Histoire : Orphanage

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Histoire


Histoire ajoutée le 04/05/2008
Épisode ajouté le 04/05/2008
Mise-à-jour le 03/07/2021

Orphanage

Bonjour à tous et à tous, ou bonne nuit si vous lisez ces ligne sà une heure trop tardive pour être raisonnable ...

Al et moi sommes fiers de vours présenter une histoire originale que nous avons conçue en duo dont les chapitres seront publiés à intervalle régulier .

Mais le texte en lui-même vaut toutes les préfaces, je vous laisse donc apprécier le fruit de notre labeur ...




Orphanage







Chapitre 1 : Escapade nocturne



Dans le couloir du premier étage d’un bâtiment plus large que haut, tout était silencieux . Plongé dans une obscurité uniquement combattue par endroits par de petites veilleuses soulignant des panneaux indiquant les sorties de secours, on ne pouvait rien y distinguer, à l’exception de cinq silhouettes . Avançant groupés avec lenteur et discrétion, presque aucun son n’émanait d’eux . Soudain, une latte de plancher craqua sous le pied de l’un d’eux .

« Oh merde, murmura l’auteur du bruit .
- C’est pas grave, il n’y a pas de pions dans le coin, le rassura un garçon .
- You’re lucky, Jean, lança une jeune fille .
- Oui … glissa une voix timide, également féminine .
- On continue ? Demanda la cinquième personne .
- Yep, Remilia . Plus que deux couloirs et on y est . »

Le quintet se remit en route, toujours en silence, avant que l’un d’eux ne murmure :

« Quand même, elle a un certain culot, Vivi, de nous faire traverser tout l’étage juste pour nous montrer une vidéo assez mal truquée .
- Elle voulait notre avis, c’est tout .
- Le truquage se voyait trop .
- Je ne trouve pas .
- Mais shhht ! Siffla une des filles . »

Le groupe se tut sous cette injonction, puis s’arrêta en tendant l’oreille .

« Y’a personne, commenta Jean .
- On l’avait remarqué, répondit le second garçon .
- C’est nous qu’on va remarquer si vous n’arrêtez pas de brailler …
- Pas besoin de s’inquiéter, Remi-chan . On est des pros . »

Les pros en question se remirent en route, tournant l’angle d’un couloir pour se retrouver sur un pallier donnant accès à un autre couloir, ou à un escalier descendant vers le rez-de-chaussée . Ce dernier éclairait le pallier par la lumière qui était allumée dans une des salles d’en bas . On entendait des voix en bas .

« Demain, je vais en ville voir cette expo sur les orfèvres médiévaux .
- Sans moi .
- Bon, allez, je vais me coucher, il se fait tard .
- Seulement onze heures …
- C’est tard, pour moi . »

Le groupe se raidit, parcouru d’un frisson soudain . Le surveillant allait monter l’escalier, et tomber sur eux … Les cinq adolescents se lancèrent des regards inquiets à l’extrême .

« Oh, allez Bertrand, reste encore cinq minutes …
- Ouais, raconte-nous ton match de ce matin .
- Bon, d’accord … Alors, on jouait contre ceux de Galm-la-forêt, vous savez, c’est au sud d’ici … »

Un soupir collectif s’émana des cinq jeunes . Il l’avaient échappé belle .

« Camarades, on y go … » lança l’un d’eux .

Bien que nul ne lui répondit, de peur d’attirer l’attention des trois surveillants discutant en bas, tous lui emboîtèrent le pas . Les écriteaux surplombant les chambres se succédaient à mesure qu’ils avançaient . Chambre six, Chambre sept …

« Je me suis toujours posé une question : pourquoi on nous parque par seize alors qu’il y a autant de chambres ?
- Tu peux parler, toi qui dors seule avec Tasunaki … murmura Jean .
- Pour des questions de logistique, je crois, dit Remilia . »

