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- The serial tickler
- Épisode 11
Histoire ajoutée le
29/04/2012
Épisode ajouté le
09/02/2022
Mise-à-jour le
09/02/2022
11.
7h45, lycée Albert Einstein. Hugo arrive tranquillement dans son manteau à capuche noir, sans savoir que le lycée est aujourd'hui sujet à l'agitation. Le pluie s'est un peu calmée mais continue de tomber, l'orage gronde, les nuages sont toujours majoritaires dans le ciel gris. Il se dirige vers les couloirs, et tombe alors sur Hou-Chi, qui lui dit en lui serrant la main :
« -Ah mec, t'es là. Ça va ?
-Ouais nickel. T'as foutu quoi de ton week end ?
-T'es allé voir dans les toilettes au fait ?
-Quoi ?! - répondit-il sans rien comprendre
-Lilian t'a pas envoyé de message ?
-Euh... Attends je vérifie – Il regarde son portable et voit alors qu'il y a un sms de Lilian – Oh merde, j'ai pas senti le portable dans ma poche.
-Ouais, ben tu devrais aller voir vite fait, c'est plutôt marrant »
En disant ça, Hou-Chi avait un grand sourire, montrant ses dents bien disposées. D'origine chinoise, il a un look très détendu, cheveux noirs en pétard, grand sourire à chaque instant de la journée, mais il ne se laisse pas marcher sur les pieds pour autant, et parle quand il a quelque chose à dire. Grand déconneur, il s'habille souvent avec de grosses vestes de marques. Ce jour là par exemple, il s'agit d'une veste Franklin Marshall blanche et bleue. Il n'est pas spécialement costaud mais son air je m'en foutiste le rend assez populaire. Il porte un casque audio blanc autour du cou, porte un jean ainsi que des chaussures type Van's noires. Bref, décomplexé et à l'aise. Cela fait un certain contraste avec Hugo, habillé en noir comme d'habitude, pas du tout souriant, son manteau noir est simple, pas de sigle de marque dessus, comme toujours, en jean et chaussures de skater, comme son ami.
Les deux ados se dirigèrent vers les toilettes, où encore pas mal d'élèves se trouvaient. Après s'être frayé un chemin sans trop de difficulté, Hugo resta inerte, la tête en l'air, fixant le texte peint au mur. Hou-Chi lui fit un petit commentaire :
« -Apparemment, quelqu'un veut mettre Pigeon en pétard, quelqu'un a écrit ça pour l'emmerder après son annonce de vendredi dernier. Il paraît qu'il était en colère quand il a vu ça et qu'il a convoqué tout son staff dans le bureau, ahahah.
-Sans déconner ? - Répondit Hugo d'un air amusé, ne voulant rien laisser paraître – énorme.
-Ouais, tu m'étonnes. »
Un grand stress envahit l'adolescent, qui se sentait comme observé, il avait l'impression que l'on avait écrit ça pour lui. Il ne disait rien, alors que les autres élèves tout autour en discutaient encore. La foule dans les toilettes se vida assez vite, tout le monde avait pu voir cette inscription. Il était envahit par les palpitations, et commençait à avoir chaud. Il préféra vite ressortir d'ici, suivi par son ami qui lui dit :
« -Bon, ben à 10h comme d'hab, j'espère qu'il va arrêter de pleuvoir !
-Tu m'étonnes – répondit Hugo – C'est pas un temps à mettre un chien dehors, alors toi, qu'est-ce que tu vas manger du coup ? »
Hou-Chi rit de bon cœur et les deux se séparèrent pour rejoindre leur classe respective. Hugo n'est jamais méchant quand il vanne quelqu'un, il a un tempérament très calme, mais n'hésite pas à faire de l'humour. Cette association de blague couplée à son visage triste donne au tout un résultat souvent irrésistible pour ses interlocuteurs, Hugo est très fort pour doser ses traits d'humour. Il n'aurait jamais fait ce genre de blague à Hou-Chi le premier jour où ils ont parlé par exemple, s'il pensait qu'il pouvait le vexer. Malgré tout, cette manie d'envoyer des pics à tout le monde peut donner l'impression qu'il est désagréable, cela le rend populaire chez ceux qu'il connait et impopulaire pour les autres.
