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- The serial tickler
- Épisode 20
Histoire ajoutée le
29/04/2012
Épisode ajouté le
09/02/2022
Mise-à-jour le
09/02/2022
20.
La confiance de Matthieu était ébranlée de façon spectaculaire. Les informations se mélangeaient dans sa tête : Est-ce que Pénélope Bradfield se joue de lui avec la plus grande aisance, en dénonçant une des plus grandes fortunes du pays ? Ou est-ce qu'elle n'a juste aucun scrupule à dénoncer quelqu'un si cela peut l'arranger ? Et est-ce que être déstabilisé par une simple déclaration, après une petite phrase, n'est pas déjà lui donner une énorme victoire psychologique ? Pourtant, elle semblait la plus sérieuse du monde, son visage ne bougeait pas, elle fixait le policier droit dans les yeux, aucun sourire de satisfaction, ou qui pourrait laisser sous-entendre une blague, ne se dessinait sur ses lèvres. Ses pieds, toujours déchaussés, sous sa chaise, ne bougeaient pas. Elle s'était comme mise en pause, en attendant la réponse de Matthieu.
Derrière la vitre, c'était un peu la même spectacle. Danaëlle n'osait rien dire, elle trouvait dommage que son compagnon se soit fait calmer comme ça, mais elle se disait que elle-même ne saurait pas comment enchaîner après une telle déclaration. C'est comme si toute la stratégie qui avait été mise en place pour la faire parler s'effondrait en un courant d'air.
Abygaëlle, qui était au côté de Danaëlle, était bien plus calme. Son expérience fait qu'elle ne se laisserait sûrement pas désarçonner aussi facilement.
Après peut-être 10 secondes sans prononcer une syllabe, Matthieu articula :
« -Restez ici s'il vous, plaît, je dois vérifier un truc... »
Il se lève sans la quitter des yeux, et s'approche de la porte, laissant le dossier sur la table, toujours en restant tourné vers elle, somme si il craignait une attaque par derrière, avant de sortir pour rejoindre Danaëlle et Abygaëlle. Pendant ce temps, Pénélope chercha dans son sac, pour sortir un petit miroir, et vérifier son maquillage. Abygaëlle accueillit Matthieu froidement :
« -Agent Rousseau, c'est ça votre interrogatoire ?
-Non mais attendez, vous avez entendu ce qu'elle m'a dit ?
-C'est vrai que moi non plus je ne m'y attendais pas – Ajouta Dana.
-On s'en fiche de ça, vous ne devez jamais vous montrer déstabilisé comme ça ! Je ne sais pas combien d'interrogatoires vous avez pu mener jusqu'à présent, mais c'est clair que ça ne doit jamais se passer comme ça ! Alors, vous y retournez ou je dois le faire pour vous ? »
La question du nouveau commissaire était clairement posée de façon à ce que Matthieu le prenne comme un défi, qu'il accepta après quelques secondes. Il retourna dans la salle, l'air décidé, Sa collègue et sa supérieure observèrent à nouveau l'interrogatoire.
Matthieu, en entrant, eu la surprise de voir les pieds de Pénélope croisés sur la table. De ravissants petons, vernis de rouge, toujours recouverts de leurs collants, et dont les orteils s'agitaient tranquillement. Celui-ci vit là encore une manière de le déstabiliser. Bradfield est, après tout, une très belle femme, élégante, qui semble pouvoir désarmer n'importe qui d'un sourire. Sûre d'elle comme elle semble l'être, rien ne peut l'atteindre. Cependant, le jeune agent réussit à garder un semblant de professionnalisme. Il posa les coudes sur la table, et, tout en la fixant, alors que la criminelle continuait de vérifier son maquillage dans son miroir, il finit par reprendre :
« -Vous insinuez que Monsieur Koch, un des hommes les plus fortunés de notre pays, aurait commandité le meurtre de monsieur Hardy ?
-Ben oui... – répondit-elle, toute penaude, sans tourner son regard vers son interlocuteur – Ils avaient des idées contraires, alors on m'a engagé, et je l'ai buté.
Matthieu se recula à nouveau, et regarda vers le miroir, avant de s'adresser, d'un air désespéré, aux gens derrière la glace, tout en tendant le bras pour désigner sa suspecte :
« -Non mais sérieux, vous voyez bien que c'est déstabilisant, non ? »
Après quelques secondes, Abygaëlle fit irruption d'un coup dans la salle, elle dit à Matthieu :
« -Agent Rousseau, veuillez sortir je vous prie.. »
Celui-ci, peu satisfait de sa prestation, s'exécuta, mais lorsqu'il atteignit la porte, elle ajouta :
« -Et faites moi le plaisir de rendre visite à ce cher monsieur Koch. Et, je vous en prie, essayez d'être plus convainquant qu'à l'instant. Danaëlle vous suivra, on va se débrouiller pour le mandat. »
Il s'exécuta, et c'est sans plus attendre que le duo se dirigea vers le parking afin de prendre leur voiture. Le futur commissaire s'approcha des rideaux devant le miroir, et boucha la vue aux potentiels spectateurs en les fermant. Elle coupa également les micros pour que personne ne puisse entendre, et enfin, elle éteignit la caméra. Pénélope n'y prêtait pas attention, elle se remettait un peu de rouge à lèvres, les pieds toujours bien posés sur la table.
Abygaëlle s'assit sur sa chaise, et fixa Pénélope, qui finissait de se remaquiller, avant de ranger son miroir, son rouge à lèvres restant, quant à lui, posé sur le bureau.
