Histoire : The serial tickler (Épisode 17)

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The Serial Tickler - Chapitre 17

17.



9h du matin, William se réveille dans un grand lit à baldaquin. Il se lève tranquillement, et enfile son peignoir doré. Avant de se traîner jusqu'à la cuisine, manifestement fatigué après sa courte nuit. Il déjeune, seul à table, un café sans sucre, et trempe dedans des tartines de pain beurrées qu'il a lui même fait grillé, le tout agrémenté d'un pamplemousse. Tout en déjeunant, il parcourt le journal qui lui a été livré, lisant en diagonale les infos de la région, et s'attardant plus particulièrement sur tout ce qui concerne la bourse, et l'économie. Après cela, il se rend dans une salle de bain, et fait 30 minutes de vélo d'appartement. Même si c'est son habitude, les dernière minutes sont difficiles, et le vieil homme en sort épuisé. Il enchaîne malgré tout avec une série de pompes et une série d'abdos, avant de finalement prendre une douche. Il est maintenant 10h30, William est à présent habillé en costume, très élégant, il sort de chez lui, prend sa voiture, une Lexus, pour se rendre jusqu'à un grand immeuble en ville, du nom de « Koch industries ». Après avoir pris la place du PDG, il entre dans ce bâtiment fourmillant de vie. Des gens traversent les couloirs de toute part, avec des dossiers, des cafés. Toutes les discussions rassemblées forment une cacophonie dont seuls quelques mots prononcés d'une voix plus forte que les autres sont audibles.

Une secrétaire l'accoste immédiatement, d'une cinquantaine d'année, habillée de façon très élégante, chemiser, jupe et talons hauts. ils parlent tout en traversant les couloirs. Elle tient un agenda dans une main et son portable de l'autre, jonglant entre les deux, alors que lui ne porte qu'une petite mallette et affiche un air décontracté :
« -Ah monsieur Koch !
-Bonjour Christine, comment allez-vous?
-Très bien et vous monsieur ?
-Merveilleusement bien.
-Vous aviez un rendez-vous ce matin à 10h monsieur, nous avons tenté de vous joindre mais...
-Normal – la coupe-t-il tout en gardant un ton sympathique et son sourire - je me suis levé tard et mon portable est encore éteint.
-Oui mais monsieur, il s'agissait de savoir si...
-Si nous concluions avec les anglais, je sais bien, mais je me suis couché tard, ces messieurs attendrons donc une nouvelle date.
-Très bien monsieur, quand voulez-vous fixer un nouveau rendez-vous ?
-Quand je saurai, je leur ferai signe, les faire baver d'impatience me rend joyeux. Quoi d'autre ?
-Vous avez un déjeuner de prévu à midi pile au restaurant « Caliente » avec monsieur Doug et monsieur Chamard.
-Je n'ai pas oublié, j'y serai. Autre chose ?
Les deux s'engagent dans un ascenseur et monte à l'étage le plus haut tout en continuant la discussion :
-Vous avez également rendez-vous cet après-midi avec madame Tyrel pour un entretien vidéo sur l'ouverture du marché en Chine.
-Ah oui ! j'espère que mes conseillers ont préparé un dossier complet pour que je puisse enfin décider si je m'engage là-dedans ou pas.
-eh bien monsieur Sylvain et mademoiselle Wallace m'ont assuré que tout était prêt.
-Très bien.
Une fois l'ascenseur arrivé à destination, William et sa secrétaire traverse à nouveau un long couloir ne contenant cette fois-ci que 4 portes sur les côtés, toutes fermées, avec marquées respectivement « Directeur des finances », « directeur marketing », « sous-directeur » et « PDG », ils entrent dans celui-là :
-Nous avons fait le tour pour l'instant monsieur Koch.
-Très bien Christine, je vous remercie, pouvez-vous m'apportez un café s'il vous plait ?
-Bien sur monsieur. »

Elle referme la porte, laissant William seul dans un bureau gigantesque, meublé avec un bureau imposant en bois, sur lequel sont posés un ordinateur, et différents dossiers. Il s'assoit, regarde par les grandes baies vitrées devant lui, le trafic de la ville s'étalant devant lui, et les montagnes au loin. Il se retourna alors, regarde droit devant lui, et commence à parler tout seul, d'une voix claire et distincte, comme pour la présentation d'un projet :

« -Bonjour à tous ! Je me nomme William Koch, j'ai soufflé mes 68 bougies le 12 mars dernier. Vous me connaissez surtout sous le surnom de « The serial tickler », et moi j'ai envie de vous dire : Qu'est-ce que c'est que ce surnom pourri ? Serial tickler, vraiment ? Y'a bien qu'un flic qui meurt d'ennui pour trouver un surnom avec si peu de panache ! Vous voyez ce que je veux dire ? Chatouilleur en série, littéralement. Est-ce que le mot chatouilleur existe au moins dans un dictionnaire francophone ? Je n'en suis même pas sûr ! Enfin bref... »

