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- L'archipel Saflots
Histoire ajoutée le
21/04/2014
Épisode ajouté le
21/04/2014
Mise-à-jour le
03/07/2021
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Chinow - il y a 12 ans
Enfin ! On va enfin savoir ce qu'il y a de si terrible dans le passé de Crystal ! Hum... Je dois avouer que ton histoire est terriblement prenante, à tel point que je n'ai pas voulu la lire pendant que je révisais mes examens. Tu réponds plus que clairement à la question que je m'étais posée la dernière fois, et sachant à quel point décrire un sentiment un peu atypique est difficile, je trouve que tu t'en sors avec brio. Toujours aussi bien écrit, c'est très bien construit, le rythme est extrêmement bien dosé... On ne se lasse pas de voir tes personnages se dévoiler peu à peu. J'ai bien aimé ce chapitre où tu exposes finalement les faiblesses de chacun (sauf Perle, qui me semble avoir une image proche de la perfection pour le moment. Mais peut être parce qu'on la voit uniquement avec les yeux de Crystal ?). Bref, tu peux continuer à compter sur moi pour te suivre, et ce avec une joie et une attente de plus en plus grande. Je n'ai pas été déçue une seule fois tout au long de ton histoire, pour le moment.
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Blast - il y a 12 ans
Merci rainbow, heureux de savoir que mon histoire te plaît malgré que tu n'aimes pas ce style de récit, vraiment heureux. Chinow : Tes commentaires me font toujours aussi chaud au coeur. Tu comprends vraiment bien l'histoire, trop même, ça me fait presque peur ^^ En tous cas merci, le chapitre suivant est en cours de rédaction, mais avec le bac approchant à grands pas... Vous connaissez la chanson.
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Muken no Kishi - il y a 12 ans
Bon comme je lis ton histoire depuis le début je me suis dit qu'il fallait que je te laisse un commentaire, voilà c'est tout pour moi merci
!
Non je déconne.
Tout d'abord je trouve l'idée de faire évoluer tes personnages sur un archipel pas mal, cela me fait légèrement penser à One Piece, ou Legend of Zelda Phantom Hourglass (désolé pour les références).
Ensuite le fait qu'il y ai de la magie je suis toujours pour, donc j’espère que tu feras évolué ce point là.
Pareil pour le coté Univers Étendu comme les autres "régions" cité ou les divinités présentées, ci on peu en apprendre un peu plus ça ne serait que du bonus, après fait comme tu veux c'est toi le capitaine du navire.
Pour finir je vais parler de la relation entre Perle et Crystal que je trouve ambiguë, déjà car à certains moment cela me fait penser à du yuri (oui je sais j'ai un esprit mal fini) et ce qui je pense n'est pas vraiment le cas et donc parfois je me sens con et secondement les scènes à répétitions où elles explosent en larmes finissent par me rendre mal à l'aise (là encore une fois je peux passer pour un con) mais à la fin je trouve ça au limite du glauque, bien que crois savoir où tu veux en venir ( oui je ne suis pas sur).
Enfin voilà continue quand même ton histoire elle est super peu importe ceux qui se passe, je continuerai à la lire ne t’inquiète pas.
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Blast - il y a 12 ans
Euh... Honnêtement je ne sais vraiment pas comment prendre ton commentaire, sinon avec des pincettes. Je ressens de l'agacement, de la stupéfaction et de l'intérêt à la lecture de tes mots. Je comprends que la relation de Crystal et Perle paraisse pour le moins étrange, c'est ce sur quoi repose une bonne partie de l'histoire, ça, tu l'as sûrement deviné. Mais un Yuri ?? sérieusement ? D'accord leur relation est très fusionnelle jusqu'à présent, mais je n'ai jamais rien évoqué de sexuel là-dedans. Enfin bon, si c'est l'effet que ça te fait, c'est bien que tu fasses un rapprochement. Pour finir, le fait qu'il y ait des scènes où elles pleurent "à répétition", ce qui est un brin exagéré, je conçois que cela puisse te faire un drôle d'effet. Ce n'est peut-être pas ton style de récit, et je respecte totalement. Mais grâce à ce que tu soulèves, j'en viens à un point qui me semble important : Je m'évertue à ne jamais tomber dans l'exagération à travers mon histoire. Que cela soit au niveau de la magie, des sentiments, de l'intrigue ou même des chatouilles, j'essaie d'équilibrer au mieux pour ne pas déformer le tout, si tu me suis. Voilà, merci de ton commentaire sur lequel j'ai pu rebondir, bien qu'il me laisse un peu perplexe. En tout cas, n'hésite pas à en poster d'autres, j'aime bien tes références (je connais bien One piece et très bien Zelda phantom hourglass).
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Muken no Kishi - il y a 12 ans
Pour le yuri, sache que ce n'est pas forcement à prendre au terme pur et simple (sexuel) mais l'élargir à une relation amoureuse. Et comme tu l'as dit, c'est la relation fusionnelle qui m'a un peu mis en ambiguïté. Voilà en tout cas continue
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Blast - il y a 12 ans
Bonjour à toutes et à tous, Comme vous l'avez remarqué, mon histoire n'a pas eu de suite depuis un certain temps, et pour cause. Comme beaucoup, je suis en pleine phase d'examens, ce qui est extrêmement chronophage. De plus, avec le peu de commentaires, bien que de qualité, que je reçois, la motivation n'y est pas. Je vais donc mettre cette fiction en pause, et cela pour une durée indéterminée. Je ne l'abandonne certainement pas, mais, pour le moment, je préfère la ranger dans un coin, en attendant des conditions plus propices. Merci de votre compréhension
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Chinow - il y a 12 ans
Quel dommage ! Mais bon, comme l'a si bien dit Wane, il y a des priorités dans la vie
J'espère que tes examens se sont bien passés ou se passent toujours bien. Et pour ta fiction, très sincèrement, je l'apprécie énormément. Prends une pause si tu veux, mais s'il te plaît, termine-la un jour ! Elle est d'une trop grande qualité pour tomber dans les limbes de l'oubli. Après, tu fais ce que tu veux, et je ne veux absolument pas te forcer à quoi que ce soit, mais je voulais juste te donner mon avis sur ton œuvre (et le mot est choisi avec soin).
