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- Dans les pas de Marie, chapitre 3,4 et 5.
- Épisode 01
Histoire ajoutée le
21/08/2009
Épisode ajouté le
21/08/2009
Mise-à-jour le
03/07/2021
Chapitre 3
L’heure qui suivit fût épouvantable. Je dus négocier avec Barjo les conditions de la séance, ce dernier ne voulant rien entendre qui pût ralentir ou freiner son envie furieuse de la chatouiller. On se mit donc d’accord. Il pourrait lui faire ce qu’il voulait mais en utilisant seulement un pied, l’autre m’étant exclusivement réservé.
« D’accord pour un pied. Mais je veux aussi les aisselles » rajouta-t-il.
Marie était au bord de l’évanouissement. Elle suppliait Barjo de remettre ça à plus tard, qu’elle ne lui ferait pas faux bond, etc. Barjo lui intima de retirer ses chaussettes.
« Je dois aller au petit coin. Quand je reviens, je veux voir des pieds…nus!!!.
Marie était en état de panique. Elle s’installa dans le fauteuil en pleurant, et me regarda comme si j’étais la pire des merdes de cabot dans laquelle elle eut jamais marché.
Barjo revint des toilettes, avec l’air contrarié.
« Putain, t’as pas d’huile à massage, de crème hydratante, je sais pas? »
« J’ai le profil du gars qui utilise des crèmes hydratantes tu penses? »
« De l’huile d’olive » qu’il me répondit avec un sourire, tout en se dirigeant vers le coin cuisine. Je voyais bien dans les yeux de Marie qu’elle se demandait à quoi pouvait bien servir l’huile d’olive mais je me voyais très mal lui expliquer que la chose servait à décupler la sensation de chatouille. Elle m’aurait probablement clamsé dans les mains.
Barjo revint avec la bouteille et constatant que ses désirs n’avaient pas été exaucés, prit un air noir.
« Dis donc, j’avais pas demandé SANS chaussettes? »
« On se calme, je m’en occupe » coupais-je. « Prépare tes trucs. »
Je fis s’allonger Marie et lui dit qu’elle n’avait rien à craindre, que j’allais écourter la session.
« Dans tes rêves connard » rota Barjo depuis le coin cuisine.
Je crus bon de ne pas lui souligner que je n’avais aucune idée de la façon dont j’allais m’y prendre pour forcer Barjo à renoncer à un tel plaisir, dans la mesure où il pouvait me briser la nuque aussi facilement que celle d’un chat. Je ne suis pas du genre craintif et j’ai un excellent palmarès niveau baston. Mais Barjo relevait plus du mammouth que du bipède normal et la force dont la nature l’avait doté ne laissait qu’une très faible probabilité de succès quant à mes chances de lui soustraire l’objet de ses désirs.
Une fois étendue, je pris son pied gauche et entrepris de lui retirer sa chaussette. Je fis glisser le tissu par-dessus la cheville et une fois le talon passé, je me mis à rouler la chaussette jusqu’au orteils ou je pus la ramasser, comme une petite boule. J’entrepris de faire de même avec le pied de Barjo, mais ce dernier m’arrêta.
« Qu’esse qu’y a? » me risquai-je?
« J’ai changé d’idée ». Lueur d’espoir. « Je vais la chatouiller plus tard. » En sur ces derniers mots, il commença à déboutonner sa braguette.
Je vis les yeux de Marie s’agrandirent au point ou je craignis sérieusement de les voir tomber sur la moquette.
« T’inquiète, je vais pas te violer » lui asséna Barjo.
« Gros Barjo, tu vas trop loin, déconne pas… »
« Ta gueule » qu’il me répondit. Je compris alors ce qu’il voulait. Je dis à Marie que la chose ne faisait pas partie de mes plans et que j’étais désolé mais qu’il n’y aurait aucun contact sexuel la concernant.
Barjo sortit alors son sexe de son pantalon. C’était la première fois que je voyais Barjo nu et je remerciai le ciel qu’il n’ait pas eu l’idée de la violer. Avec un tel membre, je ne connais aucun orifice qui pu s’en sortir indemne.