Le silence s'installa quelques secondes, la tueuse à gages regarda rapidement Aby, avant de sortir son téléphone. Elle écrivit quelque chose dessus, son interlocutrice laissa faire, toujours concentrée. Une fois qu'elle eut fini, elle posa ton téléphone sur la table, et le fit glisser à bout de bras jusqu'à Abygaëlle, perdant un peu l'équilibre au passage, avant de se rétablir. Elle regarda le message, et répondit :
« -La réponse est oui, aux deux questions. Malheureusement, un autre a pris une décision à laquelle je ne m'attendais pas. Il est parti désormais, et erre dans la nature, je ne peux plus le surveiller. »
Pénélope pencha légèrement la tête, et commença à tendre la main, Abygaëlle réagit avec une pointe d'agacement :
« - Non mais attends, j'ai fermé le rideau, et coupé les caméras et micros, tu vas pas écrire tous tes messages quand même ?! »
La tueuse à gages eut un sourire vicieux, et agita de nouveau ses petits pieds, avant de lever légèrement les jambes, de poser ses petons par terre, et de se remettre droite pour parler au futur commissaire :
« -L'heure est venue alors. « Son » plan va se réaliser comme prévu.
-ça aura été sympa le temps que ça a duré – répond-elle avec un léger soupir de déception dans la voix – Je ne sais pas à quoi on va devoir s'attendre pour la suite.
-Je vais sûrement m'installer dans le coin, si tu veux qu'on reparle de cette petite association que je t'avais proposé, n'hésite pas.
Les deux femmes se regardèrent avec un œil presque complice, puis un peu perdu, imaginant les événements évoqués.
Changement de décor. Nous voici dans la belle ville de Tirgo, grande cité touristique du nord du pays. Bien qu'à cette époque de l'année, le beau temps ne soit pas encore complètement au rendez-vous, que la température atteint un timide 19° au plus fort de la journée, agrémenté de vents doux mais quelque peu désagréables à la longue. La plupart des commerces attendent la véritable arrivée de la belle saison pour déployer leurs chaises, tables, et parasols. D'autres, plus téméraires, envahissent les rues de petites musiques d'ambiance, d'odeurs de friture, de fruits de mers, mais également d'autres arômes plus fruités.
Les rues pavées de son centre historique, - fierté de la commune - dont les frais de préservation semblent être un maigre prix à payer pour profiter de ces rues piétonnes si agréables à parcourir, que l'on soit seul, entre amis ou en famille, s'étalent sur des kilomètres, et sont parsemées de magasins aux produits divers et de toutes origines. Là encore, les articles d'été, bien qu'ils montrent déjà le bout de leur nez, se font timides durant le mois d'avril. Un mois encore, et toutes ces tong et sandalettes trouveront preneurs chez ces touristes aux pieds plus chatouilleux les uns que les autres et... Je m'égare.
De toute manière, à 19h passées, ce sont principalement les restaurateurs et les barmen qui séduisent les badauds et autres touristes de passage. Et parmi ces touristes, nous retrouvons Angélique Laëtitia Vallet, déjà bronzée après ces quelques jours de vacances, assise en terrasse, en compagnie de son homme, Kévin, discutant de choses et d'autres, se détendant avec un diabolo fraise dans le cas de la jeune fétichiste, et un coca dans le cas du jeune homme. Oh, bien sûr, je parle du contenu de leurs verres, mais sachez tout de même qu'elle porte un débardeur violet moulant quelque peu sa poitrine, et laissant un non négligeable espace de peau visible sous le nombril. Pas de manches, révélant ses aisselles dénuées de tout poil chaque fois qu'elle lève les bras au ciel pour s'étirer, remontant son haut dans le même temps, permettant d'apercevoir un ventre plat, avec de mini-bourrelets tout de même, rien de bien alarmant, même si cela était déjà source de gêne pour la lycéenne.
Un jean, car le temps n'est pas encore assez chaud pour mettre une jupe, sa veste posée sur le dossier de la chaise... Et toujours ses petites sandalettes aux pieds. Enfin, pas tout à fait, puisqu'elle les retira quasiment dans la minute qui suivit son installation sur le siège du bar, elle secoua doucement les pieds pour faire glisser ses chaussures, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent sans défense, et qu'elle puisse sentir l'air parcourir ses plantes, glisser entre ses orteils, se prenant à rêver qu'une plume vienne remplacer le vent. Ou plus encore : huit petites plumes glissant entre chacun de ses ravissants doigts de pieds aux ongles brillants suite au passage d'un vernis transparent, et deux longues plumes parcourant ses plantes tendues, puisque posées sur leurs orteils, sur les sandalettes gisant au sol, et dont les traces des pieds d'Angélique étaient visibles à quiconque avait le réflexe de baisser les yeux.
À plusieurs reprises au cours de son voyage, Angélique s'amusa à ainsi offrir ses pieds à la vue de toute personne susceptible de les apprécier, et elle fut surprise du nombre de regards, et de bug qu'elle avait pu constater chez les hommes qu'elle croisait, mais aussi chez les femmes . Et oui, ce pays semble rempli de fétichistes des pieds et des chatouilles des deux genres ! C'est avec un grand plaisir qu'elle saisissait tout occasion de révéler cette partie de son corps qu'apparemment tant de personne auraient plaisir à avoir entre leurs mains pour de longues grattouilles. Elle avait même rêvé une fois que ces inconnus l'attrapent pour la chatouiller. Mais comme de nombreux rêves, celui-ci s'était arrêté avant l'instant fatidique, alors qu'elle était installée et qu'elle appelait Kévin à l'aide en vain, voyant ses pieds, immobilisés, tendus malgré l'absence de ficelles pour maintenir ses orteils droits, comme attendant d'être chatouillés. Et ce qui semblait être un cauchemar se trouvait être en fait davantage proche du rêve humide, dont elle se souviendrait longtemps, contrairement à la plupart de ses songes dont elle ne garde pour ainsi dire aucun souvenir.
