Histoire : Troy et Célina

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Histoire


Histoire ajoutée le 14/12/2007
Épisode ajouté le 14/12/2007
Mise-à-jour le 03/07/2021

Troy et Célina

Coucou,
Voilà  une histoire que j'avais écrite avec Black Stingray !
C'est il y a bien un an et demi (je crois, peut etre juste une demie année...non en fait c'était il  a un an et demi ....bref...)
Voilà , j'imagine que Black Stingray ne sera pas dérangé par le fait que je la poste;....


L'univers est plus grand, bien plus grand que l'on ne l'imagine…  plus loin que la galaxie terrienne et pluton, il y a d'autres planètes, toutes inhabitées.  Toutes sauf une, cette planète s'appelle  Masuna. Masuna est un endroit tranquille, c'est là  où j'habite.
Au fait, je m'appelle Célina, j'ai 16 ans. J'ai les cheveux bruns, très long, des yeux amandes, un regard de biche avec une lueur d'aigle dans le fond de l'Å“il. Je suis tout comme ma mère et mon père dans un parti politique écologique. La tâche n'est pas aisé car depuis quelques années, l'industrialisation prend le dessus sur la nature et un parti industriel rase les forêts sans notre accord pour construire des choses ignoble qu'ils appellent immeuble, routes, autoroutes…soit disant pour le bienfait de l'humanité, quelle audace !
De plus, des conflits ont lieu car, contrairement aux terriens, il y a au centre de Masuna, qui n'est pas une planète ronde mais de la forme d'un champignon, une force magique qui donne des pouvoirs aux habitants, plus ou moins selon les individus.
Les industriels sont moins  nombreux que nous mais généralement plus puissants. Leur quartier général est situé dans un lei où régnait au paravent une forêt dont les feuilles faisaient naître la joie dans les cÅ“urs. Cette base est pour moi la pire des choses qui soit, on raconte dans mon parti qu'aucun animal, même pas les rats, ne veulent approcher  de cet endroit tant il pue la mort.
Ma mère vient de me contacter mentalement, la réunion de mon parti e a lieu dans quelques minutes…




Le vent souffle chaud comme le feu à  travers les rues brûlantes de la Cité. A Steel City, tout est brûlant, de toute façon. Nuit et jour, les usines et hauts fourneaux tournent à  plein régime, dispersant leur carbone dans l'air, formant une atmosphère opaque autour de la ville, un microclimat bouillonnant comme les chaudrons de l'Enfer. Où que vous alliez à  l'intérieur de la ville, dans votre lit, sous la douche, jusque dans les plus profonds sous-sols, la chaleur vous attend, oppressante, suffocante, implacable... mais on finit par s'y habituer. Je suis né là , alors cette chaleur, elle m'est plutôt agréable. Le soir commence à  tomber, et je me tiens debout sur un toit, à  admirer les hautes cheminées crachant leurs furieuses gerbes de flammes dans le ciel orange.
Il y a une odeur de soufre dans l'air... c'est beau comme une éruption volcanique. En bas, dans la rue, passent des citoyens, à  pieds ou en jeep, dans les rues et sur les routes... j'aimerais dire qu'elles étaient goudronnées, mais on manque de matière première pour faire du goudron, alors la plupart des routes sont faites à  partir de la terre sèche, qui à  une époque fut fertile et où se trouvait
à  l'époque une sorte de jungle sauvage. Seuls les axes majeurs, les autoroutes, sont faits de métal. Des fois, aussi, on a des problèmes de surchauffe dans les aciéries, ou des fuites d'huile qui inondent les rues. La perfection n'existe pas, après tout.
Au fait, je m'appelle Troy. On me décrit souvent comme une sorte de marginal, avec mes yeux bleus perçants et ma masse bien épaisse de cheveux bruns. Je suis peut-être le seul mec propre et entier de la ville, la plupart des autres citoyens étant constamment tachés de carbone et puant l'essence à  des kilomètres, certains ont même des prothèses robotiques.
A seulement 18 ans, je suis déjà  Premier Directeur des Forces Armées du Syndicat. Le Syndicat est un parti voué au développement économique de Masuna par l'industrie. Nous sommes un parti minoritaire, en nombre, mais notre intelligence surpasse absolument tous nos rivaux. C'est nous qui avons fondé la métropole de Steel City, mère de la civilisation.
C'est nous qui avons fondé la métropole de Steel City, mère de la civilisation. Nos rivaux sont des tribus troglodytes qui peuplent les forêts luxuriantes autour de la ville. Ils sont pas très malins, ils ne savent même pas ce qu'est un téléphone. Mais ils sont dangereux.
On raconte qu'ils ont des... des "capacités", qu'ils ont acquis dans un endroit secret au milieu de leurs forêts. Moi même, j'en ai un peu, en fait. Je peux contrôler des machines à  distance, c'est marrant mais parfaitement inutile dans ces jungles peuplées d'animaux sauvages et d'illuminés écolos qui se donnent le titre ronflant de "parti".
"Toujours à  rêvasser, Troy ?"
Je me retourne pour accueillir mon visiteur. Stalia, présidente du Syndicat et fondatrice de Steel City. La femme la plus puissante dans cette région du monde, elle règne sur la ville d'une main de fer... littéralement, car 75% de son corps est en métal.
Et c'est bien connu, les cyborgs n'ont pas de cÅ“ur. Parfois, sa cruauté arrive à  effrayer même les membres les plus influents du parti. Même moi.
"On peut s'attendre à  une attaque des illuminés," dit-elle froidement, "alors il y a une réunion du conseil des Forces Armées. Tout le monde t'attend, en route."




