Ce site diffuse uniquement des publicités non-intrusives et sont vitales pour son développement.
- The serial tickler
- Épisode 10
Histoire ajoutée le
29/04/2012
Épisode ajouté le
09/02/2022
Mise-à-jour le
09/02/2022
10.
19h25, Fabien et Matthieu discutent dans l'appartement de celui-ci. Ils sont à table, et boivent un apéritif composé de petits gâteaux, et de whisky-coca. L'ambiance est tamisée, seule une lampe à pied éclaire la salle. Une odeur fruitée émanant d'un bâton d'encens se consumant est présente dans toute la pièce, Matthieu apprécie beaucoup cette odeur qui a pour lui quelque chose de reposante. Le dossier de l'enquête est ouvert à côté, à la page d'Angélique :
« -Elle aime les chatouilles elle maintenant, j'y crois pas... - s'étonnait Matthieu, assis bien droit sur sa chaise - Quand je pense qu'elle est pourtant la première à être venue s'en plaindre...
-Tu m'étonnes - répondait Fabien, avachi sur son siège, la tête tournée en l'air, avant de se remettre droit d'un coup - Le problème, c'est que si c'est lui, le fait d'avoir l'occasion de la chatouiller toutes les semaines risque vraiment de tout compromettre. Il n'aura plus l'envie d'enlever des filles. Alors soit, au moins, cette affaire sera classée, mais on se retrouvera comme des glands, sans réponse.
-Ce n'est pas que ça ! On verra dans quelques jours si on reçoit une plainte. Mais on sait depuis le début que ces enlèvements ont pu commencer bien avant. Angélique fut la première à se plaindre, mais peut-être pas la première à se faire chatouiller. Rien ne dit que les prochaines, malgré l'annonce qu'on a fait au lycée, oseront le dire... ça reste des chatouilles, c'est assez délicat. Et puis on sait depuis aujourd'hui qu'on peut aimer se faire chatouiller alors, il suffit qu'il ait la chance de tomber sur une autre fille qui n'aura pas détesté, et elle n'aura même pas l'envie de se plaindre... Il y a trop de possibilités pour qu'Hugo puisse être vraiment accusé pour si peu. Le mieux à faire reste encore de continuer la surveillance, en espérant qu'il ne sera pas satisfait avec une seule victime, ou qu'une autre plainte arrive...
Alors que Matthieu semblait désabusé, Fabien prit son verre, but une bonne gorgée, le reposa sur le dessous de verre prévu à cet effet, et dit d'un ton confiant :
-Pour ça je ne m'en fais pas. Grâce à l'annonce qu'on a fait au lycée, on a pris un coup d'avance sur tout ce qui va se passer à l'avenir. Le serial tickler ne le sait pas...
-Et puis t'es bien le seul à l'appeler le serial tickler aussi ! Le coupa Matthieu, c'est quoi ce titre à deux francs ?
Fabien resta quelques secondes la bouche ouverte, sans réponse, avant de finalement répliquer :
-... Ben, je trouve ça classe... C'est comme serial killer, les sonorités de ressemblent. Killer, tickler. Tu trouves pas ça cool ?
Pour seule réponse, Matthieu dirigea un regard assassin vers son collègue, qui, enchaîna rapidement :
-... Comme je disais, on a un coup d'avance ! Tel qu'on a imaginé la chose, je ne pense pas que le responsable s'attende à ce qui va se produire d'ici cette semaine ou celles qui vont suivre.
-Comme tu le sais aussi, ça reste hasardeux ! Ils ne vont peut-être pas du tout réagir comme nous l'avions prévu, et peut-être que ça ne sera pas à la même échelle.
-Oui, c'est vrai... Fabien tourna la tête en direction du dossier - L'avenir nous le dira. Par contre, il faut s'occuper d'Angélique quand même.
-T'inquiète pas pour ça en revanche, je viens d'avoir une idée qui s'emboîtera parfaitement avec le reste... »
Angélique était chez son copain, et dans les bras de celui-ci, dans le canapé, devant la télé, pieds nus comme d'habitude. Lorsque son portable sonna, elle se leva et alla dans la chambre quand elle vit que c'était Matthieu :
« -Allô ?
