Histoire : Mission : Cortex

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Histoire


Histoire ajoutée le 22/12/2020
Épisode ajouté le 22/12/2020
Mise-à-jour le 25/12/2020

Mission : Cortex

Et voici encore une histoire tout chaude sortie du four de mon imagination. N'hésitez pas à me laisser un commentaire ! J'accepte toutes les critiques, bonnes comme négatives ( à condition bien sûr qu'elles soient détaillées 😝. Je ne tolèrerai pas les :"Bouuuh, c'est nul !" mais je pense que vous comprenez pourquoi !) à bientôt peut-être 😄


                                                                          Mission : Cortex


« Hey… Hey oh ! Maeva ? Tu m’entends ? »


La jeune femme tourna la tête vers sa collègue qui s’était dangereusement rapprochée d’elle avec sa chaise de bureau.

« Tu connais pas la dernière ? » Renchérit-elle.


Maeva leva les yeux au ciel et retourna à son écran. Elle remit succinctement une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille puis continua de travailler.

« J’étais en train d’envoyer un mail vraiment hyper important à un client concernant notre dernier nexus mais bien sûr, ça peut attendre pour que je te laisse me raconter les derniers potins… » Lâcha t- elle d’un ton sarcastique à l’intention de la petite blonde qui ne semblait pas en démordre.

Son interlocutrice, habituée à l’humour glacial de sa collègue, ne s’en offusqua pas.


« Tu te souviens de Pauline de la compta ? Eh bien elle a eu une augmentation ! »

-Et alors ? Tant mieux pour elle. Désolée, Romane, mais je dois te laisser, j’ai du travail.»


La jeune femme renversa la tête sur son siège.

« Non mais t’es aveugle ou quoi ? »


Maeva poussa un soupir et tourna la tête vers la dénommée Romane.

« Pourquoi ? Ou est le problème ? »


La petite blonde se rapprocha encore plus et, baissant la tête pour ne pas être vue de ses supérieurs dans le hall d’entrée, chuchota :


« Ça va faire bientôt six ans que je bosse dans cette boîte. Je travaille à temps plein depuis le début, j’ai même déjà fait des heures sup. Je suis la chouchoute du patron, mes collègues m’apprécient et je n’ai jamais fait la moindre erreur. En toute bonne logique, s’il y avait quelqu’un qui aurait dû avoir une promotion ici, c’est moi. »

-écoute, je n’ai pas envie de t’écouter te plaindre, je…

-Non, tu ne comprends pas. Ça n’est pas pour ça que je te dis ça. Pauline ne faisait pas le quart de ce que je fais. Elle faisait régulièrement des erreurs dans les comptes et elle avait tendance à mettre son nez partout ou ça ne la regardait pas. Et pourtant, elle a reçu une promotion. Il y environ deux mois, c’était Fanny. Tu te souviens de Fanny ?


-M’en parle pas. La pire vendeuse avec qui j’ai pu travailler… Elle a dû nous faire rater au moins cinq ventes. Elle n’était pas vraiment méchante mais honnêtement, je ne comprends pas comment elle a pu passer à l’entretien d’embauche. Aucune présence face au client, un vocabulaire qui ne dépassait pas les trois cent mots, bref. Oui, je me souviens de Fanny.


-Et tu te souviens de ce qui lui est arrivé ?

-Elle a une… Promotion… »
Si Maeva avait commencé sa phrase plutôt nonchalamment, elle s’était brutalement arrêtée sur le dernier mot. Elle fronça les sourcils.
« Ah ! Tu vois qu’il y a quelque chose qui cloche ici ! » Souffla Romane.


La petite blonde retourna en roulant à son poste de travail, laissant sa collègue à ses nouvelles réflexions.
Pour ne pas éveiller les soupçons, Maeva continua de taper innocemment sur son clavier. Comment avait-elle pu négliger cette piste ? Elle était maintenant depuis huit mois au service des usines cortex, (Des pionniers en matière de technologie qui fabriquaient à la chaîne des Nexus, des androïdes en métal blanc dont le but à long terme était de remplacer une bonne partie des appareils électroménagers. Leur nom était un hommage au célèbre auteur Philippe K. Dick et plus particulièrement à son roman : « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques qui serait plus tard réédité sous le nom de « blade runner ») et elle n’avait rien trouvé de ce qu’elle était venu chercher. Les Nexus fonctionnaient avec une source d’énergie inconnue et ses concepteurs étaient volontairement avares d’informations quant à leur sujet. Maeva avait déjà fouillé discrètement les bureaux de son supérieur sans jamais rien trouver hormis les plans des derniers prototypes qui ne l’avaient en rien renseignée.


« Une tasse de café ? » Demanda une voix monocorde digne de la pire des saisies vocales.

La jeune femme sursauta. Elle tourna la tête vers le Nexus affecté au rez de chaussée. Il faudrait vraiment qu’elle songe à signaler ce problème avec sa voix… Son visage noir impavide affichait deux yeux bleus qui grésillaient de temps à autre. Maeva baissa la tête et récupéra la jolie tasse blanche et sa soucoupe qu’il lui tendait.


« Merci ! »


Le robot ne répondit pas. Il tourna les talons et s’en alla dans les bureaux avec la même assommante question. Maeva se leva élégamment de sa chaise et lança :

« Romane, tu pourrais garder l’accueil ? Il n’y a pas l’air d’avoir foule au portillon et ce café est trop amer pour que je puisse le boire. Je voudrais aller me chercher du sucre. »


La petite blonde esquissa un salut militaire.

« Bien chef ! »
Maeva la remercia d’un signe de la tête.

Elle se dirigea vers la cafétéria ou elle était sûre de trouver Jade qui s’était autoproclamée la reine des potins. Contrairement à l’image un peu clichée que les gens se font souvent de la commère, Jade ne portait ni tailleur ni talons aiguilles ni rouge à lèvres vif. Elle était plus à l’aise dans ses baskets blanches compensées et même si son travail lui imposait un code vestimentaire strict, elle trouvait toujours le moyen d’enlever sa veste à un moment donné de la journée en prétextant soit qu’elle avait trop chaud ou qu’elle l’avait tâchée avec son café. Et non, elle ne passait pas ses journées derrière ses fenêtres à espionner ses voisins avec une longue vue. De plus et ce qui faisait de Jade un atout de poids, ses informations étaient toujours fondées. Jamais encore Maeva ne l’avait entendu colporter de fausses nouvelles.
Quand elle arriva dans la buvette, elle trouva sa collègue plantée comme à son habitude devant la machine à café mais fit mine de ne pas la voir.


« Dis, je me demandais… Tu as des nouvelles de Fanny ? On ne l’a pas revue depuis qu’elle a eu sa promotion. Je trouve que c’est sacrément snob de sa part. Elle aurait au moins pu passer nous faire un petit coucou, ça aurait été sympa... » Commença t- elle innocemment.


Jade passa une main dans sa tignasse blonde aux mèches vertes pâle afin d’avoir l’air un peu plus présentable. Hormonalement parlant, elle était dans la mauvaise période et le réveil à six heures du matin avait été une véritable torture aussi comptait-elle sur le café pour la sauver de cette journée qui lui semblait interminable.


« Nan… Mais de toute façon, personne ne revient jamais du trentième étage. Je pense qu’ils doivent avoir leur ascenseur personnel et que c’est pour ça qu’on ne se croise pas mais ne le raconte pas, ça n’est que mon avis personnel. » Répondit-elle sans regarder son interlocutrice.