J'entrai d'un pas ferme dans la pièce imposante, très haute de plafond, elle semblait avoir été taillée dans un arbre, tel était l'impression que donnait le sort d'Enjolivus lancer sur les parois. Je pris place sur une chaise qui m'était destinée, autour d'une longue table formant une anse, une vingtaine de personne prirent  place. Deux minutes après, chacun était installé. J'étais la plus jeune du groupe. L'ancien se leva :
- Comme vous le savez tous, l'ennemi devient de plus en plus menaçant !
Un autre hurla :
- Il faut intervenir !
Des brouhahas commencèrent, chacun voulait émettre son avis.  Quelques minutes plus tard, le silence revint.
- Les indus (ainsi les appelions nous) tirent comme nous leur force mais cette force, elle, est artificielle et donc, destructible, je sais a peu près ou elle est, il suffit de se rendre au centre de S.. de S…
Chaque ancien avait peur de se nom, pour moi il suffit de craindre un nom pour avoir encore plus peur de la chose en elle-même, je complétai, pour ne pas y  passer la journée.
- Steel City !
Un grand nombre de personne sursauta à  ce nom. L'ancien repris :
- euh… oui c'est ça…je propose donc j'envoyer la personne la plus puissante d'entre nous chez les ennemis, déguisée, elle sera sans danger, de plus, la personne a qui je pense, à  a mon avis, moins peur que tous d'entre nous réunis…Célina, tu iras là -bas !
La phrase ne semblait ne pas avoir de retour. Comme une idiote, je bafouillais :
- M…moi !
- Oui !
Ma mère se leva, imitée par mon père :
- elle n'ira pas ! Un point c'est tout !
Calmement, je répondis :
- Maman ! J'irai ! Je n'ai pas peur ! Je suis la plus puissante en magie de cette planète ! Personne ne peut me vaincre !
- Mais…mais…
- Par contre,  ta tenue n'est pas…très…conforme à  la situation…
Je me levai, en effet, je portai une robe des couleurs des écolos, vert clair avec un dégradé de dorée. Si n'importe qui me voyait ainsi dans le camp ennemi, je serais repérée tout de suite.
- Je vais te transformer !
Pointant le doigt vers moi, je me sentie changée. Quand je baisser les yeux, j'aperçue un corps à  moitié composé de métal.
La panique m'emporta, j'hurlai et activai ma magie. La moitié de la salle brûla et l'ancien me rendis mes vêtements avant de quelqu'un ne meurent carbonisé. Lorsque ma robe réapparue, je me calmai et m transformai moi-même, me recouvrant simplement d'un drap noir, formée avec un capuchon.
Je savais les codes de ma patrie, ne jamais citée la position de notre campement…et je devais aller détruire ce machin qui, selon l'ancien, ressemblait à  un cristal lumineux rouge. Je vis mes parents pleurer à  mon départ…




"Je veux trois unités Juggernaut sur ces tourelles, là -haut," m'écrié-je, "ainsi que des canons automatiques à  l'entrée de la route. Les snipers sont en position ?"
"Oui, chef," me répondit un soldat.
"Parfait... je crois qu'il reste plus qu'à  attendre."
La réunion avait été rapide: j'ai juste été informé que des mouvements ennemis avaient été repérés aux abords de la Cité, près de la Stardust Speedway. J'ai donc réuni un group de soldats ainsi qu'une demi-douzaine de Juggernauts, des espèces de tanks bipèdes lourdement armés, en position à  l'entrée de la Speedway.
Cette autoroute est encore inachevée, et le sol métallique, surélevé à  une vingtaine de mètres du sol, s'arrête brutalement au-dessus de Coal River, qu'on appelle rivière mais qui n'est en fait qu'un canal de pétrole. Au-delà  du canal, il y a une grande plaine asséchée, une sorte de no man's land, puis la forêt commence, puissante, impénétrable
Elle nous foutait même la chair de poule, par moment. On ne savait pas ce qu'ils savaient faire, en vérité, les illuminés. On n'avait absolument aucune idée sur leurs ressources. On était confiants, mais par sécurité, on déployait des grands moyens à  chaque fois qu'un mouvement suspect était signalé.
Je quitte mon poste près du camion de transport pour aller voir Mendez, un sniper. Il n'a même pas besoin de lunette, son oeil droit bionique luisant d'une lueur rouge pouvant scruter l'horizon jusqu'à  la lisière des arbres.
"Toujours rien," dit-il.
La situation commence passablement à  m'énerver. Mais qu'est-ce qu'ils foutent ?
"Mouvement suspect à  midi !" s'écrie soudain un autre sniper. Je crie:
"Feu !"
Les Juggernauts lancent tous leurs missiles en même temps. Il y a une grosse explosion, une magnifique explosion, au loin, puis plus rien. Je donne l'ordre d'envoyer deux éclaireurs sur les lieux. Les deux soldats prennent leurs motos et traversent la plaine à  vive allure. Dix minutes plus tard, l'opérateur radio, près du camion, me crie:
"Chef, c'est une fausse alerte ! La cible n'était qu'un animal... un diplodocus, pour être précis. Et un gros, cinquante-trois tonnes ! Félicitations, chef !"
"Merci. Et pour les mouvements hostiles ?"
"R.A.S. chef."
"Et merde, ils se sont foutus de nous. On remballe !"
Immédiatement, mes hommes commencent à  lever le camp. Je donne l'ordre à  quelques unités de se poster en renfort près du Bâtiment 105, au cas où. Le Bâtiment 105 est une sorte de pyramide d'acier où se trouvent le QG du Syndicat ainsi que CrystalBlood, le processeur central qui relie toutes nos installations informatiques. On l'appelle comme ça parce qu'il se présente comme un gros cristal couleur de sang. Si jamais un écolo parvient à  l'abîmer, on risque un black-out majeur et la perte totale des données, ce qui causerait bien sûr notre perte. Je continue de donner mes ordres quand soudain je percute une personne, qui doit faire une bonne tête de moins que moi et qui est drapée dans une sorte de long manteau noir, avec une capuche rabattue sur son visage.
"Excusez-moi," dis-je. Puis, après quelques secondes: "mais qui êtes-vous ?"
"Oh, c'est moi qui suis désolée," répond la fille, car c'en est une, sa voix ne me trompe pas, "mon général..."
"Chef, ça suffira," je réponds, un peu gêné. Qui ne le serait pas, au ton un peu anxieux de sa voix j'ai l'impression qu'elle me fait du plat ! "Mais... votre nom ?"
"Cél... Kalhein."
"Bien, citoyen Kalhein... vous m'excuserez, mais c'est une question de sécurité: montrez-moi votre visage."
"Euh, c'est que..."
Ne pouvant attendre, je lui enlève sa capuche. Dieu qu'elle est belle ! Un visage parfait, fin et délicat, des longs cheveux soyeux, des yeux magnifiques... elle est comme moi: un peu trop parfaite pour être de Steel City.
Sauf que moi je suis un membre loyal du parti, et elle, je ne la connais pas.
"Je vous remercie, citoyenne. Dites-moi... Kalhein... pour me faire pardonner de cette brutalité, permettez-moi de vous offrir un verre."
Elle accepte poliment, et à  ce moment-là  Mendez me prend en aparté.
"Chef," murmure-t-il, "j'ai scanné cette fille, il n'y aucun composant métallique dans son corps, et vous savez à  quel point c'est rare."
"Et alors, moi aussi je suis 100% humain."
"Chef... se pourrait-il qu'elle soit une illuminée ?"
"Aucun illuminé n'oserait pénétrer l'enceinte de la ville... mais je vais me méfier, merci de m'avoir prévenu. Je l'emmène au Hellbender Club."
"Black-metal et cocktails extra-forts, c'est ça ?"
"Ouais... si c'est un écolo, elle supportera jamais..."  