-C'est moi. Comment vas-tu ?
-Très bien et toi ?
-Impec'. Bon, je voulais te donner des nouvelles de l'enquête.
-Oui ?
-En fait, nous avions décidé avec mon collègue de mettre Hugo sous surveillance. Et ce collègue vous a vu aujourd'hui, au parc de Mengué...
Angélique fut alors silencieuse durant quelques secondes, gênée, très gênée même, elle regardait alors ses pieds nus sur le parquet flottant, elle s'assit sur son lit sans un bruit :
-...
-Et si tu veux, il n'y a aucun souci avec le fait que tu aimes les guilis sous les pieds, je te rassure. Simplement, si Hugo est le chatouilleur que l'on recherche, tu risques de compromettre le succès de notre enquête. Donc je voudrais savoir si ça t'embêterait d'annuler ces rendez-vous durant un certain temps ? Tant que ce n'est pas devenu régulier, il y a peu de chances qu'il se méfie. À moins que tu aies des infos qui l'innocentent...
La jeune fille réfléchissait, elle songeait tellement à se faire chatouiller qu'elle avait oublié qu'il pouvait être le serial tickler. Mais elle avait adoré l'après-midi qu'elle venait de passer et ne comptait surement pas arrêter maintenant. Elle répondit quand même :
-... Je pourrais peut-être tenter de me renseigner pour vous ?
-Intéressant, que veux-tu dire par là ?
En entendant cette réponse, Angélique eut un regain de confiance et s'exprima calmement :
-C'est simple, Hugo est tellement à fond sur mes pieds que je suis sûr que d'ici quelques après-midi, si on discute bien à côté, il me dira tous ses secrets...
Matthieu ne répondit pas, l'adolescente poursuivit :
-... Un truc comme ça, c'est tout bénéf' pour tout le monde : Vous aurez vos certitudes dans quelques temps, et si jamais une autre adolescente se fait chatouiller un samedi, vous saurez que ce n'est pas lui sans avoir à passer pas un interrogatoire. Quant à moi, je me fais chatouiller les pieds, chose que j'adore. Et surtout, Hugo ne se rendra compte de rien. Si j'annule, il risque de trouver ça bizarre. Alors que si tout se passe normalement, ça mettra plus longtemps mais ça se fera tout seul, et il y a plus de chances que ça réussisse. Élémentaire, non ?
Après quelques secondes, Matthieu répondit :
-Très bien. Je te laisse carte blanche. Tes arguments se défendent. Je te demanderais bien pourquoi tu aimes les chatouilles tout à coup mais je m'en fiche alors bon... Euh, pourquoi j'ai dit ça moi ?... En tout cas, passe une bonne soirée Angélique. Et je compte sur toi pour m'informer dés que tu le peux.
-Ne t'en fais pas, merci pour l'appel en tout cas. Bonne soirée à toi aussi. »
Après avoir raccroché, Angélique retourna auprès de Kévin qui lui demanda qui c'était. Elle répondit que ce n'était qu'une amie qui l'appelait pour les devoirs. Le jeune homme rajouta alors :
« -Au fait, tu es en vacances à partir du week end prochain, ça te dirait qu'on parte à la mer si j'ai mes congés comme prévu ?
-Bien sûr, répondit-elle d'une voix suave. »
Une fois que Matthieu eut raccroché, Fabien, tout en mettant des cacahuètes dans sa bouche, demanda :
« -Au fait, j'y pense. Mengué, c'est le nom du mec qui a construit le parc ?
Matthieu, lui, réfléchissait juste à l'appel qu'il venait de passer :
« Est-ce qu'Angélique va réellement nous aider ou est-elle maintenant amoureuse de chatouilles à un point tel qu'elle ne fera que nous ralentir ? Le souci, si elle venait à faire ça, c'est qu'on ne pourrait évidemment pas l'en empêcher de quelques façon que ce soit, ça reviendrait à dire à tout le monde que nous enquêtons sur des chatouilles... »
-Eh !