Il se lève, et ponctue chacune de ses phrases de mouvements de bras, serrant les poings quand il utilise un des mots forts :
« - Vous voyez ce bâtiment ? C'est à moi qu'on le doit. Oui, je suis directeur d'une grande entreprise. Vous devez vous demander quel est le genre de marchandise dont je m'occupe ? Eh bien, je dirais que je suis un touche-à-tout. Nous fabriquons surtout de l'électronique, des télés, des four à micro-ondes, des écrans d'ordinateur. Bref, tout ce qui paraît nécessaire à la population mondiale sous l'égide de la société de consommation. Vous l'avez vu, je ne suis pas homme à vouloir de l'assistanat total dans lequel se complait le citoyen moyen. J'ai su garder cette simplicité, et j'en suis fier. Bien que proche des 70 ballets, je conserve un esprit jeune, ouvert à tout ce que la technologie peut offrir. J'ai bâti ma société dans ce seul but, avec la réussite que vous pouvez constater ! Oui, je pèse mes 500 millions d'euros aujourd'hui, ce ne fut pas facile, mais le résultat est là, je suis un homme prospère, je renvoie l'image de ce que beaucoup aimeraient être lorsqu'ils se lancent dans une affaire en laquelle ils placent beaucoup d'espoir. Mais bon, peut-on espérer ce succès en restant dans un seul domaine ? Coiffure, restauration, vêtements ? Laissez-moi rire ! Le mot d'ordre de ma société est la polyvalence. J'ai eu du nez, j'ai eu l'audace de me lancer dans des affaires auxquelles personne ne croyait, et j'ai gagné ! J'arrive bientôt en fin de vie, et j'ai la fierté d'avoir fait naître et prospérer un empire, le mien ! Que va sûrement reprendre mon fils Nikola. Alors oui, ce n'est pas mon fils biologique, je l'ai adopté, et je l'ai aimé comme aurait dû le faire son salopard de père. Mais bon, béni soit-il de m'avoir apporté ce que je n'ai jamais pu obtenir. Oui, je suis ce fameux cliché du business man qui réussit tout, sauf fonder une famille... »

Il se rassoit, et pense tout en regardant une photo de lui et Nikola posée en face de lui, sur son bureau :
« -En effet, je n'ai jamais été très doué avec les femmes... à vrai dire, elles ne m'ont jamais compris. Je me rappellerai toujours de mon premier amour, Lauren. J'avais 15 ans, elle aussi... On passait des après-midi à s'embrasser au bord d'un lac dans lequel nous nous baignions pas tous les temps... Enfin, sauf en cas d'orage bien sûr. Bref, c'était une époque merveilleuse, remplie de magie, de poésie. Dans ses yeux, je voyais mon avenir, celui d'un homme comblé... »

Il redresse alors la tête droit devant lui :
« - Simplement, il y avait cette chose, qui ne m'a jamais quitté, et qui a tout gâché... Savez-vous ce que c'est ? Je pense que maintenant vous l'avez deviné. Effectivement, j'aime les pieds des femmes. Je ne sais pas d'où me vient cette malédiction, mais elle est là, et m'obsède jour après jour. Vous n'avez pas rêvé quand la nuit précédente vous avez lu « victime numéro 5187 » sur le DVD que je venais de graver... »

Il prend un peu de temps pour respirer et réfléchir, avant de se lever et de recommencer à marcher tout en parlant :
« -Non, je ne m'en lasse pas. Et vu à quel point j'en suis aujourd'hui, je présume que je ne m'en lasserai jamais. C'est ainsi, j'ai appris à vivre avec ! - Il reprend un air souriant – J'ai commencé voici maintenant 48 ans. J'avais 20 ans quand j'ai fini par ne plus pouvoir me retenir de contenir ces pulsions qui m'envahissaient comme celles d'un psychopathe en manque de victime, comme Dexter oui ! Je connais cette série, je l'adore même ! Bref ! Si je vous confesse cela aujourd'hui, c'est pour que vous sachiez comment tout a commencé, et pour nous priver de trop grande explication lors du moment fatidique, qui je pense arrive à grands pas... »

Christine entre dans le bureau avec une tasse de café après avoir frappé, et la pose sur le bureau de William qui la regarde faire en souriant, elle tourne son regard vers lui et dit :
« -Votre café monsieur, avec deux sucres et un morceau de chocolat comme d'habitude.
-Merci beaucoup Christine, vous êtes un ange. »
Elle sourit elle aussi et se retire, William ne peut s'empêcher de regarder en direction de ses pieds. Lorsqu'elle ferme la porte, son regard est toujours bloqué. Au bout de quelques secondes, il redresse la tête et dit :
« -Euh... Où j'en étais... Vous voyez à quel point ça peut être un problème d'être dirigeant d'entreprise avec ce genre d'obsession ?... Ah, j'ai retrouvé ! Je vais donc reprendre mon histoire avec Lauren... »

