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- Marina
- Épisode 01
Histoire ajoutée le
20/11/2025
Épisode ajouté le
20/11/2025
Mise-à-jour le
24/11/2025
Bonjour à toutes et tous ! Voilà plusieurs années que je n'étais pas venu ici, mais il m'a pris l'envie de reprendre la plume (pour écrire, je vous vois venir !) et de vous proposer une fiction en plusieurs chapitres. Le deuxième est déjà écrit, mais c'est donnant-donnant : je l'enverrai dans une semaine si vous me donnez vos avis en commentaires ! Bonne lecture !
MARINA
Marina courait. Vite, toujours plus vite. C’était d’ailleurs le meilleur résumé qu’elle aurait pu donner à sa vie. Elle courait et elle écoutait. Le bruit de ses baskets qui retombaient en rythme contre le tapis. Le ronronnement de la machine qui accompagnait sa course. Sa respiration, rapide mais parfaitement contrôlée.
Elle avait pour habitude de mettre des écouteurs pour occulter les bruits de la salle de sport autour d’elle. Mais lorsqu’elle avait la chance d’être seule, ce qui arrivait souvent à cette heure tardive de la journée, elle préférait s’en passer pour se concentrer sur ses sensations. Là, elle se sentait réellement vivante. Là, elle pouvait se repasser mentalement le film de sa vie et faire le point.
Elle était fière d’elle. Elle s’était construite comme elle l’entendait. A 28 ans, elle était déjà responsable de la communication d’une grande société. Elle avait dépassé l’écueil que constituait son petit 1,60 mètres et s’était imposée à tous.
Oh certes, elle s’était fait des ennemis, beaucoup même. Certains pour ce qu’elle était, une jeune femme qui avait réussi. D’autres par son caractère et ses méthodes. Marina ne reculait devant rien pour obtenir ce qu’elle estimait devoir lui revenir, y compris faire courir de fausses rumeurs sur celles et ceux qu’elle considérait comme ses adversaires, même si cela devait amener à les détruire.
Marina sourit sur son tapis de course. Aucun de ses adversaires ne lui était finalement arrivé à la cheville. Personne n’avait pu arrêter, ni même ralentir son ascension. Elle regarda sa montre. Minuit approchait. Voilà une heure qu’elle courait, et elle avait l’impression de pouvoir continuer encore longtemps, si la fermeture de la salle n’était pas programmée dans dix minutes.
A contrecœur, elle appuya sur le bouton d’arrêt de la machine, puis celui de sa montre pour mettre fin à l’exercice. Elle avait tout juste le temps de se doucher avant que le gardien ne fasse sa dernière ronde pour faire sortir les retardataires. Elle attrapât sa serviette, accrochée sur une machine toute proche, et se dirigea vers les sanitaires. Elle était tellement concentrée qu’elle ne remarqua pas la silhouette dans le noir, qui ne la quittait pas des yeux.
L’eau chaude coulait sur ses cheveux, sa nuque, et ruisselait le long des courbes de son corps musclé. C’était là un autre grand motif de satisfaction. Elle venait presque tous les soirs à la salle, quand elle n’était pas prise par son entraînement de kickboxing.
Tout en elle, de ses épaules élargies à ses cuisses puissantes, en passant par ses abdominaux parfaitement dessinés, respiraient la force. Elle avait modelé son corps à l’image de son caractère.
Elle sortit de la douche tandis que l’eau coulait encore, et se sécha devant le miroir qui la détaillait des pieds à la tête. Elle était musclée, forte, mais elle était aussi jolie. Ses cheveux longs et blonds, ses yeux bleus pétillants, sa poitrine généreuse... Elle attirait inévitablement les regards, masculins comme féminins d’ailleurs. Elle aimait ce pouvoir, même si une partie d’elle-même aurait aimé que les traits de son visage soient plus fins encore.
Voyant l’heure fatidique approcher, elle s’habilla à la hâte, attrapant une brassière et un mini-short propres dans son sac, qu’elle recouvrit de ses habits du jour. Elle enfila une paire de chaussettes basses puis ses bottines noires, enfourna dans son sac ses vêtements de sport, et sortit d’un pas rapide.
