Histoire : [Histoires inspirées] 3:Faites place à la reine

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Histoire
  • [Histoires inspirées] 3:Faites place à la reine


Histoire ajoutée le 10/01/2015
Épisode ajouté le 10/01/2015
Mise-à-jour le 03/07/2021

  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans
    [u:3ddg3wtt]Partie II : Une fâcheuse rencontre[/u:3ddg3wtt] Aurore se réveilla en sursaut. Elle avait entendu un bruit ! Elle regarda autour d’elle, tous ses sens en alerte : il faisait bien nuit, le feu s’était éteint, mais le ciel était dégagé et la clarté de la lune lui permettait de distinguer les arbres alentours. Il y avait des bruits bizarres partout autour, évidemment c’était la jungle ! Mais ça ne lui faisait pas plus peur que ça, elle venait peut-être de Paris mais elle n’en était pas une trouillarde pour autant ! Cependant, ce bruit qu’elle avait entendu était différent des autres, plus lourd. Elle l’entendit de nouveau, il se rapprochait. On aurait dit… un bruit de pas ? Puis elle entendit un murmure, qu’elle prit d’abord pour le bruissement du vent sur les feuilles des arbres, mais qui se fit de plus en plus distinct alors qu’il se rapprochait. C’était un ton grave, mélodieux… c’était une voix, une voix d’homme qui chantonait ! Elle se redressa, et en scrutant attentivement les alentours, elle finit par distinguer une vague silhouette humaine à une vingtaine de mètres, qui leur tournait le dos et semblait faire face à un arbre, comme… oui, comme un homme en train de pisser. « Hiro ! chuchota-t-elle en secouant son ami. Hiro, réveille-toi ! Les secours sont là, on est sauvés ! » Mais le jeune homme grogna et changea de position, sans se réveiller pour autant. D’accord, il avait le sommeil lourd, ça elle ne le savait pas. Trop excitée pour attendre sagement qu’il se réveille, elle décida de se lever et d’aller d’elle-même à la rencontre de l’homme. A mesure qu’elle se rapprochait, la voix se fit de plus en plus clair, et elle commença même à distinguer les paroles : « Et c’est là le long de Falls Road que je voudrais aller, étendu dans le noir avec une compagnie Provo… Un camarade sur ma gauche, et un autre sur ma droite… Et un petit chargeur, pour ma petite Armalite… Euh, excusez-moi, » l’interrompit-elle. L’homme sursauta, lâcha un juron et se retourna vivement pour lui braquer la lumière d’une lampe-torche en pleine figure. « Hein ? dit-il. Une fille ? Bon Dieu, tu m’as fait peur, gamine ! Vous… vous êtes de l’équipe de secours ? L’équipe de… attends, t’es naufragée, petite ? Oui ! Vous êtes venu nous tirer de là, hein ? » L’homme ne répondit pas tout de suite, il resta fixé à l’observer, et elle se rendit compte avec dégoût qu’il la matait ! Elle portait toujours la chemise du jeune homme, mais ouverte, et son corps était bien visible. Elle croisa vivement les bras devant sa poitrine et fit un pas en arrière. Elle se rendit compte alors qu’elle était seule et à moitié nue devant un homme qui n’avait pas… pas l’air très net, en fait. Il portait des bottes de combat et avait un fusil en bandoulière, il aurait pu passer pour un militaire de loin, mais de près elle se rendit compte que son jean troué et son vieux t-shirt ne faisaient pas très militaire… et quelque chose dans son regard, dans sa façon de se tenir… quelque chose de presque bestial… « Dis-moi petite, dit-il, t’es toute seule ? Non, dit-elle d’une voix chevrotante en continuant de reculer doucement. En fait mon copain est juste là-bas, et je vais retourner le voir, d’accord ? Oh que non ! » Elle se retourna pour courir jusqu’au campement, mais l’homme fut plus rapide et se jeta sur elle et la plaqua au sol. Elle se démena comme elle put, mais l’homme était fort, et tandis qu’il lui bloquait les bras d’une main, elle sentit son autre main la caresser au niveau des côtes, en descendant vers sa culotte. « Au secours ! hurla-t-elle. Hiro ! Au secours ! » Le jeune homme ne mit pas longtemps à répondre à son appel et accourut pour prendre l’homme à revers, il le bouscula en y mettant tout son élan et l’agresseur partit rouler quelques mètres plus loin. « Tu vas bien ? demanda-t-il en aidant son amie à se relever. Oui, ça va, mais… ce type ! » Ils se tournèrent vers lui alors qu’il se relevait maladroitement et, en jurant comme un diable, armait son fusil. « Oh merde, cria Hiro, baisse-toi ! » Il entraîna Aurore au sol avant qu’elle ait eu le temps de comprendre ce qu’il se passait, et ils entendirent la détonation passer au-dessus d’eux. Immédiatement après, Hiro la saisit par la main et l’entraîna dans une course effrénée à travers les bois. Ils ne voyaient pas où ils allaient, ils ne faisaient que courir, droit devant eux, guidés uniquement par l’adrénaline, trébuchant, se cognant, mais continuant de courir pour échapper à l’homme qu’ils entendaient respirer et jurer derrière eux, alors qu’autour d’eux l’écorce des arbres explosait sous les balles qui leur étaient destinées. Enfin, après un temps qui leur parut interminable, ils s’arrêtèrent et s’accroupirent, à bout de souffle, leurs côtes douloureuses comme si elles avaient été chauffées à blanc. « C’est bon, haleta Hiro, on… on l’entend plus, je crois… je crois qu’on… l’a semé ! Bordel mais c’est pas vrai, tout ça n’est qu’un cauchemar, rassure-moi ! Tu m’avais dit que s’il y avait un tueur sur cette île, il serait probablement déjà mort ! Le squelette qu’on a retrouvé est mort depuis plusieurs dizaines d’années ! Ce mec-là, il avait l’air d’avoir trente ans à tout péter. C’est pas lui. C’est qui alors, son fils ? Si ça se trouve c’est une famille de tarés qui vit là, et qui tuent tous les gens qui ont le malheur de s’approcher de cette île… et, oh merde, le chat ! On l’a laissé là-bas ! Hé, mais où tu vas, là ? Faut qu’on aille le récupérer ! Pas question, ce type rôde encore là-bas, et il a un flingue, si on retourne là-bas, on se fait descendre ! Mais je peux pas abandonner le chat ! Hé, c’est un chat, ils se débrouillent très bien dans la nature, et ils ont un très bon flaire. T’inquiète pas, il nous retrouvera bien tout seul. » Elle voulut protester mais n’en eut pas l’occasion, car à ce moment, elle entendit des cris, plusieurs voix s’appelant et se répondant, au loin : « Deux intrus, un homme et une femme ! Ils sont partis par là ! » « Crawford, MacMullin, de ce côté ! Sullivan, O’Brien, par ici ! » Oh merde, ils étaient plusieurs ! Les deux jeunes regardèrent derrière eux, et aperçurent en effet les lueurs dansantes de plusieurs lampes-torches venant de toutes les directions, s’avançant vers eux. Ils reprirent leur souffle et se remirent à courir, progressant la tête baissée, avec d’infinies précautions, luttant à chaque pas pour ne pas céder à la panique et partir en sprintant et en criant. Non, ils n’avaient pas été repérés, ils avaient une chance en restant discrets. Alors ils avancèrent, dans le noir, ne se repérant qu’à la lumière de la lune et aux lueurs des lampes-torches autour d’eux, se baissant et rampant parfois quand celles-ci se faisaient trop proches. Ils ne savaient absolument pas où ils allaient, mais une seule chose était sûre, il leur fallait fuir ces hommes coûte que coûte. « Hé, entendirent-ils tout près, par ici ! J’ai entendu quelque chose ! » Merde ! Très vite, ils allèrent se cacher sous un gros tronc qui était couché sur le côté, et se firent les plus petits possibles. Ils entendirent les bruits de pas de deux, ou trois personnes, sur le tronc, juste au-dessus d’eux. Hiro avait machinalement pris Aurore par la main dans leur fuite et il se tourna vers elle quand il sentit la prise de la jeune fille se serrer de plus en plus. Il distingua ses traits dans l’obscurité, ils étaient figés par la terreur. Les hommes au-dessus d’eux conversèrent pendant un moment qui leur sembla une éternité, débattant sur le bruit que l’un d’eux avait entendu, et essayant de décider si ce n’était pas qu’une hallucination. Finalement, ils conclurent d’abandonner les recherches dans ce coin-là et s’éloignèrent. Hiro poussa un énorme soupir de soulagement, et ils sortirent finalement de leur cachette pour reprendre leur course. Mais au bout de quelques dizaines de mètres dans la bonne direction, ils s’arrêtèrent net, manquant de peu de tomber dans la mer en contrebas. Ils avaient atteint une côte, où la jungle s’arrêtait brusquement pour laisser place à une falaise abrupte. De leur promontoire, ils avaient une vue imprenable sur une immense crique entourée de falaises, comme une muraille naturelle, avec pour unique accès depuis la mer une gorge étroite qui descendait en une minuscule plage. Et un gros bateau était ancré au milieu de la crique, brillant des mille feux de ses projecteurs, et les deux jeunes purent observer deux vedettes faire des allers-retours entre le navire et la plage, déchargeant du matériel sur cette dernière, où d’autres hommes le ramassait et le rangeait, entassant des caisses ici, montant de grandes tentes là… ils étaient en train de débarquer et d’établir un campement. « Mais c’est qui ces gens ? demanda Aurore. C’est quand même pas… des pirates ? On dirait des pirates, en tous cas. Des pirates modernes. Qui qu’ils soient, c’est pas des amis, ça c’est sûr… » Aurore lui demanda alors ce qu’ils allaient faire pour les éviter jusqu’à l’arrivée des secours, mais Hiro avait cessé de l’écouter en voyant une chose étrange provenant de la jungle, à leur droite… une sorte de petite lueur… son regard fut attiré sur sa propre poitrine, où un point rouge vif venait d’apparaître. C’était… Il se jeta sur le côté et entraîna sa camarade avec lui au moment où le coup partit, et une partie de l’écorce de l’arbre devant lequel il se trouvait une demi-seconde auparavant vola en éclats. Ils avaient été retrouvés ! Ils se remirent immédiatement en fuite, mais en traversant un buisson épais, ils sentirent le sol se dérober sous leurs pieds et dévalèrent le long d’une pente abrupte. Hiro sentit son monde tourner autour de lui à une vitesse folle et se sentit prendre de la vitesse sans pouvoir rien faire pour arrêter sa course, jusqu’à ce que l’atterrissage abrupt lui coupe le souffle. Ce n’est que la douleur des multiples écorchures provoquées par sa roulade spectaculaire et une désagréable sensation humide qui le ramenèrent à lui. Il avait atterri dans un petit ruisseau tout en bas de la pente, et il avait beau regarder partout, aucune trace de son amie. Pris de peur, il l’appela, mais seuls les éclats de voix des pirates lui répondirent. Il voulait rester dans les parages, pour la retrouver, mais il se dit qu’il n’aurait aucune chance de la retrouver s’il était capturé. Mais il ne pouvait pas non plus la laisser toute seule, et si jamais elle se faisait capturer, elle ? Il hésita, longuement, entre rester et partir, et son hésitation lui fut fatale : quand il se décida à bouger, il se retourna pour se retrouver face à face avec le canon d’un fusil. Il n’eut pas le temps de distinguer le visage de l’homme qui le tenait en joue qu’il reçut un coup violent derrière la tête, et tomba dans les pommes. Aurore avait réussi, par quel miracle elle n’en avait aucune idée, à s’accrocher à une branche morte pour stopper sa chute et elle était en train de se redresser doucement pour ne pas glisser jusqu’en bas quand elle entendit son nom venant d’en bas, tout en bas. C’était Hiro ! Il l’appelait ! Elle était sur le point de lui répondre quand elle entendit les voix des pirates se rapprochant, alertés par les cris du jeune homme. Non, impossible de s’approcher. Même si elle s’en voulut de l’abandonner comme ça, elle ne pourrait rien faire contre eux de toute façon. Et puis, il aurait sûrement eu la même logique. Elle prit donc la fuite dans la direction opposée, en rampant doucement en travers de la pente. Elle fit quelques mètres quand… « Hé ! » La voix fut accompagnée d’un éclat de lampe-torche dans son dos. Repérée ! Prise de panique, elle lâcha tout et se laissa glisser les pieds en avant. Elle ferma très fort les yeux en sentant qu’elle prenait de la vitesse, elle qui détestait les manèges à sensations ! Si ça se trouve, c’était une idée très conne, elle allait percuter un rocher en contrebas et se casser une jambe et c’est tout ce qu’elle allait gagner ! Mais à croire qu’elle était bénie des dieux, car après avoir grimacé de douleur en traversant plusieurs couches de feuillages, elle finit sa glissade tout en douceur, immergée dans l’eau jusqu’à la taille. Elle rouvrit les yeux et constata qu’elle avait atterri dans une sorte de mangrove épaisse, où de nombreux arbres plongeaient leurs énormes racines dans une eau stagnante. Et au-dessus d’elle, elle entendit son poursuivant se rapprocher. Décidément, il était tenace ! Elle fonça alors se réfugier sous une grosse racine, d’où elle pourrait observer sans être vue. Elle vit l’homme glisser et atterrir dans l’eau à l’endroit exact où elle-même avait atterri. Il