Mais si tu la reprends un jour, je serai là pour la lire
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Blast - il y a 12 ans
Bonjour à toutes et à tous, Un petit mot tout d'abord qui n'a rien à voir avec mon histoire. Je poste un nombre correct de commentaires, mais qui peuvent, l'on me l'a dit, s'avérer acide ou blessant. Si vous faites partie de ces personnes que j'ai indisposé suite à une remarque négative et trop directe, veuillez m'en excuser. Je ne cherche pas à être désagréable, seulement à être constructif. Je suis parfois trop entier, et j'en ai plus que jamais conscience. Aussi j'y prendrai garde à l'avenir. En attendant, voici le huitième chapitre, j'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture, et n'hésitez pas à poster un commentaire ! Chapitre 8 Un vent froid et puissant, venu du Nord de la ville, me fouettait le visage et charriait avec lui des remugles abominables, mélange de pourriture, de maladies et d'odeurs animales. Ces miasmes auraient fait s'évanouir n'importe quel noble, mais pas moi. J'y étais habituée. Après tout, c'était comme ça chaque matin, à Grenat-sous-brume. Tant que le soleil ne s'était pas levé complètement, le vent ne se couchait pas. Dans mes haillons, je tremblais plus fort qu'une cloche qu'on sonne, m'essuyant le nez chaque instant avec ma manche en lambeaux. Je ne sentais plus mes pieds nus qui baignaient dans une flaque d'eau aussi croupie que glaciale, et cela, depuis que le corbeau était arrivé. Si je savais une chose à propos de cet homme, c'était qu'il valait mieux ne pas le contredire. Quand il parlait, on écoutait, et quand il demandait, on répondait. Aussi simple. J'avais pris assez de coups pour comprendre ça. Sans compter qu'aujourd'hui, il était nerveux. Mon semblant d'entraînement touchait à sa fin, et, lorsqu'il aurait fini de répéter pour la énième fois le plan qui s'était depuis longtemps gravé dans ma mémoire, je le mettrai à exécution. – T'es prête ? finit-il par aboyer, comme pour voir si je ne dormais pas les yeux ouverts. J'acquiesçais, frissonnant sous un courant d'air vicieux qui s'infiltrait sous mes vêtements. Bien sûr que j'étais prête, on préparait le coup depuis des jours. J'avais faim, et j'avais froid. Même si ce que je m'apprêtais à faire était inhumain, au moins cela se déroulerait-il à l'abri de ce satané vent. Sans un mot, le corbeau me tendit un long coutelas, dont la lame, sûrement fraîchement affûtée pour l'occasion, luisait étrangement sous les quelques faibles rayons du jour. Presque religieusement je me saisissais de l'arme, comme si, par miracle, j'avais encore la possibilité de déguerpir et de ne jamais revenir. Mais non. J'avais besoin de cet argent. J'avais envie de vivre. – Vas-y, m'intima le corbeau en me tirant par l'épaule, puis en me plantant devant le mur envahi de lierre que j'allais devoir escalader. Je levais la tête, et aperçus la fenêtre, dont l'un des volets semblait de guingois. La suite se passait au-delà. Comme pour me donner du courage, je jetais un regard par dessus mon épaule, mais ne vit rien : Le corbeau s'était envolé, ce qu'il savait faire de mieux. Alors, me répétant mentalement que je n'avais pas le choix, que j'étais désolée, je trouvais une prise sur le mur, et entrepris de le grimper discrètement. Les bourrasques, me frappant de côté et souvent aux moments les pires, réussirent à me faire tomber une fois, mais ce n'était pas très grave. Ce qui m'inquiétait le plus, c'était qu'un garde pouvait surgir d'un moment à l'autre, auquel cas j'étais perdue. Si l'existence ici-bas était innommable, cela valait toujours mieux que les oubliettes. Lorsque je parvins à hauteur des volets, soit au premier étage, je claquais si violemment des dents que je crus qu'elles allaient se briser entre elles. Mes jambes et mes pieds trempés, sur lesquels soufflait un vent d'hiver, me brûlaient tellement ils étaient froids. Quand je pus enfin glisser une main sous le volet tordu, je ne sentais plus la moitié inférieure de mon corps. Le panneau de bois, qui ne tenait que par la volonté divine, s'ouvrit dans un grincement sinistre, qui me terrifia. J'eus tout juste le temps de poser mon poing derrière, avant qu'il ne vienne s'y écraser douloureusement, m'arrachant un peu de peau au passage. Mais au moins n'avait-il pas tapé contre le mur, ce qui aurait signé mon arrêt de mort. Sans perdre une seconde, je me faufilais agilement dans la pièce sombre, et refermais tant bien que mal le volet derrière moi. Une odeur âcre me prit à la gorge, et je dus lutter pour ne pas me mettre à tousser. J'étais à présent dans l'antre de la bête, aussi noire qu'une caverne, mais tellement plus chaude. Mon odorat agressé finit par détecter les relents caractéristiques de l'alcool et de la sueur, en même temps que je percevais une respiration grasse et profonde. Involontairement, je crispais mes lèvres, mes doigts et mes orteils, tentant de ne pas céder à la panique. Il était trop tard pour reculer. – J'ai besoin de cet argent, je suis désolée, désolée... me répétais-je à moi-même, ne ressentant pourtant rien sinon de la peur. Prudemment et à tâtons, je m'approchais du lit, sur le pied duquel je me cognais les orteils. La peau rendue à vif par le froid et mon membre engourdi subitement réveillé me lancèrent une onde de douleur qui m'arracha un gémissement. Retenant mon souffle, j'attendis de voir si le dormeur allait se réveiller, mais rien. Il devait cuver pour toute la ville, et même un coup d'onagre ne le dérangerait pas. – Je suis désolée... Ma main libre glissa sur les draps, puis trouva ce qui m'intéressait à présent. La gorge était velue, avec une coquille proéminente. C'était bien l'homme dont m'avait parlé Corbeau, enfin, je l'espérais. Toujours à l'aveugle, j'apposais le tranchant du coutelas sur l'épiderme chaud et vulnérable. Mon coeur battait à tout rompre, et des gouttes de sueur roulaient sur mon front. J'étais sur le point d'assassiner un homme, juste pour de l'argent. Mais j'avais besoin, de cet argent. Lui se pavanait dans le luxe et la démesure, alors que moi... J'étais obligée de tuer des gens comme lui, pour vivre. C'était lui ou moi. Et, cette fois, ce serait moi. – Je suis désolée, murmurais-je avec un sanglot dans la voix. Puis, d'un geste résigné et motivé par mon instinct de survie, j'exécutais un geste ample, et égorgeais l'homme. Celui-ci se mit à ruer immédiatement, mais j'étais déjà rendue aux volets. Je voulais partir au plus vite, ma mission était terminée. Je ne faisais pas ça pour le plaisir, mais par nécessité. Je ne voulais pas entendre, je ne voulais pas. Mais l'on ne voulut pas m'épargner. Le temps que j'ouvre le volet, et que je me glisse hors de la chambre, un borborygme affreux s'insinua sous mon crâne, y trouva une place et plus jamais ne la quitta. Je ne sais pas si ce fut le fait de parler à Perle, mais je dormis ensuite d'un sommeil lourd et sans rêves. Pas de visions fantomatiques, pas de visites malvenues, et pas de réveil en sursaut. Cela faisait une éternité qu'aucun songe n'était venu animer mon repos. Il fallait dire que je m'étais livré presque toute entière à Perle. Plusieurs heures de monologue, sur mon passé, mes rencontres, mes expériences et mes peurs. J'avais commencé par expliquer mon comportement de la veille, ce que la situation avait fait ressurgir de mauvais en moi. Puis, de fil en aiguille, j'avais continué. J'avais continué avec les différentes existences que j'avais menées à Grenat-sous-brume, en exhumant parfois quelques souvenirs immondes. Et je n'avais pu m'arrêter après cela. Alors j'avais continué, en enfonçant de plus en plus profondément ma conscience dans ma mémoire, pour repêcher dans la vase des tréfonds des cadavres et des masques horribles. J'avais même parlé de Carnate, ce que je n'avais jamais fait auparavant. Au final, mon amie avait pu constater que je n'étais ni sainte, ni innocente, ni vierge, ni ingénue. Mais, contre toute attente, je m'étais sentie encore plus légère, lorsque, mon sac quasiment vidé, j'avais enfin tari le flot de mes paroles. J'avais retrouvé le même sentiment de bien-être et de renaissance qui m'avait illuminée lors de ma première rencontre avec Perle, ou avec Menfa. J'avais compris, à cet instant, qu'il restait encore en moi beaucoup de démons à exorciser, et que le bonheur que je pouvais ressentir actuellement, était très loin d'être celui auquel je pourrai aspirer après que j'eusse fait la paix avec moi-même. – Je te comprends de mieux en mieux, Crystal, m'avait dit Perle après mon récit. Tu es un être malheureux. Je lui avais alors rétorqué que plus à plaindre que moi, il y avait, mais elle avait rejeté l'argument d'un geste de la main. – Je ne connais personne dans mes amis qui ait connu le quart des horreurs qui te sont arrivées. Et seuls tes amis, peuvent t'aider. Ce sera long, mais je te promets qu'un jour, tu remporteras les batailles qui font rage en toi. Puis elle s'était levée, m'avait embrassé tendrement, et nous n'en avions plus reparlé du reste de la soirée. A présent, j'avais l'impression qu'une brèche immense béait quelque part dans mon âme, et qu'une partie des émotions négatives que j'y avais fourré s'en étaient allées. Cette sensation de vide me prenait à chaque fois que je m'ouvrais à Perle ou à Menfa, et j'étais prête à parier que ce serait la même chose avec Cany, ou même la prêtresse. La journée, et celles qui suivirent, se passèrent merveilleusement bien. Je me sentais légère, et avais retrouvé un sommeil plus ou moins convenable. Mon corps, affaibli par le rude voyage jusqu'ici, recommençait à se muscler, mes formes se dessinaient à nouveau. Ma peau s'était légèrement acclimatée, se dorant d'un subtil bronzage qui me plaisait bien, et supportait de mieux en mieux les rayons furieux du soleil de l'archipel. Je reprenais donc confiance en moi, surtout maintenant que je m'étais confiée à Perle. D'ailleurs, ni elle ni moi n'avions reparlé de cette discussion. Elle avait