William a alors le flashback du moment qu'il raconte, il est assit sur le sable par une belle journée d'été, avec l'apparence de ses 15 ans : celle d'un jeune homme aux cheveux noirs et courts, les même yeux bleus, juste habillé en short de bain., devant le lac dont il parlait, avec Lauren, une adolescente de couleur noire, au visage d'ange. Elle porte un appareil dentaire qui n'enlève rien à son charme. Elle est en maillot de bain également, ils sont dans les bras l'un de l'autre. Regardant vers l'horizon, le soleil couchant s'apprêtant à se dissimuler derrière les arbres de l'autre côté du rivage. Il y a quelques personnes disséminées sur la plage et dans l'eau, qui ne prête guère attention à ce couple. Alors que Lauren regarde avec un air rêveur ce paysage de carte postale, William a son regard bloqué sur les pieds de sa petite amie. Bien que très joli, le pied gauche est orné d'une ampoule au niveau du gros orteil gauche, William dit alors tout en gardant son regard concentré :
« -Lauren ?
-Oui ? -répond-elle également sans détourner le regard, d'une voix douce
-Tu as une ampoule à ce que je vois, ça te fait mal ?
-Oui je sais, c'est moche – elle cache son pied gauche sous son pied droit – Ce sont mes nouvelles chaussures qui font ça.
-De nouvelles chaussures ? Je les ai pas vu, si ?
-Non, mais bon, je te les montrerai la prochaine fois, d'accord ?
-Oui d'accord. »

Les deux tourtereaux ne parlent plus pendant quelques secondes, William ne peut s'empêcher alors de rajouter :
« -Tu voudras qu'on y mette un pansement ?
-Ne t'en fais pas, j'en ai chez moi.
-Ah, bon, tout va bien alors.
-Oui mon cœur. »

à nouveau un silence se fait entendre, William est de plus en plus perturbé, cette ampoule semble grossir, prendre tout son champ de vision, et gâcher complètement le spectacle que lui procure ces deux ravissants petits pieds :
« -ça serait dommage de laisser ton joli pied dans cet état.
Elle se retourne alors vers lui, il la regarde également :
-Tu sais que tu es bizarre ?
-Euh... - Il prend un air gêné.
-Ce n'est qu'un pied, mais ne t'en fais pas, je ne tiens pas à garder cette ampoule, c'est douloureux.
-Oui, je comprends bien...
-Ce n'est pas la première fois que tu me parles de mes pieds.
-Euh... Oui, c'est... - Il la regarde dans les yeux et panique, mais prends quand même son courage à deux mains pour lui dire – J'aime tes pieds.
-Quoi ?! - Répond-elle surprise
-Chuuuut ! Il y a des gens gens autour, ils pourraient entendre... « 

Le stress se lit sans peine dans son visage qui est à présent presque tremblant. Elle regarde alors autour d'elle et dit plus bas :
« Tu aimes les pieds ?
-Pas LES pieds, TES pieds... - S'agissant d'un mensonge, William baissait le regard en disant cela.
-Pourquoi MES pieds ? Qu'est-ce qu'ils ont de spécial ?
-... Je sais pas, je... Je les trouve jolis, comme tout ton corps.
-Mais mon chéri, ce ne sont que des pieds, c'est moche des pieds.
-Non, pour moi ce ne sont pas que des pieds – rétorque-t-il un peu plus sûr de lui, demeurant cependant tremblant – Moi, je ne vois pas que ça... Je les trouve vraiment jolis. À vrai dire, j'aimerais beaucoup les lécher...
-Quoi ? Beurk ! Mais tu es un pervers ?
-Non, je ne suis pas un pervers ! - Crie-t-il alors, sorti de nulle part. Les regards des gens se tournent alors automatiquement vers lui, il les regarde les uns après les autres, avant que chacun ne retourne vaquer à ses occupations comme si de rien était. Il se retourne alors à nouveau vers Lauren qui le regarde horrifiée. Il reprend en chuchotant – C'est juste que, j'aime tes pieds...
-... Je suis désolée William. Mais, c'est trop bizarre... »

Elle se lève alors et part sans rien dire après avoir repris sa serviette et son sac à main, ses tong à la main. William reprend alors sa forme actuelle, mais est habillé exactement de la même façon. Il la regarde s'éloigner avant de regarder droit devant lui et de dire avec le même ton enthousiaste dans le discours qu'au début :
« -Je ne l'ai plus jamais revue... Excepté sur un trottoir, dans un magasin, ou à l'école, où elle avait pris soin de colporter la rumeur, faisant de moi un paria, un maniaque fou de pieds, obsédé par ça. La risée de tout l'établissement. Heureusement pour moi, la fin de l'année scolaire approchait, j'allais alors entrer au lycée, un nouvel établissement, avec de nouvelles personnes, bien que je reverrais sans nul doute ces personnes qui ont gâché ma fin de 3è. Un monde nouveau s'offrait à moi, empli d'opportunités pour oublier Lauren, et peut-être enfin tomber sur des personnes ouvertes d'esprit Mais malheureusement, je n'ai décidément pas eu de chances... »

De retour dans le bureau de William, à nouveau habillé de son costume, continuant son récit, après avoir bu une gorgée de café :
« … Jusqu'à ce que je rencontre Julia, Une magnifique adolescente qui acceptait mon fétichisme. Pendant quelques mois, ce fut le rêve. J'avais alors 17 ans, j'étais en première, et je filais le parfait amour depuis maintenant 3 mois avec une fille dont je chatouillais et léchais les pieds régulièrement. Pouvez-vous simplement imaginer ce que ce fut comme bonheur de rencontrer une fille ouverte d'esprit à ce point là ? C'est très simple, hommes ou femmes, imaginez votre idéal : Que ce soit une femme avide de sexe, ou au contraire qui préfère le romantisme asexué, une femme ronde dont on peut attraper les poignées d'amour à chaque instant, un homme qui prend soin de son corps, qui a des manières de gentleman, qui est bien monté, qui sait se montrer doux et animal à la fois, bref ! Je m'adresse à tout le monde, imaginez que vous trouviez la personne dont vous rêviez en secret depuis des années, rencontrez-là et venez me dire que je suis fou sous prétexte que je qualifie d'idéal cette fille qui me laissait ses pieds parfaits à volonté... Oui c'était le bon temps... - Il prend alors un air grave – Jusqu'à ce que je découvre que je ne serais jamais satisfait »

