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- The serial tickler
- Épisode 07
Histoire ajoutée le
29/04/2012
Épisode ajouté le
09/02/2022
Mise-à-jour le
09/02/2022
7.
21h, Fabien et Matthieu sont dans l'appartement de ce dernier. Fabien est un grand jeune homme de 29 ans, les cheveux blonds et courts, les yeux bleus. Il a un physique assez athlétique, ses bras et ses jambes sont musclés, on devine facilement qu'il prend soin de lui. Comme il est sportif, il n'aime pas la monotonie, il est arrivé dans la police avec l'espoir, aussi cliché soit-il, de prendre part à des course-poursuite à travers les rues, avant de s'apercevoir que sa routine serait plutôt de coller des prunes à longueur de temps. Les deux hommes sont au bureau de Matthieu, un bureau de bois classique, avec un ordinateur à écran plat, et surtout des fiches qu'a écrit Matthieu de son côté. À part cela, il n'y a rien qui traîne, Matthieu est plutôt rangé, il fait attention à ce que tout soit en ordre, les deux sont assis sur des chaises de bureau à roulette, Matthieu parle à son collègue :
« - Voilà tous les éléments que j'ai réuni jusqu'à présent...
Fabien regarde les fiches, les lit, et répond tout en gardant les yeux sur les feuilles :
- Mouais... C'est quand même maigre comme infos. Et cette Angélique, tu es sûre qu'elle est fiable ? Ce n'est qu'une gamine après tout, c'est risqué de la prendre comme une élève infiltrée.
- Je sais, mais je pense que si elle n'avait pas envie réellement que ça s'arrête, elle ne serait pas venue se plaindre.
- Juste !
Il réfléchit tout en regardant la photo de la jeune fille :
- Et elle est donc la première victime ou il y en a eu d'autre ?
- Je n'en sais rien Fabien. Tous les éléments que j'ai réuni sont ici...
Il se tourne vers lui avant de demander, tout en redoutant la réponse :
- Alors, tu comptes m'aider ou pas ?
Fabien regarde Matthieu dans les yeux, il sent que ce dernier a besoin d'aide :
- C'est intéressant ! Une affaire avec peu d'infos, ça veut donc dire qu'il y a de nombreuses recherches à effectuer, il va falloir se surpasser. Ça ma changera ! J'accepte avec plaisir !
En disant cela, il tend sa main vers Matthieu, qui tend la sienne à son tour, pour ensuite lui serrer :
-C'est cool de pouvoir compter sur quelqu'un. Mais par contre, comme tu le sais, je ne sais pas par où commencer pour l'instant.
-Ne t'en fais pas Mat', j'ai une idée. On va mettre un petit coup de pression à ce serial tickler... »
En disant cela, Fabien frotta ensemble le pouce, l'index et le majeur de sa main libre, c'est sa façon de cogiter.
Jeudi 12 avril
9h, au lycée, les élèves sont tous en cours. Angélique qui est dans une salle située au rez-de-chaussée, voit une voiture de police arriver au parking. Elle regarde de qui il s'agit. Fabien en sort, en tenue réglementaire. Il va jusqu'à l'administration. Angélique ne le connaissant pas, elle ne fait pas plus attention que ça, pensant qu'il vient pour autre chose que cette affaire.
Fabien arrive au bureau du directeur, un homme âgé dégarni au milieu du crâne, les cheveux blancs, de grosses lunettes, l'air sévère, en costard cravate gris, il a tout du cliché de directeur pénible. Son bureau est décoré d'un tableau représentant Albert Einstein dans un coin, un buste de Marianne dans un autre, une bibliothèque remplie de gros ouvrages remplissant un pan de mur. Le bureau est quand à lui assez imposant, en noyer massif, formant un angle droit, il a un peu de vécu mais est entretenu, le directeur a ses fiches posées sur un tapis de bureau vert, son ordinateur est également posé sur un autre tapis, tout cela pour préserver le bois en-dessous.
Le directeur cesse ses activités et se lève pour serrer poliment la main de Fabien :
«- Bonjour monsieur l'agent.
-Bonjour monsieur...
Il tente de se rappeler du nom écrit sur la porte du bureau :
- Pigeon, c'est ça ?
- Euh... Pi-Gon, ça ira.
- Oh, pardon !
Il affiche un sourire gêné durant quelques secondes :
- Je suis désolé, j'ai du mal lire... Monsieur Pigon donc.
- Ce n'est rien...
