Histoire : Dans l'espace, personne ne t'entendra crier (Épisode 02)

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Histoire ajoutée le 29/07/2023
Épisode ajouté le 01/08/2023
Mise-à-jour le 01/08/2023

Chapitre 2

Initialement, je n'étais pas censée écrire de suite à cette fiction et après réflexion, j'ai décidé de me laisser tenter. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Vos retours et conseils seront vivement appréciés. A bientôt peut-être ^^




Chapitre 2


Il y eu des hurlements puis des coups de feu et soudain, plus rien. Le silence. Elle tendit l’oreille mais n’entendit rien. La capitaine savait la pièce sans issue. Aucun moyen de s’échapper. Elle était acculée. Attendait-on qu’elle sorte de son plein gré ? Son cœur se mit à battre la chamade. Une explosion brutale détruisit la porte. Son souffle failli la renverser mais, par elle ne su quel miracle, elle parvint à rester debout. Dans la fumée qui se dissipait, elle distingua trois Kétha’s dont les iris dorés semblaient la transpercer. Elle se jeta sur un scalpel qu’elle trouva sur la table la plus proche et le pointa sur la gorge de Daemas qui laissa échapper un hoquet de surprise.

« N’approchez pas ou je le tue ! » S’écria t- elle d’une voix qu’elle aurait voulu moins tremblante.

Evidemment, elle n’en avait pas l’intention mais elle espérait que ses congénères tenaient suffisamment à leur commandant pour l’en croire capable. Ignorant sa menace, l’un d’eux s’avança. Il s’agissait du Kétha’s le plus vieux qu’elle n’avait jamais vu. Son long manteau noir la laissa à penser qu’il devait s’agir d’un officier. A en juger le casque et l’armure des deux autres restés à l’entrée, ils ne devaient s’agir que de « simples » soldats. Arrivé devant elle, le gradé se contenta de tendre la main, ce qu’elle ne comprit pas.

« Donne. » Siffla t-il.

Son ordre résonna dans sa tête et sans qu’elle ne sache pourquoi, elle obéit. Comme hypnotisée, elle s’approcha de lui et lui remis son arme de fortune. Ça n’est qu’en sortant de cet espèce d’état comateux qu’elle prit conscience de la gravité de son geste. Un sourire mauvais se dessina sur le visage du Kétha’s. Il la remercia faussement pour sa coopération et, d’un regard, ordonna à ses subordonnés d’aller délivrer leur frère. Pendant qu’ils s’occupaient de desserrer ses entraves, l’officier attrapa la jeune femme à la gorge et la souleva lentement du sol. Elle tenta fébrilement d’enlever ses doigts de son cou, en vain. Elle peinait déjà à respirer. Dans quelques minutes, elle serait morte.

« Attendez ! » Cria t- on. « Elle peut encore nous être utile. »

Elle reconnu la voix de Daemas. Le gradé la lâcha à contre cœur et elle s’écroula au sol ou elle toussa à en cracher ses poumons.

« Expliquez-vous. » Siffla t-il, les dents serrées.

-Elle est la capitaine de ce vaisseau. »

Il éclata d’un rire qui leur glaça le sang.

« Je ne sais pas ce qu’elle est allé vous raconter mais elle n’est personne. Je le sais car c’est moi-même qui ai tué le capitaine de ce vaisseau. »

Elle étouffa un sanglot. Daemas lui adressa un regard confus.

« Alors dans ce cas laissez-moi l’emmener à bord. »

-L’heure n’est pas à vos caprices puérils.

-Je suis sûr qu’elle en sait plus qu’il ne le parait. Je veux essayer de l’interroger. »

Le vieux Kétha’s laissa échapper un grognement et conclut :

« Vous avez trois jours. »

Daemas inclina la tête pour le remercier et saisit la jeune femme par le bras. Si au départ elle se débattit violemment, elle comprit rapidement qu’elle ne ferait pas le poids contre le Kétha’s alors elle abandonna, résignée. Les larmes ravagèrent ses joues lorsqu’elle vit les corps inanimés de ses compagnons gisant

