Histoire : La proie /\

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Auteur
Histoire


Histoire ajoutée le 28/10/2008
Épisode ajouté le 28/10/2008
Mise-à-jour le 03/07/2021

La proie /\

Allez, j'avais envie d'en faire une, alors j'en fais une voilà ! :xp:

La proie



- Suivante…bonjour mademoiselle…entrez…asseyez vous… Je vous demande un tout petit instant s’il
vous plait…

Dans le cabinet du vieux docteur Matriosky, psychiatre de son état depuis près de 20 ans, une jolie jeune femme d’une vingtaine d’années venait de s’asseoir dans un fauteuil assez confortable en face de son bureau. Elle balaya la pièce du regard : Un bureau, des armoires avec des archives, des fardes entre autres, des photos de sa femme et de ses enfants qui trônaient fièrement l’appui de fenêtre, des murs peints en orange et une atmosphère rassurante y régnait…
Le docteur acheva de ranger quelques papiers, de taper sur quelques touches de son ordinateur et alla s’installer sur un fauteuil juste en face d’elle. Il put alors, à son aise, dévisager la nouvelle venue.
Les cheveux bruns, les yeux de la même couleur, un petit nez retroussé, un teint mi-blanc mi rose, svelte, un visage d’enfant un peu timide et assez calme en apparence. Elle avait les mains entre les cuisses et le regard atone. Elle attendait calmement la suite des évènements.
A première vue, on voyait tout de suite qu’elle était tourmentée par quelque chose.
Sans plus attendre, le psychiatre commença :

- Bien, alors, vous vous appelez…?
- Audrey…Audrey Rohan…répondit la jeune femme.
- Et vous avez quel âge Audrey ?
- J’ai 23 ans.
- Et vous habitez ?
- Rue de Tourterelle…au numéro 15…
- Bien…vous vivez seule ?
- Oui…
- Vous avez un travail ?
- Oui…je suis caissière et…je…enfin ça m’aide à financer mes études d’architecte…
- Mmmhhhh d’accord, fit Matriosky en notant ces informations sur un bloc-note.
- Qu’est ce qui vous amène Audrey ?
- Heu et bien je…balbutia Audrey, consciente qu’elle allait partager pour la première fois avec
quelqu’un quelque chose qu’elle gardait en elle depuis fort longtemps.

Finalement, elle prit son courage à deux mains et, tout en évitant de regarder directement le psychiatre dans les yeux, répondit :

- Et bien voilà docteur…depuis plus d’un mois, je…n’arrête pas de faire un cauchemar…toujours le
même…il me hante…il me préoccupe…et…
- Racontez moi ce cauchemar Audrey…

Audrey baissa les yeux et, tout en regardant ses pieds, raconta :

« Et bien voilà docteur…je suis dans une forêt…il fait nuit noire, je cours comme une dératée pour échapper à quelque chose, à une menace…je sais que la chose me poursuit…elle se rapproche de plus en plus…j’ai beau essayé, je ne parviens pas à la distancer…le noir, la nuit m’entoure…Il fait froid, j’ai la peur au ventre…Une frayeur me parcourt le corps et me pousse à ne pas regarder derrière moi…Alors, j’avance…paniquée, angoissée par les bruits que produit la chose en me poursuivant… Je fixe le chemin en ligne droite devant moi…
De temps en temps, la Lune émerge des nuages pour éclairer le chemin caillouteux qui s’étale à l’infini… Part endroit, le sentier est parcouru partiellement des racines des arbres immenses qui se dressent de part et d’autre de ce chemin, comme des juges qui me condamnent à fuir ou à succomber à cette chose…Je me sens toute petite face à ses grands arbres, j’ai l’impression qu’ils me huent et qu’ils me chassent…
Je cours de moins en moins vite…j’ai de plus en plus de mal à éviter les racines…et vient alors le moment où, à chaque fois, je trébuche…je me prend le pied sur l’une d’entre elle et je m’étale par terre de tous mon long…la chose peut alors me rattraper…je n’ose pas me retourner, car je sais de cette chose est terrifiante…
J’essaie de me relever mais il est trop tard…elle m’attrape les chevilles et je suis soulevée de terre.
Je pousse un cri, je hurle, je suis terrifiée… elle me transporte dans les branches des arbres.
A un endroit, parmi les branches, est tissée une toile d’araignée…elle est immense ! Elle fait bien trois mètres sur trois ! J’ose alors jeter un œil sur mon agresseur…une araignée…géante…noire comme la nuit, pleine de poils et grosse comme une voiture ! Elle grimpe aux arbres avec moi entre ses pattes…Je pousse un cri, je n’arrête pas d’hurler tellement je suis horrifiée. On arrive au dessus de la toile. Alors elle se laisse tomber en empoignant mes chevilles et mes poignets. Sur la toile, j’atterris sur le dos et j’ai à peine le temps de m’en remettre qu’elle commence à m’enserrer mes chevilles et mes poignets sur cette toile visqueuse… Je remarque alors que je suis attaché en X, les bras et les jambes tendus au maximum. Je panique, je crie, je hurle, j’appelle pour qu’on me vienne en aide… J’essaie de me délivrer en tirant comme une folle pour briser les liens. Mais la toile et les liens sont bien trop solides. Je constate à ce moment que je suis seule, que personne ne me viendra en aide et que je suis la proie vulnérable de ce monstre hideux…