8H30, en plein cours, un surveillant arrive dans la salle de classe de Hugo, la pluie s'est calmée un temps. Le professeur dit alors :
« Laissez vos sacs ici, tout dehors ! Le directeur souhaite faire une déclaration, sans doute en rapport avec l'inscription dans les toilettes. Sortez tous, en silence. »
Hugo, qui était pensif, ne réagit pas tout de suite, il se sentait très mal, et se demandait qui pouvait avoir fait cela.
Quelques minutes après, tous les élèves étaient dans la cour. La voix du directeur commença à se faire entendre dans tous les haut-parleurs :
« - écoutez-moi ! Quelqu'un, ou quelques personnes, ont cru malin d'écrire une inscription sur le mur des toilettes principaux. Qui que ça puisse être, il est encore temps pour lui de se dénoncer, les sanctions qui seront prises seront ainsi moins sévères... »
Un grand silence envahit l'établissement, quelques secondes durant lesquelles chaque élève se regardait. Coralie et Angélique, chacune de leur côté, baissaient la tête, sentant que beaucoup les observaient après avoir vu leur nom écrit.
Comme prévu, le directeur les avait convoqué avant la sonnerie, il leur avait expliqué ceci, nous comme dans son bureau, il est environ 8h50 :
« -Mesdemoiselles – dit-il en buvant un café, alors qu'Angélique et Coralie étaient assise en face de lui, elles ne se connaissaient pas avant et se regardaient brièvement – Je ne sais pas si vous l'avez vu, mais on a écrit vos noms sur le mur. Pour vous, mademoiselle Delmas, – Il tourne son regard vers Coralie - j'étais bien sûr déjà au courant, mais je ne l'étais pas en ce qui vous concerne mademoiselle Vallet – Il tourne son regard vers Angélique, un regard assez froid, un reflet de lumière rendait ses yeux difficilement visibles – Vous avez vraiment été victime de cela ?
Angélique regardait le sol, puis Coralie qui semblait perdue dans ses pensées, puis à nouveau le sol, elle se sentait assez gênée maintenant qu'elle était face à une des autres victimes. Elle prit un peu de temps, avant de relever le regard en direction de monsieur Pigon et de répondre :
-Oui, je crois même que j'ai été la première à venir m'en plaindre.
-Très bien, ne voyez pas d'accusation de ma part, cela avait pour but de savoir si celui qui a peint sur le mur était réellement le « serial tickler » ou juste un petit menteur. Mademoiselle Peltier a donc sûrement réellement subi des chatouilles, elle aussi. L'une de vous deux la connaît ?
-Moi oui. - Répondit Angélique alors que Coralie hochait la tête pour dire non. Monsieur Pigon se tourna alors vers la jeune fille rousse avant de reprendre :
-C'est une ancienne élève, brillante, elle est maintenant à la FAC François Rabelais. Bon, en tout cas mesdemoiselles, - Conclut-il en se relevant - je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas trop prêter attention au regard que les autres risquent de porter après avoir vu vos noms. Vous ne devez pas nier ce qui vous est arrivé, ne serait-ce que pour que les autres élèves prennent cela au sérieux, mais tenter de faire abstraction de tous les regards, malheureusement, on ne peut pas empêcher les autres de vous voir comme des victimes. J'espère que cela ne vous empêchera pas de travailler dans de bonnes conditions. Sur ce, excusez-moi, je ne vais pas vous retarder davantage. »
Nous voilà à nouveau dans la cour de récréation, le directeur continue son discours :
« - Nous avons eu la confirmation que ce n'était malheureusement pas une blague. C'est pourquoi je redemande à chacune d'entre vous de redoubler de prudence, et bien sur de venir me voir si vous faites partie des victimes ! Le risque est bien réel, c'est désormais prouvé. Maintenant, retournez en cours ! »
En quelques minutes, le cour était à nouveau vide. De nombreuses flaques de tailles variables s 'étaient formées un peu partout.