Le groupe n’interrompit pas sa marche, qui continua jusqu’à un tournant entre deux couloirs . Leurs yeux accoutumés à l’obscurité distinguaient une petite intersection à une dizaine de mètres de là, éclairée par une veilleuse clignotante du fait de sa vétusté . Chambre huit, chambre neuf, un placard, une chambre de surveillants, un long espace sans portes …

« Bon, cette fois je vais vraiment au pieu .
- T’as raison . D’ailleurs, j’y vais aussi .
- A demain les gars !
- A demain ! »

Les marches de l’escalier se mirent à craquer sous les pas d’un duo de surveillants peu soucieux du bruits qu’ils causaient . Il se dirigeaient dans leur direction …

« On a pas le choix . Soit on court et ils nous remarquent, soit on reste et ils nous voient, exposa Remilia, plus clame que les autres .
- Bon, ben … plan B .
- C’est ton tour, Tasu-chan ! Chantonna une des filles .
- Tu changeras jamais, Mariko … commenta Jean .
- Euh … d’accord … murmura la timide jeune fille . »

La dénommée Mariko se tourna vers elle et plaça ses mains sur ses épaules .

« Allez, courage . Reviens vite …
- Oui …
- Bonne chance ! »

Déposant un furtif baiser sur la joue de son amie, Mariko retourna auprès du reste du groupe qui lançait de silencieux encouragements à Tasunaki tout en continuant leur lente route . C’était une tradition cruelle, mais efficace, qui était de mise dans ce groupe : l’un d’eux se sacrifiait, laissant les autres partir . Ce rôle ingrat était assumé à tour de rôle de manière équitable . La jeune fille se redressa, et rebroussa chemin . Elle sentait son cœur battre de plus en plus fort dans sa poitrine à chaque pas, et le sang lui monter aux joues, qui se teintèrent bientôt d’un rose timide, qui se retrouva éclairé par le faisceau d’une lampe de poche .

« Hé, Tasunaki, qu’est-ce que tu fais là ? » demanda l’un des deux surveillants partis se coucher .

Sa voix soudain rendue muette par l’émotion, la jeune fille baissa les yeux . Sans qu’elle le veuille vraiment, une de ses mains se porta à son visage pour poser un doigt fin sur sa lèvre inférieure et elle se mit à dodeliner sur un pied . Pourtant, elle savait qu’elle n’avait rien à craindre : elle avait devant elle Bertrand et Christophe, les deux surveillants les plus compréhensifs . Attendant sa réponse, les deux jeunes adultes l’étudièrent du regard . Elle était plutôt petite, pour une fille de quatorze ans, et très jolie . Elle avait une peau assez pâle, un visage arrondi tout à fait mignon et des courbes agréables à l’œil . Mais ce qui se remarquait le plus, c’était sa chevelure impressionnante . D’un bleu éclatant, elle tombait en une épaisse mais divinement harmonieuse cascade jusqu’au niveau de ses genoux d’un côté, tandis que de l’autre elle formait une imposante mèche couvrant une partie de son visage, dont un de ses grands yeux bleus, pour arriver jusqu’au niveau de sa poitrine . Elle portait un pull rose de laine et un jean, témoignant de sa frilosité en se milieu d‘automne . Ses pieds étaient couverts par une paire de baskets blanches .

« Je … articula-t-elle enfin, je revenais des toilettes …
- On ne nous la fait pas à nous . Toute habillée, à cette heure-ci, je dirais plus que tu es allée rendre visite à une amie, dit Christophe .
- Mais bon, il est tard, et on est sympas, on va pas chercher la petite bête . « Juste » la punition pour les balades nocturnes, ok ?
- D’accord …
- Mieux vaut le faire tout de suite, que tu passes une nuit tranquille, tu penses pas ? »

Les deux hommes sourirent imperceptiblement . Tasunaki hésita, avant de hocher la tête sans un bruit . Tandis que les trois rebroussaient chemin, la jeune fille se demandait si elle avait fait le bon choix . Elle se savait en effet trop facilement inquiète, et elle aurait passé la nuit à redouter le lendemain . Mais d’un autre côté, Mariko allait lui en vouloir un peu …

Le trio descendit l’escalier, pour se retrouver dans un rez-de-chaussée éclairé par quelques lumières, bien qu’il semblât éclatant à Tasunaki dont les yeux étaient habitués aux ténèbres de l’étage .