été archivée et enfermée à clef, et ne sortirait, je l'espérais, qu'en cas exceptionnel. Du côté du temple, la prêtresse était on ne peut plus satisfaite de mes services, ce qui irait encore en s'améliorant, grâce à Menfa. L'ermite m'avait montré les ficelles du métier de chasseur, et, d'après lui, il ne me restait plus grand chose à apprendre. C'était dommage, car notre entraînement quotidien me faisait du bien, sans compter le fait que je ne connaissais pas mieux l'homme après tout ce temps. Si son lui sauvage se mourait de jour en jour sous mes assauts répétés, son chemin de vie demeurait d'une obscurité totale. Cany, quant à lui, guérissait petit à petit sous les mains expertes et le savoir de Perle, qui m'interdisait toujours d'aller le voir. Cette absence commençait à me peser sérieusement, mais, je n'en laissais rien paraître, ou du moins j'essayais. Parfois, le soir, lorsque nous abordions un sujet touchant de près ou de loin à Cany, mon amie m'observait avec malice, ce qui me faisais rougir invariablement. En somme, tout était parfait, ou presque. L'ombre qui planait sur Saflots prenait insidieusement de l'ampleur, occupant progressivement tous les esprits. Ma mésaventure avec les mercenaires n'avaient été que le maillon d'une chaîne qui se déroulait de plus en plus rapidement, entourant la ville et la population d'une menace latente qui concernait tout à chacun. Si aucune annonce n'avait été faite, il était impossible de se leurrer. La milice s'était vue renforcée, la garde de nuit également. Sans parler des rumeurs, qui circulaient partout comme autant de serpents vénéneux, mordant ça et là en instillant la panique dans la tête des citoyens. De nouvelles personnes s'étaient faites enlever, disait-on. Les aventuriers de Nacrechants se voyaient à nouveau pointés du doigt. Les quelques vols et actes de vandalisme étaient d'eux aussi sans nul doute. L'air d'ordinaire si serein de la ville étaient devenu tendu comme la corde d'un arc prêt à décocher. Chacun était sur ses gardes, on surveillait étroitement ses enfants, ses frères, ses soeurs. Je m'inquiétais pour Menfa, qui vivait seul hors de la ville, et pour la prêtresse, et pour Cany, et aussi pour Perle. Et c'était certainement réciproque. Mais tout cela ne devait pas m'empêcher de vivre. Des choses mille fois plus horribles grouillaient dans les bas-fonds de Grenat-sous-brume, et pourtant j'en étais ressortie, certes abîmée, mais ressortie tout de même. J'avais connu beaucoup de fléaux, et je ne laisserai jamais mes amis les connaître. Un coup violent m'atteignit à la cuisse, faisant voler en éclats mes songes. La douleur se fraya un chemin à travers ma jambe et mes hanches, avant que je ne m'affaisse, fauchée par la fatigue et la surprise. A peine mes genoux avaient-ils touché terre que deux mains puissantes me relevèrent et me remirent sur pieds. – J'ai frappé trop fort ? s'enquit Menfa en tentant de masquer son inquiétude. Je secouais la tête, autant pour lui signifier que ce n'était rien que pour me vider tout à fait l'esprit. – Tu n'es pas très concentrée aujourd'hui, fit remarquer l'ermite en s'éloignant de quelques pas. Heureusement que ce n'est qu'un entraînement, sinon tu aurais perdu cette jolie jambe. Je ne répondis pas, des pensées s'invitant à nouveau sous mon crâne sans que je n'y pus rien. D'un geste las, je lâchais ma lance, et allais m'accroupir près du ruisseau dans lequel je plongeais les mains. Après quelques instants, Menfa me rejoint, m'imita et, l'air de rien, me demanda : – Qu'est-ce qui te tracasse ? Tu sais bien que je ne suis pas très au fait des dernières nouvelles en ville. A moins que ce ne soit personnel ? Tu peux me parler. – Quelqu'un a été enlevé dans mon quartier. J'avais annoncé cela d'un ton totalement dépourvu d'émotions, ce qui ne me ressemblait pas. Menfa, visiblement abasourdi, me dévisagea un instant, puis, constatant que j'étais sérieuse, déglutit difficilement, gêné et inquiet. – Les... aventuriers ? hasarda-t-il à voix basse. Je haussais les épaules, car je n'en savais rien. En fait si, je m'en doutais fortement, comme tout le monde à vrai dire, mais cela n'avait pas d'importance. Le fait était qu'une femme qui habitait à quelques maisons seulement de la nôtre avait disparu sans laisser de traces, la veille au soir. Depuis cela, tout le voisinage était en effervescence. – Crystal, commença l'ermite d'une voix rassurante, tu n'as pas à t'en faire, tu es vigoureuse, tu sais te battre. Cette femme qui s'est faite enlever, comme tu dis... – Etait une milicienne, grinçais-je, les dents serrés. Menfa parut décontenancé, puis, après avoir cherché ses mots, capitula sous l'évidence : Un réel danger planait sur la ville. Mon altercation avec les amis de Perle me revint en mémoire, la scène défila en accéléré dans ma tête. Le coup que j'avais évité, puis la milicienne qui nous avait séparé. C'était elle, qui avait disparu. J'étais d'un tout autre gabarit qu'elle, alors, que je sache me battre ou non, aucune importance. Et puis, ce n'était pas pour moi que je m'inquiétais, c'était pour Perle. Et aussi pour Cany, pour la prêtresse, qui avait déjà souffert, et même pour Menfa. – Fais bien attention à toi, murmurais-je, le regard hypnotisé par le léger courant de l'eau. – Ne te fais pas de souci pour moi, Crystal. J'ai déjà eu à faire à des animaux sauvages bien plus dangereux q'un bataillon de guerriers. Non, ne te fais pas de souci inutilement pour moi. Je hochais la tête, quelque peu apaisée. Je tentais de me prouver à moi-même que mon ami ne risquait rien, ici, seul dans sa jungle, où personne n'aurait l'idée d'aller chercher. De toute manière, j'étais trop épuisée pour réfléchir plus. De toute la journée mon inconscient n'avait voulu me laisser en paix, m'instillant en permanence un sentiment de peur qui me faisait entrevoir des possibilités dramatiques. Et maintenant que j'observais le soleil couchant à travers le fouillis de branches luisantes, je me demandais si cette nuit encore, les aventuriers allaient frapper. Soudain une main vint se poser amicalement sur mon épaule, et me la serra affectueusement. – Rentre chez toi, Crystal, va te reposer. Trop de choses arrivent en ce moment. Laisse faire la milice, et cesse de t'inquiéter de la sorte. Je lâchais un soupir chevrotant. J'avais envie de pleurer. J'étais une fois de plus nerveusement à bout. Après tout ce que j'avais dû réveiller en moi, cette histoire de ravisseurs extravagants était de trop. Je ne savais plus où donner de la tête, ni pour qui ou pour quoi m'alarmer. Quand j'émergeais de mes pensées, Menfa était déjà parti. Alors je ramassais mes affaires, et me mis en marche. Je n'avais pas fait dix mètres que j'entendis un bruit dans les feuillages, derrière moi. Je me retournais, pensant qu'il s'agissait de Menfa, qui avait oublié quelque chose, après tout c'était bien son genre. Mais je ne vis personne. Sûrement un animal, voire le petit fouisseur de l'ermite qui voulait jouer. Je me remis donc en route, scrutant le sol pour ne pas trébucher, car la lumière orange qui baignait la jungle ne m'aidait pas vraiment. Après quelques pas, mon esprit recommença à broyer du noir, me faisant involontairement presser le pas. J'imaginais qu'un groupe de bandits était sur le point de s'introduire chez nous, pour enlever Perle, même si cette idée était terriblement stupide. Il faisait encore jour, et les rues étaient toujours pleines de monde. Un autre bruit dans mon dos agita les basses branches et les buissons, mais je n'y accordais cette fois aucune attention. Je n'avais qu'une hâte, rentrer à la maison, et rejoindre mon sanctuaire de sérénité. Quand un craquement sec retentit juste derrière moi, j'eus le réflexe d'exécuter un volte-face agile, saisissant ma lance à deux mains. Mais, alors que je pensais me retrouver face à un sanglier, ce fut un tronc résineux et peu épais qui m'apparut. Je n'eus pas le temps de m'interroger car déjà quelque chose venait de me saisir au niveau de la bouche, s'entourant autour de mon crâne avec une vitesse effrayante. Je poussais un cri de surprise et de détresse, mais ne réussit qu'à émettre une plainte presque intégralement étouffée. Je voulus alors me libérer, et lâchais d'une main mon arme pour cela, mais aussitôt un corps serpentin se saisit de mon poignet et, aidé d'une force colossale, plaqua mon bras contre mon corps. La panique me gagnait, pourtant je parvins à porter un coup avec la pointe de ma lance, mais rien n'en résulta. Se pouvait-il qu'un arbre ait prit vie ? L'idée que je me trouvais en présence d'un monstre m'emplit d'effroi, et, tout en me débattant, je baissais les yeux pour voir ce qui faisait office de membres à cette créature. Des lianes, ni plus ni moins, des lianes qui entouraient mon corps comme autant de tentacules, cherchant à m'immobiliser tout à fait. Je sentais qu'elles agrippaient mes poignets et mes chevilles, bien que je m'agitais en tous sens comme un poisson hors de l'eau. Tout à coup je fus soulevée dans les airs, et, avant que je ne comprenne ce qui m'arrivait, j'avais tourné le dos au tronc, sur lequel je vins m'écraser violemment. Le choc chassa l'air de mes poumons, que j'emplissais à grand peine, la liane qui me réduisait au silence m'empêchant à moitié de respirer. Des tâches noires commençaient à danser devant mes yeux, et mes forces, jusque là maîtrisées par le monstre, me quittèrent peu à peu. Puis, devant mon impuissance la plus totale, des lianes se mirent à me ligoter au tronc, d'abord les bras et le buste, puis les jambes, et enfin les pieds. Le monde s'assombrissait rapidement, je manquais d'air, j'étouffais. Ma terreur paraissait s'éloigner comme tout le reste, alors qu'un bien-être étrange m'envahissait. Etait-ce là mort ? En tout cas, cela me paraissait être une délivrance bien douce. Pourquoi ne pas m'offrir ? Lorsque ma conscience vacilla, ma dernière pensée fut que finalement, sous cet angle, l'au-delà n'avait pas l'air si désagréable.
