien haut dans le ciel, il devait être près de midi. Avec son chat dans les bras, elle pénétra un peu plus dans la jungle à la recherche de l’ombre et s’installa contre un arbre. Plus qu’à attendre…

    Attendre, attendre, sans rien faire d’autre que caresser le chat, attendre en devant supporter la sensation désagréable de ses cheveux rendus raides et collants par l’eau de mer et la faim qui la tiraillait de plus en plus. Elle regarda le soleil, il avait à peine bougé. Que le temps passait lentement ! Ils allaient sûrement arriver avant la tombée de la nuit, quand même ! Elle avait hâte de prendre une bonne douche bien chaude et de s’enfiler un copieux repas avant de se mettre au lit avec son roman. Et tout ça ne serait plus qu’un mauvais souvenir ! Prise d’impatience, elle se décida à sortir de sa cachette et à revenir sur la plage pour voir ce qu’il s’y passait.

    « Hé ! »

    Elle sursauta, et tourna vivement la tête en direction de la voix. Une voix d’homme. Et elle le vit, au loin, marchant vers elle. Oui, il y avait bien quelqu’un ! Elle était sauvée ! Elle accourut vers son sauveur, et finit par le reconnaître en s’approchant. Pieds nus et en bermuda, la chemise déchirée, il payait vraiment pas de mine.
    « Hé, mais c’est toi l’étudiant japonais ! s’écria-t-elle.
    _ Hiro, répondit-il. Oui, c’est moi. Mon Dieu, je suis content que tu ailles bien, j’ai eu si peur quand cette vague est arrivée et que je t’ai perdue !
    _ Oui, mais je vais bien, et même le chat a survécu ! Tout est bien qui finit bien, hein ? Où est le bateau ? »
    Il ne répondit pas, mais à son air gêné, elle comprit tout de suite qu’elle pouvait s’attendre à une immense déception.
    « Il… il n’y a pas de bateau, c’est ça ? T’es tout seul ?
    _ Oui… j’ai été emporté par la vague moi aussi, et je t’ai perdue, j’ai réussi à nager jusqu’à la côte, et je t’ai cherchée toute la nuit et toute la matinée… j’ai bien essayé d’appeler le bateau, mais… » Il sortit son portable de sa poche, trempé et inutile. « Si j’avais su, j’aurais pris le modèle waterproof…
    _ Tu veux dire que tu sais pas où est le bateau ? Tu veux dire qu’on est tous les deux coincés sur cette île déserte et que personne n’est venu nous chercher ! Mais bordel pourquoi ça a dû m’arriver à moi toutes ces conneries !
    _ Hé, pas la peine de hurler, calme-toi ! » Il tenta de la prendre par les épaules pour la calmer, mais elle se dégagea d’un geste brusque. « On va bien trouver une solution, au moins on est tous les deux, non ?
    _ Ha, la belle affaire ! Et parce que t’es là tu vas faire apparaître comme par magie une douche, un bon dîner et un lit douillet ?
    _ La douche et le lit, d’accord, ça va être dur, mais pour le dîner je peux arranger ça.
    _ Comment ça ?
    _ Suis-moi. »
    Et il partit en direction de la jungle. Elle le regarda s’éloigner avec hésitation, voulant rester près de la plage pour guetter le bateau, mais un horrible gargouillement venant de son ventre la poussa à le suivre, finalement.

    « Tu sais, protesta-t-elle alors qu’ils s’enfonçaient dans la végétation épaisse, on devrait pas s’éloigner de la plage, et si le bateau arrive ?
    _ Il peut mettre du temps à arriver, on va pas l’attendre jusqu’à mourir de faim ! Et puis la bouffe est par là !
    _ Mais de quoi tu parles ? T’as repéré un MacDo dans le coin, ou quoi ?
    _ Mieux que ça ! Regarde ! »
    Ils s’arrêtèrent sur la berge d’une large rivière d’air assez profonde qui semblait couper la jungle en deux. Aurore ne comprit pas tout de suite pourquoi il l’avait amenée là, jusqu’à ce qu’elle aperçoive des bouillonnements à la surface de l’eau autrement paisible. Des poissons.
    « D’accord, je vois, et bien sûr t’as pensé à amener une super canne à pêche ? railla-t-elle.
    _ Non, mais je peux bricoler ce qu’il me faut, il me faut juste de bonnes branches… »
    Et il repartit dans la jungle, elle le suivant toujours à contrecœur en pestant :
    « Ouais, bon, j’ai surtout l’impression que t’essaies de m’impressionner en jouant les Crocodile Dundee, et qu’en fait je vais l’attendre longtemps, ce dîner ! Je te préviens, je suis de très mauvais poil quand j’ai faaaaaaaaaaaim ! »
    Le jeune homme se retourna brusquement en l’entendant crier et assista à une scène tout à fait incongrue : sa compagne d’infortune pendait à un mètre au-dessus du sol, prise dans une sorte de gros filet accroché à de hautes branches.
    « C’est bien, dit-il, faut savoir prendre de la hauteur sur ses problèmes !
    _ Arrête de te foutre de moi et viens donc m’aider, crétin ! » grogna-t-elle en se débattant parmi les nombreuses feuilles mortes et branches qui avaient été prises dans le filet avec elle. Mais en écartant une grosse branche qui se trouvait devant son visage, elle se mit à hurler comme une damnée en se retrouvant face à face avec le sourire décharné d’un crâne humain.