La discussion n'était pas passionnante, voilà déjà plusieurs jours que le couple ne se quitte plus, ou très peu de temps, visitant chaque recoin de Tirgo, ou profitant juste d'un repos bien mérité, précédant le retour à la routine dans le cas de l'un, et les examens de fin d'année dans le cas de l'autre. Encore 4 jours, avant le triste retour à la réalité. Bien que reposantes, ces congés au bord de la mer n'avaient eu d'autre intérêt que celui de bronzer un peu, de dormir, faire la grasse matinée, et profiter de jolis paysages. L'océan est encore trop froid pour Angélique. Le sexe ? Oui, ils ont fait l'amour le lendemain matin de leur arrivée, trop fatigués par la route pour se jeter l'un sur l'autre la veille. Mais c'est tout. Depuis déjà quelques temps qu'ils sont ensemble, la libido commune n'étant pas ce qui rapproche ces deux jeunes gens, les moments d'intimité se font plus rares. Ils prennent des photos, mangent, boivent avec modération, se promènent. Dans ses moments de réflexion, Angélique admettait une chose qui ne l'amusait guère : à peine majeure, et déjà dans une relation dans laquelle elle se voyait être à 40 ans passés. Ce n'est pas une grande fêtarde, mais a-t-elle déjà fini de profiter de sa jeunesse ?
En fait, elle réfléchit à cela, mais elle sait très bien que son quotidien lui convient, elle n'aspire pas à visiter le monde avec quelqu'un d'autre que Kévin. Son seul vrai mécontentement finalement, et elle avait du mal à l'accepter tellement cela est nouveau pour elle, c'est le manque de chatouilles auquel elle a à faire. Kévin ne s'y intéresse pas, point. Ce n'est pas de sa faute, mais a-t-elle déjà envie de renoncer à cette nouvelle sensation qui lui fit pourtant tant de bien, au point même que le soir suivant cette séance au parc avec Hugo, l'amour fut torride avec son homme, comme si l'après-midi entier avait servit de préparation psychologique à la nuit qui suivait ? Est-ce qu'elle allait réellement avoir besoin de cela maintenant chaque jour de sa vie ? Cette perspective l'effrayait presque autant que celle d'être déjà une mémère dans une relation de vieux.
Le temps de se dire tout cela, elle était en train de marcher avec son copain, main dans la main, rentrant vers l'hôtel. Un petit immeuble de quelques étages, avec vue sur l'océan, et les petites îles bordant la côte. Le tout construit dans cette espèce de roche blanche typique de la région, et contrastant fortement avec l'architecture de Leglade. Mais au moment de rentrer, elle reconnut une silhouette qui lui semblait familière. Une jeune femme assise sur le sable, seule, les cheveux noirs, tout comme ses vêtements. Elle regardait l'horizon, ses tong posées à côté d'elle, aussi sombres que le reste. Elle lâcha la main de son compagnon afin de rejoindre cette personne, Kévin lui indiqua qu'il montait dans la chambre. Elle ne lui répondit pas. Elle plia une jambe pour retirer une sandalette, puis fit de même avec l'autre, et garda ses chaussures à la main en marchant sur le sable, toujours agréable à fouler, bien qu'un peu plus frais que durant la journée. La jeune femme ne faisait pas attention, perdue dans ses pensées, le vent soulevant légèrement les cheveux des deux adolescentes. Elle sursauta presque lorsque Angélique lui dit timidement en se penchant vers elle :
« -... Camille ?
-Angélique ?!
Elle se leva, toute contente, et les deux se serrèrent dans les bras l'une de l'autre, éclairées par la lueur de la lune, et les lumières de la ville n'osant s'aventurer plus loin que la plage.
Après ce câlin, la joie était à son comble, comme si les deux jeunes femmes étaient dans le même état mental et qu'enfin les vacances allaient prendre une tournure intéressante :
-Depuis quand est-ce que tu es là ? Demanda Camille
-Samedi ! Et toi ?
-Je suis arrivé dimanche avec mes parents, ils craignaient les bouchons sur la route si on partait le samedi.
-Et ils sont où là ?
-Aucune idée ! Et je m'en fous pas mal à vrai dire.
-C'est trop bien de te voir là, tu veux boire un verre ?
-Eh ben allez ! Mais ton mec ne va pas t'attendre ?
-Je vais lui envoyer un texto pour qu'il ne s'inquiète pas.
Camille et Angélique marchaient dans les ruelles, les nombreux lampadaires permettaient de voir la tenue de la gothique plus en détail : Au dessus des tong, révélant ses orteils vernis de noirs, on pouvait voir une sorte de robe englobant son ventre, assez proche du corps, descendant jusqu'au dessus des genoux, couleur noir et en cuir bien sûr, pas de manches pour elle non plus. Un bracelet à pointes sur le poignet droit, du vernis noir sur les ongles des mains également. Camille conservait sans problème son style gothique malgré une tenue légère et plus attrayante que ce à quoi elle habituait les élèves de l'école.
Sa peau blanche avait plutôt bien résisté aux assauts du soleil. Clairement, elle ne tenait pas à bronzer plus que ça, bien qu'elle n'ait pu complètement empêcher sa peau de brunir un minimum.
Elle voulurent boire un verre dans le même bar que celui où était posé Angélique auparavant, mais celui-ci fermait lorsque les deux jeunes femmes arrivèrent. Camille dit alors, sans se laisser abattre :
« -On a qu'à aller dans la maison qu'ont loué mes parents ! Il se sont absentés pour la soirée de toute façon, ils font la fête chez des potes à eux, ils ne doivent pas revenir avant demain.
-D'accord !
-Tu ne veux pas contacter Kévin ?
-Non, il s'ennuierait. Tu habites loin d'ici ?
-Non pas très loin.
Quelques minutes après, elles arrivèrent à une maison relativement vieille, à quelques mètres de la plage. Après être entrées, Angélique demanda si elle devait se déchausser. Camille lui répondit de faire comme elle préfère, donc c'est tout naturellement que les sandalettes furent disposées près de l'entrée, laissant les pieds nus de la jeune fille sans défense, faisant une sorte de petit bruit de claquement à chaque pas.