dans les couloirs. Daemas la traina jusqu’au hangar ou leur vaisseau mère était amarré. Une fois à l’intérieur, celle qui était désormais sa prisonnière fut abasourdie par la structure du bâtiment. Une végétation luxuriante courrait sous les passerelles en métal mais aussi sur les murs et le plafond du vaisseau. Ces créatures avaient réussit à recréer un écosystème complet au sein d’un environnement hostile et dénué de vie. Bien que terrifiée, elle songea fascinée que si elle s’en sortait, il lui faudrait absolument consigner tout ce qu’elle voyait dans un carnet. Le Kétha’s s’arrêta devant une porte qu’il déverrouilla grâce à l’empreinte de sa main. Elle supposa qu’il s’agissait de sa chambre. Elle sentit sa respiration s’accélérer. Daemas la poussa à l’intérieur et referma derrière lui. Puis il lui attacha les bras à un anneau qui pendait au mur et s’écroula sur le lit suspendu un peu plus loin. Et maintenant ?

« Je suppose que vous leur faites toute le coup… » Trouva t- elle le courage d’avancer.

-Pardon ?

-Emmener les filles qui vous résistent dans votre jungle pour les punir, ça à l’air d’être un truc qui vous plait.

- Pour qui me prenez-vous ? Je ne suis pas un monstre ! Il est vrai qu’il y en a eu beaucoup mais rassurez vous, je suis loin d’avoir été le seul à en profiter ici. »

Elle supposa qu’il souriait car sa voix était étrangement chaleureuse.

« Vous savez, quand on vit dans une société matriarcale, le respect de la femme est l’une des premières choses qu’on apprend. Vous êtes la seule à bénéficier d’un tel traitement. » Poursuivit-il.

Il se releva doucement, de sorte à ce qu’elle puisse voir son visage, et demanda :

« Alors comme ça vous n’êtes pas capitaine. »

Elle soupira et hocha doucement la tête de droite à gauche. Autant avouer. De toute façon, au vu de sa situation, que pouvait-elle faire de plus ?

« J’ai été recrutée en tant que médecin de guerre. On ne m’a pas laissé le choix. Avant j’étais kinésithérapeute. Ça faisait trois ans que j’exerçais sur le titan. Quand on m’a apprit votre capture, j’ai demandé à vous interroger. Au vu de ma profession, vous comprenez sans doute maintenant la méthode employée. Je suis incapable de faire du mal aux gens. On a transformé mon infirmerie en chambre de torture improvisée et j’ai revêtu l’uniforme de mon capitaine dans l’espoir de le protéger. L’idée était que vous en sachiez le moins possible sur nous si jamais vous parveniez à vous échapper de votre propre chef, de vous transmettre de fausses informations. »

Tout en continuant à parler, elle remarqua qu’il massait vigoureusement son épaule.

« Vous souffrez ? » Demanda t- elle innocemment.

-Eh, la faute à qui ? Votre table de torture n’est pas des plus confortables. »

Elle laissa échapper un léger rire, amusée par ce savant mélange entre humour et ironie.

« Est-ce que vous permettriez que je vous examine ? »

-ça, ça n’est même pas la peine d’y penser ! Et ça n’est pas non plus la peine d’essayer de me faire les yeux doux. Ça ne marche pas avec moi. »

Elle fronça les sourcils.

« Mais je n’essaie rien du tout. Serait-il possible que vous ayez apprécié notre premier contact plus que vous ne le laissiez paraître ? » Répondit-elle sur un ton moqueur.

Ses joues devinrent subitement violettes.

« Mais pas du tout ! Et je vous prierais d’arrêter de changer de sujet de conversation ! »

-Oh, oh, oh ! Ça c’est la meilleure ! Parce que c’est moi qui change de sujet de conversation ?

-Silence ! »

Sa voix avait tonné comme un orage. Elle se tu. 

« Laissez-moi au moins jeter un œil ! Qu’avez-vous à y perdre ? Vous savez que je ne peux pas m’enfuir et de toute façon, je ne suis même pas armée ! » Insista t- elle.

Il laissa échapper un grognement puis, après avoir violemment pesé le pour et le contre, se précipita pour la libérer.

« Pas de coup fourrés. Si jamais vous me trahissez, je vous tuerai sans hésitation. Compris ? » Grogna t-il.

Tout en frottant ses poignets pour en apaiser la brûlure, elle hocha la tête. Il prit, une chaise et s'y assit, dos à elle. Sans un mot, elle commença à palper son épaule à la recherche du point de douleur. Elle s'arrêta en l'entendant pousser un faible gémissement. 

"Ça fait mal ?" 

