Histoire : [F/F] Une expérience de la soumission par les chatouilles (Épisode 03)

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Histoire ajoutée le 05/01/2025
Épisode ajouté le 05/01/2025
Mise-à-jour le 11/01/2025

Une journée sous tension

Chapitre 3 : Une journée sous tension.

Après sa douche, Kiara se sentait un peu plus calme, bien qu’elle ne pouvait s’empêcher de penser à l’échange du matin. Elle avait décidé de ne pas se laisser déstabiliser davantage et de tenter, subtilement, de reprendre la main sur ce sorte de jeu qu'elle avait pourtant introduit. 

Lorsqu’elle retourna dans le salon, Alma était assise en tailleur sur un fauteuil, plongée dans un livre. Elle semblait concentrée, mais l'apparition d'un léger sourire au coin de ses lèvres lorsqu'elle entra dans la pièce trahissait qu’elle n’avait pas oublié leur conversation. Kiara avait opté pour une tenue décontractée mais typiquement dans son style : un short ample en coton, d’un bleu pastel qui mettait en valeur ses jambes, et un débardeur blanc simple légèrement ajusté, laissant deviner ses épaules et le contour délicat de ses clavicules. Ses cheveux encore humides retombaient en mèches lâches sur ses épaules, encadrant son visage illuminé par le rouge léger qu’avait laissé la chaleur de l’eau. Aux pieds, elle avait remis ses fameuses mitaines blanches en maille fine, mais cette fois pieds-nus, ce qui laissait ses orteils légèrement exposés, un détail qu’Alma semblait avoir remarqué dès son entrée.

Bien décidée à reprendre la main, Kiara s’installa à l’autre bout du canapé avec son carnet de croquis. Elle griffonna distraitement, lançant de temps à autre un regard en coin à sa colocataire. Après un moment, elle brisa le silence.

« Tu lis quoi la philosophe ? Toujours Kant, ou tu as trouvé un truc plus léger ? »

Alma leva les yeux, son sourire s’élargissant légèrement. « Sartre, cette fois. Mais c’est presque pareil. L’angoisse existentielle, la liberté, tout ça. »

Kiara haussa un sourcil. « Ah, la liberté… ça revient toujours, hein ? D’ailleurs, tu parlais de contrôle ce matin. Peut-être que tu devrais lâcher prise, toi aussi, de temps en temps. »

Alma referma doucement son livre, comme si elle prenait la remarque au sérieux. « Oh, vraiment ? Et comment tu me conseillerais de faire ça, exactement ? »

Kiara fit mine de réfléchir, tapotant son crayon contre son carnet. « Je sais pas. Peut-être… en essayant de ne pas tout analyser tout le temps ? Juste en te laissant aller. » Elle accompagna ses mots d’un sourire innocent, bien qu’elle guettait attentivement la réaction d’Alma.

Mais Alma se contenta de rire doucement, haussant les épaules. « C’est toi l’artiste, pas moi. Le lâcher-prise, c’est ton domaine. Moi, je préfère comprendre ce qui se passe. »

Kiara roula des yeux avec exagération, mais elle ne répondit pas. Elle s’allongea sur le canapé, ses jambes étendues et ses pieds nus posés négligemment sur l’accoudoir. Elle continua à griffonner, feignant l’indifférence, mais en s’assurant que ses mouvements étaient assez visibles pour attirer l’attention d’Alma.

Le temps passa, et bien que rien ne soit dit, Kiara sentait les regards furtifs d’Alma se poser sur elle. Cette dernière semblait concentrée sur son livre, mais son silence était devenu plus palpable, presque chargé d’une tension qu’elle s’efforçait de cacher.

Après un moment, Kiara, mal à l'aise et un peu stressée sans nul doute, fit tomber son crayon au sol, juste devant Alma.

« Oups » murmura-t-elle. « Tu peux me le ramasser ? »

Alma posa son livre sur ses genoux, observant Kiara un instant avec un sourire en coin. Elle se pencha pour ramasser le crayon, mais lorsqu’elle tendit la main pour le lui donner, elle la suspendit un instant devant elle.