C'est dans le grand salon de la maison que s'installèrent les deux copines. Sur un canapé en cuir de bonne qualité, mais lui aussi un peu vieillot, elle s'assirent l'une à côté de l'autre. Alors que Camille était assise « normalement » : Les fesses sur le canapé, les pieds, toujours dans leurs tongs, posés à plat sur le sol. Angélique préféra se mettre en tailleur, tout son corps sur le canapé, ses pieds nus dépassant de chaque côté.
La discussion continua : Les parents de Camille avaient ainsi trouvé cette jolie maison, bien qu'un peu vieille, largement satisfaisante pour un séjour de quelques jours, surtout à ce prix-là !
Mais rapidement, un petit silence s'installa entre les deux filles. Angélique passait sa main dans ses cheveux, comme embarrassée par ce qu'elle allait dire :
« -Je sais pas si je te l'ai déjà dit mais, tu es une des personnes les plus surprenantes que je connaisse.
-Je sais oui – répondit-elle en souriant.
-Tu es tellement moins faux cul que la plupart des autres élèves.
-Pas compliqué en même temps.
-C'est vrai mais... Ce que tu m'as dit m'a fait me demander quand même certaines choses, et ces choses se sont vérifiées pendant ces vacances notamment.
-Ah vraiment ? Tu as fait ce que je t'avais proposé alors ?
-Oui, complètement, et c'était plaisant. Cette impression de se sentir désirée par tout le monde. Je veux dire : C'est vraiment un pays de fétichistes j'ai l'impression. J'ai l'impression d'être la seule à ne pas en avoir conscience, et surtout que je suis tombé avec le seul mec qui n'est pas comme ça. Je me sens bête.
-Il ne faut pas – Répondit son amie en lui mettant la main sur l'épaule – Tu sais, très peu de gens de notre âge s'en rendent compte, il suffit d'être un marginal et de les observer. Tu sais, je serais pas étonné qu'à l'heure qu'il est, ma mère ait subi plus que tout ce que tu peux imaginer.
-Ah vraiment ? - Angélique se redresse, très intéressée – Comment tu le sais ?
-C'est pas compliqué... Je reviens.
Camille se lève, et va jusque dans la chambre de ses parents. La maison est pensée pour que toutes les pièces soient disposées autour de la pièce principale. Ainsi, chaque passage d'une pièce à une autre comporte un passage obligatoire dans cette salle à vivre. La décoration se veut à l'image du reste : D'une autre époque. Un papier peint aux couleurs peu attrayantes, des fenêtres en bois, simple vitrage, des volets en métal un peu rouillés. Une cuisinière ornée de motif à carreaux qui n'auraient pas dépareillés dans une pub Seb des années 60. Même l'odeur dans la maison, qui n'est pas foncièrement désagréable, semble d'une autre époque. Malgré cet arôme citronné prouvant un nettoyage intensif effectué plus tôt dans la journée, une odeur persistante de vieux bois, et de potage de légumes semble habiter cette maison. Angélique se dit qu'en fermant les yeux, elle se retrouverait chez ses grands-parents, et cela lui évoque une sensation de sécurité, un aspect familial, de bons repas, une ambiance chaleureuse. Clairement, elle pourrait se sentir ici comme chez elle.
Camille revient avec un petit carnet dans les mains. Elle s'assoit de nouveau, et tend le carnet à Angélique. Mais, juste après que son amie lui ai pris le cahier, elle tape doucement sa main sur sa propre cuisse. Angélique, comme si elle venait de recevoir un ordre, s'allonge sur ventre, et pose ses pieds sur les jambes de Camille, elle s'appuie sur son coude, la tête posée sur sa main, et commence à feuilleter. Pendant ce temps, Camille profite de la vue qui lui est offerte : Deux splendides plantes de pieds, aux orteils réguliers et à croquer, qui lui sont ainsi offerts, ce qui ne semble pas être la première fois. Un sourire emplit son visage, elle passe ses mains autour des petons d'Angélique, et commence à lui masser en effectuant plusieurs pressions de ses doigts sur les pieds de sa copine, qui tourne plusieurs pages, intriguée.
Angélique tombe sur une photo d'une femme d'une quarantaine d'années sur fond blanc de studio, en biais, mais le regard tourné vers l'objectif. Les joues décharnées, clairement une femme très mince, qui fait son âge, : quelques rides apparaissant doucement malgré son maquillage négligé. Un sourire révélant quelques traces jaunes sur ses dents, prouvant son quotidien de fumeuse. Des cheveux noirs descendant au moins jusqu'en bas de la nuque, mais avec quelques pics sur le haut du crâne, comme une vaine tentative de se rajeunir. Des yeux bleus exorbités, en partie à cause de sa maigreur . La photo est prise en plan américain, on ne voit donc que le haut de son corps. Elle porte un haut sans manches noir. On devine qu'elle n'a pas énormément de poitrine, peut-être du B, mais probablement du A. Angélique la trouve séduisante, bien que trop maigre. Bien qu'elle sache pertinemment la réponse, elle ne peut s'empêcher de demander :
« -C'est ta mère ?
-Bravo ! - Répondit Camille, toujours en train de s'affairer avec les pieds de son amie.
-Elle est belle je trouve.
-Merci ! Il paraît que je tiens beaucoup d'elle.
-Et il y a une photo de ton père ?
-Nan, parce que c'est SON carnet figure-toi. Et si tu tournes les pages, tu devrais voir quelque chose d'intéressant parmi les photos.
Angélique suit le conseil de Camille, et feuillette encore un peu. Elle finit par tomber sur une autre photo de cette même femme, mais allongée sur le ventre, sur ce qui semble être le lit conjugal, et les jambes pliées, les pieds en l'air, révélant des plantes de pieds admirablement entretenues. Elle ne porte que ses sous-vêtements, mais l'attention est portée sur ses plantes de pieds tendues, la seule partie de son corps paraissant plus jeune que le reste. Angélique le remarque immédiatement, notamment parce que le lampe de chevet est posée à côté, et en ajoute à l'éclairage globale de la scène. Malgré tout, elle songe à un hasard, et continue de tourner les pages.
