Histoire : Des pieds fréquentés pendant 10 ans. (Épisode 03)

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Histoire ajoutée le 13/08/2026
Épisode ajouté le 15/08/2026
Mise-à-jour le 15/08/2026

Tant d'occasions manquées

Pour celles et ceux qui n'auraient pas tout lu d'une traite, un bref récapitulatif s'impose. Manon était ma meilleure amie. Nous entretenions une relation particulière, peut être déraisonnable, une amitié sans limite ou presque. Bien que nous nous disions tout, elle ignore tout de ma passion pour les pieds et les chatouilles. Or il s'avère que Madame a une passion pour ses propres pieds, tout en ayant une image assez mauvaise de certaines pratiques fétichistes, est chatouilleuse mais sans être hypersensible et les premières anecdotes narrées nous amène à cette question : Manon aime-t-elle qu'on la chatouille ?

Durant ces dix années il n'y a pas eu que le sport pour permettre des occasions d'observer et de toucher ses pieds sublimes. Je vais ranger ici, de manière plus ou moins organisée, d'autres anecdotes qui vous permettront peut être de vous faire votre avis sur les penchants de notre personnage principal. Je rappelle que tout est vrai, mise à part les noms. Si certains éléments sont flous, je le mentionnerai.


 Les occasions manquées :

Une soirée trop vite quittée :

Un samedi soir comme beaucoup d'autres avec la bande de copains. Nous sommes une dizaine à boire quelques coups, avec plus ou moins de modération, jouer au bowling ou au billard, discuter, rire. Une soirée simple et agréable. Manon est évidemment de la partie. Au fur et à mesure, la fatigue atteint les premiers participants et les départs s'égrainent doucement, à des heures plus ou moins raisonnables. Vient finalement mon tour. Je me sens épuisé. Reste à notre  table, Manon, un couple d'amis et un autre pote. Le couple, visiblement désireux de pousser la soirée jusqu'au petit matin, propose une sortie dans la boîte la plus ringarde du coin. C'est un délire. L'homme a un petit coup dans le nez, l'alcool assez joyeux mais cela déclenche chez lui un phénomène tout à faire unique  : il devient le plus gentil des relous. C'est bien simple, dans cet état-là, il s'amuse à employer tous les moyens possibles pour attirer les autres dans des deuxièmes ou troisièmes parties de soirée loufoques, souvent dans des boîtes ou des bars un peu pourris. C'est amusant, même s'il faut être solide sur ses appuis pour lui faire entendre un 'non'. Ca amuse beaucoup sa copine qui le suit dans ses projets et encourage son opiniâtreté à convaincre tout le monde.

Pour ma part, je suis immunisé à ses stratégies. Je claque la bise aux derniers participants, expliquant que, comme chacun le sait, les boîtes c'est pas mon truc et que je suis fatigué. En saluant Manon, je lui rappelle qu'on a prévu d'aller courir tous les deux demain matin et que si elle sort en boîte et qu'elle ne se lève pas le lendemain, j'irai la sortir de son plumard quoi qu'il arrive. Elle acquiesce et mon pote Rémi, qui reste aussi me dit qu'il ne compte pas aller en boîte non plus et qu'il peut ramener Manon, ce qu'elle accepte volontiers. Je pars l'esprit tranquille quand à la séance de running de demain, sous les huées amusées du couple qui voulait bien entendu que je reste.

Le lendemain matin, au lieu dit et à l'heure dite, Manon est bien présente, les traits un peu tirés. Je lui demande si tout s'est bien passé, me doutant qu'il y avait anguille sous roche :
 " Alors on n'est pas allé en boîte déjà !
 - Ah, vous avez réussi à vous décroche des deux autres ?
 - Oh que non, ça a été ... compliqué ? finit-elle dans un soupire amusé.
 - C'est-à-dire ?
 - On a bu un dernier vers avec Rémi et les autres, on a payé et on est parti. Sauf qu'au moment où on est monté dans la voiture de Rémi pour qu'il me ramène, les deux autres relous sont montés derrière en disant : 'go tous en boîte !!!''
 - Mais ils avaient leur propre voiture ?
 - Ouais, bah ils s'en foutaient apparemment.
 - Et donc ?
 - Ils ont pas arrêté de nous emmerder pour qu'on cède, mais nous on ne voulait pas y aller. Du coup bah, bagarre dans la voiture !
 - Mais oui, tu sais, ils aiment mettre les doigts dans les oreilles, dans le nez, faire des guillis dans le coup pour qu'on cède. Et puis là, ils bossaient à deux ! Quand il y en aviat un qui te tenait, l'autre venait te titiller. A un moment donné, elle m'a enlevé mes chaussures. J'ai rien compris, je me suis retrouvée nus pieds et ils me  les chatouillait.
 - Ah oui, c'est vrai que t'es chatouilleuse là toi, feignais-je, et t'as fait quoi ?
 - Ben j'ai rigolé ! Tu voulais que je fasse quoi ? Ils me bloquaient complètement dans la voiture. L'autre m'a même pris un pied aussi et ils s'y sont mis à deux.
 - Horrible ! Et ça a duré longtemps ?
 - Punaise je sais pas trop mais ouais? Bien 1h ?
 - 1h à te chatouiller les pieds ?
 - Non, à nous emmerder. Tu les connais !  Mais bien 10 et ou 15 minutes sous les pieds. J'en pouvais plus ! Je ne bougeais même plus à la fin. Je riais juste. Mais j'ai pas céder !
 - Et Rémi ne t'a pas aidé ?
 - Non, il avait pris sa dose de doigts dans les oreilles avant et il était trop content que j'accapare toute l'attention. Mais bon, au bout d'une heure ils ont fini par repartir dans leur voiture. Arrivé devant chez moi, on a mis au moins 10 minutes à retrouver une de mes chaussettes dans l'habitacle. Je les retiens eux deux !"