« Tu sais » dit-elle calmement, « je me demande si ce n’est pas toi qui as besoin de lâcher prise, Kiara. Tu sembles chercher quelque chose aujourd’hui. »

Kiara sentit une chaleur monter à ses joues, mais elle attrapa le crayon avec un sourire joueur. « Moi ? Pas du tout. Je suis parfaitement détendue. »

Alma se redressa, son sourire ne la quittant pas. « Hmm, si tu le dis.. »

Kiara s'étira paresseusement sur le canapé, laissant ses mitaines attirer un peu plus l'attention en bougeant ses pieds avec nonchalance. Elle faisait semblant de griffonner sur son carnet, mais ses gestes étaient soigneusement calculés. Elle pointa ses orteils exposés vers Alma, les agitant doucement comme si elle voulait tester sa réaction.

Alma, assise dans son fauteuil avec son livre, semblait absorbée dans sa lecture, mais Kiara remarqua les petits coups d’œil furtifs qu’elle jetait dans sa direction. Un sourire joueur s’étira sur ses lèvres.

« Alors, Sartre, c’est captivant ? » lança Kiara, brisant le silence.

Alma tourna lentement la tête vers elle, un sourire en coin. « Très captivant. Et toi, tu sembles bien concentrée sur ton carnet. Une grande œuvre en préparation ? »

Kiara haussa les épaules, feignant l’indifférence. « Juste quelques croquis. Rien d’aussi philosophique que l’angoisse existentielle. Mais toi, tu sembles bien… distraite. »

Alma ferma doucement son livre et le posa sur l’accoudoir de son fauteuil, croisant les bras. « Distraite, moi ? Pas du tout. Mais si tu continues à bouger tes pieds comme ça, je pourrais commencer à croire que tu cherches à attirer mon attention. »

Kiara éclata de rire, bien qu’un peu nerveusement. Elle ramena ses jambes sous elle, les mitaines frôlant le bord du canapé. « Moi, attirer ton attention ? Jamais. Mais c’est intéressant que tu remarques. »

Alma se redressa légèrement, son sourire malicieux s’intensifiant. « Peut-être que c’est toi qui cherches à tester mes limites. »

Kiara, toujours allongée, posa son crayon et s’appuya sur un coude, son expression mi-amusée, mi-défiante. « Et si c’était vrai ? Tu ferais quoi ? »

Alma ne répondit pas immédiatement. Elle se leva tranquillement, ajustant son pull, et s’approcha de l'autre bord du canapé. Kiara, bien que toujours joueuse en apparence, sentit une tension monter en elle. Alma s’arrêta juste devant elle, les mains sur les hanches.

« Tu sais » commença Alma doucement, « avec tout ce que tu racontes sur le contrôle et le lâcher-prise, je pourrais te montrer ce que ça fait vraiment… »

Elle tendit une main et, d’un geste rapide mais délicat, effleura les orteils exposés de Kiara à travers les ouvertures des mitaines. Kiara se contracta instinctivement, un rire incontrôlé lui échappant alors qu’elle essayait de se reculer.

« Alma ! » s’exclama-t-elle, à la fois surprise et amusée.

Mais Alma ne recula pas. Elle se contenta de croiser les bras à nouveau, son sourire s’élargissant. « Oh, je croyais que tu étais insensible, Kiara. C’était pas ce que tu disais ? »

Kiara reprit son souffle, essayant de retrouver une contenance. « C’est pas… c’est pas ce que tu crois. »

« Hmm, bien sûr » répondit Alma en haussant un sourcil. Elle prit soudain un air presque sérieux, avant d'annoncer : « Kiara, est-ce que tu as déjà vraiment essayé de perdre le contrôle ? »

Kiara redressa légèrement la tête, surprise par la clarté de cette question. Elle tenta de garder une expression détendue, mais la tension dans son corps la trahissait. « C’est-à-dire ? » demanda-t-elle, jouant la carte de l’innocence.

Alma s’accroupit à nouveau près du canapé, son sourire en coin réapparaissant. « Eh bien, si c’est quelque chose qui te fascine autant, pourquoi ne pas… essayer ? Je pourrais t’aider. Tu n'as pas envie ? »

Kiara sentit son cœur s’emballer, mais elle fit de son mieux pour garder son calme. « M’aider ? » répéta-t-elle avec un rire nerveux. « Je ne suis pas sûre de ce que tu veux dire »

Alma pencha légèrement la tête, comme si elle analysait la réaction de Kiara. « Simplement te montrer ce que ça fait de lâcher prise. Complètement. Sans réfléchir, sans contrôle. Juste pour voir. »

Un silence s’installa entre elles, lourd de sous-entendus. Kiara ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun mot ne sortit. Elle était partagée entre la tentation et une certaine appréhension. Allait-elle laisser Alma la voir prendre goût à perdre pied ?