Matthieu sursauta, avant de se tourner vers son collègue et de répondre, encore sous le choc :
-Quoi ?!
-Mengué, c'est le nom de la personne qui a bâti le parc ?
-Quoi ? Non pas du tout.
-Ben alors c'est quoi ?
Matthieu se rassit alors en face de Fabien et prit un ton très sérieux :
-En fait, ce parc s'appelle Mengué parce que depuis sa fermeture c'est un repaire de mendiants de de drogués, d'où le nom : Men-Gué. Je ne sais pas qui a eu l'idée mais ça va parfaitement avec le lieu en question... »
Les deux policiers se fixèrent quelques secondes avant d'exploser de rire. Fabien, les cacahuètes encore dans la bouche, commença à tousser fort, il s'étranglait, Matthieu se releva alors très vite pour aller lui taper dans le dos, paniqué. Pendant quelques secondes, Fabien repris son souffle, des larmes coulaient le long de ses joues, des morceaux de cacahuètes étaient dispersés sur la table, recouverts de bave. Fabien était rouge tomate, la main devant la bouche pour éviter que d'autres morceaux sortent. Matthieu regarda cette scène durant quelques instants avant d'aller chercher une éponge. Pendant qu'il nettoyait, son ami avait encore sa main devant sa bouche. Il la retira avant de conclure :
« -Quel nom de merde, n'empêche... »
Dimanche 15 avril
Nous sommes dans la banlieue de la ville de Nissac, située à quelques kilomètres de Leglade, lieu des évènements que nous avons suivi jusqu'à présent. Il est 21h, dans un bar de nuit, deux hommes sont accoudés au comptoir, ils sont entre d'autres clients occupés à boire, parler, rire, des hommes et des femmes de différentes générations. La lumière ici est apportée par des néons rouges ainsi que des ampoules dont les ombrages offrent un éclairage typique, qui se concentre sur les tables et le comptoir. Le sol est une sorte de carrelage noir, qui donne presque l'impression de marcher dans le vide.
Le premier est mal rasé, des lunettes aux verres carrés, les cheveux courts et grisonnants, il porte une chemise gris clair, et un pantalon noir, il est à moitié saoul, et a l'air hagard, et surtout triste. Alors que le deuxième est beaucoup plus jeune, la vingtaine, il est très bien habillé, chemise blanche et veste beige, pantalon de la même couleur. Il a les cheveux châtains clairs courts, et un visage souriant, des grands yeux verts clairs, il a un air compatissant qui le rend très sympathique. Le premier est devant un verre de ricard pratiquement vide, une bouteille dans le même état placée à côté, alors que le jeune homme, lui, n'a qu'un verre de limonade. Il s'adresse, d'un air vicieux, à son voisin qui semble être sur le point d'exploser et de s'écrouler en pleurs. La forte musique techno qui emplit la salle rend leur discussion inaudible pour les autres :
« -Alors ? Vous acceptez de me suivre ? Je vous promets que cela vous aiderait beaucoup Paul...
-... Non ! Dis-moi d'abord ce que tu veux me dire de si important ! Tu m'as commandé cette bouteille, je suppose que tu veux me rendre ivre pour que j'accepte n'importe quoi ! Eh bien tu apprendras deux choses ! La première, c'est qu'il en faut plus pour que je sois bourré ! Et la seconde, c'est que... Euh...
-Je ne vous veux aucun mal – le coupa-t-il – je veux juste vous proposer quelque chose. Je sais que vous avez de gros soucis financiers en ce moment. Eh bien je peux vous aider à vous en sortir -Son regard changea alors, ses yeux s'ouvrirent en grand, il prit un air hypnotisant - Regarde-moi Paul...
Ce dernier s'exécuta et regarda le jeune homme de bas en haut : Des chaussures en cuir marrons jusqu'à la coiffure impeccable. avant que celui-ci reprenne :
-J'ai de l'argent. Je sais que vous avez besoin de plusieurs milliers d'euros. Eh bien je les ai, et je suis prêt à vous dépanner pour vous sortir de cette mauvaise passe.
