Histoire : [F/F] Une expérience de la soumission par les chatouilles (Épisode 02)

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Histoire ajoutée le 05/01/2025
Épisode ajouté le 05/01/2025
Mise-à-jour le 08/01/2025

Démasquée

Préambule :

Ce chapitre ne présente pas de longue scène de chatouille à proprement parler, néanmoins il n'en reste pas moins important dans l'intrigue. Je l'ai donc maintenu dans le processus d'écriture. 

Bonne lecture à tous.

Chapitre 2 : Démasquée

Les heures passèrent, et la lumière du jour laissa place aux teintes profondes de la nuit parisienne. Le silence régnait dans l’appartement, seulement troublé par les bruits lointains de la ville qui, elle, ne dormait jamais. 

Kiara, cette fois réellement fatiguée, s’était endormie sur le canapé, toujours emmitouflée dans son plaid. Sa respiration était lente et régulière, trahissant un sommeil profond et paisible. Ses pieds, partiellement découverts, dépassaient du plaid, toujours dans leurs chaussettes fines.

Alma, quant à elle, tournait et se retournait dans son lit sans parvenir à trouver le sommeil. Dans la rue, parfois quelques riverains discutaient, riant à gorge déployée. Cela lui rappela les échanges de l’après-midi, qui ne cessaient de trotter dans son esprit. Elle ne pouvait s’empêcher de repenser aux réactions de Kiara. Ce mélange de défi, de contrôle feint, et d’une vulnérabilité qu’elle avait perçue l’intriguait plus qu’elle ne voulait l’admettre.

Finalement, elle abandonna l’idée de dormir et se leva doucement. Pieds nus, elle traversa l’appartement, guidée par un instinct qu’elle ne s’expliquait pas vraiment. Lorsqu’elle arriva dans le salon, la lumière tamisée d’un lampadaire extérieur éclairait faiblement la pièce, jetant une douce lueur dorée sur Kiara, toujours profondément endormie sur le canapé.

Alma s’arrêta un instant dans l’encadrement de la porte, contemplant sa colocataire qui dormait paisiblement. Il y avait une sérénité presque désarmante dans son visage détendu, un contraste frappant avec son énergie journalière habituelle. Elle s’approcha doucement, à pas légers pour ne pas briser le calme. Elle s’accroupit à nouveau au bout du canapé, là où les pieds de Kiara reposaient, légèrement inclinés vers le bord. Alma hésita, son regard s’attardant sur les courbes délicates du bout des pieds de sa colocataire, dépassants tout juste de sa protection de fourrure.

Ses doigts se dirigèrent instinctivement vers le bord du plaid, qu’elle ajusta légèrement pour dévoiler un peu plus les pieds de Kiara. Elle resta immobile un moment, observant, presque fascinée par la quiétude de la scène. Puis, en écho à l’après-midi, une idée effleura son esprit. Lentement, presque imperceptiblement pour elle-même, Alma approcha sa main. Elle effleura du bout des doigts la plante du pied de Kiara, testant à nouveau la sensibilité qu’elle avait entrevue plus tôt.

Un infime sursaut parcourut le pied endormi de Kiara, et un sourire involontaire apparut quelques secondes sur ses lèvres endormies. Alma retira sa main, observant la réaction avec un mélange de surprise et d’amusement.

« Même dans ton sommeil, tu n’es pas si insensible que ça » murmura-t-elle pour elle-même, un sourire malicieux étirant ses lèvres.

Elle répéta le geste, cette fois avec un peu plus d’assurance, ses doigts traçant une ligne légère le long de sa voûte plantaire. Kiara bougea à nouveau, ses orteils se contractant au passage des doigts à proximité, mais elle ne se réveilla pas. Alma, encouragée, continua, explorant cette étrange dynamique avec une curiosité grandissante. Elle comprenait peu à peu ce qu'il y avait de fascinant dans ce petit jeu.

Mais alors qu’elle s’apprêtait à répéter une nouvelle fois son geste, Kiara bougea légèrement, murmurant quelque chose d’inaudible avant d’ouvrir lentement les yeux.

« Alma… ? » dit-elle d’une voix endormie, son regard encore flou.

Alma, prise sur le fait, se redressa légèrement, mais elle garda un air détendu, comme si rien d’inhabituel ne s’était produit.

« Désolée, je n’arrivais pas à dormir, » dit-elle simplement, son ton calme masquant sa gêne.

Kiara cligna des yeux, essayant de rassembler ses pensées. « Et tu es venue me regarder dormir, c’est ça ? » demanda-t-elle avec un sourire encore empreint de sommeil.