William a à présent 17 ans, il est en salle d'étude avec Julia, tous les deux travaillent sur leurs matières respectives. La salle est remplie d'élèves travaillant avec plus ou moins de sérieux, un surveillant est assis au bureau devant le tableau. Entourée de grandes fenêtres toutes ouvertes, certaines sont néanmoins cachées par de longs rideaux opaques noirs. Sur le sol est disposé du plancher. Les murs sont crépis et peints en blanc. Il s'agit d'une belle journée encore une fois, beaucoup d'adolescentes présentes dans la salle sont en tong ou en sandales, et la plupart les enlèvent sous leur chaise. William ne peut s'empêcher de regarder les pieds de chacune avec beaucoup d'envie. Julia remarque qu'il a arrêté d'écrire, elle redresse la tête, le regarde et dit :
« -Tu as du mal à faire tes exos ?... »
Elle remarque alors son regard et voit les autres filles pieds nus à la table en face de la leur. Elle prend un air consterné en le regardant de nouveau, lui ne décroche pas ses yeux de ce qu'il voit. Julia range alors ses affaires pour partir, William se retourne et dit :
« -Julia, que fais-tu ?
-Je vais prendre l'air pour me calmer.
-Te calmer ? Mais on ne revoit pas notre espagnol ensemble ?
-Manifestement, tu es trop occupé à voir autre chose pour te concentrer dessus. Salut ! »

Elle se lève et s'en va, il la regarde sans rien dire, les autres élèves ne font pas attention.

La nuit est tombée, William et Julia sont dans la maison de celle-ci, un grand chalet installé en bordure de ville, non loin d'une forêt. La chambre est peinte en bleue clair, des peintures d'artistes, et des dessins de Julia les ornent, ils représentent différents paysages. Au-dessus de son bureau est accroché son emploi du temps hebdomadaire, ainsi qu'un poème signé par William. Des peluches sont posées sur le lit, la couette aux couleurs de l'arc-en-ciel complète cet esprit de gaieté. Le parfum de la jeune fille emplit la pièce, se mêlant à celui du futur millionnaire. La musique « Apache » du groupe « the Shadows » passe à la radio, sur un petit transitor. Son décalage avec l'ambiance régnant dans la pièce est assez important, le couple étant en train de se disputer :
« -J'en reviens pas que tu regardes les pieds d'autres filles comme ça !
-Pour la centième fois je ne fais pas exprès ! Elles me tentent toutes à se mettre pieds nus comme ça partout !
-Et alors ?! Mes pieds ne te suffisent pas ? Tu aimerais vraiment leur lécher les pieds à toutes ? Pour peu qu'un centième de ces trainées acceptent !
-Non mais tu t'entends ? Je regarde leurs pieds, pas leurs fesses ou leurs seins !
-Pour toi c'est la même chose, ne me prends pas pour une conne non plus ! »

Elle part alors de la chambre, et William a de nouveau pris sa forme actuelle, et regarde la porte sans rien dire. Il s'assit sur le lit et dit :
« -Oui, c'est ma grande spécialité de regarder les filles partir sans rien dire. Bref, encore une fois, quelque chose ne collait pas. C'était la dernière nuit que je passait avec Julia, on l'a passé à discuter, et il était hors de question que je touche ses pieds. Le lendemain matin, on a définitivement rompu, et ce n'était même plus la peine que j'essaie de lui adresser la parole... »

Une nouvelle fois, nous revoici dans le bureau de William :
« -Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les quelques relations que j'ai eu ont toutes finies de manière assez brutale à cause de mon fétichisme. J'en venais à me détester... Oui, je me haïssais profondément même. J'ai songé à en finir... - Il laisse s'écouler quelques secondes durant lesquelles son regard se perdait dans ces souvenirs, avant de se redresser d'un coup, et de se lever – Non ! J'en suis arrivé à la conclusion que ce n'était pas ma faute ! Après tout, je suis comme je suis, et si je ne peux pas incriminer Dieu, alors ce sont les autres que j'accuserais. Si Dieu m'a fait tel que je suis, ce sont les autres qui doivent m'accepter sans poser de question, tout comme ils ont accepté de devoir boire, manger, pisser et chier pour survivre ! En tout cas, même si je vois les failles d'une telle pensée, je me suis vite dit que je devais soit l'accepter soit en finir, alors bon... »

Il se rassoit, et prend une nouvelle gorgée de café :
« -J'ai passé les 2 années qui suivirent à réfléchir à quoi faire pour pouvoir libérer le véritable moi. Mes pulsions ne cessaient de grandir alors que je ne pouvais rien faire. Voir tous ces pieds de filles dans la rue, en cours, dans le bus, à la plage, partout ! C'était de la torture pour moi. Puis une idée à germé en moi, l'idée que si je ne pouvais faire en sorte que les autres ne m'acceptent pour ce que je suis, je devais vivre en retrait, avec mes propres règles, tout a commencé en 1965... »

