Histoire : L'éléphant noir

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Histoire


Histoire ajoutée le 10/04/2020
Épisode ajouté le 10/04/2020
Mise-à-jour le 10/04/2020

L'éléphant noir

Helloooo ! J'espère que vous vous portez bien en cette période troublée. Sinon je me suis permis de prendre un peu de recul par rapport à mon autre fiction pour vous écrire ce "one-shot". ( L'idée est peut-être, voir même sûrement tirée par les cheveux mais elle vient d'un de mes rêves que j'ai ensuite développé )
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Comme toujours, j'attends vos critiques, bonnes comme négatives :D ( à condition de ne pas me laisser de commentaire dans le genre "c'est nuleuuuu !"
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[size=150] L'éléphant noir[/size]
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Gabriel Smith, 57 ans, noyé dans son grand fauteuil de cuir, fumait comme toujours à 18h32 très précisément son havane, les pieds négligemment posés sur son bureau. Il dirigeait l’une des plus grosses boîtes informatiques de France et, pour reprendre les termes de bon nombre de ses employés, « nageait dans le fric ». C’était un homme qui ne pouvait pas être qualifié de vraiment désagréable mais qui ne se montrait pas agréable pour autant. Quand son ordinateur afficha 19h, il se leva, écrasa son cigare dans son cendrier, prit son manteau et descendit d’un pas pressé les escaliers menant au hall d’accueil.

« Bonsoir M. Smith ! » lança sa secrétaire en apercevant sa massive silhouette du coin de l’œil.

-‘Soir !... »

Il franchit rapidement les portes automatiques et sauta dans sa Porsche. Vite, il inséra la clef dans le contact et consulta l’heure qu’affichait son quadrant, bien qu’il l’ai déjà fait quelques minutes plus tôt dans son bureau : 19h02. S’il y avait bien une chose qu’il détestait, c’était être en retard mais là, il n’y avait aucun risque. La réception était à 20H00.
Il passa chez lui afin de rapidement se changer et enfila son plus beau costume. Comme il était en avance, il prit le temps de mettre ses célèbres boutons de manchette bleu roi qui n’échappaient jamais aux yeux des invités. Puis il récupéra son carton d’invitation et reprit la route en direction de Strasbough. Il y serait dans une petite heure. Le soir tombait déjà mais rouler de nuit ne le dérangeait pas. Quand il arriva sur le périphérique, le transit étant relativement calme, il en profita pour glisser dans le lecteur destiné à cet usage un cd d’Elvis Presley. Gabriel avait coutume de l’écouter en boucle partout et à tout moment car cela lui rappelait sa jeunesse.

« C’était le bon temps ! » Répétait-il souvent.

Les lumières des réverbères n’étaient plus que des lignes jaunes discontinues qui bordaient la route. La lune, quant à elle, se cachait timidement derrière un épais nuage de pollution. Avec le king aux oreilles et la route pour quasiment lui et lui seul, le voyage lui paru trop court. Une fois arrivé en ville, et pour s’y être rendu plusieurs fois, il ne tarda pas à trouver le luxueux appartement de Dominique Tellier, instigateur de la soirée qui allait se dérouler dans les heures qui suivraient. Il fut obligé de se garer dans l’allée, pas très loin de la piscine, en raison du grand nombre de voiture déjà présentes. Il consulta une dernière fois l’heure puis sortit. Il était pile à l’heure, comme toujours et il en était fier. Il dépassa promptement les deux cyprès qui gardaient le chemin pavé, balaya les véhicules d’un regard vif et aperçu une Rolls Royce white ghost qu’il connaissait bien. Il sourit et se présenta sur le porche. Puis, tout en ajustant son nœud papillon, pressa la sonnette. Ce fut Dominique lui-même qui lui ouvrit.

« Gabriel ! On attendait plus que toi ! Entre donc ! » S’exclama t-il avec ce fameux timbre de voix bourge dont il avait le secret.

Ils échangèrent donc une poignée de main et rentrèrent. Un domestique proposa à Smith de prendre son manteau pour aller le poser à l’étage. Ce dernier ne se fit pas prier et l’homme s’exécuta. Dans la pièce, la plupart des convives parlaient et riaient, beaucoup un verre de champagne à la main. Tellier s’enquit de la façon dont les affaires se portaient pour Smith, ce à quoi il répondit : « à merveille ! » Et il se tu. Gabriel n’avait jamais été quelqu’un de vraiment bavard. Dominique le sachant, il n’hésita pas à combler le vide par divers potins et autres banalités que l’homme d’affaire fit semblant d’écouter en hochant la tête. Un serveur leur proposa un canapé, ils refusèrent. Soudain, un « ding-dong » retentissant se fit entendre.