Paul pouffa de rire avant de boire une gorgée supplémentaire et de demander :
-Ahah ! Et je peux savoir ce qu'un jeune bourgeois dans ton genre fait ici ? Et d'ailleurs, comment t'appelles-tu ?
Après un petit temps d'attente, le jeune répondit :
-... Nikola. Alors, tu me suis ?
-... Je te connais à peine... Mais bon, tu m'as payé une bouteille, alors je suppose que je peux te faire confiance... »
Les deux hommes sortirent du bar, Paul emporta la bouteille avec lui.
Lundi 16 avril
6h du matin, Fabien est posté devant le lycée Albert Einstein, une pluie battante l'oblige à porter un parapluie, il porte un grand sac à dos noir sur ses épaules. Il sonne à la grille d'entrée, au nom de m. Pigon. Ce dernier répond d'une voix déjà énergique et autoritaire :
« -Oui ?!
-Monsieur Pigon ?
-Lui-même, je suppose que vous êtes Fabrice ?
-Lui-même. Vous pouvez me faire entrer je vous prie ? »
Pour seul réponse, la grande grille qui fermait l'accès au lycée pour les voitures s'ouvrir, ce grand portail métallique de plusieurs mètres de haut semblait garder un château, alors qu'il ne s'agissait que d'un établissement public. Des bruits de grincements, et de frottements sur le bitume se firent entendre. Fabien pénétra ainsi dans l'enceinte quasi-déserte du lycée. De nombreux petit cours d'eaux s'étaient formés et ruisselaient vers une grand grille placée au sol. Les pins qui étaient disposés le long de l'allée qu'empruntait Fabien étaient secoués par la brise et des gouttes parcouraient leurs tiges avant de tomber par terre. Cette journée s'annonçait mouvementée. Le policier marcha jusqu'à arriver à l'accueil du lycée, une immense porte de bois peinte en blanc était dressée devant lui, elle s'ouvrir, laissant passer un faisceau de lumière, une silhouette, celle de monsieur Pigon, l'attendait. Fabien entra ainsi dans le bâtiment, dont le directeur ferma la porte. Il s'agissait d'une immense salle, avec un portait d'Einstein sur un mur, le fameux théorème de la relativité sur le pan d'en face, un buste de Platon, un autre d'Aristote, des étagère remplies d'ouvrages imposants. Des fenêtres placées sur le mur de l'entrée et de la sortie de cette salle permettent de voir la pluie se déchaîner à l'extérieur. Monsieur Pigon dit à Fabien :
« Suivez-moi... »
Les deux hommes prirent le couloir de gauche, et allèrent jusqu'à une porte ouverte sur laquelle une petite plaque dorée avec inscrit « Directeur » dessus. Fabien se retrouve à nouveau dans ce grand bureau pour le moins sinistre à une heure pareille. Le directeur s'installe, pose ses coudes sur son bureau et joint ses deux mains bien à plat avant de débuter la conversation :
« -Bon, nous n'avons qu'une heure maximum avant l'arrivée des premiers élèves, est-ce que ça ira ? Il s'agit de ne pas perdre trop de temps.
-ça ira – Répond Fabien d'un air très sérieux – Je vous remercie d'accepter que nous mettions notre plan en place...
-Ne vous en faites pas pour cela – le coupa-t-il – Il s'agit non seulement d'une demande d'un représentant de l'ordre, mais aussi et surtout de protéger ses élèves dont je suis responsable. Je serais indigne en vous freinant dans votre enquête. Les concierges ont été prévenu, si on leur demande, ils diront juste que ça ne veut pas partir...
-Merci beaucoup, il faut en effet tenter de rester cohérent. Je tâcherais d'écrire assez haut pour que personne ne puisse y toucher sans échelle ou autre.