Elle n’avait même pas prit le temps de se maquiller et ne tenait pas à ce qu’on la voit dans cet état.

« Comment ça ? Personne ne revient jamais ? Et c’est quoi cette histoire de trentième étage ? »


Jade inclina brutalement la tête sur le côté et lâcha :


« Tu ne vas quand même pas me dire que tu ne sais pas qu’il y a trente étages à ce bâtiment ? »

-Non, je le sais.

-Bien, ma poulette. Je vais te poser une question, tu vas devoir utiliser tes neurones : Sais-tu qui travaille au trentième étage ? »

Maeva voulu répondre mais pas un son ne franchit ses lèvres. Elle ne s’était jamais posé la question. En même temps, pourquoi se la serait-elle posée ? Etant affecté au rez-de-chaussée, cet étage ne la concernait en rien mais elle ne pouvait s’empêcher de sentir comme un gout amer se répandre au-dedans d’elle. Elle ne savait pas.


« C’est le patron qui travaille au trentième étage, Monsieur Barnabé Colin. » Poursuivit-elle sans se laisser démonter.

-C’est faux et tu le sais. Monsieur Colin travaille au vingt-neuvième étage. »

Maeva baissa la tête et soupira :


« Bon, okay, tu m’as eue. Alors, raconte ! »

-Les seules personnes qui sont déjà montées au trentième étage sont les nexus, monsieur Colin et tous ceux qui ont reçu une promotion. En gros, le trentième étage, c’est la crème de la crème ! Seul le gratin des entreprises Cortex est admis là-haut ! Tu imagines ? Toutes ces têtes pensantes en train d’élaborer le monde de demain, ça doit être géant. »

Maeva demeura silencieuse. Elle rit intérieurement.

« Le gratin des entreprises Cortex, ces têtes pensantes » songea t- elle, amusée.

Jade ne devait pas avoir côtoyé Fanny de très près ni même Pauline… Finalement, elle ne savait peut-être pas tout.


« Et est-ce que quelqu’un a déjà vu a quoi ça ressemblait, le trentième étage ? » Continua t-elle en prenant le morceau de sucre afin d’ajouter de la crédibilité à l’histoire qu’elle avait raconté à Romane.


-T’es sourde ou quoi ? Je t’ai dit que seuls ceux qui avaient une promotion pouvaient monter là-haut. En plus il faut une carte magnétique pour accéder à l’étage, sinon, on ne te laisse pas passer. Je sais, j’ai déjà vu des Nexus le faire avant que l’ascenseur ne se referme. Je t’ai aussi dit que ceux qui travaillent au trentième ont leur ascenseur personnel. On ne se côtoie plus donc comment veux-tu qu’on puisse savoir de quoi le trentième étage peut avoir l’air ? »

Maeva haussa les épaules et ajouta :
« Évidemment, j’suis bête. Oublie ma question. Bon, j’essaierai peut-être de lui envoyer une lettre… »


-Une lettre ? Mais c’est archi démodé ! Envoie-lui un sms. Ça ira plus vite.


-Pas sûr. Pour un peu que quelqu’un lui envoie un message en même temps que moi, le mien va passer à la trappe. Et puis j’aime les relations épistolaires. Les lettres, c’est mystérieux, j’ai peut-être plus de chance d’attirer son attention. Je te tiendrai au courant. » Acheva t- elle en faisant un clin d’œil.


J
ade haussa les épaules à son tour d’un air de dire « fais comme tu veux ». Maeva tourna donc les talons et retourna à son bureau sans un mot. Elle souleva délicatement sa jupe crayon noire et s’assis doucement. Elle fit ensuite couler le sucre dans son café et reprit l’écriture de son mail en attendant que son breuvage refroidisse.
Elle fit rapidement un bilan mental de ce qu’elle savait : La source d’énergie des nexus, qui semblait à première vue inépuisable, était, à l’heure présente, toujours un mystère.
Cependant, Pauline et Fanny, qui auraient dû être renvoyées, avaient reçu à la place une promotion et avaient aussitôt été transférées pour le mystérieux trentième étage.
Une chose était donc sûre : le dernier étage du bâtiment n’était pas réservé à la fine fleur des entreprises Cortex. Dans ce cas, à quoi servait-il ?

Sans vraiment s’en rendre compte, Maeva commença à masser ses tempes. Peut-être le personnel peu scrupuleux était-il transféré là-haut pour servir de main d’œuvre. Cette hypothèse revenait à dire que les gens qui se rendaient au trentième étage étaient réduits en… Esclavage ? Ici ? Ça n’avait aucun sens.
Quoiqu’il en soit, Maeva était dès à présent convaincue que toutes les réponses à ses questions se trouvaient au dernier étage de l’immeuble. Il fallait absolument qu’elle trouve le moyen de s’y rendre.
Elle venait d’en apprendre plus en une matinée qu’en huit mois de travail. Ça lui avait flanqué un coup assez puissant au moral mais au moins maintenant, elle savait par ou commencer.
Maeva fut brutalement tirée de ses pensées par un « Mademoiselle ? » affreusement insistant. Les gens n’avaient donc aucune patience. Elle releva la tête en affichant un grand sourire et demanda poliment :


« Oui, monsieur ? Que puis-je faire pour vous ? »


-Je voudrais voir vos nexus dernière génération. Oh et, est-ce que vous faites les emballages ? Ça serait pour offrir. »


La jeune femme se leva de sa chaise et, pointant la salle d’exposition de son bras, déclara :

« Bien sûr, monsieur. Et oui, nous faisons les emballages. Nous avons même plusieurs motifs. Si vous le désirez, nous vous les ferons choisir une fois que vous aurez décidé quel nexus fera votre bonheur. »


L’homme la devança donc et elle lui emboîta le pas. La journée se déroula suivant à peu près le même schéma. Quand dix-huit heure arriva, Maeva voulu pousser un soupir de soulagement mais sa collègue, Romane, la devança. Elle donna un violent élan à sa chaise en se poussant avec son bureau puis bondit de son fauteuil comme un diable en boîte. Maeva la regarda faire en secouant la tête mais ne pu s’empêcher de laisser un faible sourire étirer ses lèvres. Elle la suivit donc dans les vestiaires et récupéra son manteau qui l’attendait dans son casier puis elles sortirent ensemble.

Le léger vent qui l’accueilli à l’extérieur la fit frissonner. Ça sentait l’hiver et elle adorait ça. Elle leva les yeux au ciel et en voyant le ventre gris et alourdi des nuages, elle en déduisit qu’il allait sans aucun doute bientôt neiger.
Tandis qu’elle descendait les quelques immenses marches qui donnaient accès au bâtiment, elle écoutait Romane lui raconter avec passion le dernier film qu’elle avait vu. En portant inconsciemment une main à son épaule, elle se rendit subitement compte qu’elle avait oublié quelque chose.


« Mon sac ! J’ai oublié mon sac ! » Laissa t- elle échapper.


-Mince, dépêche avant qu’ils ne ferment ! Tu veux que je t’attende ou…


-Non, ne t’en fais pas pour moi. Je ne vais pas te faire poiroter à cause de mes bêtises. On se revoit demain, salut !


-Okay, salut ! Prends soin de toi ! »
Malgré sa jupe qui l’empêchait de faire de grandes enjambées, Maeva réussi à courir à une vitesse qui la surprit.