« Ah, un retardataire sans doutes ! » Chantonna M. Tellier.

Il se confondit en excuses et se rendit à l’entrée, rendant ainsi à Gabriel la possibilité de faire ce qu’il voulait. Il se fraya donc un chemin au milieu des invités et s’approcha de la jeune femme à laquelle il voulait parler depuis qu’il était entré ici. Elle était délicieusement belle : Une douce chevelure cuivrée ramenée pour cette occasion spéciale en un chignon délicat laissant entrevoir son dos nu, une robe noir pailletée qui mettait en valeur ses formes, et de magnifiques yeux verts tout droits hérités de sa mère. Il était terriblement fier d’elle et parmi les convives, il ne voyait qu’elle. Il peinait à réaliser qu’elle avait déjà 28 ans tant le souvenir du nourrisson en chaussons blancs qu’elle était lui semblait dater d’hier.

« Alors ? Tu ne salues pas ton vieux père ? » La gronda t-il faussement.

Elle fit volte face et un large sourire illumina son visage.

« Papa ! » S’écria t- elle en se jetant à son cou. « La route a été bonne ? »

-Aucun incident à mentionner. Cathy, il faut que je te parle. »

Il l’emmena un peu à l’écart et murmura :

« Je ne rajeunis pas et diriger la boîte est de plus en plus dur pour moi. Il me faut un successeur digne de ce nom et qui de mieux placé que toi, ma chérie, pour en prendre la tête ? »

-T’es pas sérieux ?

-Je me suis occupé de toute la paperasse. Dans une semaine, tu seras la nouvelle directrice des industries Infinity. »
Elle se jeta aussitôt à son cou en le remerciant abondamment. Elle savait que son père finirait par lui confier la gestion de son entreprise, pour elle ça lui semblait normal, mais elle ne pensait pas que ça arriverait aussi tôt. Catherine Smith était née avec une cuillère d’argent entre les dents et pour elle, les choses lui étaient dues. Son père, complètement fou d’elle, l’avait tant gâtée, et ce depuis sa plus tendre enfance, qu’elle en était devenue hautaine et orgueilleuse, ces défauts s’étant encore plus affirmés avec la mort de sa mère survenue 4 ans plus tôt. Elle chassait impitoyablement les prétendants qui avaient osé tenter de la séduire, voir même n’hésitait pas se servir de ses charmes pour atteindre ses propres objectifs. Alors qu’elle n’était qu’au lycée, en raison de son statut social, elle était la petite protégée du directeur ce qui lui avait valu bien des jalousies mais elle s’en moquait. Elle avait l’impression de flotter « au dessus de ce petit monde ». Cette jeune femme pouvait donc sembler bien innocente et en dehors de l’admiration et de l’amour qu’elle portait à son père, elle était en réalité profondément égocentrique.

Lorsqu’ils revinrent parmi les invités, un serveur la bouscula involontairement, renversant sur elle les deux coupes de champagne qui se trouvaient sur son plateau. Elle ouvrit la bouche d’un air outré et exigea qu’on lui apporte aussitôt de quoi s’essuyer sans se soucier du pauvre domestique qui ramassait les éclats de verre dispersés sur le sol.
Après cet incident, Dominique attira l’attention des convives et leur annonça que le repas était servi. Gabriel tira une chaise pour sa fille et celle-ci s’assit puis son père fit de même. Tandis qu’ils mangeaient, M. Smith remarqua qu’un jeune homme fixait Catherine d’un air timide. Il se pencha donc vers elle et murmura :

« Je crois que tu fais de l’effet sur ce pt’it blanc bec. Tu devrais peut-être essayer de lui parler ? »

Elle tourna la tête en face de ce dernier et il plongea le nez dans son repas, rouge d’émotion.

« Simon Jonhson ? Aucune personnalité mais facilement manipulable… » Lâcha t- elle d’un ton sarcastique.
Son père haussa les épaules.

« Tu pourrais faire un effort. »

-Est-ce de ma faute si ce sont tous des abrutis ? Il suffit de papillonner des yeux pour qu’ils m’obéissent. Moi ce que je veux, c’est quelqu’un comme toi et aucun ne t’arrive à la cheville. »

Le repas se poursuivit donc dans le silence le plus total. Une fois la réception terminée, Gabriel l’accompagna à sa Rolls et la regarda s’éloigner en lui faisant signe de la main.