Il inclina la tête. Avec une tendresse qui le surprit, elle se mit à masser la base de son cou. Ses muscles se détendirent et en a peine quelques secondes, ses paupières papillonnaient déjà. 

"Est ce que ça fait du bien ? " 

-Je... Je crois." Fit-il comme brusquement réveillé. 

Elle descendit doucement dans son dos et nota : 

"Vous avez de sacrés nœuds." 

-Des nœuds ???

-Musculaires. Vous êtes souvent stressé ? 

-Non. 

-Vous mentez mal. Pourriez-vous essayer de vous allonger ? Le dossier de la chaise me gêne. 

-Hors de question. 

-Oh ça va ! Si j'avais voulu vous planter un couteau dans le dos, il y aurait longtemps que je l'aurais fait !" 

Il hocha la tête d'un air de dire "pas faux". 

"Allez, on s'allonge !" Insista t- elle. 

Après avoir longuement grommelé, il se coucha sur le ventre et attendis. Elle effectua ensuite de petites pressions succinctes le long de sa colonne puis malaxa avec un peu plus d'énergie le bas de son dos. Elle entendit sa respiration ralentir doucement. 

La douleur disparaissait. Son corps se battait depuis ce qui lui semblait être une éternité et ce répit inespéré lui offrait le repos dont il n'avait jamais pu réellement profiter. Il se rendit compte que ses paupières clignaient un peu trop souvent mais il n'avait plus la force de lutter. L'envie non plus d'ailleurs. 

"Je ne connais même pas votre nom..." Murmura t-il d'une voix presque éteinte. 

-Ambre. 

-Ambre..." Répéta t-il tout bas. 

Il ferma les yeux et sombra lentement dans le sommeil. 

Quand elle comprit qu'il dormait, elle s'arrêta un instant pour contempler son visage serein. 

"C'est qu'il pourrait presque être mignon, cet abruti quand il ferme sa bouche." Songea t- elle, amusé. 

Elle descendit doucement du lit et couru ventre à terre arracher l'une des lianes qui pendaient du plafond. Elle pria intérieurement pour qu'elle soit assez solide. Elle retourna ensuite auprès du Kétha's et lui ligota les bras autour de l'attache du lit puis noua ses chevilles. Ça devrait lui faire gagner un peu de temps. Du moins, elle l'espérait. Elle se précipita ensuite vers la porte et tenta de l'ouvrir. Mais il n'y avait ni poignée ni serrure sur cette dernière. Uniquement l'empreinte d'une main dans laquelle elle tenta de mettre la sienne bien que se doutant que ça se solderait par un échec. Effectivement, la porte resta close. Daemas était le seul capable de la déverrouiller. À bout de forces, elle posa son front contre la porte et ferma les yeux. Elle s'imagina chez elle, entourée de ceux qu'elle aimait. Son corps fut secoué de sanglots quand elle comprit qu'elle ne les reverrait peut-être jamais. Qu'allait-elle faire maintenant ? 

Un grognement dans son dos la tira subitement de ses pensées. Il se réveillait. Déjà ? Son rythme cardiaque s'accéléra. Que faire ? 

De son côté, Daemas, encore anesthésié par la sensation que lui avait laissé les soins de la jeune femme, ouvrait paisiblement les yeux. Il voulu s'étirer mais se rendit compte que ses bras étaient fermement attachés au dessus de sa tête. Il râla intérieurement. Pas encore ! 

"Aaaambre. Je croyais que nous nous étions mis d'accord. On avait dit pas de coups fourrés. " Râla t-il. 

Elle fit volte-face, les yeux inondés de larmes. 

"Pour être torturée comme un animal ? Non merci ! J'ai vu de quoi votre peuple était capable." 

- Calmez-vous et réfléchissez. Vous savez que vous ne pouvez pas sortir de cette chambre. 

-Je veux juste rentrer chez moi."

-Soyez raisonnable. Même si vous y arriviez, ce vaisseau est truffé de gardes. Vous vous ferez descendre à peine un pied dehors. 

-C'est pour ça que vous allez m'aider. 

-Evidemment ! Quelle question ! 

-On parie ?"

Elle essuya violemment ses joues du revers de la main puis s'approcha de lui avec un sourire malicieux. 

"Ambre. Je connais ce regard. Je sais ce que vous avez en tête et je vous le déconseille fortement. Ça risque de vous coûter cher, très cher." 

-J'ai plus rien à perdre. 

-Je vous préviens, je vais crier.

