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- Margaux
- Épisode 02
Histoire ajoutée le
03/05/2023
Épisode ajouté le
04/05/2023
Mise-à-jour le
04/05/2023
Margaux et Thomas s’étaient trouvé un hôtel particulier au fin fond de la campagne charentaise, non loin de la Dordogne. Ils l’ont acheté pour une bouchée de pain, la propriétaire voulant s’en débarrasser à tout prix au prétexte qu’il était hanté. La seule hantise que le couple a trouvé, c’est celle des toiles d’araignées ; il n’y avait pas âme qui vive, pas de fantômes, pas de porte démoniaque. En un sens, Thomas était déçu : il aurait trouvé là de l’inspiration pour au moins une dizaine de romans.
L’hôtel était cerclé de bois, et de mai à fin septembre Thomas aimait à emprunter le chemin ombragé qui reliait la route au parterre de graviers ; il lui semblait traverser un tunnel faisant la jonction entre deux mondes, un réel et l’autre fictionnel. C’était encore le cas aujourd’hui. La colère était descendue, son court passage aux éditions Tick.le était déjà de l’histoire ancienne. Il savait déjà ce qu’il allait faire du reste de la journée : écrire un peu jusqu’à l’heure du déjeuner, faire la sieste, tondre la pelouse et jouer aux jeux vidéo. A une semaine, quasiment, de la sortie du nouvel opus de la saga Zelda, il s’était replongé dans Breath Of The Wild pour finir les dernières missions secondaires avant d’atteindre les 100%. Il avait fait pareil avec Horizon Zero Dawn avant la sortie de Forbidden West. Margaux l’avait un peu engueulé. Certes, aimait-elle passer du temps avec lui quand il jouait (elle aimait surtout le chatouiller légèrement quand il se battait contre un boss, histoire de le déconcentrer ; ça marchait très bien), mais elle estimait que passer autant de temps devant les jeux n’était bon. Ca n’avait rien changé.
Une fois rentré, le jeune écrivain se servit un verre de whisky. Un grand verre de whisky. Il n’était que 10 heures du matin et Margaux n’était pas dans les parages, du moins le croyait-il et cette croyance fut mise à mal par le bruit de quelque chose qui tombe dans la cave, bruit accompagné d’une série d’injures.
“- Chérie ?
- Ouais, quoi ?”
Visiblement, elle était de mauvaise humeur. Valait mieux ne pas lui faire sentir l’haleine bien chargée en alcool si on tenait à sa paire de bourses. Le jeune homme se prit un verre de menthe et descendit.
La cave était en réalité un sous-sol aménagé. Le couple, prévoyant parfois certaines grosses soirées, avait faire des chambres, cinq pour être précis, en plus d’une petite salle de sport, une petite salle de bain et un atelier.
“- Je suis dans l’atelier, si tu me cherches. On a un invité.”
L’alcool n’aidant pas à la réflexion, Thomas se demanda un bref instant quel pouvait être cet invité avant de se rappeler que c’était un nom de code quelque peu cynique, mais efficace pour décrire un intrus. Humain, l’intrus.
L’écrivain rejoignit son aînée dans ladite pièce. C’était un atelier tout ce qu’il y avait de plus standard, avec des outils de bricolage, une tronçonneuse, un taille-haie, des scies rouillées, un chalumeau… Ajoutez à cela le pauvre garçon qui braillait tout ce qu’il pouvait alors qu’il était attaché nu sur la croix de Saint-André qui trônait au milieu de la pièce, et vous vous seriez cru dans une des salles de torture de Hostel. En voyant Thomas et sa drôle de dégaine, le garçon (qui devait avoir tout juste la vingtaine) hurla encore plus fort.
“- On ne va pas le faire ici, mon chou. Ca ne se fait pas. Non. Le mieux serait que tu viennes chez moi. On va dire que j’ai mal au crâne et que tu me raccompagnes. Et dis-toi que je serais très déçue si tu refusais de venir avec moi. Parce que je t’aime bien, j’aime bien les gars comme toi un peu paumés, tout mignons”
Ils ont fait comme elle a dit, ils ont quitté la fête au meilleur moment et ont pris la route. Margaux avait beaucoup trop bu pour conduire, mais elle avait insisté pour prendre le volant. “Je connais les petites routes où les gendarmes ne passent jamais.” Mouais. Toujours est-il qu’elle avait raison. Ils n’avaient croisé personne.
Ils sont arrivés chez elle, une charmante maison de ville dans un style ni trop vieillot, ni trop moderne. Et l’intérieur était sympathique aussi, avec ces murs tapissés de bibliothèques pleines à craquer et des centaines et des centaines de blu-ray sur d’autres étagères.
“- Ne t’habitue pas à la déco, ce n’est pas prévu que tu restes, mon chou.”