Pendant ce temps, au commissariat, Matthieu et Fabien sont en pleine relecture de tous les éléments qu'ils ont réuni jusque là, assis au bureau, une odeur de café flottait, comme chaque matin. De nombreux petits bruits se faisaient entendre, des feuilles frottées les unes contre les autre au moindre mouvements, des coups de téléphone dans tout le commissariat, le brouhaha constant qui se fait entendre dans chaque bureau et couloir, qu'il s'agisse d'hommes en uniforme, ou de civils, certains venant porter plainte, d'autre en attente de passer à l'interrogatoire. Et bien sûr, le bruit des gouttes d'eau sur les vitres dés qu'une averse se déclenche, aussi brutale que brève :
« -Que penses-tu de Hugo Lévy ?
-Pour l'avoir surveillé plusieurs jours, je dois admettre que je doute grandement de sa culpabilité. Ce jeune homme est un fétichiste, il n'y a aucun doute. Mais bon, c'est le coupable idéal, c'est trop gros. Tu penses qu'il serait assez bête pour ne s'attaquer qu'à des filles qu'il connait personnellement et avec qui le lien serait vite fait ?
-Justement ! - Rétorqua Matthieu en se redressant d'un coup – Déjà, il s'agit de chatouilles, il ne pensait sûrement pas que ça irait aussi loin, et que la police pourrait se préoccuper de ce genre de chose. Deuzio, il...
C'est alors qu'une femme toqua à la porte, une belle femme d'une cinquantaine d'année, très élégante, teinte en brune, au brushing impeccable, dans un grand manteau descendant jusqu'à ses genoux, des bottes à talon, quelques bagues dorées au doigt, un parfum atteignant toutes les narines dans un rayon de 50 mètres. Bien que cet air BCBG pouvait la faire passer pour une diva aux airs hautains, son sourire chaleureux, ainsi que les boîtes de petits gâteaux qu'elle semblait distribuer dans chaque bureau rendait obsolète le premier constat. Matthieu et Fabien se levèrent, et alors que ce dernier ne dit qu'un simple « Bonjour madame », Matthieu s'approcha d'elle et lui serra la main poliment, sourire aux lèvres, en s'exclamant :
« -Madame Bauer ! Quelle surprise, cela faisait longtemps qu'on ne vous avait plus vu ici.
-Bonjour mon petit Matthieu – répondit-elle dans un grand sourire - Eh oui, ça fait bien 2 ans que je n'ai plus remis les pieds dans ce commissariat. Mais c'était une occasion spéciale, pour les 60 ans de mon mari.
-Oui, je m'en souviens... Installez-vous madame, je vous en prie, donnez-moi votre manteau. – Il lui montre la chaise libre devant son bureau.
-Merci – répond-elle en se déshabillant, révélant un joli tailleur noir, et un pantalon de la même couleur.
-C'est la femme du commissaire – Continua Matthieu en regardant Fabien, qui restait dans son coin.
-J'avais cru comprendre oui... - Répondit-il. Il s'approche pour serrer la main de madame Bauer – Enchanté madame Bauer, je m'appelle Fabien.
-Enchanté Fabien. Mais appelez-moi Delphine tous les deux ! Je ne suis pas une bourgeoise ! »
Chacun s'installe dans une chaise. Delphine ne tarde pas à avancer deux boîtes de gâteaux sur le bureau, en déclarant :
« -Tenez, une pour chacun.
-Vous avez dû vous ruiner pour acheter tout ça, Delphine ? - Demandait Fabien.
-Bah – répondit-elle dans un haussement d'épaule – Je ne viens pas souvent. Et pour tout dire, vous ne me verrez plus d'ici quelques temps...
-Ah bon ? - S'étonna Matthieu – Pourquoi donc ?
-Eh bien, Daniel prépare sa retraite. Et donc, nous allons organiser un pot de départ. Il va être remplacé. Il part en fin de mois.