Elle s’élança vers l’immeuble et franchit les portes vitrées du hall d’entrée en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Le claquement du talon de ses bottes résonnait dans le bâtiment désormais vide. Elle fonça jusqu’aux vestières, failli arracher la porte de son casier et récupéra son sac à main négligemment oublié. Elle vérifia qu’aucun de ses papiers ne manquaient puis poussa un soupir de soulagement. Pourquoi fallait-il qu’elle soit aussi tête en l’air ?


« Madame Taylor ? »

Elle sursauta et plaça une main sur son cœur. Le robot en face d’elle, inclina la tête sur le côté, interloqué.


« Vous m’avez fait peur. » Lâcha t- elle en guise d’explication.


Les yeux du Nexus grésillèrent légèrement.


« J’avais oublié mon sac mais tout va bien, je l’ai récupéré maintenant. » Ajouta t- elle.


L’androïde redressa la tête. Visiblement, il paraissait satisfait. Elle s’apprêta à le contourner mais s’arrêta net quand il lui tendit une carte magnétique.


« Voici votre carte, madame Taylor. »
A sa voix, elle reconnu qu’il s’agissait du nexus du rez-de-chaussée.

Elle fronça les sourcils.

« Je n’ai pas de carte, vous avez dû vous tromper. »


-Voici votre carte, madame Taylor. » Se borna à répéter l’androïde.

Si l’horrible son qu’il produisait en parlant la dérangeait, Maeva était amusée par la façon donc sa bouche remuait sur le carré noir qui lui servait de visage. On aurait dit les fréquences vibratoires d’une vieille radio.

« Je n’ai pas de carte. » Articula t- elle fermement.


Apparemment, il n’y avait pas que la parole qui était défectueux chez lui…


« Voici votre carte, madame Taylor. » Répéta t-il pour la troisième fois.


Agacée, Maeva fini par lui prendre la carte. Elle l’examina attentivement afin de voir s’il n’y avait pas le nom de la personne à laquelle elle appartenait noté dessus mais n’y trouva qu’un chiffre : Trente.

Elle réalisa brusquement. Cette carte était son billet pour le trentième étage, l’occasion dont elle rêvait. Mais pourquoi l’androïde voulait-il absolument lui donner ? Peut-être était-il court-circuité… Si c’était bien le cas, mieux valait ne pas lui remettre les neurones à l’endroit.


Maeva se frappa le front avec sa paume.

« Mais bien sûr, comment est-ce que j’ai pu oublier ? C’est bien ma carte. Merci ! » S’écria t-elle.


Elle contourna le robot et regagna rapidement le hall d’entrée en tripotant nerveusement la carte magnétique. Ce qu’elle voulait lui avait été comme servi sur un plateau d’argent mais elle ne pouvait pas se permettre de gâcher cette chance sur un coup de tête. Il lui fallait un plan d’action. Elle mettrait donc la journée de demain à profit pour l’élaborer. Elle voulu pousser les portes automatiques qui donnaient accès à l’extérieur mais à sa grande surprise, celles-ci ne bougèrent pas.

Elle avança et recula plusieurs fois, se répétant que le détecteur de présence ne l’avait sans doute pas remarquée, en vain. Elle avait beau saluer la petite caméra comme une folle, rien ne se produisit. Coincée. On avait du l’enfermer par inadvertance. Elle frappa sur les vitres en espérant que quelqu’un du dehors l’entende mais fini rapidement par abandonner. Evidemment, à cette heure-ci, tout le monde était rentré chez soi, tout le monde sauf elle. Elle essaya donc d’ouvrir les portes manuellement en glissant ses doigts dans le minuscule interstice au centre de ces dernières mais elles demeurèrent irrémédiablement bloquées.
Maeva leva les yeux au ciel. Alors quoi ? Elle allait sérieusement passer sa nuit ici ? Apparemment oui. Elle ne sortirait plus du bâtiment avant demain matin.


« Madame Taylor, veuillez me suivre. » Entendit-elle le nexus commander dans son dos.


Elle poussa un énième soupir et se retourna lentement. Ses bugs étaient de plus en plus fréquents et aberrants. Il était bon pour la casse. Elle se dirigea sans lui prêter d’avantage d’attention vers les bureaux. Peut-être y trouverait-elle une couverture.

« Madame Taylor, veuillez me suivre. » Répéta l’androïde.


Maeva ne l’écouta pas ou plutôt si et songea à la façon dont débrancher son système vocal. Sur l’un des sièges des bureaux, elle trouva un foulard à carreau. Ça n’était pas la couverture dont elle rêvait mais ça serait mieux que rien.


« Madame Taylor, veuillez me suivre. » Ordonna une fois de plus le robot.


La jeune femme leva les yeux au ciel et fit volte face.

« Écoute, bonhomme, je ne sais pas ce que tu as avec moi ce soir mais je ne vais pas te suivre ni ce soir ni demain ni jamais. Est-ce que c’est bien compris ? Va te recharger, tu seras bientôt à court d’énergie. » Lui dicta t- elle.


Sans lui laisser le temps de lui tourner le dos une fois de plus, le nexus lui attrapa le poignet. Maeva laissa échapper un cri de surprise.


« Vous allez venir avec moi. » Répéta t-il.


La jeune femme sentit les battements de son cœur s’accélérer.

« Lâchez-moi. » Ordonna t- elle calmement mais fermement.


Qui sait ce qu’une réaction vive pouvait bien donner ? Le robot n’obéit pas et l’entraîna vers l’ascenseur. Au lieu d’employer son énergie à crier, car elle savait pertinemment qu’elle était seule dans le bâtiment, Maeva commença à se débattre de toutes ses forces. On aurait un mauvais scénario de film d’horreur. Rien à faire, les doigts de l’androïde ne s’étaient pas desserrés d’un millimètre. Sa poigne de fer sur sa peau lui faisait mal.

A court d’idées, elle s’assit par terre dans l’espoir de ralentir la progression du robot, en vain. Le nexus, imperturbable, la traîna sans ménagement dans l’ascenseur qui venait de s’ouvrir.

« Comme par magie, évidemment… » Songea ironiquement Maéva.


Elle supposât qu’à l’étage ou il allait l’emmener, qui était sans aucun doute le trentième au vu de comment tout avait dégénéré au moment ou il lui avait donné la carte, elle se retrouverait face à face avec « le grand méchant » de l’histoire comme on en voit au cinéma…

Secrètement, elle espéra que non. Pas vraiment parce que ça commençait à sentir le roussis pour elle mais plutôt parce qu’elle était, premièrement, frustrée de s’être fait prendre aussi facilement et deuxièmement, déçue de la tournure que prenaient les choses. Les évènements qu’elle était en train de vivre avaient une saveur plate, une allure de déjà-vu. Il en fallait plus pour l’impressionner et visiblement, ça n’était pas ici qu’elle trouverait le frisson de l’aventure. Après tout, que pouvait bien lui faire un Nexus endommagé et qui, de plus est, serait bientôt à court d’énergie ? Elle n’aurait qu’à attendre qu’il soit déchargé c'est-à-dire une dizaines de minutes après quoi elle se libérerait et porterait plainte à l’aide de son téléphone. Son téléphone. Elle réalisa.
Arrivée dans l’ascenseur, elle plongea une main dans son sac et composa le numéro de la gendarmerie. Hélas, l’androïde, plus rapide, le lui arracha des mains.

