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- The serial tickler
- Épisode 04
Histoire ajoutée le
29/04/2012
Épisode ajouté le
09/02/2022
Mise-à-jour le
09/02/2022
4.
Il est 21h, Matthieu est posé sur le canapé sur lequel il a pu chatouiller les pieds d'Angélique. Il s'agit d'un F-3 décoré le plus simplement du monde, un tableau par-ci par là, le salon fait aussi cuisine, la salle est donc distinctement divisée en deux, avec un parquet flottant d'un côté et du carrelage blanc du côté de la cuisinière. Les murs sont peints en blanc, et les petites traces que l'on peut voir sont le résultat des passages de différents personnes. Matthieu est un jeune homme assez soigneux, vivant seul, il n'est pas le genre à laisser un bazar sans nom partout où il passe, son bureau est d'ailleurs rangé avec autant de sérieux. La télé est allumée, mais le jeune homme est en pleine réflexion :
« -C'est dingue tous ces instants de réflexion que me fiche le gars qui écrit cette histoire alors qu'il s'agit juste d'une affaire de chatouilles, genre c'est l'affaire de l'année, sérieux, j'aurais préféré faire un remake de Colombo... Bon bref, alors reprenons, les deux victimes ont été chatouillées un mercredi après-midi et un samedi, ces horaires me conduisent à penser que sont d'autres étudiants, qui connaîtraient donc les victimes et leurs habitudes, ou qui les ont observé longtemps avant, qui ont pu faire ça. On va partir du principe qu'ils ont leur permis de conduire. Zut, il n'y a aucune certitude dans tout ça ! Bon, je vais organiser cette rencontre avant tout, mais je vais quand même essayer de garder ces pistes en tête. »
Il prit alors son portable et appela Angélique...
Samedi 7 avril
14h30, Matthieu, Angélique et Clara se rejoignent au Louveteau, en terrasse, alors que des verres sont commandés, Matthieu débute :
«- Hmmm, Vous n'avez pas l'air de vous connaître...
-En effet, répliqua Angélique, tu étais au lycée Einstein toi aussi ?
-Ben oui, répondit Clara en souriant, je ne t'ai jamais vu moi non plus.
-Eh bien enchantée, dit Angélique en tendant la joue, je m'appelle Angélique.
-Tout le plaisir est pour moi, je m'appelle Clara.
-Bon, reprit Matthieu, c'est bien beau tout ça, mais si vous ne vous connaissez pas, ça ne nous aide pas beaucoup. Alors je pensais à quelque chose, Clara, auriez-vous...
-Tutoie moi plutôt, le coupa la jeune femme, toujours le sourire aux lèvres.
-Euh... Très bien, donc, aurais-tu un ami proche qui aurait pu flasher sur tes pieds ?
-Eh bien j'y ai réfléchi, et là comme ça, je ne pense pas. La dernière fois qu'on m'a chatouillé les pieds pour le jeu, c'était il y a trois ans.
-Vraiment ? Ça peut quand même être une piste, même si ça fait longtemps... Qui était-ce ?
-Un ami que je connaissais déjà avant : Hugo.
-Hugo comment ?
-Euh... Je ne saurai pas dire, désolé.
-Hugo Levy ?! S'exclama Angélique en se relevant d'un coup.
-Euh... Peut-être.
-Qui est ce Hugo Levy ? Demanda alors Matthieu.
-Une connaissance commune, je crois... Dit Angélique avant de se rasseoir. »
Durant ce temps, dans une maison en dehors de la ville, on entend des rires provenant de la fenêtre d'une chambre placée à l'étage. À l'intérieur, un jeune homme tient le pied nu d'une fille, qui rit et essaie de replier sa jambe. L'adolescent passe ses doigts doucement sous la plante de pied de la demoiselle, qui fait un petit 37. La victime est une personne au visage juvénile, avec les cheveux longs et roux, la peau assez claire. Elle est grande, mesure environ 1m80, et a de longues jambes. Elle porta un petit polo rayé multicolore à manches longues, et un jean. Les deux se trouvent sur le lit de cette fille chatouilleuse à souhait. Chaque contact sous ses pieds semble la rendre de plus en plus sensible, et plus les mouvement sont lents, plus ses petits orteils se plient :
«-Ihihih... Arrête Hugoooooo, ahahah... s'il te plait ahahahah...