William a un nouveau flashback. Il a désormais 20 ans. Ses cheveux ont un peu poussé, son look fait désormais moins sage que par le passé, il a pris en muscle, et en assurance. Il est dans sa chambre en train d'écrire sur une feuille tout un texte, sa voix de maintenant narre ce qu'il pensait à ce moment-là, on voit le jeune homme réfléchir et son regard changer en fonction de ce qu'il pense :
« -J'ai alors décidé de faire quelque chose que je trouvais fou, mais aussi génial. Je crée une stratégie qui entrera en place pour toutes les filles que je désire, ou plutôt toutes les filles dont je désire les pieds. Mais je décide également d'être raisonnable, et de faire preuve de prudence. Voici ce qu'il me faut, des cordes, qui, bien attachées me permettront de laisser libre cours à mon imagination, ainsi qu'un bâillon. Mais aussi un local vide et isolé dans lequel je pourrai m'amuser le temps que je veux sans rien risquer. J'ai le permis, mais une voiture n'est pas assez discrète pour transporter le corps d'une personne... Je pourrais sans doute trouver une camionnette à bas prix, mais il ne faut pas qu'elle fasse tâche dans l'environnement... Bon, je vais essayer avec une voiture, on verra bien... Je dois absolument trouver le moyen d'enlever la fille avant qu'elle ne puisse réagir... »

Le jeune William est à présent dans une voiture en train d'épier Lauren, devenue une jolie jeune femme, elle n'a plus son appareil, elle est en train de courir dans un parc, suivant un chemin en bitume. Il la regarde avec beaucoup d'attention, elle disparaît derrière les arbres. Il approche alors sa voiture et se gare juste devant, il éteint le contact et ouvre son coffre. Il tient dans les mains un chiffon qu'il imbibe de chloroforme. Il est environ 5 heures du matin, ils n'y a qu'eux dans le parc. Il se met derrière un arbre et attend qu'elle passe devant lui, il respire très vite, et transpire, mais reste décidé.

Lorsqu'elle passe, il se met à courir derrière elle et l'attrape d'un coup en appliquant directement le chiffon sur son visage. Elle se débat mais s'évanouit vite. William la regarde alors, étalée par terre. Il la porte et la met dans le coffre toujours ouvert de sa voiture. Il lui met le bâillon sur les yeux et referme le coffre. Il s'apprête à partir mais retourne sur ses pas et court pour récupérer le chiffon de chloroforme qu'il avait oublié par terre, il regarde partout et marche d'un air pressé jusqu'à sa voiture. Tout en roulant, il fait de grands yeux paniqués, empli de remord par rapport à l'acte qu'il est en train d'accomplir. Il va jusqu'à une vieille grange abandonnée en rase campagne, dans laquelle il a installé une grande table en bois. Il gare sa voiture à l'intérieur. Il sort Lauren de son coffre, et l'allonge sur la table. Cette grange à l'abandon est à moitié détruite, des toiles d'araignées ornent les murs, des herbes folles, des rats, la nature semble reprendre ses droits petit à petit dans ce lieu délabré.

Après avoir fermé les grandes portes en bois, William se tourne vers sa future victime, il la regarde sans rien faire au début, la voix du William actuel parle de nouveau :
« -à ce moment là, je ne savais pas si j'avais fait une bêtise ou pas. Lauren était la victime idéale pour commencer, car en plus de ressentir une frustration depuis des années à l'égard de ses pieds, elle avait ce rituel qui consistait en un jogging de 30 minutes tous les matins à 5h. Elle n'y dérogeait jamais, même le dimanche et les jours fériés, ou les lendemains de fête, peu importe si elle se faisait violence, elle était une rigueur admirable. Quelque part, elle a de la chance que ce soit moi qui l'ai cueilli, j'aurais pu être un violeur ou un tueur en série. Mais j'avais déjà tout prévu, je la relâcherai quand j'en aurais fini avec ses pieds. Aux environs de midi, elle sera à l'endroit où je l'ai enlevé, et elle n'en saura pas plus. Tout ce qu'elle se rappellera, c'est que quelqu'un l'a enlevé pour lui chatouiller les pieds. Simplement, comment être sûr qu'elle ne penserait pas à moi ? Je n'avais pas la réponse à l'époque, mais j'ai compris une chose depuis : Peu importe si elle pense à moi ou non, qui viendrait sincèrement dans un commissariat pour dire qu'il s'est fait chatouiller les pieds ? Et même à ce moment-là, quel policier serait assez fou pour croire quelqu'un venant se plaindre de d'être fait chatouillé ? J'avais réfléchi à cela avant bien sûr, mais je n'en avais aucune preuve avant d'avoir accompli mon œuvre. Quelque part, cela fait partie du jeu. C'est pour cela que je prévois tout pour ne pas laisser de trace... »