Ensuite, elle vient mettre sa tête énorme près de mon oreille et me dit à voix basse :

- Et si on jouait à un jeu ? Tu veux bien ?

J’essaie de lui répondre mais aucun son ne sort de ma bouche. La peur me paralyse entièrement ! Elle se dirige alors vers mes chaussures en faisant ployer la toile sous son poids. Avec ses petites pinces, elle commence à dénouer lentement mes lacets…
Je veux m’y opposer bien sûr, je lui dis de laisser mes chaussures tranquilles. Mais elle ne réplique pas… elle reste comme sourde… Je peux alors voir que ses pattes munies des petites pinces me défont mes lacets lentement…
Puis, quand mes lacets sont défaits, elle commence à me retirer mes chaussures…toujours avec la même lenteur…
Moi, impuissante, je lui demande de me laisser partir... sans obtenir le moindre résultat…
L’une après l’autre, mes chaussures sont retirées…ensuite elle les laisse tomber dans le vide…comme si je n’allais plus jamais en avoir besoin…

- On continue ? demande-t-elle en me regardant avec ses je ne sais combien paires d’yeux.
Je supplie d’une voix aussi tremblante que mon corps :
- Laissez moi partir ! Je veux m’en aller, j’ai peur.
- Ah non, il faut d’abord jouer ! Réplique-t-elle en reportant son regard sur mes pieds encore enveloppés de mes chaussettes blanches.
Et alors que les petites pinces au bout des pattes avant de cette bête horrible se referme sur le bout de mes chaussettes. je lui implore encore une fois :
- Mais qu’est ce que vous me voulez ? Je ne vous ai rien fait, laissez moi, s’il vous plaît !
- Je suis sûr qu’ils sont trop mignons. Fait l’araignée avec une pointe d’excitation dans sa voix.

Mais malgré son excitation, elle fait glisser mes chaussettes encore plus lentement qu’avec mes chaussures. Petit à petit, je sens le tissu glisser le long de ma cheville, mon talon, mes plantes et, quand il ne reste plus que mes orteils, elle s’arrête, me regarde, puis tire d’un coup sec mes chaussettes. Là, elle les lâche et mes chaussettes tombent dans le vide…
Mais elle n’y prête pas attention, elle ne fait que regarder mes pieds, désormais nus.
Je frissonne un peu, pas seulement de peur, mais aussi de froid… Ce froid qui attaque direct mes pieds nus. Je plie mes orteils pour essayer de les protéger de cet air frais de la forêt noire.
Et c’est à ce moment-là que, curieusement, comme si un être supérieur avait senti que j’avais froid, l’atmosphère devient plus douce, plus tiède, mais elle conserve malgré tout cette ambiance de menace et de peur…Il fait toujours noir, l’araignée géante est toujours là, je suis toujours entravée dans sa toile et je suis terrifiée.

Au bout d’un instant, elle reprend la parole :

- Audrey, je te l’avais dit qu’ils étaient trop mignons…

Comment avait-elle su mon nom ? Je l’ignore…en tout cas, ça me donnait des sueurs froides dans le dos. J’avais peur qu’elle se jettent sur moi et qu’elle se mette à me dévorer toute crue.
Je ne parviens toujours pas à deviner ce qu’elle veut faire de moi… Et on peut me comprendre parce que…parce que…ce qu’elle fait ensuite est d’une cruauté inimaginable !»


- Mademoiselle ? Pardon de vous interrompre, mais j’aimerais me rendre au petit coin. Nous
reprendrons après. Encore une fois, excusez moi mais c’est vraiment urgent…
- Heu, bien, allez y je vous en prie…fit Audrey, visiblement un peu coupée dans ses effets.
- Je reviens tout de suite, promit le psychiatre, ça ne sera pas long.

Le docteur Matriosky quitta alors la salle en laissant la jeune femme seule…Audrey replongea son regard sur ses pieds. Elle avait les larmes aux yeux...mais elle s’était évertuée à ne pas craquer avant la fin…



Voilà :D Fin de cette partie, dites moi ce que vous en pensez :lunettesnoires2:
(La suite sera pour je ne sais pas quand :hum2: )

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