n’était qu’à quelques mètres ! Et il promenait sa torche alentours, scrutant chaque recoin depuis sa position. Il allait bientôt atterrir sur elle ! Alors elle fit comme dans les films, elle prit une grande inspiration et plongea entièrement. Elle avait beau ne pas être une nageuse de niveau olympique, elle savait quand même ouvrir les yeux sous l’eau, et c’est ainsi qu’elle put observer la lueur de la torche passer juste au-dessus d’elle et s’en aller. Elle remonta alors doucement à la surface sans faire le moindre bruit et vit que l’homme s’en allait. Elle attendit plusieurs minutes après l’avoir perdu de vue, juste pour être sûre qu’il était bien loin, puis elle sortit de sa cachette et partit dans la direction opposée. Hiro cligna des yeux le temps de s’habituer à la lumière du soleil. C’était déjà le matin ? Il avait mal au crâne… le coup qu’il avait reçu était pas mal brutal ! Il reprit ses esprits est regarda autour de lui : il se trouvait dans une tente haute en toile verte, une espèce de tente militaire, dont l’une des extrémités était totalement ouverte, lui permettant de voir une partie du reste du campement, sur une plage entourée de fautes falaises. La plage qu’ils avaient vue la veille, celle où les pirates débarquaient… merde, c’était le campement des pirates ! Il tenta de se releva, mais se rendit compte qu’il était attaché sur le lit de camp sur lequel il était allongé, ses poignets et ses chevilles maintenus à chaque angle du lit par des menottes. Merde, il était bel et bien prisonnier. « Ah, on se réveille enfin ? » demanda une voix d’homme près de lui. Il tourna la tête pour voir un homme vêtu d’une combinaison de camouflage, son visage caché derrière une cagoule. Et il avait un gros fusil d’assaut à la main. « Je suis où ? demanda le jeune homme. Et vous êtes qui ? Tu es dans notre campement, p’tit. Et qui je suis, ben je peux pas trop te dire, d’ailleurs, ce sera plutôt à toi de répondre aux questions. Qu’est-ce que tu fous sur cette île ? Et c’est qui la gonzesse, ta copine ? Où est-ce qu’elle est ? Et pourquoi je vous dirais tout ça ? Vous êtes quoi d’abord, des espèces de pirates ? Écoute, p’tit, moi je te demande ça c’est pour t’aider. Le Commandant a l’intention de t’interroger personnellement, et là je pourrai plus rien pour toi ! Alors parle maintenant, tu te rendras service ! Le Commandant ? Mais qu’est-ce qui se passe, ici ? » L’homme se tourna soudainement vers l’entrée de la tente et se mit au garde-à-vous. Intrigué, Hiro regarda vers l’entrée et vit une femme, une belle grande blonde élancée, à la chevelure ramassée en une queue de cheval qui dépassait derrière sa casquette noire, et aux traits durs à moitié dissimulés par des lunettes d’aviateur. Elle était vêtue d’un pantalon treillis noir ramassé dans des rangers impeccablement cirées, et d’une paire de grosses bretelles tactiques en nylon, bardées d’un étui à revolver et d’un fourreau pour couteau de combat, qu’elle portait par-dessus un débardeur noir. Ses bras nus étaient épais comme des bras de catcheuse. En fait, Hiro se dit qu’elle ressemblait plus à une figurine G.I. Joe qu’à une vraie femme. « Commandant ! l’homme masqué déclara en s’adressant à elle. Le prisonnier est réveillé et prêt pour l’interrogatoire ! Des nouvelles de la fille ? demanda la femme d’une voix coupante comme un rasoir. Non, Commandant, elle n’a pas été retrouvée, et le prisonnier n’a pas encore parlé. Très bien, Davidson, rompez. » L’homme obéit à l’ordre, mais avant de sortir de la tente, il effectua un curieux rituel : il se retourna vers la femme, posa son poing droit serré contre son cœur, et déclara : « I réim in Eirinn, Commandant. I réim in Eirinn, Davidson, » répondit la femme en effectuant le même geste, et l’homme s’en alla. « Bien ! déclara le Commandant en se tournant vers son prisonnier. Nous voilà enfin seuls ! Mais vous êtes qui ? Et il se passe quoi, au juste ? Oh, je ne vais rien vous dire, répondit la femme en sortant un épais cigare aux trois quarts fumés de sa poche et en l’allumant. J’ai mis des années à mettre au point cette opération, pas question que je permette qu’elle soit compromise maintenant. C’est à vous de me dire qui vous êtes, plutôt. » Et sur ces mots, elle saisit un tabouret dans un coin de la tente, l’amena jusqu’au niveau des pieds du jeune homme, et s’installa dessus. Puis elle tira une grosse bouffée de son cigare et reprit : « On commence par les questions de base : nom, grade, organisation. Hein ? » Et pour toute réponse, la femme commença à faire glisser ses ongles le long de son pied nu. Il sursauta, se cabra, la sensation était fort déplaisante, comme un genre de petit choc électrique. Elle recommença, et cette fois-ci continua, et il se cabra de nouveau, et commença à se débattre, et laissa échapper un petit rire nerveux. Cette sensation, ça… ça chatouillait ! « Mais vous faites quoi, bordel ? s’exclama-t-il entre deux ricanements. C’est agaçant, hein ? C’est une technique simple et efficace pour… motiver, à parler. Alors ? Nom, grade, organisation, c’est pourtant une question simple. D’accord, d’accord, mais arrêtez s’il vous plaît ! Nanahara, Hiro… Université de Tokyo… grade ? Euh, étudiant ? Très bien, Nanahara Hiro, vous voyez que c’est pas difficile. Que faites-vous sur cette île ? Je suis venu, avec une équipe de recherche, pour étudier les black stingrays. Les black stingrays ? Ce sont des poissons. Je sais ce qu’est une black stingray, merci. Ce que je trouve étrange, par contre, c’est qu’un étudiant japonais débarque sur cette île pile à ce moment-là… au lieu de me servir des alibis bidons, vous préférez pas me dire la vérité ? Qui vous envoie ? Le gouvernement japonais ? La Défense ? Qu’espérez-vous trouver ici ? Mais de quoi vous parlez ? » La blonde lui répondit en recommençant son supplice, lui grattant la plante des pieds des deux mains cette fois, alternant lent sur un pied et rapide sur l’autre et inversement. C’était tout bonnement insupportable et les ricanements nerveux du jeune homme se changèrent vite en un rire hystérique et étranglé. « Mais arrêtez ! Arrêtez je vous en prie ! Vous délirez à bloc, pourquoi la Défense s’intéresserait aux stingrays ? Ce n’est pas de poissons que je parle. Que savez-vous sur Kusanagi ? Kusanagi ? Mais qu’est-ce que ça a à voir ? » La femme ne répondit pas mais se leva de son tabouret et vint se pencher au-dessus de lui, levant ses mains devant son visage et agitant ses doigts d’une manière menaçante. Oh non… il était torse nu, et avait les bras attachés au-dessus de la tête. Aucun moyen de se défendre. Et les doigts se rapprochèrent, et lorsqu’ils frôlèrent ses côtes, il se mit à hurler de désespoir : « Non ! Non pas ça ! Stop ! Alors répondez à la question que je vous ai posée. Kusanagi est une épée légendaire, un symbole de l’Empereur du Japon. La légende dit qu’elle est conservée au Temple d’Atsuta, mais personne ne l’a jamais vue, c’est pour ça qu’on pense qu’elle n’existe pas, que c’est du folklore, un peu comme Excalibur pour les Européens. Vous avez l’air d’en savoir beaucoup. J’ai appris ça à l’école, comme tous les Japonais ! Et c’est la seule chose que ce nom vous évoque ? Mais oui ! C’est quoi le délire, vous êtes des chasseurs de trésors ou des trucs comme ça, et vous pensez que l’épée légendaire est sur cette île ? Pensez ce que vous voulez, mais je suis là juste par accident, moi, j’ai rien à voir avec vos histoires, alors s’il vous plaît, laissez-moi partir ! Et votre copine, qu’est-ce qu’elle a à voir là-dedans ? Elle fait partie de l’équipe de recherche sur les stingrays elle aussi, c’est tout ! On a échoué ici après la tempête, tout ce qu’on veut c’est contacter notre bateau et rentrer chez nous ! On a rien à voir avec vos histoires, et promis, on dira rien ! Rien d’autre à ajouter ? Non ! Alors vous allez me laisser partir ? » Le Commandant sourit. Un sourire cruel et carnassier. « Non. Je vais vous laisser là, et demain matin à la première heure, nous reprendrons cette discussion. Sauf que cette fois, ça durera pendant quatre heures non-stop avant que je pose mes questions, alors réfléchissez bien à ce que vous aurez à me dire. » Et elle quitta la tente, la refermant derrière elle, laissant le jeune homme dans la pénombre, toujours attaché, et terrorisé. Et la journée se passa comme ça. Seul l’homme à la cagoule, Davidson, vint le voir une fois à midi, et une fois le soir, pour le détacher juste assez longtemps pour qu’il engloutisse un bol d’une sorte de ragoût clair et peu appétissant, et tout le reste du temps il le passa attaché, seul, à méditer sur le supplice qui l’attendait le lendemain matin, et à s’inquiéter sur le sort d’Aurore. Au moins, elle n’avait pas été capturée… il espérait vraiment qu’elle s’était trouvée un coin, à l’abri, et qu’elle allait bien… Il se perdit tellement dans ses pensées qu’il ne vit pas la nuit tomber. Déjà ! Plus que quelques heures avant que l’interrogatoire reprenne, et il n’avait rien à lui dire, à cette espèce de folle ! Elle allait finir par le tuer à le prendre pour un espion ou quelque chose comme ça ? Et Aurore… tant qu’elle dormait à l’abri cette nuit, c’était le principal. Il sursauta quand une silhouette fit irruption dans la tente, aussi furtive qu’un fantôme. « Tais-toi ! chuchota la silhouette avant qu’il eut le temps de dire quoi que ce soit. Je viens t’aider, ne fais pas de bruit je vais te détacher ! » C’était un homme, jeune, en bermuda et t-shirt rouge, arborant le teint mat et le physique imposant des Maori. Il le détacha en quatrième vitesse, en silence, et ensemble, ils se faufilèrent hors de la tente. Pas de garde, tout le monde semblait dormir. Alors ils traversèrent le camp en silence, têtes baissées, jusqu’à un chemin en pente qui s’ouvrait entre deux falaises, qu’ils gravirent jusqu’à revenir dans la jungle. « C’est bon, dit l’homme, ils pourront pas nous entendre ici. Je vous ai pas dit merci, dit Hiro. Mais… qui êtes-vous ? Vous ne leur ressemblez pas. Je m’appelle Jake. Je fais partie des gardes-côtes de Nouvelle-Zélande. Il y a quelques semaines, mon bateau a rencontré le leur en pleine mer. La bataille a été terrible, tous mes collègues ont été abattus… sauf moi. Ils m’ont gardé comme otage, au cas où ils se retrouveraient encerclés par les autorités… Mais c’est dingue, c’est qui ces gens, en fait ? Au début je pensais que c’était des pirates, mais leur… commandant, l’espèce de nazie, là, elle ressemble pas à une pirate… Elle s’appelle Maureen Cassidy, c’est un ancien membre de l’IRA Véritable. L’IRA Véritable ? Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est une faction indépendantiste nord-irlandaise… très violente. Des terroristes qui veulent obtenir la réunification de l’Irlande par des kidnappings, des meurtres et des attentats. Mais qu’est-ce que des terroristes irlandais viennent faire dans le Pacifique Sud ? Tout ça n’a aucun sens ! Depuis que je suis leur prisonnier, on vogue d’île en île, chaque fois c’est pareil : ils débarquent, établissent un campement, fouillent l’île en long, en large et en travers pendant quelques jours, et repartent aussi secs. Ils cherchent quelque chose dans cette région, je sais pas ce que c’est exactement, mais j’ai entendu plusieurs fois prononcer le mot Kusanagi… C’est une épée légendaire japonaise, mais personne ne l’a jamais vue, on est même pas sûrs qu’elle existe… ils pensent qu’elle existe et qu’elle serait cachée sur une île du Pacifique, alors ? Mais qu’est-ce qu’ils veulent en faire ? J’en sais rien, la revendre peut-être ? Mais le principal, c’est qu’on se tire d’ici. Je leur ai piqué une radio, tu as quelqu’un à contacter ? Une radio ? Mais c’est génial ! Donne-moi ça ! » Le jeune homme se saisit de l’appareil et commença à explorer les différentes fréquences. Il tomba sur des bribes de conversations, provenant vraisemblablement des radios des pirates. Puis, soudain : « Pac… plorer, demande… stance, av… mot… vous… cevez ? Allô ? dit le jeune homme fébrilement en enfonçant la touche d’appel. Malgré la réception très mauvaise, il avait bien reconnu le nom du bateau. Allô, Pacific Explorer, ici Hiro Nanahara ! Nous sommes coincés sur Stingray Island avec Aurore Chauvier et un garde-côté néo-zélandais. Nous allons bien mais l’île est infestée de pirates ! Il faut venir nous chercher, et vit ! » Il ne reçut aucune réponse. « Ils doivent être hors de portée, dit Jake. Peut-être que si on trouve un endroit en hauteur… viens, on va grimper dans cette direction. Non, pas question, dit Hiro. Quoi ? Pourquoi ? Mon amie, elle est toute seule, quelque part dans la jungle. Je pars pas sans elle, on la retrouve d’abord, et après on s’occupe de la radio. Bon, d’accord. Une idée d’où elle peut être ? Absolument aucune. Va falloir chercher partout. Quoi, partir au hasard, dans cette jungle ? Mais on en aura pour des jours ! Alors autant commencer tout de suite. »

