Histoire : Institut Delver

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Histoire


Histoire ajoutée le 15/07/2009
Épisode ajouté le 15/07/2009
Mise-à-jour le 03/07/2021

Institut Delver

Voici une petite histoire qui touche le domaine de l'école... Je sais que le cadre spatial n'est pas très bien choisi en ces vacances d'été, mais bon... Les personnages sont purement fictifs, tout comme les lieux. S'il existe dans le monde un endroit qui s'appelle Institut Delver, l'intégration du nom dans l'établissement est purement involontaire de ma part.
Bonne lecture! :D






Institut Delver







Une école où l’idée de faire copier des lignes à un élève ou de le mettre en retenue est complètement farfelue donnerait envie, non ? Vous avez tort… Enfin, presque. Si l’Institut Delver ne colle pas ni ne donne de lignes à copier à un élève, elle punit d’une tout autre manière. Entrez dans le bureau de la directrice, prenez la porte derrière son bureau, allumez la lumière et admirez de vos yeux grands ouverts tous ces carcans, ces cages au fond de la salle, toutes ces plumes, brosses, cordes et autres instruments destinés à une seule chose : les chatouilles. Que vous soyez une fille ou un garçon ne change pas grand-chose, si jamais vous faites une entorse au règlement de l’école vous vous retrouverez ici, entravé(e) dans un carcan. Et il y a peu de chances que vous en sortiez… vivant(e).


Une école lugubre, 1ère partie (le règlement)



Tiphaine fixa d’un œil mauvais l’immense château. Les murs décrépis et lézardés semblaient ne plus vouloir tenir debout. Les tours tordues et biscornues se dressaient vers le ciel gris et froid du mois de novembre, telles des doigts de sorcière. Il faisait pratiquement nuit, et aucune fenêtre ne laissaient échapper de la lumière, bien que les fenêtres soient dépourvus de volets. Les arbres dénudés de leurs feuilles ajoutaient à la scène lugubre une petite ambiance de film d’horreur, celui où on sait d’avance que le Mal règne en ces lieux. On se serait cru dans l’entre de Dracula, en Transylvanie, avec ce portail noir et dont les gonds grinçaient au moindre courant d’air. Sur la voûte d’entrée, inscrit dans la roche, on pouvait lire ces deux mots, qui normalement devraient nous laisser indifférent :

Institut Delver
1818

Comme si on avait envie de savoir à quelle date cette école – si c’en était une – avait été bâtie en ces lieux. Personne aux alentours, que ce soit à l’extérieur du château ou dans l’enceinte du bâtiment et le silence était de plomb.
Si, dans son ancien lycée, celui d’où elle a été virée, le nom des bâtiments était marqué, il n’y avait aucune indication quant à ceux-là. Tiphaine pensa alors que ce devait être les profs qui se déplaçaient dans les salles. Au fond de la cour se trouvait un porche, et la jeune adolescente s’y rendit. Une porte était ouverte, elle entra.
Des couleurs chaudes l’accueillirent. La tapisserie était rouge, le tapis orange. Et bien que ce soit un néon qui diffusait cette habituelle lumière blanche, les yeux n’en prenaient pas un coup. Cette ambiance contrastait très fortement avec celle de l’extérieur. Une femme d’âge mûr était assise derrière un bureau en acajou, et elle releva la tête quand Tiphaine frappa à la porte. La femme lui adressa un sourire charmeur, et invita la nouvelle élève de l’institut à entrer dans l’office.
-« Entrez donc, mademoiselle. Ne laissez pas le froid vous transformer en glaçon ! »
Elle rit de sa blague, toute seule. Son rire ne plaisait pas du tout à Tiphaine. Il avait quelque chose de forcé, sec.
L’adolescente rebelle accepta toutefois de bonne grâce. L’hiver serait rude. Ses mains avaient bleuis à cause du froid mordant du mois de novembre, mais en quelques minutes sa peau redeviendrait mate, grâce à la chaleur douillette de ce qui devait être le secrétariat.
-« Alors, reprit la femme. Que puis-je faire pour vous ?
-En fait, balbutia Tiphaine, je suis une nouvelle élève ici. Je viens juste d’arriver.
-Ah ! fit spontanément (trop spontanément, même, d’après Tiphaine) la secrétaire. En effet, nous attendions une élève du nom de Tiphaine Marivaux… Est-ce vous ?
-C’est ça, madame.
-Vous venez du lycée privé Saint-Paul, dans le sud-ouest de la France, si je ne me trompe pas.
-C’est ça, madame, répété Tiphaine.
-Renvoyée pour non-paiement des livres scolaires. Chose absurde. Totalement idiot, dit la femme d’un ton sec. Ici, pas question de renvoyer les élèves pour une chose aussi idiote qu’elle ne soit. Bien que ton geste ne soit pas pour autant bien vu, je t’aurai juste demande, moi, de payer un peu plus cher, le supplément étant proportionnel au temps que tu mets pour payer.
-Je suis d’accord avec vous, fit la jeune adolescente. Le fait que la secrétaire s’est mise à la tutoyer sans demander son avis la dérangeait un peu, mais elle ne voulait pas le laisser paraître.
-Oh, suis-je sotte… Mets-toi à l’aise, Tiphaine. Enlève donc tes chaussures !
-Euh… Je suis à l’aise, je vous assure, affirma maladroitement l’intéressée.
-J’insiste ! appuya la femme d’un regard dur et froid.
Cela déstabilisa moralement la nouvelle élève, qui contre son gré se déchaussa, révélant deux pieds mignons, à la peau mate, qui tentaient de se cacher des regards, comme s’il s’agissait non pas de pieds, mais de seins ou d’une paire de fesses. Un petit 39. La secrétaire les fixa avec un sourire figé, et reprit la parole :
-Tu n’as pas de bas en nylon, malgré ce froid ?
-Non, répondit machinalement Tiphaine.
-Le froid n’est pas bon pour des pieds aussi jolis et aussi mignons que les tiens. Tu risques d’avoir des gerçures…
-Je sais, mais ce matin je me suis habillée rapidement, sans prendre mon temps. L’arrivée dans une nouvelle école me bouleversait beaucoup.
-Je comprends, lança la secrétaire sans quitter les pieds de Tiphaine des yeux, au grand désespoir de celle-ci. Nous allons faire une petite visite de l’institut, mais avant je dois te faire lire le règlement de notre école. Voilà ».
La secrétaire tendit un pied marron-beige à Tiphaine.