Catherine était épuisée. Elle était restée au bar jusqu’à deux heures mais voyant que Simon s’en approchait, elle s’était aussitôt éloigné d’un air dégouté et avait rejoint la piste de danse ou elle avait enchaîné en talons toutes les chorégraphies imaginables et ce jusqu’à trois heures du matin. Tout ce qu’elle rêvait était d’un bon bain après quoi elle irait paisiblement se couler dans son lit, ce qu’elle fit une fois rentrée chez elle.

Elle se réveilla le lendemain aux environ de onze heures, encore épuisée de la veille. Elle mangea un peu puis décida pour se faire plaisir d’aller « claquer un peu d’argent » dans les boutiques qui fleurissaient dans sa rue. Elle enfila un top blanc qui laissait entrevoir son cou et ses épaules ainsi qu’un pantalon rayé rouge et blanc. Elle acheva sa tenue en mettant ses talons préférés, ceux qu’elle avait négligemment jetés sous son lit puis s’admira dans le grand miroir de sa chambre. Il manquait quelque chose. Elle alla chercher ses lunettes de soleil et se regarda de nouveau. Parfait. Elle était prête à sortir. Elle attrapa son sac à main, dévala les escaliers de son immeuble puis se rua dans les magasins. Voilà quelle était la vie de Catherine quand elle ne se trouvait pas au bureau (Pour le moment, elle n’était que secrétaire dans l’une des boîtes de son père mais il lui versait tous les mois une somme « modique » de cinq milles euros par mois.)

En fin d’après-midi, elle rentra dans son immeuble les bras comme toujours chargés de sac. Elle ouvrit donc la porte avec sa tête car elle ne voulait pas prendre le risque d’abimer ses chaussures. Avant de remonter dans son appartement, elle alla voir si elle avait du courrier, rituel indispensable à son bien-être mental. Elle posa ses nouveaux achats sur le sol seulement pour fouiller dans son sac à main ou elle avait mit ses clefs puis ouvrit sa boîte aux lettres. Quelle ne fut pas sa surprise d’y trouver une lettre. Jamais personne ne lui avait écrit jusqu’à ce jour, ou seulement les jeunes aux hormones en ébullitions dont elle avait retrouvé les mots doux dans son casier alors qu’elle était encore au lycée. Elle fut amusée de l’originalité de cette dernière. En effet, elle était close par un sceau noir avec gravé dessus, un éléphant.

Piqué au vif dans sa curiosité, elle n’attendit pas d’être de retour chez elle pour l’ouvrit et déchira l’enveloppe. Elle en sortir la lettre et la lu à voix basse :

« Chère mademoiselle Smith.

J’ai recueilli assez d’informations sur vous pour savoir que vous meniez une petite vie fort confortable.

Je fais parti d’une association secrète dont le but est de réunir assez d’argent pour venir en aide aux plus faibles et aux plus démunis. Vous ne seriez donc pas lésée si je vous demandais de m’offrir 4000 euros pour cette bonne cause.

Ci-joint à cette lettre, vous trouverez mon RIB afin que vous puissiez effectuer le transfert de chez vous, en toute tranquillité.
Je me dois néanmoins de vous prévenir que si vous refusiez de me verser cette somme, je me verrais obligé de vous y contraindre.
L’éléphant noir »

Catherine éclata de rire. Cette lettre lui semblait si absurde qu’elle la déchira sur place.

« Sans doute un rigolo qui n’a rien de mieux à faire… » Songea t- elle en montant les escaliers.

Néanmoins, l’audace de ce curieux personnage, comment s’était-il nommé déjà ? Ah oui, l’éléphant noir, même son nom était grotesque ! Enfin bref, l’audace de ce curieux personnage l’avait bien amusé et avait rompu la monotonie de sa journée.
Le jour suivant, n’ayant pas envie de travailler, elle appela son patron et lui annonça qu’elle prenait un jour de congé. Son employeur vivant aux crochets de M. Smith, il ne broncha pas bien que l’attitude de la jeune femme l’agace au plus haut point. Une fois cet appel terminé, Catherine envoya un message à ses deux meilleures amies afin qu’elles passent la journée ensembles. Elles se retrouvèrent donc en ville et allèrent manger un morceau puis se rendirent chez Lucie, la plus vieille d’elles trois, ou elles s’amusèrent à se pouponner en se mettant du vernis à ongles, en se faisant des masques pour le visage et les cheveux. Elles terminèrent la journée en se racontant les derniers potins puis se quittèrent en riant à 18h00. Catherine sauta dans sa voiture et enclencha le contact. Elle songea aussitôt à ce qu’elle allait faire une fois rentrée chez elle et pensa à regarder cette nouvelle série dont tout le monde parlait. Seulement voilà, elle n’avait plus de glace chez elle et hors de question de manger devant la télé sans glace.