« Je vous en supplie… » sanglotait Marie.
Je tentai le tout pour le tout.
« Hé! Gros Barjo… » soufflai-je. « Tu crois pas qu’il y aurait mieux à faire que te frotter? »
« Qu’est-ce tu veux dire? »
J’allais devoir jouer serré. Barjo ne serait jamais récipiendaire pour un Nobel de physique, mais c’était pas un demeuré non plus. Je risquais vraiment mes os.
« Tu te fous de moi? Tu vas perdre de précieuse minutes, en fait les plus précieuses qu’on est jamais eues, à te faire plaisir alors qu’elle risque très bien de disparaître après ça? Moi je maximiserais mon temps il me semble… »
J’essayai de faire un clin d’œil à Marie mais cette dernière était submergée par ses propres larmes. Je devais vraiment combattre ce sentiment d’excitation qui me gagnait. Je voulais à tout prix me convaincre que je n’étais pas un animal et que faire souffrir cette fille, ne fût-ce que par la chatouille, ne me tentait pas. Mais essayer de vous convaincre avec une putain de queue qui fait rien qu’à pointer le ciel…
« Explique… ». Cool, il me faisait confiance.
« On a la plus belle fille du lotissement. Peut-être une des plus belle de la ville si ça se trouve. Elle a les pieds les plus magnifiques et surtout les plus chatouilleux que nous n’ayons jamais vus. Et la situation fait que nous pouvons en abuser sans risque. Y me semble évident que c’est le temps ou jamais d’assouvir nos fantasmes. Tu te branles quand tu veux, mais tu ne chatouilles pas ce genre de pieds deux fois dans ta vie ».
Barjo prit quelques secondes. « Ben si. C’est la deuxième fois que je les chatouilles et ce sera pas la dernière ». Fait chier gros con.
« Ce que je veux dire c’est que j’ai pas envie de te voir faire virevolter ta bite dans mon visage alors que je pourrais essayer tout plein de trucs sur ces pieds ». J’attendis que ma respiration redevienne normale.
« J’ai vraiment envie de la faire hurler… » Je pouvais voir l’écume poindre sur ses lèvres. Fallait que je lui fasse abandonner le côté sexuel de la chose. À tout prix. J’avais trop peur que ça se termine par un viol en règle et passer mes plus belles années en tôle ne m’inspirait, disons-le, pas du tout.
« J’ai un truc d’enfer d’ailleurs. J’ai trouvé ça sur Internet ».
« Pour vrai? » me sourit Barjo en « rengainant » son outil. Bingo. Il avait mordu. « Qu’esse que c’est? » Déjà il salivait. Putain, je devais trouver quelque chose rapidement mais quoi? Ce fou scrutait littéralement Internet à propos de tout ce qui pouvait s’approcher de près ou de loin aux chatouilles. Merde, il aurait pu écrire une putain d’encyclopédie à lui tout seul sur le sujet.
Je tentai un dernier regard vers Marie pour lui faire comprendre que je venais probablement de lui sauver beaucoup de souffrances, mais elle était en état de panique avancé. Elle respirait difficilement et ses yeux étaient démens.
« Hé, on pourrait en parler autour d’une bière pendant qu’elle redescend sur terre, qu’esse t’en dis ? »
« Non. Je veux savoir c’est quoi ton truc? ». Je reconnu son visage des beaux jours de baston. Je n’avais plus le choix. Désolé Marie.