« Vous faites quoi ? Demanda le troisième surveillant, qui était resté dans les cuisines, quand ils passèrent devant la porte .
- Rien de grave, Luo, juste une petite exploratrice nocturne .
- Ah, d’accord, répondit le jeune homme d’origine chinoise, amusez-vous bien . »

Quelques seconde après, les deux jeunes hommes et leur prisonnière débouchèrent sur le réfectoire, une très vaste salle haute de plafond où s’alignaient de grandes tables entourées de chaises vides . Quelques piliers assez mince, tous blancs et lisses, de forme carrée, soutenaient le plafond, dont un se trouvait au centre . Il avait été surnommé « le poteau de torture », et pour cause, quelques tabourets l’entouraient, ainsi que deux carcans, un destiné à une personne, l’autre pouvant accueillir les pieds de quatre fautives au maximum . Une caisse entrouverte était remplie de cordes et d’instruments de tortures redoutés des jeunes filles aux pied sensibles, tandis que sur une étagère reposaient un duo d’objets bien plus inquiétants : un long bâton et une cravache noire . Comme à chaque fois qu’elle les voyait, Tasunaki pria de tout son être pour ne jamais les voir utilisés . Sans un mot, elle s’assit un des tabourets, dos au pilier, et posa ses pieds sur une large caisse . Celle-ci, en apparence une simple caisse emplie d’outils utilitaires, était astucieusement améliorée : un trou avait été percé de chaque côté, ce qui permettait de faire passer une corde, et de lier les chevilles d’une jeune fille punie à la lourde caisse qui ne bougerait pas sous ses mouvements . Tandis que la corde, habilement maniée par Bertrand, immobilisait ainsi ses jambes, elle se demanda s’il n’était pas mieux d’être un garçon . En effet, dans cet orphelinat, les garçons étaient punis par des travaux manuels tels que le lavage de sol, nettoyage de vitres, ou bien de longues heures de colles dans une des salles de classe du second étage . Les filles, elles, se voyaient attachées et chatouillées en public par d’autres élèves, soit tirés au sort, soit par tous ceux voulant passer une plume sur la surface sensible de leurs voûtes plantaires . Et il y en avait beaucoup, parmi les filles comme chez les garçons . Peut-être ce taux de fétichistes impressionnant était-il dû au fait que les jeunes de ce centre étaient tous orphelins, Tasunaki ne savait pas . Elle-même n’était pas très enthousiaste quant à administrer ce traitement à quelqu’un d’autre, à peine plus à le subir, sauf quant il s’agissait de subvenir aux envies de certains de ses amis . Et même là, elle ne ressentait pas vraiment de plaisir, juste un amusement enfantin, une joie innocente malgré les cordes de cotons avec laquelle ils l’attachaient dans ces cas là . Quand Christophe eût fini de lui lier les mains dans le dos, et d’attacher le tout à un anneau fixé au pilier, elle se sentit atrocement vulnérable .

Bertrand avait posé sur un côté de la caisse une brosse à dent dotée d’un joli manche bleu roi et une longue et duveteuse plume noire mouchetée de gris . Le sang circulant dans son cœur battant la chamade lui sembla devenu glacé . Elle regarda les deux surveillants . Bertrand avait vingt-quatre ans, était grand et avait un visage carré, une coupe en brosse très courte et de petits yeux . Son collègue et ami était légèrement plus petit, avec des cheveux mi-longs mal coiffés et un menton trop rarement rasé qui le vieillissait, bien qu’il soit plus jeune de deux ans .