Je suis docilement le jeune homme qui m'a invité, il est magnifique. J'ai tout de suite remarqué que ce n'était pas un industriel normal, il n'était composé que de chair  humaine.
Je tremble de tous mes membres, heureusement qu'il s'est contenté de me retirer uniquement mon capuchon sinon, la mission aurait échouée.
Je me sens très mal, on m'avait raconté que Steel City  était une ville suffoquente, chaude, affreusement chaude. Et bien c'est encore pire que cela, j'avais l'impression de bouillir et ma vue se brouillait légèrement.
Il m'emmène dans un endroit surpeuplé, j'ai envi de pleurer tellement je souhaiterai me promener entre des arbres en ce moment. Il doit être respecté parce qu'a son approche, il de nombreuses personnes se lèvent pour laisser leur place. Nous nous asseyons tous les deux autour d'une table qui semble refléter des leurs tels des cristaux. La musique est affreuse, j'ai envi de hurler pour que cela s'arrête, les autres femmes me regarde bizarrement, la plupart sont nues, celles qui ne le sont pas ne sont pas loin de l'être.
Il me propose gentiment de retirer mon manteau, je refuse un peu vite.
- Je m'appelle Troy ! Premier directeur des forces de l'armée du syndicat !
Je sursaute, ce nom fait trembler les feuilles de nos arbres. J'ai si chaud que je me sens défaillir. Coulant sous mon manteau mes mains sur ma poitrine, je ferme mes yeux quelques secondes et active ma magie, cela me rassure et le sort que j'ai activé masque un peu la chaleur ambiante…sans pour autant la supprimer.
- Enchantée ! répondis-je avec le plus merveilleux sourire possible.
- Alors, demande-t-il avec des yeux de dragueur, que fait une si jolie femme dans cette magnifique ville ?
Je me sens prise au dépourvu, je n'ai pas réfléchi à  cela. De plus, le mot magnifique me dégoute quelque peu.
- Je rentre chez moi !
- Chez vous ?
- Oui !
- Vous êtes passé par la forêt ?
- Non ! Non ! Euh…bien sûr que non ! Qui voudrait passer parmi ces arbres…
Je lui racontais mon voyage improvisé par Saphir, ville peuplée de guerrier nain.
- Vous êtes de Steel City alors !
- Oui !
- De quelle maison êtes-vous ?
- Euh…je suis…de la maison de mon père !
Il me regarde étonné. Quelle idiote je suis !
- Et quel est le nom de votre père ?
- Hyrandi'ltym !
- Je ne connais pas ce nom…
- Mon père ne cherche pas à  ce que nous soyons connus…
Je tremble de tout mon corps. Chacun me regarde, que ces femmes sont moches, elles me font peur, ce club est composé à  95% d'ivrogne répugnants.
Me faisant sursauter, Troy cri à  l'intention du serveur, un homme avec Å“il en métal qui grince à  chaque mouvement :
- Deux cocktails XP2I, et que ça saute !
L'homme dépose devant nous une substance grisâtre qui fume légèrement. Troy saisit le verre et l'ingurgite en entier, d'un coup. Je regarde ma substance avec dégout, il se méfie de moi mais je ne peux pas m'empêcher de détester cet endroit. Je le regarde dans les yeux…qu'il a beaux d'ailleurs, attrape mon verre et boit tout d'un coup.
Je me sens défaillit, j'ai mal au ventre et je vais vomir. J'active ma magie, me forçant à  ne pas vomir. J'y parviens, la chaleur m'étouffe. Troy n'a pas cessé de m'observer.
Il commande d'autres verres. Je n'arrive pas y croire, il va falloir que j'en ingurgite encore un. Je le fait, mais ma magie a du mal à  contrôler l'assaut de mon ventre. Je m retiens de justesse, me lève et m'apprête a partir. Troy me retiens par le bras.
- Ne pars pas déjà  ! Un homme offre toujours trois verres à  une dame où il n'est pas un homme.
Me forçant à  lui sourire, je me rassois. Et boit le troisième verre, cette fois, je sais qu'il me faudra une magie plus puissante pour m'empêcher de vomir. La magie s'active, un peu trop puissante, Troy voit un faible flot de lumière.
Je chercher à  partir, il ma rattrape et m'arrache le manteau, laissant découvrir à  tous la robe au couleur du parti.
Je cherche à  m'enfui, mais, partout, les gens m'entourent.
J'active la magie, j'imagine une flamme, un feu pour tous les tuer, la magie agit…