« Alors voilà. Je sais que tu aimerais bien l’attacher mais ce qui décuple les sensations de chatouille c’est la possibilité de pouvoir se sauver. Attends, attends, tu vas comprendre. Lorsque tu es sûr de pouvoir en réchapper et qu’on te rattrape, le désespoir qui te gagne rend la chose encore plus terrible. »
Barjo bavait sur la moquette. « C’est ça ton truc ? »
« Attends. Je propose qu’on ne l’attache pas. On lui laisse la possibilité de bouger suffisamment pour qu’elle pense qu’elle peut s’échapper et on remet ça à chaque fois. Du genre sur le divan avec chacun une jambe dans les bras, on la relâche, on la chasse, on la récupère, on recommence. C’est mieux que totalement immobile ou il n’y a aucune gloire à triompher. C’est le principe de la chasse mon pote. L’animal doit se débattre pour que le sport prenne son sens… »
« D’accord, d’accord. Tu me fous une de ces gaules mon salaud ». À moi aussi, pensais-je. Je ne sus dire si je me répugnais ou si j’étais en extase.
Nous nous retournâmes vers Marie qui n’avait rien suivi de la conversation.
« Voyons voir ce qui se cache sous ces chaussettes ».
Marie se mit à hurler. Barjo lui plaqua immédiatement une main sur la bouche, ce qui eut pour résultat de lui recouvrir instantanément la moitié du visage.
« Ça va pas le faire comme ça. Faut au moins la baîlloner et lui attacher les bras sinon tout l’immeuble va rappliquer ». J’étais malheureusement d’accord. Allez, que je me dis, ce n’est pas pour ton plaisir que tu vas lui faire endurer ça, c’est pour la sauver. J’essayais vraiment de me convaincre que je n’étais pas excité comme un gnou en rut.
« Attends, j’ai ce qu’il faut ». Je revins immédiatement avec un rouleau de ruban adhésif industriel gris. Je m’occupai de la bouche de Marie pendant que Barjo, aussi facilement qu’un jeu d’origami, repliait les bras de Marie derrière sa tête, poignets ensemble, et recouvrait le tout d’une généreuse couche de ruban.
« Putain depuis le temps que je rêve de faire ce truc… » Et il rajouta, non pas un, pas deux mais trois morceaux de ruban superposés, sur la bouche de Marie.
Nous nous reculâmes et contemplâmes notre œuvre. Je dus sincèrement me retenir pour ne pas cracher dans mon pantalon.
Devant nous se trouvait une des plus belle fille que j’eusse jamais vu : les bras attachés et bâillonnée, en chaussette de sport blanches et qui tentait de courir partout dans l’appartement dans l’espoir de se sauver. Dans sa course, elle entra directement dans ma chambre.
C’est à ce moment que ma conscience décida de fermer boutique. Ça m’excitait, un point c’est tout.
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Chapitre 4
« Cou cou Marie, c’est nous » jubilait Barjo en entrant dans ma chambre.
Marie s’était réfugiée sous mon lit. Le désespoir pousse à de drôles de chose parfois. Elle avait rampé comme une folle, comme si un simple lit pouvait nous empêcher de l’attraper. Barjo pouvait non seulement soulever le lit d’une seule main, mais il pouvait le faire en se débouchant une bière de l’autre.
« Attends… » que je lui dit alors qu’il s’apprêtait à prouver mes dires. « Laisse moi faire ».
Je contournai le lit doucement, jetai un regard rapide et d’un coup, aggripai une cheville.
« Donne la moi, putain » jubilai Barjo.
« Attends, attends, bordel. Tu gâches tout. Le truc avec les supplices, c’est la durée. Si tu envois toute la gomme d’un coup, ta victime te clamse dans les mains et puis c’est tout. Faut profiter mon vieux ».
Et sur ces paroles, je m’assurai que Marie était bien sur le ventre, tirai sa jambe de sous le lit jusqu’au genoux seulement et repliai celui-ci verticalement. Marie compris son erreur et tenta de hurler. Mais trop tard. J’étais là, bien assis sur le pied (!) de mon lit, avec entre les jambes, un mollet qui pointait vers le ciel. Je resserrai alors mes jambes ensemble et il n’y eut plus qu’un pied qui se tortillait entre mes cuisses.
Barjo me regardait, extatique. « Tu devrais faire la même chose » que je lui dis. Je n’ai jamais entendu quelqu’un tenter de hurler avec autant de véhémence, de désespoir brut que cette fille sous mon lit. Barjo n’eut aucune difficulté à opérer et se retrouva en quelques secondes dans la même position que moi.