C’était marrant cette nouvelle manie qu’elle avait de l’appeler “mon chou”. Thomas n’arrivait pas à dire si c’était sincère où s’il y avait une forme d’ironie, comme si le jeu de dominante/dominé avait déjà commencé. Il avait compris qu’elle avait quinze ans de plus que lui ; elle aurait pu être sa tante.
“- Je veux dire… Je pense que tu seras suffisamment fatigué après que je t’ai malmené, tu ne reprendras pas la route.”
Elle n’avait pas pris la peine de lui faire visiter la maison. Tout ce qu’il avait besoin de savoir, c’est où étaient sa chambre, les toilettes, la salle de bains, et là où ils allaient finir la soirée.
Ladite pièce était à peine plus grande qu’un placard à balais. A l’intérieur se trouvait un lit au pied duquel il y avait un carcan couleur acajou. Des plumes, des plumeaux, des brosses à dents manuelles et électriques, des vibromasseurs, des brosses à cheveux, à chaussures jonchaient le sol. Sur les murs, des dessins d’un certain Franco Saudelli. Dans un coin, une petite bibliothèque où se concentraient des BD que Thomas devinait érotiques, fétichistes. L’une d’entre elles, Tied and Tickled du même Saudelli, était mise en évidence sur la table de chevet.
Le jeune homme avait pris peur, et Margaux l’a ressenti. Sourcils froncés, elle l’avait ramené à la raison un peu brutalement.
“- Tu m’avais promis de ne pas fuir, ce n’est pas le moment de me gâcher la fin de soirée ! Allons. Ce n’est pas tout de suite que je vais te faire souffrir. Il y a quelques préliminaires.”
Elle lui a demandé quelles étaient ses limites (il était chatouilleux partout, surtout sous les pieds, pour le plus grand plaisir de sa bourelle), s’il avait déjà fait du BDSM (“Non”). “Saugrenu” serait son safeword. “Et n’oublie pas que tu n’es pas là pour m’impressionner. Si vraiment ça ne va pas, tu as l’obligation de dire ton safeword. Si je remarque que tu es en souffrance plus qu’autre chose, j’arrêterai d’office, je te libérerai.”
Thomas avait opiné du chef et commencé à se déshabiller, tandis que Margaux remettait un peu d’ordre dans ses affaires. “Reste en petite tenue. Le sexe oral, ce n’est qu’avec les habitués que je le pratique.”
Tel une mouche prise dans la toile d’araignée, le jeune homme s’était laissé entraver. N’étant pas bien épais (à l’époque ; depuis a-t-il pris une vingtaine de kilos), ses côtes saillaient et Margaux se livrait à un combat interne pour ne pas se jeter dessus et les chatouiller jusqu’à la folie.
“-T’es prêt, mon chou ? On part pour 10 minutes de folle aventure.”
La-femme-qui-était-en-âge-d’être-sa-tante a commencé par s’en prendre à ses aisselles. Deux ongles, un de chaque côté, sont venus dessiner des cercles concentriques, doucement, avec une pression plutôt faible. Thomas se contorsionnait déjà, grimaçant. Quatre ongles dansaient, puis six, puis huit. Margaux allait des coudes jusqu’aux premières côtes et souriait en voyant le jeune garçon tressauter à chaque fois que le centre des aisselles était taquiné. Sans crier gare elle fit galoper ses doigts sur cette zone si sensible de sa jeune et innocente proie qui, hurlant tout ce qu’il pouvait, yeux exacerbés, supportait assez bien le supplice.
“- Ca va, mon grand ? susurra-t-elle.
- Hmmmmm…
- Je prends ça pour oui, alors !”
La phrase à peine prononcée que Margaux déjà “comptait” les côtes de sa victime, l’une après l’autre, recommençant à chaque fois qu’il bougeait trop. Histoire d’être sûre du “résultat du comptage”, elle le faisait une nouvelle fois, puis une autre, puis encore une autre. Avant de s’arrêter brutalement. Thomas se dit que les dix minutes étaient vite passées… Sûrement à cause de l’adrénaline générée par les chatouilles. Mais non, sans crier gare, Margaux chatouillait sans rétention la cage thoracique avec méthodologie. Elle avait assez vite constaté que les côtes les plus basses était les plus sensibles chez le jeune homme, ce qui n’était pas le cas chez tous ses tickle slave. Elle trouvait ça terriblement excitant. Il en pleurait de rire ! Mais ne criait pas grâce. Non, il insultait Dieu de tous les noms, et ça empirait quand d’une main elle lui chatouillait les côtes d’un côté et les aisselles de l’autre, et inversement. Là, on aurait cru qu’il était possédé, le gars. Il en arrivait même à faire bouger le lit, pourtant bien lourd.
Deuxième pause. Margaux le laissa réellement prendre son souffle, le temps de regarder ses messages, de s’allumer une clope.
“ - Je ne pensais pas trouver ça si terrible… commenta Thomas.