Après quelques pages, elle arrive à une série de photos : Dans l'une d'elle, la mère de Camille semble dormir, on voit son visage en arrière-plan, toujours sur le même lit. Mais il fait jour sur celle-ci, et surtout, la couverture est relevée, juste pour laisser passer un des pieds nus de cette femme. Comme elle dort sur le ventre à ce moment-là, son pied a les orteils tournés vers le bas. Il dépasse du lit, offert au photographe.
Photo d'après, elle bronze sur un transat, au bord d'une piscine. Elle a des lunettes de soleil opaques, cachant ses yeux, mais elle sourit au photographe en faisant une sorte de moue, et bien sûr, ses pieds sont au premier plan, l'un étant posé à plat sur la serviette bleue ciel, et l'autre la plante tendue, les orteils prenant l'air, faisant face à l'objectif.
Elle tourne la page, et ouvre grand les yeux de surprise : La mère de Camille est ici invisible. On se retrouve dans la chambre des photos précédentes, sur le lit conjugal. On voit les pieds de la maman, dépassant du lit, les gros orteils attachés ensemble avec une ficelle rouge, les doigts de pieds vers le bas une nouvelle fois. Les plantes sont brillantes, résultat de l'application d'huile de massage, ou d'une langue insatiable. Mais sur les jambes de cette femme est assis un homme, :à califourchon, bedonnant, avec un T Shirt rayé bleu et noir, mal rasé, le visage rond, les cheveux bruns courts. Des petits yeux rieurs, les joues et le double menton à l'unisson. Un pantalon en jean coupé à mi-cuisse. Et des chaussettes longues et blanches complétant sa tenue. Il semble reposer de tout son poids sur les jambes, ne laissant aucun échappatoire aux petits pieds qui sont à sa merci. Enfin, il a la bouche entrouverte en souriant, comme s'il riait au moment où la photo fut prise, tenant deux brosses à cheveux à poils durs à la main.
Sur les photos d'après, on le voit baver sur ces jolis pieds nus, et se servir des deux brosses en même temps sur les plantes de pieds coincées. On voit les plantes se plisser, ou être tendues, la peau rougissant au fil des clichés. L'homme clairement, est dans un état second, il semble être un bourreau impitoyable, torturant au fil des photographies une paire de petons clairement offertes. Angélique regarde ces photos d'une traite, mais elles sont nombreuses, accrochées à chaque page avec des trombones. Des dizaines de photos de cette séance. Elle les regarde toutes avec attention, et se prend rapidement à s'imaginer à la place de la victime. Elle l'envie, elle a l'impression de voir son fantasme s'étaler sous ses yeux. Quelque chose d'effrayant et irrésistible à la fois. Son envie monte, et Camille le remarque aux quelques petits mouvements que font les pieds de son amie, qui semble subir certaines des chatouilles qu'elle voit en photos.
Camille finit par commenter :
« -Au cas où tu te demanderais, ce n'est pas mon père, le bourreau. C'est un ami de la famille que j'ai souvent vu. Apparemment ils partagent ce trip, ma mère est la première à demander à se faire torturer, et mon père a l'air de kiffer voir sa femme supplier entre les mains d'un autre.
Angélique ne peut s'empêcher de se retourner vers Camille, qui continue de masser consciencieusement les pieds de son amie :
-C'est pour ça. Ce soir, ils sont allés voir un autre couple d'amis, que tu peux voir dans les photos d'après. C'est déjà arrivé qu'ils fassent des sortes d'orgies de chatouilles, en louant des lieux exprès. Apparemment, c'est héréditaire. Cela dit, ma mère a cru remarquer que notre génération est davantage touchée que la sienne, et que celle d'avant contenait beaucoup moins de fétichistes. Faut croire que dans notre pays, la libération sexuelle s'est également articulée autour de ça. C'est ce qui me fait penser que le Serial Tickler est sûrement un vieux monsieur d'ailleurs. Sinon, il aurait peut-être pas eu à en arriver là...
Elle montre Angélique du doigt en souriant, et commence à chantonner :
« -Tu-t'es-faite, cha-toui-ller, par-un-vieux-eux ! Tu-t'es-faite, cha-toui-ller, par-un-vieux-eux !
-Tais-toi ! - Dit Angélique, en se prenant au jeu, et en pliant les jambes, les retirant de l'emprise de la gothique. Puis elle rabattit un peu un de ses pieds, et mis à hauteur du visage de Camille – Tiens, fais un bisou et excuse-toi...
Après un silence de quelques secondes durant lequel Camille garda les yeux tournés vers Angélique qui agitait doucement son pied devant elle, elle dit :
« -Dis-donc, c'est moi qui donne les ordres, pas toi.
-Mince, c'est vrai ! - Répondit Angélique en souriant, prouvant que son intention était bien d'en arriver là – Que puisse faire pour me faire pardonner maîtresse ?
-Hmmm, je crois que je sais...
En quelques secondes, Camille se releva, rabattit les jambes d'Angélique pour les poser à plat sur le canapé, les pieds sur un coussin. Elle retira ses tong en deux mouvements, et se mit à califourchon sur les jambes d'Angélique, dont seuls les pieds nus et sans défense dépassaient, les orteils vers le bas. Reprenant la position de l'ami de la famille :
-Demande-moi de te chatouiller les pieds ! Non, attends !... Supplie-moi... -Son envie était visible dans ses yeux, le moindre mot de son amie serait le coup de départ d'une horrible séance de torture.
Angélique sourit, elle attendait ce moment. Là encore, il était facile de deviner que ce n'était pas la première fois qu'elle était dans cette situation avec Camille. Elle décida de répondre avec la plus grande aisance :
-S'il te plait, je t'en supplie... Chatouille mes pieds aussi sadiquement que ce gars a chatouillé les pieds de ta mère.