« Un putain de rêve qui se réalise, non? » qu’il me lança.
« Et comment » que je lui répondis. Je claquai ma main dans la sienne et nous pûmes attaquer.
Comme le pied de Marie était exactement à la même hauteur que mes cuisses, toute la force de son mollet s’en trouvait d’autant inutile. Je commençai donc par gratter doucement sous le pied. Mais très rapidement, la chaussette perdit son attrait et je la retirai d’un coup sec. Le souffle me manqua pendant quelques secondes. Je n’avais vu des pieds de la sorte que sur internet. Et là, j’en avais un. Immobile, magnifique, férocement chatouilleux et je pouvais en faire ce que je voulais. Je commençai donc par un classique. Je tirai les orteils vers l’arrière de manière à ce qu’il n’y ait aucuns petits plis de peau qui puissent réduire le contact. Et je me mis à gratter, lentement, très lentement, de la base des orteils jusqu’au talon, depuis le haut vers le bas et du bas vers le haut. Je dû faire ce geste une cinquantaine de fois, sans déconner. Je ne me lassais pas. Je sentais les spasmes horribles de Marie sous lit, ses cris étouffés par les larmes mais la chose ne faisait qu’ajouter au plaisir. Je jetai un œil à Barjo qui lui, chatouillait sauvagement la petite plante de pied rose et douce qui lui était offerte.
« Hé! » que je lui dis. « Fais gaffe de pas lui casser les orteils, tu tire trop bordel! »
Barjo se rendit compte de la vigueur avec laquelle il opérait et relâcha un peu de tension.
« J’ai envie de la mordre » qui me lança.
« Non non, pas de blessures. Ça fait pas partie du deal. »
« Mais non connard, pas pour vrai. J’ai envie de la chatouiller avec mes dents ».
Mon érection, si la chose est possible, doubla. Que n’y avais-je pas pensé plus tôt?
« Merde, y a un os » dit Barjo.
« Quoi ? »
« On est juste à la bonne hauteur pour les mains, mais je suis pas capable de me plier. »
« Hé ouais, c’est ce que ça fait d’ingurgiter des litres de bières, on a du bide » déconnais-je.
Je le regardai une seconde...
« Tiens, c’est ma tournée ». Et je mis une main sur la cheville et l’autre sur les orteils et offrit à Barjo l’intégralité de la magnifique plante de pied dont je disposais.
« Putain, t’es trop génial » croassa Barjo. Il se mit par terre et immobilisant l’autre jambe sous ses fesses, se mit à mordiller la plante que je tenais fermement.
« Y a rien qui t’empêche de chatouiller l’autre pendant que tu mordilles celui-ci » ricanais-je.
« Je t’ai pas attendu pour ça, Einstein ». Et je vis qu’effectivement, ses mains semblaient très occuper à gratter l’autre dessous de pied de notre magnifique captive dont les hurlements n’avaient plus grand-chose d’humains.
« Hé c’est mon tour après, hein? » lui assénais-je.
« Mfoui, mfoui » qu’il me répondit, le visage littéralement plaqué sur le dessous de pied de Marie.
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Chapitre 5
« Hé! On lui a même pas chatouillé les côtes ».
Je rouvris les yeux. Confortablement installé sur le canapé, je me remettais doucement de mon premier voyage au paradis. J’avais bien essayé quelques drogues dans ma vie mais ni l’alcool, ni aucune herbe n’arrivait à la cheville du putain de trip que je venais de me taper. Évidemment, ça avait été d’assez courte durée. Marie s’était évanoui lorsque Barjo et moi avions amorcé une partie de gribouillage sous un de ses pieds à l’aide d’un stylo bille.
« Je croyais pas qu’une fille puisse être aussi chatouilleuse » murmura Barjo. « J’ai trop hâte de tester sous les bras ».
Un doute me pris.
« Hé Barjo? Faudrait pas trop déconner non plus, hein?»