Elle s’arrêta donc au supermarché le plus proche et se rua à l’intérieur. Les rayons du magasin étaient effrayamment vides et cela lui fit froid dans le dos.

« ‘Manqueraient plus que les lampes grésillent… » Grommela t- elle en songeant à tous les scénarios d’horreur ou c’était le cas.

Elle prit un pot de glace et se rendit rapidement en caisse. Hors de question de rester une minute de plus dans cet endroit flippant. Puis elle franchit les portes automatiques et se rendit compte qu’il faisait déjà nuit. Un vent frais la fit grelotter. Elle se replia sur elle-même histoire d’avoir un peu moins froid mais la glace qu’elle avait dans les bras n’arrangeait pas les choses. Elle s’empressa de traverser le parking, les yeux rivés sur sa voiture.

« Mlle Smith, je présume ? » Lança tout à coup quelqu’un.

Elle se retourna, surprise et se retrouva nez à nez avec un homme portant un costume noir absolument impeccable. Il avait une barbe naissante et de petits yeux bleus. Il devait avoir environ la cinquantaine, pas plus…

« Si c’est Simon qui vous envoie, dîtes lui qu’il ne m’intéresse pas. Et vous ne m’impressionnez pas non plus. » Répliqua t- elle sèchement en pensant qu’il s’agissait de M. Jonhson.

-Ahah, non mademoiselle. Ce n’est pas Simon qui m’envoie mais vous avez déjà dû entendre parler de moi. Je vous ai envoyé une lettre. Je suis l’éléphant noir. »

Elle haussa un sourcil. Elle ne pensait pas se retrouver nez à nez avec l’auteur de la lettre et cela la déstabilisa un peu.

« Je n’ai pas l’intention de vous verser d’argent et vous ne pouvez pas m’y obliger. Est-ce que vous savez qui je suis au moins ? »
-Bien sûr, mademoiselle. C’est pour cela que nous vous avons choisi.

-Alors vous devez savoir que vous ne devriez pas vous attaquer à moi. J’ai pas mal de relations haut placé et si je veux, je peux faire éclater un scandale, vous trainer en justice. Alors soyez gentils, laissez moi et j’oublierai tout ça. »
Elle se détourna de lui et leva les yeux au ciel. Les gens pouvaient se montrer si stupides parfois. Alors que sa voiture était seulement à un mètre d’elle, elle se sentit brusquement enlevée dans les airs. Elle voulu crier mais une grosse main vint aussitôt couvrir sa bouche. Elle se débattit comme une furie mais rien n’y faisait. Son cœur se mit à battre de plus en plus fort et elle vit toute sa vie défiler devant ses yeux. Pour elle, la route risquait de s’arrêter ici. Terrifiée, elle se débattit de plus belle. Son agresseur monta dans une sorte de fourgon noir et la jeta à l’arrière, comme on aurait jeté un sac à patates. Quand elle se releva sur ses bras tremblants, elle se rendit compte qu’elle se trouvait entre trois hommes cagoulés dont le dos du blouson était orné d’un éléphant. On se serait cru dans une de ces séries policières bidon ou la fille était prise en otage par des bandits puis libérée par le héro. Mais là, on était dans la vraie vie et elle risquait sa peau. Son sang frappait si fort dans ses tempes que ça lui donnait la migraine. Elle se releva et s’élança vers la porte encore ouverte mais un des hommes la rattrapa par les hanches.

« AU SECOURS !!! » Hurla t- elle comme si on était en train de l’égorger.

« L’éléphant noir » ferma la porte et fit signe au chauffeur de démarrer. Quand elle entendit le vrombissement du moteur, Catherine cru devenir folle. Ils étaient en train de la kidnapper et ils allaient réussir. Elle se précipita aussitôt au fond du fourgon et appuya fébrilement sur la poignée en espérant que la porte s’ouvre. Rien. Elle commença donc à frapper des poings sur la cloison en criant :

« Laissez-moi sortir ! »

-Mlle Smith ! »

Elle cria encore plus fort.

« MLLE SMITH ! » Tonna « l’éléphant noir ».

Surprise, elle se retourna mais n’était pas calmée pour autant.

« Vous êtes des grands malades ! Qu’est ce que vous voulez ?! Vous allez m’emmener en forêt puis me tuer et me découper en morceaux c’est ça ?! » Débita t- elle, complètement hystérique.

Ce genre de scénario était déjà arrivé, ça pouvait très bien recommencer… « L’éléphant noir » s’approcha doucement d’elle.