« Un quart d’heure, le tarif réglementaire . » l’informa Christophe d’une voix neutre, bien qu’au fond elle savait qu’il adorait ça . Elle ne lui en voulait pas : Mariko aurait donné n’importe quoi pour être à sa place en ce moment même .

Les deux jeunes hommes défirent lentement les lacets de ses chaussures, avant de les lui retirer, mettant au jour ses pieds enveloppés de chaussettes blanches d’épaisseur moyenne . Même ainsi couverts, Tasunaki savait à quel point ses pieds étaient chatouilleux . Mais elle savait aussi que les deux hommes ne lui feraient pas la faveur de laisser en place cette ultime protection . Les deux amis saisirent le bout des chaussettes de la timide collégienne et les firent glisser, dévoilant deux adorables petons frileux aux orteils frétillants . D’une pointure trente-six, aux plantes lisses et roses à souhait, ils étaient tout à fait en accord avec la personnalité de Tasunaki : mignons, timides et sensibles . L’escalier émit un craquement quand Luo le remonta, pour rentrer dans l’une des trois chambres de surveillants de l’étage . Les deux amis s’emparèrent des instruments, et la torture commença .

Tasunaki ne put pas résister aux chatouilles sur ses deux pieds nus, et se mit à rire immédiatement après que les instruments aient commencé à glisser sur sa peau douce . Le plus vieux des deux amis s’était saisi de la brosse à dents, et brossait avec énergie son pied droit, juste assez fort pour ne pas lui faire mal, mais que les chatouilles soient horribles . Son pied, comme animé d’une vie propre, bougea avec frénésie pour tenter d’échapper à l'instrument, avant d’être attrapé par son bourreau et immobilisé d’une main, l’autre continuant de frotter les dizaines de poils drus contre le creux pâle de sa plante . Ses orteils frétillaient impuissamment tandis que son talon était supplicié, insufflant une énergie nouvelle au peton dans sa tentative de s’échapper, mais en vain .

Sous son autre pied s’ébattait une plume, fine et gracieuse, mais atroce pour Tasunaki . Le passage du fin et soyeux duvet animal sur ses points faibles venaient à bout de toute sa volonté à résister . Le creux de la plante, mais aussi la partie supérieure de son pied, et ses orteils, nus et vulnérables . Pour avoir déjà eu l’occasion de chatouiller la jeune fille par le passé, Christophe savait qu’ils étaient d’une sensibilité admirable, et qu’il s’agissait sans conteste du point le plus faible de ses pieds . La plume était parfaite pour châtier dûment cette petite coupable timide …
S’emparant des cinq petits confrères, le surveillant les tira en arrière, laissant le champ libre à son instrument ô combien efficace sur Tasunaki . Les voyages de la plume sur la base des ses orteils firent se débattre comme jamais la collégienne suppliciée . Elle tira sur le lien qui immobilisait ses mains, attachées à l’anneau du pilier, riant comme jamais . Heureusement, les portes des chambres étaient bien insonorisées . Mais c’est une douce mélodie qu’auraient entendu les occupants ensommeillés des chambres s’ils avaient pu, car Tasunaki avait un très beau rire . Mélodieux, tirant doucement dans les aigus, il ravissait les bourreaux .

Tasunaki ne supportait pas d’être chatouillée sous les pieds . C’était son plus grand point faible, suivi de près par son ventre et son cou . Attachée comme elle l’était, elle ne pouvait rien faire sinon endurer la punition qui lui était infligée, et elle ne put retenir un cri quand la plume vint se loger entre ses deux plus longs orteils, et commença à effectuer un horrible va-et-vient . La sensation procurées par la brosse et la plume sur ses deux pieds nus se conjuguaient pour former une atroce torture qui envoyait ce petit ange en enfer . Elle ne parvenait à penser à rien d’autre qu’à son supplice, tant son esprit était obscurci par les chatouilles qu’elle subissait sans pouvoir se défendre . Elle les supplia d’arrêter, en vain . Les bourreaux, eux, étaient aux anges . Leur travail était une bénédiction, leur permettant de chatouiller toute jeune fille contrevenant aux règles strictes de l’établissement . Tasunaki était très sage, et subissait rarement la torture que représentait pour elle les chatouilles dans cette salle . Cette rareté la rendait d’autant plus appréciable pour les bourreaux, d’autant plus qu’elle était terriblement chatouilleuse . Il y avait des habituées du poteau de torture, telles que Mariko ou la petite Nina, qui avaient un charme certain, mais l’attrait de la nouveauté n’était pas à négliger . Et elle avait des pieds magnifiques .