Alma, voyant l’hésitation dans ses yeux, se releva doucement. « Bien sûr, c’est toi qui décides » ajouta-t-elle d’un ton léger. « Mais si tu veux savoir ce que ça fait, je suis là. »

Elle se recula légèrement, laissant Kiara seule avec ses pensées, avant de se diriger tranquillement vers la cuisine pour se servir un second café.

Kiara resta figée sur le canapé, son regard fixé sur le plafond mais son esprit plongé dans un chaos de pensées. Les mots d’Alma tournaient en boucle dans sa tête : « Je pourrais t’aider. » Elle avait toujours rêvé d’une telle situation, d’un moment où elle pourrait explorer cette perte de contrôle qu’elle fantasmait tant, mais l’idée que cela puisse arriver maintenant, avec Alma, la laissait bouleversée. Ce qui l’effrayait le plus, cependant, ce n’était pas tant l’idée de se laisser aller, mais le fait qu’elle ne savait pas si tout cela avait le même poids pour Alma que pour elle. Était-ce simplement une curiosité passagère pour Alma, un jeu pour tuer l’ennui, ou y avait-il une réelle intention derrière cette proposition ? Pour Kiara, c’était bien plus qu’un jeu. C’était une porte entrouverte sur une part intime d’elle-même qu’elle n’avait jamais vraiment osé partager. Et si Alma ne le voyait pas de cette façon ? Si elle s’y lançait et qu’au final, cela n’était qu’une expérience anodine pour Alma ? L’idée de dévoiler une vulnérabilité aussi profonde pour quelque chose d’éphémère lui nouait l’estomac. Pourtant, elle sentait aussi une part d’elle-même, plus audacieuse, lui murmurer de saisir cette opportunité, de lâcher prise comme elle en avait toujours rêvé. 

Finalement, elle prit une décision rationnelle : en savoir plus. Elle se leva donc et rejoignit Alma dans la cuisine, son pas hésitant mais déterminé.

Alma était adossée au comptoir, sa tasse de café entre les mains, l’air sereine, presque détachée. Kiara s’arrêta à quelques pas, les bras croisés, son regard cherchant celui de sa colocataire.

« Alma » commença-t-elle d’une voix calme mais ferme.

Alma releva les yeux, son sourire en coin toujours présent. « Oui ? »

Kiara prit une inspiration profonde. « Pourquoi tu me proposes ça ? »

Alma haussa légèrement un sourcil, visiblement surprise par la question. Elle s'attendait à une réponse par la positive. « Pourquoi ? » répéta-t-elle, laissant planer un court silence, réfléchissant à cette question. Elle n'y avait pas vraiment réfléchi elle-même.

« Oui. Pourquoi ? » insista Kiara. « C’est juste un truc comme ça, une expérience qui t’amuse ? »

Alma posa lentement sa tasse sur le comptoir, croisant les bras à son tour. Elle fixa Kiara, et pour la première fois, son sourire laissa place à une expression plus sérieuse.

« C'est une expérience, oui. » répondit-elle doucement, son ton dépourvu de moquerie. « Mais pas seulement pour les raisons que tu imagines. »

Kiara fronça les sourcils, intriguée. « Alors, c’est quoi, ces raisons ? »

Alma s’avança légèrement, réduisant la distance entre elles. « Parce que tu as toujours eu ce talent pour garder le contrôle, Kiara. Sur les situations, sur les gens, et même sur toi-même. Tu donnes l’impression que rien ne te touche, que tout glisse sur toi. »

Elle marqua une pause, ses yeux cherchant ceux de Kiara.

« Mais moi » reprit-elle, sa voix plus basse, presque sensuelle, « j’ai envie de te voir perdre ce contrôle. Pas seulement parce que ça t’intrigue, mais parce que ça m’intrigue aussi. J’ai envie de prendre le dessus, de te voir dans un moment où tu ne maîtrises rien. Toi, la fille qui a toujours su montrer qu’elle maîtrisait tout. »

Kiara sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun mot ne sortit. Ce qu’elle venait d’entendre l’avait autant troublée que fasciné. C'est exactement ce qu'elle cherchait : se fuir elle-même. Alma, voyant son trouble, recula légèrement avec un sourire plus doux. « Voilà pourquoi. Ce n’est pas juste un jeu, Kiara. Pas pour moi. Et je ne crois pas que ce soit juste un jeu pour toi non plus. »