« Qu’esse tu veux dire ? »
« Ben en fait je sais pas. Mais il me semble qu’un trésor de la sorte, faudrait essayer de le garder, non ? »
« Ha ben ça! Monsieur bonne conduite qui voulait même pas tenter l’expérience au début et qui me parle maintenant de séquestration permanente. Comment que c’est trop fort » et il se mit à rire.
« Ho ben fait pas plus con que t’es bordel. Je parle pas de la séquestrer, qu’esse tu débloques? Je parle de trouver un moyen de se la garder. Pour nous. Genre trouver une façon qu’elle se mette… » j’hésitais, « disons à aimer ça ».
« Heu, la terre appelle connard ». Il s’avança sur le bout de sa chaise. « Aimer ça? Tu crois vraiment qu’elle peut aimer ça? Avec les cris qu’elle poussait? Race de sa mère, elle a presque mangé le ruban ».
Effectivement. La possibilité qu’elle puisse aimer se faire chatouiller était assez nulle.
« Et si on y allait moins fort? »
Barjo s’était recalé dans sa chaise et tentait visiblement de piquer une sieste.
« Mais comment que tu me fais trop chier avec tes réflexions, on s’en fout qu’elle aime ou pas. C’est nous qui décide et basta ».
Quelque chose me disait que la chance pourrait tourner et plus rapidement. À cet instant, j’entendis Marie qui bougeait dans la chambre. Je me levais pour la rejoindre.
Dès qu’elle me vit, elle se mit à me lancer tout ce qui lui tombait sous la main.
« Hé ho, du calme » riais-je en tentant d’éviter les projectiles. « Je vais pas te bouffer, la preuve, t’es plus attachée ».
Elle s’arrêta. Me fixa au point de me mettre vraiment mal à l’aise, puis se mit à pleurer doucement. Tiens, bonjour conscience, ou t’étais?
« Écoute, t’es pas morte. T’es même pas blessée…On a déconné et c’est tout. T’as aucune séquelle, tu vois bien ». Je remarquai à cet instant les marques de stylo sous son pied gauche et le désir me pris d’un coup. La vue de ce pied si mignon portant les marques visibles de nos chatouilles me déchirait le bas ventre.
« Tu vas peut-être vouloir te laver » lui dis-je en lui montrant son pied.
Elle le regarda pendant de nombreuses secondes, ne sachant pas trop comment réagir.
« T’as une serviette? » murmura-t-elle en levant les yeux.
Ce fût comme un coup de marteau. Comme une rupture d’anévrisme ou un putain de truc du genre. Son visage avait perdu toute trace de raillerie, tout aspect de défi. Il n’y avait devant moi qu’un visage qui donnait une envie furieuse de l’embrasser. Je compris à l’instant même ce que signifiait tomber en amour. Dieu me pardonne le cliché, mais pour la première fois de ma vie, j’avais envie de me blottir contre quelqu’un pour autre chose qu’une baise. Même dans cette bouche triste à en mourir, on devinait un sourire plus efficace que n’importe quel aphrodisiaque.
« T’as une serviette oui ou non? » répéta-t-elle tout aussi calmement.
« Hein?...je...oui! bien sûr. J’en ai même plusieurs » que je me surpris à répondre dans un élan de grande intelligence.
Elle se leva, passa devant moi et se dirigea vers la salle de bain. Elle s’assit, fit couler un peu d’eau sur son pied, pris la savonnette et se mit à frotter doucement. Depuis la porte entrebâillée, je pouvais voir son pied, recouvert de savon moussant et je dus réprimer encore une fois une furieuse envie de me jeter dessus. Il n’y avait pour ainsi dire aucune présence féminine dans la maison avec mon paternel et les rares qui s’y risquaient ne servaient qu’à effectuer les rapprochements normaux mâle/femelle et encore, sans grands élans de passion. Pardonnez-moi l’expression mais je levais du gibier parfois pas mal, mais jamais de cette classe, de cette catégorie. La vue de Marie en train de se défaire de son pantalon qu’elle laissa tomber sur le sol, me sorti de ma rêverie.