« Vous m’en voyez navré mais je dois vous confisquer ceci. » S’excusa t-il avant de poursuivre : « Veuillez insérer la carte magnétique dans la fente destinée à cet effet. »


-Et pourquoi je le ferais ?


-Parce que vous voulez plus que tout savoir ce qu’il se passe au trentième étage. Ais-je tort ? »

Maeva leva un sourcil. Le robot n’avait pas tort. Il avait perçu sa soif de curiosité et c’était assez… déstabilisant… Il la lâcha doucement. Au lieu de s’enfuir, la jeune femme se contenta de scruter longuement le visage grésillant du nexus. Il lui avait offert la possibilité de partir. Pourquoi ? Peut-être n’était-il pas si mauvais après tout… Peut-être avait-il simplement essayé d’attirer son attention mais elle n’avait pas su écouter.

Elle regarda sa montre. L’androïde s’éteindrait dans cinq minutes. Elle fit soudainement glisser la carte dans la fente qui l’avala goulûment.


« Les dés sont jetés. » Nota Maeva en regardant le robot d’un air dé défi.


Les portes se fermèrent et ils commencèrent à monter. La musique légère de l’ascenseur donnait à la scène une proportion étrangement comique.


« Comment est-ce que vous vous appelez ? »
S’enquit la jeune femme après quelques secondes de silence.

-Le concept de nom est abstrait aux androïdes.


-Je sais mais vous devez bien avoir quelque chose qui vous différencie des autres. Vous n’avez pas de numéro de série ?


-Effectivement. Mon numéro de série est 31032001.


-Puis-je vous appeler 31 ?


-Si cela fait plaisir à madame. »

Maeva sentit son estomac se soulever. L’ascenseur venait de s’arrêter. Un frisson d’excitation parcouru tout son corps.

Après un léger « ding », les portes s’ouvrirent doucement.
Maeva découvrit alors avec déception des bureaux, de simples bureaux. Ou du moins ce qui s’en approchait le plus. En effet, si la plupart des bureaux d’entreprises étaient cloisonnées de façon assez sommaire, ceux-ci étaient fermés de tous côtés. Ils ressemblaient à des sortes de boîtes… De grosses boîtes en bois.

Elle qui s’attendait à quelque chose d’un peu plus « wow », elle était quelque peu déçue. Elle prit une grande inspiration. Surtout, ne pas se laisser abattre. Il y avait forcément quelque chose ici qui valait la peine qu’on prenne autant de précautions pour le cacher, quelque chose qui devait sortir du lot.

Elle fit quelques pas suivie de « 31 » qui ne broncha pas. La décoration de ce nouvel environnement lui plaisait. L’alliance de la moquette violet de parme avec les murs blancs était plutôt apaisante. Quant aux cloisons de bois et à l’orchidée, qui ne lui avait pas échappé malgré qu’elle ne l’ai vue que du coin de l’œil, elles donnaient à la pièce un petit côté zen et écolo qui avait achevé de la séduire. Elle entendit d’une oreille distraite les portes de l’ascenseur se refermer. Il n’allait pas tarder à descendre.


Elle se dirigea doucement vers la première « boîte » qu’elle pensa être faîte en bambou et écarta le rideau de perles qui servait à masquer son entrée. Peut-être trouverait-elle dans les tiroirs des bureaux des papiers compromettants…
Ce qu’elle découvrit la laissa perplexe. Au centre de la pièce vide trônait un de ces fauteuils de type « relax » en cuir avec un revêtement en tissus beige. Le dossier semblait pouvoir accueillir et la tête et les bras tendus de son hôte. Pourquoi pas ? Après une longue journée, n’importe qui rêverait de pouvoir s’étirer sur son fauteuil préféré ou même de les croiser derrière son crâne mais ce que Maeva ne comprit pas fut la présence de sangles au niveau des bras. C’était franchement bizarre… Si au départ elle avait trouvé le siège plutôt confortable, les espèces d’entraves au niveau des pieds la dissuadèrent définitivement de s’y assoir.


Au moment de sortir de la pièce, deux nexus firent irruption et lui attrapèrent chacun un bras. La jeune femme laissa échapper un cri de surprise. Elle sentit ses jambes quitter le sol sans qu’elle ne puisse rien y faire.


« Lâchez-moi ! Je ne suis pas une intruse ! Je suis Maeva Taylor ! » Cria t- elle en espérant les raisonner.


Ses pieds battaient l’air. Elle n’avait aucune emprise sur son environnement.


« J’ai le droit d’être ici ! Je peux vous montrer ma carte ! » Renchérit-elle, aucunement résolue à abandonner.


Ils lui enlevèrent délicatement son manteau, délivrant par la même occasion sa longue chevelure noire emprisonnée dans la capuche bordée de fourrure de ce dernier.


« Hey ! Rendez-moi ça tout de suite ! Je vais mourir de froid ! » Tonna t- elle en s’efforçant d’avoir l’air autoritaire.


Les androïdes l’accrochèrent doucement à l’entrée de la pièce sur un porte-manteau qu’elle n’avait pas remarqué auparavant. Puis l’un d’eux commença à soulever le pull rouge qu’elle portait.


« Ah ça, dans vos rêves, espèces de déboulonnés ! » Cracha t- elle en s’élançant dans la direction opposée.


Manque de pot, le nexus lui tenait toujours la main et la conséquence pour son poignet fut fatale. Elle laissa échapper un gémissement et s’effondra à genoux. Il n’était pas cassé… C’était seulement un faux-mouvement mais qui aurait pu croire que ça faisait aussi mal ? Pas elle en tous cas… Pas jusqu’à présent…

L’autre robot profita de ce moment d’accalmie pour lui ôter son vêtement. Le passage du « col roulé » fut presque comique et la coiffure de Maeva en garda un horrible souvenir.
Bien que désormais en débardeur, cela n’empêcha pas la jeune femme de se débattre violemment. Ses efforts n’arrêtèrent pas les androïdes qui finirent par la sangler sans un mot sur le fauteuil.


« Oooooh, allez ! Boîtes de conserves stupides, sortez moi de là ! Puisque je vous dis que j’ai une autorisation ! » Grogna t- elle persuadée de pouvoir les duper.


Le haut de son corps était maintenant irrémédiablement bloqué aussi quand les deux nexus lui attrapèrent chacun un pied pour lui enlever ses bottes, elle paniqua. Qu’est-ce qu’ils voulaient d’elle à la fin ? Ça ne pouvait pas être des pervers, ça n’était que des robots après tout… Cette idée ne la rassura qu’en partie. Quand ils eurent fini de lui couler les pieds dans les entraves, ils la laissèrent. Heureusement, ils lui avaient laissé ses socquettes. Elle ne supportait pas d’être pieds nus, c’était toujours par là qu’elle attrapait froid en premier.


Elle tira sur ses sangles sans obtenir de résultat. Elle ne pouvait pas se permettre de passer la nuit ici. Si jamais on la découvrait à cet étage, non seulement elle serait humilié jusqu’à la fin de ses jours mais en plus, personne ne goberait jamais l’idée qu’un Nexus ai pu lui offrir une carte pour le trentième étage. On croirait qu’elle l’avait volé sur un bureau ou dans un sac à main et elle serait renvoyée. Soudain, un éclair de génie traversa son esprit en ébullition.