« Mademoiselle, je vous en conjure, calmez vous. Nous ne voulons pas vous tuer, nous ne sommes pas des barbares. Voyez, nous ne sommes même pas armés. »

Il fit signe à ses hommes de lever les bras pour qu’elle puisse examiner leurs ceintures. Il disait vrai. Ils n’avaient ni pistolet ni couteau. Il ouvrit prudemment une boîte métallique et en sortit une thermos. Il enleva le capuchon, qui faisait également office de tasse, et versa le contenu dans ce dernier.

« Tenez, buvez. Cette infusion devrait vous remettre de vos émotions.»

Elle accepta mais resta sur ses gardes. Sa gorge était complètement desséchée après avoir autant crié, une boisson chaude lui ferait le plus grand bien. Et puis après tout, elle était une invitée de marque, elle méritait bien des égards.

« Vous comprenez, mademoiselle, nous avons vraiment besoin de cet argent... »

Elle porta la petite tasse en plastique à ses lèvres sans vraiment l’écouter et en bu une gorgée.

« Et je vous avais prévenu que si vous refusiez, je me verrais contraint de vous obliger à me verser cette somme. »

Elle se souvenait de cette phrase, elle l’avait lue dans la lettre qu’il lui avait envoyée mais elle n’y avait pas fait plus attention que ça. Mais maintenant, elle lui faisait froid dans le dos.

« Qu’est ce que vous allez me faire ? »

Sa tête était lourde, si lourde qu’elle n’arrivait plus à la porter. Ses doigts se desserrèrent et elle lâcha la tasse sur le sol. Elle n’avait plus aucune force. Elle tomba à genoux puis se mit à quatre pattes pour garder l’équilibre. Elle releva péniblement la tête. Tout tanguait autour d’elle.

« Ne vous en faîtes pas, nous avons des méthodes d’extraction qui ne sont pas douloureuses, elles sont même à mourir de rire, vous verrez. » Poursuivit « l’éléphant noir », les jambes croisées sans se soucier de ce qui était en train de lui arriver.
Alors elle réalisa, la boisson avait été droguée. N’importe qui aurait sûrement déjà réagi mais pas Catherine, qui pensait que sa petite personne était si importante que personne n’oserait la toucher ni même la maltraiter. Sa bulle, son univers, venait brusquement d’éclater.

« Espèce de… »

Elle n’eu pas le temps d’achever sa phrase et s’écroula sur le sol.
Deux heures plus tard, elle commença à se réveiller. Il faisait terriblement froid et le sol était si dur. Elle s’allongea sur le flan, espérant ainsi continuer de dormir mais rien n’y faisait. Pourquoi son lit lui faisait-il aussi mal ? Elle avança un bras pour attraper l’un de ses coussins mais ne rencontra qu’un sol bétonné dont le contact glacé lui donna des frissons dans tout le corps. Elle se balança sur le dos et ouvrit un œil. Les projecteurs blancs accrochés au plafond la firent au départ souffrir mais elle s’habitua rapidement.

« Qu’est ce que c’est que ce délire ? » Souffla t- elle encore à moitié dans les vapes.

Elle se releva et se rendit compte qu’elle se trouvait dans une sorte de hangar. Alors elle se rappela de tout, de son kidnapping, de « l’éléphant noir » et aussi qu’il avait parlé de « méthodes d’extraction ». Une tache de sueur se répandit dans son dos. Elle ne préférait pas savoir ce que ça voulait dire. Elle allait s’échapper de cet endroit moisi et irait tout raconter à la police. Elle examina soigneusement les alentours, la porte devait être de l’autre côté. Elle se releva donc et se retourna. Les trois mêmes hommes, enfin elle le supposait, qui l’avaient accompagné dans le fourgon étaient là, assis sur des chaises et jouaient aux cartes paisiblement. Ils ne semblaient pas l’avoir remarquée. Elle recula donc discrètement d’un pas.

« Hello, beauté ! » Le salua soudain l’un d’entre eux.

Comprenant qu’elle était repérée, elle se mit à courir et se jeta sur la porte du hangar évidemment fermée. Elle se mit à la secouer de toutes ses forces, allant même jusqu’à faire trembler la cloison métallique.

« À l’aide ! Je suis enfermée ! » Hurla t- elle encore et encore.

Voyant que ça ne servait à rien, elle se retourna. Les trois hommes l’avaient encerclée. Elle voulu s’échapper mais celui de droite l’arrêta et lui enserra la taille pour l’empêcher d’aller plus loin.

« Ôtez vos sales pattes de moi tout de suite ! » Vociféra t- elle.