« Je peux me doucher? » me dit-elle en se tournant la tête dans l’embrasure de la porte. Je tournai instantanément le regard comme si ce simple geste pouvait la convaincre que je ne regardais pas.
« Ben oui, si tu veux… » Merde. En plein dans la quatrième dimension et aucune carte pour se repérer.
« Ça t’emmerdes que je fasse ça seule? » dit-elle en refermant la porte.
Puis le bruit de la douche devint le seul bruit dans l’appartement. Je restai planté devant la porte fermée, ayant toutes les difficultés du monde à comprendre comment il se faisait qu’une fille aussi superbe, qui me détestait, que je m’étais amusé à faire souffrir physiquement, qui redoutais que je remette cela, puisse prendre calmement une douche plutôt que de foncer vers la porte de sortie. J’en étais encore à tenter de réfléchir devant ma porte close, lorsque je constatai que le bruit de la douche avait cessé. Putain c’était rapide. Elle devait être habituée à économiser l’énergie après tout, les revenus familiaux devaient être modestes d’après ce que j’en savais.
Toutefois, le silence qui suivit ne raccordait pas avec le rituel de l’après douche.
Aucun bruit.
Aucun son.
Pas même celui de quelqu’un qui s’essuie et qui doit bouger un minimum pour y arriver. Puis le souffle me manqua.
Mon rasoir.
Sur le coin du lavabo. Une antiquité du genre qui remplie foutrement bien sa fonction.
Couper.
« Hé ho, ça va? Tu t’es pas noyée au moins » tentais-je de blaguer.
Je pouvais entendre le tic tac de l’horloge dans le coin cuisine.
« Marie? Ça va? » que je repris. « Hé me fait pas chier, veux-tu? Réponds moi quand je te parle… »
Quelques secondes. La panique me gagnait.
Pas dans ma salle de bain, mon Dieu!!!
Manquerait plus que ça, pas dans ma salle de bain…. La panique m’ouvrait grand ses bras.
« Ouvre cette putain de… » Je tombai directement sur elle quand elle ouvrit la porte, ce qui eut pour effet de la plaquer contre le mur.
« Laisse moi le temps de me rhabiller quand même » qu’elle me dit sèchement. Je me relevai d’un coup, balbutiai des conneries du style « vraiment envie de pisser… ».
«Hé ben, tu transpire beaucoup quand t’as envie de pisser. La toilette est à vous Monseigneur ».
« Marie… » C’était la première fois que je l’appelais par son prénom de façon aussi amicale.
Elle se retourna.
« Ne quitte pas tout de suite. Je veux te parler ».
« Avec un putain de dinosaure qui bloque la sortie, je m’y prend comment d’abord? » et elle retourna dans ma chambre, à ma grande stupéfaction. J’ai eu l’air d’un con souvent dans ma vie, mais jamais d’un con de cette ampleur. Je restais là, bouche bée, hébété, comme un demeuré devant un mur de pierre qui attend que ce dernier le laisse passer.
« Tu vas pisser par terre »?
« Hein? Ha oui, pisser…Je…je vais y aller. »
Je refermai la porte derrière moi et m’appuyai dessus pour ne pas m’effondrer. Cette journée prenait des allures surréalistes et mon cerveau n’était pas sur d’apprécier. Je me remis sur mes pieds et vis quelque chose qui me troubla mais à un niveau d’intensité qui me désarma. Devant moi, sur le plancher, gisait notre vieux tapis rouge, bout de tissu élimé qui nous servait de sortie de douche. Et dessus…l’empreinte, claire et nette de ses pieds, comme si l’eau s’était amusé à faire une photocopie. On distinguait très nettement la forme de la plante du pied et des orteils. J’eusse été en présence du Saint Suaire que je n’aurais pas contemplé avec plus d’avidité. J’étais à deux cheveux de bouffer ce putain de tapis.
« T’es un sacré veinard toi » que je murmurai.
« Tu y passes la journée? » me lança-t-elle.
« Mon Dieu je suis dans la merde », pensais-je avant d’ouvrir la porte.
À suivre…
