Histoire : EUPHORIE FORCEE POUR LOUISE HF/F

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Histoire ajoutée le 27/02/2026
Épisode ajouté le 27/02/2026
Mise-à-jour le 27/02/2026

EUPHORIE FORCEE POUR LOUISE HF/F

Euphorie forcée pour Louise

La poussière dansait dans un rayon de soleil solitaire, traversant l'unique fenêtre à triple vitrage de la Suite d'Ajustement. Sur le fauteuil de traitement, une structure ergonomique qui ressemblait plus à un cocon de cuir blanc qu’à un meuble médical, Louise ne bougeait pas.

Elle semblait presque angélique ainsi, le visage détendu par un sommeil chimique profond. C’était dur d’imaginer que cette femme, selon les rapports de son beau-frère, était capable de transformer un simple dîner de famille en champ de mines émotionnel. L’anonyme qui m’avait contacté n’avait pas mâché ses mots : l’arrogance de Louise était devenue un poison, une lourdeur que même les liens du sang ne pouvaient plus supporter.

« Un cas typique de rigidité comportementale », murmurai-je en ajustant mes gants en latex.

Mon assistante, Clara, entra dans la pièce sans un bruit. Elle tenait une tablette affichant les paramètres vitaux de notre "invitée".
— Tout est prêt pour la phase préparatoire, Monsieur, dit-elle d’une voix monocorde. Le client a été très spécifique concernant les entraves et l’exposition.

Je jetai un coup d’oeil à la manière dont Louise avait été livrée. Un transport discret, dont les détails resteraient scellés dans nos archives confidentielles. Pour l'heure, elle portait la tenue réglementaire de l'établissement : une combinaison de coton léger, laissant ses extrémités libres.

Nous savions tous deux que derrière ce calme apparent se préparait un séisme. Ma méthode, bien que controversée, reposait sur un principe simple : on ne peut pas maintenir une attitude méprisante quand le corps est trahi par un rire incontrôlable. — Vérifiez les fixations des poignets et des chevilles, ordonnai-je. Et assurez-vous que les plumes de précision et les activateurs mécaniques soient calibrés sur la sensibilité de type 4.

Clara s'exécuta. En quelques minutes, Louise fut installée selon le protocole de "Résonance Spasmodique". Ses pieds, soigneusement immobilisés et pointés vers l'unité de chatouillement robotisée, étaient la cible principale de la première session.
— Le client veut qu'elle comprenne l'impuissance avant de trouver la joie, rappela Clara en ajustant une sangle de cuir souple.

Je m'approchai du visage de Louise. Dans quelques minutes, le produit neutralisant ferait effet. Elle s'éveillerait dans une pièce blanche, incapable de bouger, face à deux inconnus masqués, prête à subir quarante-huit heures de thérapie par le rire pur, sans aucune échappatoire.
— Louise, Louise... murmurai-je pour moi-même. Vous êtes entrée ici avec un coeur de pierre et une langue acérée. Vous en sortirez les abdominaux endoloris et l'esprit étrangement léger.

Je fis un signe de tête à Clara. Elle pressa l'interrupteur du réveil. Le premier tressaillement des paupières de Louise annonçait le début du week-end le plus long — et le plus bruyant — de sa vie.

L’air de la pièce était saturé d’une odeur de lavande synthétique et d’ozone. Sur le moniteur, la ligne de son rythme cardiaque commença à dessiner des pics plus nerveux. Louise revenait à elle.
D’abord, ce fut un simple froncement de sourcils, une tentative instinctive de chasser le brouillard qui pesait sur ses paupières. Puis, ses doigts tentèrent de se recroqueviller contre la paume de ses mains, mais se heurtèrent à la résistance ferme des sangles de cuir souple.
Ses yeux s’ouvrirent d’un coup. Des pupilles dilatées, balayant frénétiquement le plafond blanc immaculé avant de se fixer sur moi, puis sur Clara, qui restait immobile comme une statue de porcelaine à ses côtés.
— Où... où suis-je ? Sa voix était éraillée, sèche comme du parchemin. Qu’est-ce que c’est que ça ? Détachez-moi immédiatement !

L’arrogance habituelle, celle-là même que son beau-frère m’avait décrite avec tant d’amertume, refit surface en un instant. Elle essaya de redresser son buste, mais le cocon ergonomique la maintenait parfaitement à l’horizontale, les membres sagement alignés et immobilisés.
— Bonjour, Louise, dis-je d’un ton apaisant, presque clinique. Bienvenue au Centre d’Ajustement de l’Humeur. Votre famille s’inquiétait pour votre tension nerveuse. Nous sommes ici pour vous aider à évacuer... tout ce surplus de sérieux.
Elle ne m’écoutait déjà plus. Ses yeux s’étaient abaissés vers le bas de son corps. Elle vit alors ce que nous avions préparé avec tant de soin : ses pieds nus, fixés solidement dans les étriers de bois verni, pointant vers une étrange machine dotée de brosses rotatives ultra-fines et de plumes de autruche motorisées.