Les yeux du directeur indiquaient au contraire une envie de tuer son interlocuteur, montrant qu'il avait souvent été victime de ce jeu de mots par le passé, et qu'il ne le supportait plus :
- Je vous en prie, asseyez-vous.
« ça commence mal... » se disait Fabien, avant de reprendre à voix haute tout en s'installant :
- Je vous remercie.
- Puis-je savoir ce qui nous vaut la visite d'un représentant de la loi ?
- Bien sûr,
Fabien recommence à frotter trois de ses doigts ensemble, ses bras sont relâchés dans le vide, le directeur ne peut donc pas le voir faire :
- Je suis ici pour une affaire sur laquelle je travaille et qui pourrait bien impliquer des élèves de votre établissement.
- Ah vraiment ? Le directeur regarde fixement Fabien dans les yeux. Puis-je savoir de quoi il s'agit ?
- C'est légitime. Je vais vous raconter les éléments que j'ai réuni jusqu'ici. Ensuite, j'aurai besoin de vous afin de faire passer une annonce dans tout l'établissement... »
à 10h30, Matthieu, dans son bureau, voit Fabien revenir avec l'air triomphant. Il fait irruption dans son bureau sans frapper à la porte :
« - Bon, eh bien on va voir ce que ça va donner...
Matthieu le regarde d'un air moins confiant :
-Tu penses que ça va marcher ? C'est risqué je trouve. Tu te bases sur une réaction psychologique, ça peut aller loin...
- Relax, Mat', tu verras, je sais ce que je fais...
Il s'asseoit en face de son collègue, se penche en avant, Matthieu tend l'oreille, et Fabien chuchote alors :
- Et puis, il ne s'agit que de chatouilles, non ? »
à 11h, au lycée, tous les élèves sont priés de se rendre dans les différentes cours pour entendre un communiqué spécial du directeur en personne dans les haut parleur situés partout dans l'établissement :
« à tous les élèves. La police suspecte l'un ou plusieurs d'entre vous d'être responsable(s) d'agressions sur plusieurs jeunes filles de l'établissement ! Selon une enquête menée par des représentants de la loi, ces jeunes filles auraient été enlevées, sequestrées, et chatouillées sous les pieds avec insistance, ceci n'est pas une blague ! Je répète, ceci n'est pas une blague ! Cela constitue une agression, c'est un crime, ou un délit, je ne sais plus, et peu importe ! Si quelqu'un sait quoi que ce soit, qu'il n'hésite pas à venir en parler, à moi ou à un surveillant. Et je vais maintenant m'adresser à toutes les filles chatouilleuses de cet établissement pour finir en beauté ce discours qui est sans doute le plus ridicule de toute ma carrière... Du moins j'espère... Oui, ça doit être le plus ridicule : Faites attention à vos pieds, chaussez-vous bien ! Et ne laissez l'occasion à personne de vous chatouiller, car selon les enquêteurs, c'est comme cela que ça commence à chaque fois...
Coralie, au milieu d'autres élèves de sa classe, écoute attentivement ce discours, alors que d'autres s'en fichent, parlent, ou font des jeux de mots rigolos sur m. Pigon. Elle est choquée plus particulièrement par cette phrase, et redouble d'attention :
… Manifestement, le chatouilleur aurait tendance à d'abord trouver sa victime au lycée, avant de l'enlever à un moment où vous n'avez pas cours, comme le mercredi après-midi, ou le week end, et à un endroit que fréquente régulièrement la victime. Aussi, vous devez impérativement vous méfier de tous vos camarades ! Je vous remercie de votre attention, et vous invite à rejoindre vos salles de cours avec vos professeurs respectifs ! »
à la récréation de 13h, Angélique cherche Hugo dans toutes les cours du lycée. Elle remarque en passant que la plupart des filles continuent malgré tout d'enlever leurs ballerines, tong et autre et de profiter du beau temps et de la chaleur, l'annonce de m. Pigon semble avoir été prise à la rigolade, ou du moins, ces filles ne se doutent pas de ce qu'elle peuvent risquer. La jeune fille arrive dans la cour principale, et voit alors Hugo assis sur un banc comme d'habitude, avec Hervé, Lilian, Hou-Chi et Mickaël. Angélique commença à s'approcher, c'est alors qu'elle vit Coralie arriver avant elle devant Hugo, lui faire la bise, et lui parler, elle était trop loin pour comprendre de quoi ils parlaient. Elle vit le jeune homme se lever, et la suivre. Ils se mirent juste à quelques mètres de là, et discutèrent quelques secondes, avant que Coralie ne reparte de son côté, et que Hugo retourne avec ses potes. Cela la refroidit. Elle préférait attendre un moment plus tranquille pour lui parler. Elle retourna du côté de sa salle de cours.