  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans
    [u:2mpi8phq]Partie III : Le secret de Stingray Island[/u:2mpi8phq] Le soleil commençait à se lever, répandant ses lueurs rosâtres à travers les feuilles humides des arbres. Les deux hommes étaient crevés. Ils avaient crapahuté dans la jungle toute la nuit, ne faisant que quelques pauses pour dormir un peu, mais pas assez. Et puis, ils n’avaient rien à manger et la faim commençait à se faire sentir ! C’est donc à bout de force qu’ils continuaient malgré tout, les bruits de la nature s’éveillant paisiblement les maintenant éveillés. Hiro sentit soudain quelque chose sous son pied qui n’était pas normal. Ce n’était pas une branche, ni un caillou… il regarda et vit qu’il avait marché sur un os. Intrigué, il se pencha et écarta les feuilles mortes pour découvrir un autre squelette. « Encore un crâne troué, dit-il. C’est le deuxième que je vois, des gens ont été abattus ici. Abattus ? J’ai pas souvenir d’avoir entendu parler que les pirates avaient tué quelqu’un… C’est pas eux… vu l’état, ce type est mort depuis des dizaines d’années. Et ça colle avec toutes les histoires étranges sur cette île, comme quoi ceux qui s’y aventurent disparaissent… en fait, ça et d’autres choses que j’ai vues, me font penser… que cette île était habitée, avant, mais que quelque chose de très grave s’est produit. Peut-être que les habitants se sont entretués, ou quelque chose comme ça. C’est morbide comme histoire… Oui… il y a quelque chose de morbide sur cette île, un secret, quelque chose comme… hé, c’est quoi ça ? » Son regard fut attiré vers un arbre non loin d’eux, dont le tronc était lacéré de marques qui lui semblaient familière. Il s’en approcha et les étudia attentivement. « Oh la vache ! s’exclama-t-il, tout excité d’un coup. Qu’est-ce qu’il y a ? Ces marques, sur le tronc, c’est des Kanjis ! De l’alphabet japonais ! Et c’est écrit Aurore, c’est elle ! Elle a écrit son nom en Japonais pour que je sache qu’elle est passée par là ! Oh, cette fille est géniale ! Du calme, mon garçon, ne t’emballe pas. Elle est peut-être passée par là, mais elle n’y est plus, alors comment on va la retrouver ? Elle a dû sûrement… attends… » Il se leva et se mit à chercher frénétiquement alentours, observant chaque tronc d’arbre jusqu’à en trouver un autre portant la même inscription. « Là ! » s’exclama-t-il, et il se mit en recherche d’un autre, et d’un autre encore. Il finit par découvrir un véritable jeu de piste, tout un itinéraire tracé par ces gravures sur les arbres, et dans son excitation, il le suivit tout droit et à fond, oubliant entièrement le pauvre Jake qui peinait bien à le suivre. La piste les conduisit à l’ouverture étroite d’une grotte sur le flanc d’une crête. Hiro s’y aventura sans hésiter et fut surpris de distinguer, dans la pénombre, une épaisse porte en métal. Une porte ? Il la poussa et elle s’ouvrit en gémissant sur ses gonds rouillés, laissant entrer la lumière du jour dans un intérieur qui semblait fait de béton, mais il n’eut pas le temps de l’étudier que soudain, une silhouette mince et élancée apparut devant lui telle un fantôme et le menaça avec un bâton. Il recula et poussa un cri, mais une fois qu’elle eut reconnu son ami, Aurore lâcha son arme et se jeta dans ses bras. « Hiro ! J’ai eu si peur, j’ai cru que ces pirates t’avaient enlevé ! Tu vas bien ? Oui, ça va. Ils m’ont bien enlevé en fait, mais il m’a aidé à m’échapper, répondit le garçon en faisant un geste en direction de son camarade. Salut… je m’appelle Jake. Salut Jake, dit la jeune fille, se sentant soudain toute chose. Il était grand, et baraqué, et putain qu’est-ce qu’il était beau ! Aurore, demanda Hiro, je t’ai retrouvée grâce aux marques. Tu m’avais pas dit que tu savais écrire le Japonais ? Je le sais pas, en fait, mais quand j’avais quinze ans, j’ai fait un voyage au Japon avec mon père. Je me suis fait une copine là-bas, Sakura. Elle m’a appris à écrire mon nom en Kanjis. C’est tout ce que je sais du Japonais, mais je me suis dit qu’avec ça t’allais peut-être me retrouver. Et c’est le cas. C’était génial comme idée ! Alors comment t’as survécu ? Je vais te dire, mais d’abord entrez, on sera mieux à l’intérieur. » Ils obéirent et elle referma la lourde porte derrière eux. Il faisait noir à l’intérieur, mais la jeune fille gratta une allumette et s’en servit pour allumer une vieille lampe à huile pour amener de la clarté. C’était une grande salle en béton, avec des tuyaux et des câbles électriques d’aspect ancien qui couraient le long du plafond. La salle était aménagée avec des tables et des bancs en bois, sur lesquelles gisaient des restes de vaisselle en fer et tout un tas de babioles, des cartes à jouer, des paquets de cigarettes jaunis par le temps. Sur une des tables étaient entassées des noix de coco fraîchement cueillies, et à côté, Chinow dormait tranquillement. « Tu vois, dit Hiro avec le sourire, je t’avais dit qu’il allait te retrouver. Oui, tu avais raison, elle est vraiment forte. Et c’est une demoiselle, en fait ! Ah, pardon. Alors, comment tu t’en es sortie ? Après qu’on se soit séparés j’ai erré dans des marais, je crois qu’au bout d’un moment j’ai fini par semer les pirates. J’ai tourné en rond dans la jungle pendant un long moment, jusqu’à ce que le jour se lève, et là Chinow m’a retrouvée, j’en revenais pas ! Alors je me suis dit qu’on devrait se trouver un refuge, et j’ai commencé à marquer mon chemin pour que tu puisses me rejoindre. Je suis tombé sur cet endroit par hasard, et c’était vraiment le coup de bol, il y avait tout à l’intérieur, la lampe, là, et aussi des allumettes, des couteaux… j’ai trouvé des cocotiers en haut de la crête, et j’ai été à la cueillette, il en reste plein si vous voulez ! Mais, je comprends pas trop ce que c’est que cet endroit, tout a l’air super vieux, ici, et… je sais pas, on dirait un genre de bunker ou quelque chose comme ça… t’en penses quoi Hiro ? Hiro, ça va ? Aurore, tu sais ce que c’est que ça ? demanda le jeune homme, qui s’était tout à coup figé en remarquant l’étendard accroché sur un des murs. C’était un grand drapeau blanc avec un cercle rouge au milieu, comme un grand soleil dont les rayons se propageaient jusqu’aux bords du drapeau. Euh, non, je l’ai remarqué mais je sais pas ce que c’est. Tu sais, toi ? C’est un Soleil Levant. L’emblème de l’armée impériale. Aurore, cet endroit, c’est… c’est un bunker japonais de la Seconde Guerre Mondiale. Quoi ? Mais comment c’est possible ? On est au large de la Nouvelle-Zélande, c’est beaucoup trop loin ! L’Empire du Japon s’étendait tout le long du Pacifique pendant la guerre, en fait. Ils ont construit des fortifications sur de nombreuses petites îles… dont celle-ci, on dirait. Et par là-bas, il y a quoi ? demanda-t-il en montrant du doigt une porte à l’autre bout de la salle. Je sais pas, j’ai pas osé explorer, encore. Alors on va bien voir. » Il prit la lampe à huile et guida la marche. Ils ouvrirent cette nouvelle porte pour découvrir un couloir derrière, avec plusieurs portes de chaque côté. Les trois visiteurs stupéfaits découvrirent en ouvrant chacune d’elle une armurerie, encore pleine de fusils malheureusement rouillés et inutilisables, un grand dortoir vide, une infirmerie, et une pièce qui avait l’air d’être l’appartement privé du chef de la base, car il y avait un bureau où s’entassaient des papiers jaunis et un lit sur lequel gisait un squelette vêtu des restes pourris d’une tenue verte. « Oh mon Dieu ! » s’écria Aurore, et elle se cacha immédiatement le visage avec les mains. Mais la peur disparut lorsqu’elle sentit les bras puissants du garde-côte l’entourer. Elle se sentit tout à coup rassurée, et sans qu’elle comprenne trop ce qui se passait, son cœur se mit à battre la chamade et ses jambes devinrent toutes faibles. Elle était bien, dans les bras de cet homme fort. Hiro assista à la scène et sentit une furieuse jalousie lui monter au nez. D’accord, ce Jake l’avait sauvé, mais d’où est-ce qu’il se permettait de ! Non, il n’allait pas réagir, pas la peine de taper un scandale. Après tout, une fois sauvés, Jake allait rentrer chez lui et ils ne le reverraient plus. Alors il reporta son attention sur le mort et confirma que sa tenue, du moins ce qu’il en restait, était bien un uniforme d’officier japonais. Il décida de pousser un peu son enquête et alla fouiller le bureau, où il découvrit un journal, par chance toujours lisible malgré le temps. Il commença à le parcourir, captivé, et se retrouva pris dedans, à tel point qu’Aurore dut répéter son nom plusieurs fois pour qu’il revienne à la réalité. « Hiro ? Hiro ! Qu’est-ce que tu lis ? C’est quoi ? C’est le journal du commandant, murmura-t-il, tout pâle. Et… c’est vraiment flippant… De quoi ? Qu’est-ce qui est flippant ? 5 aout 1945, lit-il à haute voix, avons perdu contact radio, panne matériel. Attendons livraison de pièces de rechange. J’espère qu’ils feront vite, opération prévue pour le 17 aout, le temps presse ! 18 septembre 1945, toujours pas de contact avec État-major. Conformément aux ordres, mettons en pause toutes opérations et défendons l’île. Et ça continue comme ça pendant des années ! 9 janvier 1946, les hommes pensent que l’État-major a été envahi, le moral des troupes baisse. Ai ordonné de poser des pièges dans la jungle et ai fait doubler la fréquence des patrouilles pour prévenir toute tentative d’invasion. Nous ne devons pas nous laisser aller aux spéculations et au désespoir ! Notre mission est des plus sacrées, nous devons protéger Kusanagi coûte que coûte ! 22 juillet 1952, avons encore abattu trois éclaireurs Américains. Cette île ne doit jamais tomber aux mains de l’ennemi ! Attends, mais… 1952 ? Mais la guerre était déjà terminée, non ? Le Japon s’est officiellement rendu le 15 aout 1945. Et pourtant, le journal continue, parlant sans cesse de défendre l’île, d’abattre les éclaireurs… Aurore, ça veut dire… qu’une fois que ces soldats ont perdu le contact avec l’extérieur, ils n’avaient plus aucun moyen de savoir que la guerre était finie. Et ils ont été oubliés, alors ils ont continué de faire leur devoir et ont défendu l’île pour rien, toutes ces années, en attendant une relève qui n’est jamais venue. Quoi ? Mais c’est horrible ! Et pendant toutes ces années, ils ne se sont jamais posés de questions ? Non, bien sûr. Je crois que les Occidentaux ne peuvent pas vraiment comprendre la loyauté dont étaient capables les soldats japonais de l’époque. Ils pouvaient se suicider sans une seule hésitation au nom de l’Empereur. Alors, rester à leur poste, seuls sur cette île, pendant des années… finalement, ce n’est pas étonnant. C’est pour ça que cette île a acquis cette réputation, des gens qui y disparaissent… ces types prenaient les visiteurs pour des envahisseurs et les descendaient tous ! Et ça a duré combien de temps, cette histoire de fous ? Et bien… d’après le journal, il y a eu des morts au fil des années, certains soldats sont devenus fous et se sont suicidés, ou entretués, d’autres sont morts de maladies tropicales… dans la dernière saisie du journal, le commandant dit qu’il est le dernier survivant, et qu’il se sent faiblir, qu’il est fatigué et seul et qu’il a hâte de mourir… et… cette saisie date de 1985. Le dernier survivant de la base est mort de vieillesse… Waow… ça fout la chair de poule… Tu trouves ? Moi je trouve ça triste, et beau en même temps… même si l’armée impériale a commis des atrocités pendant la guerre, cet homme a fait son devoir jusqu’au bout, avec honneur… » Et sur ces mots, il referma le journal et le posa avec une grande délicatesse sur la poitrine du squelette. Puis il joignit ses mains et murmura une sorte de prière en Japonais. Puis ils quittèrent la pièce et allèrent ouvrir une autre porte dans le couloir pour découvrir une station de radio. « Super ! s’écria Hiro. Avec ça, on va pouvoir… » Il s’arrêta au milieu de sa phrase quand il se rendit compte qu’il avait beau appuyer sur n’importe quel bouton ou tourner n’importe quelle molette, rien ne réagissait. « Et merde, dit-il, c’est vrai : la radio est cassée depuis belle lurette. Peut-être, dit Jake, mais je peux bricoler pour qu’on se serve de leur antenne sur notre radio, on aura peut-être la portée suffisante pour appeler le bateau. C’est vrai, tu peux faire ça ? Je pense, mais ça risque de prendre des heures. Vas-y ! C’est pas comme si on avait autre chose à faire de toute façon. » Ils se mirent alors tous au travail, à démonter tous les équipements de radio, à tirer les fils, à tout remonter selon les directives de Jake, qui était manifestement le seul à comprendre comment tout ça fonctionnait. Et effectivement, ils en eurent pour plusieurs heures, s’arrêtant de temps en temps pour manger et se reposer un peu avant de se remettre au boulot. Et travailler à la lueur d’une lampe à huile, c’était vraiment pas pratique. Et pour passer le temps, ils parlèrent, ils mirent Aurore au courant de la situation, et Jake profita qu’ils étaient au calme pour en dire un peu plus : « Le père de Maureen, dit-il, était un militant pro-indépendance. Il est mort, abattu par l’armée britannique. Ce drame a profondément perturbé Maureen, elle s’est radicalisée encore plus et a rejoint les rangs des terroristes. Elle s’est vite forgée une sacrée réputation ! En fait, elle a fini par se faire virer de l’IRA à cause de ses idées trop extrêmes. Virer ? Ouais, virée d’un groupe terroriste parce qu’elle était trop extrême pour eux, vous imaginez ? Alors elle est partie, d’après les rumeurs elle aurait été en Somalie, en Afghanistan, un peu partout dans les endroits chauds du monde. Elle aurait bossé avec des pirates, des contrebandiers, des mercenaires, et petit à petit, elle a recruté, pour former sa propre cellule dissidente, Celtic Blaze, le Brasier Celtique. Et c’est eux, ici ? Oui, l’équipage du bateau… en fait, il n’y a que quelques Irlandais de souche qui forment