— Vous n'avez pas le droit ! hurla-t-elle, son visage virant au pourpre. Mon frère va vous faire rayer de la carte ! C’est ridicule, c’est...

Elle s’interrompit brusquement. Un premier contact, léger comme un souffle, venait de se produire. Clara avait activé le mode "Prélude". Une plume effleura l'arche de son pied droit, de manière presque imperceptible.

Louise eut un spasme violent, ses chevilles tirant inutilement sur les liens. Un petit rire nerveux, qu’elle tenta immédiatement d'étouffer dans une grimace de colère, lui échappa malgré elle.
— C’est une blague ? Une torture de cour de récréation ? s'égosilla-t-elle, le souffle déjà court.
— Oh, loin de là, répondis-je en ajustant le curseur d'intensité sur la console. C'est de la neurologie appliquée. Le rire forcé court-circuite vos défenses psychologiques. Dans une heure, Louise, vous ne vous souviendrez même plus pourquoi vous étiez en colère.

Je fis un signe à Clara. Elle pressa le bouton de démarrage du cycle "Persistance". Les brosses se mirent à tourner lentement, frôlant la peau sensible de ses plantes de pieds avec une précision diabolique.

Le cri de Louise se transforma instantanément en un gloussement aigu, incontrôlé, qui résonna contre les murs insonorisés de la suite.
— Non ! Arr... ha-ha-ha ! Arrêtez ! C’est... hi-hi-hi... c’est insupportable !

Ses jambes s'agitaient vainement dans les entraves, ses orteils se recroquevillaient dans un réflexe désespéré pour échapper aux chatouilles incessantes. Mais il n'y avait aucun endroit où se cacher. Le protocole de quarante-huit heures venait de commencer officiellement.

Le calme stérile de la suite fut instantanément brisé. Ce qui n’était au départ qu’un gloussement d’indignation se mua en une explosion sonore que Louise ne pouvait plus contenir.

Clara fit glisser le curseur de l'unité robotisée vers la zone "Arche et Talon". Les brosses de soie rotatives, d’une douceur diabolique, commencèrent à décrire de petits cercles rapides sur la peau ultra-sensible des plantes de pieds de Louise.
— Non ! Ha-ha-ha ! Oh mon Dieu, non ! ho-ho-ho-ho !

Louise se cambra violemment, son corps luttant contre les sangles de cuir qui la maintenaient clouée au fauteuil. Ses orteils, désespérément contractés, tentaient de saisir le vide pour échapper au supplice, mais les plumes motorisées venaient les titiller un par un, s'insérant entre chaque espace avec une précision chirurgicale.

C’était le moment où la psychologie basculait. Louise essayait encore de garder un visage colérique, de nous foudroyer du regard, mais ses traits se décomposaient sous l'assaut des chatouilles. Ses joues devinrent rouges, ses yeux commencèrent à larmoyer, et son rire changea de timbre : il devint plus aigu, plus saccadé, un rire de pure impuissance.
« S'il vous... ha-ha-ha-ha ! Je vous en... hi-hi-hi-hi... supplie ! Arrêtez ! Ça suffit ! Ho-ho-ho-ho-ho ! »

Chaque fois qu’elle tentait de reprendre son souffle pour nous insulter, une nouvelle salve de brosses ou un effleurement particulièrement insistant sur ses talons déclenchait une nouvelle quinte de rires convulsifs. Elle n'était plus la belle-soeur hautaine et glaciale ; elle n'était plus qu'un amas de nerfs à vif, secoué par des spasmes incontrôlables.

Je m'approchai de son visage, observant la sueur perler sur son front. — Vous sentez cela, Louise ? C'est votre corps qui lâche prise. Votre cerveau ne peut pas maintenir votre mépris et gérer cette stimulation en même temps. Choisissez la joie, ou subissez-la.

Je fis signe à Clara d'activer les "Gants de Frémissement". Clara commença à effleurer les flancs de Louise, juste sous les bras, avec le bout de ses doigts gantés de silicone texturé.

Le cri qui suivit fut un mélange de hoquet et de hurlement joyeux malgré lui. Louise se tortilla comme si elle était sur des charbons ardents, ses hanches pivotant frénétiquement pour fuir le double assaut des pieds et des aisselles. Son rire était désormais continu, une mélodie frénétique qui remplissait la pièce, brisant méthodiquement chaque barrière de son ego.
— Regardez-la, Clara, murmurai-je en consultant les capteurs de stress qui commençaient enfin à chuter. La thérapie commence enfin à porter ses fruits.