 L'histoire était délicieuse, mais, un peu comme vous chers lectrices et chers lecteurs, je ne pouvais que l'imaginer. Je rageais intérieurement de ne pas avoir tenu 20 minutes de plus dans ce bar, de ne pas avoir été dans cette voiture, de ne pas voir Manon se tordre de rire sous les assauts millimétrés du couple tenace. Il faut d'ailleurs préciser que l'homme du couple était déjà impliqué dans les deux incidents relaté au chapitre 2. Il était donc très au courant de la sensibilité de la voute plantaire de Manon. S'était-il aventuré jusqu'entre ces orteils comme la dernière fois ? Mon amie ne me l'avait pas dit, et je n'osais pas lui demandé d'autres détails, par pudeur et timidité liée à mon fétichisme mal assumé. Toujours est-il que la copine de cet homme nous confiera un peu plus tard être souvent chatouillé par lui au lit. Je finirai même par apprendre, des années après, que Manon avait couché avec lui avant que le couple ne se forme. "Pas terrible au lit" m'avait-elle dit, tout en ajoutant qu'il l'avait gentiment chatouillé en guise de préliminaires, sans jamais me dire si elle avait apprécié ou pas.


Un appel téléphonique fantasmé :
 Nous avions beau habité dans la même ville, nous ne voyions pas tous les jours. La faute à la vie, la faute au travail, la faute au couple.  Pas le mien, puisque j'étais célibataire à l'époque mais le sien. Et oui, Manon était un couple avec Michael. Ce dernier était un homme taciturne et casanier, de douze ans son aîné, un passionné de moto, de mécanique, de musique et un peu de jeux vidéos. S'ils avaient en commun la pratique du deux roues, et des parties de jambes en l'air qui les comblaient tout deux, le reste n'était que des passions très solitaires pour Michael. Bref, il était l'opposé parfait de Manon. Qui se ressemble s'assemble me direz-vous ? Pas si sûr, et Manon le savait puisqu'elle allait chercher auprès de moi les échanges, la discussion, les rires et les sorties qu'elle n'obtenait pas dans son couple.  Aussi nous appelions nous tous les jours, lorsque Manon rentrait du travail.

Ce soir là, comme chaque soir, nous faisions le bilan den os journées respectives, organisions nos activités communes du week-end avec la bande de potes, discutions de tout et de rien. L'appel touchait certainement à sa fin, par la formulation d'usage de ma part :

"Bon bin, voilà quoi ... je pense que je vais te laisser.
 - Oui ... oui moi aussi ! répondit Manon de manière subitement hachée
 - Ca roule ! Tu me tiens au courant pour vendredi soir ?
 - ...
 - Manon ?
 - Oui désol ... hum ... attend ! s'étrangla-t-elle.
 - Il y a un souci ? m'inquiétais-je, percevant son souffle un peu court
 - ...
 - Allô ?
 - Jsuis vraiment désolé ...   Pfff ! C'est juste que Michael vient de renter ...
 - OK, et ?
 - Et il est en train d'me chatouiller les pieds lààààà ! Jte laisse bisous !"