-ça, vous pourrez toujours essayer." 

Et aussitôt dit, elle tenta de le bâillonner mais comme il essayait de lui mordre les doigts, ça ne lui rendit pas la tâche facile. Quand enfin elle réussi, elle s'autorisa à pousser un soupir de soulagement. Elle lui tapota la joue puis s'assit à califourchon sur ses hanches. Daemas écarquilla les yeux. 

Doucement, elle se mit à effleurer le bas de son dos, ce qui lui déclencha une série de frissons pas des plus agréables puis remonta lentement jusqu'au creux de ce dernier où elle se doutait qu'il serait sensible. Comme il commençait à se trémousser, elle comprit que la méthode fonctionnait. Elle continua son ascension jusqu'à ses omoplates ou il émit un gémissement étouffé. Elle leva un sourcil. La zone était visiblement plus réceptive qu'elle ne l'aurait pensé. Elle continua donc pendant de longues secondes à gratouiller du bout de ses ongles les omoplates du pauvre Kétha's. Si ce dernier s'obligeait à rester silencieux, ses tremblements, eux, ne mentaient pas. Un sourire victorieux illumina son visage quand elle l'entendit pousser ses premiers gloussements. 

La tête enfouie dans le matelas, Daemas se mordait l'intérieur des joues. Les informations qu'il avait déjà livrées malgré lui à sa tortionnaire n'avait fait qu'aggraver le supplice. Son bâillon se trempa de bave. Il failli lui hurler d'arrêter en la sentant grimper jusqu'à son cou mais tint miraculeusement bon. Son souffle chaud sur sa nuque secoua son corps d'un nouveau frisson. Quand il comprit ce qu'elle avait l'intention de faire, Il cru que son cœur s'était arrêté de battre.

"Ambre, je..." 

Trop tard. Il ne pu continuer sa phrase, ses baisers mortels lui arrachant une nouvelle série de gloussements. Ses lèvres toujours sur sa peau, ses doigts se mirent à effectuer avec une lenteur volontaire des vas et viens de ses aisselles à ses flans. Il serra les dents. Et soudain, elle plongea sur ses côtes avec une rapidité à laquelle il ne s'était pas préparé. Le cri étouffé qu'il laissa échapper la fit sourire. Il serait bientôt mûr pour la négociation. Elle se releva pour prendre son souffle puis délaissa cette partie de son anatomie pour rejoindre ses omoplates en continuant à l'effleurer du bout des doigts. Quand elle y fut, elle y effectua de doux vas et viens entre ses épaules, son cou et ses aisselles. Ses gigotements étaient de plus en plus violents. Elle peinait à le maintenir. 

Elle se plaqua donc de nouveau sur lui et recommença à lui embrasser le dos tandis que ses mains coulaient dangereusement vers ses aisselles.

Daemas cru devenir fou. Les baisers dont elle le gratifiait lui procuraient une sensation qu'il n'aurait su décrire, une sensation à mi chemin entre le bonheur et l'horreur. Il aurait été incapable de dire s'il aimait ou s'il détestait ça. Quand elle attaqua de nouveau ses aisselles, il fit tout son possible pour la désarçonner mais ne réussit qu'à se renverser sur le côté. 

"Question tactique, je pense que vous n'auriez pas dû faire ça."

Le temps qu'il comprenne, elle avait déjà enroulé ses jambes autour de sa taille et martelait son ventre de petits coups qui lui firent définitivement perdre la raison. 

Tandis qu'une main s'occupait de faire vivre l'enfer à son estomac, une autre continuait de lui gratouiller le creux du dos. Quand il pensa que ça ne pouvait pas être pire, elle se remit à l'embrasser. Il hurla si fort et pendant si longtemps qu'il en perdit sa voix. 

Ambre arrêta aussitôt le supplice et enleva le bâillon de sa victime. Le sourire beat qui fendait son visage lui indiqua qu'elle avait bien travaillé. Ses yeux avaient tendance à rouler dans ses orbites. 

Elle lui pinça le nez et secoua légèrement sa tête. Ses paupières papillonnèrent faiblement. 

"Daemas. Ça n'est pas le moment de dormir. J'ai besoin de vous." 

Il laissa échapper un grognement. 

"Vous pourriez pas me foutre la paix, un peu ?"

-Vous allez m'ouvrir cette porte et m'accompagner jusqu'à votre hangar d'où je pourrai prendre une navette pour m'échapper. 