« 31 ! » Hurla t- elle.


Pas de réponse.


« 31 ! » Renchérit-elle.


Le nexus apparu dans l’encadrement de la porte. Elle poussa un soupir de soulagement.

« S’il te plaît, détache-moi et vite ! Je crois que tes « collègues » ont eu un court-circuit. Ils n’ont pas l’air de comprendre que j’ai une carte pour être à cet étage… »

Les yeux du robot grésillèrent.

« Non, madame. » Répliqua t-il de sa voix que Maeva n’arrivait décidemment plus à supporter.

-Pardon ?

-J’ai dit : Non, madame. Mes frères vous ont amené exactement là ou vous deviez être.

-C’est quoi cette blague ? Je n’ai rien à faire ici. C’est une erreur. C’est vous qui m’avez donné la carte, c’est vous qui m’avez obligé à monter ! Moi je n’y suis pour rien ! »


Maeva s’arrêta brusquement pour analyser le sens des mots qu’elle venait de prononcer.

« Précisément. » Ajouta l’androïde.


Le ton qu’il avait employé lui fit froid dans le dos. Il s’approcha doucement d’elle et expliqua posément :

« J’ai des questions à vous poser et j’ai besoin que vous y répondiez. Votre coopération vous assure de quitter ces lieux saine et sauve. »

-Ouuuh, des menaces ? » Se moqua t- elle sans prendre l’avertissement du nexus au sérieux.

Le scénario lui semblait tellement cliché qu’elle avait intérieurement décrété que ça ne pouvait pas être la réalité ou du moins, que ça ne pouvait pas lui arriver à elle. Une mauvaise blague. Ça ne pouvait être que ça. Elle tourna la tête à droite puis à gauche, examinant soigneusement les environs dans l’espoir d’y déceler une preuve de la mascarade qu’on était en train de lui faire subir.


« Josh ? Je ne sais pas ou tu es caché mais je sais que c’est toi. Il n’y a que toi pour faire ce genre de farces. Par contre, j’avoue que c’était franchement bien orchestré. J’y ai presque cru ! J’applaudirais bien mais vois-tu, on m’a ligoté dans un souci de « réalisme », je suppose… J’aimerais rentrer chez moi maintenant, okay ? Je te propose un marché plutôt équitable : Libère moi et je te promets de ne pas t’arracher la tête. »


Pas de réponse.


« Madame Taylor, sachez que je ne me permettrais pas de procéder à ce qu’il va suivre simplement pour me divertir. Je suis un androïde, ne l’oubliez pas et la notion de « jeu » nous est tout à fait abstraite. »

Le visage de Maeva s’assombrit.

« Dans ce cas, qui est votre chef ? »

-Vous n’êtes pas en position d’exiger des réponses. »


Elle leva les yeux au ciel.

« Géniaaaal… » Songea t- elle tout bas.

Elle poussa ensuite un long soupira et lâcha nullement impressionnée :

« Dans ce cas, allez-y, posez moi vos questions ! »


Le nexus ne se fit pas prier et commença en disant :

« Veuillez décliner votre véritable identité. »


Maeva haussa un sourcil, interloquée, et laissa échapper un léger rire.

« Vous savez qui je suis. Je suis Maeva Taylor. »


-Est-ce là votre réponse ? »

La jeune femme se redressa légèrement. La réponse qu’elle lui avait fournie ne semblait visiblement pas lui satisfaire…


« Je suis Maeva Taylor. Vous m’avez apporté un café ce matin, vous vous souvenez ? » Renchérit-elle.


-Vous avez gâché vos deux premières chances de répondre correctement à la question qu’il vous était posé. Je me dois donc de vous avertir qu’il vous reste une seule possibilité après je me verrai contraint d’obtenir ces informations d’une autre manière. »


Maeva écarquilla les yeux. Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ?


Soudain, elle entendit un hurlement. Non loin de la « boîte » ou elle se trouvait, une autre jeune femme était ligotée à genoux sur le sol même, les bras au dessus de sa tête. Deux androïdes étaient assis à côté d’elle, chacun armé d’une plume qu’ils avaient introduit sans le moindre scrupule dans le t-shirt de leur victime par le biais de ses manches échancrées.


« Je parie que mon aisselle est plus chatouilleuse que la tienne ! » Gazouilla l’un des robots en faisant tourner et retourner le bout duveteux de la plume sous le bras de sa victime.


La jeune femme, qui avait abandonné l’idée de résister depuis bien longtemps, explosa de rire.


« Ah oui ? Voyons voir ça. » Répliqua le second nexus en imitant son collègue.


Dans l’impossibilité de se soustraire au supplice, leur victime se mit à rire, à rire encore et à rire si fort que Maeva cru qu’elle se trouvait à côté d’elle.


« Je ne pense pas. J’obtiens d’aussi bons résultats que toi. » Renchérit l’androïde non sans une pointe de sadisme.


Le contact de ce qui était devenu un instrument de torture sur sa peau si bien tendue la rendait folle. Elle avait beau gigoter dans tous les sens, rien n’y faisait. Les larmes coulèrent sur ses joues. Lorsqu’elle commença à supplier, les androïdes lui couvrirent la bouche avec un foulard puis la laissèrent.

« Qu’est ce que c’était ? » Demanda Maeva en tentant de masquer l’inquiétude qui la gagnait.

-« La sucrerie » ou machine numéro 2. Elle est capable de délier les langues les moins coriaces. En revanche, comme vous avez l’air plus résistante, mes camarades ont jugé bon de vous installer sur « l’intégrale » ou machine numéro 5. Mais revenons à ce qui nous préoccupe, voulez-vous ? Veuillez décliner votre véritable identité. »

Maeva sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine. Elle ne comprenait pas le sens des mots qu’il avait utilisé ou plutôt si et leur interprétation la faisait frémir. Au fond, elle ne voulait pas savoir.

« Je suis Maeva Taylor. Je travaille pour cette entreprise depuis maintenant huit mois. Vérifiez vos fichiers enfin ! » Articula t- elle fermement.


-Vous venez de gâcher votre dernière chance. »

Maeva sentit une tache de sueur se répandre dans son dos. Contre toute attente, le robot s’exclama d’un ton étrangement commercial :


« Très chère, madame Taylor. Vous allez avoir l’honneur de bénéficier de toutes les fonctions que peuvent vous offrir un nexus. »

La jeune femme inclina lentement la tête sur le côté. Est-ce qu’il était sérieusement en train de faire sa promotion ? Il n’allait pas vraiment l’assommer à coup de pub toute la nuit ? Si ?


« Pour commencer, voici la fonction aspirateur. » Débuta t-il.


A ces mots, un petit tuyau sortit de son avant bras droit en poussant un « clic » à peine audible.


« Vous êtes fatiguée de faire la poussière ? Laissez votre nexus s’en charger ! Idéale pour faire disparaître les miettes à la fin d’un repas ou la saleté derrière n’importe quel recoin, la fonction aspirateur est aussi un petit bijou de technologie quand à l’arrachage d’information. »

Maeva leva un sourcil.

« Un aspirateur… Wow… J’suis terrifiée… » Lâcha t- elle d’un ton sarcastique.


Bien qu’elle essayait de garder la face devant le visage grésillant de son interlocuteur, intérieurement elle n’était pas rassurée de la tournure que prenait les évènements. Elle jeta un bref coup d’œil à sa montre. L’androïde s’éteindrait dans deux minutes. Même si ça ne changerait rien à sa position, ça serait déjà quelque chose de gagné.