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Blast - il y a 12 ans
Bonjour à toutes et à tous, Voici le chapitre neuf. Je suis assez fier de celui-ci, et pense avoir bien réussi à retranscrire les émotions et sensations. Mais à vous de me dire. Bonne lecture ! Chapitre 9 – Ah, c'est malin. J'espère que je ne l'ai pas tuée. Sinon ça va barder pour moi. Et puis quoi ? Comment pouvais-je deviner ? Je ne suis pas spécialiste en anatomie humaine ! Mais tout de même. Je suis peut-être en train de trimarder un cadavre. Par le grand décideur, si seulement... Un long monologue me tira doucement de mon sommeil. Quelqu'un était en train de se lamenter, assez fort pour me tirer de ma torpeur. Toutefois, encore mal réveillée, je ne savais localiser cette étrange voix, qui ne semblait pas posséder de timbre. A vrai dire, j'avais la désagréable impression qu'elle entrait directement... Sous mon crâne. – Ca fait une paie qu'elle a arrêté de gigoter, j'espère qu'elle va donner signe de vie avant qu'on arrive... Sinon ça sera ma fête... Mais à ma décharge, ça n'est jamais arrivé... Peut-être est-elle fragile ? Quelle chance ! Misère... Soudain tout me revint instantanément en mémoire : L'arbre, puis les lianes, puis l'asphyxie. Je me rendis compte que j'étais toujours entièrement liée à ce tronc vivant, et je voulus me débattre, mais en vain. Mes forces m'avaient pour le moment quittées, je n'avais qu'une seule envie, c'était d'inspirer le plus d'air frais possible. Mes quelques molles gesticulations eurent le mérite de faire réagir la créature, et ses exclamations éclatèrent dans mon esprit, manquant me faire sombrer à nouveau dans l'inconscience. – Tu es vivante ! Que je suis soulagé ! Ah, j'ai bien failli t'étrangler, c'est cela ? Tiens, tu n'as pas l'air très en forme. Secoues-toi un peu ! Si tu ne conviens pas à mon maître, c'est moi qui vais en pâtir ! Allez ! Du nerf ! Et ce disant, la chose m'avait éloignée d'elle de ses innombrables lianes et m'agitait en tous sens, tirant sur mes bras ou sur mes jambes, étreignant brièvement mes cuisses ou mes épaules, le tout avec une maladresse qui m'inspira, malgré ma terreur, un étrange sentiment de pitié. Et durant tout le temps où elle se fatigua à me manipuler comme une poupée, son incessant jacassement continua de m'emplir la tête, m'empêchant de penser correctement. Sans compter la peur et la panique qui me faisaient déjà perdre mes moyens, j'étais au bord de la crise d'hystérie. – Voilà, je préfère ça ! Tiens, comme tu es coopérative, je vais lâcher un peu de mou. Bien ! Et la créature me plaqua derechef contre elle, et m'y fixa grâce à ses tentacules végétaux, le tout avec moins de considération que si elle s'occupait d'un gigot. Néanmoins elle tint sa promesse et fit l'économie de quelques liens, ce qui me permit de dégourdir quelque peu mes mains et mes pieds. Je mis un certain temps à me calmer et à redevenir maîtresse de moi-même, tentant de faire abstraction des plantes grimpantes sur ma peau et du bavardage mental du monstre. Car cet arbre animé ne pouvait être que télépathe, en tous cas dans un sens. Lui me noyait sous un babillage d'où suintait la crainte, alors que les pensées que j'essayais de lui adresser ne semblaient pas l'atteindre. Aussi, une fois que j'eus retrouvé un contrôle de moi-même tout relatif, j'oubliais un temps la chose et entrepris d'observer les alentours. Nous nous trouvions toujours dans la jungle du temple, ce qui me rassura quelque peu, et ne m'étonna guère à vrai dire. L'arbre utilisait ses énormes et inégales racines pour marcher, ce qui lui donnait une allure hésitante et saccadée. Tantôt il faisait presque du sur place, tantôt il bondissait littéralement de plusieurs mètres, et je compris ainsi comment il avait réussi à me surprendre. La lumière crépusculaire avait presque disparu, ce qui signifiait que j'étais restée sans connaissance plus d'une heure. Mais ce qui m'inquiéta, après quelques coups d'oeil paniqués, fut que je ne reconnaissais pas totalement le décor. Certes il s'agissait de la jungle où je chassais quasi quotidiennement, mais jamais je ne m'étais aventurée si loin. J'avais beau chercher, perçant à grand peine l'obscurité naissante, je ne me repérais pas. Alors, résignée, je lâchais un semblant de soupir accablé, me refusant à imaginer ce qui pouvait bien m'attendre auprès de ce "maître". Les ténèbres avaient triomphé des derniers rayons du jour bien avant que nous arrivâmes, me plongeant moi et mon ravisseur dans un environnement seulement constitué de bruits et cris lointain, de senteurs fraîches et de plantes hautes caressantes. Malgré que même un chat n'y aurait pu voir, l'arbre bavard, comme je l'avais appelé pour le rendre moins effrayant, ne paraissait pas incommodé. Il déambulait toujours de sa démarche lourde et incoordonnée, grommelant dans son feuillage sans jamais vraiment ralentir. De toutes manières, je ne pensais pas qu'il était doté d'yeux, de bouches ou de quoi que ce soit d'humain. Pour ma part, je me contentais d'attendre sans émettre la moindre protestation, les yeux clos, préférant garder mes forces au cas où une occasion se présenterait. J'étais totalement incapable de réfléchir convenablement, la panique courait dans mon esprit comme un rat piégé et chamboulait mes pensées. – On arrive ! Debout là-dedans ! s'écria tout à coup la créature en se remettant à me secouer comme un vulgaire jouet. Le choc mental que produisit son cri eut l'effet singulier de me rafraîchir les idées, et d'en effacer légèrement la peur qui les teintait. J'ouvris les yeux, toujours baladée dans les airs, et aperçut au loin les lueurs de torches de ce qui devait être une habitation. Alors la terreur s'empara de moi aussi vite qu'elle était partie, et une main glaciale se saisit de ma colonne vertébrale. – On va passer par derrière, ma grande taille oblige tu comprends. Pourquoi trembles-tu ? Tu as froid ? Tu es malade ? Je t'interdis d'être souffrante ! Je ne l'écoutais plus, trop occupée que j'étais à scruter la bâtisse, qu'aucun éclairage extérieur ne me dévoilait. En revanche, à en juger le temps que nous mîmes pour en atteindre l'autre côté, je devinais qu'il ne s'agissait pas d'une simple hutte. Subitement, au détour d'un mur sombre, l'arbre bavard exécuta un ultime bond qui nous projeta tous deux dans la lumière d'une petite pièce aux trois quarts fermés par de grands panneaux de bois. En son centre était une bassine remplie d'eau d'où s'échappait de légères volutes de vapeur, et à côté d'elle se trouvait une petite caisse dans laquelle je vis plusieurs savons et brosses. Je compris, avec épouvante, que l'on m'attendait en ces lieux. Soudain les lianes qui m'enserraient m'élevèrent plus haut encore au-dessus du sol, et, brusquement, m'écartèrent en un X. Je n'eus pas le temps de comprendre que déjà une dizaine de tentacules se jetaient sur mes vêtements pour les arracher et les jeter au loin, ce contre quoi je ne pus même pas protester. Lorsque ma dernière sandale se retrouva dans un coin de la pièce, la créature qui me tenait toujours bon me lança purement et simplement dans la bassine. L'eau chaude mordit ma peau fraîche et humide et m'inonda la bouche alors que je pouvais enfin l'ouvrir librement. Je sentis la panique me gagner, mais la repoussait tant bien que mal, et me redressait à genoux, sortant la tête de l'eau avec une inspiration bruyante. Puis je me courbais, et une quinte de toux me prit suite à tout le liquide que j'avais avalé. Quand je rouvris les yeux, je tombais nez à nez avec un homme, et me jetais instinctivement en arrière avec un cri, me heurtant au bord de la bassine et en expulsant beaucoup de contenu au