Alma haussa les épaules, un sourire en coin. « Peut-être. Tu sembles plus paisible que d’habitude quand tu dors. »

Kiara ne répondit pas tout de suite, mais son regard sembla s’attarder sur Alma, cherchant à comprendre ce qui l’avait réellement amenée là. Elle fixa Alma un instant, ses yeux encore embués de sommeil. Elle avait cette expression confuse de quelqu’un pris entre le rêve et la réalité. Alma, accroupie au bout du canapé, garda un air parfaitement détendu, comme si sa présence ici au beau milieu de la nuit était la chose la plus naturelle du monde.

« Je fais une insomnie, je crois » murmura Alma en haussant les épaules. « Je me suis dit que je pourrais venir ici, ça m’aide parfois de changer de pièce et d'ambiance. »

Kiara cligna des yeux, son sourire s’élargissant légèrement. « Donc, changer de pièce signifie te poster au bout du canapé pour me regarder dormir ? C’est une technique de philosophie, ça ? »

Alma éclata doucement de rire, mais elle ne montra aucun signe de nervosité, signe de son innocence face à ce petit jeu. « Non, pas exactement. Mais tu semblais si paisible, j’ai eu envie de profiter un peu du calme que tu installes. Rien de plus. »

Kiara s’étira lentement, posant une main sur l’accoudoir pour se redresser légèrement. Son plaid glissa un peu, dévoilant ses épaules et le reste de ses jambes nues toujours étendues.

« Tu devrais essayer de dormir aussi, » dit-elle en bâillant. « Tu ne vas pas tenir demain si tu passes la nuit à errer comme une âme en peine. »

Alma s’assit en tailleur sur la table basse, juste en face du canapé, sa posture décontractée. « Peut-être. Mais parfois, l’insomnie a du bon. Elle te donne le temps de réfléchir… ou de simplement observer les choses sous un autre angle. »

Kiara pencha la tête, ses cheveux tombant légèrement sur le côté. « Et qu’est-ce que tu observes, exactement ? »

Alma haussa un sourcil, un sourire en coin. « Rien de particulier. Juste toi, endormie, qui semblait étrangement… vulnérable. Ce n’est pas un mot auquel je t’associe souvent. »

Kiara plissa les yeux, son sourire devenant plus joueur. « Et qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

Alma secoua la tête, évitant la question. Elle se redressa, posa ses mains sur ses genoux et reprit d’un ton léger :

« Rien. Juste une réflexion de fin de soirée. En tout cas, tu peux te rendormir. Moi, je vais essayer de trouver un livre ou quelque chose pour m’occuper. »

Elle se leva doucement, s’éloignant du canapé avec une aisance feinte, comme si son retour au salon n’avait vraiment été qu’un simple épisode nocturne sans grande signification.

Kiara, toujours étendue, suivit Alma du regard. Elle resta silencieuse, mais son esprit était désormais éveillé, cherchant à déchiffrer ce qui venait de se passer. Elle savait qu’il y avait plus dans l’attitude d’Alma qu’une simple insomnie, mais elle choisit de ne pas insister… pour l’instant.

« Bonne nuit la philosophe, » lança-t-elle finalement, sa voix teintée d’une légère malice.

« Bonne nuit, l'artiste, » répondit Alma depuis l’autre pièce, un sourire énigmatique sur le visage.

Après qu’Alma ait quitté le salon, Kiara resta immobile sur le canapé, fixant le plafond dans l’obscurité. Malgré son apparente nonchalance, elle ne pouvait s’empêcher de se demander ce qui avait réellement motivé sa colocataire à revenir la voir au milieu de la nuit. Était-ce réellement de l’insomnie, comme elle le prétendait ? Ou bien y avait-il autre chose, quelque chose qu'Alma préférait garder pour elle ? Kiara se repassait en boucle les gestes d’Alma, son ton calme, presque trop maîtrisé, et surtout cette manière curieuse qu’elle avait de s’attarder au bout du canapé.

Elle sentit un frisson lui parcourir l’échine en repensant au moment où Alma avait effleuré son pied. Ce n’était pas tant le contact qui l’avait troublée, mais plutôt la délicatesse et l’intention derrière ce geste. Alma avait agi avec une sorte de retenue calculée, comme si elle cherchait à tester ses limites en s’assurant de ne pas la réveiller.

Kiara laissa échapper un soupir, enfouissant son visage dans le coussin. Elle n’avait jamais vu Alma agir de cette manière auparavant, et cette curiosité inattendue la perturbait autant qu’elle la fascinait.