-Vous m'avez vidé... ‘Voudriez pas qu'on fasse ça demain plutôt..." 

Elle fit glisser un doigt le long de son dos ce qui agrandit le sourire qu'il avait déjà. 

-C'est bon, c'est bon. " Gloussa t-il "Mais comment voulez vous que je fasse saucissonné comme je le suis ?" 

Elle se gratta l'arrière du crâne. Elle n'avait pas pensé à ça. 

"En fait, je ne sais même pas comment vous libérer... Je vous ai trop bien attaché et je n'ai rien de coupant sur moi." 

Il leva les yeux au ciel. 

"Amatrice..." Siffla t-il. 

Il reprit : 

"Il y a un couteau dans ma botte. Prenez le mais faites attention." 

Elle glissa sa main dans sa botte droite, le long de sa cheville mais n'y trouva rien. Elle entreprit de fouiller de l'autre côté au cas où elle se serait trompé mais ne sentit rien outre la plante de pied de son propriétaire qu'elle entendit rire à gorge déployée. 

" PAS CELLE LÀ ! PAS CELLE LÀ, IMBECILE " S'égosilla t-il. 

-Comment est ce que je pouvais savoir, hein ?! Vous n'avez pas précisé ! Est ce que c'est de me faute si on ne peut pas vous toucher sans que vous éclatiez de rire ?"

Il lui adressa un regard qui voulait tout dire. 

"Oui non pardon, oubliez cette question." 

Elle se rendit donc dans la botte gauche et y trouva le couteau qu'elle contempla quelques instants. Elle avait enfin un moyen de pression mais serait-elle capable de l'utiliser ? Elle trancha les liens du Kétha's qui se remis difficilement assis. 

"La porte maintenant." Lui ordonna t- elle. 

Il sauta à terre. Ça lui faisait toujours bizarre de le voir debout. Il la dépassait d'au moins une tête. 

Au moment ou elle cru qu'il allait lui passer devant, il lui saisit violemment le poignet et serra jusqu'à ce que la douleur lui fasse lâcher son arme. Quand il entendit le bruit cristallin de la lame sur le sol, il la poussa contre le mur mais elle lui donna un coup de pied dans l'estomac qui le fit brutalement reculer. Elle couru jusqu'au couteau mais il se jeta sur elle et l'écrasa du poids de son corps. 

C'est le moment où la porte de la chambre s'ouvrit, révélant le supérieur de Daemas ainsi qu'un garde. Ils retinrent leur respiration. 

"Nous avions entendu des cris ainsi que des sons de lutte. Nous pensions que vous étiez en danger mais de ce que je vois, l'interrogatoire se passe mieux que prévu..." Remarqua le gradé. 

Ils se rendirent brutalement compte de la position dans laquelle on les avait trouvés. 

"Non mais c'est pas du tout ce que vous croyez !" S'ecria Daemas. 

-Oui, croyez le ! Je préférerais encore presque me faire séduire par mon ex !" Renchérit Ambre. 

Le Kétha's leva un poing en l'air. 

"Il suffit. Pas à moi. Moi aussi quand j'avais votre âge, j'allais m'amuser avec les humaines. Vous avez raison d'en profiter tant que vous êtes encore jeune." 

Dégoûtée par cette remarque salace, Ambre lui adressa un regard empli de mépris qu'il ne remarqua pas. Puis il claqua des mains et conclut : 

"Bien. Veuillez me pardonner cette intrusion."  

Et il referma la porte, un sourire amusé sur les lèvres. La jeune fille réprima un frisson. 

"Non mais vous imaginez, vous et moi ?!" Fit-elle. 

-insensé. 

-ridicule !" 

Ils marquèrent une pause. 

"Je suis si repoussant que ça ?" Demanda Daemas d'une toute petite voix. 

-Mais là n'est pas la question !!! Vous m'avez enlevée et séquestrée ! 

-VOUS m'avez enlevé et séquestré ! 

-Vous avez saboté mon vaisseau ! 

-Qui n'était pas réellement le votre, soit dit en passant. 

-Vous avez tué mon capitaine !" 

Ses yeux s'écarquillèrent. 

"Je suis désolé... Ça n'aurait pas dû se passer comme ça." 