sol. Un long silence s'en suivit, pendant lequel rien ni personne ne bougea. L'homme qui venait d'apparaître était un quadragénaire de grande taille, au crâne rasé et à la peau cuivrée. Il portait comme seul habit un pagne de tissu ocre, et tenait dans sa main droite un bâton luisant sous la flamme des chandelles. Mais ce qui me gela littéralement, ce fut son regard. Un regard de dément, noir et profond comme un puits, qui donnait sur un esprit réfléchissant à toute allure, sans laisser paraître la moindre émotion. – Lave-toi. Et ne résiste pas. Ce furent les seuls mots qu'il prononça, après quoi, il se retourna et disparut dans un couloir, ce qui fut un soulagement pour moi. J'allais pour me remettre sur mes pieds, mais me rappelai bien vite que j'étais gardée. Je tournais la tête dans la direction de l'arbre bavard, lentement, et le vis pour la première fois : Il s'agissait d'un palmier d'apparence tout à fait ordinaire, si l'on exceptait le fait qu'il soit déraciné. Ses lianes, au repos, étaient enroulées autour de son tronc d'aspect lisse, et même quelques Telko pendaient vers sa tête. Je comprenais mieux pourquoi je ne l'avais pas vu venir. Je m'aperçus, après quelques instants, que, non seulement l'arbre était immobile, mais également il était silencieux. Ce qui me troublais légèrement, à force de l'entendre. – Euh... Hum tu as entendu le maître ? Allez... Lave-toi ! Cet ordre sonnait faux. J'avais senti en l'entendant de la crainte, voire de la tristesse. Néanmoins j'obéissais, consciente du danger que j'encourais, à vrai dire plus effrayée par le maître que par le drôle de serviteur. Je me saisissais donc d'un savon noir, et entrepris de m'en frotter le corps, sans gêne ni pudeur vis à vis de mon garde végétal. Sans que je puisse l'expliquer, le fait qu'il n'ait absolument rien en commun avec un être humain faisait que je n'avais pas l'impression de me sentir observée, ou même en présence d'un être intelligent. Exécuter une action domestique aussi simple que se laver, et cela dans un calme bienvenu, me rendit une partie de ma clarté d'esprit. J'étais maintenant assez lucide pour commencer à échafauder un plan de fuite. – Comment tu t'appelles ? demandais-je à brûle-pourpoint, tout d'un coup inspirée. Je n'obtins aucune réponse, pourtant j'aurais juré sentir l'attention de l'arbre se poser sur moi. C'était quelque chose d'indéfinissable, mais après tout je me trouvais en présence d'un monstre. – Moi c'est Crystal, continuais-je pour l'inciter à parler, pendant que j'étalais le savon sur tout mon corps. – Nossope... Mais dépêche-toi. Une idée géniale me traversa soudain l'esprit, et je m'immobilisais, une jambe pliée en arrière. Comment n'avais-je pas pu y penser plus tôt ? J'avais trouvé le moyen parfait de me débarrasser de cette sentinelle si particulière. Tendant le bras en direction du dénommé Nossope, j'ouvris la main, tendis la paume et fermais les yeux. Alors que je me concentrais, j'eus à nouveau cette impression que l'arbre m'observait attentivement. Mais cela ne me déconcentra pas. La flammèche apparut au creux de ma main, et la réaction du palmier ambulant dépassa toutes mes espérances. Une sorte de cri me déchira la tête, pendant que l'arbre tentait de reculer maladroitement en tortillant lentement son tronc, image que je n'oublierai sûrement jamais. Puis, après avoir vacillé, il bascula en arrière et s'écrasa de tout son long dans un fracas effarant, démolissant un panneau de bois au passage. Je relâchais ma vigilance et la flammèche disparut, en même temps que la présence de Nossope dans mon esprit. C'était comme si quelqu'un avait brutalement cessé de jouer d'un instrument monocorde. Je l'avais tué ? Je m'en fichais pas mal, il avait bien failli le faire lui aussi. Néanmoins j'eus un pincement au coeur à cette idée. Je m'apprêtais à quitter les lieux au plus vite, pour me retrouver seule et nue au milieu d'une jungle hostile et inconnue, quand un bruit me parvint, de l'intérieur de la bâtisse. Il s'agissait de hurlements étouffés et convulsifs, d'une nature qui m'échappait. Ce dont j'étais sûre, c'était qu'il se trouvait ici d'autres femmes, que j'aurai été rejoindre si je n'avais pas eu de la chance. Ma conscience envoya une claque monumentale à mon idée première qui était encore de fuir, me promettant une longue et douloureuse culpabilité si je ne venais pas en aide à ces infortunées peut-être en plein supplice. Résolue, mon exploit ayant gonflé mon courage jusqu'à ce qu'il écrase ma peur, je pris une grande inspiration, et m'élançais dans le couloir qu'avait emprunté le maître des lieux. Le petit corridor de pierre débouchait sur une pièce bizarre, dont les murs et le plafond étaient faits de vitraux transparents sur lequel les chandelles faisaient danser le reflet de leur flamme. Et cette construction me disait quelque chose. Entendant toujours les cris convulsifs plus loin, je pris toutefois quelques instants pour interroger ma mémoire, devinant qu'une information de premier importance s'y trouvait enfouie. Alors cela me revint. Lors de ma première chasse dans la jungle, j'avais grimpé en haut d'un arbre, et aperçut une drôle de bâtisse dont les murs reflétaient trop le soleil pour que je puisse la discerner véritablement. Je m'y trouvais à présent. Mon sens de l'orientation fit son travail et je sus approximativement où je me trouvais par rapport au temple. C'était une bonne chose. Mais pour le moment, je n'étais pas sortie d'affaire. Nue et sans armes, je ne pensais pas avoir le dessus dans un affrontement direct avec le maître, sans parler que lui était équipé d'un bâton. Il me fallait trouver n'importe quoi, un objet pouvant faire office d'armes. Le frisson de l'animal en danger me fit tressaillir, et je sentis mon corps et mon esprit se tenir prêts à décupler leurs forces pour ma survie. Peu importe ce que me voulait le dément, je ne devais pas lui laisser l'occasion de me mettre la main dessus. Mieux, je devais le neutraliser au plus vite, afin de libérer ses victimes. D'ailleurs celles-ci continuaient de hurler sous ce qui ressemblait fort à un bâillon, m'inspirant crainte et courage à la fois. Galvanisée, déterminée et silencieuse, je me faufilais dans un nouveau couloir mal éclairé, tous les sens aux aguets. Plusieurs fois j'eus le choix d'une nouvelle direction, cependant les cris de celles à qui je volais au secours me guidaient efficacement. A chaque embranchement, devant chaque ouverture je me courbais et devenais plus inaudible qu'un félin, foulant de mes pieds nus le sol de pierre avec toute la furtivité dont j'étais capable. Malgré mon comportement d'apparence impavide, j'étais terrorisée. Mon coeur battait à tout rompre et de grosses gouttes de sueur roulaient sur mon épiderme. Mais j'étais presque rendue à la source des hurlements, il ne servait plus à rien de faire machine arrière. Soudain, au détour d'un couloir, je me retrouvais dans une assez grande salle puissamment éclairée par de nombreuses torches, dont la résine qui se consumait emplissait l'air d'un parfum entêtant. Mais une autre odeur saturait l'atmosphère, une fragrance âcre et familière que je détectais avant même d'avoir eu le temps d'observer les lieux. La sueur. Lorsque je découvris d'où et de qui provenaient les cris, j'eus un moment d'arrêt, avant que mon esprit ne fasse le lien avec ce que m'avait comté Perle, quelques temps plus tôt. Installées sur des petits lits de bois collés les uns aux autres, et horriblement enchevêtrées dans des fouillis grouillants de plantes grimpantes, se trouvaient quatre jeunes femmes dans diverses positions, toutes bâillonnées et étroitement ligotées en plusieurs sortes. Elles étaient