-Bon d'accord, dit-il en arrêtant les chatouilles, mais en continuant d'empoigner la fine cheville de son amie, mais à une condition... Il hésite un peu à parler, gêné de ce qu'il veut proposer
-Oui ?
-... Je n'ose pas, tu vas me trouver bizarre.
-Mais ne t'inquiète pas, c'est déjà fait depuis longtemps, répond-elle en souriant.
-Ah ? C'est vrai ?
-Non, je te charrie. Mais vas-y, je te promets que je ne te trouverai pas bizarre.
-... Non, laisse tomber, dit alors Hugo en lâchant le pied de la jeune fille, c'est stupide, je ne vais pas te proposer n'importe quoi.
-Mais alleeeeez ! Hugo ! Dis-moi !
-Non, changeons de sujet plutôt. On devait réviser je crois ?
-C'est ça... Alors oui, on devait, mais je ne ferai rien tant que tu ne m'auras pas dit ce que tu voulais me demander !
-Ah ben comme tu veux, moi ça ne me gêne pas de ne pas réviser.
-Tssss, j'te jure, tu pourrais me le dire quand même.
-Non, c'est non. Rétorqua-t-il, en gardant le sourire en s'adressant à sa camarade, tu ne sauras rien Coralie.
-C'est comme tu veux... Si tu changes d'avis, n'hésite pas. »
Et les deux étudiants reprirent leur discussion.
Nous revoilà au Louveteau, ou le dialogue n'a pas changé, Matthieu s'adresse aux deux jeunes filles :
«-Sans rire, si c'est lui, pourquoi pensez-vous qu'ils a besoin d'enlever des filles pour leur chatouiller les pieds ?
-Il n'a jamais eu confiance en lui, répondit Angélique.
-Je ne suis pas d'accord avec toi Angélique, rétorqua Clara. Moi je suis persuadée que ça ne peut pas être lui. Franchement, il est super sympa. Je le connais depuis plus longtemps que toi. En plus, tu as l'air énervée quand tu parles de lui, qu'est-ce qu'il t'a fait ?
-Mais rien ! À part me séquestrer pour me chatouiller les pieds...
-Arrête, ça semble plus grave que ça. Je suis sûre qu'il y a autre chose.
-Non !
-ta réaction colérique nous en dit assez... répliqua Matthieu en regardant sa tasse encore à moitié pleine de café. »
Angélique garda le silence, alors que Clara la regardait fixement, comme si elle tentait de la percer à jour. Cette dernière reprit quand même la discussion :
« -Cela dit, je reconnais qu'il m'a chatouillé les pieds et qu'il semblait vraiment aimer ça, alors il est le suspect numéro 1.
-C'est sûr, marmonna Matthieu.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu sembles pensif...
-En fait, je me demande comment je vais faire pour le mandat d'arrêt. Il y a eu séquestration, donc ça devrait aller, mais si le magistrat à qui je le demande creuse un peu, je vais passer pour un con. Déjà qu'à la base, ce sont les magistrats qui enregistrent les plaintes...
-Ah bon ? Mais pourquoi c'est toi qui nous as reçu ?
-Notre parquetier est gravement malade, il a un cancer je crois. On nous a demandé de le remplacer en attendant de trouver mieux. Je vais devoir en trouver un dans une autre ville pour avoir mon mandat. Bon, je m'en occupe aujourd'hui. Je n'ai pas spécialement le droit de rester tout un après-midi à papoter au café, même si c'est pour une enquête. Je vous souhaite une bonne journée à vous deux. Je me charge de payer l'addition.