La fille à  la robe aux couleurs pas possibles se tient au milieu de la foule, et je sens qu'elle commence à  paniquer. Moi aussi, je m'inquiète un peu, comme tous les gens du Club, en fait. Ce vêtement n'a pas été fabriqué chez nous, et encore moins à  Saphir, et je sais de quoi je parle car ça fait des années que les armures de nains guerriers sont manufacturées dans nos usines.
Cette fille, cette... Kalhein, m'a menti sur toute la ligne ! Et vu la robe, elle ne peut venir que d'un seul endroit...
Je me retire discrètement. Autour de la fille commence à  se former une vive lumière orange, comme si elle allait se mettre à  lancer des flammes
Magie des illuminés... les gens l'entourent mais restent à  une distance respectueuse. Moi, je prends mon portable et compose vite le numéro de mon service.
"Intervention classe 3," je dis. "Au Hellbender Club. Une infiltrée écolo. Magnez-vous, ça risque de mal finir !"
A ce moment-là , un jet de flammes jaillit du corps de la fille et traverse la salle. Certains citoyens ont eu le réflexe de se baisser... d'autres non, et ont été grillés sur place. Et, galère ! En bon soldat, je me mets à  hurler les consignes de sécurité:
"Formez un périmètre autour de l'intrus ! Que tous ceux possédant des bras ou des torses métalliques se mettent en avant pour protéger les autres des flammes ! Ne la laissez s'échapper sous aucun prétexte !"
Les citoyens s'exécutent, et je cherche à  m'approcher de Kalhein, qui s'est entourée d'une sorte de cercle de flammes pour se protéger
"Calme-toi, Kalhein," je lance. "Tu n'as aucune chance de t'échapper par toi-même ! Même si tu réussis à  quitter cet immeuble, il y a des unités Juggernauts qui vont arriver, et même ta magie n'en viendra pas à  bout !"
Les flammes baissent en intensité.
Je soupire de soulagement. Je veux que tout se passe sans bavures, cette fille est mignonne et franchement, j'aimerais pas lui faire du mal. Je suis encore humain, moi, pas comme Stalia.
"Je n'ai plus le choix !" crie-t-elle. "Je suis foutue de toutes façons ! Je me rendrai pas sans combattre, bande de... de dégénérés !"
"Ecoute-moi: je suis quelqu'un d'influent, ici. Tu n'as pas fait trop de dégâts, alors si tu coopères maintenant, je m'arrangerai pour que tu quittes Steel City saine et sauve. C'est ma dernière offre, après je ne peux plus rien faire pour toi !"
Elle semble réfléchir... je me rapproche, je crois avoir gagné...
puis soudainement, elle lance une autre gerbe de flammes, encore plus puissante que la précédente ! J'ai juste le temps de me baisser et de me planquer derrière Igor, un type énorme dont l'armure greffée sur sa peau bloque aisément l'attaque. Je ne voulais pas en arriver là , mais je n'ai pas le choix... je concentre mon regard sur les guitares et les gros amplis 4x900 watts
Largement assez puissants...
en concentrant mon pouvoir, je les active tous en même temps, créant un bang supersonique qui fait sauter toutes les fenêtres, tous les verres, et qui nous envoie tous, même le gros Igor, valdinguer contre les murs !
Je commence à  me relever avec difficulté. Kruger, le barman, vient m'aider.
"Wow, ça c'était heavy-metal, chef !"
"Merci, Krug..." je remarque qu'il a un bout de verre planté dans son Å“il bionique. "Merde, je crois que je t'ai pété quelque chose..."
"Pas grave, fallait que j'aille à  la révision, de toutes façons. Au moins, on l'a eue..."
C'est là  qu'Igor arrive vers moi, la fille inconsciente dans les bras.
"Elle est blessée ?" demande Kruger.
Je l'ausculte vite fait.
"Non, elle va bien. Elle a juste perdu connaissance à  cause du bang."
"Elle est mignonne... tu sais qu'il y a une maison de passes au coin de la rue..."
"Prisonnière du Syndicat, Kruger. Je dois l'emmener au Bâtiment 105, c'est la loi."
"Moi, je disais ça, c'est pour elle... si j'étais une fille, je préfèrerais me taper la moitié de la ville, Juggernauts compris, plutôt que d'être entre les mains de Stalia..."
Son argument est très juste, limite imparable. Mais au moins, au QG, je pourrai toujours éviter qu'il lui arrive quelque chose de trop méchant. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle résiste ? Quelle idiote !
Quelques minutes plus tard, dans un bureau du QG...
"Ouais," je dis, "avec un nom pas possible. Kalhein Hyrandi'Itym. T'as ça dans tes registres ?"
L'administrateur, derrière son bureau, commence à  pianoter sur son PC en tenant sa clope avec sa troisième main.
"Non, que dalle."
"Tu peux lancer la recherche sur Saphir ? Vu sa robe, il est fort probable qu'elle soit des illuminés. Tu peux aussi m'afficher un listing des activistes recensés ?"
"Non, ça c'est pas mon boulot, vieux. Moi je suis de l'Etat Civil, pour Saphir t'appelles aux Relations Extérieures et pour les activistes t'appelles à  la Sécurité."
Je quitte immédiatement le bureau en pestant contre ce système administratif de mes deux c... alors que je marche dans le couloir, j'entends les bruits de pas métalliques auxquels je suis tellement habitué, et je me retourne pour faire face à  la femme cyborg.
"Stalia ! Que me vaut cette visite ?"
"Troy, t'apprendras rien par les bureaux, elle est fichée nulle part, c'est certain. Suis-moi."
On se met alors à  traverser un nombre interminable de couloirs et d'escaliers, pour finalement arriver dans une petite salle ronde, baignée dans une lumière rouge vive, avec deux énormes ventilos aux murs qui tournaient à  plein régime, ce qui ne rafraîchissait l'atmosphère que d'un ou deux degrés.
Au milieu de la salle, une table circulaire, Kalhein était alongée en croix dessus, ses poignets et chevilles attachés par des grosses menottes métalliques. Elle était réveillée, et elle nous regardait sans dire un mot.
"Elle ne veut donner ni son vrai nom ni aucun autre renseignement," me dit Stalia, "elle ne m'a même pas confirmé qu'elle était une illuminée."
"Et en quoi ma présence va changer ce fait ?"
"On va devoir utiliser des méthodes plus persuasives, Troy. Tu vas la torturer."
"Excusez-moi ? Stalia, vous savez que je n'ai jamais fait ça... surtout une fille, et très jeune qui plus est... j'ai pas envie de la..."
"Troy, je comprends tes craintes, mais je m'en tape. Contente-toi d'obéir, tu as carte blanche. Je ne veux pas savoir comment, mais fais-la parler."
Et merde... je me vois forcé d'acquiescer, plus qu'à  contrecÅ“ur.
"Je vous laisse," dit-elle, "vous avez sûrement beaucoup de choses à  vous dire..."
Puis elle disparaît avec un rire diabolique...