aussi dévêtues que moi, et s'époumonaient en se débattant sauvagement, le visage rouge et le corps ruisselant. – Les aventuriers... murmurais-je sans trop m'en rendre compte, accusant le coup alors qu'une quasi-légende prenait forme sous mes yeux. Des fleurs, des bourgeons, des feuilles et d'autres éléments de plantes couraient le long de la peau offerte des suppliciées, dans leur cou, sous leurs bras, contre leurs côtes et leur ventre, à l'intérieur de leurs cuisses, le long de leurs pieds et même entre leurs orteils. Des lianes et des tiges, non contents de les immobiliser, les rendaient plus vulnérables en étirant leurs bras, leurs jambes ou leurs doigts de pied, en les soulevant ou les positionnant d'une certaine manière. Un maillage vivant de verdure garrottait et chatouillait ces pauvres femmes sans leur laisser ni chance ni répit. Je comprenais à présent la gravité de Perle quand elle m'avait entretenue de ce que les captifs subissaient. Instinctivement, je reculais d'un pas, m'imaginant malgré moi piégée avec elles, sans espoir que l'on vienne me délivrer. Mais apparemment, j'avais été repérée. Les quatre prisonnières tentaient de tourner vers moi leurs visages empourprés par l'effort et la torture, et dans leurs yeux humides de larmes, je vis qu'elles m'imploraient. Cette seule vision réveilla une nouvelle fois mon hardiesse, et je m'empressais de venir les aider, sans vraiment savoir comment j'allais m'y prendre. A peine eus-je posé le pied auprès des lits de bois que je sentis quelque chose saisir ma cheville, après quoi je n'eus qu'une seconde pour que la peur ne me transie. La liane, car cela devait en être une, me souleva de terre en me faisant faire une violente pirouette, au terme de laquelle mon crâne vint heurter durement le sol. La réalité recula à la lisière de mes sens, alors que l'évanouissement me tendait une fois de plus les bras. Mais une pensée aux captives suffit à m'aider à reprendre mes esprits. Hélas pas assez vite, car dès que j'eus réuni assez de forces pour rappeler mes sens à moi, je me rendis compte avec horreur que j'étais déjà plaquée contre une couche. Sur le ventre, je sentis que mes poignets et mes chevilles étaient réunis dans mon dos et rapidement entourés de liens mouvants, alors que des tiges agiles s'emparaient de mes doigts et de mes orteils pour les écarter en tous sens. Je lâchais un cri de dépit et de détresse, qui se mua bien vite en un rire bruyant, qui se mêla à ceux étouffés de mes désormais compagnes d'infortune. Des feuilles et des fleurs aux textures différentes s'insinuaient partout sur mon corps, grattouillant, chatouillant et frottant sans relâche les zones les plus sensibles de ma peau fraîchement lavée. La sensation de tous ces petits instruments de torture qui glissaient sur la plante de mes pieds, sur ma poitrine et sur mes côtes était intolérable, occasionnant contre ma volonté une envie de rire totalement irrépressible. Et c'est ce que je faisais. Je riais, je riais à m'en arracher les cordes vocales, pleurant à chaudes larmes, bafouillant de temps à autre une supplication inintelligible. Je ruais et me débattais comme une tigresse, mais, à chaque fois que je parvenais à rompre une tige ou endommager une liane, une nouvelle arrivait et venait renforcer la prise. Après une éternité, une pensée cohérente se distingua parmi le magma désordonné qu'était devenu mon esprit, une suggestion différente de rire, rire, rire. Je me saisis de cette idée, et tentais de m'y accrocher, alors que les boutons et rameaux qui parcouraient ma peau devenaient de plus en plus nombreux. Jamais je ne me serai crue aussi chatouilleuse, aussi sensible et aussi vulnérable. Mes pieds étaient sûrement le pire, la démangeaison et les attouchements sur ma plante en particulier commençaient à me rendre plus qu'hystérique, surtout que les tiges tiraient toujours mes orteils en arrière, tendant ainsi ma peau au maximum et en décuplant la réceptivité à ce traitement maléfique. Mais non ! Mon idée ! Il ne fallait pas que je la laisse s'échapper, elle était... Une armée de petites pattes gluantes et froides s'attaqua à mes voûtes plantaires et à la peau entre mes orteils, plus efficaces et horribles que tout ce que j'avais subi jusqu'ici. Je lâchais un véritable hurlement qui ne désenfla pas avant un long moment, mon esprit gîtait dangereusement. – Utilise le feu... me souffla soudain mon inconscient, et cette fois, les chatouilles ne réussirent pas à me faire oublier. Je n'eus pas à tendre la main, cela était déjà fait. J'entamais immédiatement mon exercice mental, luttant de toutes mes forces pour ne pas que les choses qui couraient sur mes pieds brisent ma concentration. Je devais y arriver, c'était le seul moyen de me sortir de ce cauchemar, et d'en faire émerger quatre autres par la même occasion. – Tu es une héroïne, Crystal. Les mots du capitaine de la garde civile me revinrent, et je m'en servis comme maintien, le temps que mon incantation psychique prenne fin. Je n'étais sûrement pas une héroïne, mais aujourd'hui je me comporterai comme tel ! Une flammèche apparut dans ma main gauche, plus ardente que jamais, et l'effet fut aussi immédiat qu'avec l'arbre bavard. D'abord tout ce qui titillait et courait sur ma peau s'immobilisa, avant de disparaître progressivement, puis ce furent les tiges, et enfin les lianes. Avec énergie je m'extrayais du tas de plantes et me relevais, ma flamme toujours à la main. Je l'en approchais aussitôt d'une des captives, dont le carcan végétal commença instantanément à se défaire. Je répétais l'opération avec les autres prisonnières, à la vitesse du vent, et bientôt le tas grouillant et taquin de lianes et de fleurs se recroquevilla dans un coin, bien que ma flammèche s'était éteinte. – Non ! vociféra une voix dans mon dos, que je reconnus de suite. Je me retournais pour faire face au maître qui, l'air plus fou que nature, me chargeait, tenant maladroitement son bâton devant lui. Jetant un oeil à mes alliées, je me rendis compte qu'elles ne me seraient d'aucune aide : Elle devait subir la torture depuis bien plus longtemps que moi, et ce n'était pas en deux minutes qu'elles récupéreraient. Soit, alors je nous défendrai seule. Il fallait jouer le tout pour le tout. Je m'élançais à mon tour en rugissant, puisant dans mes ultimes forces, celles que les plantes chatouilleuses n'avaient pas eu le temps de me drainer. Le dément stoppa net sa course, il ne s'attendait pas à ce que je riposte, et ce fut une erreur fatale pour lui. Je le percutais de plein fouet, et, malgré notre différence de poids, ma force brute et ma rage l'emportèrent et je le renversais avec violence. Une fois au sol, je m'assis sur lui à califourchon, et, de mes deux mains et de ma rancoeur, commençais à l'étrangler. La terreur se dessina sur les traits de l'homme, mais il n'était plus question de pitié. Au fur et à mesure que les secondes s'égrainaient, ses ruades perdaient de leur vigueur, jusqu'à ce que je le sente perdre pied dans l'inconscient. A cet instant, je desserrais mes mains et me relevais. Je ne tuerai pas d'êtres humains aujourd'hui. Puis je revins auprès des quatre jeunes femmes, qui, bien que dans un état second, avaient observé la scène. J'allais m'asseoir sur l'un des lits de bois, afin de reprendre mon souffle et mes esprits. Il ne fallait pas que je craque. Crystal l'héroïne n'avait pas terminé son devoir.
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Chinow - il y a 12 ans
Bon sang de bois ! Mon commentaire sur le dernier chapitre n'a pas été publié ! J'ai certainement du faire une fausse manip, mais c'est vraiment dommage... Du coup, je vais commenter les deux d'un coup.