le noyau du groupe, tous les autres ne sont que des mercenaires. Elle est complètement folle. Elle veut déclarer la guerre totale contre l’Angleterre qu’elle estime responsable de tous ses maux, et elle ne recule devant rien pour poursuivre son but. Même la vie humaine n’a aucune importance pour elle. Mais comment vous savez tout ça ? Je suis prisonnier depuis des semaines, j’en ai entendues des conversations sur le bateau. Et donc, demanda Aurore, si je comprends bien, cette Maureen pense qu’une épée légendaire cachée sur cette île par l’armée japonaise pendant la guerre pourra l’aider à vaincre l’Angleterre ? Je vous l’ai dit, elle est folle à lier ! Je sais pas du tout ce qu’elle mijote, tout ce que je sais c’est qu’elle ne reculera devant rien pour mettre la main sur cette… ah, voilà ! » Après plusieurs heures de boulot, sa radio, qu’il avait en partie démontée et branchée par un enchevêtrement incroyable de câbles à l’équipement des Japonais, se mit à grésiller et à donner un signal clair. Aurore prit immédiatement l’émetteur des mains du garde côte, appuya sur la touche, et se mit à crier dedans comme une folle : « Papa ! Papa c’est moi, tu m’entends ? Papa ? Donne-moi ça, Aurore, dit Jake, tu vas pas y arriver de cette façon… Aurore ? dit la radio. Aurore, c’est toi ? » La jeune fille sursauta sous la surprise et faillit lâcher l’émetteur. « Papa ! Oui, c’est moi ! Oh, Dieu merci tu es vivante ! J’ai eu si peur, ma puce ! Tu vas bien ? Où es-tu ? Je suis avec Hiro, et Jake, un garde-côte, on est coincés sur Stingray Island. Viens vite nous chercher, s’il te plaît, y a des pirates partout sur l’île… Des pirates ? Oui ! Je te promets, ils sont beaucoup, et ils sont méchants ! J’ai si peur… D’accord, d’accord, calme-toi ma puce. On a été déviés et on a eu une avarie moteur, à cause de la tempête, on est restés immobilisés en pleine mer pendant deux jours, mais on vient de réparer, le bateau peut repartir. Alors voilà ce que vous allez faire, sur la pointe nord de l’île il y a une plage, est-ce que vous pensez y arriver ? Euh, je sais même pas où on est sur l’île. Là ! » répondit Hiro. Pendant qu’elle était occupée à parler, il s’était mis à fouiller les tiroirs de la pièce, et venait d’en ressortir une carte et une boussole. « Regarde, dit-il, nous on est là. On dirait qu’il y a une autre installation plus au sud, sur cette côte, à l’extrémité de la rivière, et la plage sur la pointe nord est par là. Ça n’a pas l’air d’être si loin. Super ! s’exclama la jeune fille. D’accord, Papa, on peut y être ! Parfait, on sera là dans environ une heure. Allez-y et attendez-nous là-bas. Et ma puce ? Oui ? Je t’aime. » Ces mots firent l’effet d’un coup de poing à la jeune fille. Elle savait que son père l’aimait, bien sûr, mais c’était la première fois qu’il le disait aussi spontanément. « Je t’aime aussi, Papa, » répondit-elle avec des sanglots dans la voix avant de couper la communication. « Super, dit Hiro, on bouge alors ! Je vais essayer d’appeler les gardes-côtes avant, répondit Jake. Si Maureen et ses hommes nous rattrapent, on pourrait avoir besoin de renforts. Allez vous préparer, j’arrive dans quelques minutes. » Ils le laissèrent donc à sa radio et retournèrent dans la grande salle pour récupérer le chat et rassembler quelques affaires : une boîte d’allumettes si le bateau tardait à arriver et qu’ils avaient envie de faire un feu, deux noix de coco s’ils avaient faim, un couteau pour ouvrir les noix, un bâton… ils mirent tout dans un sac que Hiro se proposa de porter, et y installèrent également le chat, ce serait plus facile que de le porter à la main. Aurore ne garda que le bâton pour marcher. Hiro remarqua qu’elle avait l’air mélancolique. « Hé, ça va ? demanda-t-il. Oui, t’inquiète… c’est juste que juste avant la tempête, je me suis engueulée avec mon père… je lui ai dit des choses très méchantes, que je pensais pas, et… là, ce qu’il m’a dit, ça m’a touchée… Hé, t’en fais pas, dit-il en la prenant dans ses bras. Il va venir nous chercher, et vous aurez tout le loisir de parler, et tout ira mieux, tu verras. Dans une heure, tout ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Ouais, dit-elle en souriant, t’as raison. Merci, Hiro… t’es un super copain, tu sais ? » Le jeune homme se pencha vers elle, approchant ses lèvres pour l’embrasser, mais elle l’esquiva avec douceur. Déçu, il releva la tête. Juste un copain ? se demanda-t-il. Après tout ce qu’ils avaient vécu ? Jake entra dans la pièce, et Hiro remarqua tout de suite le changement dans le comportement de son amie, la rougeur au niveau des joues et le petit sourire niais. Oui, bien sûr, se dit-il, amer. Comment pouvait-il rivaliser avec un bellâtre pareil ? Ils sortirent alors du bunker et se mirent en marche, Jake menant le cortège à travers la végétation d’un pas sûr, Aurore à sa suite, toute enjouée, impatiente de retrouver son père, et Hiro fermant la marche, traînant des pieds. « Hiro, ça va pas ? demanda Aurore en se mettant à son niveau. Si, si, t’inquiète. C’est par rapport à ce qui s’est passé… dans le bunker ? Tu sais, je voulais pas… enfin, je veux dire, t’as beaucoup fait pour moi, je te dois beaucoup, mais… J’ai compris, t’inquiète pas, si je suis pas ton genre c’est pas grave. Je sais que je suis pas super grand, ni super musclé… Hé, ne le prends pas comme ça ! On est crevés avec tout ce qui se passe, et je pense qu’on devrait pas se laisser emporter. Tu vas voir, après une douche et une bonne nuit de sommeil on aura oublié tout ça, d’accord ? Hé, Jake, attends-nous ! Jake ? » Le garde-côte s’était arrêté net, et ils le rejoignirent, prêts à lui demander pourquoi cet arrêt. Mais ils n’en eurent pas besoin : la demi-douzaine d’hommes armés qui avaient surgi de la jungle tout autour d’eux répondit à leur question. « Merde ! cria Aurore. On se casse ! Hin hin, répondit une voix de femme qui la coupa net dans son élan, je ne ferais pas ça, à votre place. Vous êtes peut-être rapides, mais sûrement pas aussi rapides qu’une balle. » Cette voix donna la chair de poule à la jeune fille qui se retourna pour faire face à la blonde en noir qui les toisa d’un regard de vainqueur. « Je suppose que c’est vous, Maureen ? demanda-t-elle. Exact, et vous nous avez bien donné du fil à retordre, les jeunes. Enfin je pense que vous nous avez été utiles, après tout. Jake, tu parlais d’une carte ? Oui, répondit le garde-côte, la voilà. » Et il lui remit la carte trouvée dans le bunker. « Excellent, dit-elle en l’admirant. Il y a donc bien un bunker de commandement dans les terres, là d’où vous venez, et une seconde installation sur la côte. C’est sûrement là que se trouve Kusanagi, on touche au bout ! Beau boulot, Jake ! Tu sais que je pourrais t’apporter tous les trésors du monde, ma princesse, répondit le garde-côte en déposant un baiser sur les lèvres de la terroriste. Quoi ? hurla Hiro, estomaqué. Maureen, cette cinglée… c’est ta copine ? Mais pourquoi tu m’as aidé à m’échapper si c’était pour nous trahir ? Vois-tu petit, répondit la blonde, j’arrivais pas à déterminer si ce que tu me disais était la vérité ou si tu étais juste très fort pour dissimuler des informations. Vu que j’étais pas satisfaite de mon interrogatoire, j’ai préféré employer une autre méthode, j’ai donc envoyé Jake pour t’aider à t’échapper et voir qui tu allais contacter, et si tu allais trouver des choses intéressantes. Et tu nous a menés tout droit vers cette carte, félicitations ! Jake, c’est dégueulasse, siffla Aurore. Je te faisais confiance, je croyais que t’étais quelqu’un de bien ! Alors cette histoire comme quoi t’étais leur prisonnier, c’était du flan pour nous amadouer ? Non, dit-il, je suis bien un garde-côte qui a été pris en otage. Mais… disons que pendant ma captivité, j’ai découvert que certaines causes valent la peine qu’on se batte pour elle. » Et il ponctua sa phrase en mettant son bras autour de la taille de Maureen et en l’embrassant à nouveau. C’était écœurant. « Commandant, demanda l’un des hommes, qu’est-ce qu’on va faire de ces jeunes, maintenant ? On les garde, le garçon peut lire le Japonais, il nous sera sûrement utiles. Et une fois la mission terminée, on s’en débarrasse. La petite est vachement mignonne, et ce petit accent français, ouh, j’adore ! On pourra peut-être la garder comme distraction ! » Tous les hommes éclatèrent d’un gros rire à cette remarque, et l’un d’eux fit un pas en direction d’Aurore… avant de crier et de se retrouver subitement pendant à un mètre au-dessus du sol, pris dans un gros filet. Un autre piège ! Cet incident surprit tout le monde, et ce moment de distraction générale était justement ce dont les jeunes avaient besoin : Aurore saisit son ami par le bras et l’entraîna dans sa fuite. Ils se mirent à courir comme des dératés, motivés par les cris des hommes, les détonations, et le sifflement des balles autour d’eux. Ils coururent aussi vite que possible, sans regarder où ils allaient, sachant que la moindre hésitation, le moindre ralentissement, leur serait fatal. Jusqu’à ce qu’ils se retrouvent au niveau de la crête, face à la porte du bunker. « Oh merde, s’écria Aurore, on est revenus sur nos pas ! On fait quoi ? » Mais les circonstances décidèrent pour elle : leurs poursuivants se rapprochaient tellement vite qu’ils n’eurent pas le loisir de réfléchir à leurs options : ils se réfugièrent à l’intérieur et bloquèrent la porte. « Tu crois que ça va tenir ? demanda la jeune fille, inquiète en entendant les hommes tambouriner contre la porte à l’extérieur. Oui, t’inquiète, c’est de l’acier très épais. O’Donnell, ordonna Maureen, sors ton lance-grenades et fais sauter la porte ! OK, dit Hiro, ça va peut-être pas tenir en fait. On bouge ! » Ils quittèrent la salle et retournèrent dans le couloir, tâtonnant pour trouver leur chemin. Pas le temps d’aller chercher la lampe à huile, ils allaient se débrouiller dans le noir. L’infirmerie, l’armurerie, le dortoir, la salle de radio… il n’y avait qu’une seule porte qu’ils n’avaient pas encore essayée, au bout du couloir. Leur dernière chance. Ils entendirent la détonation du lance-grenades, derrière eux. Ils étaient entrés, c’était sûr. Ils ouvrirent fébrilement la porte, derrière elle une échelle métallique descendait dans les ténèbres. Pas le temps de se demander ce qu’il y avait en bas, ils la descendirent en quatrième vitesse pour se retrouver jusqu’aux genoux dans l’eau froide. « Brr, dit Aurore en frissonnant, mais c’est quoi cet endroit ? Sûrement un canal d’évacuation des eaux. Il doit bien déboucher quelque part, viens ! » Et ils se mirent à courir, ou plutôt à essayer de courir dans cette eau glacée qui les ralentissait, sans même voir où ils allaient, mais persuadés que ce tunnel allait déboucher vers l’extérieur. Ils aperçurent des flash lumineux provenant de derrière eux, les lampes-torches de leurs poursuivants. Et ils purent entendre leurs cris, des ordres aboyés. Puis… FWOOP ! La détonation d’air comprimé caractéristique d’un lance-grenades alerta Hiro. « Attention ! » hurla-t-il, mais ils eurent à peine le temps de se baisser que l’onde de choc de l’explosion les assomma. « Hiro ! Hiro, t’es là ? appela Aurore en se relevant. Le plafond du tunnel juste devant elle s’était écroulé, et le chemin était bloqué par une muraille de gravats. Oui, je suis là ! répondit le jeune homme de l’autre côté de l’obstacle. Merde, est-ce que tu vois un passage ? Attends, j’en cherche un… » Elle se mit de son côté à tâtonner fébrilement le mur de débris, mais peine perdue, il n’y avait visiblement aucun accès. Et les poursuivants se rapprochaient d’elle. Elle était du mauvais côté du mur. « Hiro, appela-t-elle, ça sert à rien, on aura pas le temps ! Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je vais te sortir de là, attends ! Non, c’est trop tard, ils sont presque arrivés ! Ecoute, je veux que tu continues, d’accord ? Va au point de rendez-vous, et trouve mon père. Il saura quoi faire pour me sortir de là ! Promets-le moi, d’accord ? Et merde, d’accord, mais je te promets que je viendrai te tirer de là, OK ? Tiens le coup, je vais revenir ! » Elle l’entendit s’éloigner. Elle soupira, elle était morte de peur. Puis elle se tourna pour faire face à l’inévitable. Les poursuivants arrivèrent à sa hauteur, et l’aveuglèrent de leurs torches. Rassemblant tout son courage, elle leva son bâton vers eux d’un geste menaçant. S’il fallait qu’elle se défende, elle allait donner tout ce qu’elle avait. « Ha ha ! railla Maureen. Un pauvre bâton contre des fusils automatiques ? Je reconnais que t’as du cran, petite. » Elle s’avança au milieu de ses hommes, et d’un geste, leur ordonna de s’éloigner. Puis elle dégaina un énorme revolver argenté et se mit à jongler avec, à la manière des vieux westerns. « Ceci, dit-elle, est un 44 Magnum à double action. Six balles, chacune assez puissante pour pulvériser entièrement ta jolie petite tête. Tu crois toujours parvenir à quelque chose avec ton cure-dents ? Est-ce que j’ai vraiment le choix ? répondit Aurore, tentant de ne pas laisser la terreur apparaître dans sa voix. _ Ha, ça c’est le bon esprit, je respecte ça. Tu as une chance, et une seule. Ne la gâche pas. » Elle se tenait devant elle, elle ne bougeait pas. Personne ne bougeait. Une chance. De toute façon, elle ne pouvait pas fuir, elle était dos au mur… littéralement ! Alors elle prit une grande inspiration, serra son bâton de toutes ses forces, et avec sa grâce d’escrimeuse, elle visa la tête de la terroriste et frappa de toutes ses forces. Maureen esquiva le coup sans peine, et avant qu’Aurore n’ait pu reprendre son équilibre, elle sentit la main de son adversaire empoigner son bâton avec une force incroyable, et elle vit le canon de l’énorme revolver, qui la regardait droit dans les yeux. Ça y est, c’était la fin. Son souffle se coupa net. « Pan ! » dit Maureen. Ce fut le coup de trop pour la jeune fille : elle tomba dans les pommes.

