Histoire : Dans les pas de Marie

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Histoire


Histoire ajoutée le 08/07/2008
Épisode ajouté le 08/07/2008
Mise-à-jour le 03/07/2021

Dans les pas de Marie

Chapitre 1.

Marie était ma voisine. Bon, voisine est un bien grand mot. Quand on habite la cité comme ma famille, tout le monde est un peu votre voisin. Mais bon.

Marie était la dernière d’une famille de trois enfants. Particulièrement peu choyée par la vie, cette famille n’avait pour tout réseau social que ses visites à Carrefour et Auchan. Toutefois, je me souviens très bien que dès la première fois où j’ai vue Marie, je m’étais dit qu’elle était belle. Mais vraiment belle. Elle était d’origine portoricaine je crois ou un truc du genre. Sans être black elle avait tout de même le teint légèrement foncé, des yeux noisette tellement magnifiques qu’on en mangerait mais par dessus tout, un physique à faire péter toutes les braguettes de l’hexagone. Des seins tellement fermes que Newton lui-même aurait douté de son travail s’il l’avait connu et un cul en forme de cœur tellement parfait qu’on avançait d’un pas vers l’enfer chaque fois qu’on le contemplait. Ajoutez à cela un visage de petite fille boudeuse trop craquante et vous avez l’objet d’un paquet de fantasmes masculins. Pas un top model, non. Juste le genre « putain t’es trop mignonne ». Pour un amateur de chatouilles comme moi, Marie était un rêve vivant.

Toutefois, je ne vous apprends rien : la cité n’est pas un milieu particulièrement propice à l’émancipation des enfants. À 19 ans, j’avais vu plus que ma part de merde et de délits. La vie était difficile et c’était la loi du plus fort à tous les niveaux. Aussi niveau poésie, c’était plutôt limité.

J’avais donc discuté avec Barjo, compagnon de tranchée de longue date et nous étions d’accord. Nous savions que Marie éprouvait des difficultés avec une bande de cons de l’immeuble voisin et comme elle avait définitivement quitté le monde de l’enfance pour celui des femmes, ce n’était plus de simples taquineries que les garçons voulaient lui imposer. Ses chances de voir quelqu’un tenter de la violer grandissaient à la vitesse grand V. Je n’habitais pas une cité particulièrement facile et les flics avaient cette petite tendance à ne pas se déplacer trop souvent à moins d’y être vraiment obligés. La situation, ne vous en déplaise, était idéale. Marie était probablement notre seule chance de réaliser notre fantasme sans se prendre une peine de prison. Nous décidâmes donc de cesser de rêver.

Stationnés dans le portique d’entrée de l’immeuble, nous attendions moi et gros Barjo, la clope au bec. Et puis, nous la vîmes tourner le coin.

Comme elle approchait, je lui barrai le chemin.

« J’ai pas un rond sur moi », qu’elle me lança. J’aurais aimé lui dire que ce petit sourcil « fronceur » qui semblait dire « je vous emmerde tous », était de moins en moins une bonne idée dans les parages.

« T’inquiète, je veux pas te taxer. En fait, je suis venu te proposer de t’aider, tout simplement. »

« M’aider? Simplement? Ah ouais, bien sûr…Je vois le genre. Tu me prends pour une pute? »

« Mais pas du tout, c’est pas du tout ce que j’avais en tête. Écoute. Ces mecs te lâcheront jamais et crois moi, je les connais. T’as pas le choix. Voici ce que je te propose. Je m’occupe d’eux avec Barjo quand ils t'emmerdent et crois moi, ils vont te foutre la paix. Mais en échange… »

« Ben évidemment, je me disais que ça devait pas être gratuit. En échange quoi? »

« Tu viens nous voir après les cours. Chez moi. »

« Je t’ai déjà dit que j’étais pas une pute. »

« Écoute, c’est pas ce que j’ai en tête. Il t’arrivera rien de fâcheux, je te promets. »

« C’est quoi alors? Tu veux me filmer nue pour mettre ça sur youtube? Tu veux que je transporte de la came? Qu’esse tu veux? »

« Écoute, à toi de voir. On te veut pas de mal, c’est juré. Je peux pas t'en dire plus. Mais si tu te présentes pas, alors t’es seule au monde et crois moi, avec ce con de Jean-Claude, être seule au monde c’est pas la meilleure idée pour une jolie jeune fille par ici. »

Sur ce, je jetai un œil à Barjo et nous tournâmes les talons pour entrer dans l’immeuble. Barjo avait du mal à contenir sa mauvaise humeur.