Tout d'abord, on connait enfin une partie du passé de Crystal ! Pas tout, certes, mais on comprend un peu ce par quoi elle est passée. Je me demande si elle n'avait besoin d'argent que pour survivre, ou bien pour une raison un peu plus précise. Mais même si on ne sait pas encore quelles circonstances lui ont fait quitter cette vie pour venir sur l'île, ça nous apporte un éclairage très différent sur ce personnage. Une enfant tueuse ? Je ne m'y attendais vraiment pas, surtout après la forte réaction qu'elle a eu en apprenant qu'elle avait tué l'un des attaquants du temple. Mais ça n'est pas pour autant incohérent du tout, au contraire ! Je trouve ça assez surprenant qu'en ayant vécu tout ça, en ayant du se nier à ce point (car elle tue quand même quelqu'un contre tous ses principes), elle ai eu la force d'être aussi entière. Car la Crystal qui est arrivée sur l'île est dévouée envers ce qu'elle aime, sensible, drôle... Bref, elle a un passé très difficile, mais elle continue à vivre, et je trouve que ça dénote d'une grande force de caractère.
Ensuite, j'ai beaucoup aimé la fin du chapitre, qui annonce un énorme chamboulement dans l'histoire. On sentait justement l'arrivée prochaine des aventuriers, ce que ce nouveau chapitre confirme bien.
Au passage, vraiment, je trouve aussi que les émotions et ressentis sont très bien décris. J'aime beaucoup la façon dont tu nous présentes cet homme étrange. Par contre, un seul homme, et un prêtre ? Mais qui est-il ? Pourquoi fait-il ça ?
Et... Des plantes ? Je ne m'y attendais pas du tout, mais c'est vrai que dans cet environnement de magie, ce n'est finalement pas si surprenant. Par contre, j'admets que ce chapitre pose énormément de questions, dont celle très importante pour moi : pourquoi ? Pourquoi donc faire ça ?
Pour finir, un dernier point, j'ai bien aimé la description des chatouilles, spécialement un passage :
Mais non ! Mon idée ! Il ne fallait pas que je la laisse s'échapper, elle était... Une armée de petites pattes gluantes et froides s'attaqua à mes voûtes plantaires et à la peau entre mes orteils, plus efficaces et horribles que tout ce que j'avais subi jusqu'ici. Je lâchais un véritable hurlement qui ne désenfla pas avant un long moment, mon esprit gîtait dangereusement.
J'ai beaucoup aimé l'effet de style qui permet de faire comprendre qu'elle n'arrive plus du tout à former des pensées cohérentes, que les sensations de son corps prennent toute la place.
J'ai vraiment hâte de lire la suite
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Blast - il y a 12 ans
Eh bien merci beaucoup, vraiment. J'aime à quel point tu étudies et comprends les textes, c'est impressionnant. Et ça t'es propre. Je préfère le dire tout de suite, l'archipel Saflots va bientôt toucher à sa fin. Ou plutôt à la fin de cette partie, et je ne sais vraiment pas si j'en ferai une seconde. Beaucoup de questions resteront en suspens, beaucoup de portes demeureront ouvertes, et c'est tant mieux. Je n'aime pas qu'on finisse une histoire avec toutes les réponses, sinon on l'oublie très vite. J'aime les questionnements et le léger sentiment de frustration auxquels on est soumis avec une fin ouverte. Enfin voilà, je ne spoile pas, mais c'est dit. Encore merci !
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Chinow - il y a 12 ans
Une fin ouverte, hum... C'est à la fois légèrement frustrant et très alléchant. En effet, je n'aime pas quand toute la fin est expliquée par A + B, mais dans le même temps, je trouve qu'il y a un certain nombre de réponses à apporter pour qu'on puisse réellement parler de fin. Pour moi, une fin est ouverte est un dosage très subtil, donc très difficile à réaliser.
D'un autre côté, je tiens vraiment ton talent d'écrivain en haute estime. Du coup, et bien, je suis très curieuse de savoir comment tu vas t'en sortir ! Quand au fait d'étudier les textes, c'est vrai que j'aime bien prendre le temps de relire plusieurs fois avant de poster un commentaire, histoire de ne pas tomber totalement à côté non plus !
Je pensais aussi qu'avec l'arrivée des aventuriers sur le devant de la scène, l'histoire approchait de sa fin. Ils sont présents depuis le second chapitre, mais de manière très diffuse. Ce qui créé un sentiment d'anxiété assez discret, mais présent, et qui du coup fait partie des nombreuses choses qui donnent leurs saveur à ton histoire. Là, ils sont dévoilés, sont bien présents, et donc perdent un peu, en quelque sorte, leur aura de mystère. Il est donc temps de laisser place à l'action brute, car sans cela, le récit donnerait l'impression de commencer à traîner en longueur. Et puis, sans aller jusqu'à réfléchir autant, il faut avouer que la situation de Crystal et de ces autres femmes est critique !
Bref, on voit en effet le dénouement se rapprocher, mais comme tu as commencé une autre fiction qui me plaît énormément aussi, je te pardonne
Non, plus sérieusement, je pense qu'un récit se doit d'avoir une fin, et je suis très enthousiaste à l'idée de connaître celle-ci !
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Blast - il y a 12 ans
Talent d'écrivain, comme tu y vas ! C'est seulement une histoire sans prétention que j'ai commencé à écrire un jour sur un coup de tête, et qui m'a paru plus prometteuse que d'autres brouillons. Je m'applique seulement, mais je suis encore loin d'être un écrivain, très très loin. C'est mon but, et c'est pour ça que je poste sur un forum. Et c'est également pour ça que les commentaires sont importants. Et je te remercie encore une fois, Chinow, de prendre le temps d'en laisser de telle qualité. Et je remercie tous ceux et celles qui l'ont fait également, cela va sans dire. A propos de la fin, advienne que pourra. C'est, je dois l'avouer, la première fois que je terminerai une histoire, et j'appréhende assez il est vrai. Après, je pense que le contenu aura été correct, je parle ici en quantité. Si je fais le calcul, j'écris des chapitres d'environ cinq pages, à raison de neuf chapitres, disons dix pour simplifier, je suis rendu à cinquante pages. Cela représente le quart d'un miniroman, et je pense que pour une fiction, c'est amplement suffisant. Bref voilà, on devrait arrêter de parler de la fin alors qu'elle n'est pas encore arrivée, ça porte malheur ^^
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Blast - il y a 12 ans
Bonjour à toutes et à tous, Aujourd'hui pas de chapitre, mais une annonce. Une annonce qui vous expliquera ce qui me pousse à quitter cette section. J'écris mes raisons ici, dans ma fiction, pour la simple et bonne raison qu'elle est ma première et ma seule véritable. Cela fait peu de temps que je me suis inscrit sur ce site, l'ayant fait dans le but unique de contribuer à la section des histoires fictives. En effet je n'ai jamais posté autre part qu'ici, vous pouvez le vérifier. J'ai rencontré des gens formidables, dont certains ont connu des évènements bien tristes, mais j'ai également eu à faire à des personnes moins fréquentables. J'ai beaucoup misé sur cette section, trop peut-être je l'avoue. J'avais en tête de lui rendre sa superbe passée, de la relancer, de lui insuffler une nouvelle vigueur. J'ai échoué. Mais suis-je seul acteur de cet échec ? Depuis trop longtemps maintenant les histoires fictives tournent au ralenti, la section végétant dans une sorte de mort clinique dont elle sort de temps à autres. J'estime qu'une section demeurant sans vie durant presque une semaine n'a guère plus d'intérêt. Et j'en viens donc à une des raisons qui m'incitent à plier bagages. Ames sensibles s'abstenir, Blast va encore sortir les griffes. Le fait est que très peu de membres prennent seulement la peine de laisser un commentaire, il est vrai que cliquer et taper une ou deux phrases critiques ou encourageantes est la chose la plus difficile du monde. Et qu'on ne m'oppose pas d'arguments tels que le fait que les dits membres n'apprécient aucune fiction, ce serait mentir. Nous voyons tous, dans le "Qui est en ligne ?" les membres inscrits qui passent et repassent sur la section. Ils sont bien là pour faire quelque chose, n'est-ce pas ? De plus, la plupart des écrivains en eux-mêmes ne valent pas mieux. Une très grande partie d'entre eux arrivent, postent leur histoire et ne daignent même pas commenter celles des autres. C'est lamentable, égoïste. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'ils ne sont là que pour écrire et non pour lire, je n'accepte pas cela. D'une part, car l'excuse est trop précise pour s'appliquer à autant de membres, d'autre part car refuser de jeter un oeil aux histoires de ses confrères et consoeurs, par jalousie ou fierté, est un acte d'une incroyable immaturité. Et j'en viens donc à ce qui me chagrine, et me révolte au plus haut point. Le maître mot de ce qui anime la section et la majorité de ses membres est donc "immaturité". Des lecteurs fainéants ou inconscients du travail fourni par les écrivains, et des écrivains qui eux-mêmes se tirent entre les pattes. Comment une communauté saine peut-elle reposer sur des bases aussi enfantines et instables ? Elle ne peut pas, justement, et c'est cela même qui me dégoûte. Il faut savoir que lorsque quelqu'un poste une fiction, il ou elle attend des retours, et pas seulement un commentaire par chapitre. Ecrire est une activité longue et ardue qui requiert doigté et concentration, alors, quand l'écrivains s'aperçoit qu'il est sur le point de poster son nouveau chapitre à la suite d'un ancien, et qu'aucun commentaire ne les sépare, imaginez un peu sa réaction. Notez bien qu'une fois de plus, je ne parle pas qu'en mon nom. Beaucoup d'autres membres ont souffert de cela, et en souffrent encore. Beaucoup sont partis pour cette raison. J'accuse autant les écrivains que les lecteurs, sans faire de généralités. Voilà, j'ai vidé mon sac et répandu mon fiel comme je l'entendais. Indignez-vous si vous le voulez, cela ne me fait ni chaud ni froid. Je quitte ce forum. Je reviendrai peut-être, si un jour cette section retrouve la vie, mais je suis lucide. Mes fictions s'arrêtent donc abruptement. Pour ceux et celles qui auraient un message à m'adresser, je passerai vérifier ma boîte privée. Sur ce, je souhaite bon courage à ceux et celles qui persistent en ces lieux, et bien peu de choses à ceux et celles que ce coup de griffe visait. Les concernés se reconnaîtront pour la plupart. Adieu, et merci infiniment pour tous les commentaires et remarques que j'ai pu recevoir. Malgré les apparences, je ne suis pas qu'un monstre de crocs et de critiques.