C'est sans attendre que Camille se retourna, admirant ces plantes de pieds entretenues, dont seuls quelques micros défauts pouvaient être perceptibles à l'oeil nu. Elle sait combien elles sont chatouilleuses, elle sait où attaquer, comment, et surtout elle sait qu'Angélique n'attend que ça. Alors, elle posa ses mains à plat sur pieds de sa victime, avant de plier les doigts à l'unisson, laissant ses longs ongles vernis de noirs gratter la peau sensible de la lycéenne, qui plissa ses plantes de pieds en réaction, et ne put se retenir de pouffer de rire. Camille recommença l'opération plusieurs fois, l'effet ne s'estompait pas, le plaisir non plus. Ses ongles de baladaient dans une série d'aller-retour simples, mais efficaces sur les petons d'Angélique, qui était au bord de l'explosion. Camille le savait, et jouait d'autant plus avec sa proie qu'elle avait les clés en main pour la faire craquer. Clés qu'elle ne tarda pas à utiliser.
Ses dix doigts prirent leur indépendance et grattèrent chacun, l'un après l'autre, le centre de la plante d'Angélique, qui ne put se retenir davantage, et commença à rire franchement, sa respiration saccadée s'accélérant à chaque sensation de grattouillis, insupportables, et donc si plaisants à retrouver. Les index ouvraient le bal, grattant l'intérieur des plantes, suivis des majeurs et des anulaires titillant le centre, des auriculaires s'occupant des extérieurs. Les pouces, quand à eux, étaient plus irréguliers, plutôt placés vers les talons, leurs passages étaient imprévisibles, mais faisaient mouche à chaque fois que les ongles entraient en contact avec cette peau si chatouilleuse, contribuant à un supplice déjà dur à supporter pour une jeune femme si sensible sur les voûtes plantaires.
Bien sûr, Camille n'en était encore qu'à la mission de reconnaissance, et il restait deux zones à tester sous ces jolis pieds.
C'est ainsi qu'elle se servit de ses index et majeurs uniquement pour courir sur les talons de sa victime, et faire le tour, appuyant un peu plus que sur les autres zones pour parer à l'épaisseur de la peau. Et elle dosait très bien ses chatouilles puisque Angélique en venait à craindre ces attouchements autant qu'au centre de ses pieds, qui sont pourtant d'ordinaire plus sensibles.
Mais le pire moment fut, comme bien souvent, l'instant où huit ongles parcoururent l'intégralité des plantes, afin d'aller se nicher sous les doigts de pieds de la belle, qui fut prise d'un fou rire inarrêtable, tentant de plier ses orteils qu'elle était pourtant heureuse d'offrir à un bourreau si efficace. Elle rougissait en quelques secondes, des larmes coulant sur ses joues, son rire étouffé par le premier coussin qu'elle trouva. Pour la première fois, elle articula un « Non ! » entre deux rires incontrôlés. Et elle tenta de tendre les mains pour arrêter son amie sans pitié, qui était aux anges.
C'est alors qu'elle sentit quelque chose au bout de ses doigts lorsqu'elle mit ses mains le long de son corps. Elle compris immédiatement, les pieds nus de Camille, négligemment mis à la portée des doigts de sa victime, les plantes offertes. Angélique ne l'avais chatouillé qu'une fois pour savoir si elle était sensible, et ça avait mal fini pour elle, le rapport d'obéissance ayant déjà été mis en place. Alors, forcément...
Camille, concentrée sur ces dix petits orteils dansant, et ces pieds tentant de s'échapper en vain, ne fit pas attention au fait que plusieurs doigts affûtés s'agitaient dans son dos. Elle n'en fut que plus surprise lorsqu'elle sentit des chatouilles sur ses plantes de pieds laiteuses et si sensibles être assaillies. Elle rit immédiatement et regarda ses pieds être attaqués par les doigts d'Angélique, qui étaient juste assez longs pour attaquer la base de ses orteils. Elle attrapa les mains d'Angélique et lui dit :
« -Je vois, tu cherches à te rebeller ? Alors ta nuit va être longue... On serait mieux posées dans la chambre de mes parents, tu ne crois pas ? Dans leur grand lit à barreaux... »
Sans rien dire, Angélique acquiesça. Les deux jeunes femmes se levèrent de concert, et se dirigèrent dans cette pièce d'où Camille avait pris le carnet. Le style ne variait pas par rapport au reste de la maison, du papier mural vieillot, et arrachés à certains endroits plus ou moins discret, dont le motif était un petit bouquet de tournesol se répétant à l'infini, de façon régulière. Une table de chevet en bois sculpté de chaque côté du lit, agréables à l'oeil, mais qui semblait peser une tonne. Une commode dans un style similaire. Et, trônant au centre de cette pièce de taille modeste, un lit 2 places banal, mais dont la design semble avoir pesé dans la balance au moment de choisir la location : une série de barreaux épais relient les pieds du lit, à chaque bout. Visuellement, là encore, on a affaire à un meuble d'un autre temps, mais Angélique n'a pas eu à réfléchir longtemps aux avantages pratiques qu'offrait ce plumard. L'odeur flottant est un mélange entre le parfum de la mère de Camille, et celui de son père, le tout formant un mélange relativement agréable.
Camille, toujours pieds nus, se mis à genoux devant la commode, pour en ouvrir le tiroir le plus bas, elle commentait en même temps :
« -L'avantage d'avoir des parents comme les miens, c'est qu'on a tout ce qu'il faut... »
Mais elle commença vite à rire lorsque Angélique profita de la négligence de son amie, dont les plantes de pieds laiteuses et les orteils frétillants étaient à la vue et à la portée de n'importe quel bourreau. Camille sursauta, mais ne réussit pas à se relever, elle fut au contraire déséquilibrée et tomba sur le côté, en riant malgré elle. Mais Angélique la regarda juste, elle n'insista pas, ne profitant pas plus que cela de la faiblesse de la gothique, qui se releva immédiatement :
« -Assez perdu de temps Cam, chatouille-moi...