Manon raccrocha donc brusquement mais je pus distingué un début de ricanement de sa part avant que la communication ne se coupe. Je dois bien reconnaître avec le recul un sentiment de frustration. J'avais tout entendu, sans comprendre au départ, et surtout sans rien pouvoir voir de cette scène taquine et de son évolution.  C'était sans doute mieux que ça reste dans l'intimité du couple. Je m'amusait toutefois à imaginer ce début de chatouille qui commençait. Manon était toujours assise dans son grand canapté en cuir noir lorsqu'elle appelait, souvent vêtu d'un des jeans bleu ou des ses pantalons couleur moutarde ou bordeaux. Elle aimait faire reposer ses pieds nus et hâlés sur un petit  tabouret devant elle. J'avais déjà observé, lors de soirées cinéma chez eux, que dans cette position, Manon remuait régulièrement ses petits orteils en une vague des plus tentante .Michael n'était pas réputé particulièrement fan de chatouille mais avait su saisir une occasion en or en chatouillant les pieds décidément sensibles de sa campagne alors qu'elle était au téléphone et aurait à cœur de résister autant que possible pour ne pas déranger la conversation. Un jeu des plus pervers, des plus exquis, et que je graverai dans un coin de mon esprit, juste au cas où.

Un aperçu de séance :
 Michael n'était peut être pas fan de chatouilles, mais quelques mois après, peut être un an, Manon me fit une confidence très inhabituelle sur un moment intime. C'était un sujet que nous n'abordions jamais, peut être le seul. Tout au plus disait-elle, de manière assez publique, qu'ils étaient tous deux de formidables amants, avec toute la modestie provocatrice qui la caractérisait.

"Tu ne devinera jamais ce qui m'est arrivé hier en allant me coucher ! m'asséna Manon à brule pour point alors que nous nous promenions dans les rues.
 - Bien vu ! Effectivement je n'en sais rien.
 - Hinnn, très drole ... hé, t'as bouffer un clown ce matin ?! Haha !
 - Juste la moitié, le reste est au congélo. Bon il t'es arrivé quoi ?
 - J'étais parti me coucher avant Michael pour lire un peu. Je venais d'éteindre quand il est entré dans la chambre, donc je ne dormais pas.
 - Mouais ... et ?
 - Il est entré dans le lit, s'est mis à califourchon sur moi et m'a chatouillé les côtes et le ventre, comme ça, sans rien dire ! finit-elle sur une ton choqué.
 - Ah ouais quand même ! Pas idéal pour s'endormir. Et t'as fait quoi ?
 - J'étais bloqué, je ne pouvais pas me lever. Je me débattais mais je n'arrivais à rien. Je riais, je riais tellement ! Même quand il a stoppé je n'arrivais pas à m'arrêter de rire ...".

Mon interlocutrice semblait un peu choqué, surprise par ses propres réactions. Il en allait de même pour moi, d'abord parce que je n'avais jamais saisi ses côtes et je notais pour moi-même la zone comme particulièrement efficace, mais surtout je me demandais pourquoi elle me confiait tout cela. Aurait-elle découvert mon attirance pour la chose ?
 " Et ça a duré longtemps ?
 - Oui ! Enfin en vrai non, peut être deux minutes, j'sais pas ...
 - Et pourquoi tu me racontes ça ? 
 - Mais parce que ça m'a vachement surprise ! Tu me connais, je suis endurante, je sais me contrôler (Manon faisait sans doute référence au sport, la course d'endurance qu'elle pratiquait et pour laquelle je l'entraînais un peu). Mais là, j'ai rien pu faire, et je ne m'arrêtais pas.
 - Et tu n'as pas aimé ?
 - C'est un peu rigolo, mais un peu terrifiant aussi de perdre le contrôle. C'est bizarre comme réaction, non ?
 - Non pas vraiment. Tu étais détendue, en confiance et en même temps très surprise, soudain très stressée. C'est dans ces moments que le cerveau perd un peu le contrôle.
 - Oui, c'était exactement ça !"

 Manon décrivait parfaitement ce que tout le monde évoque quand on vit sa première séance : l'effroyable et en même temps délicieuse sensation de la perte de contrôle. Elle n'avait clairement pas détesté, mais restait sur ces gardes car Manon est une femme qui aime garder le contrôle, faire ensemble. Cette expérience était trop nouvelle, et en aucun elle n'aurait souhaité la vivre avec un autre que son amant. Bien compréhensible ...



 Toutes ces histoires, détachés les unes des autres par des mois, parfois des années, ont toute en commun la tendance qu'ont les pieds de Manon pour attirer les chatouilles. Etait-on entouré de fétichistes bien cachés ou juste de petits farceurs. A moins que ce soit Manon qui est réussi, à force de petits incidents, à ancrer dans la tête des gens qu'il fallait considérer ses pieds qu'elle aimait tant. Je me rends compte qu'elle m'a souvent confié ces expériences. Avec le recul, je me demande  s'il avait compris mon attirance pour la chose, si elle avait perçu mes coups d'œil vers ses magnifiques pieds quand ils étaient visibles, ou si c'est simplement qu'elle savait qu'elle pouvait tout dire à son meilleur ami. J'aimerai connaître votre point de vue.

 La prochaine fois, je vous conterai les expériences auxquelles j'ai pu prendre directement part, parce qu'heureusement il y en a eu, des éphémères comme des plus solides.