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    Black Stingray - il y a 11 ans
    [u:24rg37li]Partie IV : La fureur de Kusanagi[/u:24rg37li] Aurore s’était réveillée dans la vedette pendant qu’elle voguait vers le gros bateau des pirates. Elle eut beau essayer de se débattre, elle était menottée, et lorsqu’ils arrivèrent, elle fut conduite sans ménagement à l’intérieur, traînée par une espèce de grosse brute le long des coursives jusqu’aux niveaux inférieurs, vers la cale. Elle entendit un grondement sourd provenant des entrailles du navire et sentit des vibrations sous ses pieds, qui lui indiquèrent que le bateau s’était mis en marche et se déplaçait. Et c’est dans un couloir sombre et humide, aux parois métalliques ruisselantes et piquetées de rouille, qu’ils s’arrêtèrent, et la grosse brute lui retira ses menottes et sa chemise et l’attacha contre la paroi, les bras tendus au-dessus de sa tête et les poignets accrochés par des serflex à de gros câbles bien solides. Elle eut beau tirer, les attaches ne montrèrent aucun signe de faiblesse, et pire, la lanière de plastique mince des serflex lui rentrait dans la peau et lui faisait mal. Et là, à sa plus grande horreur, la brute lui arracha d’un coup sec le haut de son bikini, et elle pâlit en se rendant compte qu’elle était attachée les mains en l’air, totalement exposée, et torse nu… entièrement à la merci de l’homme qui visiblement n’était pas là pour jouer aux cartes. Tous ces muscles se contractèrent en appréhendant ce qui allait bientôt se passer. Elle serra les dents. L’homme passa doucement une main le long de ses côtes, la sensation de chatouillement la fit tressaillir, et il remonta jusqu’à son sein, qu’il empoigna fermement. « Ha, enlevez vos sales pattes de là ! grogna-t-elle, et elle lui envoya de toutes ses forces son genou dans les parties. Aïe ! » hurla l’homme en se pliant en deux. Il releva la tête, ses yeux brûlants de rage. « Alors là, petite salope, tu vas me le payer ! » Il se redressa d’un coup, elle se braqua et ferma très fort les yeux, attendant le coup, quand… « MacMullin ! aboya une voix de femme tranchante comme l’acier. Ça suffit, laisse-nous. » L’homme s’adoucit tout à coup, Aurore ouvrit les yeux et le vit lui faire un clin d’œil salace avant de quitter la coursive, s’arrêtant au passage au niveau de Maureen pour lui réciter cérémonieusement, le poing fermé sur le cœur : « I réim in Eirinn, Commandant. I réim in Eirinn, MacMullin, » répondit-elle en imitant son geste. Puis, une fois qu’il fut parti, elle vint au niveau de sa prisonnière, et retira ses lunettes de soleil. Elle avait les yeux d’un bleu glaçant. « Faut excuser mes hommes, dit-elle, ça fait des mois qu’on est en mer et qu’ils n’ont pas vu une autre femme que moi. Alors une petite Française, vous comprenez, ça les rend fous. Je ne réponds de rien si, par mégarde, je quittais cette coursive en laissant la porte ouverte… C’est une menace ? demanda la jeune fille, en proie à la pire terreur qu’elle ait jamais vécue. Un avertissement. Après tout, je ne doute pas de votre coopération, vous m’avez l’air d’une jeune fille intelligente. Qu’est-ce que vous voulez ? Vous cherchiez une carte et vous l’avez trouvée, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? » La terroriste s’alluma un cigare neuf de la taille d’un barreau de chaise et en tira une bonne bouffée avant de répondre : « Comme vous pouvez le sentir, nous nous sommes mis en route. Nous faisons cap vers la seconde base japonaise de l’île, comme nous l’indique la carte trouvée dans le bunker. Seulement, il y aura sûrement des instructions à lire, et personne parmi l’équipage ne comprend le Japonais. Voilà ce que j’attends de vous, dit-elle en saisissant la radio qu’elle portait à la ceinture, vous allez appeler le bateau que vous étiez supposés prendre, et leur dire de ramener votre petit copain. Jamais ! Vous croyez quand même pas que je vais vous le livrer sur un plateau ! Vous avez tort de le prendre comme ça, vous avez une idée de ce que je pourrais vous faire pour vous persuader ? » Elle hésita. Dans sa position, si vulnérable, cette menace la terrifiait, mais Hiro avait tant fait pour elle, elle ne pouvait pas se résoudre à le trahir. Elle refusa de nouveau. « Très bien, dit Maureen. Je vais vous montrer comment je persuade les gens, j’ai des arguments très convaincants… » Et elle laissa glisser ses doigts le long des côtes de la jeune fille, qui sursauta de nouveau sous la sensation de chatouillement. « Qu’est-ce que vous allez me faire ? Vous verrez… » Et ses mains remontèrent, lentement, glissant sur le côté de ses seins pour finalement aller s’enfouir dans le creux de ses aisselles. Aurore se mit à hurler, ses yeux révulsés. C’était son point le plus sensible, et elle avait horreur des chatouilles. « Non ! Non, je vous en supplie, pas ça ! Tout mais pas ça ! » Mais la terroriste ne l’écouta pas, et continua, sans relâche, éprouvant même un plaisir non dissimulé à voir la jeune fille se tortiller en vain pour tenter d’échapper au supplice. Le Pacific Explorer s’arrêta à une distance suffisamment éloignée du bateau des terroristes pour ne pas être vu. Le soleil de l’après-midi s’était dissimulé derrière d’épais nuages gris, et de grosses gouttes de pluie commençaient déjà à tomber. Pour une fois, la météo était de leur côté : un temps couvert et pluvieux comme ça était parfait pour tenter une mission commando. « Oui, je le vois, déclara le professeur Chauvier en regardant dans ses jumelles. Exactement là où tu l’avais prédit, Hiro ! Comment t’as deviné ? » Le bateau de Maureen s’était déplacé de sa crique et mouillait maintenant devant la côte la plus escarpée de Stingray Island, une immense muraille de falaises de roches noires sur lesquelles s’écrasaient les vagues dans de spectaculaires explosions d’écume. « Parce que d’après une carte trouvée dans un bunker japonais sur l’île, une deuxième base se trouverait quelque part sur cette côte, sûrement bien cachée. Et la chef des pirates est persuadée que le trésor qu’elle cherche se trouve ici. Hiro, tu es vraiment sûr de ce que tu fais ? » demanda le professeur, inquiet, en regardant le jeune homme s’équiper. Après qu’il ait été séparé d’Aurore dans le tunnel, Hiro avait continué tout droit, comme elle le lui avait demandé. Courant dans le noir pendant ce qui lui avait paru être des kilomètres, il avait finalement débouché sur l’extérieur, et à sa grande surprise, sur la plage de la pointe nord, pile là où ils avaient rendez-vous. Un canot à moteur les y attendait déjà, d’ailleurs, avec le professeur Chauvier à bord. Hiro avait pris place dans le canot et eut honte d’avouer au professeur qu’il avait été incapable de protéger sa fille. Il avait ainsi retrouvé le Pacific Explorer, portant toujours le sac dans lequel se trouvait le chat. En voilà au moins un qui, dans toute cette histoire, avait retrouvé ses quartiers sain et sauf ! Le jeune homme avait alors raconté au professeur toute l’histoire, dans ses moindres détails, et après avoir eu toutes les peines du monde à le convaincre de ne pas appeler les autorités, arguant qu’ils détenaient Aurore en otage et qu’ils la tueraient probablement à la vue du moindre navire de police, il lui avait exposé son plan. Un plan délirant. Mais un plan. « Je sais pas, dit le professeur tandis que le jeune homme ajustait ses bouteilles dans son dos, je peux pas laisser un de mes étudiants se mettre en danger comme ça. Qu’est-ce que tu comptes faire, les attaquer à toi tout seul ? Au contraire, professeur, répondit Hiro en enfilant ses palmes. J’y vais en mode ninja, je m’infiltre dans le bateau, je trouve votre fille, et je la fais sortir ni vu ni connu. Je n’aime pas ça… si quelqu’un doit le faire, c’est plutôt à moi d’y aller. Professeur, vous savez que je suis le meilleur nageur de toute l’équipe. J’ai pris ce stage justement pour faire de la plongée ! Personne d’autre ne peut le faire à part moi. Mais c’est ma fille ! Pourquoi toi, pourquoi tiens-tu tellement à le faire ? Parce que moi aussi, je tiens à elle, professeur. » Il avait prononcé ces mots en le regardant droit dans les yeux, et un silence passa entre eux. Et le professeur comprit. « Bonne chance, alors, » lui dit-il simplement, en lui serrant la main. Ainsi équipé de sa tenue de plongée et de ses bouteilles, Hiro ajusta son masque, mit son respirateur dans sa bouche, et sauta du pont. Il se mit immédiatement en route vers le bateau ennemi. Il se sentait bien. Sous l’eau, il était dans son élément. Rien ne pouvait l’atteindre, ici, et il se déplaçait avec la grâce d’un poisson. Il aperçut une ombre passer sur son côté, et en regardant il vit que c’était une black stingray qui le dépassait, et le poisson continua de nager devant lui, comme pour le guider vers son objectif. Il arriva finalement sous le bateau et remonta à la surface. Le temps virait maintenant au gros orage, il faisait si sombre qu’on croirait qu’il faisait nuit, alors qu’on n’était qu’au milieu de l’après-midi. Sans se démonter, il enleva ses palmes et entreprit d’escalader une amarre. Lorsque Maureen s’arrêta enfin, Aurore n’était plus que sueur et larmes, et elle lutta pour reprendre son souffle en de grandes inspirations étranglées. « Alors, demanda la terroriste, prête à obtempérer ? Où faut-il que je continue ? J’ai cru comprendre que vous étiez particulièrement craintive sous les bras, je me trompe ? Vous êtes un monstre ! sanglota la prisonnière. Pourquoi vous faites ça ? Et tout ça pour une vieille épée ? En quoi ça va aider l’Irlande, hein ? En quoi ? Bon, dit-elle en prenant une nouvelle bouffée de son cigare, je pense qu’au point où on en est, je vous dois au moins la vérité, non ? Ce n’est pas l’épée légendaire qu’on cherche. Kusanagi est en fait le nom de code d’une arme secrète développée par l’armée japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nous savions que cette arme avait été assemblée et entreposée dans le plus grand secret sur une petite île du Pacifique. Après les avoir toutes fouillées, on en arrive à celle-ci, donc. C’est… quel genre d’arme ? Une bombe sismique. Une arme tout à fait en avance sur son temps, un explosif de très haute puissance conçu pour exploser sous terre et provoquer un tremblement de Terre de forte magnitude. On ne sait pas exactement sous quelle forme cette arme a été développée, mais le plus probable est qu’elle ait été conçue comme une torpille pour être lancée contre la côte Ouest des États-Unis. Seulement les Américains avaient leur propre projet d’arme ultime, la bombe atomique, et ils l’ont terminée et lancée avant les Japonais. C’est ce qui leur a permis de gagner la guerre, et le projet Kusanagi a par la suite été entièrement enterré. Et qu’est-ce que ça a à voir avec l’Irlande ? L’Angleterre opprime mon peuple depuis 800 ans, et nous avons beau avoir obtenu l’indépendance, le pays reste divisé, le Nord est resté aux mains de l’envahisseur, comme une insulte à notre race. Cette humiliation doit cesser ! Avec une arme de la puissance de Kusanagi, nous aurons enfin les moyens de répliquer ! Vous voulez lancer cette… bombe, contre l’Angleterre ? Londres. Nous détruisons Londres, et notre peuple est enfin vengé. Ah parce que vous croyez que vous allez pouvoir poser une bombe pareille au milieu de Londres aussi facilement ? Pas besoin. L’amplitude du séisme provoqué par Kusanagi est estimée à 300 kilomètres. Si c’est une torpille, comme nous le pensons, nous pouvons l’envoyer depuis la Manche contre Portsmouth et Londres sera tout de même réduite à néant. 300 kilomètres ? Mais c’est énorme ! Vous vous rendez compte que des milliers de gens vont mourir ? Sept millions cinq cent mille personnes selon mes estimations. Tout le sud de l’Angleterre sera rayé de la carte. Et ça ne vous fait rien ? De commettre un des plus gros massacres de toute l’histoire de l’Humanité, vous vous en fichez ? Nous sommes en guerre, nous n’avons pas de place pour les sentiments. Mais vous, petite Française, en quoi êtes-vous concernée ? Appelez votre copain, aidez-nous, et toute cette histoire sera derrière vous. Ouais, vous allez nous tuer aussi ! J’avoue que c’était le plan initial, oui. Mais je peux aussi vous laisser repartir sains et saufs, si vous m’aidez. Et comment pourrais-je faire confiance à une femme qui est prête à sacrifier sept millions de vies pour sa cause ? Désolée, je ne marche pas. Très bien, dans ce cas… la torture risque de durer… » Elle remit son cigare dans sa bouche, puis ses doigts se rapprochèrent de nouveau des aisselles exposées de la jeune fille. La pauvre Aurore se crispa, tenta vainement de baisser les bras pour se défendre, mais elle ne le pouvait pas. Elle sentit les premiers effleurements sur sa peau sensible, et se remit à hurler. Hiro s’en sortait bien, plus que bien, même ! Il avait réussi à monter sur le pont du navire et à planquer ses encombrantes bouteilles d’oxygène, le mauvais temps lui permettant de se déplacer sans être repéré. A l’intérieur, c’était plus délicat, mais il gérait, beaucoup mieux qu’il n’aurait osé le croire ! Il avait l’impression d’être dans un jeu vidéo, et la sensation était vraiment grisante, la montée d’adrénaline quand il entendait quelqu’un approcher, puis le soulagement et la satisfaction immenses qu’il ressentait quand l’homme passait près de sa cachette sans le voir et continuait son chemin… il en deviendrait presque accro, en fait, il adorait ça, lui qui avait une petite vie plutôt tranquille à Tokyo, il ne s’était jamais senti aussi vivant qu’en ce moment-même. Il finit par débarquer dans une salle dans les ponts inférieurs, dont les murs étaient bardés de râteliers à fusils. Il ne put s’empêcher de laisser échapper un sifflement impressionné. L’armurerie ! Il avait trouvé la caverne d’Ali-Baba ! Il s’empara d’un fusil, une grosse carabine automatique de type militaire. Il n’avait jamais tiré avec ça, mais il se dit que ça pouvait toujours servir, alors il la mit en bandoulière. Puis il repéra un peu plus loin des pains d’une pâte épaisse qui ressemblait à de la pâte à modeler grise… ses yeux doublèrent de taille de stupéfaction : de l’explosif plastic ! Il en ramassa un pain, et trouva les détonateurs à proximité, et en prit un également. S’ils devaient s’échapper en catastrophe, ça pouvait toujours servir de faire sauter quelque chose. Ainsi équipé, il quitta l’armurerie et prit une autre porte au bout de la coursive. Il se retrouva sur une passerelle surplombant une sorte de gros hangar sombre, qu’il devina être la cale du bateau. Du haut de sa passerelle, il scruta le contenu de la cale, principalement des caisses de fournitures regroupées sous de grosses bâches cirées, des barils d’eau douce, et dans un coin, il repéra une série de gros barils portant tous le symbole inflammable. Les réserves de carburant ? Cela lui donna une idée, il trouva une échelle, descendit, et alla coller son pain de plastic sur l’un des barils, sans oublier d’y installer le détonateur. Il avait suffisamment fait ça en jeux vidéo pour comprendre rapidement comment ça marchait en vrai. Parfait. Une explosion pareille, ça allait ouvrir le navire en deux comme une noix ! Fier de son idée, il remonta sur la passerelle, et se montra peut-être un peu trop imprudent pour le coup, car : « Hé, toi là-bas ! » Il sursauta et se retourna pour apercevoir un homme à l’autre bout de la passerelle. Merde, il était repéré ! Et l’homme accourut, et porta la main à son fusil… « Vous n’êtes vraiment pas raisonnable, petite Française, dit Maureen en s’arrêtant à nouveau. Vous n’êtes toujours pas disposée à céder ? Allez au diable, sale… sale pute ! hurla-t-elle entre deux sanglots. Jamais, vous m’entendez, jamais je ne vous aiderai, plutôt crever ! Je vois… peut-être que les chatouilles ne sont pas la méthode la plus persuasive, après tout. » Elle tira une autre bouffée de son cigare, et le saisit entre ses doigts et l’observa. « Vous savez, dit-elle calmement, la température de combustion d’un cigare est d’environ 800 degrés. Ça fait beaucoup, n’est-ce pas ? Maintenant, imaginez les douleurs abominables qu’un objet aussi chaud pourrait provoquer sur un endroit particulièrement sensible ? Hein ? elle sentit comme si tous ses organes descendaient à entendre ces mots. Vous… vous n’oseriez pas, hein ? Je sais pas, si vous coopériez, ce serait déjà un début, non ? » La terroriste s’approcha d’elle, son cigare dans la main. La jeune fille observa avec une horreur abjecte la pointe brûlante s’approcha lentement de sa poitrine. Et elle ne pouvait rien faire pour l’en empêcher. « Non ! hurla-t-elle. Non ! Pitié ! Pitié, je ferai tout ce que vous voudrez ! Commandant ! » rugit une voix d’homme près d’elles. Aurore ressentit un soulagement indescriptible en voyant le cigare s’éloigner sans l’avoir touchée. Sauvée par le gong ! « Qu’y-a-t-il, Sullivan ? demanda Maureen en se tournant vers le nouvel arrivant. On a un intrus ! » Maureen se tourna de nouveau vers sa prisonnière, un grand sourire satisfait aux lèvres. « Ben voilà, lui dit-elle, suffisait de demander, on l’a ! Sullivan, reste là et surveille la fille. Oh, et si tu la touches, je te tue, c’est clair ? » L’euphorie qu’avait pu ressentir Hiro en jouant les commandos se transforma maintenant en panique. Passant de salle obscure en salle obscure, tête