-Très bien. Laissez-moi prendre mon parapluie, nous allons tout de suite nous diriger vers les toilettes. »
Les deux hommes restèrent surtout dans les galeries du lycée pour être un maximum protégés. Ils n'ont eu qu'une seule petite cour à traverser pour arriver aux toilettes cités. Ils entrèrent, il s'agissait des plus grands toilettes du lycée, le côté gauche était réservé aux filles et le côté droit aux garçons, il n'y avait pas de murs, juste des cabines, des pissotières placées dans un coin de façon à ne pas être visibles de tous. En début de semaine, les concierges faisaient du bon boulot, l'odeur s'échappant d'un côté comme de l'autre était très agréable en début de matinée. Cela surpris même Fabien qui ne put s'empêcher de dire
« La vache, si à mon époque les toilettes avaient étaient aussi bien entretenus, j'aurais plongé la tête de beaucoup moins de camarades dedans ! »
Le directeur, sans se retourner, répondit d'un ton agressif :
« Finissons-en monsieur l'agent... »
Fabien s'approcha d'un grand mur blanc, et sortit un pot de peinture noire de son sac, une échelle était disposée en prévision de ce moment, l'agent ouvrit son peau de peinture, sortit un pinceau d'une certaine taille, grimpa en haut de l'échelle, se trouvant à 2m50 du sol, et commença à peindre. Le directeur fut tout de suite surpris par la façon méthodique que Fabrice avait de se servir de son pinceau, il semblait tout calculeret faisait cela avec une certaine dextérité, il ne put s'empêcher de lui demander :
« -Dites-donc, vous êtes un vrai peintre ou vous vous donnez un genre ?
-Je me donne un genre – répondit Fabien en restant concentré sur son œuvre, en mordillant sa langue. Quelques secondes s'écoulèrent avant que le policier ajoute – Au fait, comment comptez-vous mettre en scène votre réaction officielle face à cela ?
-Oh, c'est très simple, je vais faire le directeur indigné, demander aux concierges d'enlever cela, ils me répondront qu'ils ne peuvent pas. Alors je partirai en furie, et comme les frais pour repeindre le mur sont élevés, je dirai juste qu'on ne peut pas se permettre une telle dépense, donc ça va rester comme ça.
-Oui, en gros, vous restez naturel...
-Un peu de respect je vous prie ! Je suis un homme tout à fait respectable et je pourrais très bien vous empêcher de...
-Stop ! Je plaisante - Répondit Fabien avec une voix douce, diplomatique - Je pense que cette réaction est la plus logique de votre part monsieur Pigon.
Le directeur commença à faire les cent pas d'un air exaspéré :
-Vous avez juste l'art de m'énerver. Un jeune homme manquant autant de respect à ses aînés, aussi impertinent, qui plongeait la tête de ses camarades de classe dans les urinoirs, comment quelqu'un comme vous a-t-il pu trouver le chemin de l'uniforme et de la droiture ?
-C'est simple, j'ai plongé la tête de mes enseignants dans les toilettes pour avoir mes diplômes...
-Et voilà ! Vous recommencez ! Bon, vous avez bientôt fini ?!
-Une dernière retouche... Et-voi-là ! - Annonça-t-il triomphant. »
Sur le mur était maintenant peint l'inscription qui suit :
Fabien, pour conclure, barra les trois noms qu'il avait écrit, d'un seul trait pour que cela reste lisible. En lisant cela, le directeur réagit tout de suite :
« -Pourquoi écrivez-vous tout en anglais ? C'est quoi ce « serial tickler » ?
-Ben c'est celui que nous recherchons. Je trouve ça classe.
-C'est d'une gaminerie ! -s'exclama monsieur Pigon en tournant les yeux au ciel – Vous pensez que c'est une bonne idée de mettre les noms des victimes ?