« Question négos, t’es plutôt à chier, tu savais ça? Ça manquait un peu d’arguments y me semble. C’est grillé maintenant.»

« T’inquiète » que je lui répondis, « ça va le faire. »

La sonnette retentit à 16 :00.

« Putain je le crois pas » éructa Barjo fou de joie.

J’entendis Marie monter la cage d’escalier. Avant d’ouvrir la porte, j’en profitai pour lancer un dernier regard à Barjo histoire de m’assurer que tout baignait et qu’il n’y aurait pas de conneries.

« Me voilà, » dit elle. « Dis moi ce que tu veux. »

« Que tu nous laisses te chatouiller » lui balança froidement Barjo.

« …??? »

« T’as bien entendu » rajoutais-je en lançant un regard de biais à Barjo. « Tout ce qu’on veux, c’est voir tes pieds et les chatouiller. On ne te blessera pas, c'est juré. On veut seulement te chatouiller. »

« Me… cha…touiller… mais t’es complètement givré. »

« J.C., c’est pas après tes pieds qu’il en a, tu peux me croire. À toi de choisir. »

« Et si je dis non? Après tout, l’intégrité physique ça ne se discute pas, la loi est claire. »

« Tu te fous de ma gueule? » lui lancai-je. « Tu te vois porter plainte auprès des flics parce deux garçons t’ont chatouillés les pieds contre ton gré? Putain ils se déplacent même plus quand les meufs se font tabasser, tu vas vraiment avoir beaucoup de support de leur part, c’est sûr. »

« Bon écoute » rajoutai-je. « T’as le choix, c’est nous ou Jean Claude. »

« Ben Jean Claude au moins il est normal, il en a après mon cul. »

Barjo la saisi par les bras et la souleva aussi facilement qu’un carton de lait.

« Si J.C. t’attrape, il va tellement te défoncer que c’est l’abonnement assuré aux couches culottes pour adultes. Tu me suis? »

Bon, à l’évidence l’argument manquait cruellement de subtilité mais force est de constater que l’effet fût radical.

« Et puis de toute façon, nous c’est notre façon de taxer. On veut pas de fric, on veut des pieds. Les tiens pour être précis. »

Elle regarda fixement Barjo puis son regard revint vers moi. J’appréhendais le moment de sa réponse et cette dernière me fît l’effet d’une foule d’amis imprévus qui vous hurle « surprise » en ouvrant la lumière.

« D’accord. »

« Cool » grogna Barjo en la redéposant au sol.

« On se calme. » Je me retournai vers elle. « T’as pas le droit de m’arrêter. C’est moi qui détermine la durée de la séance. »

« T’es complètement disjoncté mais d’accord. De toute façon, des chatouilles c’est plutôt inoffensif. »

Le coup porta.

« Attends. T’es chatouilleuse au moins? »

« Ben non. Désolée » me fit-elle avec un grand sourire.

« Foutaises » répliqua Barjo.

« Qu’est-ce que tu en sais ? On se connaît même pas » ragea-t-elle.

« J’habite au dessus de chez toi » ricana-til.

Putain de Cédric!!! Ce grand con de frère dégénéré qui s’amusait à la faire hurler chaque fois qu’il rentrait bourré. Et puis putain de logements sociaux de merde aussi avec leur insonorisation à la con.

« Bon allez on va voir ça. Enlève tes espadrilles. »

« Là? Tout de suite? »

« Tu veux une invitation? »

« J’ai des pieds dégueulasses, tu vas pas aimer » se risqua-t-elle.