« Qu’est-ce que tu mijotes, ma philosophe ? » murmura-t-elle pour elle-même, un sourire énigmatique étirant ses lèvres.

Peu à peu, la fatigue prit le dessus. Malgré ses interrogations, Kiara se laissa emporter par le sommeil, ses pensées encore tournées vers Alma et cette étrange tension qui semblait s’être installée entre elles.

Le lendemain matin, 9h.

Le soleil se manifesta doucement à travers les rideaux du salon, baignant l’appartement d’une lumière chaude et douce. Kiara s’étira longuement sur le canapé, émergeant d’un sommeil réparateur. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, notant que le plaid était légèrement décalé, comme si quelqu’un l’avait ajusté pendant la nuit. Elle se redressa, passa une main dans ses cheveux en bataille, et se dirigea tranquillement vers la cuisine.

C’est là qu’elle trouva Alma, assise à la table, un café à moitié vide devant elle et des cernes évidentes sous les yeux. Son livre de philosophie était ouvert, mais son regard restait fixé dans le vide, comme si elle n’avait pas assez d’énergie pour lire réellement.

« Eh bien, t’as une tête à faire peur, » lança Kiara en riant doucement tout en attrapant une tasse pour se servir du café.

Alma leva les yeux vers elle, une lueur d’épuisement mêlée de malice dans le regard. « Merci pour le compliment. La nuit blanche, c’est pas mon style, mais il faut croire que c’était inévitable. »

Kiara s’assit en face d’elle, sa tasse de café entre les mains. « Donc tu as vraiment passé toute la nuit à errer dans l’appartement ? T’aurais pu me réveiller si tu voulais parler, tu sais. »

Alma haussa un sourcil. « Et te priver de ton sommeil de plomb ? Non merci. T’avais l’air trop bien à dormir comme ça. »

Kiara fit mine de réfléchir, un sourire narquois apparaissant sur ses lèvres. « C’est marrant, ça. Hier soir, t’as dit que je semblais vulnérable dans mon sommeil. T’es sûre que t’as pas fait autre chose que juste m’observer ? »

Alma s’appuya sur la table, prenant une gorgée de café pour masquer une légère rougeur qui monta à ses joues. Elle répondit avec un ton faussement désintéressé :

« Je te l’ai dit, j’étais juste curieuse. Tu étais là, immobile, et… disons que c’était une façon de passer le temps que de t'observer. »

Kiara pencha la tête, son sourire s’élargissant. « Ah, je vois. Donc passer le temps implique maintenant de t’asseoir au bout du canapé et de jouer les inspectrices des pieds, c’est ça ? »

Alma haussa un sourcil, un peu prise au dépourvu, mais elle resta stoïque. « Tu t’imagines des choses. Peut-être que je m’ennuyais simplement. Ou peut-être que je voulais vérifier si tu étais vraiment aussi insensible que tu le prétends »

Kiara éclata de rire, posant sa tasse sur la table. « Oh, alors on y revient. T’as pas pu résister, hein ? T’es plus intriguée par tout ça que tu veux bien l’admettre. »

Alma, bien que visiblement fatiguée, ne put s’empêcher de sourire. « Peut-être. Mais je te rappelle que c’est toi qui as planté cette idée dans ma tête. Ne viens pas te plaindre maintenant. »

Kiara croisa les bras, s’appuyant contre le dossier de sa chaise. « Me plaindre ? Pas du tout. En fait, je trouve ça plutôt marrant. Et franchement, vu ta tête ce matin, je dirais que tu t’es bien amusée, non ? »

Alma rit doucement, secouant la tête. « Je suppose que tu avais raison sur un point : tout ça, c’est fascinant »

Un léger silence s'était installé alors que les deux protagonistes buvaient leur café matinal.

« Tu sais » commença-t-elle d’un ton léger, brisant le silence, « hier tu m’as dit que tu trouvais tout ça intriguant. Je crois que ce qui me fascine le plus, c’est pas juste le rire ou la sensation, mais… le fait que tu ne peux rien contrôler dans ces moments-là. »

Alma, qui sirotait lentement son café, releva les yeux vers elle, intriguée. « Comment ça ? »

Kiara haussa les épaules, adoptant une posture détendue. « Eh bien, les chatouilles, c’est un truc bizarre. Ça te fait rire, ça te fait bouger, mais tu n’as aucun pouvoir dessus. C’est instinctif, presque primaire. Tu décides pas de rire, et pourtant t’as pas le choix. »

Elle marqua une pause, guettant la réaction d’Alma, avant de continuer.