baissée derrière des caisses et des containers pour ne pas se faire repérer, il pouvait entendre les pas de course passant tout près de lui, les cris, les ordres. Il savaient qu’il y avait un intrus, maintenant, et il ne pouvait pas s’attendre à ce qu’ils cherchent deux minutes avant de reprendre leurs rondes normales : c’était la réalité, là, pas un jeu vidéo. Tenant son fusil de deux mains tremblantes, il emprunta une porte dans le noir, qui lui semblait être un passage peu fréquenté, et se retrouva dans une coursive humide, aux murs métalliques piquetés de rouille. Bon, bon, tout va bien, personne… il longea la coursive, et à un angle, tomba nez à nez avec trois fusils. « Doucement, garçon, dit l’un des hommes, tu voudrais pas te blesser, hein ? Allez, pose ce fusil et rends-toi. » Hiro recula lentement, il dut déployer des efforts surhumains pour ne pas céder à la terreur qui paralysait ses membres. Non, il ne pouvait pas être capturé. Alors il leva son fusil, doucement, il eut même du mal à croire que c’était lui qui faisait ces gestes. S’il avait su qu’il finirait comme ça… C’est à ce moment-là qu’un coup de coude dans la tempe venant de derrière lui le sonna, et tout ce qu’il comprit ensuite c’était qu’une force incroyable l’empoigna par le bras et le leva de terre, il se sentit voltiger, il vit le monde tournoyer devant ses yeux, avant d’atterrir durement sur le sol. « La prochaine fois que tu braques un fusil sur quelqu’un, lui dit Maureen en brandissant l’arme qu’elle avait arraché des mains du jeune homme, pense à enlever la sécurité d’abord. Vous, siffla Hiro de rage en relevant la tête. Où est Aurore ? Si vous lui avez fait du mal, je vous promets que… Oh ne t’inquiète pas, elle s’en remettra, ça aurait pu être bien pire. Et ça pourrait toujours être bien pire, si tu ne te montres pas raisonnable. Elle est là-bas, dit-elle en pointant du doigt le bout opposé de la coursive, derrière Hiro. Deuxième porte sur la droite. Si tu veux la retrouver en un seul morceau tu as intérêt à faire exactement ce que je te dis, d’accord ? Mais d’abord… » D’un geste, elle ordonna à ses hommes de quitter la coursive, et ils se retrouvèrent bientôt tous les deux seuls. Puis elle jeta le fusil à terre, loin derrière elle. « Je reconnais qu’il en fallait un sacrée paire pour débarquer ici tout seul pour sauver ta copine. Et je respecte ça. C’est pourquoi je te donne trois chances. Ne les gâche pas. » Hiro se releva avec hésitation. Trois chances. Pour quelqu’un qui ne s’était jamais battu de sa vie, ça allait vite être expédié. Mais il devait le faire. Alors il rassembla tout son courage et balança le plus gros coup de poing dont il était capable. Maureen esquiva le coup sans aucune peine et répliqua en lui enfonçant ses phalanges dans l’abdomen. Hiro recula et toussa, plié en deux par la douleur. « Une. » Il se ressaisit, grogna, et revint à la charge, cette fois-ci tentant une feinte en levant le poing avant d’envoyer un coup de pied. Raté. La femme se contenta de lever une jambe pour parer le coup, et de la même jambe, j’envoya voler en arrière d’un coup de ranger dans la poitrine. « Deux. » Dernier essai. Il se releva, envoya un coup de poing qu’elle évita. Puis un autre. Il tenta de bien viser cette fois, mais elle était rapide et évitait tout, jusqu’à ce qu’elle finisse par le saisir par l’arrière du crâne et lui claquer violemment la tête contre le mur. Il se retrouva au sol, groggy. « Trois. Maintenant, petit, tu vas faire exactement ce que je t’ordonne, et je vous laisserai peut-être partir sains et saufs. Refuse, et ta copine en paiera les conséquences. » Mais Hiro reprit ses esprits et la regarda avec défi. Il avait encore une carte à jouer. Alors il sortit de sa ceinture le petit détonateur, et l’actionna. Il y eut un rugissement assourdissement quand la charge d’explosif sauta avec toutes les réserves de carburant, creusant un immense trou dans la coque au niveau de la cale, et tout à coup l’ensemble du bateau s’en retrouva sans dessus-dessous, et le jeune homme et Maureen s’envolèrent et se cognèrent de paroi en paroi, tels des billes de flipper. Hiro retrouva l’équilibre et profita immédiatement de la distraction pour se hâter vers la coursive où se trouvait son amie, trébuchant et se cognant partout comme un homme saoûl, mais persistant, il devait faire au plus vite avant que la terroriste ne se remette sur pieds elle aussi. « Hiro ! » appela Aurore, sa voix chargée de soulagement extrême, quand elle le vit arriver. Il entreprit immédiatement de la détacher, bénissant au passage les concepteurs de sa combinaison de plongée qui avaient pensé à y inclure une poche de matériel de survie, dont un petit couteau. « C’est qui, lui ? demanda-t-il en regardant l’homme à terre près de la jeune fille. Mon garde, il s’est assommé quand le bateau s’est mis à bouger dans tous les sens. C’était quoi cette explosion ? » Le jeune homme ne répondit pas, il eut soudain l’air absent, et Aurore remarqua qu’il avait le regard posé sur ses seins. « Hiro, putain ! le réprimanda-t-elle en couvrant sa poitrine. Désolé ! Je suis désolé… euh, tiens ! » Il se pencha sur l’homme assommé et lui retira sa veste, qu’il donna à son amie. Puis il ramassa aussi le fusil, et vérifia cette fois que la sécurité avait été enlevée. « J’ai fait sauter la cale, annonça-t-il fièrement. On va pouvoir se tirer dans la panique, mais faudra faire vite avant que le bateau coule pour de bon ! Attends, ça veut dire… que t’es revenu pour moi ? Je te l’avais promis, non ? » Elle lui sourit, ses yeux pétillaient. Il lui rendit son sourire. Elle rougit. La coursive commença à pencher dangereusement sur le côté. Le bateau commençait à sombrer. Il fallait sortir en vitesse ! Ils quittèrent la coursive par le côté opposé, pour ne pas risquer de croiser la terroriste, et virent avec horreur que l’eau commençait déjà à envahir les niveaux inférieurs, ils en avaient jusqu’aux mollets. Alors ils se hâtèrent, passant de salle en salle, remontant le plus haut possible. Ils allaient aussi vite qu’ils pouvaient, l’eau montait encore plus vite, et des mollets elle finit par leur arriver à la taille, montant par grosses vagues qui surgissaient sans prévenir, les faisant tomber, essayant de les entraîner vers le fond. Mais ils s’entraidèrent pour se relever, et continuèrent leur route. Des ennemis, ils en croisèrent sur leur route, mais tous étaient trop occupés à sauver leurs peaux pour se soucier d’eux. Dans ce naufrage, c’était devenu du chacun pour soi. Enfin, ils atteignirent l’escalier qui les mena sur le pont. La tempête était cataclysmique dehors, le ciel était d’un noir d’encre, strié d’éclairs, la pluie tombait battante et d’énorme vagues secouaient ce qu’il restait du bateau à la dérive. Il était déjà à moitié enfoncé dans les eaux. Il fallait faire vite ! « Où est-ce qu’on va ? cria Aurore pour couvrir le bruit des vagues. Par là, j’ai planqué les bouteilles d’oxygène de ce côté ! » Ils se mirent en marche, glissant sur le plancher en pente détrempé du pont, lorsque retentit une détonation, plus forte que le tonnerre, accompagnée d’une gerbe d’étincelles sur le bastingage juste à-côté d’eux. On leur tirait dessus ! Ils allèrent à la hâte se réfugier derrière un gros rouleau de câbles lorsque retentit une autre détonation. Et encore une autre. Ils ne pouvaient pas voir le tireur, mais Hiro devina sa position approximative d’après les détonations, il sortit le canon de son fusil de sa cachette et appuya sur la détente. Ses bras lui firent atrocement mal quand il ressentit le recul, et il fut à deux doigts de lâcher l’arme, mais il continua de tirer… jusqu’à ce que l’arme s’arrête d’elle-même après seulement trois secondes. Plus de balles. Quoi, déjà ? Mais dans les jeux vidéo ça mettait beaucoup plus de temps à se vider, un chargeur ! Au moins, plus de détonations… il avait eu le tireur ? Il se risqua à lever la tête hors de sa cachette… pour se prendre un coup de ranger en pleine face ! « Le coup de l’explosif c’était malin, rugit Maureen, un éclat de rage dans ses yeux. Mais la course s’arrête là pour vous, les jeunes ! Abandonnez, Maureen ! l’implora Aurore. Vous n’avez plus de bateau, votre équipage va se noyer ou se tirer de là, vous n’avez plus rien ! Je n’abandonnerai jamais, je donnerai ma vie pour la cause ! I réim in Eirinn ! » Elle n’allait pas les laisser partir, c’était sûr. Et ils n’avaient aucun moyen de s’en débarrasser. A moins que… Aurore repéra, non loin d’elle, le corps inanimé d’un membre de l’équipage. Il avait une grosse machette accrochée à la ceinture. Oui, c’était… ça pouvait marcher. Elle se jeta en direction du corps, récupéra l’arme, se redressa, et la pointa en direction de la terroriste d’un air de défi. « Hiro, ordonna-t-elle, va chercher tes bouteilles et prépare-toi. Je vais la retenir. La retenir ? Mais comment ça, la retenir ? Je sais ce que je fais, vas-y, fonce ! » Il lui obéit et courut chercher son matériel, tandis qu’Aurore se concentra sur son ennemie. « Oh, je vois, dit Maureen d’un air amusé. Bien, si tu préfères la jouer comme ça… » La blonde sortit alors son couteau de son fourreau, un couteau de l’armée avec une énorme lame, et se mit en garde. Elle souriait. Victoire facile contre une petite idiote, pensa-t-elle. Aurore lança son attaque, la terroriste l’évita sans peine et répliqua d’un coup de couteau au visage, mais ce qu’elle n’avait absolument pas prévu, c’était qu’après son attaque Aurore s’était remise en garde aussi sec pour contre la riposte de la blonde par une parade de sixte magnifiquement exécutée. Maureen ouvrit de grands yeux étonnés. Oui, elle était peut-être très forte et impitoyable… mais son adversaire était une championne d’escrime. Les lames, c’était son truc. Les deux combattantes s’arrêtèrent un instant, se fixant, Maureen saisie de surprise, Aurore la défiant d’un sourire narquois. Et elles croisèrent le fer de nouveau. Le bateau penchait et tanguait tout en sombrant inexorablement, mais les deux femmes s’en fichaient, comme de l’averse torrentielle qui bloquait leur vue et gênait leurs mouvements, elles avaient beau trébucher et tomber, elles se relevaient sans cesse pour revenir à l’assaut, telles des furies, l’entrechoquement incessant de leurs lames couvrant même le bruit du tonnerre. Aurore n’allait pas laisser tomber. Elle avait toujours été compétitive quand il s’agissait d’escrime, elle ne lâchait jamais le morceau, même quand son adversaire était plus fort qu’elle, et là, c’était une situation toute autre : car son adversaire était une femme qui l’avait torturée, qui avait menacé de la tuer, alors pour elle, il était doublement hors de question de céder. Elle avait parfaitement conscience qu’elle était une jeune fille dont tous les combats précédents n’étaient que des compétitions encadrées et relativement inoffensives, aujourd’hui engagée dans un duel à mort contre une terroriste qui n’hésiterait pas une seconde à la tuer. Mais elle s’en fichait. Seule comptait sa lame qui allait et venait, percutait la lame de l’adversaire, parait, contrait, cherchait une ouverture. Maureen avait des réflexes aiguisés en plus de sa force brute, mais Aurore avait de quoi lui tenir tête : avec son jeu de jambes de danseuse et son bras gracieux, elle esquivait toutes les attaques et tenait sans peine le rythme, même quand le bateau tanguait dans un sens et qu’elles étaient projetées contre une cloison, ou qu’il tanguait dans l’autre sens et qu’elles se retrouvaient debout en équilibre précaire sur un rouleau de câbles, sans pour autant arrêter de s’envoyer des attaques. Maureen, prise d’impatience, finit par envoyer une attaque en coup droit en y mettant toute sa force. Aurore vit le coup venir et para en tournant sur elle-même comme une ballerine, avant lever son bras armé et de porter un coup circulaire. Elle sentit une résistance, et entendit un grognement de douleur. Elle vit du sang couler du bras de Maureen. Elle l’avait touchée ! Enragée par cette blessure, la terroriste se jeta sur elle, mais à ce moment, sous la pression de l’eau, la partie encore émergée du bateau sur laquelle elles se trouvaient se redressa totalement à la verticale dans un sinistre grincement métallique, et les deux combattantes furent projetées dans le vide. Aurore agrippa un câble en plein vol, dont une des attaches céda sous l’impact, et la jeune fille se retrouva à se balancer follement telle un singe sur une liane. Elle retrouva ses esprits et remarqua que son adversaire avait fait exactement la même chose avec un autre câble, et se balançait dans la direction opposée. Ce qui voulait dire qu’elles allaient se croiser sur le retour… et c’est ce qui se passa, quand elle repartit dans l’autre direction, elle vit Maureen se diriger vers elle à pleine vitesse, son couteau sorti… oubliant la peur, elle tâcha de rester concentrée et brandit sa machette. Elles croisèrent leurs lames en plein vol, et le choc fut tellement violent que la jeune fille lâcha son arme qui tomba dans la mer en contrebas. Elle regarda tomba sa machette avec impuissance, mais aperçut avec satisfaction le couteau de Maureen qui l’accompagnait. Au moins, elle avait aussi désarmé son adversaire… d’ailleurs, où était-elle ? Elle cria de surprise quand la terroriste lui sauta dessus par derrière et s’agrippa à elle. Trop lourde pour qu’elle continue de tenir le câble ! Elle se démena, tentant de la faire lâcher, quand elle sentit une vive douleur à l’épaule, comme si on lui avait planté une grosse aiguille. Elle hurla, et se secoua vivement, portant un bon d’épaule à Maureen qui lâcha prise et tomba à la mer. Aurore en resta toute bête. Elle… elle l’avait battue ? Incroyable, elle l’avait battue ! Mais elle n’eut pas beaucoup de temps pour profiter de sa victoire : ce qui restait du navire coulait très vite maintenant, et elle vit l’eau arriver à sa hauteur, elle prit une grande inspiration, et se retrouva immergée. Elle ouvrit les yeux sous l’eau, lâcha son câble, et tenta de nager vers la surface, mais l’aspiration du bateau l’entraîna vers les fonds, et elle avait beau nager de toutes ses forces, elle ne put que voir la surface s’éloigner de plus en plus, alors que l’obscurité des profondeurs l’entourait… Elle sentit des bras l’envelopper délicatement par derrière, et l’embout en caoutchouc d’un respirateur contre sa bouche. Elle le mordit à pleines dents et inspira une grande bouffée d’oxygène qui soulagea ses poumons en feu. Hiro la guida dans sa nage, s’échangeant à tour de rôle le respirateur pour partager leur réserve d’oxygène tandis qu’ils cherchaient la surface. Mais dans l’obscurité et le chaos, ils ne la retrouvaient plus. Ils étaient perdus. Ils étaient pourtant persuadés d’avancer vers le haut, mais ils se heurtèrent à une paroi rocheuse là où la surface devant se trouver. Hiro alluma la lampe intégrée à sa combinaison, et ils remarquèrent qu’en effet, ils avaient sans le vouloir nagé dans une sorte de large boyau souterrain, et se trouvaient au milieu de ce tunnel, cerné par la roche de toutes parts. Ils tâchèrent de ne pas paniquer, l’oxygène était limité et ils devaient trouver la sortie très vite. Ils continuèrent leur nage le long du boyau, espérant en trouver bientôt la sortie, et quand enfin ils atteignirent la surface, ils furent surpris de la trouver noire comme dans un four. Plus de pluie, plus de tonnerre, et beaucoup trop sombre pour être l’extérieur. Où étaient-ils ? Avaient-ils émergé dans une sorte de grotte sous-marine ? Hiro pointa sa lampe devant lui, et ils lâchèrent tous deux une expression de surprise en éclairant ce qui ressemblait à la carcasse échouée d’une énorme baleine métallique qui flottait à la surface, entièrement recouverte de rouille. Qu’est-ce que c’était que cette chose, et qu’est-ce que ça faisait au milieu d’une grotte ? Mais ils ne furent pas au bout de leurs surprises quand ils nagèrent sur le côté jusqu’à atteindre un affleurement rectiligne, beaucoup trop régulier et lisse pour être de la roche… un quai en béton ? Ils grimpèrent dessus, heureux de retrouver enfin la terre ferme, et explorèrent à la torche ce nouvel environnement. Il y avait un mur en béton, recouvert de notices et d’inscriptions en Japonais. Et de gros câbles électriques qui couraient jusqu’à un boîtier métallique rouillé d’où dépassait un gros levier. Curieux, Hiro agrippa le levier et le baisser de toutes ses forces. Il y eut un déclic retentissant, puis un bruit comme un moteur se mettant en marche, et tout à la coup, les lumières s’allumèrent tout autour d’eux. Ils se tournèrent et purent enfin voir l’ensemble de la grotte, et quelle grotte ! C’était en fait une sorte de gigantesque tunnel de béton, creusé dans la roche, au milieu duquel passait un canal, celui par lequel ils étaient arrivés. Et au milieu de ce canal flottait la grosse structure rouillée qu’ils avaient aperçue, qui s’avéra être un sous-marin. « Waow, alors c’est ça la deuxième base, murmura Aurore, impressionnée. C’est un hangar de sous-marin ? Oui, on dirait bien… une base secrète pour y planquer un sous-marin, en cas d’attaque… C’est sûrement là-dedans qu’ils planquent Kusanagi. Hein ? Mais de quoi tu parles ? Maureen, elle m’a dit ce qu’est Kusanagi en réalité. C’est pas une épée, c’est une arme, une sorte de torpille conçue pour provoquer