« Conneries. Je t’ai souvent vu en tongs. »

« Putain mais c’est la gestapo!? Y a longtemps que vous préparez votre coup? »

« Un peu, oui » répondit Barjo. Je commençais à avoir certaines craintes. Barjo faisait dans les 95 kilos. Et quand il disjonctait, c’était rarement relaxe. D’où l’origine du surnom en question. Et arrêter une masse de cette envergure une fois qu’elle est lancée, n’est pas exactement l’idée que je me fais d’une sieste au jardin.

« Attends. Vous êtes vraiment… de ces cons qui aiment …les pieds? »

« Si tu poses trop de questions, notre marché tient plus. Et je cours dire à Jean Claude que tu rêves de te faire prendre par tout un groupe de cons dans son genre.»

Je la vis blêmir.

« Tu ferais pas ça? Attends, t’es vraiment dégueulasse. »

« Alors, ça vient ces espadrilles? » trépigna Barjo. Je pouvais voir la sueur couler sur ses tempes. Pourvu que ça ne dérape pas me dis-je en moi-même.

Elle retira ses souliers de course et les déposa à côté d’elle.

« Heu, les chaussettes aussi, on préfère le contact peau à peau. »

« Vous êtes vraiment malades… »

« Alors voilà » commencai-je. « Tu vas t’asseoir gentiment dans ce fauteuil, tu inclines le dossier et tu nous laisses travailler. Barjo va prendre ton pied droit et moi le gauche. Je te demanderais également de ne pas crier histoire que les flics ne rappliquent pas. Mais de toute façon, c’est inutile de demander puisque tu n’es pas chatouilleuse, hein Barjo? »

« Sûr….. »

« Et en passant, on garde les chaussettes après. »

« Mais putain vous êtes trop graves, je le crois pas là. Quesse tu veux foutres avec mes chaussettes? »

« T’occupes, on les collectionne. »

« Et j’imagine que le fait que je doive me racheter des chaussettes, vous vous en foutez ».

Barjo lui lança un paquet de chaussettes de tennis neuves.

« D’où tu sors ça? » grognais-je.

« J’en ai une réserve. Certains mecs traînent des condoms en cas de besoin, moi c’est des chaussettes ».

« Naannn, attends, tu te fous de moi » me risquais-je.

« Non » me répondit-il le plus simplement du monde. Ce type était vraiment disjoncté. J’en prenais un peu plus conscience chaque jour.

Je me retournai vers Marie, légèrement ébranlé moi-même. « Alors ça règle le problème, t’as des chaussettes neuves. Maintenant allez, pieds nus.»

Je pouvais voir la panique gagner chaque muscle de son visage et le plaisir grimper sur celui de Barjo. Je décidai de ne pas prendre de chances.

« Hé, gros Barjo, tu arrêtes quand je le dis, hein?».

Aucune réponse.

« Hé Barjo? Tu m’écoutes merde?? »

Il tourna lentement sa grosse tête de bœuf vers moi.

« Quess’y’a?? »

« Tu arrêtes quand je le dis, point barre. Je veux pas d’emmerdes. »

« Faut quand même s’amuser un peu, non? Je me suis fait pousser les ongles exprès.»

« Q-Quoi…?» balbutia Marie.

« J’ai pas envie qu’elle pisse sur le fauteuil de mon paternel. C’est encore moi qui va en prendre plein la gueule sinon. Alors on arrête quand je le dis. »

« Ouais, ouais, d’accord. »

Mais il semblait incapable de détacher son regard de la plante des pieds de Marie. Et je dois dire que je le comprenais. Une peau d’une douceur irréelle pour des dessous de pieds. À croire que cette fille se déplaçait par lévitation. Et des orteils absolument magnifiques. À peine moins longs que la moyenne, parfaitement disposés les uns par rapport aux autres et provoquant rien d’autre que l’envie d’y plonger les doigts. Dix petites victimes toutes plus mignonnes et impuissantes les unes que les autres. Et la cambrure de ses pieds. Juste assez prononcée pour bien épouser la forme de la bouche quand on la mordille avec les dents. Cette fille avait les plus beaux putain de pieds que j’avais jamais vu.

« C’est parti », dis-je.

Marie se renversa dans le fauteuil….
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