Histoire : Un Monde en Or

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Histoire


Histoire ajoutée le 07/05/2010
Épisode ajouté le 07/05/2010
Mise-à-jour le 03/07/2021

Un Monde en Or

Elle se regardait dans le miroir d’une façon machinal comme tous les matins avant celui-ci. Son visage lui inspirait la même chose qu’à l’accoutumé. C’était un joli visage d'une jeune fille de 16 ans à peine, mais elle ne pouvait s’empêcher de le trouver morne, sans vie. La jeune fille se pinça les joue, tenta de sourire, ne réussissant qu’à grimacer. Elle fronça les sourcils, et expérimenta divers autres facies. Cela ne lui convint absolument pas, comme à l’habitude. Elle soupira.

Un bruit étrange siffla à l’extérieur de la maison. Elle n’eut pas même l’envie d’aller voir ce dont il s’agissait. Et à dire la vérité, elle le savait très bien. Elle fit donc son lit, un air absent collé au visage, l’ennui profondément marqué sur ses traits. Sa robe de chambre aux broderies d’or était légère sur ses épaules. Elle se refusait à enfiler quelque chose de plus lourd, ce qui lui interdisait de sortir de cette chambre.

Ceci dit, une faim lui tenaillait le creux de l’estomac. Et si elle se dépêchait, et passait inaperçu, personne ne la verrait. Une personne de son rang n’était pas censée sortir de sa chambre dans une tenue si indécente, mais tant que son père ne l’apprenait pas, cela ne lui posait aucun problème. Elle n’avait pas peur.

Elle se regarda de nouveau dans le miroir. C’était un visage à présent confiant que lui renvoyait la couche de verre. Elle avait un nez légèrement relevé, des pommettes suffisamment hautes pour lui offrir deux petites joues rondes, et ses yeux, d’un bleu sombre, lui renvoyait un étrange sentiment vide. C’était ce que l’on pouvait appeler un regard de glace. Son long cheveu clair tombait en cascade dans son dos, un peu en bataille. Sa robe de chambre, aussi bleu que ses yeux, lui allait magnifiquement bien.

La jeune fille s’empara d’un ruban couleur or et arrangea sa coiffure comme elle en avait l’habitude, se dévisageant dans le miroir, et grimaçant de nouveau en voyant son visage fermé qu’elle était dans une véritable incapacité à étiré pou créer un sourire. Finalement, elle se trouva plutôt jolie et décida qu’il était temps d’aller chercher quelque chose à manger.

Un nouveau sifflement étrange secoua la belle chambre spacieuse et richement décorée. Cette fois ci, la jeune fille ne le remarqua même pas, concentré qu’elle était de retirer ses petits ballerine, pour se retrouver en chaussette. Si elle voulait demeurer silencieuse, ses pas ne devaient être que de petits bruits étouffés. Elle songea même à retirer également ses chaussettes, mais y renonça.

Sûr et décidée, elle ouvrit la porte de sa chambre, abaissant une poignée luisante et s’engageant sans bruit dans le couloir. Elle referma derrière elle avec le plus grand soin avant de jeter un coup d’œil inquiet vers le fond du couloir. Celui-ci était totalement désert. Elle s’élança à pas feutré.

Sa chambre était située dans l’aile ouest, à l’étage, ce qui lui faisait un sacré parcoure à réaliser sans se faire voir. Mais la jeune fille était enthousiaste et emprunta le chemin qu’elle connaissait si bien pour se rendre jusqu’à la cuisine. Elle emprunta un escalier secondaire non loin de la bibliothèque, où elle allait, bien trop souvent à son goût, étudier. Le première étage était peut être désert, mais ça n’allait probablement pas être le cas du Ré-de-chaussé.

Elle faillit glisser plusieurs fois sur le parquet installé dans cette partie au pied de l’escalier. Agacée, la jeune fille se débarrassa de ses chaussettes et les déposa sur la première marche de l’escalier. Elle les reprendrait en passant. Mieux valait qu’elle soit pieds nus pour le reste de son périple. Le sol était froid sous ses orteils mais ce n’était pas désagréable, dotant plus que marcher pieds nus lui donnait une liberté de mouvement très agréable.

Mais elle n’avait pas de temps à perdre. Elle reprit donc sa marche silencieuse et marqué d'une certaine élégance, alors que ses beaux cheveux flottaient derrière elle. Elle poussa une porte de bois aux motifs splendide et atterrit dans un nouveau couloir, où la moquette rouge lui fit un bien fou sous ses petons. Elle s’en délecta les quelques premiers pas puis se dépêcha de traverser le couloir. La grande salle à manger était juste à côté. Et s’il y avait quelqu’un de levé à cette heure, c’était bien là qu’il ou elle serait.

Elle passa sans un regard devant la salle où elle s’exerçait sur son piano à queue sur le sonate au clair de lune, qu’elle massacra presque à chaque fois, et poussa la porte du fond. Un petit escalier la mena vers une section à part de la maison, sous le seuil du premier étage. La cuisine n’était à la vérité, pas une véritable pièce à part entière.

« La cuisine n’est pas un lieu pour une personne de ta classe, lui répétait son père, les cuisiniers et les serveurs y travaillent, ce n’est pas un lieu où l’on s’amuse ou vadrouille. Je ne veux pas t’y voir. »

La jeune fille se débarrassa de la voix autoritaire de son père qui lui embrouillait les idées. L’escalier de pierre était interminable et lui donnait froid aux pieds. Elle regrettait la moquette rouge du couloir derrière elle, et encore plus ses petites chaussettes délaissées dans l’escalier. Elle se dépêcha donc, désireuse de filer au plus vite avec quelque chose à manger

Elle posa finalement le pied sur la dernière marche et poussa la porte qui n’était jamais fermée pour accéder aux cuisines. Elle y jeta un coup d’œil. L’endroit semblait être désert. Mais il ne faudrait pas longtemps pour que bientôt ce soit la pièce la plus bouillonnante d’activité du manoir. La jeune fille se dépêcha donc et traversa la cuisine, bien trop froide à son goût, pour atteindre les réserves de nourriture, endroit que, pour y être déjà allé, elle connaissait bien.

Elle ouvrit quelque placard et y dénicha ce qu’elle voulait. Marie-Antoinette avait dis un jour, s’il n’y a pas de pain, prenez de la brioche. Que ce soit vrai ou non, la formule lui plaisait. Elle s’empara donc d’une miche de brioche absolument pas entamé. Elle sentait bon et, conservée dans un tissu, n’avait absolument pas séché. Ne restait plus qu’à trouver un peu de chocolat…

- Qu’est ce que tu fais là ?

Un frisson la parcouru. Elle connaissait bien cette voix…

1 : Il s’agissait de son père
2 : Il s’agissait de son grand frère
3 : Il s’agissait du majordome
4 : Il s’agissait de sa petite sœur



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