- Ha ha ! Les attaches accentuent la sensibilité, même si c’est surtout psy. Certains de mes soumis te diraient qu’une fois les yeux bandés et la bouche obstruée, c’est pire. Il y a plein de façons d’augmenter la sensibilité. Mais comme c’est ta première fois, j’y vais doucement. Je ne connais pas ton endurance et toi non plus, même si je dois dire que ces trois premières minutes ont eu l’air d’être une promenade de santé pour toi. D’habitude, y a des grandes gueules qui tiennent moins longtemps alors qu’elles prétendent tenir une heure ou deux.
- T’es sadique.
- C’est le terme, mon choux. On en reparlera plus tard, si tu veux bien. J’ai encore ton petit bidou à martyriser, recâliner tes aisselles et discuter avec tes côtes une dernière fois avant de m’en prendre à ce que je préfère chez mes victimes : tes pieds.”
Chose promie, chose due. Les chatouilles au niveau du ventre étaient ce qu’il y avait de moins agréable : la zone, sans être particulièrement chatouilleuse, était rendue douloureuse par les rires. Margaux s’en était rendu compte et passa la dernière minute à proposer à Thomas un concentré de ce qu’elle avait subir à ses côtes et ses aisselles. Puis elle s’est levé, doucement est allée s’asseoir devant les pieds du garçon.
“ - Tu as des pieds très mignons, pour un garçon, presque féminins. Je vais me faire un plaisir de te les martyriser mais, si ça ne te dérange pas, je pense que je te les lècherai.”
Et la bourelle était partie à l’assaut du pied gauche. Elle commença par gratouiller le talon, pas particulièrement sensible. Elle s’amusait du fait que les rires de Thomas augmentaient en intensité au fur et à mesure que les ongles remontaient le long de la plante, s’attardant sur la voûte et les côtés qui s’avéraient terriblement sensibles. Puis elle redescendait, remontait, redescendait. Et sans prévenir, elle s’attaqua à la base des orteils, et ce fut un déluge de rires hurlés et d’insultes ; Thomas s’était complètement lâché, insultant Margaux (mais elle en avait l’habitude avec les autres soumis). Son pied gauche était en feu, le droit se débattait en vain. Elle avait cru que ses tympans avaient éclaté quand elle avait plaqué sans transition aucune une brosse à dents électrique en marche contre les orteils dudit pied droit, encore vierge de toute chatouille. Elle craignait que son jouet se déchire les cordes vocales, mais ça n’est jamais arrivé. Par contre, il bandait furieusement. Et vu la taille de la bosse, il en avait une pas mal, de queue. Etait-elle chatouilleuse ? Les couilles étaient-elles sensibles au gratouillis des ongles ? Elle ne le saurait que bien plus tard, un soir d’orage.
La plante du pied gauche, échaudée par une bonne minute de furieuses chatouilles avec les ongles, était maintenant léchée goulument par la bourelle et, ce qui aurait pu être un doux chatouillis plutôt sensuel paraissait être pour Thomas un degré de plus dans la souffrance. Margaux faisait rouler ses yeux dans leurs orbites tandis qu’elle glissait sa langue entre les orteils. Elle se retenait de se masturber : parfois, léchouiller les pieds d’un soumis était bien plus excitant que de les chatouiller, et elle le faisait en se doigtant, finissant par inonder les pieds de sa mouille. C’était le cas ici. Mais elle ne voulait pas traumatiser le jeune homme. Pas tout de suite. Pas ce soir.
Le pied droit a connu un autre sort : certes les orteils avaient connu les douces caresses d’une brosse à dents électrique, mais qu’en était-il de la plante ? Margaux s’en était pris à lui avec une brosse à cheveux, après avoir badigeonné la surface d’huile de massage. Thomas pleurait de souffrance, de peur. Il avait enfin atteint sa limite, mais il n’avait toujours pas prononcé son safeword. Les deux pieds furent enfin chatouillés communément, à la brosse à cheveux, ne laissant pas la moindre seconde de répit à leur jeune propriétaire. C’était un feu d’artifice de plaisir et de souffrance. Margaux, par expérience, avait très vite caractérisé les zones les plus sensibles, et celles moindres, jonglant entre elles afin d’aménager l’endurance de son jouet qui avait l’impression qu’une armée d’un milliard de fourmis rouges lui bouffait les extrémités. La sensation avait continué alors que l’alarme de fin des dix minutes avait sonné, alors que Margaux défaisait les liens, toute hilare en voyant Thomas en sueur, les yeux rouges d’avoir pleuré. Elle lui avait proposé un massage, mais il lui dit que plus jamais elle ne lui toucherait les pieds. L’avenir leur a démontré à tous les deux que non seulement elle lui avait de nouveau touché les pieds, mais qu’en plus il adorait ça.
“- Alors mon chou ? Toujours vivant ?”