J'avais peur.
Plusieurs personnes étaient venues me poser des questions mais, en tant que fidèle à  mon camp, j'avais gardé le silence. J'avais alors fait la connaissant de la personne la plus repoussante que je n'ais jamais vue, elle avait apparemment le nom de Stalia. C'est la terrible Stalia, reine de Steel City.
Je la voyais discuter avec Troy et des mots, prononcées plus hauts que les autres m'étaient apparues tels que « torturer » ou « carte blanche », deux thermes que j'avais assimilés très rapidement.
Troy s'approcha de moi, pas très enthousiasme. Une idée me traversa la tête, menacé de tuer ce directeur et obliger les autres a me libérer.
J'activai ma magie mais, rien ne se produit, je recommençai, sans plus de résultat. Paniquée, je regardai Troy :
- Qu'est-ce se passe ? Ou est ma magie ? Qu'en avait vous fait ?
Troy  parut désolé, il savait certainement que leur magie est ce les écolos avaient de plus précieux.
- Tu es dans la prison de notre base, la magie est inutilisable ici !
Je restai bouche bée.
- Voulez vous que j'apporte le matériel ? Monsieur ? demanda à  Troy un petit homme chauve.
- Euh…oui ! répondit Troy qui, même s'il ne voulait pas le montrer, ne savait pas plus que moi ce qu'était les outils en question.
L'homme poussa une charrette, son contenue me fit horreur : scalpel, cutter, ciseaux…
Le chauve s'en alla, Troy me fixa et, décidant tout d'un coup de ne plus avoir pitié de moi, s'empara du couteau. Je paniquai et essayai de faire flancher Troy par offre :
- Arrête ! Si tu me libère, tu viendras avec moi au parti, je te promets des richesses, autant que tu voudras et un pouvoir immense ainsi qu'un terr…
- Le pouvoir, je l'ai déjà , et l'industrialisation de mon pays me suffit comme richesse.
Je tentai :
- Libère moi…où tu vas souffrir lorsque nos chemins se croiseront. Il répondit à  la menace par la menace :
- Mais…qui te dis que tu seras libérée un jour…
Je panique vraiment, tentant de me libérer et le supplie :
- Je t'en supplie…ne me fait pas de mal !
Il rapproche son visage du mien.
- Je te laisserais partir saine et sauve…si tu réponds a quelques petites questions…
- Vas te faire voire ! Sale Indus !
Levant le couteau, il découpe ma robe dans le sens de la longueur, me voici en sous vêtement, attachée devant l'ennemi.
Malgré qu'il soit directeur, il m'avait semblé fragile et facile à  anéantir. En apparence, il était l'agneau sous une peau de loup, et moi le loup sous une peau d'agneau…mais cette fois, le loup était à  la merci de l'agneau.
- Commençons…quel est ton nom…
Question facile ! Mais après, les questions auront plus d'importance…je choisie donc de lui tenir tête pour toutes les questions…je sauverai ma patrie…même si je dois mourir ou être torturée à  vie…
- …
- Quel est ton nom ? hurle-t-il.
Silence.
- Pas de réponse…bien…
Soudain, il se fige, il vient d'avoir une idée qui le clou sur place, le faisant sourire.
Il chuchote quelque chose à  l'intention du chauve. Celui-ci, à  mon soulagement, retire la charrette. Et reviens tout de suite avec une autre qu'il positionne vers mes pieds, de façon à  ce que je ne puis la voir.
Soudain, une sensation m'accable…d'un coup…je sens une plume qui vient courir le long de ma plante de pied gauche. Je me sais réceptive à  ce genre de torture et serre donc la bouche, me forçant à  ne pas montrer ma faiblesse à  l'adversaire. Après deux minutes sans réactions, il chatouille avec ses doigts  ma seconde plante.
Je me retiens, difficilement…soudain, il fait passer une longue plume entre mes orteils…je me sens faillir, je suis à  la limite de la rupture…
Mais il faut tenir…pour ma patrie, pour les écolos, pour le parti…
Mais je vais craquer s'il ne s'arrête pas rapidement…