Cette phrase d'Angélique fit place à un grand silence, comme si Angélique était tellement en manque qu'elle ne pouvait plus attendre, qu'une sorte d'addiction avait pris le pas sur le plaisir, et qu'elle avait juste besoin de sa dose. Camille fut surprise par ce ton étrange. Pour toute réponse, elle sortit donc le matériel, et indiqua à Angie de prendre place. Elle s'allongea sur le ventre, et pris soin de faire dépasser ses pieds entre deux barreaux du lit, l'un à côté de l'autre. Camille prit une paire de menottes, pour lui attacher les mains dans le dos, empêchant bien des mouvements. Après quoi, elle prit un foulard pour entourer les deux chevilles d'Angélique, afin de les protéger, mais également une écharpe pour entourer le barreau du lit. Elle utilisa une ceinture qu'elle passa autour des chevilles d'Angélique, la serrant au maximum des trous ayant visiblement été ajoutés pour ce genre d'utilisation. Ainsi, son mouvement était très limité. Enfin, elle prit une ficelle pour attacher les deux gros orteils. Clairement, elle savait bien manier ces attaches puisque aucun jeu avec la ficelle ne pouvait permettre aux orteils de se séparer plus qu'ils ne l'étaient, et ils l'étaient très peu, Angélique ayant pris soin de les rapprocher le plus possible malgré le barreau séparant ses pieds, et la ceinture ayant collé ses chevilles à ce même morceau de métal.
Voilà, cette jeune femme était en tenue légère, excepté le jean, et ses pieds étaient à la portée de n'importe quel chatouilleur qui aurait pu passer la porte. Camille contempla son œuvre. Sa victime ne bougeait pas. Elle demanda :
« -ça va Angie ? C'est confortable ?
-... ça va. Mets-moi un bâillon.
-Tu es sûre ? Et pour le mot de passe ?
-Je n'en veux pas, je veux que tu me torture autant de temps que tu en as envie.
-Vraiment ?
-Oui, dépêche-toi de commencer.
Encore une fois, le ton d'Angélique était surprenant, Camille ne savait pas trop quoi en penser. Elle accepta tout de même, sortant une boule bâillon du tiroir dans lequel tous les instruments étaient entreposés. Elle s'approche d'Angélique, qui semblait dans un état second, comme si elle avait attendu ce moment pendant un temps beaucoup trop long. Avant qu'elle ne soit bâillonnée, elle ajouta :
« -Sois sans pitié, utilise tout ce que tu peux pour me chatouiller.
-Tu sembles bizarre Angélique, tu es sûre de ce que tu veux ?
Un silence suivit cette question, le regard d'Angélique semblait se perdre, elle en avait gros sur le cœur. Clairement, elle semblait ne pas contrôler ce qu'elle disait, et cette question lui fit songer à ce qu'elle demandait :
« -Kévin ne me chatouille jamais...
-... D'accord. Mais pourtant, tu es bien avec lui en dehors de ça, non ? - Camille s'assit sur le lit, provoquant un grincement métallique.
-Je vais le quitter... Je sais pas ce qui s'est passé mais... Je n'en peux plus. J'ai toujours envie de guilis, j'ai envie de me faire torturer, de tomber sur des bourreaux plus sadiques les uns que les autres. Dés que je me lève, j'ai envie que quelqu'un prenne mes pieds et les gratte avec ses ongles ou une brosse. Toutes ces vacances, je me suis déchaussée en espérant que parmi tous ces gens qui regardaient mes pieds, il y ait un serial tickler pour m'enlever et me torturer chaque jour pendant des heures... Je crois que je suis devenue complètement tarée. À chaque fois que tu m'as chatouillée, je me suis senti trop bien. J'allais mieux, je m'en foutais du reste. Mais dés que je passe quelques temps, sans chatouilles, genre 1 jour ou 2, ça me travaille. Et là, ça fait plusieurs jours qu'on ne m'a pas touchée, ça me rend dingue. Dés que je t'ai vue, j'ai pensé qu'on pourrait refaire une séance. Et là maintenant je me dis que... Si c'était possible, j'aimerais bien faire une collocation avec toi l'an prochain, et devenir ta « Tickle slave », sans Kévin pour m'empêcher de profiter...
Là encore, l'ambiance semblait pesante. Pas un bruit, pas un son ne sortait de la bouche des deux jeunes filles. Mais, après quelques secondes, Angélique releva le regard vers son amie, qui souriait avec une étincelle sadique dans le regard. Clairement, cette phrase avait ressuscité un espoir qui restait enfoui depuis longtemps. Au final, un seul mot fut prononcé par Camille :
« -D'accord. »
Angélique lui sourit lorsqu'elle entendit cela. Puis elle vit les mains de Camille s'approcher, et placer le bâillon boule. La gothique se releva, elle installa une chaise devant les pieds d'Angélique, et elle prit une petite table dépliable, ainsi qu'une mallette cachée sous le lit, contenant tous les instruments de son père. Elle étala plusieurs objets sur la petite table : des plumes, des brosses de toute sorte... Enfin, elle s'assit et ajouta :
« -Mais par contre, on discutera des termes de ton esclavage lorsqu'on y sera Angélique. »
Après quoi, elle se mit des griffes en métal au bout de 8 de ses doigts. Angélique ne percevait rien, et elle n'essayait même pas de voir, elle attendait juste que ça commence, ce qui ne tarda pas...
de façon méthodique, les 8 doigts pourvus de griffes se posèrent sur les talons, avant de glisser lentement le long des plantes de pieds ainsi offertes, qui se plièrent immédiatement, la peau s'emplit de plissures, qui n'était qu'autant de reliefs à parcourir avec sadisme pour le bourreau, bien décidé à donner à sa victime ce qu'elle veut. L'aller se poursuivit jusqu'aux orteils, frétillants, et s'animant lors de l'approche des terribles griffes. La peau se pliait et se dépliait, rien ne semblait pouvoir réduire l'effet ressenti. Angélique, sur tout cet aller, poussa un cri à peine étouffé par le bâillon, ne pensant pas que la mise en bouche serait si puissante. Les doigts de Camille allèrent jusqu'à la base des doigts de pieds pliés d'Angie, avant de repartir le long de ses plantes, et de remonter jusqu'aux orteils. Le passage au centre lui fit pousser un nouveau cri.