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Blast - il y a 12 ans
Ceux qui essaient de faire vivre les parties "Discussions sur les chatouilles" ou "Espace Libre" et n'ont pas de retour de la part des membres pourraient donc te faire le même reproche.
Pourtant, nul doute que tu consulte toi aussi ces sections...
Ca, certainement pas. Je n'ai jamais regardé autre part que dans cette section, sinon je ne me permettrais pas de faire une telle réflexion.
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Blast - il y a 12 ans
Evidemment que j'attends des réponses de manière systématique, puisque je me trouve sur un forum. Ca me semble être la base même d'un forum, d'écrire et de recevoir des retours. Si je n'avais pas voulu de commentaires, j'aurais créé un blog ou un site et voilà tout. Ce n'est pas la première fois qu'on m'oppose cet argument, que je trouve puéril. Ceux et celles qui écrivent pour le plaisir de partager attendent toujours un retour, du moment qu'ils le fassent sur un lieu de partage comme un forum. C'est la logique même. Ceux qui écrivent pour la beauté de l'art et ne ressentent aucun besoin de divulguer leurs créations ne le font pas et c'est tout, et personne ne les soupçonne en ce cas.
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Blast - il y a 12 ans
Qui parle de remerciements ? Je parle de commentaires, cela inclut des critiques, bonnes comme mauvaises, constructives ou non, etc. Et je ne parle pas qu'en mon nom, d'autres écrivains ont le même souci, et je ne vois pas comment évoluer si personne ou presque ne nous y aide, de surcroît sur une plateforme justement faite pour que les gens échangent. Je le répète, c'est la base du forum. Certains ne s'en offusquent pas, bien. Mais ce n'est pas mon cas. Ecrire sans avoir plus d'une ou deux réponses, certes de qualité, ou aucune pour certains écrivains, je trouve cela indigne d'un forum. Et le fait que le forum tourne au ralenti m'est égal, je ne vois pas une si grande différence depuis que je suis inscrit. Et je le répète une fois de plus car je vois que c'est nécessaire, je ne parle pas qu'en mon nom. Maintenant il suffit, je n'ai plus à répondre de quoi que ce soit, tout est dans mon texte explicatif. Reviens à la charge si ça te chante. Je me fiche bien de me mettre des gens à dos, je suis honnête et il n'y a que la vérité qui blesse.
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piroru - il y a 12 ans
Tu as raison Blast; dans le fond, on est tous un peu coupable. On devrait encourager l'artiste à continuer et pas se dire "sympa son histoire, j'espère qu'il fera la suite bientôt". C'est pourquoi je dis, et c'est sincère, j'adore ton histoire. J'aime les émotions que tu fait ressentir aux personnages et l'interprétation du monde que tu fait vivre. C'est pourquoi je t'encourage à continuer. Pour les écrivains, je sais pas quoi dire; je suis pas à leur place. Mais quand on commence une histoire, on assume et on continue jusqu'au mot "FIN". J'aurais aimé lire la fin de "Orphanage" ou "Le nouveau monde" mais je ne saurais jamais la fin... Et j'ai envie que ton histoire connaisse le mot "fin" et, au passage, dure le plus longtemps possible. Bonne chance.
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volta - il y a 12 ans
Blast, avec tout le respect 2.0 que je te dois, je trouve vraiment que tu es un abruti.
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NekoMajin - il y a 12 ans
Oh oui, un topic rigolo! Je ne vais que rarement dans cette catégorie mais les départs incendiaires, j’adore! Tu vois, tu arrives à faire poster des forumeurs sur ton topic, super hein!?
Bref, au delà du fait de pleurer parce que « j’ai pas eu mes commentaires en retour !! Ouin ! » (ambiance skyblog mex!), ce qui est risible, tu insultes ceux et celles qui ont suivi chacun de tes chapitres en y apportant quelque chose, de constructif ou non.
En partant comme un prince, tu te comportes comme un niais, un ado en manque de reconnaissance. C’est là qu’on remarque les artistes et les passionnés des simples bourlingueurs en quête de reconnaissance. En somme, tu te places dans la catégorie des « si j’ai pas de com’s, je n’écris pas la suite ». Premièrement, tu en as. Peu mais tu en as. Et deuxièmement, il est dommage de ne pas prendre davantage de plaisir à partager plutôt qu’à recevoir.
Et bien, bourlingue donc ailleurs en espérant que tu aies les commentaires de nombreuses personnes (fais donc un skyblog, ça t’ira comme un gant). Dommage ma pauvre Chinow, ton engouement à suivre ses écrits n’était pas suffisant.
Papus, pourfendeur de boloss

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Fullmetal - il y a 12 ans
Et bien, que de messages et d'échanges flamboyants !
En tout cas je suis assez d'accord avec ce qu'il se dit de part et d'autre.
N'étant moi meme pas écrivain et lisant très occasionnellement seulement les histoires, je ne me sens pas en droit de commenter/critiquer ni meme encourager ceux qui écrivent.
Pour moi il y a plusieurs types de publics sur ce forum, des personnes qui participent plus à certaines discussions que d'autres, et notamment une parie des personnes qui fréquentent presque essentiellement la partie "histoires".
Tu ne peux donc reprocher aux personnes qui lisent tes histoires de ne pas systématiquement commenter.
Ok tu as eu très peu de commentaires et de retours et tu as le droit d'être déçue, mais certainement pas de dire que tout les membres se servent et ne donnent rien en retour, c'est une déformation de la réalité.
La vérité est bien plus simple : peu de membres sont réellement actifs, quels que soient les sujets, et ceux qui participent le font uniquement quand ils ont quelque chose à dire qui leur semble pertinent.
C'est comme ça dans tous les topics et le tien ne fait pas exception.
Dommage pour cette histoire qui pourtant plaisait à certains...
Et dommage que tu aies pris les choses comme ça...
J'espère que les autres écrivains n'ont pas le meme sentiment et je te rejoins sur le fait que cette petite communauté d'entre vous pourrait se consulter et se serrer les coudes, mais de meme que toutes les formes d'art ne parlent pas a tous les artistes, je comprends aussi qu'ils ne s'octroient pas de droit de regard ni de critique sur le travail de leurs collègues...
Voila pour tout ça