Elle se détendit, surprise par des excuses aussi soudaines. Et puis non, c'était trop gros. Elle ne tomberait pas dans le panneau. Elle tenta d'attraper le couteau qui n'était plus qu'à quelques centimètres de ses doigts mais au moment où elle allait réussir, il lui écrasa doucement la main et récupéra l'arme. 

"T-t-t-t, vous pourriez vous faire du mal." 

Toujours assis sur elle, il rangea le couteau dans sa botte. 

"Est ce que ça vous tuerait de relever vos fesses ? Vous pesez trois tonnes..." Fit-elle, essoufflée. 

-c'est toujours deux de moins que vous..." Répondit-il. 

Elle lui jeta un regard, outré. Il profita qu'il avait l'avantage pour se retourner en direction de ses pieds. Quand elle sentit qu'il lui enlevait ses chaussures, elle s'exclama : 

"Daemas, vous n'avez pas besoin de faire ça. Je vous dirai tout ce que vous voulez savoir. Ce que je vous ai dit tout à l'heure était la vérité et je l'ai fait de mon plein gré ! Posez-moi n'importe quelle question ! "

Il lui jeta un regard par dessus son épaule. 

"Par contre, si vous commencez déjà à chanter comme un canari, ça s'annonce mal pour la suite..."

-Je ne pourrai rien vous apprendre de plus. Vous le savez maintenant, je ne suis pas capitaine. Je ne suis personne. 

-Apprenez ma chère qu'aucun individu n'est réellement personne. Peut-être vous considérez vous comme personne du point de vue politique, sociétal ou je ne sais encore quels critères mais je vous assure que vous êtes bel et bien quelqu'un. D'ailleurs, si vous n'étiez personne, je ne pourrais pas faire ça." 

Il termina sa phrase en gratouillant délicatement sa plante du bout de sa griffe. Ce léger contact avait suffit à lui soutirer un rire bref mais extrêmement aigu ce qui en disait long sur sa sensibilité. 

"Je vous avais prévenue que ça risquait de vous coûter cher. Maintenant il va falloir assumer les conséquences de vos actes." 

Il posa ses poignets sur ses talons et à l'aide de ses index, continua d'effleurer délicatement ses plantes. Il ne parvint pas à la faire glousser, la sensation étant telle que le rire était la seule réponse possible à cette attaque. Comme si ses barrières mentales s'étaient effondrées d'un seul coup. 

"Qu'est ce que vous voulez à la fin ?!" S'époumona t- elle en se tortillant. 

-Initialement rien mais si vous êtes réellement prête à me donner quelque chose, essayons ceci : quels sont vos moyens de défense sur Cassiopée ? 

-J'en sais rien, je suis personne je vous dis ! J'suis quelqu'un de tout à fait lambda !"

Peu convaincu, il commença doucement à retirer ses chaussettes. Elle essaya de les retenir avec ses orteils, en vain. 

"NON ! Ça sert à rien de continuer ! Croyez moi, je ne supporte vraiment pas qu'on me touche les pieds. Vous allez me tuer ! Si je savais quelque chose, je vous l'aurait dit !"

-Je ne suis pas d'accord, vous venez de me donner un tas d'informations extrêmement intéressantes." 

Il débuta la torture en caressant la base de ses orteils puis remonta doucement jusqu'au talon. Il l'entendit taper violemment du poing en suppliant de la lâcher. L'ignorant royalement, il continua le traitement puis se mit à titiller un peu plus vigoureusement sa plante qu'il savait désormais affreusement sensible. Ambre se mit à rire à gorge déployée. 

"S...ahahahahahah... Sadique !" L'insulta t-elle en reprenant miraculeusement son souffle. 

-Vous me flattez." 

Il décida de passer à la vitesse supérieure et utilisa tous ses doigts pour courir sur les pieds sans défense de sa victime. 

" ON A DES SATTELITES !" S'égosilla t-elle brusquement.

Il s'arrêta. 

"Ouais ! Des satellites ! Ils sont chargés de repérer tout objet qui pénètrerait dans notre atmosphère et de le détruire si celui-ci ne lui donne pas le bon code. Et on a aussi des mines spatiales. Que des trucs construite spécialement pour vous exploser à la tronche. Monsieur le grand vilain Kétha's est content ?" 

-Et quel en est le code ? 

-Je ne le sais pas. Seul le capitaine et les officiers le savent. Et vous les avez tués."

Il discerna qu'elle ne mentait pas.

"À dire vrai, ceci n'est pas tout à fait exact."