Un silence s’installa, mais il était chargé de tension et de compréhension. Kiara sentait son cœur battre plus vite, ses pensées s’entrechoquant entre l’envie de répondre à cette proposition et l’appréhension de ce qu’elle pourrait révéler en acceptant. Kiara resta immobile, les bras croisés contre sa poitrine, tentant de calmer le tumulte dans son esprit. Les mots d’Alma continuaient de faire écho en elle : « J’ai envie de prendre le dessus… de te voir dans un moment où tu ne maîtrises rien. » Cette révélation, à la fois inattendue et fascinante, avait brisé quelque chose en elle – cette façade de contrôle qu’elle s’efforçait de maintenir.

Elle inspira profondément, levant les yeux vers Alma, qui attendait patiemment sa réaction. Son regard n’était plus moqueur ni provocateur, mais empreint d’une sincérité désarmante, comme si elle lui tendait une main qu’elle n’avait qu’à saisir.

« D’accord » finit par dire Kiara, sa voix à peine plus qu’un murmure.

Alma haussa légèrement un sourcil, surprise par la clarté de cette réponse. « D’accord ? » répéta-t-elle, comme pour s’assurer qu’elle avait bien entendu.

Kiara hocha la tête, serrant les bras un peu plus fort autour d’elle. « Oui, d’accord je veux essayer. Mais… doucement, d’accord ? »

Un sourire s’étira sur les lèvres d’Alma, mais il était dépourvu de malice cette fois. Elle s’approcha d’un pas, réduisant encore un peu la distance entre elles.

« Doucement, bien sûr, » dit-elle calmement. « Tu as ma parole. On fera comme tu le sens. »

Kiara détourna les yeux un instant, comme si elle avait besoin de rassembler son courage une dernière fois. Puis elle redressa la tête, plongeant son regard dans celui d’Alma. « Alors, comment tu veux faire ça ? »

Alma, surprise de pouvoir prendre les devants dans cette situation, posa une main sur le bord du comptoir, réfléchissant un instant. « On n’a pas besoin de précipiter quoi que ce soit. Viens, retourne t’asseoir sur le canapé. On commencera quand tu seras prête. »

Kiara hésita un instant, puis acquiesça. Elle tourna les talons et retourna dans le salon, ses pas plus lents cette fois. Elle s’installa sur le canapé, pliant ses jambes sous elle, ses mitaines frôlant doucement le tissu du coussin.

Alma arriva peu après, s’asseyant à côté d’elle, laissant une petite distance entre elles pour ne pas la brusquer. Elle attendit un moment, lui laissant le temps de se poser, avant de demander doucement : « Prête ? »

Kiara inspira profondément, puis souffla lentement. « Oui. Prête. »

Alma resta un instant immobile, observant Kiara. L’assurance qu’elle avait affichée jusqu’alors semblait légèrement vaciller. Ce rôle qu’elle avait proposé de prendre, celui de mener Kiara à lâcher prise, était nouveau pour elle, et malgré ses mots calculés, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une pointe d’incertitude.

« Très bien » dit-elle doucement, rompant le silence. « On va commencer lentement. Tu me fais confiance ? »

Kiara hocha la tête, bien que ses mains restaient serrées contre le bord du canapé. Elle se redressa un peu, cherchant à se mettre à l’aise tout en essayant de cacher sa nervosité. « Oui.. » murmura-t-elle, sa voix à peine audible. Afin de faciliter cette découverte, Kiara avait plié une jambe sous elle, tandis que l’autre restait allongée sur le coussin du bord du canapé, ses orteils nus exposés dans leurs mitaines. Son dos reposait contre l’accoudoir du canapé, ses bras légèrement repliés autour de ses jambes. Cette posture trahissait un mélange de tentative de détente et de besoin instinctif de se protéger face à cette situation nouvelle et délicate.

Alma posa une main légère sur le bord du canapé, hésitant une fraction de seconde avant de se pencher un peu plus près. Elle tendit un doigt et, d’un geste presque imperceptible, effleura la voûte plantaire de Kiara, juste au-dessus de la mitaine (ce qu'on pourrait appeler les coussinets des pieds). Lorsque le doigt d’Alma effleura le haut de son pied nu, Kiara sentit une vague électrique remonter le long de sa jambe, comme un frisson qu’elle ne pouvait contrôler. Ce n’était pas seulement la sensation elle-même, mais l’idée qu’Alma ait ce pouvoir sur elle qui la faisait vaciller. Elle contracta instinctivement les orteils, mais ce mouvement involontaire ne fit qu’intensifier l’étrangeté du moment.