-Vraiment ? C'est si soudain...
-Eh oui ! Mais que voulez-vous, il a fait son temps, il est normal qu'il se repose un peu. D'ailleurs, dans les deux semaines qui arrivent, le nouveau commissaire viendra reprendre les dossiers de Daniel. Elle, puisque c'est une femme, va s'installer tranquillement pendant les 15 jours qui arrivent, histoire de ne pas être totalement perdue quand elle sera à son poste...
Matthieu et Fabien se regardèrent, un peu inquiets quand au fait que le nouveau commissaire risque fort de jeter un œil sur les occupations de chacun. Ils ne laissèrent rien paraître et payèrent quand même un café à Delphine et eurent même le temps de le boire en paix, avec les gâteaux apportés par madame Bauer. Fabien restait un peu en retrait dans la conversation, reprenant son tic avec ses doigts, le majeur et l'index frottant le pouce de sa main droite. Environ une demi-heure plus tard, après avoir discuté de la façon d'organiser le pot de départ du commissaire et d'autres banalités, Delphine se leva et dit :
« -En tout cas, si je puis me permettre, vous ne semblez pas submergés de travail.
-Effectivement – acquiesçait Matthieu – Pourtant, c'est bien ici le bureau des plaintes. Les gens ont du conclure que vous veniez vous même vous plaindre. Ce n'est pas grave de toute façon, si vous saviez pourquoi on vient me voir dans 95% des cas, le pot de départ de monsieur le commissaire me semble bien plus important.
-Ah vraiment ? Eh bien, ma foi, je vous crois bien volontiers. Au fait, pourquoi êtes vous là monsieur Jung ? - Demanda-t-elle à Fabien.
-Je suis sensé coller des amendes mais là avec le temps qu'il fait ça ne sert pas à grand chose de se mouiller mes miches pour poser un papier sur un pare-brise qui sera illisible 5 minutes après.
-Ahah, oui en effet ! Bon eh bien, je vous remercie pour le café, je me sauve. Bonne journée à vous deux.
-Bonne journée madame Bauer ! Répondirent-ils tous les deux en même temps. »
Une fois que la porte fut fermée, et que Delphine continuait de faire son tour des bureaux, Matthieu et Fabien perdirent vite leur sourire. Une autre personne s'approchait de la porte du bureau de Matthieu, manifestement pour se plaindre. Il se rendit jusqu'à la porte, l'entrouvrit juste pour dire :
« -Je vous prie de patienter quelques minutes monsieur, je suis à vous dans 5 minutes... »
Il referma la porte alors que l'homme retourna s'asseoir. Il se retourna vers Fabien et dit :
« -Merde ! Ça craint que Monsieur Bauer parte. Il faut trouver un truc pour éviter que le nouveau commissaire ne fouille dans nos affaires.
-Je sais Matthieu ! - s'exclama-t-il en faisant un geste incisif de la main – J'ai compris le problème. Mais il ne faut pas paniquer, on a qu'à juste garder les pièces à conviction qu'on a réuni chez toi, on ne travaillera plus ici, mais uniquement à la maison. Ça réduira pas mal notre champ d'action mais on pourra continuer sans être emmerdés.
-Oui, tu as raison. Ça ne sert à rien de paniquer. Et puis, elle est peut-être très sympa, peut-être qu'elle ne cherchera même pas à savoir. Elle arrive cet après-midi, c'est ça ?
-Oui, on saura vite à quoi s'en tenir... »
Retour au lycée, à la récré de 10h, Hugo, sur un banc sous un préau avec ses amis, comme toujours, ne cesse de se torturer l'esprit :
« -Qu'est-ce que ça veut dire ? Je pensais que c'était le petit ami d'Angélique qui nous avait suivi samedi, qu'il avait eu un congé ou je ne sais quoi et qu'il avait décidé de me surveiller parce qu'il savait qu'Angélique me voyait. Mais maintenant, je ne sais plus... Et si c'était en rapport avec le serial tickler ? Si ça se trouve on m'accuse d'avoir fait ça.. »
Au même moment, Coralie est encerclée par ses amis qui la questionnent :
« -Alors c'est vrai ? Tu as été enlevée, et chatouillée tout un après-midi ?