Tandis que le supplice durait, Tasunaki continua de supplier ses impitoyables bourreaux :

« Pitié ! Arrêtez, s’il vous plaît !
- Tu n’aurais pas dû te promener comme ça en pleine nuit, Tasunaki, tu ne peux en vouloir qu’à toi-même … » dit Bertrand en faisant effectuer à sa plume un lent mouvement de haut en bas de sa plante . 

La jeune fille aux cheveux bleus était tentée de marchander tant le supplice était insupportable . Certaines filles pour le moins traîtresses échangeaient de longues minutes de torture contre les noms de leurs éventuelles complices . La dénommée Viviane - Vivi pour les intimes - avait ainsi un jour livré sous la torture deux fillettes de huit et neuf ans qui s’étaient effectivement trouvées avec elle un soir qu’elle outrepassait le couvre-feu . Tandis que les petits pieds des enfants étaient passés à la plume, Jean, indigné, et le reste du groupe, Tasunaki incluse, avaient fait amèrement regretter sa délation à leur amie … Mais elle se jura de tenir, comme Mariko ou Remilia auraient tenu si leurs pieds avaient été soumis au même supplice .

Les chatouilles étaient une monnaie courante dans cet orphelinat, surtout du fait du nombre de pensionnaires fétichistes . Non seulement comme punition, mais aussi comme jeu ou gage . Mariko était par exemple l’heureuse détentrice d’un lot de cordes de coton et d’instruments divers soigneusement dissimulées dans une boîte posée à même le sol de la petite chambre qu’elles occupaient toutes les deux . Chaque fille du groupe, Remilia comme Mariko ou Tasunaki avait expérimenté de nombreuses fois les délicats supplices que renfermait ce coffre aux trésors . D’autres filles, des amies moins proches le plus souvent, faisaient aussi les frais de la passion de Mariko et des deux garçons du groupe pour les chatouilles .

La brosse continuait à torturer la collégienne aux cheveux longs, de même que la plume . Elle regrettait à présent amèrement d’avoir suivi ses amis dans cette escapade nocturne . Elle suppliait ardemment ses bourreaux de la délivrer, mais qui peut résister à la tentation de chatouiller une petite adolescente mignonne et pieds nus ? Elle aurait donné n’importe quoi pour pouvoir regarder sa montre et apprendre combien de temps il lui restait à subir les chatouilles . Le temps passait pour elle au ralenti tandis que son corps tout entier lui semblait soudainement se limiter aux plantes de ses petits pieds . Christophe tortura encore ses orteils, faisant naître au coin de ses yeux bleus des larmes salées . La brosse s’en prenait à présent aux côtés de son pied immobilisé, et sous cette torture, les bourreaux auraient pu lui faire tout avouer, sauf ce qui pourrait porter atteinte à ses amis, pour qui elle éprouvait une loyauté sans faille, de même que chacun des membres du groupe soudé à l’égard des autres . Tout, de ses goûts alimentaires - elle adorait les gâteaux, les fraises et les pâtes carbonara - à la couleur de ses sous-vêtements - blancs, avec une candide dentelle légèrement transparente sur les bords -, elle aurait tout dit à ses bourreaux en échange de la délivrance de ce martyr . Mais ils ne lui demandèrent rien, se gardant allègrement d’abréger son doux calvaire .