Il tend alors les bras et les jambes de Lauren, coiffée d'une queue de cheval, habillée d'un T-Shirt et d'un short blanc, de chaussettes et de baskets de la même couleur. Il attache ses deux poignets ensemble, idem pour ses chevilles, la corde est tendue au maximum. Des sortes de crochets sont plantés sur le pied central de la table en bois, qui est semble-t-il fragilisé, mais dont la circonférence garantit une certaine sécurité, William accroche les cordes à ce dernier. Il retire ensuite lentement les chaussures et les chaussettes de Lauren, révélant ses magnifiques petits pieds. Il les regarde avec délectation, et approche son visage, pour déposer un doux baiser sur chaque plante de pied, il fait alors la grimace, la voix de William explique :
« -Malheureusement, le jogging a le désavantage de rendre les pieds puants, et je n'aime pas les pieds odorants. Bon point cependant, j'avais également prévu cela. »

Il sort alors de sous la table un seau empli d'eau sur lequel flotte une éponge, et il nettoie les pieds de Lauren patiemment. La sensation la réveille, elle bouge la tête, et ouvre les yeux, mais ne voit rien à cause du bâillon :
« -Mmmm... Qu'est-ce qui se passe ? »
William ne répond pas, il continue de nettoyer les pieds de Lauren avec beaucoup d'attention. Elle redresse un peu la tête et essaie de ramener ses pieds et ses mains à elle, mais elle n'y arrive pas, elle commence alors à paniquer en tirant d'autant plus :
« -Qu'est-ce qui se passe ? Aidez-moi ! À l'aide ! »

La voix de William reprend alors :
« -J'avais très envie de lui dire un truc qui en impose du genre « Tu es à moi... » ou « Chuuut ! Ça ne sert à rien de crier ! », bref, une phrase sympa dans le genre, mais je ne voulais en aucun cas qu'elle puisse avoir la certitude que je sois le bourreau. Et même si on ne s'était plus parlé depuis 5 ans, elle aurait pu me reconnaître. Cependant, je me sentais mal, je n'ai jamais eu pour envie de faire du mal à une femme, même après ce qu'elle m'avait fait, j'éprouvais de l'empathie en entendant ses suppliques. J'aurais aimé la relâcher, vraiment... Mais c'était trop tard, je m'étais lancé sur la pente du crime avec cet enlèvement, je n'avais plus qu'à m'y mettre à fond. Et c'est ce que j'ai fait... »

Le William actuel remplace à nouveau le jeune William, il pose l'éponge dans le seau, et commence à gratter le centre des pieds de Lauren avec ses dix doigts en même temps. Ne pouvant y échapper, Lauren commence à exploser de rire immédiatement et essaie de retirer ses pieds, tirant au maximum sur ses liens, sans succès. Avec ses ongles, il passe bien sur le centre, mais aussi la zone supérieure. À la suite de quoi, il se dirige jusque sous les orteils, et les chatouille à toute vitesse de ses dix doigts.

Lauren est rouge, elle a la bouche grande ouverte, elle n'en peut plus de rire mais ne peut rien faire pour y échapper, son rire s'entend dans toute la grange, et même aux alentours. Mais ceux-ci ne sont que des près et des forêts avec pour seuls habitants divers animaux.

Le William jeune a repris la place du vieil homme, il a un regard vide, froid, il déguste chaque seconde passée à chatouiller Lauren, mais semble aussi perdre son âme en la torturant ainsi. Son regard semble perdu dans le vide, il ressemble presque à un robot faisant ce pour quoi il a été programmé plus qu'autre chose. Il arrête tout à coup ses passages de doigts intempestifs et se dirige vers sa voiture, il en sort un sac contenant divers instruments, Lauren quant à elle, reprend son souffle :
« -Qui êtes-vous ? Pourquoi vous me chatouillez comme ça ? Arrêtez, je vous en prie... C'est horrible ! »

Pour toute réaction, le jeune William la regarde alors les yeux grand ouverts, alors que sa voix actuelle commente à nouveau :
« -Ce fut le déclencheur. Cette simple phrase de ma victime me disant que ce que je faisais marchait très bien réveilla mon côté sadique. Tout à coup, ce n'étaient pas plus des remords qui me traversaient l'esprit, mais des envies. Celle de continuer, celle de faire encore mieux, celle de la faire supplier tout comme je l'aurais supplié d'arrêter de colporter la sinistre vérité sur moi pour pouvoir vivre mon adolescence normalement. Oui, c'est l'envie le maître mot. Il n'y a que cela, l'envie de torturer ces jolis pieds, comme une vengeance que je dégustais alors froide, très froide, 5 années à attendre dans un réfrigérateur, avant d'être servi sur un plateau. Des envies non assouvies, des frustrations que j'ai eu la malchance de connaître. Elle n'était pas responsable, mais elle allait quand même payer pour toute cette attente. Et ces deux mots « C'est horrible », n'ont fait que me faire apprécier ce moment... »

Le jeune William sort alors deux plumes de son sac, s'approche lentement, presque sans respirer, ses pas ne font aucun bruit, Lauren se met alors à parler plus normalement, même si des larmes coulent le long de ses joues :
« -Il y a quelqu'un ? S'il vous plait, détachez-moi... »

Il tend les deux plumes et fait glisser leur bout duveteux au centre des pieds de la jeune fille qui rit moins que lorsque c'étaient les doigts qui attaquaient, mais gigote ses pieds très vite malgré tout :
« -Non ! S'il vous plait... Ihihih ! Ça chatouille ! »

Rien y fait. Un sourire se dessine lentement sur les lèvres de William, montrant son plaisir monter en puissance. Les plumes s'agitent sans s'arrêter, elles glissent au centre, mais également sous les orteils. Cette zone est manifestement très sensible chez Lauren qui recommence à tirer sur ses liens et à rire franchement.