Oui, je sais, c'est risible. Si les autres me voyaient, ils seraient morts de rire: on a pas idée d'interroger une prisonnière en lui chatouillant les pieds ! Mais c'est tout ce que j'ai trouvé pour ne pas lui faire mal, et c'est à  moi de le faire, pas question de la laisser entre les mains mécaniques de Stalia ! La dernière fois que Stalia s'est occupée en personne d'un interrogatoire, le gars, on n'a pas réussi à  lui rendre une apparence à  peu près convenable, même avec le mécano le moins bourré de la ville. Si encore elle craquait, mais elle résiste cette petite idiote ! J'ai commencé avec ces trucs qu'on a trouvé dans la forêt qu'ils appellent des plumes, puis j'y suis allé avec les doigts, mais rien à  faire. Elle rougit, sa respiration devient saccadée, je vois bien que ça fait effet, mais elle s'efforce de ne rien laisser passer. C'est énervant. Je décide de m'arrêter un peu, j'ai besoin de réfléchir. Je regarde un peu mieux ses deux pieds nus et, oh mon Dieu, ils sont vrais ! Blancs, lisses et doux, comme on n'en trouve nulle part à  Steel City. Si on pouvait faire des prothèses purement organiques, pas mal de jeunes filles tueraient pour avoir ces pieds-là . Moi, ça fait très longtemps que je n'en avais pas vus. Je me souviens de mon ex copine, elle avait un pieds droit qui était très beau aussi... le gauche était en or massif. Oui, c'était une fille plutôt riche.
Je regarde le plateau, avec les instruments mis à  ma disposition: tous types de lames, une perceuse, un chalumeau... tout ce bordel est parfaitement inutile... d'autres plumes, des... ah, oui, pas mal ! Je saisis un pinceau, le genre assez large, pour peindre des grandes surfaces. Je tords gentiment les poils pour éprouver leur rigidité, et je constate avec satisfaction qu'ils sont bien flexibles. Comme on ne peint les façades qu'avec de la peinture à  plomb, c'est assez rare d'avoir des pinceaux qui ne sont pas à  poils durs comme des aiguilles. Celui-là , il est parfait.
Je me retourne vers la fille... elle ne me regarde même pas. Elle essaie de me défier. Petite idiote... si elle savait à  quel point je me décarcasse pour lui éviter de gros ennuis... assez parlé, à  l'attaque. J'approche le pinceau de son pied, et je l'ai à  peine touchée que son pied se met à  bouger furieusement dans tous les sens en crispant les orteils, cherchant à  tous prix à  éviter le contact. Elle, par contre, ne dit pas un mot. Avec ma main libre, je lui attrape donc les orteils et les tire en arrière, la forçant à  maintenir son pied bien droit, et je laisse les centaines de poils du pinceau caresser la plante lisse et tendue au maximum... elle se cabre immédiatement, tirant de toutes ses forces sur ses liens. Satisfaisant... je continue, espérant la faire craquer. Le pinceau fait des allées et venues sur sa peau douce, et à  chaque passage on dirait qu'elle se cabre de plus en plus violemment, je finis même par entendre un gloussement étouffé ! C'est là  que je décide de la prendre par surprise, je lâche ses orteils et, tout en continuant sur un pied avec le pinceau, je commence à  chatouiller l'autre pied du bout des doigts, à  la base des orteils. Après deux bonnes minutes de ce traitement, elle éclate en rires hystériques ! Je continue encore quelques minutes, histoire de bien faire rentrer la "souffrance" dans sa petite tête, et j'arrête. D'abord, les rires ne s'arrêtent pas et j'ai bien l'impression qu'elle va exploser littéralement ! Puis les rires se muent en ricanements nerveux, puis en halètements épuisés.
"Encore une chance," je dis. "Réponds à  mes questions..."
"Jamais !"
"Ecoute... Kalhein, ou qui que tu sois... si tu ne me réponds pas, c'est Stalia qui t'interrogera personnellement."
Je vois une lueur de peur passer dans ses yeux. C'est bon signe.
"Avec elle, tu vas avoir mal... vraiment mal. A un point que tu ne peux même pas imaginer. Bien sûr, on pourra calmer la douleur après... mais tu seras dans un état tel qu'on devra sûrement d'adapter..."
Elle arrête de respirer, soudainement. Elle a peur.
"Des membres cybernétiques," je finis.
"Non," elle dit, dans un couinement étouffé. La terreur, sans doute à  la perspective de finir à  moitié machine, lui a sappé toute volonté. "Non, je vous en supplie... pas ça. Tout mais pas ça. Je préfère mourir."
"Bien sûr, c'est aussi une option. Peut-être même la plus clémente pour une illuminée... mais on n'a pas besoin d'en arriver là , est-ce que tu comprends ? Réponds à  mes questions, c'est tout ce que je veux. Oublie tout ces principes avec lesquels on a dû te laver le cerveau. Après tout, tu ne dois rien savoir d'une importance stratégique vitale. Ce que tu nous apprendras, ce ne sera que des broutilles. Allons, sois raisonnable..."
Tout en parlant, je me rapproche de son visage et je me penche au-dessus d'elle pour l'impressionner. Ma main se pose machinalement sur ses côtes nues, et je la sens immédiatement tressaillir. Bien sûr, j'avais complètement oublié: il n'y a pas que les pieds qui sont chatouilleux...