Ce ne fut qu’après un long quart d’heure de torture que Tasunaki fut enfin libérée . Durant les dernières minutes, les surveillants avaient laissé tomber leurs instruments et fait glisser leurs doigts sous les pieds de la petite coupable, aussi fut-elle intensément heureuse quand ses mains et ses chevilles furent enfin libres . Subitement gagnée par le sommeil, sa seule hâte fut de rentrer se coucher dans son lit douillet . Mariko lui demanderait sûrement de lui raconter en détail son supplice . Elle s’imaginait déjà, au chaud, en pyjama, emmêlée dans ses couvertures, tenant à sa meilleure amie, occupante d’un lit identique situé à à peine plus d’un mètre du sien, le récit complet de ce qu’elle avait enduré, et se réjouissant du fait que ce soit fini … Tasunaki aimait les plaisirs simples . Mettant de côté sa frilosité, elle salua les surveillants en route pour leur chambre, et mit ses chaussettes roulées en boules dans ses chaussures, qu’elle prit à la main . Puis, d’un pas soudain plus joyeux qu‘auparavant, elle parcourut le sol froid du réfectoire jusqu’à l’escalier de bois . La sensation du bois sous ses pieds nus lui sembla étonnement agréable, et elle se surprit à faire glisser lentement ses petons sur la surface cirée des marches de l’escalier . Les chatouilles avaient sur elle cet étrange effet, qui l’emplissait de joie au sortir d’une insupportable séance . Elle comprenait soudain bien mieux sa meilleure amie, grande praticienne du barefooting en intérieur . Peu soucieuse des échardes au vu de la qualité du bois utilisé dans la construction, Tasunaki continua sa marche nu-pieds dans le couloir sombre dans lequel elle s’était livrée aux bourreaux, les joues toujours roses, le cœur battant plus rapidement que d’habitude, mais cette fois de joie et non de peur . Chambre douze, chambre treize … Chambre quatorze . La dernière chambre du couloir, à l’origine une chambre de surveillants, mais, inoccupée, elle avait été utilisée pour loger deux orphelines « en trop », afin de ne pas les isoler dans une grande chambre à seize places . Toquant par politesse à la porte, le timide collégienne attendit que Mariko lui réponde d’une onomatopée ensommeillée avant d’entrer . La chambre d’abord noire s’illumina d’une lumière orangée quand la lycéenne déjà au lit alluma sa lampe de chevet . Fermant la porte derrière elle, la timide Tasunaki pénétra dans la pièce en direction de son lit, le plus éloigné de la porte, situé à un pas d’un mur doté d’une vaste fenêtre aux volets descendus . Posant ses chaussures sur le sol, elle entreprit de se changer . Tandis que son pull était remonté au dessus de sa tête, elle entendit la douce voix de son amie .

« Tu en as mis du temps …
- Ils m’ont chatouillée . Expliqua la collégienne, adressant un sourire à Mariko une fois qu’elle eût retiré son pull, la laissant en t-shirt .
- Oh les fourbes ! Ils gardent le meilleur pour eux . »

Frustrée, elle se tourna résolument vers les armoires fixées au mur près de la porte . Ainsi, elle ne vit pas sa jeune amie ôter son haut, puis son soutien-gorge, et revêtir une veste de velours douce et soyeuse dont elle ferma un à un les boutons, avant de faire glisser son jean et de revêtir un pantalon assorti, également de couleur lilas . S’emmitouflant dans ses couvertures, elle souhaita bonne nuit à sa meilleure amie, qui lui répondit de même . Un silence s’installa après que Mariko ait éteint sa lampe de chevet . Il dura quelques secondes, puis …

« Tasuna-chan ?
- Oui ?
- Tu peux me raconter, s’il te plaît ?
- D’accord … »







Voila ... à la semaine prochaine pour un nouveau et succulent chapitre, tous les commentaires sont bienvenus ^^

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