Le robot approcha doucement le suceur du tuyau du pied gauche de la jeune femme et, une fois sur la plante de ce dernier, y décrivit de petits cercles. Maeva fut secouée d’une dizaine de frissons. La sensation, aussi soudaine qu’inattendue, lui décrocha rapidement un sourire puis des gloussements qu’elle ne songea même pas à se retenir.
La lenteur dont il faisait preuve ajoutée au contact des bords du tuyau sur cette partie si sensible de son anatomie et à la succion dont elle faisait les frais par ce dernier ne tardèrent pas à donner naissance à de discrets éclats de rire.


« Et pour encore plus d’efficacité, il nous est possible d’aspirer deux zones à la fois. » Ajouta l’androïde.


Un second tuyau sortit de son avant bras gauche pour aller lécher à son tour l’autre pied de sa victime. Ensemble, les deux suceurs exécutèrent des vas-et-viens de la base des orteils au talon et ce au grand dam de leur propriétaire.


Curieusement, le Nexus ne réussit pas à obtenir plus que les gloussements qu’il avait déjà gagnés en commençant à « gentiment » la torturer. Néanmoins, ses appareils auditifs lui firent remarquer que leur volume avait légèrement augmenté. Il n’avait peut-être pas acquis les éclats de rire qu’il aurait voulu mais il jugea la méthode employée assez convaincante pour préparer mentalement la jeune femme à la suite de l’interrogatoire. Le but n’était pas de la rendre folle, du moins pas pour le moment.
Le robot quitta progressivement ses pieds mais Maeva remarqua avec horreur qu’il se déplaçait.

Il fit couler les tuyaux sur chacun de ses mollets puis remonta jusqu’à l’intérieur des cuisses de la jeune femme qui commença à se débattre plus sérieusement qu’au départ. Afin de la laisser reprendre son souffle, il éloigna les proto-aspirateurs durant précisément huit secondes puis les colla sur ses flancs sans défense.
La jeune femme, surprise, le gratifia d’un faible éclat de rire. Il demeura donc une minute entière à cet endroit tout en exécutant comme sur sa plante, des cercles parfaits.

Puis il se mit à voyager sur son ventre, se gardant de remonter jusqu’à ses aisselles dénuées de tissu. La succion provoquée par l’appareil aurait pu la faire souffrir, ce qui n’était pas le but de cette méthode.
Finalement, après un supplice de cinq minutes, les aspirateurs s’éteignirent et le nexus recula.


« Êtes vous désormais décidée à coopérer ? » Lui demanda t-il.


Bien qu’encore secouée de légers spasmes nerveux, Maeva réussi à répondre effrontément un sourire béat sur les lèvres :

« C’est tout ? »


Comme l’androïde ne répondait pas, elle en profita pour se redresser autant que ses entraves le lui permettaient.

« C’était assez mignon… La prochaine étape, c’est quoi ? Des massages ? Non, plus sérieusement. Vous n’arriverez à rien comme ça. J’ai des relations et je suis capable de traîner cette boîte en justice s’il le faut alors mieux vaudrait pour vous que vous me relâchiez maintenant. »


-Veuillez décliner votre identité. » Se borna à répéter le robot.

Maeva, épuisée de la stupidité de l’engin, laissa retomber sa tête en avant.

« Je vous l’ai déjà dit. Je suis Maeva Taylor. M-A-E-V-A. Vous comprenez ? »
Les yeux du nexus grésillèrent.


« Passons à la suite du programme, voulez-vous ? » Lâcha t-il en guise de réponse.


Maeva leva les yeux au ciel. Apparemment, ce dégénéré en métal comptait bien la garder toute la nuit.


« Je voudrais parler au responsable de cette opération. » Avança t- elle intelligemment.


Il y avait environ cinq minutes, elle avait demandé à 31 qui était leur chef ce à quoi il n’avait pas répondu mais peut-être qu’en formulant la chose différemment, il accepterait. Cinq minutes. Elle consulta aussitôt sa montre. L’androïde aurait dû s’éteindre depuis environ trois minutes. Comment pouvait-il être encore actif ? Peut-être avait-elle mal compté après tout… Elle avait très bien pu se tromper de quelques secondes, voir de quelques minutes.


« Vous l’avez devant vous. » Répondit le robot.

-Vous n’avez personne au dessus de vous ? C’est super. Vous pouvez faire le petit chef à votre guise. »


Le faire parler. Elle devait absolument gagner du temps et puis qui sait ? Peut-être en apprendrait-elle d’avantage.

« C’est moi qui ai en effet coordonné cette intervention mais on m’a donné des ordres, madame. »


-A vous ? Non, c’est pas possible. Qui oserait ? »


Le nexus marqua une pause.


« Cette information est confidentielle. »


Evidemment… Elle jeta un œil discret à sa montre. Quinze secondes. C’est le temps qu’elle avait réussi à gagner.


« Vous avez pu découvrir l’option « aspirateur » d’un nexus, accrochez-vous bien pour la seconde : Votre mixeur ne fonctionne plus ? Votre androïde peut sûrement vous dépanner. » Clama le robot.


Il leva aussitôt sa main gauche ou son index se mit à vrombir puissamment.

Maeva écarquilla les yeux. Le mot « mixeur » repassa en boucle dans sa tête. Il ne comptait quand même pas faire de la purée avec ses organes ?


L’androïde inclina légèrement la tête sur le côté.


« Je vous ai fait peur, dirait-on. Veuillez me pardonner. Il s’active toujours en mode maximum. » S’excusa t-il sans se départir de son sourire bleu qui grésillait.


Son doigt se mit à tourner de plus en plus lentement et le bruit qu’il l’accompagnait diminua ce qui rassura en partie la jeune femme. Il ne pourrait plus la transformer en hachis-Parmentier avec cette intensité.


Il s’approcha calmement de ses pieds et promena son doigt vibrant entre chacun de ses orteils. Maeva laissa échapper un bel éclat de rire et tenta, comme son tortionnaire l’avait prévu, de cacher son pied visé avec l’autre mais à chaque fois, le nexus s’adaptait, parcourant imperturbablement la peau sensible de sa victime qui semblait devenir merveilleusement plus réactive.
Il abandonna ses pieds pour venir se promener sur son ventre. Ayant anticipé la zone qu’il allait choisir, elle réussi à se retenir en serrant les dents. C’est alors qu’il souleva doucement son débardeur pour le lui réajuster juste en dessous de sa poitrine. La muraille de tissu qui lui permettait encore de tenir face à son envahisseur venait de tomber. Le second index du robot se mit à vibrer. Maeva ferma les yeux et se concentra. Pas un son ne devait franchir ses lèvres. Peut-être finirait-il par abandonner ? L’androïde commença à caresser doucement les flans sans défense de la jeune femme. Maeva voulu serrer d’avantage les dents ce qui était impossible car elle les avait déjà serré au maximum. Ça faisait mal… C’était comme si sa tête se trouvait dans un étau…

Le robot, remarquant les difficultés de sa victime, glissa sur son bas ventre et y décrivit une ligne imaginaire qu’il passa et repassa. Maeva cru devenir folle. Elle cracha subitement tout l’air accumulé pour lui permettre de résister et se mit à rire à gorge déployée. La sensation lui donnait l’impression que des dizaines de petites chenilles électriques étaient en train de grimper sur son corps. C’était atroce.
Comme la méthode commençait à porter ses fruits, le nexus commença à taquiner simultanément le dessous de la poitrine de la jeune femme en l’effleurant lentement de droite à gauche sans s’arrêter. Les rires de Maeva redoublèrent d’intensité. Jugeant qu’il avait passé assez de temps à cet endroit, l’androïde s’installa cette fois-ci sur son ventre et dessina des cercles autour de son nombril. La jeune femme se cabra violemment sans obtenir beaucoup de résultat.