« Je suppose que c’est ça qui me fascine. Enfin si on peut dire fasciner… Cette idée de… » Elle chercha ses mots, évitant intentionnellement d’utiliser le terme un peu trop cru qui lui venait à l’esprit. « … lâcher-prise, disons. Être dans un moment où tu ne peux rien contrôler, où tu es juste… toi, sans filtre. »

Alma posa sa tasse sur la table, croisant les bras, un sourire amusé se dessinant sur ses lèvres. « C’est drôle d’entendre ça venant de toi. Toi qui passes ton temps à jouer la fille détachée et toujours en contrôle de ce qui lui arrive. »

Kiara ricanna, prenant une gorgée de café avant de répondre. « Peut-être. Mais c’est justement pour ça que ça m’intrigue autant. C’est rare de se retrouver dans une situation où tout ce que tu peux faire, c’est… accepter ce qui se passe. »

Alma arqua un sourcil, visiblement intéressée par l’angle que prenait la discussion. « Tu penses que c’est ça, alors ? Une sorte de leçon sur l’acceptation ? »

Kiara fit mine de réfléchir, son sourire toujours présent. « Peut-être. Ou peut-être que je trouve juste ça drôle. Mais il y a quelque chose d’unique dans ces moments-là, tu ne trouves pas ? Cette vulnérabilité partagée entre celui qui donne et celui qui reçoit. C’est comme un équilibre étrange. »

Alma resta silencieuse un instant, ses doigts tapotant doucement le bord de sa tasse. Elle semblait peser ses mots avant de répondre. « Tu sais, plus tu en parles, plus je me demande si tout ça ne te fascine pas un peu trop. »

Kiara éclata de rire, secouant la tête. « Hahaha oh non non, je t’assure, c’est juste une réflexion comme ça. Rien de sérieux. »

Alma la fixa un moment, un sourire en coin. « Rien de sérieux, hein ? Pourtant, tu sembles y avoir beaucoup réfléchi. »

Kiara haussa les épaules, jouant l’innocente. « C’est mon côté artiste. Je réfléchis à plein de trucs, c’est tout. Mais toi, qu’est-ce que t’en penses ? »

Alma se redressa légèrement, croisant les bras avec un air faussement sérieux. « Moi ? Je pense que tu as trouvé un moyen de détourner la conversation pour éviter de répondre à mes questions. »

Kiara rit à nouveau, levant les mains en signe de reddition. « D’accord, d’accord, tu m’as démasquée haha. Mais tu dois avouer que c’est quand même un sujet fascinant. »

Alma secoua doucement la tête, un sourire toujours présent. « Peut-être que ça l’est, oui. Mais si tu continues à en parler, je pourrais être tentée de pousser l’expérience un peu plus loin. »

Kiara arqua un sourcil, son sourire devenant légèrement plus malicieux. « Oh, vraiment ? Et qu’est-ce que tu ferais, philosophe ? »

Alma reposa lentement sa tasse sur la table, croisant les doigts devant elle. Un sourire presque imperceptible joua sur ses lèvres alors qu’elle fixait Kiara avec une lueur malicieuse dans le regard.

« Si je devais pousser l’expérience, comme je te l'ai indiqué » commença-t-elle d’un ton calme mais chargé de sous-entendus, « j’irais peut-être la nuit au salon, tu sais quand tu dors profondément, comme hier. Je te retirerais tes chaussettes une à une lentement bien sûr, pour ne pas te réveiller. »

Kiara, qui buvait une gorgée de café, s’immobilisa, son cœur manquant un battement. Elle garda cependant une façade la plus neutre possible, hochant légèrement la tête comme si elle écoutait une réflexion tout à fait normale, mais son regard trahissait son état.

Alma continua, son ton devenant presque contemplatif. « Ensuite, je glisserais doucement mes ongles sous tes pieds, juste assez pour te faire frissonner. Je te regarderais te tortiller, incapable de t’en empêcher, et je ne dirais rien. Je me contenterais de t'observer réagir à mes attaques. »

Kiara posa sa tasse sur la table, feignant une indifférence qu’elle peinait à maintenir. Ses joues s’étaient légèrement rosies, mais elle espérait qu’Alma n’y prêterait pas attention.

« Eh bien, » dit-elle avec un sourire forcé, « tu as une imagination débordante ce matin. Peut-être que toi aussi tu rêves secrètement de ces choses-là, non ? »

Alma rit doucement, s’appuyant contre le dossier de sa chaise. « Qui sait »

Kiara se mordilla légèrement la lèvre, essayant de ne pas montrer à quel point les paroles d’Alma résonnaient en elle. Cette description précise et presque méthodique était tout droit sortie de ses propres pensées les plus secrètes, et savoir qu’Alma en avait parlé si facilement la déstabilisait profondément.