    Alerté par ses hurlement, Hiro se hâta de trouver la corde qui maintenait le filet en l’air et de la défaire. Une fois à terre, Aurore se libéra du filet aussi vite que possible et courut se plaquer contre l’arbre le plus proche.
    « Y a un squelette ! Hurla-t-elle. Y a un putain de squelette là-dedans, je te jure je l’ai vu !
    _ Un squelette ? T’es sérieuse ? »
    Intrigué, il fouilla le filet et le trouva bien, un squelette encore vêtu d’un habit qui avait l’air de dater au moins des années soixante… et qui était bien pourri.
    « Ça c’est bizarre, dit-il en l’observant.
    _ Ah mais débarrasse-toi de cette saloperie !
    _ Il est mort, qu’est-ce que tu veux qu’il te fasse ? Mais c’est étrange, il a un trou dans le crâne, comme si… comme s’il s’était pris une balle, en fait… et ce filet, c’était quoi, un piège ? Pourquoi quelqu’un poserait des pièges ici ? L’île est inhabitée, non ?
    _ OK, c’est bon, j’en ai marre ! s’écria la jeune fille. On est sur une île ultra glauque où un taré s’amuse à poser des pièges et à tirer sur les gens, moi je me casse d’ici ! »
    Elle fit un pas et s’arrêta net, grimaçant de douleur. Avec l’adrénaline, elle ne l’avait pas sentie, mais maintenant, sa cheville lui faisait un mal de chien.
    « On est sur une île, où tu comptes aller ? Hé, ça va pas ?
    _ Je me suis tordu la cheville en tombant.
    _ Ah, attends… »
    Il s’approcha et tenta de la saisir pour la porter, mais elle le repoussa.
    « Je veux juste t’aider, dit-il. Appuie-toi sur moi, au moins. »
    Elle accepta enfin son bras, et il la guida jusqu’à un arbre contre lequel elle put s’asseoir, loin du squelette.
    « Hé mais attends, tu vas où ? demanda-t-elle, terrifiée, quand il se releva.
    _ Ben, pêcher le dîner. Tu peux m’attendre là, avec ta cheville vaut mieux que tu te reposes.
    _ Mais si le taré qui a posé le piège et tué l’autre gars revient, je fais quoi ?
    _ Tu sais, ce squelette est là depuis très, très longtemps, et ça fait trente ans que l’île est fermée au public. S’il y a vraiment eu un tueur ou un psychopathe ici, il est mort de vieillesse depuis le temps. »
    Elle le laissa partir, espérant de tout son cœur qu’il avait raison. Elle n’avait aucune envie de finir cette mésaventure abattue comme un gibier ! Et encore, si ça se trouve, le tueur n’abattait pas toutes ses victimes comme ça. Si ça se trouve, il les enlevait aussi, pour les torturer à mort, ou les découper en morceaux, ou… non, non non, il était très probablement mort depuis longtemps, après tout.
    Alors encore une fois, elle attendit. Cette fois-ci le soleil commençait à se coucher doucement, et à la faim s’ajoutèrent les frissons. Même s’il était loin de faire froid, comparé à Paris, la température chutait quand même pas mal, et merde, pourquoi eut-il fallu qu’elle se retrouve naufragée pratiquement à poil ?