-D'accord, à la prochaine. »
17h, Matthieu est au bureau du magistrat du parquet, un homme d'une cinquantaine d'année, portant des lunettes aux verres rectangulaires. Il a les cheveux courts couleur poivre et sel, et un air pour le moins sérieux, comme si le rire lui était inconnu. Il a également un air calme et hautain pouvant intimider son interlocuteur. Son bureau est à son image, on y trouve qu'une bibliothèque remplie de gros ouvrages sur les lois et le droit, un tableau aux motifs mélancoliques, et bien sûr, un bureau fort bien rangé :
« -Bonjour monsieur l'agent.
-Bonjour maître. Je suis l'agent Matthieu Rousseau. Je viens vous voir afin d'obtenir un mandat d'arrêt à l'encontre d'un jeune homme.
-Très bien, quelles sont les accusations ?
-Il est accusé d'avoir séquestré une adolescente mineure et une jeune étudiante majeure.
-Avez-vous des preuves ?
-Non, mais je souhaiterais l'interroger. Selon les deux victimes, il pourrait s'agir d'un de leur camarade de classe.
-Les deux victimes ont réussi à s'enfuir ?
-Non, elles ont été relâchées par leur agresseur.
-C'est tout de même curieux. Il ne s'est pas livré à la police après avoir relâché ses proies.
-Non, il les a kidnappé un jour différent chacune.
-Combien de temps a duré la séquestration ?
-...
-Eh bien, répondez !
-...Un après-midi maître.
-De plus en plus curieux...
-écoutez, je sais que cette affaire est étrange, mais ces jeunes filles ont été enlevées, et il est de notre devoir d'agir.
-Calmez-vous, je vous prie. Et dites-moi plutôt ce qui leur a été fait, ou si ces deux jeunes filles ne vous ont pas juste fait perdre votre temps, et le mien par la même occasion.
-Elles ont été torturées...
-Avez-vous vérifié si elles avaient des marques ?
-Elle n'en ont pas...
-Mais enfin, vous venez me voir à mon bureau pour me demander un mandat d'arrêt à l'encontre d'un jeune homme, victime sans aucun doute de l'imagination de deux petites garces ?! Et en plus, vous y croyez.
-C'est que... Les sévices qui leur ont été faites ne laissent pas de traces...
-Eh bien voyons ! Et puis-je savoir de quoi il s'agit ?
-... De chatouilles, chuchota-t-il en baissant la tête.
-Pardon ? Parlez-plus fort et regardez-moi s'il vous plait !
-Excusez-moi maître... Je n'aurais peut-être pas dû venir.
-En effet, je crois aussi, partez vite ! Avant que je n'en fasse rapport à vos supérieurs directs, et qu'ils vous fassent faire un stage pour savoir quand est-ce qu'il y a crime, et quand est-ce qu'il y a mensonge ! »
Matthieu prit la porte, réfléchit quelques minutes, avant de sortir du tribunal. Il appela ensuite Angélique :
«-Oui Angélique ? C'est l'agent Rousseau, je sors de chez le magistrat, il m'a méchamment renvoyé bouler. Je n'ai pas de mandat... Mais je viens d'avoir une idée. Es-tu dans la classe de Hugo ? Non ? Merde. Pourrais-tu quand même essayer d'avoir l'oeil sur lui ?... Ah... Tu es vraiment embrouillée embrouillée ou... ?... Bon d'accord, du calme ! Mais écoute s'il te plait, j'aurais besoin de toi pour un truc... »
Retour chez Coralie. Aux environs de 19h, Hugo prit le volant de sa voiture pour rentrer chez lui. Sur la route, il réfléchissait :
«-J'aurais peut-être dû lui dire... Elle est tout à fait le genre à être d'accord pour ce genre de chose en plus. Et puis, elle a des pieds trop mignons, j'aurais trop aimé lui léchouiller... »