Louise ne répondait plus par des mots. Elle n'était qu'un souffle court, entrecoupé de « Hi-hi-hi » et de sanglots de rire épuisés, tandis que les plumes continuaient leur danse implacable

D'un geste sec, je fis signe à Clara de stopper les moteurs. Le silence qui retomba sur la pièce fut presque assourdissant, seulement troublé par la respiration erratique et sifflante de Louise.
Les plumes s'immobilisèrent contre ses voûtes plantaires rosies, et les brosses rétractables cessèrent leur rotation infernale. Louise resta prostrée un instant, les yeux rivés au plafond, le corps encore parcouru de légers tressaillements résiduels.
— Respirez, Louise, dis-je doucement en m'approchant d'elle avec un verre d'eau et une paille. Le premier cycle est terminé.
Elle tourna la tête vers moi. Ses cheveux étaient ébouriffés, collés à ses tempes par la sueur, et son mascara avait légèrement coulé, lui donnant l'air d'une tragédienne déchue. Mais l'étincelle de défi dans ses yeux, bien que vacillante, n'était pas encore éteinte. Elle refusa l'eau d'un mouvement brusque du menton.
— Vous... vous êtes des malades, haleta-t-elle, sa poitrine se soulevant violemment. Je vais vous traîner... en justice. Je vais ruiner mon beau-frère... ce lâche... qui n'ose même pas se montrer.

Elle marqua une pause, essayant de retrouver une contenance de femme d'affaires. Elle baissa la voix, adoptant ce ton mielleux et autoritaire qu'elle utilisait sans doute pour écraser ses subordonnés.
— Écoutez. Je ne sais pas combien il vous paie pour cette... mascarade humiliante. Mais je peux doubler la mise. Non, la tripler. Détachez-moi, donnez-moi mon téléphone, et on oublie tout. Je vous ferai un virement immédiat.
Je souris, échangeant un regard amusé avec Clara.
— L'argent n'est pas le moteur de cet établissement, Louise. C'est l'harmonie familiale. Votre beau-frère ne veut pas votre ruine, il veut simplement pouvoir passer un Noël sans que vous ne critiquiez le choix de sa cravate ou le diplôme de sa femme pendant trois heures.

Elle serra les dents, ses orteils se contractant instinctivement sur le cuir du repose-pied, comme si elle anticipait déjà la suite.
— Je changerai ! mentit-elle avec une ferveur désespérée. Je vous le jure. Je serai adorable. Je serai une sainte ! Juste... ne remettez pas ces machines en marche. C'est... c'est trop. Je ne supporte pas qu'on me chatouille les pieds, vous ne comprenez pas ? C'est une torture !
— Ce n'est pas de la torture, c'est une libération, répliquai-je en posant ma main sur le levier de commande. Si vous étiez vraiment prête à changer, vous n'auriez pas commencé cette conversation par des menaces de procès et des tentatives de corruption. Votre ego est encore trop solide. Il faut qu'il se fissure davantage.

Je vis la panique remonter dans son regard lorsqu'elle comprit que la négociation avait échoué.
— Non, attendez ! Je... Ha !
Sans un mot de plus, j'abaissai le levier. Les plumes redémarrèrent à une vitesse supérieure, ciblant cette fois-ci le creux sensible entre le gros orteil et son voisin.
— HI-HI-HI-HI-HI ! NON ! PAS LÀ ! PAS LÀ-HA-HA-HA-HA !

Sa promesse de devenir une "sainte" s'envola instantanément dans une nouvelle rafale de rires aigus et stridents. La négociation était terminée. La thérapie de choc, elle, ne faisait que commencer.

Je jetai un coup d’oeil à la pendule murale : 19h15. Le premier soir ne faisait que commencer.

— Clara, augmentez la fréquence des pulsateurs de voûte plantaire et passez en mode « Chatouilles Aléatoires », ordonnai-je en ajustant mon masque. Nous ne voudrions pas que son système nerveux s'habitue trop vite à la cadence.
Louise, la tête renversée et le corps secoué par des hoquets de rire qui ne ressemblaient plus qu’à des aboiements de joie forcée, tenta de croiser mon regard. Ses yeux suppliaient, mais ses lèvres, trahies par ses nerfs, ne pouvaient dessiner qu’un sourire permanent et grotesque. Elle n'avait encore aucune idée que le programme de nuit prévoyait l'usage de brosses de crin et de plumes de paon, bien plus fermes que celles de l'après-midi.
— Reposez-vous entre deux quintes, Louise, murmurai-je en m'éloignant vers la porte. Il reste encore quarante-deux heures au compteur... et nous n'avons même pas encore commencé la vraie séance de chatouilles sur vos hanches, votre taille et vos côtes.

Alors que je refermais la porte blindée de la suite, le son étouffé de ses rires stridents continuait de résonner dans le couloir, tel une promesse de brisure totale. Le week-end allait être très, très long pour la belle-soeur.


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