Celui qui la tenait la relâcha brusquement, lui arrachant sa veste en cuir noir au passage. Surprise, elle dégringola sur celui d’en face qui en profita pour baisser la fermeture éclair de sa robe fleurie. Choquée par ce geste indécent, elle réussi à lui donner une gifle violente mais fut aussitôt plaquée au sol par les deux autres qui s’empressèrent de la débarrasser de sa robe maintenant ouverte. Ils voulaient la violer. Alors elle se mit à hurler de plus belle mais lorsque le dernier homme s’assit sur ses jambes pour retirer ses basket blanches, elle s’arrêta un bref instant. Pourquoi s’il voulait abuser d’elle prenait-il le temps d’ôter ses chaussures ? Ça n’avait aucun sens.

« NE ME TOUCHEZ PAS ! » S’égosilla t- elle.

Contre toute attente, l'homme fit délicatement glisser son doigt de son talon à la base de ses orteils. Catherine surprise, laissa échapper un gloussement. La sensation n'était pas franchement désagréable, quoique déroutante, mais elle n'appréciait vraiment pas d'être en brassière de sport (car Catherine en faisait souvent et était parée à toutes les éventualités) et en leggins seule dans un hangar et prisonnière de trois bonshommes auxquels elle était à la merci. L'homme se mit ensuite à gratouiller la plante bien tendue du pied de sa victime. La jeune femme se retint avec difficulté de lâcher un rire qui n'était pas volontaire. Elle se redressa violemment et s'apprêta à étrangler son bourreau mais les autres l'en empêchèrent et la plaquèrent de nouveau au sol; chacun tenant un bras. L'homme poursuivit sa besogne comme s'il ne s'était rien passé. Cette fois, Catherine ne pu se retenir et un rire cristallin s'échappa de ses lèvres. L'homme fit danser pendant une bonne dizaines de secondes ses doigts dans tous les recoins qu'offrait le pied de la jeune femme en se délectant de ses cris.

"Elle est réceptive." Nota t-il en s'arrêtant brusquement.

Ils la relevèrent. Catherine se remit à crier mais était intérieurement soulagée qu’il ne se soit rien passé. Elle repensa à ce qu'elle venait d'endurer mais ne fit pas pour autant le lien avec ce qui l'attendait. En revanche, elle était sûre que ces gens étaient des psychopathes, voir peut-être même des terroristes !

Ils l’emmenèrent dans une autre pièce du hangar ou la douce chaleur qui y régnait la fit se détendre un peu. Elle remarqua en haut à droite une longue vitrée teintée de noir et juste à côté en bas, une porte qui devait s’ouvrir de façon automatique, un peu comme un ascenseur. Elle nota également et ce pour le plus grand plaisir de ses orteils, que le sol avait été recouvert d’une douce moquette mauve. Néanmoins elle ne comprenait toujours pas la raison ni ou toute cette mise en scène allait la mener. En tournant la tête, elle aperçu une table blanche en forme de T avec dessus des sangles. Sa vue l’affola et elle recommença à se débattre mais les trois hommes eurent tôt fait de l’y installer. Ils attachèrent ses bras de façon perpendiculaire à son corps sur le haut du « T » puis ce fut au tour de ses jambes et ils quittèrent la pièce.

« REVENEZ TOUT DE SUITE !!! LIBEREZ MOI !!! » Ordonna t- elle.

Rien. La pièce était devenue affreusement silencieuse. Elle essaya de tirer sur ses sangles mais il n’y avait rien à faire. Soudain, le plafond s’ouvrit lentement et inonda le visage de la jeune femme d’une vive lueur blanche. Elle plissa les yeux et pu distinguer qu’un énorme bras mécanique, comme ceux qu’on peut en voir dans les usines, descendait vers elle. Il tenait entre ses doigts de métal quelque chose qui lui semblait briller.

« Un scalpel » Pensa t- elle.