-Oui... - répond-elle, en baissant la tête, très gênée par la situation actuelle.
-C'était comment ? - lui demande une amie à elle, une petite brunette au visage enfantin.
-Ben t'as qu'à essayer et tu sauras ! -réponds un adolescent de la classe en s'approchant. Il a les cheveux noirs, des lunettes, les oreilles un peu décollées – Mettons ton nom sur le mur pour voir s'il t'arrive quelque chose.
-Déconne pas avec ça ! Répondit un autre – Apparemment, c'est du sérieux !
-Comment en être sûr autrement ? Il faudrait trouver une fille qui aimes les chatouilles, peut-être que ça pourrait être kiffant pour elle, et nous on saurait.
-T'es dingue ! Tu connais une seule fille qui aimes les chatouilles ?!
Un silence s'installa dans le groupe, alors que quelques gouttes recommençaient à tomber. La petite brune s'avance alors et dit :
-D'accord, je vais le faire ! Moi j'aime bien... »
Tout le monde fut stupéfait par cette annonce, Coralie la première, elle regardait son amie avec de grand yeux remplis d'étonnement :
-D'ailleurs je vais aller marquer mon nom moi-même, dés maintenant... »
la jeune fille commença à se diriger dans les toilettes, suivie par la troupe. Ils entrèrent, elle s'était munie d'un feutre noir indélébile. Après avoir vérifié qu'aucun membre du personnel n'était là, elle se dirigea vers le mur et vu deux autres noms déjà marqués :
Tout le monde resta bouche bée, et chacun réagit :
« -Depuis ce matin, des gens ont déjà écrit deux noms. C'est qui ces deux filles ?
-Jade, je la connais, c'est une terminale, très mignonne d'ailleurs.
-Ah oui je vois aussi. Elle aime les chatouilles vous croyez ?
-Ou on lui fait une blague, peut-être une fille qui ne l'aime pas, ou un gars.
Coralie, elle, ne disait rien, elle regardait le mur, et plus particulièrement son nom, barré. Elle revivait son enlèvement, la sensation qu'elle avait lorsqu'elle était attachée, ainsi que les passages intempestifs de doigts, de plumes, et de langue. Tout l'après-midi avait été ainsi. Ses petits pieds à la peau bien blanche, soumis à des chatouilles. Ses gros orteils avaient été attachés, puis ce furent tous ses petits orteils, vernis de noir, qui furent immobilisés. Elle se rappelait de plus en plus de détail, elle commençait à se souvenir qu'une langue plus grosse que celle d'un homme lui avait léché les pieds à un moment, probablement un chien. Elle a aussi le vague souvenir de divers sons, celui de ses attaches qui ne voulaient céder alors qu'elle tirait dessus à s'en rompre les os, celui des passages de brosses, de langues et d'autres ustensiles utilisés. Et bien sur, celui de ses rires étouffés par un bâillon rouge. Des heures ainsi hurler de façon inaudible, prête à s'évanouir, pleurant de rire, à deux doigts de s'uriner dessus, les larmes coulant sur ses joues. Elle reprit tout à coup ses esprits et prit le bras de son amie en disant :
-Chloé, ne fait pas ça !
-Pourquoi ?
-Parce que ! Tu ne te rends pas compte de ce que c'est ! - Coralie avait des yeux remplis de peur, un air effrayant avait envahi son visage, alors que les autres la regardaient, choqués par son soudain regain de conscience.
-Coralie, relax – tenta-t-elle – Ce ne sont que des chatouilles. Et je suis sûr qu'il ne suffira pas qu'il sache mon nom pour me retrouver et me faire subir ça.
-Et tu crois qu'il a eu besoin de quelles informations pour me trouver ?!