Un rire léger lui échappa, brisant le silence, et elle sentit une chaleur envahir ses joues. Elle aurait voulu détourner le regard, cacher son embarras, mais le sourire concentré d’Alma la maintenait clouée sur place. De son côté, Alma observait attentivement ses réactions, comme si elle essayait d'associer au geste une réaction. Elle repérait, sans réellement y faire plus attention que ça, les points faibles de sa colocataire.

Elle prit une inspiration, se retenant de précipiter ses gestes. Ses doigts glissèrent à nouveau, traçant une ligne légère et hésitante le long de la chaussette fine. Cette fois, le corps de Kiara réagit davantage, ses jambes se tendant légèrement tandis qu’un rire incontrôlé lui échappait. Alma, malgré son assurance apparente, sentait une chaleur étrange monter en elle. Ce n’était pas juste la dynamique qu’elles exploraient, mais aussi le fait qu’elle était en train de découvrir une facette d’elle-même qu’elle ne comprenait pas encore totalement.

Chaque mouvement des doigts d’Alma était léger, presque hésitant, mais il amplifiait une sensation que Kiara n’arrivait pas à définir. Ce n’était pas uniquement physique – c’était une perte progressive de contrôle, une sorte de vulnérabilité qu’elle n’avait jamais expérimentée de cette manière. Son corps semblait à la fois résister et accueillir ces sensations, et ce paradoxe la laissait confuse, presque désarmée.

Les doigts d’Alma glissèrent à nouveau, traçant une ligne légère sur le bord de la mitaine. Cette fois, les ricanements de Kiara devinrent plus franc, et elle se tortilla légèrement, incapable de dissimuler ses réactions. C’était à la fois frustrant et libérateur, une danse étrange entre ses instincts et son désir de lâcher prise. Elle tirait parfois légèrement sur sa jambe, mais Alma avait eu le réflexe de maintenir sa cheville. Les gestes d’abord hésitants d’Alma devinrent peu à peu plus assurés. Elle semblait prendre goût à ce rôle inattendu, laissant ses doigts glisser avec intention sur les orteils nus du pied de Kiara, visible à travers les ouvertures de la mitaine.

« Alors, Kiara, » murmura Alma, son ton plus affirmé, mais toujours teinté de malice, « c’est ça que tu voulais dire par perdre le contrôle ? »

Kiara ouvrit la bouche pour répondre, mais son rire, incontrôlable, éclata avant qu’elle ne puisse formuler un mot. Ses mains se crispaient sur le coussin à côté d’elle, ses épaules tremblant sous l’effet des sensations qui déferlaient sur son corps. Encouragée, Alma décida d’aller un peu plus loin. D’un geste lent mais assuré, elle attrapa délicatement le bord de la mitaine et la fit glisser, dévoilant complètement le pied nu de Kiara. Elle s’arrêta un instant, tenant la mitaine dans sa main, et lança un regard interrogateur mais taquin à Kiara, dont les joues rosies trahissaient une émotion entre appréhension et excitation.  Kiara sentit une vague de chaleur monter en elle. Sa peau à l’air libre semblait encore plus sensible, comme si chaque centimètre réclamait l’attention que lui accordait Alma. Ses pieds semblaient d'une surprenante dousseur.

« Toujours prête ? » demanda Alma, sa voix calme, mais son sourire trahissant un plaisir nouveau dans ce rôle qu’elle découvrait.

Kiara hocha la tête, incapable de répondre autrement, sa respiration déjà rapide.

Alma posa doucement sa main sur le pied nu de Kiara, ses doigts traçant cette fois des mouvements plus précis, explorant chaque courbe de la voûte plantaire, chaque contour des orteils. La réaction fut immédiate : le rire de Kiara éclata encore plus fort, son corps se cambrant légèrement contre le canapé. Une décharge traversa tout son corps, remontant de sa jambe jusqu’à sa poitrine. Son rire, incontrôlable, éclata immédiatement, et elle sentit ses muscles se contracter sans qu’elle ne puisse rien y faire. 