Epouvantée, elle commença à gigoter dans tous les sens possibles et imaginables mais les entraves laissaient vaines toutes ses tentatives d’évasion. Puis le plafond de referma en laissant juste un trou pour la pince, permettant à Catherine de mieux percevoir son environnement. La pince s’arrêta à quelques centimètres à peine au dessus de son ventre et la jeune femme se rendit compte que ce que les doigts en métal tenaient n’était rien d’autre qu’une brosse à dents. Elle fit une grimace et se demanda si elle n’était pas en train de rêver, la situation devenant de plus en plus loufoque de minute en minute. Soudain, la brosse se mit à tourner en poussant un faible vrombissement et la pince l’introduisit subitement dans son nombril.
Submergée et surprise par la vague de sensation qui secoua son corps, la jeune femme ne put se retenir de pousser une série de gloussements de plus en plus intenses. Ils étaient sérieux ? Ils comptaient réellement la chatouiller ? Elle avait l’impression de cauchemarder. Les poils se la brosse tournaient et retournaient au creux de cette partie si vulnérable de son anatomie, finissant par lui arracher de puissants éclats de rire. Elle avait beau tenter de se dégager, la pince ne bougea pas ne serais-ce que d’un millimètre. Finalement, elle essaya de rentrer son ventre pour se soustraire au supplice mais la pince s’ajusta aussitôt et continua son œuvre. Jamais elle n’avait eu à subir des chatouilles aussi violentes, oui on lui avait déjà pincé les côtes pendant qu’elle était encore scolarisée mais ça n’était jamais allé plus loin et ça n’avait jamais duré aussi longtemps. Ce qu’elle vivait aujourd’hui était tout simplement atroce. Tout à coup, elle sentit la brosse se mettre à tourner plus vite, ne lui laissant plus le moindre instant de répit ni le temps de reprendre son souffle. Son rire hystérique rebondissait à présent dans le hangar et quiconque eu passé par là aurait cru qu’il s’agissait d’une démente. Brusquement, le plafond s’ouvrit de nouveau et deux autres pinces descendirent, elles aussi armées de brosses à dents vrombissantes. Elles vinrent se placer dans un grincement rouillé juste au creux des aisselles de Catherine qui, à peine avait-elle était touché, poussa un hurlement strident. Elle bondissait sur la table comme un diable hors de sa boîte. Elle n’arrivait même plus à réfléchir. Ses supplications étaient entrecoupées de rires dégénérés.

Et puis brusquement, après quinze longues minutes de torture, tout s’arrêta. Les pinces se retirèrent. La jeune femme laissa échapper un soupir de soulagement. C’était fini. Vivante, elle était vivante et pourtant, elle peinait à le croire. Elle lorgna sur la porte par laquelle elle était arrivée, s’attendant à voir les trois hommes qui l’avaient emmené ici débarquer pour la détacher mais elle demeura irrémédiablement close. Une vague de paniquer commença à la gagner. Tout à coup, la porte en bas à droite de la vitre noire s’ouvrit et un homme apparu. Il ne portait pas de cagoule mais avait comme les autres un blouson noir avec un éléphant dans le dos. Il était grand, mate de peau mais ce qui attira le plus son attention était ses mains dont les doigts étaient aussi fins qu’élégants. Elle songea aussitôt qu’il aurait sans doute fait un excellent pianiste.

« Relâchez-moi. » Articula t- elle très fermement dès qu’il fut assez prêt pour l’entendre.

-Alors que vous venez juste d’être conditionnée ? Je ne crois pas non. » Rit-il.

« Conditionnée » ? Que voulait-il dire par là ? Il se dirigea vers une petite table et prit un peu du produit qui se trouvait dans le flacon posé sur cette dernière.

« Qu’est ce que c’est que ça ? » Demanda t- elle sur la défensive.

-Une solution hydro-alcoolique, ne vous en faites pas. Ça ne vous fera rien. J’en mets toujours avant de m’occuper de mes « patients ». »

Puis il se rapprocha dangereusement d’elle. De nouveau, elle recommença à se débattre, comprenant que ce qu’elle venait de subir n’était que le préambule du spectacle. L’homme se plaça au niveau de sa tête et commença à gratouiller « gentiment » ses deux aisselles simultanément.

« Alors ? Il paraît qu’on est près de ses sous ? » Entama t-il.

Catherine se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire. C’était déjà humiliant de s’être fait torturée seule au milieu d’un hangar mais il était hors de question qu’elle cède devant quelqu’un.

Son bourreau effectua donc des vas et viens de ses aisselles à ses poignets et le traitement semblait fonctionner : La prisonnière gigotait de manière de plus en plus virulente.

« Pas très bavarde, hein ? » Ajouta t-il en délaissant l’aisselle droite pour aller titiller sa peau parfaitement tendue juste sous sa brassière.

Catherine laissa échapper un cri.

« Ah, je crois qu’on se rapproche du but ! »

Il délaissa donc l’aisselle gauche et alla rejoindre son autre main puis elles descendirent lentement sur les côtes de la jeune femme qu’il commença à pincer délicatement avant d’y intensifier les chatouilles. La jeune femme lâcha plusieurs rires saccadés avant de céder complètement. Son corps hypersensible en raison du précédent quart d’heure ne supportait plus tous les attouchements qu’on lui faisait subir et envoyait à son hôte des dizaines de décharges toutes plus horribles les unes que les autres. Mais son bourreau ne s’arrêta pas là pour autant et se mit à gratouiller sans la moindre pitié la peau si tendre du ventre de sa victime. Catherine hurlait à plein poumons. Elle avait l’impression de devenir folle. Tout en continuant de chatouiller son ventre d’une main, il descendit avec l’autre sur sa cuisse tout aussi sensible, voir même peut-être plus puis entama un ballet entre ces deux points sensibles. Voyant qu’elle commençait à pleurer, il s’arrêta. Son but n’était pas de lui faire mal. Il revint donc près de sa tête et souffla :