des tremblements de Terre. Elle a été développée par l’armée japonaise pendant la guerre, et oubliée depuis. Ça doit être là qu’ils la gardaient en secret. Si ça se trouve elle est encore à l’intérieur ! On va voir ? » Hiro regarda le sous-marin, la passerelle menant vers l’écoutille était reliée au quai, ils pouvaient y entrer facilement. Mais il regarda aussi l’ouverture creusée contre le mur en béton derrière lui, dans laquelle se trouvait un escalier métallique. Qui montait vers la surface, certainement. La curiosité le poussait bien à aller explorer le sous-marin, mais la prudence lui dictait plutôt de retrouver la surface. Aurore décida pour lui en s’élançant vers la passerelle qu’elle gravit. « Hé, attends-moi ! » s’écria-t-il en courant à sa suite. Ensemble, ils parvinrent à ouvrir l’écoutille bien serrée et à pénétrer à l’intérieur. « Beurk ! se plaignit Aurore en descendant l’échelle, c’est vraiment tout rouillé de partout ! C’est un coup à choper le tétanos ! » L’intérieur était en effet aussi rouillé que l’extérieur, et très exigu. Ils progressèrent avec difficulté, chaque salle de l’engin étant encombrée de panneaux de contrôle et de matériel électrique contre lesquels ils se cognaient sans cesse. Ils finirent par atteindre une pièce en bas du bâtiment où l’eau leur montait aux chevilles. La pièce était étroite et longue, avec deux écoutilles étroites s’ouvrant sur la paroi à l’extrémité, et dont les côtés étaient chargés de torpilles montées sur leurs râteliers. « C’est la salle des torpilles ? demanda Aurore. On dirait bien. Les écoutilles là-bas, ça doit être par là qu’ils les chargeaient pour les lancer. Faut faire gaffe, il paraît que ces machins peuvent encore exploser, même des dizaines d’années après. » Le jeune homme se mit à étudier avec intérêt les inscriptions sur les murs et les quelques vieux documents éparpillés sur une petite table en retrait, tandis que son amie étudiait les torpilles avec un mélange de crainte et de fascination. Ces choses pouvaient-elles encore vraiment exploser ? Elle en remarqua une qui était différente des autres : elle était plus grosse, et malgré la rouille qui la gagnait, on pouvait encore voir sa peinture blanche, ornée de l’emblème du Soleil Levant, alors que toutes les autres torpilles étaient noires. « Hiro, dit-elle, je crois que je l’ai trouvée. C’est Kusanagi ! Et moi j’ai trouvé autre chose, écoute ça : tu te souviens quand je te disais que la rivière était bizarre, qu’elle ressemblait plus à un canal artificiel ? En fait il a été creusé par l’armée, il va de ce hangar jusque sous le volcan au centre de l’île. Ils l’ont creusé pour pouvoir y lancer la torpille. Cette île était un site de tests ! Tu avais raison, Aurore, Kusanagi est bien une torpille à tremblements de Terre ! Une fois terminée, elle devait être lancée depuis ce hangar pour remonter le canal et exploser sous le volcan. Ils… ils voulaient détruire Stingray Island pour tester leur nouvelle arme, et en même temps effacer toute trace des tests ! Quoi ? Détruire une île entière ? Mais c’est effrayant ! Hiro, on ne peut laisser personne mettre la main sur cette arme, Maureen voulait s’en servir pour détruire l’Angleterre entière ! Qu’est-ce qu’on peut faire ? Je sais pas, franchement… » Un grincement de métal rouillé se fit entendre des entrailles du sous-marin, et Aurore sursauta sous la surprise, et se cogna contre les torpilles. Elle recula vivement en s’en rendant compte, se souvenant que ces choses pouvaient encore exploser, mais trop tard : la torpille Kusanagi tomba de son support et sur le sol dans un terrifiant bruit creux. Ils retinrent leur souffle. « Elle… elle explose pas ? » demanda Aurore. Mais Hiro remarqua à ce moment-là que la petite hélice au cul de la torpille commença à tourner, lentement d’abord, puis de plus en plus vite. « Merde ! hurla-t-il. On l’a actionnée ! Dépêche-toi, faut qu’on s’en débarrasse ! » Paniqués, ils saisirent la bombe à deux, grimaçant sous le poids de l’objet, et parvinrent à la faire rentrer dans un trou de lancement et à refermer l’écoutille. Puis ils quittèrent le sous-marin à toute vitesse. Une fois revenus sur le quai, ils se tournèrent vers le sous-marin, angoissés et fascinés à la fois, s’attendant à le voir exploser d’une seconde à l’autre. Mais à la place, ils entendirent un « Whoosh » étouffé, accompagné d’une vague partant du sous-marin vers le bout du canal, indiquant que la torpille avait été lancée. Dans la direction opposée d’où ils étaient venus. C’est-à-dire, vers le centre de l’île. « Mais, dit Aurore, ça veut dire que… Qu’on doit se barrer en vitesse, oui ! » Ils accoururent vers l’escalier, vers la sortie, où ils furent stoppés nets par deux revolvers braqués sur eux. « Tiens tiens tiens, dit Jake, où vous croyez aller comme ça, les jeunes ? Redescendez. » Les deux jeunes levèrent les mains et redescendirent sur le quai, tenus en joue par Jake et Maureen. « Le couple infernal est de retour, railla Aurore. Vous êtes plutôt coriace, Maureen. Je peux vous retourner le compliment, répondit la blonde. Tu sais Aurore, dit Jake, je pense qu’on devrait te remercier de nous avoir conduits jusqu’ici. Hein ? Comment ça ? Ton épaule, ça va mieux ? demanda Maureen avec un sourire méchant. Aurore, de quoi elle parle ? demanda Hiro. Mon épaule… elle m’a planté un truc dans l’épaule pendant qu’on se battait, sur le pont. Sur le coup ça m’a fait mal, mais après, j’y ai plus repensé… C’était le but, dit Jake, et qu’on ne perde surtout pas ta trace si tu parvenais encore à nous échapper. » Il brandit de sa main libre un petit boîtier noir muni d’un écran tout en prononçant cette phrase. « Un traceur GPS sous-cutané, dit Hiro. C’est malin. Enfin, dit Maureen, vous nous avez menés tout droit à Kusanagi, la partie est maintenant terminée. Terminée pour vous, Maureen ! Vous n’avez plus de bateau et plus d’équipage ! Le bateau, je crois que j’emprunterai le vôtre, merci. Quant à mes hommes, ils étaient tous prêts à mourir pour la cause, ils ont péri en héros. Maintenant il ne reste qu’à éliminer les éléments inutiles et à poursuivre le plan comme prévu. » Elle arma son revolver. Les jeunes fermèrent les yeux. C’était la fin. Aurore entendit la détonation, elle tressaillit. Mais elle ne fut pas touchée. Elle entendit un grognement d’homme. Hiro y était passé le premier ! Elle rouvrit les yeux, mais vit avec étonnement que son ami était indemne. Non, ce n’était pas Hiro qui y passait le premier. C’était Jake. Le garde-côte avait lâché son arme et était plié en deux, les deux mains contre son ventre. Elles étaient pleines de sang. « Pourquoi ? demanda-t-il à Maureen, la voix pleine de douleur et d’incompréhension. Je n’ai plus besoin de toi, Jake. Je vais continuer seule, maintenant. Mais… je croyais que tu m’aimais… T’aimer ? Comment pensais-tu que j’allais même te faire confiance ? Tu n’es même pas Irlandais ! Je me suis juste servie de toi, et tu as bien rempli ton rôle, bravo. Maintenant, il est temps de se quitter. Alors… tout ce qui compte, c’est ta cause ? Les sentiments, ça ne signifie rien, pour toi ? I réim in Eirinn, Jake, tu n’as pas oublié ? L’Irlande prévaut. » Et sous les yeux choqués des deux jeunes, elle l’acheva d’une balle dans la tête. « Bien, à votre tour maintenant. Une minute ! dit Aurore. Vous m’aviez dit… que Kusanagi, c’était une torpille, c’est ça ? Que vous pensez trouver dans ce sous-marin. C’est exact. Pourquoi cet intérêt soudain ? Parce que, si c’est bien ce à quoi je pense… » Elle marqua une pause et lui fit son plus beau sourire avant de finir sa phrase : « On l’a lancée vers le centre de l’île il y a cinq minutes. » Maureen se figea, et Aurore put lire la plus grande terreur dans ses yeux. Et cela lui plut énormément. Et comme si ses paroles étaient un signal, ils furent tous les trois projetés à terre par une puissance irrésistible, tandis qu’un grondement sourd tel le réveil de quelque dieu païen enfoui sous terre depuis des millénaires résonna dans la caverne. Ils ne pouvaient plus se redresser, et tout se mit à tourner de gauche à droite, comme si tout cette île était secouée comme une salière par une main géante. La fureur de Kusanagi était en marche. Maureen rampa jusqu’à son arme, essayant de l’atteindre, mais à ce moment le béton se craquela sous elle, dans un fracas assourdissant de nombreuses fissures apparurent un peu partout sur le quai, tout autour d’eux, et ces fissures l’élargirent, jusqu’à ce que le quai ne fut réduit qu’à quelques îlots de béton flottant de manière chaotique. Hiro hurla de frayeur et se plaqua au sol, s’accrochant désespérément au rebord de la fissure la plus proche de lui, pour ne pas glisser dans l’eau. Il vit Aurore faire de même à-côté de lui, mais il était trop loin pour l’atteindre. La jeune fille était accrochée en équilibre précaire alors que le monde semblait s’écrouler autour d’elle. Après le quai, c’était le plafond qui commençait à tomber par gros blocs qui agitaient le canal de grosses vagues en tombant dedans, rendant l’équilibre de la jeune fille encore plus instable. Elle vit Maureen devant elle, tenter de prendre son arme, glisser, passer à plat ventre juste à-côté de la jeune fille, et s’accrocher désespérément à sa cheville pour survivre. Le poids était trop pour Aurore qui commençait à lâcher. Elle ne vit qu’une seule solution : avec sa jambe libre, elle écrasa son pied contre le visage de la blonde. Et encore. Et encore, jusqu’à ce qu’enfin, Maureen lâche prise et, hurlante, tombe dans le canal, où elle fut immédiatement enfouie sous une montagne de gravats tombant du plafond. Bon, ce coup-ci, elle avait son compte pour de bon. Mais Aurore n’eut pas vraiment le temps de s’en réjouir : à son tour, elle lâcha prise, et tomba à l’eau. Paniquée, elle n’avait pas pris son souffle et l’air commença à manquer immédiatement. Elle regarda autour d’elle, tout était noir, et chaotique, il y avait des remous partout à cause des débris, impossible de se repérer ! Elle parvint avec grand peine à remonter à la surface pour prendre une grande inspiration avant d’être de nouveau entraînée au fond de l’eau. Elle tenta de nager de nouveau à la surface, ou de trouver la sortie du canal, mais c’était peine perdue, ça remuait tellement qu’elle avait l’impression de nager dans une machine à laver en marche, et elle avait beau avancer de toutes ses forces, elle avait l’impression de faire du surplace. Ses poumons commençaient à se contracter douloureusement, elle allait se noyer ! Soudain, elle sentit quelque chose frôler ses pieds, une forme large, et plate, à la texture rugueuse, mais résolument animale… elle se pencha vers la silhouette sombre en-dessous d’elle et s’y accrocha avec l’énergie du désespoir, et la silhouette l’emmena, loin de ce chaos. Accrochée à elle, elle en reconnut le grain de peau, et la voilure en forme de losange, ces grandes nageoires gracieuses… c’était une black stingray ! Ses poumons en feu, elle observa l’eau tout autour d’elle, passer de l’obscurité et du chaos le plus total à de plus en plus de calme et de clarté, jusqu’à ce qu’elle aperçoive, non loin au-dessus d’elle, la lumière du soleil se reflétant sur la surface. Prise d’euphorie, elle lâcha son sauveur et remonta jusqu’à sortir la tête hors de l’eau. La tempête était partie, et il faisait beau ! Elle n’aurait jamais pensé être aussi heureuse de voir le soleil un jour. La mer était si étrangement calme comparé à tout ce qui s’était passé sur l’île ! A bout de forces, elle parvint tout de même à nager jusqu’à un grand tronc d’arbre qui flottait non loin. Elle s’y hissa et s’y étala de tout son long, restant un bon bout de temps étendue comme ça, à regarder le soleil. Quand elle eut enfin retrouvé son souffle, elle redressa la tête et regarda en direction de l’île. Oh la vache ! Elle n’avait jamais vu une chose pareille : de l’imposant volcan de Stingray Island, il ne restait plus rien, que quelques îlots rocheux épars, tels les miettes d’un gâteau englouti par quelque ogre gigantesque. Et de la jungle, autrefois luxuriante, ne subsistaient que des troncs d’arbres comme celui sur lequel elle était allongée, qui flottaient dans la mer tout autour d’elle. Une chose était sûre, l’arme secrète des Japonais fonctionnait : Stingray Island était totalement détruite. Et elle se sentit tout à coup seule au monde… Un remou à la surface de l’eau, non loin d’elle, attira son attention. Elle se pencha pour l’observer. Hiro ? C’était lui qui remontait à la surface ? Elle se pencha un peu plus, ça semblait venir vers elle… Deux bras musclés surgirent de l’eau et la saisirent par la nuque avant qu’elle ait pu se retirer. Elle tira de toutes ses forces, mais la poigne était terriblement forte, et elle hurla quand la tête et les épaules remontèrent à leur tour à la surface et qu’elle se retrouver nez à nez avec le regard de folle de Maureen Cassidy. « Petite salope, siffla la terroriste, sa voix pleine de haine, j’ai mis des années à monter cette opération ! Des années de travail réduites à néant ! Si je dois crever là, tu peux être sûre que je t’emmène avec moi ! » Et elle poussa, de toutes ses forces, tentant d’entraîner la jeune fille dans l’eau avec elle. Aurore se débattit, s’accrocha à son tronc avec l’énergie du désespoir, mais la terroriste était bien trop forte et, centimètres par centimètre, l’entraînait inexorablement vers l’eau… Et soudain elle hurla, un hurlement de douleur comme Aurore n’en avait jamais entendu, un hurlement à glacer le sang, et elle lâcha prise et se mit à se débattre comme une folle toute seule au milieu de l’eau, combattant un ennemi invisible. Enfin, invisible, jusqu’à ce qu’Aurore remarque une très longue queue en forme de fouet surgir de la mêlée. Et une autre. Et encore une autre. Elle se souvint alors des discours de son père : la queue des black stingrays était venimeuse, et les piqûres provoquaient des douleurs extrêmes, jusqu’à entraîner… la paralysie. Maureen luttait avec de moins en moins de vigueur, perdant la bataille contre, d’après les comptes d’Aurore, au moins une demi-douzaine de ces poissons. Et elle finit par se retrouver sous l’eau, et Aurore regarda avec horreur les bouillonnements à la surface, témoins de la lutte sous-marine, qui continuaient, et continuaient… et s’arrêtèrent tout à coup. Et ne remonta qu’à la surface que la casquette noire de la terroriste. Le trop-plein d’émotions fortes eut raison de la jeune fille, qui s’évanouit sur son tronc. Sauvée par les stupides poissons de son père, se dit-elle dans son dernier moment de lucidité. Qui l’eut cru… Elle fut réveillé par le bruit du moteur du canot qui s’approchait d’elle. Elle se redressa soudainement, le soleil commençait à se coucher. Et le canot s’approcha d’elle. A son bord, elle reconnut son père, et Hiro. A peine l’eurent-ils aidée à monter qu’elle les étreignit tous les deux, pleurant de joie. « Papa ! dit-elle. Papa ! Je te promets, je te jure, plus jamais je ne dirai que tes poissons sont stupides ! Ma puce, répondit son père en riant et pleurant en même temps. Je suis si heureux que tu n’aies rien ! J’ai cru te perdre ! Dis-moi, tu m’avais parlé d’une journée shopping à Christchurch, ça te dit encore ? Peu importe, sourit la jeune fille en l’étreignant encore plus fort. Tant qu’on est ensemble ! » Le retour au Pacific Explorer se fit dans la joie, et les deux aventuriers purent profiter d’une bonne douche, d’un bon repas, et de toutes les questions et attentions de leurs camarades étudiants, tous secoués par cette incroyable aventure. Après le dîner, Hiro eut envie de s’isoler un peu, fatigué de toutes les questions, et alla sur le pont arrière admirer les feux orangés du coucher de soleil tandis que le bateau faisait cap vers la Nouvelle-Zélande. Terminé, tout était terminé, enfin. Il avait du mal à le croire. « Hiro ? » Il se retourna : c’était Aurore. Fraîchement douchée, elle avait mis un jean et un chemisier, trop heureuse de pouvoir enfin remettre des vêtements normaux. « Comment ça va ? demanda-t-elle en venant regarder le coucher de soleil près de lui. Je crois que ça va… juste… fatigué. Oui, moi aussi. J’ai du mal à croire ce qui s’est passé, j’ai encore l’impression que tout ça n’est qu’un rêve… il s’en est passé, des choses, hein ? Ouais, répondit-il, pensif. Hiro, je voulais te dire… » Elle posa une main sur son dos en parlant, et le jeune homme se tendit, surpris. « Je voulais te dire merci, pour tout. Je crois que j’aurais jamais survécu sur cette île sans toi. Je te dois tout. _ Je crois que j’aurais pas survécu sans toi non plus, » répondit-il en la regardant dans les yeux et en posant une main hésitante sur sa hanche. Son chemisier était court et il sentit la chaleur de sa peau sous sa main. Son cœur se mit à battre la chamade. Elle rit nerveusement. « Alors, on fait vraiment la paire, hein ? » Il ne répondit pas. Il sourit bêtement. Elle rougit. Une brise tiède passa et ébourriffa ses cheveux. Elle était belle. Ils restèrent un long moment à se regarder, et sans qu’ils ne s’en rendent compte, leurs lèvres se rapprochèrent… « Maow ! » C’est le moment que choisit Chinow pour les rejoindre sur le pont et sauter dans les bras de sa maîtresse. Ils sursautèrent comme deux idiots et se séparèrent, gênés. Cette chatte, décidément, toujours là pour faire des conneries !