« Alma… » parvint-elle à articuler entre deux rires, mais sa voix se brisa sous une nouvelle vague de sensations quand les doigts d’Alma glissèrent avec précision sous ses orteils. Ce simple contact, léger mais intentionnel, déclencha une contraction immédiate de ses jambes, son corps cherchant désespérément à échapper à ce point précis de sa sensibilité. Mais elle ne bougea pas réellement. Elle n’essaya même pas de repousser Alma. Une partie d’elle savourait ce moment étrange, cette manière dont son corps, pour une fois, refusait de lui obéir.

« On dirait que tu veux fuir, mais en même temps… tu ne fais rien pour m’arrêter. »

Kiara détourna les yeux, mordant légèrement sa lèvre entre deux éclats de rire, mais son silence était une réponse en soi. Chaque effleurement le long de la plante de son pied lui arrachait un éclat de rire si sincère qu’elle en était à la fois surprise et déstabilisée.

Encouragée, Alma continua son exploration, laissant ses doigts danser sur le dos du pied sensible de Kiara. Elle découvrait que ce rôle dominant lui plaisait, mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine surprise face à sa propre aisance.

« Toi qui as toujours été si sûre de toi, Kiara, » murmura Alma, se penchant légèrement vers elle, « on dirait bien que tu as enfin trouvé quelqu’un qui peut te faire lâcher prise. »

Kiara tenta de répondre, mais chaque tentative de parole était noyée dans un éclat de rire incontrôlable. Ses mains s’agrippaient au canapé comme pour se stabiliser, tandis que son corps entier semblait céder à cette dynamique qu’elle n’avait plus la force de repousser. Alma, désormais bien plus à l’aise dans son rôle, s’arrêta un instant, ses doigts suspendus au-dessus du pied nu de Kiara. Elle releva la tête, plongeant son regard dans celui de sa colocataire. Sa voix, devenue plus ferme, mais toujours teintée de cette douceur qui lui était propre, rompit le silence.

« Tourne-toi. » dit-elle, un sourire en coin.

Kiara, essoufflée et légèrement confuse, fronça les sourcils. « Tourner… quoi ? »

Alma se redressa légèrement, un brin d’autorité dans son ton. « Mets-toi sur le ventre. »

La demande, presque un ordre, fit monter une chaleur étrange dans la poitrine de Kiara. Elle hésita une fraction de seconde, mais l’intensité dans le regard d’Alma, combinée à l’étrange excitation qu’elle ressentait, la poussa à obéir. Elle se tourna lentement, s’allongeant sur le ventre, les bras repliés sous sa tête et ses jambes légèrement étendues sur le canapé. Son short court pastel dévoilait la quasi totalité de ses jambes.

Alma s’installa à ses côtés, ses doigts glissant doucement via le bas de ses chevilles. Elle commença par effleurer ses mollets par des gestes légers mais précis, explorant la réaction de Kiara à chaque mouvement. Pour Kiara, la sensation était différente de celle sur ses pieds. Le contact sur ses mollets provoquait des frissons doux, qui semblaient se propager comme des vagues de chaleur le long de sa colonne vertébrale. Cela ne la torturait pas comme sous ses pieds, mais cela maintenait une tension dans son corps qui l'empêchait de se détendre. Elle mordilla légèrement sa lèvre pour retenir un rire nerveux, mais bientôt, un soupir mêlé de rires étouffés lui échappa.

« Ça va ? » demanda Alma, sa voix calme mais légèrement amusée.

« Oui.. » répondit Kiara dans un souffle, sa tête enfouie dans ses bras.

Encouragée, Alma continua son exploration, ses doigts remontant lentement vers les creux des genoux. Là, elle traça des cercles lents et précis du bout de ses ongles, sachant que cette zone était particulièrement sensible. D'ailleurs, Kiara réagit instantanément, son rire éclatant plus fort, tandis que ses jambes essayaient instinctivement de se plier pour échapper aux sensations ressenties.

« Tu es vraiment réactive ici, » murmura Alma, presque pour elle-même, une pointe d’étonnement dans la voix.

« Arrête, c’est… trop ! » parvint à articuler Kiara, bien que son rire rendait ses mots à peine compréhensibles.

Mais Alma n’arrêta pas, ses gestes restant mesurés mais implacables. Elle laissa ses doigts glisser doucement au-dessus des creux des genoux, remontant graduellement le long des cuisses de sa colocataire. Chaque mouvement semblait éveiller une nouvelle série de frissons chez Kiara, qui se tordait légèrement sur le canapé, son rire devenant plus incontrôlable.