Une fois dehors, elle fût saisie par le froid de ce milieu d’automne et se recroquevilla sur elle-même, accélérant sa marche vers le métro le plus proche. Arrivé à une intersection, elle s’apprêtait à traverser la route quand un van blanc qu’elle n’avait pas vu venir pila devant elle.
La porte latérale s’ouvrit à la volée et Marina fût happée à l’intérieur du véhicule. Elle n’avait même pas eu le temps de pousser un cri…
Dans le noir, elle tenta de se débattre, projetant ses pieds et ses poings en tous sens. Mais elle comprit rapidement que ses adversaires étaient trop nombreux pour elle. Elle sentit un mouchoir être appliqué sur sa bouche et son nez. L’odeur était forte, piquante, désagréable. Elle eut à peine le temps de formuler cette pensée. Elle sombra dans l’inconscience.
Marina se réveilla en sursaut. Un sursaut glacé, provoqué par un saut d’eau froide jeté en plein dos. Elle voulut crier, mais le son ne sortit qu’étouffé de sa bouche. Un épais bâillon recouvrait ses lèvres. Ses yeux écarquillés mirent quelques secondes à s’adapter à la faible luminosité du lieu.
Elle se trouvait visiblement dans une grande cave souterraine, comme il en existe des milliers dans les sous-sols de Paris. Elle essaya instinctivement de bouger, mais c’était impossible. C’est seulement à cet instant qu’elle se rendit compte de sa position.
Marina était à genoux sur une sorte d’estrade. Ses bras, sanglés dans une gaine de cuir allant des coudes aux poignets, étaient attachés, tendus vers le plafond. Sa taille était entourée d’une fine sangle rigide, fixée de chaque côté à une sorte de chevalet en bois, empêchant tout mouvement du bassin au-delà de quelques centimètres.
Ses genoux repliés reposaient dans des sortes de coffres capitonnés, tandis que ses mollets étaient eux aussi gainés et sanglés au bas de la structure. Ses chevilles avaient elles aussi subies un traitement particulier et étaient enfermées dans une sorte de pilori de bois molletonné.
Les orteils pointés vers le bas, ses pieds ne touchaient pas le sol, suspendus à une vingtaine de centimètre de la pierre froide. Marina tourna la tête pour tenter de les regarder, dans son dos. C’est alors qu’un frisson lui parcourut tout le corps : elle était presque nue ! Seuls sa brassière et son mini-short la recouvraient encore. L’eau glacée qu’on lui avait jetée produisait son effet, déclenchant une chair de poule sur toute cette peau exposée.
Ce qu’elle aperçut dans son dos provoqua une nouvelle angoisse. Ses pieds étaient nus, eux aussi, leurs plantes totalement exposées, et elle sentit même que ses gros orteils étaient visiblement entravés par de petites cordelettes pour les empêcher de se couvrir l’un l’autre.
Marina sentit sa respiration s’accélérer. Plus encore que le reste de son corps dénudé, la vulnérabilité de ses pieds provoqua chez elle une panique intense. Elle ne les montrait jamais et détestait plus que tout qu’ils soient touchés. C’était chez elle sa principale source de complexe.
Pourtant, ses pieds étaient beaux. D’une pointure 38, élancés, avec des orteils fins et bien proportionnés qu’elle vernissait souvent de rouge, ils étaient à la fois élégants et purs. Ses plantes de pieds laiteuses et douces témoignaient du soin qu’elle leur portait. Mais ce soin n’était réservé qu’à elle. Même son petit ami avait l’interdiction formelle de les toucher et elle ne les laissait que très rarement à sa vue sans les recouvrir a minima de chaussettes.
Marina tenta de se débattre, mais ses liens étaient parfaitement étudiés. Elle ne pût provoquer qu’un très léger tremblement et un petit bruit de cliquetis. Elle tenta une nouvelle fois de crier, sans autre succès que de laisser échapper un couinement faible et misérable. C’est alors qu’une nouvelle pensée la saisit : la personne qui lui avait jeté ce seau d’eau était forcément là, quelque part, dans la pièce !
Elle tourna la tête frénétiquement, de gauche à droite, mais l’angle mort dans son dos lui cachait une bonne partie de la scène. Elle se mit alors à écouter et finit par percevoir, en plus de sa propre respiration saccadée, une autre respiration. Ou plutôt non, plusieurs respirations ! Sa panique monta encore d’un cran.