« Alors ? C’est qui qui va nous donner bien gentiment l’argent qu’on a demandé ? »

Bien qu’épuisée, elle réussi à cracher :

« Vous êtes des malades…. »

-Mauvaise réponse »

Et aussitôt il se remit à torturer ses aisselles mais cette fois-ci en alternant côte et ventre. Catherine bondit sur la table encore et encore en sanglotant et riant. Puis il appuya sur une télécommande rayée de noir et de jaune qui pendait du plafond et la pince revint. La jeune femme en entendant le vrombissement de la brosse à dent, supplia, implora, pleura mais rien n’y fit. Celle-ci se logea de nouveau dans son petit nombril tandis que son bourreau continuait de torturer
impitoyablement ses aisselles. Catherine n’en pouvait plus. Tout son corps était agité de spasmes nerveux. Elle ne se rendait même plus compte qu’elle riait. Puis l’homme sembla de lasser et délaissa ses aisselles pour s’attarder sur ses jambes. Il souleva lentement le leggin de la jeune femme, qui lui arrivait au mollet et commença à titiller ses genoux.

« J’vous en priahahahahahhahaha ! Arrêtez ! ahahaarrêtez ! Je vous donnerai tout ce que vous voulez ! » Articula t- elle entre deux éclats de rire.

« Moi je voudrais bien vous croire mais vu combien vous êtes têtue, ça va être dur… » Répondit-il en allant gratouiller ses cuisses.
-N…Non… Je vous le promets !

-Je veux être sûr que vous ne changiez pas d’avis. »

Aussitôt dit, il fit danser ses ongles sur le ventre de sa victime, juste à côté de la brosse à dent. Finalement, il arrêta juste au moment ou Catherine allait sombrer dans l’inconscience.

« Vous… Vous me croyez ? » Balbutia t- elle, le corps en sueur.

-Je vous l’ai déjà dit ! Je veux être sûr que vous ne changiez pas d’avis. »

Il s’approcha doucement d’elle et défit ses sangles en sifflotant. Il transporta ensuite le corps de la jeune femme qui ne lui opposa aucune résistance dans une sorte de boîte. Il la posa au fond de cette dernière et lui sangla les jambes et les pieds. Puis il leva ses bras et ferma le couvercle de la boîte, ne laissant dépasser que ses mains et sa tête. Ensuite il alla au fond de la pièce et revint avec un serpent dans les bras. Catherine écarquilla les yeux, terrifiée.

« Je vous présente Chester, c’est un serpent roi de Californie. Il ne vous mordra pas, je vous en fais la promesse. Ce pt’it gars est un ange. » Déclara t-il avant de l’introduire dans la boîte par le trou ou Catherine avait sa tête.
L’animal descendit lentement le long de son cou en tirant sans cesse, et ce bien innocemment, sa langue bifide pour distinguer son nouvel environnement. Seulement les caresses que celle-ci infligèrent à la peau hypersensible de la jeune femme étaient absolument insupportables. Le serpent glissa d’abord sous ses aisselles avant d’entamer l’escalade de son ventre. Catherine hurlait à s’en déchirer les cordes vocales. Le reptile continua son chemin jusqu’à ses pieds et, comme il n’arrivait pas à retrouver par ou il était entré, y passa de longues minutes, complètement désorienté. La jeune femme cru défaillir C’était encore pire que tout ce qu’elle avait enduré jusqu’à présent. Après dix horribles minutes, son bourreau retira le serpent et Catherine, épuisée, sombra dans le sommeil.

Elle se réveilla en sursaut une heure plus tard, au volant de sa voiture. Elle regarda longuement autour d’elle et reconnu le parking du super marché. Elle commença alors à douter que ce qu’elle venait de vivre soit bien réel mais lorsqu’elle vit un mot lui étant adressé sur le tableau de bord, elle su que c’était bien arrivé. Elle s’empara du mot et le lu :

« Très chère mademoiselle Smith
Nous avons passé un délicieux moment en votre compagnie. Vous êtes sans nul doute, parmi toutes les personnes que nous avons sélectionnées, la plus réceptive à nos méthodes.

Nous attendons votre paiement dans le plus grand enthousiasme
L’éléphant noir »


Catherine effectua le virement le soir même.

Fin