« Non, non, non, non, NON, NOOOOON ! » Articula t- elle entre deux éclats de rire en secouant brutalement la tête de droite à gauche.


Ses premiers mots. Le robot afficha, parmi la panoplie de visage qu’il pouvait adopter, un visage réjoui. Il n’était plus très loin d’obtenir ce qu’il voulait.
Tandis que sa main gauche retournait sur ses côtes, le doigt de son autre main coula brusquement dans le nombril de la jeune femme. Maeva hurla, hurla à s’en déchirer les cordes vocales. Les vibrations émises par l’index du nexus dans ce recoin horriblement sensible de son anatomie étaient un véritable supplice. Elle n’arrivait même plus à penser.


« Ahahah, stahahah, stop ! J’ai dahahAHAHHAHHA ! J’ai dit stop ! » Balbutia t- elle.


Le robot l’ignora, pire ! Il quitta lentement le nombril de Maeva pour s’amuser à en frôler les bords de son doigt vrombissant.


« Veuillez décliner votre identité. » Déclara de nouveau l’androïde sans cesser de la chatouiller.


-Je suis Maevaahahaahahahha… Maahahahah, Mahahevaah Taylor. Pitiééhéhéhéhééé ! »


-Mauvaise réponse. »
Deux autres nexus apparurent tout à coup sur le seuil de la porte.


« Comment se présente le sujet ? » Demanda l’un d’eux.

-Peu coopératif.


-Avez-vous besoin de renforts ?


-Affirmatif. »

Dans un effort surhumain, Maeva réussi à redresser légèrement la tête. Comment ça, des renforts ? Tandis que leur camarade continuait de torturer le ventre de la jeune femme, les deux androïdes prirent place chacun d’un côté de son corps. Ils analysèrent la méthode employée par leur collègue puis firent à leur tour vrombir leurs doigts qu’ils utilisèrent pour caresser les aisselles de Maeva.


« J’vous en priihiaahahahhahah, arrêtez çaahahahahahahahahah. »


-Veuillez décliner votre identité.

-JE SUIS JOURNALISTE ! » S’égosilla t- elle.


Surprise de sa propre intensité vocale, Maeva ne réalisa pas tout de suite que les robots avait arrêté de la chatouiller. Quand ce fut le cas, elle les regarda tour à tour en se demandant s’ils n’étaient pas tombés en panne. Elle analysa avec difficulté ce qu’il venait de se passer. Heureusement que personne ne l’avait vu, auquel cas sa dignité se serait probablement envolée. Tout à coup, 31 releva la tête vers elle.


« Je suis journaliste, okay ? Vous fonctionnez avec une source d’énergie qu’aucun des représentants de Cortex n’a voulu divulguer. Vous imaginez le scoop si j’avais réussi à le découvrir ? »


Les yeux de l’androïde grésillèrent.


« Le saviez-vous ? Les nexus sont équipés de détecteurs de mensonge. Veuillez décliner votre identité. »


Maeva tressaillit.


« Je suis journaliste, je viens de vous le dire ! Qu’est ce qu’il vous faut de plus ? » Débita t-elle, paniquée.


Elle jeta une fois de plus un coup d’œil à sa montre. Ça faisait maintenant cinq bonne minutes que le robot aurait du s’éteindre. Pourquoi est-ce qu’il fonctionnait encore ? Elle grommela intérieurement des mots qu’elle se garda de prononcer pour leur aspect vulgaire qui aurait gâché toute sa personne. Elle valait mieux que ça.


« Êtes-vous prête à connaître la dernière fonction du Nexus ? » S’enquit 31.


La jeune femme écarquilla les yeux. A chaque fois, ça avait été de pire en pire. Elle ne voulait pas savoir ce que lui réservait la dernière option.


« Bien, je vois que vous êtes attentive. Tout Nexus qui se respecte possède une fonction « massage ». Cependant, comme vous vous en doutez bien, le contact du métal froid n’est pas exactement ce qu’il y a de plus agréable. Nos concepteurs nous ont donc dotés de mains dont la texture imite celle de la peau humaine pour un toucher doux qui fasse le plus réaliste possible. Jugez-en par vous-même. »


Et sans ajouter un mot de plus, il commença à caresser puis à pincer et finalement à gratouiller les côtes désormais ultra sensible de sa victime. Maeva commença à glousser. Bien que l’affreuse sensation soit toujours présente, c’était étrangement supportable. Soudain, les deux androïdes « affectés » jusqu’à présent à ses aisselles, commencèrent à lui frôler doucement le cou. La jeune femme laissa échapper de petits rires saccadés en tournant brusquement la tête de droite à gauche pour échapper au supplice. Seulement, quand elle s’échappait d’un côté, l’un des deux robots l’accueillait forcément de l’autre. Impossible de se soustraire à cette douce torture.
Comme il jugeait ses réactions trop faibles, 31 redescendit sur ses flans sur lesquels il prit plaisir à dessiner des motifs connus de lui seul. Maeva lâcha son « premier » vrai rire depuis le début de cette nouvelle méthode.

« Je suis Maeva Taylor et je suis journaliste. Je vous ai déjà tout dit ! » Réussit-elle à articuler entre deux gloussements.


Le Nexus nota qu’elle avait encore la force de parler. Il était temps de passer à la vitesse supérieure. Son ventre jusqu’à présent blanc se mit à clignoter en bleu. Trois autres androïdes, qui patrouillaient non loin de là, se mirent à clignoter également. Le signal de ralliement. L’un de leurs camarades avait besoin d’assistance. Ils remontèrent donc le signal et ne tardèrent pas à arriver auprès de leur collègue.

Après que 31 leur ai donné leurs instructions, chacun prit place là ou il devait l’être.
Deux robots commencèrent à chatouiller ses aisselles, que le chef de l’opération avait jugées trop longtemps délaissées, deux autres s’occupèrent de ses pieds, un commença à titiller le creux de ses cuisses et 31 s’arrogea le droit de s’atteler à son ventre ou il avait obtenu d’excellents résultats. A peine la terrible machine s’était-elle mise en route que Maeva hurla à n’en plus pouvoir. Pendant un bref instant, elle cru même que ses yeux allaient sortir de leurs orbites. Tout ce qu’elle pouvait faire était de rire, de rire et de rire sans qu’on lui autorise de faire une pause. Le flot d’informations sensorielles qu’elle recevait de partout était plus qu’elle ne pouvait en supporter. Tous ces attouchements, ces gratouillis la rendaient folle.


« OKAHAHAHAHAHAH ! J’AHAH, J’AVOUUAHAHAHHA ! JE NE M’AHAHAHAHAHPELLE PAHAH MAAHAHEVA. »

31 leva son poing en l’air pour faire signe aux autres d’arrêter toute activité.


