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- Le secret de Lilou
- Épisode 04
Histoire ajoutée le
23/10/2025
Épisode ajouté le
17/04/2026
Mise-à-jour le
17/04/2026
C'était un de ces après-midis de printemps où le lycée semblait moins pesant qu'à l'ordinaire. Les cours étaient finis, le soleil tenait encore, et Pauline avait proposé qu'on traîne un peu au parc avant de rentrer. J'avais accepté sans réfléchir, c'était exactement le genre de moment dont j'avais besoin. Pas de couloirs, pas de regards, pas de mains qui surgissent de nulle part.
Nous nous étions installées dans l'herbe au pied d'un grand chêne, nos sacs abandonnés en vrac à côté de nous. Pauline avait retiré sa veste et l'avait posé en boule sous sa tête, étendue dans l'herbe avec cette aisance naturelle qu'elle avait dans tout ce qu'elle faisait. Elle portait un jean slim et un tee-shirt à manches courtes légèrement remonté sur ses hanches, découvrant une bande de peau au niveau de la taille chaque fois qu'elle bougeait. Grande, brune, avec ces formes généreuses qui lui donnaient une présence tranquille que j'avais toujours un peu enviée, Pauline était le genre de fille qui occupe l'espace sans effort, sans y penser. A côté d'elle, petite et mince comme je suis, j'avais l'impression d'être une esquisse là où elle était un tableau achevé.
Elle parlait, comme toujours, avec cet entrain qui rendait n'importe quel sujet intéressant. Elle me racontait une anecdote embarrassante de son enfance, une histoire de spectacle de fin d'année, d'un déguisement de lapin raté et d'un élastique qui avait lâché au mauvais moment. Je l'écoutais en souriant, les yeux mi-clos dans la lumière de fin d'après-midi, et pour une fois, je n'étais pas sur mes gardes.
C'est peut-être pour ça que ça m'a frappée.
Pauline riait encore de sa propre histoire quand elle a glissé, entre deux éclats de rire :
- Tu vois, Lilou, tu stresses pour un rien. La vie, c'est simple. Regarde-moi, je ne me laisse jamais atteindre.
J'ai roulé des yeux, mi-amusée, mi-agacée. Elle disait ça avec cette légèreté qui m'agaçait un peu ces derniers temps, comme si ma situation n'était qu'une question de perspective.
- Facile à dire. Toi, personne ne te cherche comme ils me cherchent.
Elle a tourné vers moi ce regard espiègle que j'aurais voulu savoir imiter.
- Peut-être parce que je ne suis pas aussi... réactive que toi.
Réactive. Le mot avait quelque chose de condescendant, même si je savais qu'elle ne le voulait pas. Je l'ai fixée un instant, une idée qui germait.
- Attends. Tu veux dire que tu n'es pas chatouilleuse ?
Elle a haussé les épaules avec une nonchalance parfaite.
- Pas tu tout. Impossible de me faire réagir avec ça.
J'aurais dû laisser passer. Mais quelque chose en moi, l'injustice de la situation, peut-être, ou simplement la curiosité, n'a pas pu résister.
J'ai approché ma main de ses côtes, lentement, presque théâtralement. Elle m'a regardée faire sans broncher, les bras légèrement écartés, le visage parfaitement impassible. J'ai commencer par appuyer doucement à travers le tissu de son tee-shirt, là où moi j'aurais déjà explosé de rire depuis longtemps.
Rien.
Pas un tressaillement, pas un sourire involontaire. Elle a levé un sourcil.
- Tu veux continuer ?
J'ai continué? J'ai glissé mes bras sous ses bras, exploré ses flancs, tenté derrière le cou. J'y mettais du cœur, cherchant le bon endroit avec la même méthode qu'elle avait utilisée sur moi pendant des semaines. Toujours rien. Et puis une idée m'a traversé l'esprit, peut-être que le tissu atténuait la sensation. Peut-être que si j'essayais directement sur la peau, ce serait différent.
- Je peux ? ai-je demandé en désignant le bord de son tee-shirt.
Elle a haussé les épaules, amusée par mon sérieux.
- Vas-y. Tu ne trouveras rien.
J'ai glissé les doigts sous le tissu, posant directement mes mains sur ses hanches. Sa peau était douce et tiède sous mes paumes. J'ai remonté lentement le long de ses flancs, cherchant le point faible, attendant la réaction. Rien. J'ai insisté sur ses côtes, juste sous la cage thoracique, là où chez moi c'était insupportable. Toujours rien. Pauline me regardait faire avec l'air légèrement blasé d'un professeur qui attend que son élève comprenne son erreur.
J'ai tenté les hanches, la taille, même l'intérieur d'un poigner. Rien, rien, et encore rien. Pauline restait de marbre, parfaitement à l'aise, pendant que je m'agitais de plus en plus frénétiquement autour d'elle comme si j'essayais de faire démarrer une voiture en panne.
Elle a fini par attraper mes poignets, d'une poigne ferme mais sans brutalité.
- Lilou, tu vas te fatiguer toute seule.
Je me suis arrêtée, soufflant légèrement, bouche bée.
- Mais... comment tu fais ?
Elle a haussé les épaules, avec ce sourire satisfait qui me donnait envie de la secouer.
- Je ne fais rien. Je ne suis pas réceptive. Tout le monde n'est pas comme toi.