Le vieux William apparaît alors derrière sa version juvénile, il observe ce spectacle, le revivant comme un spectateur se délectant d'un grand moment de sa vie. Le jeune William sort maintenant des brosses à cheveux à poils durs. Il les pose à côté des deux pieds de la jeune femme qui demande :
« -Non... Plus de chatouilles... Qu'est-ce que vous allez encore me faire ? Je n'en peux plus... »

Il approche alors son visage, et tend sa langue, il lèche lentement le pied gauche de Lauren. Avec de longs coups de langue, il passe sur toute la surface, et fait la même chose sous le pied droit. Cette sensation chatouille également la jeune femme qui tire d'autant plus sur les cordes, sans succès. Il continue avec ses léchouilles, passant maintenant sous ses orteils, et entre. La sensation est horrible pour la jeune femme.

Tout à coup, à force de tirer, le lien des jambes lâche. Un morceau de la table en bois s'est détaché et a volé dans le genou de William qui plie sous le coup. Surpris, il essaie rapidement de reprendre les jambes de Lauren qui ne sont maintenant plus attachée, le nœud de la corde reposait uniquement sur l'accroche sous la table qui avait cédé. Elle réussit à lui donner un grand coup de pied au visage, qui le met par terre et le fait saigner du nez. Il ne peut s'empêcher de lâcher un cri de douleur. Lauren essaie maintenant de faire de même avec ses poignets. Il se relève, et va vite dans sa voiture pour remettre du chloroforme sur le chiffon. Une fois qu'il l'a bien imbibé, il se dirige vers Lauren, toujours silencieux. Le vieux William regarde cela d'un air consterné.

Il applique rapidement le chiffon sur le visage de Lauren qui s'évanouit presque instantanément. À la suite de quoi il respire, soulagé d'avoir pu la calmer avant qu'il ne soit trop tard. Le William actuel commente :
« -à ce moment-là, je ressentais une peur palpable. J'étais fier d'avoir réussi à garder un certain calme en ne disant rien. Même si mon nez me faisait souffrir, j'avais évité le pire. Mon cerveau était en ébullition, que se serait-il passé si elle avait enlevé son bâillon ? Aurai-je dû aller jusqu'au meurtre ? Rien n'était sûr, excepté que je devais la ramener, après avoir pris soin d'effacer toute trace d'ADN de son corps. C'est à ça que me servait l'éponge en premier lieu... »

Presque comme s'il répondait à ce qu'il disait, William prit l'éponge et nettoya les pieds de Lauren avec beaucoup de soin, un peu de sang était tombé sur le pied gauche. Après quoi, il la rechaussa et la remit dans sa voiture. Il dit alors, en même temps que le vieux William, qui observait toujours :
« -Je récupèrerai mes outils plus tard...»

Il conduisit jusqu'au parc où il l'avait enlevé, il était environ 9h. Après avoir bien vérifié que personne ne passait par là, il ouvrit son coffre. Une voiture arriva alors en trombe derrière lui, il referma le coffre très rapidement et garda la tête baissée. La voiture passa à côté sans faire attention, roulant à vive allure. « Chauffard ! » pensait-il. Il rouvrit son coffre, et courra avec Lauren dans ses bras pour la déposer délicatement dans l'herbe. Il rentra ensuite dans sa voiture, et se regarda dans la rétroviseur. Il était décoiffé, et une coulée de sang consécutive au coup avait séché et s'étendait de sous les narines jusqu'au menton. Il se servit d'un mouchoir pour essuyer, et se recoiffa rapidement avec la main, et repartit jusqu'à la grange. Là-bas il constata les dégâts causés sur la table. Le vieux William apparut à nouveau et commenta une nouvelle fois :
« -Je concluais que ma stratégie était loin d'être parfaite. Il me fallait un meilleur matériel, que j'apprenne à faire de vrais nœuds de scout. Mais également que je trouve un moyen de déposer la victime sans risque. Et encore, il ne s'agissait que du bilan de mon premier enlèvement, et même si je ne vous raconterai pas le reste, d'autres problèmes sont survenus au fur et à mesure et m'ont fait affiner ma stratégie pour devenir la mécanique bien huilée d'aujourd'hui. Notamment le chloroforme, cette substance est très toxique, et même si Lauren l'avait très bien vécu, il n'en fut pas toujours autant pour certaines de mes 5000 victimes... »

Nous revoici dans le bureau du William actuel, qui termine sa présentation :
« -Je suis ainsi devenu ce kidnappeur qui séquestre et chatouille des femmes. Je ne m'en suis jamais lassé. En revanche, mon corps s'est lassé de tout ce sport. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, je profite de ma fortune pour recruter de braves gens capables d’exécuter cette tâche pour moi. D'ailleurs, le caméscope n'est pas venu tout de suite. J'ai donc compté mes victimes autrement les premières années... - Il finit son café avant de conclure – Ah et, un dernier détail qu'aucune victime ne mentionne jamais dans tout cela... »