Lorsqu’Alma atteignit l’intérieur des cuisses, ses gestes ralentirent, se faisant presque délicats. Elle caressait l'intérieur de ses cuisses délicatement, ce qui avait pour effet de la faire trembler. Pour Kiara, la combinaison de la proximité et de l’intensité était trop à supporter. Un éclat de rire presque désespéré lui échappa, et elle parvint à murmurer entre deux souffles :

« Alma… attends… pause ! »

Alma s’arrêta immédiatement, levant les mains en signe de reddition. Elle se redressa légèrement, observant Kiara qui reprenait son souffle, son visage à moitié enfoui dans ses bras.

« Ça va ? » demanda Alma doucement, cette fois avec une sincérité désarmante.

Kiara hocha la tête, sa respiration encore saccadée. « Oui… mais c’était intense. Je… j’ai besoin d’une seconde. »

Un sourire satisfait étira les lèvres d’Alma, mais elle garda une certaine retenue dans son expression. « D’accord. Prends le temps qu’il te faut ». 

Elle recula légèrement, s’appuyant contre le dossier du canapé, laissant à Kiara le temps de retrouver son calme. Elle avait réussi à faire perdre le contrôle à Kiara, et déjà elle savait ce qui lui restait à faire. La prochaine étape serait d'ignorer ses supplications.

Kiara, allongée sur le ventre, reprenait lentement son souffle. Les traces des chatouilles d’Alma semblaient encore vibrer sur sa peau, et chaque frisson la ramenait à la vulnérabilité qu’elle venait de ressentir. Elle enfouit son visage dans ses bras, espérant retrouver un peu de contrôle sur ses émotions.

De son côté, Alma observait, un sourire pensif aux lèvres. Elle jouait distraitement avec la mitaine qu’elle avait retirée, ses doigts s’enroulant et déroulant le tissu dans un geste presque mécanique. Puis, soudain, elle rompit le silence avec une proposition inattendue.

« Et si je t’attachais au canapé ? »

Kiara releva brusquement la tête, ses yeux grands ouverts de surprise. « Pardon ? »

Alma haussa les épaules avec un sourire presque innocent. « Tu bouges tellement que je me disais… peut-être que si tu ne pouvais pas bouger, ce serait plus facile. Pour moi, mais pour toi aussi. »

Le cœur de Kiara battait la chamade. Les mots d’Alma flottaient dans l’air, lourds de sous-entendus, mais prononcés avec une telle désinvolture qu’ils semblaient presque anodins. Elle chercha à articuler une réponse, mais chaque mot qu’elle trouvait restait coincé dans sa gorge.

« C’est une blague, non ? » demanda-t-elle finalement, bien qu’une partie d’elle savait que ce n’était pas entièrement le cas.

Alma pencha légèrement la tête, son sourire prenant une teinte plus douce. « Si ça te met trop mal à l’aise, je ne ferais rien. Je te laisse décider. »

« Attacher… au canapé ? » balbutia Kiara, sa voix oscillant entre incrédulité et nervosité.  « C’est… une idée un peu extrême, tu ne trouves pas ? » demanda-t-elle, cherchant à gagner du temps, sa voix teintée d’un rire nerveux.

Alma s’appuya légèrement sur le bord du canapé, se penchant juste assez pour que son regard soit au même niveau que celui de Kiara. « Peut-être. Mais parfois, les idées extrêmes peuvent être… intéressantes. »

Kiara détourna les yeux. Elle savait qu’Alma ne la forcerait jamais à quoi que ce soit, mais le simple fait que cette option ait été mise sur la table faisait monter une chaleur diffuse dans tout son corps. L’idée de perdre encore plus de contrôle, de ne plus pouvoir résister… cela lui semblait à la fois terrifiant et irrésistiblement tentant.

« Tu réfléchis beaucoup » murmura Alma, brisant le silence, son ton calme mais légèrement provocateur.

Kiara tourna la tête, croisant son regard. « C’est toi qui proposes ça comme ça... C'est pas rien quand même ! » répliqua-t-elle avec un petit sourire nerveux. « Mais tu as raison... ce sera mieux ».

Le sourire d’Alma s’élargit légèrement, bien qu’elle garda une retenue respectueuse dans son expression. Elle posa doucement la mitaine sur le bord du canapé avant de se redresser, cherchant calmement ce qu’il lui faudrait pour passer à l’étape suivante.