Au commissariat, Matthieu et Fabien discutent avec d'autres collègues autour d'un café, ils viennent de finir de manger. Chacun parle de son occupation du moment. Un premier homme un peu gras aux cheveux courts bruns et à lunettes raconte alors que les autres l'écoutent avec une certaine attention :
« -... Non mais les litiges en voisins, ça reste marrant. J'aimerais pas en avoir un comme ça mais en tant que spectateur, l'un se plaint alors je vais voir l'autre, et vice-versa. Sérieusement, dans tout le lotissement, le voisinage est excellent, mais ces deux-là ne peuvent pas se voir. C'est comme Donald Duck et son voisin Lagrogne, ça se fout sur la gueule continuellement. Et vas-y que je fais des soirées jusqu'à pas d'heure, et vas-y que j'enlève la cale de la voiture de l'autre, parce que je sais que le frein à main est mort, ce genre de trucs...
Matthieu évite de trop intervenir, il craint qu'on lui demande ce que lui fabrique, il est assez stressé, et cherche quoi répondre de crédible si ça arrive. Fabien lui ne semble pas gêné, il réagit aux récits de chacun, rit de bon cœur ou s'indigne. C'est alors que qu'un autre collègue leur pose la question fatidique :
- Je vous vois souvent ensemble en ce moment, vous faites équipe sur un truc ?
Matthieu commence à ouvrir la bouche mais Fabien le coupe :
- Ah, ne m'en parle pas. On est en pleine nostalgie là, on mène une enquête au lycée et tout, ben ça ne me manque pas du tout cette ambiance...
Matthieu le fixe alors avec de grands yeux, l'air de dire « Non, tu ne vas pas leur dire... On va passer pour des cons ! Évitons ça tant qu'on ne sait pas si ton plan foireux marche ! » :
- Y'a des affaires de vols dans le CDI, on aurait piqué des livres, des ordinateurs, des trucs comme ça. Il nous emmerde avec ça le directeur. Le grand patron nous a demandé d'être à deux pour se débarrasser plus vite, mais ça pue cette histoire, on a rien de rien pour l'instant, on patauge dans la boue. »
Le policier se sent alors soulagé. Il continue de fixer Matthieu quand même. C'est alors qu'il entend :
« Alors Matthieu, tu chatouilles ? »
Il se retourne alors vers son collègue avec l'air surpris en disant un grand :
« Quoi ?! »
L'homme en question répète alors :
« - Je disais : tu te débrouilles ? Ou t'es comme l'autre gland et tu patauges ?
- Eh ! S'exclame Fabien, ça te dirait pas de nous rejoindre pour voir si tu te débrouilles mieux ? Juste pour voir si t'es pas aussi gland que nous. Apparemment, tu avances pas beaucoup toi non plus dans tes histoires de pizza.
- Ohlala, monsieur est susceptible, je vois le genre, répond l'autre policier. »
Matthieu a les yeux qui fixent le sol, il craint les retombées du fameux plan de son coéquipier. Il sait que cette idée va surement aider à coincer le serial tickler, mais il sait aussi que ça va amener plus de chatouilles dans le quotidien des jeunes filles du lycée. Il craint qu'Angélique subisse à nouveau, ne sachant pas qu'elle aime en subir depuis peu. Il réfléchit aux conséquences possibles avec un air perdu, mais pensif.
16H, c'est la récré de l'après-midi, monsieur Pigon est dans son bureau, affairé à divers dossiers, et autres soucis administratifs. C'est alors que l'on tape à sa porte. Sans lever le nez de ses feuilles, il dit haut et fort « Entrez ! ». Il lève les yeux, il s'agit de Coralie. Il la regarde, et lui dit :
« -Oui ? Que puis-je pour toi ?
Elle ne prononce pas un mot. Le directeur commence alors à comprendre, son regard change alors, et devient compatissant :
- Assis-toi, je t'en prie. Tu viens à propos de mon annonce de ce matin, j'ai raison ?
Elle lève timidement les yeux vers M. Pigon, avant de prononcer un petit :
- Oui...
Le directeur se lève et la fait s'asseoir, puis il se réinstalle à sa place et continue la discussion :
- Très bien, je t'écoute. Tu ne risques rien ici. Peux-tu juste me rappeler ton nom et ton prénom ? C'est pour l'enquêteur, il faudrait que tu le contactes pour lui raconter ton histoire.
-D'accord. Merci monsieur... »