-C'est indispensable ! -répliqua Fabien – sans nom, les gens risqueraient vraiment de prendre cela pour une blague. Les deux filles ayant subi qui sont encore au lycée doivent être mises au courant. Convoquez-les dés que possible, dites à un pion de guetter leur arrivée, ou même, appelez les une fois qu'elle sont dans la cour, comme ça tout le monde entendra. Si possible, tentez de faire en sorte que les professeurs aient une attention particulière pour elles, bref, mettez tout en œuvre pour que les élèves y croient à fond et qu'ils alimentent le mur. Le tout est que notre serial tickler le sache forcément, et voir s'il s'attaque aux filles près-citées, comme ça, nous pourrons envisager une surveillance, une sorte de petite caméra que nous placerions nous-même dans ces toilettes, il viendrait surement voir avec beaucoup d'attention..
-D'accord – Dit le directeur, pris d'un petit sursaut s'enthousiasme – c'est ingénieux, mais le serial tickler se prendra-t-il au jeu ? Barrera-t-il les noms pour prouver qu'il s'est bel et bien attaqué aux filles ?
Fabien commença à descendre de l'échelle tout en répondant :
-S'il ne le fait pas, vous, ou un membre du personnel, devra le faire. À force, je pense qu'il le fera de lui-même.
-Et si sa victime ne ne révèle pas ? Comment ferons-nous ?
-Pour cela, monsieur le directeur, je vous invite à réitérer votre annonce à tout le lycée. Vous dites que cette inscription ne peut pas être effacée, que c'est un affront à votre annonce de la semaine dernière, et vous invitez à nouveau tout élève qui a subi cela à vous le dire.
-Bon, ça me paraît tortueux, mais ça peut marcher.
-Oui, je pense que dans le pire des cas, s'il ne se passe rien, les élèves s'en désintéresseront juste. Dans le meilleur des cas, il va y avoir pas mal de monde qui va inscrire des noms. Bien sur, ne laissez rien paraître, si vous en chopez un en train d'écrire, il est évident qu'il doit subir des sanctions, mais ne soyez pas trop sévères, il faut quand même que le piège puisse s'ouvrir.
-Très bien, je vais tâcher de m'en rappeler – Il regarda sa montre, un grand silence envahissait alors la salle – Bon, il est environ 6h20, on a encore le temps de bien tout ranger. Embarquez le pot de peinture, il ne peut pas rester ici. »
Fabien pris le soin de bien refermer son pot de peinture et le remis dans son sac à dos alors que le directeur appelait :
« Wallace ! Venez rembarquer l'échelle je vous prie ».
Un homme d'assez petite taille, 1m70, mal rasé, en tenue de concierge, embarqua l'échelle sous un bras et partit en sifflotant, alors que le directeur prit soin d'ajouter :
« Et réunion dans mon bureau pour tout le personnel de nettoyage dans 10 minutes, ils faut que je vous explique encore deux ou trois choses ! »
Fabien repartit du lycée sans trop trainer, la pluie ne se calmait pas. Il repartit chez lui dans sa C3.
7H30, la moitié des élèves étaient arrivés dans leur établissement, et s'étaient répartis dans les différents couloirs et galeries pour s'abriter. Mais également dans les toilettes. Une petite fuel était réunie devant l'inscription laissée par Fabien. Le directeur arriva en trombe, et dit :
« -écartez-vous ! - Il regarda l'inscription avec un air déboussolé, et se tourna vers Wallace en disant – Enlevez-moi ça ! Dépêchez-vous !
-... J'ai essayé monsieur le directeur - bafoua-t-il - mais...
-Quoi ?!
-... ça ne veut pas partir. J'ai frotté avec de l'eau, différents produits pour nettoyer etc... je n'y arrive pas.
-C'est pas possible ça ! Vite, réunissez le personnel, les concierges, les surveillants, les C.P.E., je veux tout ceux qui sont là depuis ce matin dans mon bureau, dans 5 minutes !
-Oui monsieur Pigon ! »
Le directeur, à partir de là, repartit en direction de son bureau, en disant aux élèves :
« Circulez ! Il n'y a rien à voir ! »
Les lycéens, bien sur, restaient là pour regarder l'inscription. Ça marmonne de partout, d'autres élèves arrivent, prévenus par leurs amis, une grand mouvement de foule se crée.