« Oh, je te rassure » répondit-elle avec un rire nerveux, « je ne pensais pas que tu prendrais ça si… sérieusement. Mais bon, c’est toujours intéressant de voir jusqu’où va ta curiosité. »

Alma pencha légèrement la tête, observant Kiara avec une intensité qui la faisait se tortiller légèrement sur sa chaise. « Ma curiosité a ses limites, ne t’inquiète pas. Mais toi, tu as l’air bien nerveuse pour quelqu’un qui prétend tout le temps être en contrôle. »

Kiara se força à rire, levant les mains comme pour balayer l’accusation. « Nerveuse ? Moi ? Pas du tout. Mais si tu veux jouer à ce petit jeu, fais attention, Alma. Tu pourrais bien finir par mordre plus que tu ne peux mâcher, comme tu dis souvent. »

Alma arqua un sourcil, son sourire en coin. « Oh, je suis toujours prête à relever un défi. Mais toi, Kiara… en serais-tu vraiment capable ? »

Un silence électrique s’installa entre elles, et pour la première fois, Kiara sentit qu’Alma avait peut-être pris une longueur d’avance dans ce jeu implicite. Elle sentait la chaleur monter à ses joues. Malgré tous ses efforts pour garder son sang-froid, les mots d’Alma continuaient de résonner dans son esprit, et le regard perçant de sa colocataire semblait lire à travers elle. Elle se força à sourire, mais elle savait qu’elle devait sortir de cette situation avant de perdre complètement pied.

Elle se leva brusquement, attrapant sa tasse vide. « Bon, je vais prendre une douche. J’ai besoin de me réveiller un peu plus. »

Sans attendre de réponse, elle quitta la cuisine d’un pas rapide, laissant Alma seule à la table.

Mais Alma, loin d’être dupe, se leva à son tour, un sourire en coin. Elle prit une dernière gorgée de son café, posa la tasse sur le comptoir, et suivit Kiara dans le couloir, ses pas légers comme si elle voulait éviter de se faire remarquer tout de suite.

Kiara, arrivée dans la salle de bain, posa sa tasse sur le rebord du lavabo et se regarda dans le miroir. Ses joues étaient encore légèrement rosies, et son expression trahissait un mélange de confusion et de frustration. Elle soupira, passant une main dans ses cheveux.

« Reprends-toi, Kiara, reprends-toi » murmura-t-elle pour elle-même.

Elle commença à enlever son sweat, mais une voix derrière elle la fit sursauter.

« Tu fuis toujours comme ça quand tu es mal à l’aise ? »

Kiara se retourna précipitamment pour voir Alma adossée au chambranle de la porte, les bras croisés, un sourire malicieux sur le visage.

« Je ne fuis pas, » répondit Kiara, essayant de masquer son trouble. « Je voulais juste… me préparer pour la journée. »

Alma haussa un sourcil, visiblement amusée par la tentative. « Vraiment ? Parce que ça ne ressemble pas à la Kiara que je connais. Toi qui fais toujours face à tout, tu as l’air de vouloir disparaître tout à coup. »

Kiara soupira, levant les yeux au ciel. « Je ne disparais pas. C’est juste que… tu es un peu intense avec moi, ce matin. »

Alma rit doucement, s’avançant légèrement dans la pièce. « Intense ? C’est toi qui as lancé ce sujet hier, je te rappelle. Moi, je ne fais que suivre le fil de tes réflexions. C'est ça aussi, être philosophe. »

Kiara recula instinctivement d’un pas, se retrouvant contre le lavabo. « Peut-être que j’ai un peu trop parlé » admit-elle, évitant le regard d’Alma.

Alma s’arrêta juste devant elle, son sourire se faisant plus doux, bien que toujours teinté de malice. « Ou peut-être que tu ne t’attendais pas à ce que je prenne tout ça au sérieux. »

Kiara ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun mot ne vint. Elle se sentait piégée dans cette proximité inattendue, incapable de détourner les yeux du regard d’Alma.

Après un moment de silence, Alma fit un pas en arrière, levant les mains en signe de reddition. « D’accord, je te laisse tranquille pour maintenant. Mais sache que tu es bien plus facile à déstabiliser que je ne le pensais. »

Elle tourna les talons et quitta la pièce, laissant Kiara seule, le cœur battant la chamade, l'esprit complètement en vrac, comme si les mots de sa colocatrice avaient révélé au grand jour ses pensées les plus sordides. Voilà, c'est ça : elle se sentait psychologiquement nue.