Je me demande pourquoi j'ai peur de lui…est-ce de la xénophobie ? Il est beau, avec ses yeux bleus, son regard d'ange tueur, ses cheveux bruns comme l'arbre de vie, son petit nez aquilin, ses sourcils fins et charmeurs, sa bouche pleine de paroles luisantes et son menton de fier combattant.  
Soudain, je sursaute, il vient de faire passer ses ongles fins sur mes côtes. Le regard plein de malice, il fit le tour de la table de torture en sifflotant un peu, soudain, sans rien qui ait pu me prévenir, il me chatouille les côtes. Des milliers, des millions, des milliards de petites pressions.  Je tente de résister, en vain, me voilà  hurlant de rire, tirant sur mes liens. Ce sont d'ailleurs des liens mécanique car ils semblent être parfaitement adaptés à  mes poignets et chevilles, se resserrant automatiquement dès qu'un millimètre le leur permet.
Douze minutes passent, lentement, très lentement. J'espère comme une idiote qu'il va se lasser mais il semble a présent prendre un malin plaisir à  me torturer de cette façon. Je cherche à  l'intimidé de mon regard plein de larmes mais il fixe désespérément mon corps qui se tortillent.
La torture est insupportable, je n'en peux plus, si j'avais accepté sa proposition dans le bar, je ne serais pas là  !
D'un coup, ses mains s'arrête et se dirige lentement vers mes aisselles tout en me chatouillant le corps au passage.
- Non ! Ha ha ha ha ha ha !
Ses mains ne font pas dans la dentelle et chatouilles directement le creux de mes aisselles. Mon rire n'est plus régulier, je me débats comme je peux mais n'échappe pas à  aux attouchements. Je n'en peux plus :
- Arrête ! Ha ha ha ha ! Arrête je t'en supplie ! Je ferai tout ce que tu voudras ! Ha ha ha ha ! Pitié !
Il continu, inlassable, comme si je l'émancipais. Mes yeux sont brouiller de larmes, je ne vois qu'un plafond flou et une forme devant moi qui semble danser et qui me chatouille. Troy m'ignorai, comme s'il était atteint d'autisme.
Je veux que cette torture s'arrête, je ferai tout pour, je n'ai qu'à  feindre de bien vouloir lui parler, pour gagner quelques minutes…
- Stop ! Je vais parler !
Il ne s'arrête pas.
Je panique, est-ce que je vais mourir là , sous les chatouilles ?
Il saisit la même brosse que tout à  l'heuse et la passe avec une horrible lenteur sur mon ventre.
- Arrête ! ha ha ha ! D'accords ! Arrête Troy ! Hi hi ! Je vais parler !
La brosse répond à  cela par de rapides va-et-vient sur mes côtes sensibles.
- je le juuuuuuuuuure ! Pitié !
Sans plus résultat !
- D'accors ! D'accords !
Mon ventre se serre, autant par la phrase que je sors que par la brosse qui viens se faufilée sous mes cuisses.
- Ha ha ha ha ! Je m'appelle Célina.
J'hurle, mes rires sont hystériques, irréguliers.
- Ce n'est pas un nom ça…commente Troy, en articulant bien.
- Célina…Célina Mandil !
J'avais crié, la torture s'arrête, je reprends mon souffle de mieux que je peux, je suis à  moitié étranglée par les chatouilles, j'ai soif, et sur mon corps ruissèle de grosse goutte de sueur qui finissent par tomber sur la table qui les absorbent.
- C'est un bon début ! commente Troy.
- Maintenant libère moi !
Il semble amusé.
- Pourquoi ? Déjà , tu n'es pas vraiment en…position d'accepter quoi que se soit…et puis, j'ai encore quelques petites question…
- Salaud ! Tu avais promis de me délivrer !!!
- Salaud ? Pour ça, tu pourrais avoir une heure de chatouilles supplémentaire…et puis…un nom, ce n'est pas beaucoup…
- Qu…quoi ? Tu avais promis…
- Rien du tout ! J'ai dit « si tu répond à  mes questions », je n'ai pas dit « si tu me donne ton prénom », nuance !
Je pose ma tête sur la table et me met à  pleurer pour de bon, peut être parce qu'en fait, il a raison…
- Continuons, continua-t-il un peu troublé, es-tu une illuminée ? Et quel est ton rang ?
Je reste silencieuse, pourquoi répondre à  un sadique comme lui, tout aussi beau qu'il soit. Il est écrit dans plusieurs livres elfiques et terriens, que le mal est toujours beau pour attirer les naà¯f…
Quelques chatouilles appuyées sous les pieds pendant une minute semblent me faire revenir à  la raison.
- Oui ! Je suis une illuminée ! Et un puissante en plus ! Membre du haut conseil ! Et capable de te transformer en scarabée tout prêt a être écrasé ! Espèce de matière fécale déféquée !
Cette insulte me venais d'un camarade qui avait un jour traité ainsi une petit amie qui l'avais quitté pour un autre qu'il trouvais beaucoup plus laid que lui, mais pourtant, personne n'a jamais su la signification de ce gros mot.
Il s'étrangla. Apparemment, ce n'était pas gentil…
- Et, où se trouve la base des écolos ?
Cette base était situé au milieu de la forêt, à  11kilomètre des Indus, au nord, mais je n'allais certainement pas lui dire, il allait certainement tuer tout les écolos avec ce renseignement.
- Quoi ? Mais…euh…je ne sais pas !
- Hum hum…membre du haut conseil et tu ne sais pas ça ? Hum hum…tu sais comment on se lave les dents ?
Bien sûr ! Chez nous, il y avait un liquide bleu, il suffisait de l'avaler pour avoir les dentes propres deux semaines.
- Chez nous, on utilise ceci !
Il me montra un bâton en plastique avec des poils au bout, lorsqu'il appuyait sur un bouton, les poils vibraient, faisant un bruit continu, énervant…
- A nous deux, Célina…


Sa réaction fut immédiate et sans compromis. Mais il faut la comprendre: des centaines de micro-poils rotatifs, tous prêts à  partir à  l'assaut de la plus petite, de la plus sensible terminaison nerveuse... à  peine la brosse eut-elle touché son ventre qu'elle hurla à  la mort, en se cabrant si fort que les menottes menaçaient de péter !
"Tu as peut-être quelque chose à  me dire ?" demandai-je.
"Jamais ! Tu peux aller te..."
"Pas de grossièreté, je te prie. Je vais être tout à  fait honnête avec toi, ça commence sérieusement à  me les casser cette histoire ! Alors qu'on en finisse vite, okay ?"
"Je ne te dirai rien de plus... Chef."
Là , je me forçai à  me retenir, bien que je me sente parfaitement d'humeur à  dynamiter quelque chose pour me calmer. Vivement que tout ça soit fini, que j'aille m'en envoyer un derrière la cravate au Hellbender, à  écouter... bon sang, mais c'est bien sûr !
"On se met un peu de musique ?" proposai-je.
Elle me regarda et je devinai une sorte de panique nouvelle dans ses yeux, à  travers les larmes. Elle savait que nos goûts musicaux étaient quelque peu opposés... je m'approchai de la console et lançai une chanson. Le hurlement des guitares couvrit même le vacarme des ventilateurs.
"Putain que j'adore ce morceau !" m'écriai-je.