  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans

    :choque: T'as une imagination de fou !


    Bon ok, c'est un peu long ^^ Mais c'est très sympa à lire tout en action et très bien écrit ;) Je me suis posé une question tout au long de l'histoire cependant ...

    Mais où est passé le chat ?!


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Merci beaucoup Coco ! Oui, j'avoue, je sais pas d'où ça vient tout ça, mais je crois qu'il faut que j'arrête les jeux vidéo pendant un temps :lol:


    Mais où est passé le chat ?!

    Coco



    Mais euh... j'en parle tout le long du chat, pourtant :/


  • Coco Avatar
    Coco - il y a 11 ans
    Ouai mais il y a des moment comme toute la 4 ème partie où on ne le voit presque pas ^^ (où alors j'ai loupé des phrases)

  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Lol j'avoue qu'à des moment je savais pas trop quoi en faire. En fait j'ai mentionné vite fait dans la quatrième partie que Hiro a laissé le chat dans le bateau du professeur avant de repartir. Avec toute l'action qu'il devait y avoir, je voulais pas m'encombrer avec la bestiole :lol:


  • Black Stingray Avatar
    Black Stingray - il y a 11 ans

    Alors ça y est, j'ai rattrapé mon retard !

    Igit: c'est... c'est franchement malsain ^^ On ressent effectivement beaucoup de colère dans cette histoire, mais ça marche parce qu'on est tout à fait dans la tête du personnage et dans son délire de vengeance... mais vengeance pour quoi, par contre ? Je me suis posé la question tout le long :D

    GML: Franchement, au début, je croyais que j'allais pas aimer. J'avais peur que tu fasses de Loup un "Mary Sue" comme on dit, un personnage trop parfait, trop lisse, un type qui a la classe juste parce qu'il a la classe, tu vois. Mais tu casses très bien cette image vers la fin, la scène de la fuite qui est très bien menée, et on voit que malgré tout, Loup est humain, il peut avoir peur et se blesser. En fait je vais me joindre aux autres et te dire que je serais intéressé pour lire une suite et voir comment évolue le personnage ;)


  • Chinow Avatar
    Chinow - il y a 11 ans

    Bon, ça aura été passionnant, et j'ai enfin fini ton histoire, Black !

    J'ai beaucoup aimé. J'ai d'abord trouvé tes personnages un peu trop stéréotypés, mais tu les as très vite enrichis, et cette impression s'est dissipée tout aussi rapidement.

    Bon, j'adore le chat. Littéralement. Je l'aime. J'ai explosé de rire quand je l'ai vu pour la première fois. Je suis fan !

    En plus de tout ça, ton intrigue est très bien construite, solide et bien ficelée. Bon, après, j'ai l'impression de lire un film d'aventure, quelque part. Les codes que tu utilises m'y font vraiment beaucoup penser, du coup, je n'ai pas non plus eu de grosse surprise (je savais que Jake était un traître, par exemple), mais c'était quand même un régal de te lire.

    Au passage, encore une méchante "Cass", hein ? Mais cette fois, elle est réellement la méchante. :)

    Et les méchants Irlandais qui haïssent les Anglais, ça sent le vécu, nan ? :p

    Bref, j'ai passé un super moment à te lire, vraiment. Merci pour tout ton travail, c'était très sympa ! :D


  • Hasana Avatar
    Hasana - il y a 11 ans

    Je viens de finir ton histoire BS et c'est super ! j'ai beaucoup aimé le chat moi aussi mdr et les persos sont bien construit et tout et tout :p
    j'aurai du m'en douter pour le traitre, le pire c'est que je trouvais bizarre au début qu'il ai pu s'échapper aussi facilement pour venir aider Hiro... Mais bon, vu que ça ne m'a paru logique que quand il est revenu vers la terroriste, bah je trouve que tu t'es très bien débrouillé !


  • Malthyros Avatar
    Malthyros - il y a 10 ans
    Et hop, un commentaire pour l'histoire de GML intitulée "[url=https://forum.ticklingfr.com/viewtopic.php?f=23&t=18943&p=127540#p127539:3p9tb6hs]Noël en Rouge et Noir (partie 2)[/url:3p9tb6hs]" Rien à redire sur l'écriture, toujours aussi clair et compréhensible! [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs]... la lune le savait ... [/quote:3p9tb6hs] Je ne l'ai pas dis dans les autres chapitres, mais j'aime beaucoup la personnification que tu as faite à la lune. [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs]Il n'y avait manifestement pas d'électricité.[/quote:3p9tb6hs] De toute évidence, ton Loup n'aime pas du tout l’électricité ! Déjà dans le premier chapitre. xD [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs]Au même moment, à des centaines de kilomètres de là, le Policier qui avait libéré Rouge quelques mois plus tôt embarquait dans un jet privé.[/quote:3p9tb6hs] Plus de doute possible, avec un jet privé, le policier, c'est Batman. [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs]Elle s’exécuta alors devant lui, découvrant ses sous-vêtements bleu-nuit bordés de dentelle. Elle les avait soigneusement choisi, sachant qu'elle se retrouverait forcement dans cette tenue.[/quote:3p9tb6hs] :bave: [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs]Puis vit que son tourmenteur se trouvait debout face au lit, devant ses pieds. Il souriait.[/quote:3p9tb6hs] Tu m'étonnes qu'il sourit ! [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs] Il attendit qu'elle commence à parler pour lui chatouiller ce pied qu'il n'avait pas encore touché et dont la sensibilité était encore exacerbée.[/quote:3p9tb6hs] Et en plus il est fourbe cet enfoiré ! [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs]Loup explosa de rire. Une complicité s'était installée entre eux. Peut-être même plus que de la complicité.[/quote:3p9tb6hs] C'est chou. :$ [quote="Grand Méchant Loup":3p9tb6hs]Il se retourna et fit face au Policier, qui braquait son arme sur lui. Il avait encore le pistolet en main, il le braqua à son tour sur son adversaire.[/quote:3p9tb6hs] J'adore cette scène de type film hollywoodien ! J'ai beaucoup aimé cette histoire ! La scène de chatouille était tout de suite plus longue et plus appétissante que le premier chapitre ! J'aime ! La fin est très intense en rebondissement. L'histoire pourrait se terminer ainsi, mais je ne dis pas non à une suite. [quote="Mathallica":3p9tb6hs] Oué c bien en gro [/quote:3p9tb6hs]

  • TigerA57 Avatar
    TigerA57 - il y a 10 ans
    Bon il faut que je commente cette histoire. Cest de la merde en barre voilà. NAAAAAAN JE RIIIIIIIE! J'ai adorer ton histoire je pense que je devais ressembler à une psychopathe avec les yeux écarquillés tout le long de ma lecture x) j'etait tellement à fond dedans que pendant les moments de suspense j'avais la boule au ventre! J'espère qu'il y aura une suite (si il n'y en a pas déjà une et là j'aurais l'air conne enfin un peu plus que d'habitude quoi) en un mot GÉNIAL.

  • TigerA57 Avatar
    TigerA57 - il y a 10 ans

    Je parle de l'histoire du louveteau qui jappe et pleure que je n'est pas préciser de quelle histoire je parlais, ainsi il arrêtera de me casser les ovaires :)


  • Lise Avatar
    Lise - il y a 10 ans

    Non mais la c est pas possible ! Dit moi pas que tu as jamais écrit avant ! J y crois pas ! En tout cas félicitations tu as réussit à me faire couler une larme sur la joue ( j ai eu trop peur pour loup ) du cou du cou ba j aimerai bien lire la suite ^ ^