« Je m’appelle Alice Clement… Je… ahahah… Mon but était de vous espionner. Je travaille pour le compte de l’éléphant noir, une société secrète chargée de donner de l’argent aux plus démunis mais aussi de découvrir les magouilles de petites crapules dans votre genre… Nous savions que vous traahahah… trafiquiez quelque chose… Mais on ne savait pas quoi. » Déballa t- elle, interrompue parfois par de petits rires convulsifs.


Elle avait craché le morceau. Alice, épuisée, regarda sa montre. Ça faisait maintenant vingt minutes que le cauchemar avait commencé.


« Merci, mademoiselle. Nous avons obtenu tout ce que nous voulions. Maintenant que vous êtes des nôtres, je me dois moi aussi de vous faire des confidences. Il ne sert à rien de consulter votre montre. Je ne vais pas m’éteindre d’une minute à l’autre car maintenant, grâce à vous, je suis pleinement rechargé. » Avoua l’androïde sur un ton qui la fit frémir.

-Co…Comment ça ? » Réussit-elle à articuler après un bref moment de silence.

-Vous vous demandiez quelle était notre source d’énergie ? Je vais vous le révéler car à partir de maintenant, vous ne sortirez plus de ces murs. Nos concepteurs ont trouvé le moyen de transformer le rire en une énergie absorbable par nos systèmes, ce qui est tout à fait révolutionnaire car contrairement à la plupart des énergies, celle-ci peut se renouveler avec une facilité effarante. Voyez plutôt. »


Il fit courir brièvement ses doigts sur le ventre ultra sensible d’Alice qui laissa échapper un rire d’une puissance qu’elle n’aurait jamais cru avoir. Le nexus cessa aussitôt la démonstration et poursuivit :

« Grâce à ces brèves secondes, vous venez de m’offrir une minute et douze secondes d’énergie en plus. »

-Pourquoi ? Dans quel but ? Qu’offrez vous en échange pour qu’on puisse vous laisser séquestrer des gens comme ça ?


-Nos services bien entendu. Nous sommes capables de faire parler n’importe qui, peu importe sa classe sociale. Ne me dîtes pas que vous ignorez l’avantage que cela représente, Alice Clément. Vous êtes une jeune femme très intelligente. De cette façon, nous obtenons une vie sans jamais nous éteindre. Nous devenons libres, immortels. »

Alice avala sa salive.

Ces robots étaient des malades mais les gens qui les dirigeaient encore plus. Il fallait que cela cesse.

« Et maintenant, mademoiselle, mes frères et moi allons festoyer. » Acheva 31.


Deux autres androïdes apparurent sur le seuil de la porte pour venir participer au « banquet ». Ils se placèrent au niveau des côtes de la jeune femme, le seul emplacement encore inoccupé, et la torture recommença. Le rire dément d’Alice résonnait dans tout l’étage. Durant les brefs instants ou elle arrivait à être lucide, elle essaya de se rassurer comme elle le pouvait. Quelqu’un finirait forcément par la trouver, quelqu’un devait la trouver ou elle finirait en dégénérée. Elle pensa alors à cette autre fille qu’elle avait entendu rire avant que tout ceci ne commence. Depuis combien de temps était-elle ici ?


« PITIÉ ! » Hurla t- elle.


Insensibles, les nexus continuèrent de chatouiller leur victime. Afin d’obtenir plus d’énergie encore, 31 commença à faire vrombir son doigt puis, comme la première fois, l’introduisit dans le nombril de la jeune femme. Il avait remarqué que cette méthode offrait d’excellents résultats. Alice bondit de sur le fauteuil autant que ses entraves le lui permettait en riant à gorge déployée. Ça commençait à lui faire mal. Brusquement, tous les robots décidèrent d’imiter leur chef et rapidement, que ce soit sous ses aisselles, entre ses orteils, sur sa plante, sur ses côtes ou en train de se balader sur ses jambes, Alice sentit les vibrations de l’engin. Sa vessie allait exploser.

Tout à coup, elle entendit la brève sonnerie de l’ascenseur. Quelqu’un venait. Trois des androïdes, repus, se détachèrent du groupe pour aller voir ce qu’il se passait. Il y eu plusieurs détonations suivies de ce qui lui sembla être des flashs lumineux. On entendit quelque chose en métal rouler et soudainement, une tête de Nexus apparu sur le seuil de la porte.

« Intrus détectés. » Souffla t-il avant de s’éteindre.

Ses yeux disparurent et son visage devint noir, inerte. Les autres robots abandonnèrent aussitôt Alice pour se préparer à ce qui les attendait. A peine quelques secondes plus tard, un homme et deux femmes firent irruption dans la petite pièce armés de pistolets peu conventionnels. Ils explosèrent avec une précision terrifiante les têtes des androïdes présents puis délivrèrent une Alice toute en sueur qui ne trouva rien d’autre à dire que :

« Qu’est ce que vous faites là ? Vous n’étiez pas censés intervenir ! Ça aurait pu être dangereux. »

Mei, un petit bout de femme adorable aux longs cheveux noirs, s’excusa :


« On est vraiment désolés de ne pas t’avoir prévenu ni d’avoir essayé de te sortir de là plus tôt mais on n’avait pas les informations. Ça aurait fichu toute l’opération en l’air. »


-L’opération ? Quelle opération ? Je croyais que j’étais seule sur le coup et que je devais vous prévenir quand j’aurais récupéré ce qu’on cherchait. »


Ce à quoi Charlie, une magnifique métisse, répondit :

« On te l’a pas dit pour ne pas risquer de tout compromettre mais on a surveillé tes communications du début à la fin. »


Et Ben, le dégénéré de l’équipe, de terminer :

« Ces imbéciles n’ont même pas songé à t’enlever ton oreillette ! On a tout suivi. C’est ça qui nous a permis d’arriver pile au bon moment ! »


-Attendez… ça veut dire que… Vous avez…

-Tout suivi, oui ! Depuis notre camionnette en bas de l’immeuble. On a tout le matériel d’écoute à l’intérieur. »

Alice baissa la tête.

« Mon Dieu, c’est tellement gênant. » Souffla t- elle.


-T’inquiète, on a retenu que ce qu’on cherchait ! » La rassura le jeune homme « Quoique la partie ou t’as commencé à supplier était franchement épique ! »


-Ben ! » S’écrièrent les trois filles en cœur.


-Oh ça va, c’était juste une blague.

-Maintenant, on retourne à la camionnette et on fait remonter les informations au QG. » Reprit Charlie plus sérieusement

-Attendez, il y a une autre fille coincée ici ! Je l’ai entendue tout à l’heure.» Expliqua Alice.


-On sait. Problème : On n’a pas le temps de « tous » les sortir de là. Je dis bien tous car regarde le nombre de « boîtes ». Il y a sûrement une personne dans chacune d’elle. D’autres nexus sont sûrement déjà lancés à notre poursuite. On t’a déjà récupérée. On doit malheureusement se contenter de ça. »

Alice quitta donc le trentième étage à contre cœur accompagnée de ses sauveurs. Une fois dans la camionnette, ils firent le bilan de la soirée.


Les nexus carburaient au « rire », une énergie qu’ils se procuraient en chatouillant des gens sans pitié, gens qu’une personne -qui ? On ne savait pas encore- leur livrait sur un plateau d’argent en échange d’informations.
La prochaine mission porterait donc sur ce nouvel élément de l’enquête : Qui contrôlait les Nexus ?

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