Camille savait déjà que cette zone de l'anatomie d'Angélique était particulièrement sensible. Il ne lui en fallu donc pas plus pour placer ses 8 doigts au centre de ces pieds, et les agiter de façon chaotique. Ces 8 pointes qui n'étaient là que pour arracher des rires à la jeune victime remplissaient parfaitement leur mission. Elle sentait ces pointes très fines s'appuyer légèrement sur sa peau, comme tentant de s'enfoncer, et de trouver un accès dans la zone alentour. Il ne lui en fallu pas plus pour être aux anges. Elle fermait les yeux, la tête posée sur un oreiller, profitant du confort du lit sur lequel elle était suppliciée, et perdant tout contrôle après quelques secondes passées.
Les doigts de Camille insistaient sur le centre des plantes, ces attouchements répétés ne perdaient en rien de leur efficacité au fil des minutes. Angélique était très réceptive, ainsi incapable de voir ce qui lui arrive exactement, et totalement en confiance avec son bourreau. Sans parler de sa sensibilité qui avaient eu l'air de s'accroître avec le temps, au fil des séances. Son anatomie plantaire n'était plus un mystère pour Camille. Pourtant il ne s'était pas passé beaucoup de temps depuis leur rencontre...
Lorsqu'elles étaient en classe, Angélique était assise à côté de Camille après leur petite discussion. Elles s'échangeaient un papier dans lequel chacune écrivait, et ainsi, toute une discussion avait lieu tout au long de la journée. C'est après très peu de temps que Camille posa la question fatidique à Angélique « Comment c'était ? De se faire kidnapper et de se faire chatouiller... » Bien sûr, cela avait d'abord embarrassé la lycéenne, qui répondit d'abord en disant que c'était horrible, un des pires souvenirs de sa vie.
C'est après très peu de temps qu'Angélique vint chez Camille pour la première fois, mais elle ne vit, pour ainsi dire, que la chambre de sa camarade de classe. À cette époque, Angélique portait ses sandalettes, dans le cadre de l'enquête. Après, il y avait eu ces quelques chatouilles d'Hugo au lycée, qui ne lui avaient pas déplu, et son envie croissante d'afficher ses pieds à partir de là. Enfin avait eu lieu la séance dans le parc, et là, elle sut que finalement, cette expérience ne l'avait peut-être pas changé comme elle le pensait dans un premier temps. Elle commençait à avoir une attitude provocatrice avec ses pieds. Et cela n'échappait pas à Camille, qui lui demanda alors si elle n'était pas finalement « tombée amoureuse » des chatouilles. Pour toute réponse, Angélique, qui ne se sentait pas encore d'assumer ce nouveau kiff, ne répondit rien de mieux qu'un « peut-être », qui avait précipité sa première séance avec Camille, forcément bien équipée chez elle, en partie grâce à ses parents, bien qu'Angélique ne le sut pas à l'époque.
À partir de là, tout est allé plus vite. Les chatouilles ont commencé à se multiplier. Angélique n'avait plus qu'un souci : le manque de réceptivité de Kévin, qui finalement ne faisait au mieux que la taquiner, ne l'ayant chatouiller franchement qu'une seule fois. Elle aurait voulu que le sexe comprenne des guilis, elle aurait voulu un quotidien où tout aurait été prétexte était bon pour la mettre au pilori, par Kévin, mais aussi ses amis. Comme tout bon traumatisme, le réveil d'Angélique fut brutal, et lui semble aujourd'hui irréversible. Mais elle ne peut s'empêcher d'y penser : Assumera-t-elle ce kiff si elle peut enfin obtenir ce qu'elle veut ? Est-elle vraiment prête à faire une croix sur Kévin « Juste » pour ça ? Le souci, c'est que le « ça » en question est une chose à laquelle elle ne voudrait renoncer pour rien au monde dans l'immédiat. Après tout, elle se disait déjà qu'elle était bien trop posée pour son âge, qu'elle n'avait pas pu profiter vraiment de la vie, alors pourquoi ne pas prendre cette décision complètement folle de renoncer à tout ce qu'elle a obtenu, et qui ne lui suffit plus ?
C'est en ayant conscience de tout cela qu'Angélique subissait bien des sévices de la part des mains de la sadique Camille, qui de son côté, a juste l'impression que ses parents lui ont transmis l'amour des chatouilles, comme une tare génétique dont elle n'est pas responsable, mais dont l'inoffensivité n'était pas un si lourd fardeau à porter pour les autres.
C'est ainsi qu'Angélique vit ses pieds être soumis à bien des chatouilles durant de longues heures. Camille, lorsqu'elle se lassa des griffes, s'agenouilla pour lécher avec appétit les pieds de la suppliciée, qui pleurait déjà de rire, et commençait à supplier à travers son bâillon, mais sans que cela ne change quoi que ce soit. Après quoi, les brosses s'agitèrent pendant une heure sans interruption, la poussant à bout, elle était rouge tomate, elle suppliait à répétition. Mais lorsque Camille lui permit d'aller uriner et de se reposer quelques minutes, Angélique ne fit qu'un aller-retour aux WC avant d'en redemander.
Et après bien des brosses, plumes et doigts, elle rentra à son appartement vers 5h du matin. Kévin dormait, elle réussit à ne pas le réveiller. Le fait qu'il n'ait pas remarqué sa longue absence, et qu'elle n'en entendit pas parler le lendemain, lui fit se dire qu'après tout, elle a passé une des meilleures nuits de sa vie, loin d'un homme qui n'en avait pas fait grand cas. Très clairement, le trajet qu'ils effectueront pour rentrer sera la dernière chose qu'ils partageront...