Retour à l'époque du jeune William avec Lauren. Après l'avoir déposé au sol, il met des gants, et sort un petit sachet contenant une liasse de billets. Il les met dans la poche de Lauren avant de s'en éloigner. Alors que celle-ci gît toujours inconsciente, le vieux William commente ce qu'il vient de faire :
« -C'est mon rituel depuis toujours. Ces filles m'apportent un réel plaisir, il est normal de leur laisser un petit cadeau. Je suis un gentleman. Mais je me méfie des empreintes ADN, c'est pourquoi je les conserve dans un sachet après les avoir nettoyer, et les dépose en portant des gants. Mais, d'après ce que je sais, cette précaution n'a jamais été nécessaire. Comment je le sais ? Vous le découvrirez sans doute bientôt... J'ai toujours été de nature économe, et voilà à quoi cela me servait. »

Encore une fois, nous basculons du passé au présent, où William termine enfin son monologue :
« -Ces femmes m'ont toujours apporté une complète satisfaction. Simplement, pour combien de temps ? Une semaine ? Un jour ? Quelques heures ? Cela dépendait. Entre les ratés d'une victime non chatouilleuse à qui je me contentais de lécher les pieds pour son plus grand dégoût, les bonnes surprise comme cette poignée de femmes complètement folles qui en redemandaient presque alors même qu'elles étaient encore attachées. J'ai connu de tout, mais ce qui me plaisait, c'était de varier, toujours déchausser de nouveaux pieds, de nouvelles victimes. Est-ce que j'ai des remords ? Parfois oui, mais quand je vois ce que j'ai accompli, et le peu que je demande au final, un après-midi de chatouilles, je me dis que j'ai largement contre-balancé le poids de mes crimes avec ce que j'ai apporté au monde. »

Il se lève, et prend son manteau, l'heure de son rendez-vous de midi approche :
« -Vous ne prenez pas la mesure de tout ce que j'ai fait, en bien et en mal, mais qu'importe, c'est fait, c'est trop tard pour faire machine arrière. Et à vrai dire, je m'en fiche un peu de ce qu'on pense de moi, j'ai mené ma barque et me voici ici aujourd'hui – Dans un sourire, il s'approche de la porte de son bureau, et finit sur ces mots – Je n'ai fait qu'apporter du rire à ces gens, même s'il fut forcé. »

William sort de son bureau, et se dirige vers l'ascenseur, saluant son sous-directeur qui lui aussi descend déjeuner, il s'agit d'un homme d'une cinquantaine d'années coiffé d'un chapeau pour recouvrir son crâne dégarni, et habillé dans un costume noir taillé sur mesure. Il engage la conversation :
« -Alors William, comment vas-tu ?
-à merveille Stanley. Alors, quelles sont les nouvelles ?
-Eh bien les anglais ne semblaient pas très content du faux plan que tu leur a posé ce matin...
-Tu penses que j'ai fait une erreur ? Le coupe-t-il.
-Non. Ils savent qu'il vont s'en mettre plein les fouilles avec cet arrangement, ils n'ont pas vraiment leur mot à dire. Tu les tiens par les couilles, et ils le savent.
-Je me disais aussi.
-Et cet après-midi, le marché asiatique va nous tendre les bras. Ce n'est plus 500 millions que tu vas peser William, mais le double !
-Tu penses vraiment ?
-Et comment ! Leur made in China ou Taïwan ou un autre pays du genre est peut-être bon marché, mais justement, l'import de marchandise de notre qualité va ouvrir toute une clientèle avide de bon matériel.
-Il y a une rude concurrence avec les américains pourtant, il se pourrait que tout ne se déroule pas comme prévu.
-Allons William, si tu avais eu une seule mauvaise initiative sur ces 40 années à diriger, on ne serait pas là ! C'est aussi simple que ça. J'avoue qu'au début je me méfiais, mais j'ai appris à te faire confiance. Et tes conseillers t'ont fait un dossier vraiment magnifique. J'en ai lu les grandes lignes, si tu ne réussit pas ton coup avec ça, c'est vraiment que tu auras perdu la main.
-Merci Stan. Tu sais, je me fais vieux. Je passerai le relais sûrement bientôt. Mais merci de me soutenir dans mes dernières actions.
-Allons, le temps de te faire des couilles en or avec le marché asiatique et tu pourras te la couler douce où bon te semble.
-Toi aussi d'ailleurs, n'est-ce pas ?
-J'espère bien William – Il change alors de conversation – Au fait, tu as appris pour Marc Hardy ? Il s'est fait assassiner hier matin.
-Oui, j'en ai eu vent. C'est terrible. -répond-il en regardant à quel étage en était l'ascenseur
-Je ne l'aimais pas trop, mais je ne lui souhaitais pas ça. »

Arrivés au rez-de-chaussée, les deux hommes se séparent après s'être souhaités un bon appétit de politesse. William n'a plus le sourire, il a l'air concentré, comme s'il savait lui-même appuyé sur la détente. Le restaurant « Caliente » est situé dans une rue à côté de son immeuble. Lorsqu'il arrive, deux hommes l'attendent à une table en terrasse. Il retrouve son sourire pour les saluer, et s'installe à leur table.

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