Règlement de l’Institut Delver



1. Il est prié à tous les élèves de l’Institut Delver, quelque soit le niveau, de porter l’uniforme règlementaire de l’école, propre et repassé. Tout élève ne respectant pas cette règle sera puni par des passages d’une plume d’oie sous la plante des pieds, jusqu’à ce que la mort par épuisement s’en suive.
2. Il est prié à tous les élèves garçon de l’Institut Delver d’avoir les cheveux courts à toutes les saisons. Les cheveux longs sont admis, à condition qu’ils soient tout le temps propres. Tout élève garçon ne respectant pas cette règle sera puni de chatouilles sous les pieds avec les doigts jusqu’à ce que la mort par épuisement s’en suive.
3. Il est prié à tous les élèves fille de l’Institut Delver d’avoir les cheveux longs et attachés uniquement en queue de cheval. Les couettes ou les dreadlocks sont admis, avec un mot des parents approuvant cette coupe. Tout élève fille ne respectant pas cette règle sera puni par des chatouilles sous les aisselles et les côtes, jusqu’à ce que la mort par épuisement s’en suive.
4. Il est prié à tous les élèves de se respecter mutuellement. Toute agression verbale ou physique est passible de chatouilles sous la plante des pieds et les aisselles, tout sexe confondu, jusqu’à ce que la mort par épuisement s’en suive.
5. Il est prié aux élèves de l’Institut Delver de se rendre à tous les cours en temps et en heure. Tout retard ou absence non justifié par un mot des parents est passible de chatouilles sous les aisselles, les côtes et le ventre, jusqu’à ce que la mort par épuisement s’en suive.
6. Le couvre-feu de l’Institut Delver est fixé à 22h00. Tout élève surpris dans la cours de l’établissement ou dans les couloirs une fois cet horaire passé sera condamnée à se faire chatouiller les plantes des pieds par les chats jusqu’à ce que la mort par épuisement s’en suive.
7. Il est autorisé aux élèves de l’Institut Delver de lire jusqu’à 22h30 les soirs de semaine, jusqu’à 23h30 en fin de semaine. Tout élève surpris en train de lire après minuit sera condamné se faire lécher la plante des pieds par les chiens et chatouiller les aisselles, jusqu’à ce que la mort par épuisement s’en suive.
8. Tout jeu pouvant causer des dommages physiques et matériels sont condamnés. Tout élève de l’Institut Delver jouant à l’un de ces jeux est condamné à se faire lécher les pieds par des chiens et chatouiller les aisselles et les côtes, jusqu’à ce que mort s’en suive.
9. Tout élève se livrant à des pratiques sexuelles dans l’Institut Delver est condamné à se faire chatouiller les pieds par une chèvre, les aisselles, les côtes et le ventre par des brosses à dents, à chaussure ou à cheveux, jusqu’à ce que mort s’en suive.
10. Tout élève chatouillant un autre élève se fera chatouillé la même zone par le même instrument jusqu’à ce que mort par épuisement s’en suive.
11. Tous les élèves sont priés d’assister aux condamnations en public, sans quoi toutes personnes, élèves ou professeur, n’assistant pas à la condamnation sera condamnée à son tour en public.
12. Toute tentative de fuite ou d’attentat dans l’Institut Delver est puni par passages de brosse à cheveux sous la plante des pieds, léchage des aisselles par des chèvres et chatouilles des côtes et du ventre jusqu’à ce que mort par épuisement s’en suive.
13. Tout élève n’ayant pas la moyenne au bout d’un trimestre sera puni de la façon décrite dans l’article précédent, jusqu’à ce que mort par épuisement s’en suive.
14. Toute tentative d’attaque envers un professeur est condamnée par les chatouilles procurées par ce même professeur, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Tiphaine tint le papier longtemps après avoir fini la lecture. Elle se disait qu’elle était tombée dans le mauvais endroit. Punir par les chatouilles jusqu’à l’épuisement de la victime ? Cela explique sûrement le vide sidéral et sidérant régnant dans l’Institut. Sans le savoir, Tiphaine avait laissé ses pieds à la vue de la secrétaire, qui le temps de la lecture s’imaginait les chatouiller. Tiphaine regarda la femme.
« -Maintenant, passez-moi le vrai règlement, dit-elle sur un ton de révolte.
-J’ai peur, ma chérie, que ce ne soit le vrai règlement. Et il est dommage qu’on ne puisse chatouiller les élèves qui nous prennent pour des andouilles après qu’ils aient lu le règlement.
-Je vais partir, loin d’ici.
-J’ai peur, ma chérie, que cela soit impossible, fit la secrétaire d’un ton impassible. Allons visiter l’Institut… »

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