No one can stop me now
I'm like a human dynamo
Live wired and chargin' out with power
This time I won't hold back
I'm rarin' to get up and go
Fuelled up and growin' by the hour

Là , elle devait me prendre pour un dingue, parce que je me mis à  danser, la brosse électrique toujours allumée dans ma main, et je la contournai en faisant passer ladite brosse sous ses bras pour obtenir un hululement des plus satisfaisants. Je devenais incontrôlable... mais moi, quand on me met Reckless, je perds toujours tout contrôle de moi-même. Je la chatouillais tout en dansant, et j'avançais de plus en plus vers ses pieds. Elle le savait, et ses rires devenaient de plus en plus hystériques à  mesure que je progressais. J'arrivai enfin au passage tant redouté: je lui attrapai les orteils et les tirai en arrière, puis fis glisser la brosse, tournant toujours à  grande vitesse, sur la plante. Son rire fut tellement fort qu'il couvrit le solo de guitare, c'était dingue, et j'arrivais plus à  m'arrêter ! J'étais comme possédé, c'était, c'était...
Une main métallique vint me tapoter l'épaule, derrière moi.
"Tu n'as pas l'air de très bien t'en sortir," me railla Stalia, de sa voix mécanique reconnaissable entre mille...
Je me retournai pour accueillir mon chef. Elle considérait la scène avec ce qui semblait être une sorte de fascination mêlée d'un grand plaisir.
"Des chatouilles, hein ? Et ça marche vraiment ?"
"Ben... ça donne des bons résultats et c'est indolore."
"Par contre, ça a l'air de vite te les casser, n'est-ce pas ?"
Je soupirai. "Vous nous écoutiez ?"
"Naturellement... et vu que tu as l'air si fatigué, je suggère que tu te reposes un peu, je vais prendre le relai. Je suis curieuse d'essayer ta méthode..."
Et sur ces mots, elle laissa glisser son ongle métallique le long du pied de la jeune fille, lui arrachant un gémissement terrifié. Les choses s'annonçaient dures pour elle, maintenant...


Je n'en pouvais plus…
J'avais envi de mourir, je subissais quatre tortures en même temps : les chatouilles que je supportais de moins en moins, cette horrible musique qui entrait dans ma tête pour taper sur mon cerveau, la vue de la femme la plus puissante de la galaxie qui jouait avec moi comme elle l'aurait fait avec une poupée et la perspective que je ne pouvais pas donner l'enlacement du parti et donc que j'allais être torturée toute ma vie, ou chatouillée à  mort…obligée d'écouter une musique insupportable toute le reste de mes jours…
Pourquoi ce crétin de général du Syndicat ne m'avait-il pas libéré ? On ne veut pas être un monstre à  18 ans…et on ne veut pas mourir à  16 ans…
La femme métal caressait de ses ongles la peau entre mes orteils, cherchant à  m'arracher le plus de cris possible. Ses ongles n'étaient pas normaux, il était plus affutés, plus pointus et cela ne rendais la torture que plus insoutenable…
J'étais dans une semi folie, je voyais des formes devant moi. Elle avait ses dix doigts qui parcouraient sans répits ma plante chatouilleuse à  souhait. Je ne riais plus, je m'étouffais, je suffoquai…dans le faible souffle qu'il me restait, je dis :
- Pitié…pitié !
C'était idiot, la pitié était un mot inconnu dans son vocabulaire, tout comme la tendresse et l'amour.
Stalia s'arrêta, elle ouvrit comme un tiroir dans son corps de métal et en sortit un petit cristal blanc. C'était comme un diamant qui étincelait dans la lumière. Elle le saisit t le posa délicatement sur mon nombril.
J'hurlai le diamant était froid, horriblement froid parmi la chaleur affreuse de la ville suffoquente. J'appris bien plus tard que cet instrument de torture n'tait en fait qu'un glaçon. Je me cabrais pour l'éjecter mais il ne bougeait pas coincé dans le creux de mon nombril. Me regardant hurler, Stalia fit rentrer ses deux mains mécaniques pour les transformer en deux brosses dont les poils étaient tournés de façon à  se regarder, c'était un mélange de poil et de plumes.
Elle les fit tourner sur eux même et les rapprocha lentement de mes aisselles.
- Non ! Non ! Pas ça ! Pas ça !
Je pleurai et tirai comme une folle sur mes liens. Mon cri fut le plus aigu et le plus inhumain de Masuna lorsque les deux brosses à  dent géantes se placèrent sur mes dessous de bras. Je ne pouvais plus rien dire tant mes rires m'étouffaient et je pleurais comme je n'avais jamais pensée que je pouvais verser autant de larme. En effet, de chaudes larmes coulaient sur mes joues pendant que le glaçon décongelait peu à  peu faisait glisser les gouttes d'eau froide sur mes côtes. Pendant mon calvaire, Stalia me narguait :
- Hum humâ€¦à  retenir…les illuminés craignent le froid des glaçons… alors, tu parle où je continu ?
Je ne pouvais pas avouer, mais je toute façon, morte de rire, je ne pouvais pas parler non plus…je regrettais presque Troy qui devait en être à  son cinquième verre de XP2I au moins.
La musique continuait de me marteler la tête.
« Look out
I'm blastin' through the lines
Alive and kickin'
Watch out
I'm young and lethal
I'm goin' from here until eternityâ€

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