    Hiro revint enfin, un grand sourire aux lèvres, et présenta à la jeune fille ébahie un filet plein de poissons.
    « Tu… t’as utilisé le filet pour pêcher ?
    _ Oui, c’est carrément plus pratique ! Je reviens… »
    Il déposa le filet et partit ramasser des branches qu’il disposa en tas, et après plusieurs dizaines de minutes d’énervement et de techniques de scouts mal mémorisées, ils parvinrent enfin à s’allumer un feu de camp et à y faire cuire leur repas. La chaleur réconfortante du feu et l’odeur alléchante du poisson grillé mirent la jeune fille de meilleure humeur et elle décida de faire sa mea culpa :
    « Excuse-moi, Hiro… j’ai peut-être été insupportable, mais je peux être très chiante quand je suis contrariée…
    _ Oh, t’inquiète pas pour ça… tu as froid ? » il l’avait vue frissonner.
    « Un peu, » avoua-t-elle. Et immédiatement, le jeune retira sa chemise pour la poser sur ses épaules. Quelle galanterie ! Et en plus… même s’il était un peu trop maigrichon à son goût, il était pas si mal… elle rougit quand elle se surprit à avoir ces pensées.
    « Et ta cheville ?
    _ Elle est pas gonflée, donc je crois qu’elle est pas foulée… mais ça fait toujours un peu mal. »
    Pour toute réponse, Hiro saisit délicatement sa jambe et posa ses mains autour de l’articulation douloureuse.
    « Attention ! dit-elle.
    _ T’inquiète pas, je sais ce que je fais. »
    Et avec des gestes d’une infinie précaution, il commença à lui masser la cheville. La sensation était très agréable, et la jeune fille finit par se détendre. Au bout de quelques minutes, il se déplaça vers son pied, et si elle se montra d’abord réticente, arguant qu’elle était trop chatouilleuse sous les pieds, il sut trouver les bons gestes, et elle apprécia tellement qu’elle finit par lui tendre son autre pied pour qu’il s’en occupe aussi.
    « C’est une technique ancestrale japonaise ? demanda-t-elle, souriante.
    _ Oui, on peut dire ça, dit-il en riant. Au fait, tu m’as jamais dit ton prénom ?
    _ C’est Aurore.
    _ Aurore ? C’est un joli nom.
    _ Merci. Hiro, où est-ce que t’as appris à pêcher ? Franchement je pensais pas que t’allais revenir avec autant de poissons…
    _ Et si je te répondais que c’est une technique ancestrale japonaise ?
    _ Nan mais sérieusement, dit-elle en riant. Son rire était doux et mélodieux, il l’aimait bien.
    _ Je suis sérieux ! Mon grand-père est pêcheur. Quand j’étais petit je passais tous mes étés chez lui, à Okinawa. C’est lui qui m’a appris à nager, et à pêcher. Je pratique la natation depuis l’âge de sept ans, et je me suis découvert une passion pour les poissons. C’est pour ça que je me suis lancé dans des études de biologie marine.
    _ Ouah, impressionnant ! Moi qui pensais que tous les étudiants en biologie étaient des geeks qui passaient leur vie devant leurs PC ! Je veux dire, pour préférer faire un stage d’études l’été plutôt que de partir en vacances…
    _ Oh, je suis un peu comme ça aussi, je dois l’admettre. Mais en fait si j’ai voulu faire ce stage, c’est surtout parce qu’on était supposés faire de l’observation sous-marine, avec du matériel de plongée, et tout. Et j’adore ça !
    _ Moi aussi ! J’en ai fait un peu les années d’avant, et c’est la seule partie des vacances avec mon père que je ne trouve pas barbante ! Même si je nage pas super bien, en fait, je veux dire, je suis de Paris… »
    Ils rièrent ensemble et lorsque le poisson fut cuit, ils passèrent à table, toujours en rigolant. La nuit était tombée, ils étaient seuls dans la jungle sur une île déserte en pleine nuit, et pourtant, ils se sentaient bien, comme en colonie de vacances.
    « Regarde-moi ça, dit Aurore en désignant le chat qui croquait goulûment dans son morceau de poisson. Elle elle s’en fout qu’on soit naufragés, pour elle c’est Noël, du poisson frais au dîner ! J’aimerais bien être un chat, des fois… Hiro ? Tout va bien ? »
    Elle se rendit compte que le jeune homme avait soudain l’air préoccupé.
    « Hein ? dit-il en revenant soudain à la réalité. Oh, non, t’inquiète pas, c’est juste… je repensais à un truc qui me tracasse.
    _ C’est quoi ?
    _ Non, c’est juste… tu vois, la rivière ? Ben… elle est bizarre.
    _ Comment ça, bizarre ?
    _ Elle est trop… trop droite, trop bien creusée. Et puis, j’ai nagé dedans, pour poser le filet, et elle est vachement profonde en fait, c’est super étrange. Et puis la profondeur a l’air d’être la même partout, normalement les rivières sont jamais aussi uniformes. Et puis, l’eau était salée.
    _ Et c’est bizarre, ça, le sel ?
    _ Oui, les rivières c’est toujours de l’eau douce qui s’écoule des terres vers la mer, alors que là, c’est l’inverse, c’est de l’eau de mer qui s’écoule vers les terres. En fait je crois que c’est pas une rivière, mais un canal artificiel.
    _ Un truc fait par l’homme ? Mais l’île est déserte, non ? Papa dit que c’est pour ça que les stingrays se reproduisent aussi bien ici.
    _ Justement, alors pourquoi ça a été creusé ? Et par qui ? Est-ce que ça a un rapport avec le squelette et le piège ?
    _ Arrête, ça me fout la chair de poule, ton histoire !
    _ Je suis désolé, je voulais pas te faire peur, c’est juste… qu’il y a quelque chose de bizarre avec cette île… enfin, ne t’inquiète pas, on reste près du feu ce soir et il devrait rien nous arriver, et demain on retourne sur la plage et on attend le bateau, je suis sûr qu’il va arriver.
    _ Ouais… » et elle ponctua sa réponse d’un bâillement prononcé.
    Ils décidèrent alors d’essayer de dormir et s’allongèrent côte à côté près du feu. Aurore avança une main hésitante, et la posa sur la peau nue du torse du jeune homme. Il était chaud. Il releva la tête, mais avant qu’il ait pu lui poser la moindre question, elle s’était rapprochée tout contre lui et avait posé la tête sur son épaule.
    « Bonne nuit, Hiro, murmura-t-elle.
    _ Bonne nuit, Aurore. Tu verras, tout ira bien demain. »