-Calme toi, s'il te plait. Je viens dormir chez toi ce soir je te rappelle, on en reparlera à ce moment là, d'accord ? Mais ne t'en fais pas, il ne m'arrivera rien... »
Cette scène était gâchée par les bruits de chasse d'eau, et l'odeur pestilentielle qui arrivait au nez de chacun. Mais personne ne disait rien, ils laissaient les deux filles s'arranger entre elles. Chloé se retourna et commença à inscrire son nom sous les deux autres :
Chloé Fonteneau
Après quelques secondes, des discussions reprenaient dans le groupe :
-Bon, et Sofia De Oliveira, c'est qui ?
-Je crois que c'est une première, et c'est une connasse aussi, une sacrée connasse je veux dire. Pour elle, c'est pas dur de trouver qui a pu marquer son nom. »
Le groupe sortir des toilettes, Coralie regardait Chloé, inquiète.
Angélique, elle, comme à son habitude, restait dans son soin, seule. Elle était assise à même le sol dans un bout de couloir, elle attendait la sonnerie, et l'heure de rentrer en classe. Quelques personnes la regardaient de loin, d'un air à moitié de pitié, mais aussi d'effroi, ses grand yeux fixaient le sol avec un air vide, ailleurs. Personne n'osait trop l'approcher. Elle réfléchissait, sans rien dire. Elle n'avait pas énormément d'amis, et pas un seul dans sa classe. Elle n'était pas très adroite pour intégrer les groupes déjà formés. Et n'avait que quelques amis disséminés dans diverses classes.
C'est alors qu'une autre fille de sa classe s'approcha d'elle, une gothique. Elle portait de grosses bottes, des bracelets à piquants, du rouge à lèvre et du far à paupières noirs, sa longue chevelure tombait jusqu'au bas de son dos. Elle avait un piercing sur chaque oreille, ainsi que deux boucles d'oreilles. Ses ongles de mains étaient eux aussi vernis de noir. Elle portait également un long manteau, qui descendait en haut de ses chevilles, cachant un corset très serré, ainsi qu'un pantalon moulant, tout cela était noir. Cependant, elle n'avait pas du tout une allure effrayante, au contraire, c'était une fille au visage fin très mignon, son corps était doté de formes assez généreuses, elle était mince mais sa poitrine et ses fesses donnaient un joli résultat au tout. Elle resta debout, devant Angélique, l'observant en baissant la tête, sans rien dire durant une minute ou deux. Lorsque qu'Angélique s'aperçut de sa présence, elle releva la tête, la fille gothique dit d'une voix douce :
« -Salut...
Après un temps d'attente certain, Angélique finit par répondre :
-... Salut...
-Je m'appelle Camille.
-Je sais...
-Toi, c'est Angélique je crois ?
-... Oui.
Camille se mit accroupie, avant de poursuivre :
-Je vais pas te manger. Pourquoi tu ne traines avec personne de la classe ?
-T'as vu la classe qu'on se trimballe ?
Un sourire se dessina sur la visage de Camille :
-Ouais, c'est clair. Ben viens avec moi alors, si tu veux...
Angélique releva la tête, et fixa le visage de Camille durant quelques secondes avant de bafouiller :
-Euh... Oui, d'accord... «
La sonnerie retentit. Angélique et Camille se mirent l'une à côté de l'autre et discutèrent beaucoup. Angélique découvrit une fille sympa, qui parle de tout, drôle, et loin d'être idiote. Elles passèrent la journée ensemble, et une relation de confiance s'installa rapidement. Angélique expliqua pourquoi elle vivait chez son petit ami, sa rencontre avec lui qui fut inattendue, inespérée. Camille, quand à elle, expliqua ce qui lui plaisait dans ce look gothique. Bien que Camille n'évoqua pas du tout le serial tickler, Angélique ne pouvait s'empêcher de se demander si elle n'y pensait vraiment pas ou si elle faisait d'abord semblant de faire connaissance avant d'aborder le sujet. Après tout, d'un jour à l'autre, sans raison, elle était venue à elle, alors que la fin de l'année était proche.
